Lycées : «Nous avons une éducation très anxiogène», souligne Yaël Braun-Pivet
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:14OuverteRéponse directe
Évoquons d'abord le mouvement des lycéens, situation toujours tendue avec sans doute un round 4 dans la rue aujourd'hui. Vous appelez au calme, Yaël Braun-Pivet, mais est-ce qu'il ne faut pas d'abord ramener le calme, restaurer l'ouverture des établissements avant de dialoguer et peut-être de négocier ?
- 2:37RelanceRéponse partielle
Comment vous distinguez, dans une foule qui vous est hostile, un lycéen pacifique d'un black bloc qui tient un mortier d'artifice ?
- 3:42OuverteRéponse directe
Vous comprenez qu'Emmanuel Macron a eu parlé de manque d'empathie de la part des forces de l'ordre.
- 5:01OuverteRéponse directe
Un dernier mot là-dessus, Laurent Nunez a décidé, donc vous l'avez souligné, d'interdire l'utilisation des grenades assourdissantes. C'est ce que demande, en gros, la France Insoumise. Elle demande de désarmer la police. Donc, et les filles en rêvent, c'est le gouvernement qui les récuse ?
- 5:36OuverteRéponse directe
Marine Le Pen estime qu'Emmanuel Macron est toujours du côté de ceux qui consistent à taper sur la police. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
- 7:42OuverteRéponse directe
Qu'on va apporter, il y a le bon de buvée à cette génération qui aura du mal à trouver un emploi. Vous l'avez dit. C'est de se lever un tout petit peu plus tard, d'aller un petit peu moins en cours, d'être moins compétitif.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:33Invité politiqueFait
« Quand j'appelle au calme, j'appelle tout le monde au calme. »
- 0:41Invité politiqueFait
« On a quand même dans notre pays une liberté, liberté de manifestation, liberté d'expression. »
- 1:17Invité politiqueFait
« On a quand même des images qui sont très anxiogènes pour nos jeunes même. »
- 1:51Invité politiqueFait
« Ils font du mieux qu'ils peuvent. »
- 1:58Invité politiqueFait
« Ce sont nos enfants en face. Ce sont bien souvent des mineurs. »
- 2:00Invité politiqueFait
« Moi, j'ai discuté avec le procureur de Versailles. La plupart des jeunes qui ont été interpellés n'ont pas de fichiers. »
- 2:13Invité politiqueFait
« Donc, il faut faire aussi attention à avoir la plus grande proportionnalité parce que ce sont à nouveau nos enfants. »
- 6:37Invité politiqueChiffre
« Nos jeunes, aujourd'hui, ont 20% de chômage des jeunes. »
- 6:39Invité politiqueChiffre
« Le premier CDI pour un jeune, c'est 27 ans. »
- 9:01Invité politiqueChiffre
« On est passé de 200 000 apprentis à près d'un million d'apprentis. »
- 9:15Invité politiqueFait
« C'est ce qu'on fait exactement en ce moment sur les violences faites aux femmes, avec cette loi intégrale. »
- 12:00Invité politiqueFait
« Les députés sont des citoyens comme les autres. Ils ont une immunité parlementaire, mais uniquement dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale pour les propos qu'ils tiennent. »
- 15:38Invité politiquePromesse
« Je ne sais pas s'il sera voté, mais je pense qu'il sera adopté. »
- 17:33Invité politiqueFait
« On n'en a pas trouvé depuis que nous sommes dans cette situation sans majorité. »
- 18:31Invité politiqueFait
« Le duel entre les deux extrêmes fait peur. Il est anxiogène. Il est angoissant. »
Temps de parole
- Yaël Braun-Pivet78 %
- Présentateur18 %
- ?4 %
≈ 16,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Europe 1.
La
grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari.
Et
notre invitée ce matin dans la grande interview sur C News et sur Europe 1, c'est Yael Broun-Pivet. Bonjour à vous et bienvenue,
présidente de
l'Assemblée Nationale. Évoquons d'abord le mouvement des lycéens, situation toujours tendue avec sans doute un round 4 dans la rue aujourd'hui. Vous appelez au calme, Yael Broun-Pivet, mais est-ce qu'il ne faut pas d'abord ramener le calme, restaurer l'ouverture des établissements avant de dialoguer et peut-être de négocier, je ne sais pas ce qu'il y
a
à négocier, avec les lycéens et leurs représentants ?
Quand j'appelle au calme, j'appelle tout le monde au calme. Donc évidemment j'appelle les lycéens lorsqu'ils décident de faire un blocus et c'est leur droit. On a quand même dans notre pays une liberté, liberté de manifestation, liberté d'expression.
De brûler des poubelles ?
Justement non, c'est liberté de manifester, de s'exprimer, éventuellement de bloquer les établissements. C'est des jeunes et ils ont le droit de s'exprimer, mais ça ne doit pas se faire dans la violence, ça ne doit pas se faire dans l'agressivité, parce que justement quand on veut être entendu, ça ne sert à rien non plus d'hurler. Donc il faut que les étudiants puissent manifester calmement et sereinement pour qu'on puisse entamer ce dialogue. Et j'appelle également les forces de l'ordre à la plus grande retenue. On a quand même des images qui sont très anxiogènes pour nos jeunes même. Et donc il faut que les forces de l'ordre réussissent à maintenir le calme.
Je sais que c'est difficile pour elles de trouver
les bons équilibres. On va s'arrêter là-dessus, parce
que ce que vous dites est important et impacte beaucoup les forces de l'ordre, qui ont mon gros sur la patate, 800 blessés dans leur rang, policiers et gendarmes, Yael Brunpivet, ils ont été ulcérés par le président Macron qui a laissé entendre qu'il manquait d'empathie. Est-ce que vous dites, vous, qu'il y
a
des scènes qui vous ont choqués ? Ils sont chargés du
maintien
de l'ordre dans
notre pays ? Alors, ils
sont chargés du maintien de l'ordre, évidemment. Ils font du mieux qu'ils peuvent. Il ne
faut
accuser personne et ils font un boulot remarquable et très difficile. Mais ce sont nos enfants en face. Ce sont bien souvent des mineurs. Moi, j'ai discuté avec le procureur de Versailles. La plupart des jeunes qui ont été interpellés n'ont pas de fichiers.
Ils
n'ont jamais été interpellés auparavant et ils sont mineurs. Donc, il faut faire aussi attention à avoir la plus grande proportionnalité parce que ce sont à nouveau nos enfants. Et donc, on ne maintient pas l'ordre de la même façon avec des manifestations violentes et des black blocs qui viennent pour tout casser et nos enfants qui manifestent devant nos lycées. Donc, il faut faire attention et c'est à cela qu'il faut
appeler
le dialogue
et le
calme. Comment vous distinguez, dans une foule qui vous est hostile, un lycéen pacifique d'un black bloc qui tient un mortier d'artifice ? Comment ? Dans cette masse qui vous entoure quand vous êtes policier. On a vu les images de cette jeune policière dans Paris. Mais c'est
terrible !
Comment vous arrivez à faire la
distinction
?
C
'est leur métier. Ce
sont des spécialistes des matières
de l'ordre. C'est extrêmement
contiqués. C'est pour ça qu'il ne faut pas les accabler. Et moi, je suis convaincue à nouveau qu'ils font du mieux possible. Maintenant, il faut toujours raison garder. Ils font face à nos jeunes,
à nos enfants.
Pas du
tout
!
On leur
demande de ne
plus
intervenir. Pas du tout. Mais vous savez, là, c'est un mouvement. Il y a eu des milliers d'interpellations. On appelle juste à la désescalade. Et c'est pour ça qu'il faut appeler d'un côté au calme chez les lycéens et de l'autre côté à la plus grande retenue de la part de nos forces de l'ordre. Et donc, c'est ainsi que nous pourrons réussir à ramener le calme dans notre pays. Et c'est important parce que ce mouvement lycéen, il faut qu'on les écoute maintenant, ces jeunes. Et il faut qu'on leur apporte des réponses.
Et tant que la violence est là,
c'est
très difficile d'entendre ces revendications.
Vous comprenez qu'Emmanuel Macron a eu parlé de manque d'empathie de la part des forces de l'ordre. Yael Brunpivet.
Les forces de l'ordre n'ont pas à être particulièrement empathiques. Moi, ce que je leur demande, c'est de faire leur travail en respectant les règles déontologiques qui sont les leurs. Elles sont formées au maintien de l'ordre. Après, nous avons une doctrine de maintien de l'ordre qui est spécifique, qu'on peut toujours à chaque fois réinterroger. On a d'autres pays qui pratiquent d'autres techniques avec davantage de désescalade. Peut-être que là aussi, on peut s'interroger.
Oui,
mais en tout cas, nos forces de l'ordre, à nouveau, sont soumises à une hiérarchie, sont soumises à une formation, doivent respecter nos règles. Et quand elles ne le
respectent pas, ce qui arrive,
il y a des enquêtes déontologiques. Là,
il
y a 18
enquêtes qui sont
ouvertes.
La profession
la
plus sanctionnée.
Et donc, elles iront jusqu'à leur terme. Et j'ai entendu que le ministre de l'Intérieur demandait est-ce qu'il n'y ait pas l'usage d'un certain nombre d'outils de maintien de l'ordre, justement, compte tenu des enquêtes en cours. Donc voilà, il faut réussir à trouver les bons équilibres. Mais n'oublions jamais que, un, elles, elles sont chargées de faire respecter les lois de la République et de permettre la liberté de manifestation aussi, et de protéger nos concitoyens. Et donc, il faut apérativement que lors de ce mouvement, nos jeunes soient également protégés, parce que ce sont à nouveau nos
enfants. Un dernier mot là-dessus, Laurent Nunez a décidé, donc vous l'avez souligné, d'interdire l'utilisation des grenades assourdissantes. C'est ce que demande, en gros, la France Insoumise. Elle demande de désarmer la police. Donc, et les filles en rêvètes, c'est le gouvernement qui
les récute ? Mais non,
parce qu'il ne s'agit pas de désarmer la police. La police
a beaucoup
d'outils de maintien de l'ordre. Il s'agit là d'un outil spécifique. Il y a une enquête en cours. Pourquoi on le fait ? Parce qu'il y
a
une enquête en cours. Il y
a
un jeune qui a été terriblement blessé. Et donc, il faut qu
'on
fasse la lumière sur cela pour éviter d'autres accidents. C'est normal. Je crois que c'est le bon sens qui prévaut en la
matière. Marine Le Pen estime qu'Emmanuel Macron est toujours du côté de ceux qui consistent à taper sur la police. Qu
'est
-ce que vous lui répondez
?
Je trouve que c'est vraiment n'importe quoi. À nouveau, il faut rester nuancé, équilibré. Moi, ce que j'aimerais quand même, c'est que lors de ce... avec ces événements, qu'on ne parle pas que du maintien de l'ordre. En fait, moi, ce qui m'intéresse en tant que maire, en tant que présidente de l'Assemblée nationale, en tant que citoyenne,
c
'est qu'on parle des jeunes. On parle de la revendication. Il faut les écouter parce qu'être jeune aujourd'hui, c'est difficile. C'est angoissant.
C'est plus difficile qu'il y a
50 ans, il y
a
une groupe
privée. Oui, je le crois.
Oui, parce que le monde est dangereux. On voit bien le réchauffement climatique qui nous impacte. Les jeunes ont tous vu, comme nous, les incendies cet été. On a des guerres aux frontières de l'Europe avec la guerre en Ukraine. On a la guerre en Iran avec le blocage du détroit d'Hormuz qui impacte directement leurs parents et les jeunes qui vivent dans les campagnes et qui ne peuvent plus se déplacer pour aller parfois suivre leurs études. On voit que c'est difficile de s'insérer sur le marché de l'emploi. Nos jeunes, aujourd'hui, ont 20% de chômage des jeunes. Le premier CDI pour un jeune, c'est 27 ans. C'est beaucoup trop tard. On voit qu'ils ont du mal à se former.
On voit que l'État a abandonné les jeunes de l'aide sociale à l'enfance. Donc,
c
'est difficile d'être jeune aujourd'hui. Et donc, il faut aussi que nous, les adultes, ceux qui sont en responsabilité, qu'on les entende, qu'on les comprenne. Moi, je vous avoue que je suis un petit peu hors de moi. On entend parler des emplois du temps. On entend parler de la charge, des cours, etc. On a eu une convention citoyenne des temps de l'enfant. Cette convention citoyenne, elle a été menée remarquablement, comme d'habitude.
Et que ce qui s'est passé après, absolument
rien. Rien,
rien.
Ça fait un
an.
Éthode Macron. Moi, j'ai appelé à ce qu'on se saisisse de ces conclusions. Parce que les conclusions de la convention, elles disaient quoi ? Elles disaient notamment qu'il fallait absolument que les emplois du temps soient répartis sur cinq jours, pas sur quatre jours et demi. Qu'on fasse des cours de 9h à 15h30. Et qu'après, on passe sur ce qui épanouit nos enfants aussi. Le sport, la culture, le théâtre. C'est ça qui fait qu'on va prendre soin
de nos enfants et on n'en a rien fait. Qu'on va apporter, il
y a
le bon de buvée à cette génération qui aura du mal à trouver un emploi. Vous l'avez dit. C'est de
se
lever un tout petit peu plus tard, d'aller un petit peu moins en cours, d'être moins compétitif.
C'est pas
moi ? Vous avez vu le niveau des
classements pilates ? Est-ce qu'il ne faut pas me dire travailler plus parce qu'il faut travailler
dur ? Il faut travailler mieux. Parce que justement, si on répartit les cours du lundi au vendredi,
c
'est pas travailler moins. C'est travailler mieux. Et vous comme moi, on sait que quand un enfant apprend de la musique quand il est jeune, ça lui permet de mieux apprendre les langues étrangères, les mathématiques, les matières scientifiques. Quand un enfant éveille un enfant à la culture, à l'art, ça n'est pas du temps perdu. Quand on éveille un enfant à la pratique
sportive, c
'est apprendre la discipline, apprendre le sens de l'effort, la progression, le respect de l'orbite, le respect de l'adversaire. Tout ça,
ce
sont les valeurs fondamentales de la République. Donc arrêtons justement. Nous, on a un pays, malheureusement, qui a une éducation très anxiogène, qui base la réussite sur le niveau en mathématiques ou en français. C'est hyper important.
Il faut le faire. Mais valorisons
l'ensemble. Valorisons les métiers du soin. Valorisons les métiers professionnels. On est nul en la matière. On le dit toujours. En fait, vous voyez, moi, j'appartiens à une majorité qui a beaucoup fait sur les lycées pros, sur l'apprentissage. On est passé de 200 000 apprentis à près d'un million d'apprentis. Mais en fait, ce que je constate, après 10 ans de politique, je ne faisais pas de politique avant, c'est que quand on fait par petits bouts, ça ne marche pas, ça ne suffira. Il
faut
des réformes d'ampleur. Il faut des réformes d'ampleur. C'est ce qu'on fait exactement en ce moment sur les violences faites aux femmes, avec cette loi intégrale. Eh bien, il faut faire la même chose, une loi intégrale pour notre jeunesse et pour l'éducation des enfants. Il faut faire un grand big bang. Mais il ne
faut
pas hésiter à le faire. Nous, on a fait les choses par petits bouts. 8
ministres de l'éducation à 9 ans. C'est 8 ministres de l'éducation. Mais
c'est le bilan Macron. C'est l'instabilité qui est dans notre pays. Et donc ça, c'est l'instabilité. Elle résulte de la funeste dissolution.
On
est tous d'accord. Et après, du choix aussi qu'ont fait les Français d'avoir une Assemblée nationale qui est ce qu'elle est. J'essaye de la diriger du mieux que je peux. Mais c'est compliqué. Et c'est vrai que ça empêche d'avoir un cap clair et une vision à
l
'interne.
Yael Brunepulé, vous êtes présidente de l'Assemblée nationale. On est sur CNU des Sœurs Européens. Vous venez de le rappeler. Est-ce que vous avez été choquée par l'attitude de certains députés de la France insoumise sur les blocages dans les lycées, arrangant la foule,
le
mégaphone en main, tentant peut-être de les inciter à poursuivre vos mouvements ? Ça vous a choquée ou pas ?
Moi, ça m'a choquée parce qu'effectivement, le rôle d'un député, c'est avant tout d'être à l'Assemblée nationale et de faire son travail de représentant de la nation. Figurez-vous qu'hier, nous, on avait des auditions. On a auditionné, justement, suite à ces événements, en commission des affaires culturelles, le ministre Jeffrey de l'Éducation nationale et en commission des lois, le ministre Nunez de l'Intérieur pour qu'il rende des comptes. C'est ça, le job du Parlement. On a eu aussi des questions au gouvernement, puisqu'on a la chance, nous, en tant que députés, de pouvoir directement interpeller les ministres.
Donc, le rôle d'un député un mercredi, c'est plus d'être à l'Assemblée nationale, dans les commissions permanentes et dans l'hémicycle, que d'être dans les manifestations. Après, moi, ce que j'ai vu, c'est que j'ai vu un peu les deux choses. J'ai vu des parlementaires avec des casques blancs pour dire,
en
fait, pour appeler au calme. Et ça, pourquoi pas ? Et il peut y avoir aussi des parents, des profs, des proviseurs. Il y en a eu. Et ça, c'est intéressant,
je trouve,
parce qu'il faut apaiser les choses et chacun peut prendre sa part. En revanche, attiser les violences, haranguer les jeunes et puis se dire qu'en fait, quoi qu'ils fassent, ils ont raison de le faire, là, je pense que c'est un tort. Parce que nous, notre rôle d'adultes et d'élus, c'est plutôt de faire en sorte que les choses se calment pour justement qu'on puisse construire ensemble, en fait, s'il ne s'agit pas. Moi, je suis inquiète, parce que je vois une société où les gens se confrontent de plus en plus, où on va s'opposer de plus en plus.
Nous, notre job en tant qu'adultes et en tant que responsable politique, c'est plutôt d'unir, de rassembler, de faire en sorte que les gens qui n'ont pas forcément les mêmes opinions dialoguent entre eux. En tout cas, moi, c'est ce que j'essaye de faire. Et chacun doit appeler
à cela. Est-ce qu'ils sont intouchables, les députés ? Thomas Porte de la France Insoumise a affirmé hier aux policiers qu'ils n'avaient pas le droit de le contrôler, qu'ils avaient le droit d'aller où ils voulaient, de faire ce qu'ils voulaient.
Mais non, vous confirmez ? Vous confirmez
?
Pas
du tout. Les députés sont des citoyens comme les autres. Ils ont une immunité parlementaire, mais uniquement dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale pour les propos qu'ils tiennent. Tout ce qui se passe en dehors de l'Assemblée Nationale, il n'y a aucune immunité. Les députés sont des citoyens comme les autres. Il n
'y a
pas de passe-droit. Ils n'ont pas le droit de se tenir là où les autres n'ont pas le droit de le faire. Et ça, il faut vraiment déconstruire cette idée. Ce n'est pas parce qu'on porte l'écharpe tricolore qu'on est intouchable. Ça n'existe pas dans une démocratie.
Mais
on voit effectivement que la France Insoumise est en train de faire une OPA idéologique sur la jeunesse. Yael Brond-Pivès, est
-ce
que c'est un problème pour vous ?
C'est un problème parce que ce qu'il leur propose, je crois, ne résoudra en rien leurs difficultés. Et donc, il faut... Et moi, je n'ai jamais laissé tomber la jeunesse. Je vais continuellement leur parler. Presque toutes les semaines, je suis dans une faculté. La semaine dernière,
j
'étais à Sciences Po. Il y a trois semaines, j'étais à la fac de Toulouse. Il faut parler à la jeunesse. Cette semaine, on a accueilli le Conseil d'orientation des politiques de jeunesse à l'Assemblée nationale. J'ai un conseil des jeunes de circo. Il ne
faut
pas que les jeunes se fassent instrumentaliser parce que ça leur nuira. Justement, il faut qu'on arrive à dialoguer tous ensemble. Et la jeunesse pourrait être un combat qui nous rassemble en transpartisans. N'en faisons pas, en fait, une querelle politique parce que les jeunes en seront les premières
victimes.
Yael Brond-Pivès, nous étions le 7 octobre hier. On a eu une scène pendant ces blocages de lycée, une femme qui avait un drapeau israélien qui s'est fait littéralement agresser et interpellée par un jeune manifestant évidemment masqué, évidemment cagoulé. Elle nous a dit, on est le 7 octobre. Et là, ce qu'on entend, ce sont des slogans sur Gaza, sur la Palestine. Elle dit, la jeunesse de France a avrié. Qu'est-ce que vous dites
?
Mais, en fait, ce qui est terrible, c'est qu
'on
a des indignations à géométrie variable.
Le
7 octobre, c'était des jeunes. C'était des jeunes qui étaient au festival Nova. C'était des jeunes qui faisaient la fête, qui dansaient, qui s'amusaient. C'est eux qui ont été assassinés. C'est un Bataclan puissance 10. Et donc,
je
comprends qu'on soit indignés par ce qui s'est passé à Gaza et la riposte israélienne qui a été surdimensionnée. On le sait tous qu'elle a fait beaucoup trop de dégâts en voulant éliminer le Hamas. Il y
a
des victimes civiles par milliers. Ça nous révulse tous, évidemment.
Mais
ce que je ne comprends pas, c'est qu'il faudrait être révulsé soit par l'un, soit par l'autre. On peut être communément révulsé. Et le 7 octobre, il fallait être révulsé
par
ce qui s'est passé en Israël, qui a été le pire attentat terroriste qui visait les Juifs depuis la Seconde Guerre mondiale. Moi, je suis allée avec le président du Sénat, main dans la main, comme d'habitude, au Mémorial Place des Vosges, pour rappeler que la République française, ça n'est pas ça. Et donc, nous sommes unis contre l'antisémitisme, toujours. Avec, évidemment,
la dénonciation de ceux qui instrumentalisent cette idéologie-là pour, notamment, créer des conditions pour l'antisémitisme qui, malheureusement, continue à sévir dans notre pays.
C'est ça,
mais c'est ça. Il faut vraiment appeler à la raison et ne pas laisser qui que ce soit fracturer notre pays. C'est ça qui est en jeu en ce moment. Et nous ne laisserons pas faire.
Deux mots, rapidement, pour terminer le budget. C'est très important, les
Français. On n'a pas parlé des
annonces du Premier ministre parce qu'on pensait qu'il parlerait des lycéens. Il a parlé du prix du gazole. Très bien. Il y
a
des annonces qui ont été faites sur le fait que le prix du gazole va baisser. Ce budget, est-ce que vous pensez qu'il sera voté d'ici le 31 décembre, comme l'espère le Premier
ministre
? Je ne sais pas s'il sera voté, mais je pense qu'il sera adopté. Il doit l'être. Nous avons besoin d'un budget. Notre pays a besoin d'un budget. Et si nous n'en avons pas, tout le monde en souffrira. Ça ne sera pas la défaite d'un camp. Ça sera chacun de nos concitoyens en subira les conséquences. Il faut que tout le monde soit responsable. Et moi, vraiment, j'appelle chacun à être responsable dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Je ne demande pas à ce qu'ils approuvent le budget présenté par le Premier ministre. Moi, j'ai demandé au Premier ministre d'enlever tout ce qui pouvait être chiffon rouge pour les uns ou pour les autres. Il nous faut un budget responsable et raisonnable.
Mais en revanche, on doit maintenir une trajectoire. Et le prochain président de la République, quel qu'il soit, pourra agir soit par acte réglementaire, soit en présentant une nouvelle loi de finances rectificative, pour impulser ses orientations. Mais il pourra le faire que si nous avons un budget, que si la France n'est pas tombée dans une crise financière et économique, ce que nous pourrions avoir si nous n'avons pas de budget. Donc, là aussi, discutons, faisons tous des compromis et passons soit par ordonnance. Moi, c'est une solution que je n'aime pas du tout, mais je demande à ce que le gouvernement prenne ses responsabilités. Un 49.3, après avoir entendu chacun. C'est important.
Ce n'est pas un 49.3 comme ça, balancé au Parlement. C'est un 49.3 qui tient compte des débats en commission, des débats dans l'hémicycle. Mais à un moment donné, il faut être réaliste. Ce n
'est pas la négation du travail
parlementaire,
le 49.3 ? Alors, les ordonnances, c
'est encore pire, Mme Ferrari, parce que les ordonnances, c'est le budget tel qu'il a été déposé, donc il ne tient pas compte du débat parlementaire. Donc, c'est encore pire. Donc, plutôt un 49.3
que pas de budget. Le 49
.3 peut tenir compte des débats parlementaires puisque le gouvernement retient les amendements qu'il souhaite. Alors, c'est à la main du gouvernement. Ce n
'est
pas nous qui décidons ce qui est choisi, mais quand même, au moins, on peut tenir compte de ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale. majorité parlementaire pour le voter. On n'en a pas trouvé depuis que nous sommes dans cette situation sans majorité. Donc, moi, je ne crois pas au Père Noël, donc on n
'en
aura pas là. En revanche, on peut demander à chacun de faire un effort pour le bien de notre pays. Notamment au RN, vous demandez à Marine Le
Pen
de faire attention
à ce budget.
Je ne demande rien à Marine Le Pen. Pourquoi
? Je
demande à chaque député qui est présent dans l'hémicycle, s'il pense un tant soit peu à notre pays et à son intérêt, il faut qu'on trouve incompréhensible. Non, mais est-ce que le RN est une force centrale ?
Oui, mais j'en appelle à chaque député, à Marine
Le Pen, comme les autres parlementaires.
Il
y en a 577 dans cet hémicycle. On voit que l'élection présidentielle, évidemment,
est dans toutes les têtes et ce duel RN-LFI qui se profile pour le second tour. Comment desserrer cette tenaille, selon vous ? On voit que le bloc central est complètement fissuré, divisé. Rien n'indique quel candidat sera le mieux placé dans ce fameux bloc central. Pourquoi est-ce que vous ne vous proposez pas comme candidate d'union ?
En fait, moi, je pense que déjà, ce duel, il fait peur. On entend, moi, c
'est
les retours que j'ai, que ce soit chez les jeunes ou les moins jeunes. Le duel entre les deux extrêmes fait peur. Il est anxiogène. Il est angoissant. Et il est angoissant parce que les gens se disent mais quelle est l'alternative ? Et donc, il faut qu'on propose une alternative qui soit solide. Et pour ça, moi, c'est ce que j'ai toujours dit depuis des mois. Parlons projet. Moi, je ne vois que des candidats qui continuent dans leur silo. Alors, on a autant de propositions sur le régime de retraite que de candidats dans le bloc central. Ça n'est pas possible. Il faut qu
'on
présente quelque chose de commun.
Et
donc, travaillons sur le fond avant de se dire derrière qui on se met. Je continue à dire la même chose. Je me lasse. Je lasse tous les gens qui m'écoutent, malheureusement.
En disant, vous ne voulez pas vous prononcer pour l
'instant. Mais je veux parler du fond. Quel projet pour nos jeunes ? Quel projet pour nos jeunes ? Moi, ce que je propose, un big bang. Parlons, chamboulons la façon dont on forme nos jeunes, leur emploi du temps, la formation professionnelle, l'orientation. On a tant à faire pour eux. Discutons de ça plutôt que de savoir derrière qui on se met.
Et il n
'y
a que des hommes dont ces candidats du bloc central. Ça ne
vous
dérange pas ?
Si, ça me dérange, comme d'habitude. Mais c'est ainsi. Ce sont les chefs de parti. Je le regrette. Mais il faut des femmes parce que peut-être que nous avons des regards différents.
Enfin,
ce n
'est
pas peut-être. J'en suis
convaincue. Merci beaucoup, Yael Brunpivet, présidente de l'Assemblée nationale qui était autre invité ce matin sur CNews et sur Europe 1. Bonne journée à vous. Merci Yael Brunpivet. Merci Laurence Ferrari. Dans un instant, vos signatures du jeudi, Julia De Funès, Eugénie Bastier et Nicolas Carreau. A tout de suite.
Yaël Braun-Pivet