DÉFICITS : MACRON NOUS ENDETTE POUR AIDER SES AMIS MILLIARDAIRES (OLIVIER BERRUYER)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:38OuverteRéponse partielle
Dans votre livre, vous dites que ça ne peut pas être open bar, c'est ça ?
- 0:43RelanceRéponse directe
Mais ça veut dire quoi ? Concrètement ?
- 2:19OuverteRéponse directe
Pourquoi t'es-vous lancé dans cet article ?
- 3:48OuverteRéponse directe
Comment tu interprètes les données sur les dépenses et recettes ?
- 10:23RelanceRéponse partielle
On peut te dire que c'est à cause du Covid ou de la crise de 2008 ?
- 21:51OuverteRéponse directe
Tu nous fais découvrir un autre tableau sur les bénéfices des entreprises.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Quand nous décidons d'augmenter la franchise de 50 centimes à 1 euro, c'est une façon de dire que le médicament ne peut pas être open bar. »
- 2:00InvitéFait
« Olivier vient de publier un article passionnant dont le titre est « Budget de l'État, les pyromanes aux commandes ». »
- 3:39InvitéChiffre
« En 2023, il y a eu 170 milliards de déficits. »
- 9:58InvitéFait
« Un petit excédent, début des années 70. »
- 10:46InvitéChiffre
« En 2023, il y a eu 170 milliards de déficits. »
- 17:24InvitéChiffre
« En 2023, il faut un déficit de 170 milliards. Donc, il faut emprunter 170 milliards de dettes. »
- 17:34InvitéFait
« La dette, elle est à peu près à 3% de taux d'intérêt. »
- 18:22InvitéChiffre
« 5 milliards, c'est deux fois l'impôt sur la fortune qui a été supprimé. »
- 19:23InvitéFait
« Le bénéfice taxable des entreprises en France de 2005 à 2022. »
- 20:02InvitéFait
« Depuis que Macron est là, le bénéfice explose. »
- 23:45InvitéChiffre
« Il s'approche des 1 000 milliards de dettes signées par Bruno Le Maire. »
- 29:25InvitéFait
« Il faut baisser les dépenses publiques. »
- 30:03InvitéFait
« j'essaie de vous mettre à la place de Bruno Le Maire et puis d'essayer de comprendre qu'est-ce que je fais en 2022, en 2023, en 2024 sur le budget. »
- 30:10InvitéFait
« Les décisions, mais c'est enfantin. »
- 30:25InvitéFait
« C'est quoi cet esprit un peu McKinsey ? »
- 31:27InvitéFait
« Vous êtes capable de conduire toute l'économie vers une sorte de stagnation ? »
- 31:31InvitéFait
« Mais c'est ça qui se passe parce qu'ils font comme si à la rigueur... »
- 31:40InvitéChiffre
« je vais faire 10 milliards d'économies. »
- 31:46InvitéChiffre
« ces 10 milliards, c'est quand même presque 1% du PIB qu'il détruit. »
- 31:58InvitéFait
« son déficit, il ne va pas du tout baisser du montant dont il a diminué les dépenses. »
Temps de parole
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Le Média à la place de CNews ou BFM ? Oui ou non ? Rendez-vous sur tnt.lemédiatv.fr Déficit, déficit, déficit, c'est un mot qui nous tombe régulièrement dessus pour nous dissuader de protester contre la politique austéritaire qui nous est imposée par l'exécutif Macron, qui s'accélère devant nos yeux impuissants. Inconscient que vous êtes, nous expliquons. Ne savez-vous pas que les déficits publics ont explosé et qu'il faut se serrer la ceinture ? Fini les conneries, nous dit notre ministre de l'économie.
Dans votre livre, vous dites que ça ne peut pas être open bar, c'est ça ?
Non, ça ne peut plus être open bar, bien entendu, mais sur toutes les réponses.
Mais ça veut dire quoi ? Concrètement ?
Très concrètement, sur le médicament. Quand nous décidons d'augmenter la franchise de 50 centimes à 1 euro, c'est une façon de dire que le médicament ne peut pas être open bar. Regardez tous les médicaments que vous accumulez dans votre pharmacie. Ah là là, les Français, quels inconscients, quels gaspilleurs. Et pourtant, Emmanuel Macron, notre bon roi, pardon, notre bien-aimé président, nous avait prévenu.
D'abord parce que nous vivons, et cela pas simplement depuis cet été, ces dernières années, au fond, la fin de ce qui pouvait apparaître comme une abondance.
Mais au fait, à quoi sont dus les déficits ? Et qui a profité de la fameuse ère où c'était, il paraît, open bar ? Pour répondre à cette question, il faut faire un peu d'histoire économique et prendre en compte beaucoup de chiffres mis en perspective. Ça tombe bien. Il y a notre ami Olivier Berruyer. Olivier Berruyer, il est particulièrement calé dans le domaine parce qu'il est statisticien et fondateur de Elucide, un média sur abonnement spécialisé notamment dans l'analyse, l'exploitation et la mise en graphique de données chiffrées. Vous verrez le lien vers Elucide dans la description de cette vidéo si vous nous regardez sur Youtube.
Olivier vient de publier un article passionnant dont le titre est « Budget de l'État, les pyromanes aux commandes ». Pyromanes et peut-être pyromanes pompiers car ceux qui disent « Arrêtons tout, il y a les déficits » ont participé eux-mêmes à faire exploser les dits déficits en subventionnant tous azimuts. Mais qui ont-ils subventionnés ? Olivier va nous expliquer en quelques graphiques. Salut Olivier. Bonjour. Alors pourquoi t'es-tu lancé dans cet article qui est aussi une sorte de série de graphiques et de compilations assez importantes de données ?
Qu'est-ce qui t'a donné envie d'aller farfouiller les datas pour finalement nous raconter une histoire différente de celle que nous sérinent les éditocrates sur les médias mainstream ? Globalement toutes les semaines on fait une analyse économique assez profonde histoire de donner aux gens des armes pour comprendre ce qui se passe sur les lucides pour combattre la propagande qui est quand même plus que matraquée dans ce qu'on peut encore difficilement appeler des chaînes d'information parce que c'est vraiment des chaînes de propagande à ce niveau de délire.
Et on voit que les gens parfois ne comprennent pas trop, on se dit c'est compliqué alors qu'en fait c'est pas très compliqué surtout quand on présente les choses avec des graphiques histoire que les gens comprennent bien. Donc ça c'est ce qu'on fait toutes les semaines. Et là j'ai fait une analyse très approfondie du budget de l'État puisque c'est quelque chose d'assez central dans le fonctionnement. Au mois de juin on fera une analyse sur la dette, ça va avec il y a peu de partie. On a déjà commencé par essayer de comprendre le budget donc qu'est-ce que l'État dépense et avec quel argent il fait fonctionner. Donc la différence des deux c'est le fameux déficit dont on nous parle sans arrêt.
D'un côté à raison parce qu'il explose, c'est un vrai problème dont on expliquera les conséquences dans le prochain article. Mais là l'idée c'est de comprendre ce qui se passe parce que c'est assez différent de ce qu'on entendra évidemment sur BFM ou CNews. Alors le premier graphique que tu mets en exergue ce sont les dépenses et les recettes de l'État en France entre 1960 et 1922. C'est un graphique donc qu'on va voir à l'écran. Et comment tu l'interprètes ? Comment tu interprètes les données que tu mets ainsi en lumière ? Alors bon là on va rentrer comme on n'a pas le temps un peu moins dans le détail que ce qu'on fait évidemment dans l'article.
Mais l'idée c'est de comprendre ce qui se passe parce que il y a quelque chose d'assez paradoxal. Quand tu regardes en France, les fameuses dépenses publiques, elles ont fortement augmenté. Et puis les gens quand ils regardent, ils disent « je ne comprends pas, l'école se clochardise, l'hôpital, on est soigné maintenant dans des couloirs comme dans des pays en sous-développement. La défense, évidemment on est dans les charrettes. » qui marche à l'évidence beaucoup moins bien qu'il y avait en 30 ans. Donc je ne comprends pas, c'est censé dépenser plus, on paye d'ailleurs plus d'impôts qu'avant. Et le retour est très difficile.
Ce qu'il faut comprendre c'est qu'une grosse partie de cette augmentation, qu'en tout cas que les dépenses publiques, il y en a deux parties. Il y a en gros la sécurité sociale et puis en gros on va appeler ça l'État pour faire simple, qu'il soit national ou qu'il soit au niveau local.
Et comme il y a un phénomène dont je trouve qu'on parle très très très peu, c'est le vieillissement de la population, parce que c'est lent, ça dure des décennies, mais on vit évidemment tous de plus en plus vieux, on est plutôt content de vivre de plus en plus vieux, mais évidemment ça va entraîner des dépenses de plus en plus importantes dans la vie pour payer des retraites, pour payer de la santé, pour payer de la dépendance. Donc forcément ce vieillissement de la population, il entraîne un surcoût qui explique que les dépenses publiques ont augmenté.
Mais il y a eu une évolution parallèle, peut-être jusqu'à la fin des années 90, donc on vivait plus vieux, ça coûtait plus cher et donc on payait plus d'impôts vraiment et on ne touchait pas, je dirais, à l'État. Mais à la fin des années 90, quand le néolibéralisme commence vraiment à imprégner toute la pensée des gouvernants, les gouvernants se disent « Oh là, non, mais là, le vieillissement, on voit qu'il va se poursuivre, parce qu'évidemment tout ça c'est mathématique, ça se prévoit très bien à l'avance, on sait combien ça coûte en 2030, 2040, 2050.
» Ils se disent « Ouh là, mais là, ce n'est pas possible, parce que les impôts vont augmenter de plus en plus, c'est très mal, les impôts, on n'aime pas ça, donc ce qu'on va faire, c'est qu'on va stabiliser les impôts. Donc on ne veut pas payer plus d'impôts pour ce vieillissement, autrement dit. Premièrement, il faut faire sans arrêt des réformes, des retraites, des réformes, dans ce sens de l'assurance chômage. Donc en fait, je vais diminuer les prestations, donc vous aurez moins de retraite, vous serez moins bien couverts pour la santé. Donc il y a déjà cette baisse-là qui est extrêmement forte.
Et la deuxième, c'est qu'en plus, ils se sont dit « On va gratter sur l'État pour, évidemment, faire face à ces dépenses qui augmentent. » Donc c'est pour ça qu'au global, les dépenses augmentent, mais c'est des dépenses de retraite, de sécurité sociale, que la plupart des gens qui nous écoutent connaîtront dans 20, 30, 40 ans, quand ils seront à la retraite. – C'est difficile de les éditer. – Oui, vous ne les voyez pas. – Sinon, on changerait quasiment de civilisation. – Ah ben, exactement. Après, c'est autre chose, quoi. Si on veut retourner, comme dans les années d'avant-guerre, où, évidemment, tous les vieux crevaient... – Les vieux étaient pauvres, hein.
– Ah oui, mais ils étaient extrêmement pauvres. – Sauf s'ils avaient beaucoup d'enfants. – Oui, sur cette partie-là. Mais en tout cas, il n'y avait aucune aide d'État. Donc il fallait compter sur les enfants. Donc il fallait bien en avoir cinq si on voulait survivre. Donc on voit qu'on n'est plus du tout dans ces modèles-là. Donc on a vraiment sorti tous les vieux de la pauvreté. Donc ça, c'était une grande réussite étranglorieuse. Mais voilà, ce mécanisme s'est enrayé parce qu'on n'a pas tenu compte du vieillissement futur. Et donc voilà, nos dirigeants grattent tant qu'ils peuvent sur l'État.
Et donc cette analyse que je fais là, parce qu'on a déjà étudié des penses publiques dans d'autres articles il y a quelques mois, mais là, vraiment, on s'intéresse à l'État puisque, évidemment, c'est en tout cas, dans ceux qui nous écoutent, c'est quelque chose qui leur tient assez à cœur. Et puis c'est le cœur des services publics. Et même au-delà d'un service public, c'est le cœur du fonctionnement du pays. Si on éduque mal des gosses, il ne faut pas imaginer qu'on va avoir beaucoup de croissance face à la concurrence chinoise et indienne dans 30 ans. C'est vraiment des investissements maintenant. – Pourquoi importer des cadres, des médecins, des infirmiers, etc. ?
– Si ils ont envie de venir. Parce que non, mais cette idée qu'on va être le phare du monde, je dirais, si on est paupérisé, que ça va mal, que les sociétés sont complètement dissoutes, qu'il y a la guerre aux frontières, les types diront « je suis mis en Inde quand même », surtout évidemment dans 30 ans, quand le niveau de vie aura augmenté. Mais c'est le genre de raisonnement qu'ils peuvent avoir. On voit très bien où les gens... – Il y a déjà eu ce genre de raisonnement. À l'époque où moi j'étais étudiant, il y a eu un numerus clausus assez délirant dans les facultés de médecine. Mais ils savaient très bien qu'ils avaient des réserves où ils allaient chercher des médecins, par exemple.
Peut-être que demain, ça fonctionnera moins bien. – Et si je peux me permettre, il y a un côté dégueulasse. Qu'est-ce que tu vas faire ? Tu vas piller le reste du monde. Tu vas piller les gens les plus formés, les plus intelligents, sur lesquels peut-être l'Afrique va pouvoir compter pour se développer. Tu vas dire « venez chez moi plutôt ». Puis bon, l'Afrique ou l'Inde, ils se débrouilleront sans. C'est quand même très colonial encore. C'est le colonialisme importé cette fois. C'est-à-dire qu'au lieu d'exploiter les gens sur place, je les fais venir chez moi, je les exploite chez moi. – Alors, les dépenses ont augmenté et les recettes ont baissé.
– Donc oui, j'en viens à ce petit graphique qui ne concerne que l'État. C'est pour ça qu'il faut bien comprendre. On voit que les dépenses ont… Parce que ça, c'est un graphique qui est sur pratiquement toutes les trangles de l'Oise jusqu'à aujourd'hui. Il est sur très longue période. – De 1960 à quasiment aujourd'hui. – Exactement. Donc on voit que la courbe orange montre que les dépenses avaient eu tendance un petit peu à baisser juste de l'État. Donc ça montre bien que déjà l'État dépensait moins, alors qu'il n'y a pas de raison qu'il dépense moins puisque la population en l'augmente sans arrêt. Et qu'il y a ces derniers temps une explosion réelle des dépenses de l'État.
Mais on voit comme ça, les vues de très très loin, ouais, bon, OK, il n'y a pas l'air d'avoir des mouvements énormes sur les dépenses. Mais par contre, qu'est-ce qu'on voit de phénoménal ? C'est les recettes qui chutent énormément. Donc on voit que ça veut dire que c'est des baisses d'impôts qui ont été faites. Évidemment, c'est l'impôt sur la société, c'est l'impôt sur la fortune qui disparaît, c'est la taxe sur la valeur ajoutée des entreprises qui disparaît. La taxe d'habitation, bon, après, elle n'était pas d'économie pour l'État, mais on voit qu'il y a ce mouvement, cette philosophie très neolibérale de « faut baisser les dépenses ».
Bon, pour l'heure, bon, si ils sont libéraux, enfin, il faut baisser les recettes, il faut baisser les impôts. J'allais dire, si tu es libéral, si tu es dans cette vision-là, pourquoi pas ? Mais les types ne baissent jamais les dépenses. Donc on voit que ça fait des déficits, et on voit que c'est une gestion qui est extrêmement calamiteuse, et donc c'est ce qu'on voit en bas. – Ce qu'on voit avec le solde budgétaire. – Oui, c'est ça, c'est la différence. – C'est-à-dire entre 1960 et, disons, 1968, par là, il y avait un tout petit déficit, puis il y a même eu un excédent dans les années 70. – Un petit excédent, début des années 70.
– Alors, les chocs pétroliers sont venus à bout de ces excédents, mais les déficits n'étaient pas non plus énormes, et puis ils ont commencé à… – C'est ça qui est drôle, c'est quand tu prends les grands chocs économiques qu'on a eu, en effet, 73, 74, 79, tu regardes, ça ne faisait pas des déficits colossaux à l'époque. On voit que maintenant, ça augmente considérablement, et ça augmente tout le temps, en fait, il y a de plus en plus… – On peut te dire que c'est à cause du Covid ou de la crise de 2008 ?
– Non, mais on pourra toujours dire, si tu veux, évidemment qu'il y a en partie ces choses-là, mais on est en 2024, il est un peu loin le Covid maintenant, enfin, ce qu'il faut bien voir, c'est qu'on a des niveaux, parce que là, bon, c'est l'air d'être un petit schéma, c'est joli, comme ça on comprend un peu, mais on ne se rend pas bien compte de quoi on parle. En 2023, il y a eu 170 milliards de déficits. En 2023, le Covid, il est loin, on n'est plus encore en choc de 2022, ça a commencé à aller un peu mieux. 170 milliards, c'est pratiquement le niveau de déficit de l'année du Covid.
Alors quand même, l'année du Covid, on se dit, OK, on est enfermé, tout ça, il n'y a plus d'activité économique, il y a un grave problème. En 2023, oui, OK, ce n'est pas fabuleux, et on dépense, on voit que Macron dépense de façon inconsidérée. Mais ce qu'il faut bien comprendre, et c'est ce qu'on va détailler aussi un peu, c'est comment il dépense. Parce qu'il n'a échappé à personne que ces dépenses, ce n'était pas pour avoir plus de profs, ce n'était pas pour avoir de meilleurs hôpitaux, ce n'était pas pour avoir plus d'infirmières, ce n'était pas pour avoir plus de sécurité, ce n'était pas pour avoir plus de justice, etc., etc., etc.
Donc on voit qu'en plus, et ça, c'est d'autres graphes, vous pouvez voir sur le site qui vous le montrent, quand on regarde finalement, c'est quoi les dépenses de l'État ? Il y en a de deux types. En fait, les deux tiers des dépenses de l'État, c'est des transferts financiers. C'est-à-dire que l'État, il prend des impôts, il redonne de l'argent, tel qu'il ne fait rien de plus. Il a fait banque, il a transféré l'argent. Et un tiers, il a des fonctionnaires, il rend des services, il paye des profs, il fait de la justice. Donc on voit qu'il y a une activité économique. Et donc ces deux tiers-là, en fait, cette activité de pur transfert, elle, elle a explosé.
Et la partie qui concerne vraiment, va faire tourner l'État. Ce à quoi on pense, quand on pense à l'État, on pense à des fonctionnaires, on pense à des profs, on voit que ce truc n'arrête pas de baisser en termes de dépenses. Et ça baisse très fortement. Et donc, les dépenses... Donc c'est pas ça. L'État n'augmente pas ses dépenses parce qu'il veut payer des profs ou des médecins ou des infirmiers ou des cheminots.
Et comme on s'en rend compte, et donc non seulement ils ont déshabillé l'État pour essayer de faire face au vieillissement, donc en baissant la partie recette, mais quand on regarde, ils ont énormément baissé à l'intérieur les dépenses, on va dire, des services publics, pour augmenter très fortement les dépenses de transfert. Alors c'est quoi les dépenses de transfert ? Pourquoi il y a des nouvelles dépenses de transfert ? C'est-à-dire pour donner plein d'argent aux immigrés et aux cassos ? Ça, a priori, ça a dû être proposé à un moment, mais ça a été refusé. C'est assez étonnamment. Mais à qui l'État transfert de l'argent ? Eh bien, quand on regarde, il est transfert aux entreprises.
Et donc là, on a un graphique qui est assez impressionnant. Ce sont les aides publiques aux entreprises en France de 2000 à 2019. Et qu'est-ce qu'on observe ? Eh bien, on observe une explosion des aides publiques aux entreprises qui atteignent le niveau proprement hallucinant de 160 milliards. C'est-à-dire, tiens, un peu près le déficit, d'ailleurs. C'est drôle. Qui sont l'ensemble des dispositifs. Alors il y en a plein de différentes façons. Il y en a où je donne de l'argent aux entreprises. Il y en a où je leur baisse les impôts, etc. Mais quand on regarde, c'est presque trois fois plus que ce qu'il y avait dans les années 80, 90 et même encore un peu au début des années 2000.
On voit que ça avait un petit peu augmenté avec la crise de 2008. Mais qu'on donne encore beaucoup plus d'argent en 2023 aux entreprises que ce qu'on donnait en 2008, en 2009, quand il y avait quand même l'incendie de la crise à l'époque. Et là, on se dit, mais qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi il y a autant d'argent qui est donné ? À quoi ça sert ? Et on voit que c'est des politiques qui sont purement clientélistes de la Macronie. Macron, c'est juste le représentant, c'est le délégué du MEDEF qui a trouvé le bon job pour décider. Et donc, qui... Le robin des bois inversé. Oui, non, mais il y a cette idée-là. En fait, il ne prend même pas aux pauvres. En fait, il emprunte.
C'est encore autre chose. C'est-à-dire qu'il laisse des problèmes pour plus tard. Et ça, on parlera peut-être une prochaine fois sur la dette. Mais voilà, il va voir le banquier pour emprunter de l'argent et il donne aux riches. C'est plutôt ça, le processus. Et ça, c'est extrêmement hallucinant en termes de fonctionnement d'un État. Donc, ça gave les entreprises, ça gave les résultats. Il y a quelques effets positifs. Par exemple, la relative baisse du chômage qu'on a vue, qui est quand même assez limitée. Et très cher payé, finalement. Mais oui, et c'est... C'est même pas cher payé, si tu veux. C'est cher à emprunter. C'est même pas... Même pas que je mets de l'argent, ça va mieux.
Non, non, toi, j'ai juste d'emprunter de l'argent. Il va falloir que j'arrête d'emprunter de l'argent. Et quand je vais arrêter d'emprunter de l'argent, automatiquement, ça va aller mal de nouveau. Une partie importante de ces nouvelles dépenses, c'est par exemple, toute la partie de financement d'alternants, de financement d'apprentis. Alors d'un côté, c'est plutôt bien d'avoir des apprentis dans l'entreprise, peut-être. Certains nombres se font quand même gentiment exploiter, puisque souvent, ils prennent la place d'un salarié normal, à un tarif beaucoup moins cher. Et non seulement c'est moins cher, mais en plus, maintenant, c'est payé aux trois quarts par l'État.
Et donc, bah oui, quand on regarde, le chômage des jeunes a beaucoup baissé, du coup. Bah oui, mais c'est sûr, de toute façon, il y a 3 millions de chômeurs, je peux emprunter de l'argent pour donner du salaire à 3 millions de personnes. Et je peux dire, bah super, regardez, il n'y a plus de chômage. Mais en quoi j'ai bien géré le pays ? Non, si je gère bien le pays, je fais en sorte qu'il y ait peut-être une meilleure activité économique, et puis que je crée des entreprises qui créent de l'emploi pérenne, et d'ailleurs des emplois plutôt sympas, et puis ça fait 3 millions d'emplois, et là, c'est bien.
Mais si j'ai juste emprunté de l'argent et je l'ai donné, enfin, OK, je résous à très court terme le problème, mais j'en crée un énorme à l'avenir. Et c'est ça, en fait, le macronisme. Alors on voit que les dépenses budgétaires stagnent, les dépenses qu'on voit augmenter ces dernières années sur ton graphique, les dépenses socio-fiscales, c'est quoi les... C'est les baisses de cotisations sociales, en fait, dans le graphique. C'est pareil, c'est une façon de donner de l'argent aux entreprises. C'est-à-dire qu'en fait, la baisse des cotisations sociales, ça va faire qu'un salarié coûtera moins cher à son entreprise ? Oui, c'est ça l'idée, mais ça revient à subventionner l'entreprise.
Ça consiste à dire l'État va vous payer une partie du salaire de votre salarié. C'est sympa, la boîte est plutôt contente, bien sûr. Au niveau de l'activité économique, c'est plutôt bien dans l'absolu, mais le problème, c'est quoi ce fonctionnement ? Puisque l'argent, je ne l'ai pas, à l'arrière, j'aurais pu le prendre à Bernard Arnault, je fais des impôts, et à ce moment-là, on peut discuter si c'est bien ou pas d'augmenter les impôts. OK, ce sera un débat politique intéressant gauche-droite, sans doute, mais ce n'est pas du tout ce qui se passe. Il ne le prend à personne, l'argent, il est emprunté. Mais quand la dette, elle augmente, elle augmente.
C'est complètement fou, parce qu'il va falloir rembourser. Comment on va pouvoir... Enfin, rembourser... En tout cas, ça va poser des problèmes financiers de plus en plus importants, parce que, tout à l'heure, je disais, c'est tellement gros qu'on ne comprend pas ce que ça représente. Je pourrais dire que c'est 10 porte-avions. Enfin, bon, ce n'est pas non plus très parlant, puis la guerre, tout ça. Mais il y a quelque chose de beaucoup plus intéressant, parce que c'est vraiment ça qui se passe. En 2023, il faut un déficit de 170 milliards. Donc, il faut emprunter 170 milliards de dettes. La dette, elle est à peu près à 3% de taux d'intérêt.
3% sur 170 milliards, ça va faire à peu près 5 milliards d'intérêts par an à vie. Donc, si on réfléchit deux secondes, leur gestion rien que de 2023 va entraîner en 2024 5 milliards d'intérêts à payer. En 2025, 5 milliards. En 2026, 5 milliards. Et ça ne s'arrête jamais, puisque on ne rembourse pas la dette. En fait, c'est aussi une politique qui avait été encouragée par le fait que l'argent était quasiment gratuit et que se refinancer, c'était quasiment sans effet. Oui, sans doute à l'époque. Mais en attendant, la dette, elle est toujours là. Et quand tu la refinances, peut-être que tu l'as empruntée il y a 5 ans à 0%, mais aujourd'hui, c'est 3%. Et tu ne peux pas rembourser.
Tu n'as pas l'argent pour rembourser. Donc forcément, tu vas être obligé d'emprunter 3%. 5 milliards. C'est-à-dire que les types, en une année de gestion, ils entraînent 5 milliards d'intérêts en plus ad vitam aeternam. Et pourquoi je dis ça ? 5 milliards, c'est deux fois l'impôt sur la fortune qui a été supprimé. C'est-à-dire qu'en une année, rien que pour 2023, ils entraînent une charge dans le futur de deux fois l'impôt sur la fortune qu'on a supprimée. Donc ça veut dire qu'en 2024, on ne peut pas dépenser 5 milliards peut-être pour des propres enseignants parce qu'il faut payer les intérêts pour Bernard Arnault, machin, et pour ceux qui ont beaucoup d'argent.
Parce qu'évidemment, c'est une petite partie de la population qui bénéficie des intérêts qu'on verse. Parce qu'en fait, effectivement, quand l'État s'endette, il s'endette auprès de qui ? Des Français les plus riches ? Des Européens les plus riches ? On s'est dit pour 100% les plus riches, en gros, qui auront l'essentiel de la dette. Mais ça, je suis en train de préparer l'étude là-dessus sur qui possède la dette. Mais c'est ça que je veux juste signaler. Oui, on en parlera. Mais le sujet, c'est vraiment de comprendre toutes ces conséquences que ça a quand on vous dit du déficit, machin. Ça veut dire que c'est aussi des problèmes dans le futur pour payer des services publics.
Alors, tu nous fais découvrir un autre tableau, le bénéfice taxable des entreprises en France de 2005 à 2022. Et on se dit que, bon, ça va, les entreprises, elles ont quand même des bénéfices qui augmentent, qui n'ont pas été tellement troublées par l'époque du Covid. Et on se demande, mais pourquoi, finalement, on subventionne une sphère privée qui réussit à mobiliser assez de bénéfices ? Oui, alors ça, ça a l'air de rien. En effet, c'est la somme de tous les bénéfices des entreprises en France. C'est un graphique qui, à ma connaissance, n'existait pas, parce que j'étais très compliqué à faire ce graphique-là.
Et quand on regarde, on voit qu'il y avait eu une petite, enfin, une hausse quand même assez importante au moment de la crise de 2000-2009, que depuis, le bénéfice était resté stable jusqu'à Macron. Et que depuis que Macron est là, le bénéfice explose. Alors, bon, moi, il ne m'a pas semblé qu'au niveau international ou qu'au niveau national, on ait eu des périodes de trente glorieuses. On n'a pas trouvé beaucoup de pétrole en France. On a eu, il me semble, des petits accidents économiques, tels le Covid, et une explosion des prix du gaz et de l'électricité en 2022. Et pourtant, les entreprises font des bénéfices comme jamais.
Évidemment, une partie, ces entreprises, surtout récentes, là, qui ont fait des gros bénéfices à cause de la crise, à cause de l'inflation. Évidemment, le secteur agroalimentaire, le secteur énergétique qui a fait ces résultats-là. Mais on voit que, depuis Macron, il y a eu une explosion. Mais c'est normal, c'est sa politique. Sa politique, c'est il faut enrichir les entreprises, enrichir les actionnaires, enrichir les plus riches. On pourrait dire que c'est du Reagan un peu revu. Sauf que Reagan essaie de vendre ça à l'époque en disant oui, mais ça bénéficiera après, ça ruissellera. C'était ça leur théorie. Aujourd'hui, même plus de théories, ils n'ont rien à foutre.
On se prend l'oseille et tire-toi. Et puis voilà, c'est ça le macronisme. C'est ce qu'on voit. Mais au-delà de ça, on voit en effet que toute une partie de ces déficits, de cette dette, ça sert à enrichir directement les plus riches. C'est quand même assez fou, ce fonctionnement-là. Mais sans doute, et peut-être le rappel de 2008-2009, montre que, en tout cas, c'est une petite hypothèse que je lance et on verra, que ce truc-là, ça peut être un indicateur avancé de crise. C'est-à-dire que, quand tu fais ça, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que tu vas prendre beaucoup d'argent pour le donner aux plus riches. D'accord ? Ils sont contents, les plus riches.
Mais ça veut dire que tu as enlevé de l'argent et il y a de l'argent qui manque aux plus pauvres. Et les plus pauvres, ils consomment dans une économie. Les plus riches, ils ne consomment pas beaucoup. Une fois qu'ils ont acheté leur troisième Ferrari, bon, après, ce qu'ils font, c'est qu'ils investissent. Puis l'argent, ils vont aller le placer au Bahamas, dans les parties fiscaux. Enfin, ce n'est plus l'argent qui profite à l'économie. Donc, je pense que c'est quelque chose qui est un indicateur. Il va y avoir un problème économique parce que la croissance ne va plus pouvoir se maintenir dans les bonnes conditions. Et donc, on va avoir des problèmes comme il y a eu en 2008.
Alors, un tableau, alors qui me semble un peu complexe, mais que tu nous expliqueras, il nous présente des prévisions du déficit public pour le budget de l'État entre 2023-2027. Et il y a plusieurs périodes, de 2000 à 2026 ou de 2027 en termes... Oui, j'ai juste caché les périodes de crise qui n'ont pas d'intérêt pour la crise de 2008 ou la crise du Covid. En fait, ce qu'on voit, c'est... Alors, il a l'air compliqué, mais en fait, il faut le regarder de loin, simplement, il ne faut pas s'intéresser aux détails. Vous voyez, en gros, la courbe rouge, bon, c'est la courbe du déficit. Peu importe, elle est comme elle est.
Mais ce qui est intéressant, c'est que sur chaque point, chaque année, j'ai mis, parce qu'il le fait, le gouvernement, à chaque fois qu'il fait un budget, il dit, voilà ma prévision, bon, voilà le déficit de l'année que je fais voter, et voilà pour moi quel sera le déficit dans un an, dans deux ans, dans trois ans. Il fait quelques prévisions, il essaie d'anticiper dans l'avenir. Et donc, ce qu'on a mis, c'est chaque année, quelle était la prévision future du gouvernement.
Donc, on voit à chaque fois que le gouvernement, dès qu'il a un gros problème, comme en 2010, il dit, bon, OK, il y a un gros déficit, mais ne vous inquiétez pas, vous allez voir, on va bien gérer l'avenir, on va vite remonter le déficit. Et on voit que ça n'arrive jamais, ces petites courbes de couleurs, ces prévisions qui sont toujours complètement foirées, on voit que la réalité est toujours en dessous des prévisions qu'ils font, et comme la réalité est en dessous des prévisions qu'ils font, ça veut dire que le déficit est toujours au-dessus de ce qu'ils ont prévu de faire, et donc, c'est pour ça que la dette, elle augmente sans arrêt.
Donc, on voit qu'il y a une incapacité à bien, enfin, une incapacité et un manque de volonté, il faut être clair aussi, c'est pas un problème de compétence, c'est une volonté de mal gérer l'État. Alors, justement, est-ce qu'on peut dire qu'il y a une forme d'insincérité dans les communications qui sont faites par le gouvernement à l'Assemblée nationale lors des discussions autour du budget ?
Oui, c'est un peu un pléonasme, parlant de ce gouvernement en particulier, qui a fait le mensonge à son leitmotiv, mais oui, évidemment, mais moi, ça, c'est quelque chose qui est très drôle, et quand tu me disais pourquoi j'ai envie de faire ça, parce qu'il me fatigue, il me fatigue le maire, il me fatigue les autres. Le maire, ça fait 7 ans qu'il vient, et tous les ans, il dit la dette, c'est mal, et tous les ans, il fait une dette comme jamais il y a eu, en fait. Il s'approche des 1 000 milliards de dettes signées par Bruno Le Maire. Ah, waouh !
Ce sera en fin d'année, je vais calculer le jour exact, je vais peut-être lancer le Bruno Le Maire's Day, ce sera vraiment intéressant, les 1 000 milliards de Bruno Le Maire. C'est quand même phénoménal, parce que si tu regardes, tu as la droite qui a sans arrêt le discours que tu as très bien résumé en ouverture, ah, la dette, c'est mal, nos petits-enfants, c'est mal, ah, là, là, les déficits, là, les dépenses publiques, ça fait de la... Puis on regarde, c'est eux qui font le plus de déficit, c'est eux qui font le plus de déficit. C'est quand même très bizarre comme discours, et on peut se dire pourquoi.
Alors, OK, il y a un fonds qui est commune à la gauche à droite, ce sera de dire, quand je fais de la dette du déficit, à la rigueur, je peux dépenser plus que si je ne faisais pas de dette, évidemment, et donc, les gens sont plus contents de ma gestion, et je n'en ai rien à foutre de ce qui se passera à l'avenir, c'est bêtement électoraliste, c'est la vraie gestion à la petite semaine. Mais la droite va beaucoup plus loin, en fait. Et pourquoi elle va plus loin ? Parce que ça l'arrange que ça aille mal l'État.
Si tu réfléchis deux secondes, si tu aimes l'État, enfin, si tu aimes l'État, pas non plus être fanatique, mais tu trouves que c'est plutôt utile, c'est intéressant, il faut qu'un État soit quand même là pour réguler, pour aider. Tu veux qu'il soit bien géré ? Je ne sais pas, c'est comme tout, en fait. Moi, c'est un truc que j'aime bien, je veux que ce soit bien géré. Ces gens-là, ils n'aiment pas l'État. Donc, ce qu'ils font, tu coupes ce que je disais tout à l'heure, les dépenses et services publics. Tu fais ça un an, deux ans, cinq ans, et au bout de dix ans, tu arrives, c'est nul l'école publique. Et puis, tu as Oudéa Castera qui t'explique, non, il faut mieux les mettre dans le privé.
Oui, c'est sûr qu'à partir du moment où l'argent, je ne le donne plus au public, je le donne au privé, le privé marche un peu mieux que le public. Donc, il y a cette philosophie de, je me suis amusé à dire, qui veut noyer son État, elle accuse de la rage, quoi. Oui, c'est sûr que je coupe tous les financements. Après, je dis, ça marche mal. Et puis, je dis, il faut privatiser, vous voyez, ça marchera mieux. Alors, le dernier tableau qu'on va regarder, c'est le solde budgétaire de l'État dans les pays de l'Union européenne, avec seulement deux pays qui sont excédentaires, plusieurs pays qui sont dans une forme de déficit budgétaire maîtrisé.
Et la France, c'est au fond de la classe, vraiment, juste avant l'Italie, la Hongrie et la Roumanie. Pourquoi ? Ça m'a un peu amusé, j'étais un peu taquin là-dedans, puisqu'évidemment, le macronisme, c'est aussi un européisme forcené. Ces mecs, c'est l'Europe, l'Europe, l'Europe. Bah, tu sais, alors l'Europe, l'Europe, on va te comparer. Vas-y, gros, montre comment t'es super bon. C'est-à-dire, t'adores l'Europe, a priori, donc tu dois être le meilleur, tu dois montrer. Et on voit qu'évidemment, il y a une gestion qui est lamentable. Parce que le premier effet, c'est que tu le disais un peu tout à l'heure, ah ouais, mais il y a le Covid.
Alors, je ne sais pas, oui, enfin le Covid était partout en Europe, on est d'accord, il ne s'est pas arrêté aux frontières, c'est comme le nuage de Tchernobyl. Bon, bah, voilà, on voit que c'est quand même, évidemment, beaucoup mieux géré ailleurs. On voit qu'on est évidemment dans les tout derniers. Et pour moi, on est même le pire, en fait, même s'il y en a trois après nous. Parce que les trois, c'est la Hongrie, la Roumanie, qui souffrent énormément de la crise énergétique parce qu'ils ont des économies qui sont basées beaucoup sur le gaz russe. Donc, évidemment, ça coûte plus cher. Et il y a l'Italie qui, en effet, facialement, est vraiment d'assez loin le pire déficit.
Mais l'Italie aussi a ses problèmes énergétiques. Elle dépend beaucoup du gaz. L'Italie, nous, on a les centrales nucléaires, on n'a pas de problèmes énergétiques à la base. Alors, OK, on se l'est créé grâce aux mécanismes européens. Mais quand même, notre économie est plus compétitive. Elle souffre un peu moins de l'euro que l'Italie. On n'a pas les problèmes politiques qu'ont l'Italie. Donc, l'Italie a quelques raisons à la rigueur d'avoir des mauvais résultats. Nous, à part la mauvaise gestion de Bruno Le Maire, cette volonté de Macron de faire n'importe quoi avec les finances publiques pour dire, « Regardez, le chômage y baisse. Regardez, j'ai donné de l'argent.
Les bénéfices sont là comme jamais. Regardez, le CAC 40 fait des profits. Regardez, les dividendes. Regardez comme on est attractif. » Oui, mais c'est une gestion qui est vraiment déplorable. Et ça vient de gens qui nous bourrent le mou sans arrêt en disant, « Eh, l'État, il faut le gérer comme une entreprise. » Mais, gros, Bruno Le Maire, Macron, si vous étiez dans une entreprise et vous faisiez ça, mais vous seriez interdit de gestion d'une entreprise. Vous la foutez en faillite, mais en quelques années, l'entreprise, quand vous faites ça. Et c'est ce double discours qui est vraiment pénible à entendre.
Alors, qu'est-ce que, disons, cette pratique et ce discours qui vont dans les sens contraires nous disent de notre système politique et économique, au-delà de ces chiffres du budget, des déficits, des recettes, etc. ? Qu'est-ce que ça nous dit ? Ça nous dit qu'on est en bout de course, à mon sens, clairement. Et c'est ce qu'on montre toutes les semaines sur la lucide quand on s'intéresse aux PIB, aux taux d'intérêt, au chômage, à la rentrée, toute une série sur les inégalités, sur la partie sociale. On a bossé cette année beaucoup de l'économie, ce sera le social l'année prochaine. Et on voit cette déliquescence politique, on voit que les types...
Parce qu'en fait, qu'est-ce qui se passerait si on faisait plus ça ? Qu'est-ce qui se passerait si je gérais bien ? C'est possible de bien gérer ? D'essayer de bien gérer. Je couperais... Enfin, j'augmenterais les impôts, mais j'augmenterais les impôts. Il va y avoir des retentissements économiques quand même. Donc il va y avoir moins de croissance, moins d'activité, peut-être plus de chômage. Donc on est allé tellement loin dans la mauvaise gestion qu'ils n'arrivent plus, sans doute, vraiment s'ils le voulaient. Ils ne le veulent pas. Mais s'ils voulaient reprendre vraiment en main le destin économique du pays.
Et là, comme ils sont atteints des niveaux délirants, surtout en 2023, là, ils essayent en 2024. Le budget a été voté... Enfin, a été voté, pardon. Excuse-moi. Il a été 49,3 T au mois de décembre. Le budget 2024. Au mois de février, ils arrivent en disant « Oups, excusez-nous, notre hypothèse de 1,4 de croissance, ça, c'était trop. On va prendre plutôt 1 %. Et il faut qu'on fasse 10 milliards d'économies. » Et 10 milliards d'économies, mais c'est énorme. Alors, par rapport à 170 milliards de déficit, c'est trois fois rien. Mais 10 milliards en soi, c'est beaucoup. Parce que ça aussi, c'est quelque chose qu'il faut... Il y a deux choses à bien comprendre.
C'est que, contrairement à ce que dit le discours de droite qui est toujours... Il y a un fanatique. Il faut baisser les dépenses publiques, il faut baisser les dépenses publiques. En fait, quand ils disent ça, les types de droite, ils ont quelque part dans l'idée « Bon, je vais baisser les dépenses publiques, puis je vais baisser les impôts. Et puis, on va s'y retrouver. Et puis, à la rigueur, on fera dans le privé ce que faisait le public. » En gros, c'est ça l'idée. Alors, là aussi, on pourrait faire un gros débat politique. Mais ce n'est pas du tout ce qui se passe.
Parce qu'il y a tel déficit que quand vous baissez les dépenses publiques, vous ne baissez pas les impôts puisque déjà, vous étiez en déficit. Donc, en fait, qu'est-ce que ça veut dire quand ils disent « On baisse les dépenses ? » Parce que je détruis du PIB, je détruis de l'activité, je détruis du salaire de quelqu'un. Et en contrepartie, il n'y a rien. C'est juste de la destruction. La deuxième partie qui est vraiment très importante, que j'ai développée un peu en détail à la fin de l'article. Comme tu as vu, l'idée, c'est j'essaie de vous mettre à la place de Bruno Le Maire et puis d'essayer de comprendre qu'est-ce que je fais en 2022, en 2023, en 2024 sur le budget.
Et puis vous voyez à quel point c'est n'importe quoi. Les décisions, mais c'est enfantin. Il ne faut même pas avoir fait des grosses études économiques pour comprendre. Vous le faites tous les mois dans votre budget personnel. En tout cas, ne gérez pas comme Bruno Le Maire. Vous allez vraiment à la faillite. Mais il y a une vraie différence et c'est un peu l'esprit McKinsey de ces gens-là. C'est ce que j'explique. C'est quoi cet esprit un peu McKinsey ? C'est aujourd'hui aussi la gestion des entreprises. Tous ceux qui sont dans une entreprise voient peut-être cette façon qu'on les dirigeant de la gérer simplement en disant ce qu'on va faire.
On va diminuer les dépenses et puis ça fera du bénéfice. C'est sûr que ça marche plutôt bien. Mais sauf qu'après, évidemment, l'entreprise, elle est confrontée à des problèmes à moyen-long terme. Mais comme il s'en fout du moyen-long terme, ça marche plutôt bien à la rigueur à très court terme d'où ces résultats extraordinaires alors qu'il n'y a pas de raison d'avoir ces résultats. Mais ils essaient de faire la même chose au niveau de l'État. Et là, c'est vrai que le problème, c'est que l'État, ce n'est pas une entreprise. C'est-à-dire que l'entreprise, quand elle fait sa politique à la rigueur de baisse des dépenses, il ne se passe rien au niveau des recettes.
Elle vend toujours autant à court terme. L'État, ce n'est pas pareil parce que le système est interdépendant. Quand l'État diminue les dépenses, il est tellement gros qu'en fait, il diminue l'activité économique du pays. Ces dépenses, c'est l'activité d'entreprise. Donc, si les coupes, c'est-à-dire que les entreprises vont faire moins de chiffre d'affaires. – Vous êtes capable de conduire toute l'économie vers une sorte de stagnation ? – Mais c'est ça qui se passe parce qu'ils font comme si à la rigueur... Bon, c'est ce qu'a dit Bonneau-le-Mère.
Bonneau-le-Mère, il a dit « Oh, bon, alors, j'ai prévu trop de croissance, je vais prendre une hypothèse qui est encore sans doute trop grosse, et ce que je vais faire, je vais faire 10 milliards d'économies. » Mais il fait comme si 10 milliards d'économies n'a pas d'effet économique. Alors, ces 10 milliards, c'est quand même presque 1% du PIB qu'il détruit. Donc, ça veut dire que l'activité économique va être plus basse que ce qu'il prévoyait. Et donc, si elle est plus basse que ce qu'il prévoyait, il aura moins de recettes. Et donc, son déficit, il ne va pas du tout baisser du montant dont il a diminué les dépenses.
Parce qu'il va diminuer de 10 milliards les dépenses, peut-être que ça fait baisser de 5 ou 7 milliards les recettes parce que l'activité économique va ralentir. C'est cyclique, en fait. Et c'est ça qu'il ne voit pas. C'est un cercle vicieux. Ah, ben, c'est un cercle vicieux, clairement, oui. Alors, merci, Olivier. Ben, merci. Alors, je rappelle que tu es le fondateur du Média Elucide, un média généraliste spécialisé notamment dans la mise en valeur des données chiffrées et dans les grandes interviews thématiques sur l'économie et la géopolitique. L'abonnement mensuel est entre 7 et 9 euros. Oui, 7 euros, oui. Comme Elucide, le Média ne vit que des abonnements et des dons de son public.
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