Bonjour chez vous ! du 3 juin 2026
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, très heureux de vous retrouver sur Public Sénat en ce mercredi 3 juin pour faire le tour de l'information politique et de l'actualité dans vos régions au sommaire de cette émission. Coup de théâtre au Sénat la nuit dernière, la droite sénatoriale a rejeté la hausse du budget des armées de 36 milliards d'euros prévus par le gouvernement d'ici à 2030. Les sénateurs sont en désaccord avec le gouvernement sur cette enveloppe budgétaire.
Le président de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat, Cédric Perrin, va nous expliquer dans quelques instants les raisons de ce vote surprenant de la part des sénateurs LR. Le narcotrafic et les règlements de comptes se multiplient dans la ville de Nantes. En à peine un mois, trois jeunes sont morts sous les balles. Alors l'État est-il à la hauteur dans cette guerre contre la drogue ? La maire socialiste de Nantes, Johanna Roland, nous répondra dans 30 minutes. Et puis dans une heure, le débat du jour autour de cette question, comment adapter nos territoires au réchauffement climatique ? Canicules, sécheresses, partage de l'eau, les défis sont multiples.
Nous irons notamment dans la ville de Trèbes, dans l'Aude, une ville qui a été frappée en 2018 par des inondations qui ont fait six morts. Et depuis, des travaux sont en cours pour préparer à la prochaine crue. L'adaptation des territoires au changement climatique, c'est le sujet d'un supplément spécial de 16 pages qui est à lire dans tous les journaux de la presse régionale. Une opération dont Public Sénat est partenaire. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Et on commence avec le journal. Bonjour Stéphes Jourdain. Bonjour Alex. À la une de ce mercredi 3 juin, la disparition de la petite Liana. Et on n'en sait plus sur le profil du principal suspect.
L'homme mis en examen pour enlèvement était déjà connu des autorités. Il faisait l'objet d'une enquête à la suite d'une plainte déposée en 2025 pour viol sur une enfant de 10 ans. Cette révélation intervient alors que les recherches se poursuivent. On voit les derniers développements avec Jérémy Heinz.
Les recherches se poursuivent pour retrouver Liana, 11 ans.
Les enquêteurs se penchent désormais sur le portrait du principal suspect, mis en examen pour enlèvement et séquestration. Jérôme B, 41 ans, est le père de deux filles.
Déjà connue des services de police, une plainte à son encontre a été déposée en 2025.
Une amie de ses filles de 10 ans l'accuse de plusieurs viols. Agent de maintenance dans des lycées du Gers, il aurait aussi eu un comportement inapproprié avec une élève. Licencié en 2021, il n'a jamais été entendu par la justice pour ces faits.
Vendredi dernier, Liana se remontait dans sa voiture à la sortie de ce collège. Il dit l'avoir déposée à la piscine. Elle est depuis introuvable.
180 gendarmes sont mobilisés pour retrouver sa trace. Un dispositif qui pourrait être renforcé. Nous avons trouvé des éléments sur le terrain. Maintenant, il y a des analyses en cours. Et tout ça procède plutôt de la partie investigation. Notre détermination, elle est intacte. On va continuer à explorer secteur par secteur, reconnaître les axes, les plans d'eau, les cours d'eau, les forêts, les champs, les pâtures, etc. pour pouvoir maximiser nos chances d'avancer. Jérôme B aurait déjà eu des gestes déplacés lors d'une soirée pyjama avec Liana et ses filles.
Il nie pour l'instant toute implication dans sa disparition. Deux nouvelles plaintes ont été déposées contre Patrick Poivreau-Darvore. Déjà mis en examen pour viol, l'ex-présentateur est visé effectivement par deux nouvelles plaintes pour agression sexuelle. Selon les plaignantes, l'effet se serait produit après une rencontre avec le journaliste. Dans le cadre de leur activité professionnelle, il remonterait à 2001 pour l'une et à 2011 pour l'autre. Les suites des débordements en marge de la victoire du PSG en Ligue des Champions et un débat qui devient très politique.
Oui, hier devant les députés, Sébastien Lecornu a appelé à faire évoluer notre droit face notamment à la question des tirs de mortier. Écoutez.
Nous devons ici soutenir, quoi qu'il arrive, les forces de sécurité intérieure,
policiers, gendarmes, pour une simple et bonne raison, mesdames et messieurs les députés, car leur mission est d'appliquer les lois de la République que vous avez voté. Et là-dessus, on ne peut pas être dans une schizophrénie, pire que cela, comme une parlementaire l'a fait avant même ces images samedi, laissant à entendre que ce sont les forces de l'ordre qui créeraient le désordre. L'inversion du récit, l'inversion des valeurs et le début du combat politique et culturel qu'il nous faut mener.
Sans quoi, comment voulez-vous demander à une jeunesse de respecter des règles si les élites politiques elles-mêmes introduisent un doute ou un quiproquo dans les lois de la République que vous avez votées ? Et voilà pour cette passe d'armes entre le Premier ministre Sébastien Lecornu et les députés de la France Insoumise. Alors ça y est, le Parlement a adopté la baisse des indemnités de l'assurance chômage en cas de rupture conventionnelle. Oui, en deuxième lecture, l'Assemblée nationale a approuvé hier un projet de loi porté par le ministre du Travail. Le Parlement valide une baisse de la durée d'indemnisation en cas de rupture conventionnelle.
Objectif affiché, réduire les dépenses de l'assurance chômage. Écoutez Jean-Pierre Farandou.
C'est une bonne nouvelle, effectivement, pour les comptes de l'assurance chômage avec un gain d'un milliard. Et n'oublions pas, et c'est pour ça aussi que les organisations syndicales ont signé cet accord, que France Travail va être mobilisée pour aider les demandeurs d'emploi sortis de l'autoconventionnel à retrouver plus rapidement un emploi et notamment les seniors. Il y a dans l'accord passé entre partenaires sociaux un effort qui sera fait pour que les seniors retrouvent plus rapidement un emploi.
L'actualité internationale est l'Ukraine qui fait face à de nouvelles frappes meurtrières de la part des Russes. Une attaque massive de drones et de missiles a visé l'Ukraine ces dernières heures. Bilan, au moins 23 morts, dont deux enfants dans la foulée. Volodymyr Zelensky a réitéré son appel urgent à une aide américaine pour recevoir davantage de systèmes de défense antiaérienne. A noter également une frappe de drone ukrainien qui a fait sept morts près de Donetsk. Une frappe de drone sur un bus qui reliait Moscou à la Akrimée. Et puis Steve, Emmanuel Macron a inauguré hier à Paris un mémorial pour le génocide des Tutsis.
Après la reconnaissance des responsabilités de la France dans le génocide des Tutsis en 1994, le chef de l'État a inauguré effectivement hier à Paris un monument dédié aux victimes. La cérémonie a eu lieu en présence de Paul Kagame, président du Rwanda. à écouter.
Ce monument, s'il est un aboutissement, il n'est pas une fin. C'est un jalon sur un chemin que nous avons ouvert. Nous avons collectivement ces dernières années beaucoup travaillé. Vous, vous avez beaucoup lutté pour que des mots soient prononcés en 2021. Depuis ce moment, pour les présents et les absents, un rapprochement inédit s'est dessiné entre le Rwanda et la France. Et votre présence aujourd'hui à Paris, monsieur le président, madame, donne à ce moment un sens profond et une portée historique.
Merci beaucoup Steve pour ce journal. On vous retrouve dans un instant pour parler de ce débat au Sénat sur le budget des armées qui ne s'est pas passé comme prévu. Je le disais en titre coup de tonnerre la nuit dernière au Sénat. Finalement, la droite sénatoriale a rejeté la hausse de 36 milliards d'euros du budget des armées qui était prévue par le gouvernement dans l'actualisation de la loi de programmation militaire car les sénateurs, les républicains, souhaitaient une rallonge supplémentaire pour nos armées à hauteur de 50 milliards d'euros. Alors, résultat pour l'instant, le Sénat n'a pas voté de moyens supplémentaires pour la défense.
Pour en parler, pour réagir à cette actualité, j'accueille sur ce plateau Cédric Perrin. Bonjour. Bonjour. Vous êtes le président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées de la Haute Assemblée. Vous êtes également sénateur des Républicains du territoire de Belfort. Cédric Perrin, au final, le Sénat n'a pas voté de rallonge budgétaire pour nos armées françaises alors que les menaces sont multiples dans le monde. Qu'est-ce qui s'est passé hier soir ?
Écoutez, il s'est passé une chose assez simple finalement puisqu'on a assisté au moment où, je le rappelle, la commission des affaires étrangères de la défense et des forces armées avait introduit dans le texte du gouvernement et de la loi de programmation militaire une hausse du budget de 14 milliards pour faire face aux difficultés possibles puisque… Donc ça fait une rallonge globale de 50 milliards qui était demandée par les sénateurs. Au lieu de 36 parce que nous partons du principe que pour donner à la paix les moyens de durée, il faut évidemment la protéger avant que la guerre n'éclate et donc il faut anticiper.
Et donc nous avons voulu, par souci de cohérence avec la menace, avec nos promesses faites à l'OTAN, avec la progression des budgets de la défense dans un certain nombre de pays européens, en Allemagne, en Roumanie, en Pologne, en Grande-Bretagne et ailleurs, eh bien donner un souffle supplémentaire à cette loi de programmation militaire parce que c'était nécessaire, parce que depuis 2018, on nous refuse la modification du format des armées et que nous pensons qu'aujourd'hui, on est à un stade où on ne pouvait plus attendre.
Et puis, le gouvernement, hier soir, fait preuve d'effort désespéré pour, j'allais dire, implanter au Sénat ce qu'il a réussi à faire à l'Assemblée nationale depuis quelques années, c'est-à-dire faire des coups politiques. Et nous avons assisté hier à quelque chose d'absolument extraordinaire. Quand je dis extraordinaire, c'est qu'il faut mesurer la performance de la ministre de Catherine Vautrin qui s'est battue comme un diable, il faut lui reconnaître ça, pour refuser à ses armées 14 milliards d'euros supplémentaires et donc en faisant voter un amendement pour refuser les 14 milliards d'euros que la totalité des sénateurs de la majorité avaient acceptés en commission.
Pour proposer une rallonge au total de 36 milliards d'euros quand même. Pour ne proposer qu'une rallonge de 36 milliards. Mais là où c'est extrêmement intéressant, c'est que le gouvernement s'est allié aux communistes pour arriver à faire cette performance. Et donc ça a été un one shot, c'est-à-dire un coup qui n'a duré que quelques minutes puisque quelques instants plus tard, l'article 2, le Sénat ait repris sa majorité, l'article 2, c'est-à-dire la totalité de l'article, a été rejetée. Et donc aujourd'hui, on se retrouve dans une situation... Au final, on est à zéro, donc est-ce que vous ne regrettez pas de ne pas avoir accepté quand même ces 36 milliards d'euros ?
Parce que là, on est à zéro. Mais on n'est pas à zéro puisqu'on va revenir au texte de l'Assemblée nationale qui, je le rappelle, a voté le texte du gouvernement sans broncher et sans y ajouter la moindre virgule. Mais la performance, elle est intéressante parce que je voudrais souligner que les communistes, quelques minutes avant de voter avec le gouvernement cet amendement, a voté une réduction du budget des armées de 50 milliards d'euros. Une réduction du budget des armées de 50 milliards d'euros qui nous ramène à un budget aux alentours des années 2010 en valeur constante. Et donc, quelques minutes plus tard, il votait avec le gouvernement une augmentation de 36 milliards.
Mais est-ce qu'il n'aurait pas mieux valu pour les sénateurs LR de dire, bon, très bien, on a perdu le vote sur les 50 milliards mais on vote quand même les 36 milliards ? Je crois, vous savez, que la défense n'est pas qu'une question d'argent. Je crois que c'est une question de force morale et de capacité à vouloir rester maître de son destin et de ne pas subir.
et nous avons la conviction aujourd'hui que ne peut pas, comme le fait le gouvernement, annoncer que la menace est imminente, que, comme le dit la revue nationale stratégique éditée par le gouvernement dans son paragraphe 5, il y a un risque de choc majeur à l'est de l'Europe et d'un autre côté ne pas faire ce qu'il faut pour doter nos armées des moyens suffisants pour assurer la sécurité de la France et des Français. Juste avant de bien comprendre ce qu'il y a dans cette actualisation de la loi de programmation militaire, quand même, Cédric Perrin, est-ce que vous ne regrettez pas qu'au final, on retienne que le Sénat a un peu sabordé cette hausse budgétaire pour nos armées ?
Mais le Sénat n'a pas sabordé la hausse budgétaire puisque le Sénat exige une hausse supplémentaire. Alors, on va essayer de démêler un peu les enjeux de cette loi de programmation militaire, de son actualisation qui a été débattue hier au Sénat. Steve, d'abord, il faut dire que c'est un texte qui, simplement, vise à renforcer les moyens de la défense française. Avec une question très simple, Alex, la France est-elle prête pour la guerre de demain depuis l'invasion de l'Ukraine ? Les experts répètent la même chose, la possibilité d'un conflit majeur en Europe n'est plus théorique.
L'an dernier, effectivement, la revue nationale stratégique mettait même en garde contre le risque d'un affrontement de haute intensité sur le continent d'ici à 2030. C'est dans ce contexte que le gouvernement veut donc revoir sa loi de programmation militaire. Et concrètement, qu'est-ce que demande le gouvernement ? L'objectif est simple, accélérer le réarmement français passé de 400 milliards d'euros pour les armées à 436 et 36 milliards d'euros supplémentaires d'ici à 2030. Cet argent doit servir à combler plusieurs faiblesses, produire davantage de munitions, développer les drones, renforcer les capacités spatielles ou encore améliorer la préparation opérationnelle des armées.
Écoutez la ministre à ce sujet.
L'habilité, c'est de tirer les conséquences d'hier et d'aujourd'hui pour préparer notre pays à ce qui vient. Les objectifs de ce projet doit sont clairs. D'abord, accélérer le recomplètement des stocks de munitions. Ensuite, accélérer les acquisitions d'équipements sur les segments prioritaires, notamment les drones, la lutte anti-drone, en tenant compte des perpétuelles innovations.
Le mot qui revient partout aujourd'hui, Alex, c'est celui de retour d'expérience. L'armée française observe évidemment ce qui se passe en Ukraine et au Moyen-Orient pour corriger ses propres faiblesses. Mais Cédric Perrin le disait, pour la droite sénatoriale, cela ne va pas assez loin. Exactement. Pour le gouvernement, 36 milliards supplémentaires, ça suffit. Pour la droite du Sénat, il faut aller plus loin, beaucoup plus loin. Ce n'est pas 36 milliards d'euros de plus qu'il faut aller avec ces 50 milliards. Il manque des frégates, des rafales, des munitions. Ces 50 milliards doivent permettre aux armées de tenir dans un conflit long et intense.
Bruno Retailleau, candidat à la présidentielle, on le rappelle, a défendu cette rallonge hier. Qu'est-ce qui doit guider notre cohérence ? Un, c'est la menace, l'ensauvagement du monde, le retour à l'état sauvage, à l'état de nature des relations internationales, un désengagement américain. On est dans un moment gaullien. Réponse du gouvernement, impossible de faire un tel effort financier compte tenu de l'état de nos finances publiques et donc coup de théâtre. Alex, vous l'avez rappelé, la droite républicaine n'est pas parvenue à faire adopter cette rallonge de 14 milliards.
Les socialistes ont voté avec le gouvernement pour s'en tenir à l'effort déjà consenti par les députés, c'est-à-dire à 36 milliards d'euros supplémentaires jusqu'en 2030. Vous avez échoué à convaincre Cédric Perrin. Qu'est-ce qui s'est passé ? Je crois que... Moi d'abord, je dois dire que je suis satisfait que beaucoup de sénateurs n'ont pas cédé à la pression considérable que leur a mis Matignon tout au long de la journée d'hier pour leur faire changer d'avis. Malheureusement, il y en a 6 de 3 qui ont changé d'avis. Mais qu'est-ce qui s'est passé ?
Pourquoi pas vos arguments ? Non, du tout.
Justement, je pense qu'il faut clarifier aussi les choses. Le débat d'hier, il a permis... Je crois qu'on sorte de la politique politicienne, ce n'est pas vraiment mon sujet. Je pense que le débat d'hier, il a permis de clarifier les enjeux de tous ceux qui ont soutenu la position de la Commission. Parce que ces gens-là ont fait preuve de courage et de lucidité. Et c'est 100% des LR. Il n'a pas manqué une voix au LR. C'est la moitié des centristes et la moitié des élus horizon. Mais vous avez échoué. Il nous a manqué effectivement 6 voix pour y parvenir. Vous êtes en minorité sur ce point. Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ?
Quand le gouvernement macroniste fait alliance avec les communistes qui sont dans une position orthogonale en matière de défense, comment voulez-vous constituer une politique de défense cohérente ? L'argument, il est simple. Et on va attendre à Chittemal qui le dit. C'est-à-dire, ils disent, vous ne pouvez pas financer, vu l'état de nos finances publiques, ce n'est pas possible de financer. C'est ce que vous demandez. Écoutez, en 1937, le gouvernement a demandé une rallonge au Sénat pour financer l'effort de guerre.
Le Sénat a refusé cet effort de guerre de 30 milliards sous prétexte qu'il n'y avait pas suffisamment de moyens pour les uns, que pour les autres, l'Allemagne n'allait pas attaquer avant 1941, pour les derniers, qu'il n'y avait pas besoin d'acheter des avions puisque nous n'avions pas de pilote. On connaît la suite. Il est inutile d'en parler. On est dans la même situation aujourd'hui que les années 30 ? Parce que vous l'avez dit dans l'hémis. Le gouvernement ne cesse depuis un an de nous rabattre les oreilles avec la revue nationale stratégique qui explique qu'il y a un choc hypothétique à 2030. Peut-être qu'il n'existera jamais. Nous le souhaitons tous de tout notre cœur.
Je souhaite que tout le monde se trompe. Mais si ce choc devait arriver, il faut être prêt. Je vous l'ai dit tout à l'heure, si vous voulez donner les moyens à la paix de durer, il faut la protéger avant que la guerre n'arrive. C'est ça le principe. Et je voudrais revenir sur ce que vous disiez tout à l'heure parce que quand vous dites que le gouvernement augmente de 36 milliards le budget, la vérité, ce n'est pas celle-là. La vérité, c'est que depuis 2023, le Sénat dénonce le fait que la loi de programmation militaire qui a été votée en 2023 est sous-financée. C'est-à-dire que le gouvernement n'a pas les moyens d'assurer le financement de tout ce qu'il avait prévu en 2023.
Nous l'avions dit à l'époque et on nous a dit que nous faisions erreur. Aujourd'hui, trois ans plus tard, pourquoi le gouvernement revient avec une loi d'actualisation ? Parce qu'il a besoin de 36 milliards d'euros supplémentaires pour financer ce qu'il a décidé en 2023. Pas pour faire progresser nos armées en termes capacitaires pour financer ce qu'il a fait en 2023. – Sur la question du financement, on va réécouter un extrait du débat de hier soir et on va écouter le sénateur socialiste Rachid Temal qui dit à ses homologues les Républicains 50 milliards pour les armées très bien, mais comment on finance ? – La question qui est posée c'est comment maintenant ?
Et c'est là le débat que nous devons avoir. Comment concrètement on finance les 50 milliards ou les 14 ? Faites ça comme vous voulez. Vous pensez augmenter les impôts ? Non. Vous pensez réduire le modèle social ? Non. Non, la différence entre vous et moi M. le Président c'est que nous on est dans cette affaire responsable parce qu'on propose des recettes. Vous, vous proposez juste de laisser filer les déficits, de détruire le modèle social avec une mesure qui n'est pas sérieuse parce qu'elle n'existe pas. C'est ça la différence entre nous et vous. – Ce sera d'ailleurs normalement une question de la campagne présidentielle.
C'est très important comment on finance cet effort depuis des années très important pour nos armées françaises en rognant sur notre modèle social, rognant sur certaines politiques publiques ? – Les socialistes n'ont pas souhaité voter ce texte alors qu'ils sont favorables à l'augmentation du budget parce qu'ils ne veulent pas rogner sur le modèle social. Mais je voudrais revenir sur un point. Quand un Français paye 1 000 euros d'impôts, la répartition est la suivante. Il y a 561 euros qui vont au modèle social. Il y a 88 euros qui vont à l'éducation nationale, 31 euros qui vont à la défense, 25 à la sécurité intérieure et 5 à la justice.
Donc 561 euros pour le modèle social, 31 euros pour la défense. Comment, quand vous avez un différentiel de 1 à 15, vous pouvez considérer que le petit budget vient obérer le grand ? 561 euros contre 31. – La réponse est oui, il faut réduire notre modèle social. – Et donc ça veut dire qu'il y a quelques euros effectivement à récupérer là où nous avons fait des dépenses qui étaient peut-être inconsidérées. Nous avons bénéficié des dividendes de la paix. C'est la défense qui a été sacrifiée ces 40 dernières années. Or, les budgets qui étaient consacrés à la défense, je rappelle plus de 3% du PIB sous Mitterrand et Pompidou, 3,2 à la fin du mandat de Pompidou.
Cet argent, qu'est-ce qu'on en a fait en France ? – C'est la guerre froide. – Non, après que la guerre froide se soit terminée, les dividendes de la paix, ça a été une distribution de l'argent des Français dans le modèle social au détriment de la défense. Aujourd'hui, on veut revenir à un modèle qui soit plus équilibré et qui fasse que la défense ait davantage de moyens. Mais je rappelle le rapport de 1 à 15, 561 euros pour le modèle social contre 31 euros pour la défense quand on paye 1 000 euros d'impôt. – Mais vous n'avez pas fait de proposition, c'est ce que vous disent les socialistes, vous n'avez pas fait de proposition pour le financer.
– Vous connaissez peut-être aussi bien que moi sur Public Sénat la loi telle qu'elle fonctionne. – C'est dans le budget. – C'est dans la loi de finance qu'on définit. La loi de programmation de militaires, c'est une loi qui programme les dépenses de défense pour les 5 prochaines années. Ça n'est pas le lieu pour définir les objectifs en matière budgétaire. Chaque année, la loi de finance viendra discuter et à ce moment-là on fera des propositions bien évidemment. – Alors vous dites ce qui s'est passé ce n'est pas une question de politique politicienne mais quand même on a vu un Bruno Retailleau qui est candidat à Les Républicains à la présidentielle très actif hier soir.
Est-ce qu'il a donné des consignes, en tout cas décidé de refuser ces 36 milliards pour les armées au nom d'une ambition supérieure à 50 milliards ? – Bruno Retailleau n'a pas été plus actif que les autres. Vous avez suivi le débat ou ceux qui l'ont suivi ont vu qu'il a pris la parole comme beaucoup de sénateurs dans un débat je dois le souligner qui a été d'une très grande richesse et d'une très grande tenue. Et je pense que ce débat fera date dans l'histoire parce qu'il a permis aux uns et aux autres de cranter leur position et de dire comment ils imaginaient, comment ils voyaient la suite de l'histoire. Et Bruno Retailleau effectivement comme les autres a annoncé qu'il pensait…
– La suite c'est la présidentielle. – Oui mais ne focalisez pas tous sur la présidentielle. Il est sénateur et comme nous il a au nom du groupe LR annoncé qu'il pensait que pour assurer la défense de la France il fallait augmenter le budget des armées et arriver à un effort de 50 milliards d'euros supplémentaires. – Est-ce que vous demandez aujourd'hui une deuxième délibération ? – Écoutez, c'est au gouvernement de décider s'il veut une deuxième délibération. Faute de quoi ? C'est l'article 2 de l'Assemblée nationale qui sera étudié en commission mixte paritaire.
– Et la suite voilà ce sera une commission mixte paritaire avec seulement en débat la version de l'Assemblée nationale à 36 milliards d'euros supplémentaires pour nos armées. Est-ce qu'il peut y avoir un compromis avec le Sénat ?
– Je voudrais rappeler quand même qu'avant de voter l'article 2 nous avons voté la totalité du rapport annexe et que dans le rapport annexe ce texte aujourd'hui tel qu'il a été voté par le Sénat il contient des objets capacitaires il contient évidemment un objectif fixé très clairement à 50 milliards d'euros à 2030 et il contient également une référence plus aucune référence aux 36 milliards d'euros du gouvernement donc la trajectoire telle qu'elle a été définie par le Sénat elle est à 2,7% du PIB en 2030 c'est-à-dire 50 milliards d'euros et dernier point de cohérence me semble-t-il c'est que nous voulons aujourd'hui que les promesses que le gouvernement que le gouvernement a fait à l'OTAN l'année dernière qui consiste à dire qu'on veut aller à 3,5% du PIB en 2030 soient tenues et on voit bien qu'avec la trajectoire que le gouvernement nous propose on devra faire entre 2030 et 2035 un effort de 14 milliards d'euros par an c'est juste irréalisable et donc nous avons souhaité lisser l'effort sur la totalité de la période entre 2026 et 2035 les sénateurs qui sont majoritaires hier soir pendant 3 minutes ont décidé qu'il ne fallait pas faire comme ça donc on n'obère pas l'avenir on veut lisser dans la période pour pouvoir j'allais dire protéger aussi ceux qui en 2030 2035 seraient amenés si on suivait le gouvernement à faire un effort de 14 milliards d'euros par an ce qui est intenable Alors cette hausse des dépenses militaires a un impact sur nos territoires avec une hausse des commandes publiques pour les entreprises qui sont dans tout ce secteur industriel de la défense que ce soit les grands groupes mais également les petites entreprises et justement on va parler d'une entreprise qui est située dans votre territoire Cédric Perrin le territoire de Belfort on va retrouver le maire de La Chapelle sous Rougemont Pierre-Yves Guéraud bonjour monsieur le maire bonjour bonjour monsieur le sénateur monsieur Cédric alors on va parler on va parler d'entreprise M plus qui est spécialisée notamment dans la soudure pour l'aviation militaire est-ce que cette entreprise dans votre commune a vraiment ressenti les hausses de dépenses militaires qui ont été votées par le Parlement ces dernières années alors tout d'abord M plus n'est pas spécialisé à l'origine dans la production de pièces pour l'industrie militaire M plus est avant tout une chaudronnerie qui a beaucoup travaillé dans le domaine de l'énergie que ce soit pour des groupes comme Général Actric ou Arabelle maintenant ou encore dans des industries comme Cryostar M plus a pardon elle s'est adaptée à de nouvelles commandes pour le secteur militaire elle s'est adaptée voilà exactement j'ai découvert M plus alors j'habite depuis 25 ans à peu près dans cette commune le groupe M plus composé de Meka plus à l'origine et Mac plus existe depuis une quarantaine d'années sur notre territoire mais j'ai découvert vraiment l'entreprise lorsque j'ai pris mon premier mandat de maire dernièrement et c'est là que j'ai découvert effectivement cette activité pour l'industrie militaire avec la production de pièces de refroidissement pour l'aviation notamment pour les rafales voilà donc vous dire si maintenant on ressent les retombées économiques c'est peut-être encore un petit peu trop tôt pour le dire mais en tout cas on pressent bien une hausse d'activité pour cette entreprise il y a une hausse d'activité Cédric Perrin les effets sont un petit peu lents à se faire ressentir d'abord bonjour Pierre-Yves je me permets cette entreprise en fait ça fait 10 ans que je la suis de très près et François Cortinovis et Philippe de Habreux les deux responsables de cette entreprise ont fait une croissance absolument extraordinaire et ça fait 10 ans que je les pousse à entrer dans la défense et devenir sous-traitants de la défense ils ont acquis des compétences en matière d'aéronautique des qualifications qui durent plusieurs années on peut avoir des qualifications qui peuvent durer jusqu'à 5 ou 6 ans sur une pièce et aujourd'hui ils en ressentent les effets puisqu'ils sont en plein recrutement ils se modernisent c'est une entreprise absolument exemplaire avec des dirigeants exemplaires qui est extrêmement proactif en matière de sécurité au travail en matière de progrès d'innovation dans la manière de fabriquer ces pièces et effectivement c'est une entreprise qui bénéficie aujourd'hui de la BITD des commandes de la défense et je voudrais dire aussi que les fameux 14 milliards d'euros dont on a parlé à l'instant je l'ai dit aux élus communistes hier il ne faut pas qu'ils l'oublient c'est du ruissellement c'est 14 milliards d'euros qui ont vocation puisque j'ai dit que nous avions mis des objets capacitaires dans la loi de programmation qui ont vocation à irriguer la base industrielle et technologique de défense parce que ces 14 milliards d'euros ils vont être dépensés en France et uniquement en France quand on achète 30 Rafale c'est ce que nous avons fait 3 frégates du matériel pour l'armée de terre etc nous achetons du matériel français et donc par conséquence nous faisons travailler des entreprises françaises 1 euro investi dans la défense c'est 2 ou 3 euros investis dans l'économie française et donc et des commandes de Rafale du coup ça a un impact sur cette entreprise évidemment puisque M Plus est un sous-traitant d'Ariane est un sous-traitant d'autres entreprises de la défense que je ne citerai pas mais voilà c'est évidemment une entreprise qui bénéficie à plein de la modification du budget des armées et aujourd'hui dans notre secteur pour faire la transition nous sommes très liés à l'automobile et nous cherchons aussi à diversifier j'allais dire la charge de travail des entreprises sous-traitantes de l'automobile grâce à la défense rapidement pour conclure monsieur le maire quels sont vos espoirs en termes d'emplois notamment pour M Plus avec ces commandes militaires qui vont arriver voilà avant tout effectivement ce sont bien sûr des retombées économiques alors indirectement pour la commune puisque ça bénéficie avant tout à la communauté de communes mais on touche quand même que ce soit par la CFE mais on touche les contributions les attributions de compensation de la taxe foncière ensuite en termes de retombées c'est une visibilité aussi pour l'industrie sur le nord-territoire enfin sur le territoire de Belfort puisque d'autant plus que la chapelle Sourgemont est située sur un axe très passant sur la RD83 donc c'est la porte d'entrée du territoire de Belfort du département de la communauté de communes et de la région de manière générale donc l'entreprise M Plus le groupe M Plus est très visible donc ce sont des retombées aussi indirectes en termes d'emplois bien sûr M Plus regroupe recrute pardon ce sont des retombées par rapport aux habitants en termes aussi d'enfants pour nos écoles c'est de l'activité économique donc un vrai rayonnement de ces futurs communes militaires pour votre territoire oui tout à fait merci beaucoup merci beaucoup et l'entreprise M Plus contribue à faire du territoire Belfort un territoire industriel d'avenir et qui va attirer des compétences et des investissements et des partenaires stratégiques et également en sous-traitant loco merci beaucoup monsieur le maire Pierre-Yves Guéraud maire de la commune de La Chapelle Sourgemont dans ce territoire de Belfort que vous représentez Cédric Perrin on finit en regardant ce qu'il y a à la une de la presse régionale comme chaque jour on propose on sélectionne trois unes de la presse quotidienne régionale avec d'abord celle du Télégramme qui est consacrée à ces bretons qui traquent la flotte la flotte fantôme russe ensuite la une de la Marseillaise déjà 63 féminicides en 2026 et puis à la une du journal l'Alsace Stellantis qui assure l'avenir de Mulhouse mais également de votre territoire de Belfort avec un investissement d'un milliard d'euros dans notamment la voiture électrique dans l'automobile en France oui le détail c'est maintenant que j'ai choisi oui alors un petit mot sur Stellantis sur Stellantis évidemment j'allais dire que c'est pour nous évidemment le poumon de notre économie régionale puisque au-delà de Mulhouse il y a évidemment Sochaux et Sochaux c'est à la lisière du territoire de Belfort et c'était 40 000 emplois en 1980 c'est 6 000 emplois aujourd'hui c'est à 10 kilomètres de chemin donc forcément ça me touche beaucoup et cette question de l'automobile elle est importante y compris pour des entreprises comme celle dont on vient parler M+, qui sont pour la plupart d'entre elles des sous-traitantes de l'automobile donc c'est une nouvelle plutôt je vais dire rassurante une dernière question sur l'Ukraine il y a cette une du télégramme sur la lutte contre la flotte fantôme russe dernière question très simple est-ce que Emmanuel Macron doit rétablir le dialogue avec Vladimir Poutine alors qu'on l'a vu dans le journal les frappes russes sont de plus en plus intenses contre l'Ukraine il y a eu une vingtaine de morts hier écoutez je pense que de toute façon il faudra à un moment ou à un autre rétablir le dialogue avec Poutine pour essayer d'obtenir la paix je pense que c'est l'objectif de tout le monde que de j'allais dire clarifier la situation et faire en sorte que les frappes cessent aujourd'hui Vladimir Poutine est sans aucun doute en difficulté et donc il fait feu de tout bois pour essayer j'allais dire d'obtenir un résultat y compris en politique intérieure pour donner à sa population je pense l'idée qu'il obtient des résultats vous savez c'est la morale de cette histoire et de cette émission c'est que si tout allait bien dans le monde et si nous n'avions pas effectivement des conflits qui sont en train de germer un peu partout on n'aurait pas besoin de 14 milliards d'euros supplémentaires malheureusement on voit bien qu'il faut être capable de dire la vérité aux gens même si elle n'est pas toujours très reluisante je pense que c'est ça l'objectif Merci beaucoup Cédric Perrin d'avoir été avec nous aujourd'hui pour parler de ce débat un petit peu compliqué au Parlement sur la hausse budgétaire pour nos armées françaises Merci Steve On se retrouve dans 20 minutes pour la revue de la presse quotidienne On parle de l'angoisse parcours sub pour plus d'un million de lycéens Et puis maintenant place à notre entretien sur le narcotrafic et les règlements de comptes qui se multiplient dans la ville de Nantes Nous accueillons la maire socialiste de Nantes Johanna Roland Depuis un mois trois jeunes ont été tués par balle dans des quartiers de Nantes des règlements de comptes qui sont liés au trafic de drogue et qui terrorisent la population sur place Alors comment faire face à cette menace du narcotrafic L'État est-il à la hauteur ?
Pour en parler nous accueillons Johanna Roland Bonjour Bonjour Vous êtes maire socialiste de Nantes Vous êtes également première secrétaire nationale déléguée du parti socialiste On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse quotidienne régionale qui est représentée aujourd'hui par Julien Lécuyer du journal La Voix du Nord Bonjour Julien Bonjour Alexandre Bonjour Madame Roland Bonjour On commence en parlant d'insécurité de lutte contre le narcotrafic Je le disais depuis la fin du mois d'avril dans votre ville trois jeunes ont été tués par balle dans plusieurs quartiers de la ville Comment vous vivez ces drames à répétition à Nantes ?
La réalité c'est qu'aujourd'hui le narcotrafic brise des vies détruit des familles et qu'il est tellement impératif que la mobilisation de la France dans sa dimension la plus collective soit totale sur deux champs Le premier la fermeté républicaine la plus ferme et la plus totale sur le démantèlement des réseaux de narcotrafiquants et le deuxième une mobilisation tout aussi forte sur la question de la prévention et je souhaite qu'on y revienne dans cette interview parce que je crois que c'est un des maillons faibles de l'action collective telle qu'elle est proposée aujourd'hui Comment la situation évolue ?
Vous dirigez la ville depuis 2014 Est-ce que vous avez vu se développer cette gangrène qu'est le narcotrafic ?
Vous le voyez bien partout en France aujourd'hui Nantes Grenoble Nice mais aussi des villes moyennes Aujourd'hui j'ai des maires de petites communes qui m'appellent en me disant je vous appelle parce que dans ma ville je suis confrontée à des questions de narcotrafic auxquelles je n'avais aucun sujet auparavant quand on mesure que le chiffre d'affaires du narcotrafic c'est aujourd'hui quasiment 7 milliards quand on sait que sur ces dernières années la question de la cocaïne a doublé dans le chiffre d'affaires quand on mesure à quel point l'évolution des réseaux sociaux est venue changer la nature même de l'organisation du trafic pourquoi je pose tous ces sujets parce que face à des professionnels extrêmement organisés qui brassent des masses d'argent considérables si on n'a pas des réponses au bon niveau et totalement organisés alors on est à côté de la plaque je le dis de manière saine vous le voyez sur le terrain cette réorganisation du trafic bien sûr je prends un exemple celle des réseaux sociaux quand vous avez aujourd'hui des adolescents qui communiquent via Snapchat pour dire à quel endroit tu es que même celles et ceux qui ne sont pas dans le trafic ont via les réseaux sociaux une espèce de fenêtre permanente sur quelque chose qui finalement finit par faire partie de leur réalité oui il y a un sujet énorme donc je le redis un la fermeté républicaine pour démanteler les narcotrafics un accent encore plus fort mis sur la question du renseignement moi je propose un service de renseignement dédié comme a pu le faire par exemple la Grande-Bretagne est-ce qu'il y a des moyens aujourd'hui mis en matière de renseignement bien sûr mais la question de l'investigation elle doit être en continu et quand j'échange avec les professionnels ils me disent à quel point la question européenne et internationale si on veut vraiment démanteler les réseaux à la source parce que les habitants qui nous écoutent savent bien ils nous le disent d'ailleurs qu'il ne suffit pas de démanteler le point de deal devant chez l'habitant c'est nécessaire pour donner de la respiration à l'habitant qui est là mais c'est insuffisant et le travail d'investigation de ce point de vue est absolument
en effet vous avez parlé des opérations coup de poing menées par l'État la prévention elle est présente également mais on le voit les faits divers continuent de se multiplier avec les morts qui s'en suivent est-ce que vous diriez qu'à l'heure actuelle la situation est hors de contrôle ?
Je ne dirais pas que la situation est hors de contrôle au sens où je ne dirais pas que la France ne fait rien moi je refuse la posture de politique politicienne sur ce sujet j'ai fait partie de ceux qui ont soutenu la loi narcotrafic par exemple il y a des avancées un parquet dédié je crois qu'il faut le dire en revanche est-ce que la réponse de la France est aujourd'hui à la hauteur la réponse est non et moi quand j'échange avec une des mamans de ces gamins décédés et que je mesure comment dans la vie de tous les jours on a des familles qui se retrouvent aujourd'hui dans la désespérance je dis oui collectivement nous devons impérativement hisser le niveau de réponse
est-ce que collectivement il n'y a pas un échec ?
à l'évidence il y a aujourd'hui des échecs enfin quand un ado de 15 ans meurt dans une ville en France il y a forcément un échec et c'est la raison pour laquelle j'évoquais la question de la prévention je donnais le chiffre du narcotrafic 7 milliards le chiffre qu'on met en France sur la prévention de la délinquance le fonds interministériel de prévention de la délinquance c'est 46 millions donc déjà on a un facteur 10 peut-être qu'on peut se dire qu'on n'est pas exactement au bon niveau et en plus les derniers gouvernements sous l'impulsion d'Emmanuel Macron et de celles et ceux qui l'ont soutenu l'ensemble de ces dernières années ont diminué de 6 millions le fonds interministériel de prévention de la délinquance je vais vous donner un exemple très révélateur quand ce drame a eu lieu à Nantes le ministre de l'Intérieur se déplace chez moi et je le dis en plus il le fait avec professionnalisme sans instrumentalisation au service d'une stratégie personnelle franchement ça nous change et ça fait du bien à l'action publique parce que moi je crois que l'action publique sur ces sujets elle a besoin de moins de mots moins de blabla moins de coups de menton et de plus d'action il se déplace je lui fais deux demandes la première des renforts de moyens policiers immédiats et dans la durée j'obtiens ces deux moyens plus de policiers immédiatement et des moyens d'investigation avec une antenne de l'OFAST créée à Nantes donc l'office anti-stupéfiant absolument et je fais une autre proposition je lui dis voilà monsieur le ministre dans ma ville on mène une expérimentation en lien avec la Mildeka donc la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les addictions on suit sur un quartier nantais une vingtaine de jeunes qu'on a identifié comme susceptible de basculer
dans les trafics c'est une expérience qui a été menée à Breil c'est ça ?
A Breil tout à fait et je lui dis voilà je vous propose qu'on étende cette expérimentation sur deux autres quartiers de la ville je fais le constat que j'ai une réponse positive sur les renforts de moyens policiers et je salue cette annonce et pas sur la prévention c'est révélateur d'un logiciel de pensée où c'est comme si aujourd'hui en France vous deviez choisir soit vous vous battez sur le démantèlement des narcotrafiques soit vous vous battez sur la prévention avec les caricatures qui vont avec je vais aller jusqu'au bout si vous êtes de droite vous vous battez sur le démantèlement des narcotrafiques et si vous êtes de gauche vous vous battez sur la prévention ma gauche à moi et celle des maires qui sont extrêmement mobilisées sur ces terrains c'est de dire on a besoin des deux on a besoin de démanteler les trafics et d'avoir aucun angélisme sur ce sujet et on a besoin de changer d'échelle sur les questions de prévention c'est intéressant cette expérimentation concrètement comment on fait pour empêcher que les jeunes tombent dans le trafic ce qu'on sait c'est qu'une partie de ces jeunes à un moment donné tombe dans le piège de l'argent facile vraiment la question financière elle est quand même au cœur de ces sujets est-ce que cette expérimentation est magique franchement je ne le sais pas magie je n'y crois pas sur ces sujets on l'a lancé je pense que dans 6 à 10 mois on aura des premiers résultats comment ça marche l'ensemble des acteurs c'est-à-dire des familles avec des parents des éducateurs des responsables de clubs de sport ensemble identifient des jeunes dont on sent qu'ils sont dans cette zone grise au moment où entre arrêt d'aller à l'école rupture familiale il y a un certain nombre d'indicateurs qui font craindre cette bascule avec un suivi personnalisé mais je le redis derrière il y a des choix politiques enfin moi j'aimerais bien qu'on m'explique ce qui fait que alors que tout le monde dit qu'il faut s'occuper de sécurité on ose baisser de 6 millions le fonds de prévention de la délinquance vous voyez bien qu'il y a un problème de cohérence et quand je dis que ça ne date pas d'aujourd'hui moi je date ça je vais vous dire de la responsabilité de Nicolas Sarkozy quand Nicolas Sarkozy décide d'arrêter la police de proximité c'est le début de la dégringolade d'un dépend qui permet à la République de tenir debout et il y a urgence à la remettre à l'endroit
alors madame Roland d'un autre côté si vous critiquez la droite et Nicolas Sarkozy la droite elle-même vous accuse de laxisme pour deux raisons principales le fait que vous refusiez toujours d'armer la police municipale et que la vidéoprotection ne soit pas la hauteur des enjeux visiblement posés par le narcotrafic
deux choses sur ce sujet d'abord à Nantes les policiers sont armés de pistolets à impulsion électrique sur les caméras de vidéoprotection c'est inexact puisque quand j'ai été élu maire il y avait zéro caméra à Nantes il y a aujourd'hui quasiment 500 mais sincèrement
je pense que il me semblait que c'était moins 500 mais par contre il y a 12 caméras qui vont être installées à Port-Boyer de ce que j'ai cru lire est-ce que ça n'arrive pas trop tard après le drame qu'on a vécu
il y a sur l'ensemble de la ville un travail qui est mené plutôt en bonne intelligence d'ailleurs police municipale police nationale sur l'ensemble des maillons de la chaîne mais vous voyez bien que le sujet il va au-delà je vous donne un sujet
je me permets simplement sur l'armement vous restez ferme là-dessus il n'y aura pas d'armement de la police municipale
à Nantes mais pourquoi pas d'armes létales face au narcotrafic qui se développe dans votre ville mais vous voyez bien il y a ce débat et je le respecte et je l'attends vous voyez bien que démanteler le narcotrafic le sujet d'aujourd'hui ce n'est pas celui-là le sujet d'aujourd'hui c'est comment on démantèle les réseaux je vous prends un sujet concret pour le coup Nantes est une ville portuaire échangée avec l'ensemble des maires en France ou en Europe qui sont dans une ville portuaire et ils vous diront pourquoi cette question-là dans le travail en amont pour stopper démanteler un certain nombre de réseaux et déterminant en 2023 avec une cinquantaine de maires de toute sensibilité politique puisque ça allait de Christian Estrosi à Martine Aubry je lançais l'appel des maires pour un plan national et européen contre le narcotrafic dans cet appel on disait notamment que sur la question des douanes sur la question des ports il y avait des choses à regarder nous avons besoin Saint-Nazaire c'est un point d'entrée pour la drogue ?
L'ensemble des questions portuaires Saint-Nazaire qui a accepté l'armement de la police municipale sont absolument majeures sur ce sujet absolument On vous repose une question quand même sur cet armement de la police municipale ne serait-ce que pour rassurer les habitants qui sont terrorisés par ces règlements de comptes à répétition et ces jeunes qui sont morts sous les balles pourquoi ne pas armer d'armes létales les policiers municipaux à Nantes ?
Je redis que ma position sur l'armement est connue ce qu'ils me disent les habitantes et les habitants c'est pas ça pardon ce qu'ils me disent les habitantes et les habitants c'est comment je fais pour que quand je sors de chez moi il n'y ait pas un point de deal devant chez moi les habitantes et les habitants ils me disent comment ça se fait que quand un point de deal est connu et reconnu on soit encore là les habitantes et les habitants ils me disent comment c'est possible qu'en France un gamin de 15 ans se retrouve abattu par des gens qui arrivent donc je redis que sur le démantèlement des réseaux il y a eu des avancées que la question de l'investigation la question du renseignement la question de l'interministériel c'est extrêmement important on doit saisir davantage d'avoir
et la présence policière elle sera durable dans les quartiers qui ont été touchés par les violences
l'engagement du ministre c'est qu'elle soit là sur un temps effectivement suffisamment long pour rassurer dans la durée c'est effectivement l'engagement qui l'a pris Johanna Roland on va parler de l'élection présidentielle 2027 et de la campagne qui commence à gauche je rappelle que lors des dernières élections municipales pour gagner de nouveau la mairie de Nantes vous avez fait le choix d'une alliance dans l'entre-deux-tours avec la France insoumise dans cette campagne présidentielle pour que la gauche ait une chance d'aller au second tour est-ce qu'il ne vaut mieux pas s'allier avec Jean-Luc Mélenchon qui est en dynamique dans les sondages et est quasiment aux portes du second tour – Non mais ce sujet il est réglé depuis longtemps Jean-Luc Mélenchon est candidat seul il l'a dit depuis le début et il ne sera pas le candidat d'une gauche rassemblée – Mais est-ce que ce n'est pas le vote utile à gauche pour regarder le sondage ?
– Non mais la question qui se pose elle n'est pas là elle est est-ce que tous les autres à gauche décident de rester chacun dans leur couloir et que donc la fin de l'histoire ce sera quoi ? On la connaît déjà sur ce plateau mais les Français et les Français la connaissent déjà s'il y a 7 candidats de gauche à l'élection présidentielle la gauche ne sera pas au deuxième tour les Français nous en voudront durablement et de mon point de vue ils auront raison
– Et Mme Roland justement comme vous le dites et pour reprendre l'expression de Jean-Luc Mélenchon chez lui c'est carré c'est l'avantage et chez vous comme me disait un cadre c'est patatoïde comment vous comptez résoudre et redonner un peu de la forme à ce mouvement de gauche non mélenchoniste ?
– D'abord il y a une question de réflexion et de choix est-ce qu'on croit que l'élection présidentielle va se gagner au centre ou est-ce qu'on croit que l'élection présidentielle peut se gagner dans le rassemblement de la gauche et des écologistes ? Moi je fais partie de ceux qui croient que l'élection présidentielle peut se gagner dans le rassemblement de la gauche et des écologistes la vérité c'est quoi ? Je vais le dire de manière assez simple c'est qu'aujourd'hui le peuple de gauche se désespère moi j'entends quoi sur le terrain ?
J'entends celles et ceux qui ne se préoccupent même pas de ce sujet parce que leur question c'est le prix à la pompe et que de toute façon ils considèrent que les dirigeants politiques nationaux sont tellement déconnectés de leurs préoccupations quotidiennes qu'ils ne les écoutent même plus et on a ce peuple de gauche qui nous regarde et qui dit mais qu'est-ce que c'est que ce cirque ?
Donc je dis ce matin sur ce plateau que nous devons maintenant avant l'été sortir de l'enlisement c'est ce que nous allons travailler au Parti Socialiste puisque nous faisons aujourd'hui un certain nombre de propositions que nous allons mettre sur la table avec nos partenaires pas pour nous-mêmes pour les Françaises et les Français pour les plus modestes pour les classes moyennes pour tous ceux qui nous en peuvent Précisez-nous
parce qu'on entend parler d'un premier choix le 9 juillet pour déterminer la voie de passage et même de maintenant pas une primaire mais deux primaires expliquez-nous
Alors je vais essayer de remettre les choses un peu dans l'ordre si vous voulez bien Moi j'ai fait partie de ceux qui ont proposé une primaire et je continue de penser que c'est la meilleure option pour être en dynamique Pourquoi ? Parce que Emmanuel Macron a exercé un pouvoir centralisé vertical isolé et je pense que la gauche dans la manière même dont elle travaille doit raconter un autre rapport à la démocratie à l'exercice du pouvoir avec une démocratie plus partagée Mais alors quelle primaire déjà ?
Donc je redis ici que oui je continue de penser qu'une primaire serait ce qui nous mettrait collectivement en dynamique Mais Raphaël Glick-Fran n'en veut pas Un homme de gauche ou une femme de gauche on ne peut pas avoir peur de l'expression des urnes et qu'aujourd'hui le peuple de gauche se désespère Mais alors quel est le périmètre politique Quelle est le périmètre politique de cette primaire ? Est-ce que c'est une primaire qui rassemble socialistes écologistes génération communiste un peu comme le défend Marine Tondelier François Ruffin ou Clémentine Autain Est-ce que c'est une grande primaire de la gauche que vous souhaitez ?
Bien sûr Moi j'ai travaillé avec François Ruffin Marine Tondelier dans ce qu'on a appelé la primaire Bagneux J'ai été une des socialistes à l'avant-poste sur ce sujet Mais c'est quoi le constat que je fais aujourd'hui ?
Le constat que je fais aujourd'hui c'est que la primaire de Bagneux telle que nous l'avons imaginée collectivement Elle n'arrive pas à rassembler aujourd'hui les uns et les autres puisque notamment vous l'avez dit Raphaël Glucksmann la refuse Et une partie des socialistes A partir de là il y a deux options Soit on renonce et chacun rentre dans son couloir et on désespère les Français et on ne sera pas à la hauteur du moment historique et on perd Je ne l'accepte pas On ne peut pas faire ça à la France et aux Français Soit on se retrousse les manches on fait preuve d'un peu bonne volonté on envoie balader les égaux et on dit qu'on propose un chemin qui doit forcément être un chemin de départage démocratique puisqu'il y a eu en gros deux idées deux familles d'idées mises sur la table Celle qui disait quatre hommes sages dans un bureau qui se mettent d'accord pour trouver une solution Je pense que ce modèle-là
Ça c'est le conclave qui a été proposé par Raphaël Glucksmann
Les partenaires n'en voudront pas et je crois qu'ils n'offrent pas la possibilité au peuple de gauche de s'exprimer Soit on cherche un chemin de départage démocratique On a encore quelques jours pour trouver une formule de compromis qui permet de sortir par le haut En ce qui concerne les socialistes nous prendrons nos responsabilités puisque au plus tard je vous l'annonce sur ce plateau au plus tard le 9 juillet les militantes et les militants voteront sur la stratégie C'est essentiel il faut mettre fin aux supplices C'est plus possible C'est plus possible Une primaire au sein du PS ou un conseil Nous avons encore quelques jours pour y travailler notre objectif c'est d'arriver à une solution qui rassemble tout le monde qui rassemble tous les socialistes et qui rassemble la gauche et les écologistes C'est ce à quoi nous travaillons ces derniers jours encore ces dernières heures encore hier soir Mais il y aura bien l'idée d'une primaire interne J'avais Marine Tondely au téléphone ce matin en arrivant nous avons des échanges avec Raphaël Luxman ces échanges sont permanents soit on trouve une solution de compromis qui est la sortie de crise par le haut soit nous n'en trouvons pas et il y aura plusieurs options soumis au vote Mais vous pouvez nous confirmer Il y aura parmi les propositions
faites le 9 juillet l'idée d'une primaire interne du PS qui errait jusqu'à Raphaël Luxman
Je vous confirme que parmi les hypothèses de travail qui sont aujourd'hui mises sur la table pour avancer et sortir par le haut de cette situation oui il y a une hypothèse dans laquelle fin septembre les socialistes choisissent leur candidat et fin octobre les Français peuvent choisir le peuple de gauche et bien nous sommes aujourd'hui en discussion Deux questions rapidement pour finir sur l'incarnation de cette gauche non-mélenchoniste est-ce que vous êtes convaincu par ce début de campagne qui n'en est pas vraiment un parce qu'il n'est pas officiellement déclaré de Raphaël Luxman Moi je crois que nous avons besoin de tous les talents pour pouvoir être au deuxième tour de l'élection présidentielle et je crois qu'il n'y aura pas de sauveur solitaire de la gauche on va se dire les choses clairement s'il y avait un candidat naturel de la gauche j'ai dit que je ne croyais pas que l'élection présidentielle pouvait se gagner au centre vous aurez compris que c'est une divergence stratégique majeure que j'assume avec François Hollande Donc un retour de François Hollande par exemple vous n'y croyez pas ?
Non je viens de dire que ma ligne à moi ce n'est pas de penser qu'on peut gagner l'élection présidentielle au centre je respecte cette ligne elle existe elle a une cohérence
et elle est importante dans le but
Ce n'est simplement pas la mienne Je crois qu'on a surtout besoin de mettre du fond dans cette élection on a besoin de parler des sujets qui préoccupent les gens Moi les gens ils me parlent de quoi sur le terrain pouvoir d'achat logement sécurité accès à la santé c'est ça qu'il est prévu Il parle aussi du cas où à gauche C'est quand même la capacité de la gauche à être audible à mener la bataille des idées dans un moment où la concentration médiatique et l'empire Bolloré fait que la gauche ferait bien d'arrêter son cirque et ce spectacle désolant si elle veut un peu être à la hauteur des enjeux c'est à quoi nous travaillons à plusieurs de bonne volonté pour sortir de cette situation Et on va parler du fond dans quelques minutes dans cette émission puisque nous débattrons de l'adaptation des territoires au réchauffement climatique Merci beaucoup Johanna Roland d'avoir été sur ce plateau pour parler insécurité présidentielle à gauche Merci Julien pour vos questions On va regarder la une de votre journal La Voix du Nord un journal qui est consacré aujourd'hui au voilier légendaire effectivement la Duchesse Anne qui est un peu la guest star à Dunkerque en ce moment donc vous pouvez aller la visiter Allez tout de suite on va parler de la lutte contre le réchauffement climatique qui est un vrai sujet dans nos territoires et à la une de la presse régionale Et avant d'évoquer ces questions environnementales et d'adaptation au réchauffement climatique qui font la une de la presse régionale aujourd'hui il y a aussi d'autres sujets qui ont été sélectionnés par vous Steve Jourdain et notamment cette angoisse autour de la plateforme Parcoursup Et oui après deux mois et demi d'attente le verdict est tombé plus d'un million de lycéens et d'étudiants ont reçu hier les premiers résultats de Parcoursup Le populaire du centre s'intéresse à l'académie de Limoges où 6000 candidats sont inscrits sur la plateforme d'inscription post-bac tout le processus reste conditionné à l'obtention du bac évidemment Alex bac dont le coup d'envoi aura lieu le 15 juin Un premier feu vert donné à la loi d'urgence agricole Les députés ont largement adopté hier le projet de loi du gouvernement mais le dauphiné libéral revient sur les crispations qu'engendre encore ce texte stockage de l'eau prédation du loup taille des élevages les mesures ne font clairement pas l'unanimité la Confédération Paysanne regrette par exemple que les députés ont choisi je cite l'agro-industrie au détriment de la majorité des paysans le Sénat examinera le texte à partir du 29 juin Et dans cette loi d'urgence agricole il est notamment question du partage de l'eau pour les agriculteurs et finalement de cette adaptation au réchauffement climatique et ces sujets c'est ce qui anime toute la presse régionale aujourd'hui avec une opération spéciale qu'on va évoquer avec nos partenaires du journal West France on va aller à Saint-Malo en Bretagne retrouver Ludovic Renou journaliste à Ouest France et en charge de ce supplément spécial enquête de demain qu'on retrouve dans la presse régionale et notamment dans Ouest France bonjour Ludovic bonjour alors c'est un supplément de 16 pages sur cette adaptation véritable défi des territoires face au changement climatique est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur cette opération ah bah voilà on voit la une du supplément c'est une initiative qui a été montée il y a 5 ans le numéro qui sort ce matin c'est le 10ème donc ça sort deux fois par an une fois à peu près en mai-juin et l'autre en novembre-décembre et en fait c'est la réunion d'une cinquantaine de titres de presse quotidienne qui sont donc réunis il y a 5 ans en disant face au dérèglement climatique les gens dans les régions se bougent essayent de trouver des solutions et souvent avec des petits moyens donc on s'en faisait l'écho chacun dans notre coin dans nos colonnes dans nos pages et il nous paraissait intéressant de mettre en commun ces idées ces propositions un peu comme une sorte d'ouvrir un peu le laboratoire pour que tout le monde dans les différents territoires se dise ah bah tiens en Bretagne ils font ça ah tiens que les Bretons se rendent compte que dans le sud de la France face à telle problématique on trouvait telle autre solution ou telle autre proposition donc c'est ça le point de départ de l'enquête de demain Ludovic vous restez avec nous on va voir concrètement ce qu'il y a dans cette couverture de ce sujet très important l'adaptation au réchauffement climatique Steve ça irrigue un peu toute la presse quotidienne régionale ce sujet notamment le républicain lorrain oui le républicain lorrain qui se penche sur nos écoles comment les repenser face aux dérèglements climatiques se demande le journal salle de classe climatisée ou cours à l'ombre sous les arbres en tout cas les établissements vont clairement devoir s'adapter aux grosses chaleurs qui arrivent de plus en plus tôt des changements qui sont aussi très très coûteux pour les collectivités Alex et puis ce réchauffement climatique il a une conséquence sur la viticulture oui le sud de la Manche devient terre de vin autour d'Avranche des vignerons se sont lancés dans le vin bio et biodynamique les premières bouteilles sortent cet été Alex les infos sont à retrouver dans la gazette de la Manche on va voir ce qui se passe sur ce sujet dans les territoires ultramarins qui subissent de plein fouet les conséquences de ce réchauffement climatique on en parle avec Ludovic Renou de Ouest France les territoires ultramarins qui sont les premiers menacés par ce réchauffement oui et c'est d'ailleurs un des articles qu'on propose donc ce matin dans enquête de demain le supplément et on a une de nos journalistes Valérie Parlant qui nous évoque le cas des territoires ultramarins mais en mettant aussi le focus sur ce qui va se passer à Miquelon donc Miquelon c'est une des deux des deux îles de l'archipel Saint-Pierre et Miquelon c'est l'île la plus grande et en fait depuis 2022 il y a une réflexion qui a été engagée et là qui est déjà mise en oeuvre en fait pour déplacer le village de Miquelon alors Miquelon c'est complètement au nord de l'archipel et c'est une commune qui en moyenne est à 3 mètres d'altitude au-dessus du niveau de la mer et ils se sont raperçus en 2022 qu'ils avaient des remontées de tempêtes tropicales jusque sous leur latitude c'est juste sous Terre-Neuve pourtant et que potentiellement le village était déjà menacé donc il y a une réflexion qui a été engagée pour déplacer l'intégralité du village donc on se souvient de ce qui se passe dans le sud-ouest sur le front des Landes où des bâtiments ont dû être déplacés nous dans les colonnes d'enquête de demain on évoque là les problèmes actuels qu'ont par exemple des campings qui vont être déplacés dans la Manche en Normandie ou d'agriculteurs qui commencent à avoir des terres de pâture qui sont submergées très ponctuellement par la mer et bien là c'est carrément tout un village qui va déménager le processus a été engagé en 2022-2023 il y a eu une réflexion au niveau de la commune et de toute la population et comment le village va être déplacé d'un kilomètre et demi pour aller sur un site qui est distant d'un kilomètre et demi un petit peu plus au sud et là qui va se retrouver à une dizaine de mètres au-dessus du niveau de la mer on estime que comment ce déplacement alors là c'est à peu près pour 600 personnes il va prendre quand même plusieurs dizaines d'années Merci Ludovic merci beaucoup pour toutes ces explications Ludovic Renaud journaliste à Ouest France à Saint-Malo on va justement regarder la une aujourd'hui du journal Ouest France consacré à cette inquiétude qui grandit autour du cadmium ce métal lourd et cancérigène qui est notamment présent dans les céréales on continue à parler de cette lutte contre le dérèglement climatique et notamment l'adaptation aux inondations qui frappent de plus en plus de territoires et notamment la ville de Trèbes dans le département de l'Aude ville qui a été frappée en 2018 par des inondations mortelles qui ont fait six disparus sur la commune et aujourd'hui des travaux sont en cours pour limiter les dégâts et s'adapter à la prochaine crue regardez ce reportage de Clément Guillaumeau six morts et des bâtiments en bordure de fleuve totalement détruits dont une école et une cinquantaine de maisons en octobre 2018 la ville de Trèbes était frappée de plein fouet par les inondations l'Aude était passée de 35 cm de hauteur à plus de 7,50 m en une nuit
l'eau est montée à cette hauteur elle était à cette hauteur on voyait le à peu près
Paul Mailleux venait d'emménager à Trèbes s'il a pu garder sa maison après six mois de travaux cet épisode n'en reste pas moins traumatisant quand il ressort ses photos les souvenirs remontent
ça a été une grosse épreuve une grosse grosse épreuve il y a des gens qu'on connaissait qu'on croisait qui ont perdu la vie et quand même ça il ne faut plus que ça arrive
alors pour éviter qu'une telle catastrophe se produise à nouveau d'importants travaux d'élargissement du fleuve ont eu lieu cet hiver dirigé par le syndicat mixte des milieux aquatiques et des rivières du département on a redonné un espace à la rivière donc on voit bien le fleuve est là-bas et donc il faut imaginer un cru tout cet espace qui est désormais libéré et qui pourra faciliter les écoulements dans la traversée urbaine à notre aide l'idée directrice de ce projet c'est de vivre avec la rivière et le changement climatique a accentué a aggravé les événements pluvieux et a révélé une trop grande proximité des constructions une fois le terrassement des berges de l'eau de terminé ces espaces seront aménagés en zone de détente et de loisirs pour les habitants sans plus aucun bâtiment pour Eric Ménassi maire de la commune cette nouvelle doctrine centrée sur la nature est loin d'être une simple volonté politique ces travaux étaient qu'une nécessité cette prise de conscience elle a été très forte par rapport à ce climat
qui change et à la nécessité que nous avions à aménager notre territoire c'est une hérésie d'opposer l'aménagement du territoire
avec l'écologie avec le développement
économique je crois que le développement du territoire ne pourra pas se faire sans un développement économique
les aménagements d'un coût total de 2 millions d'euros financés entre autres par l'état la région et le département doivent se terminer avant l'été mais ils semblent déjà porter leurs fruits mi-janvier Trèbes a été frappé par un important épisode méditerranéen mais les réalisations en cours sur la rive droite du fleuve ont permis de contenir ces effets et limiter les dégâts l'adaptation des territoires au dérèglement climatique c'est le thème de notre débat La France est-elle prête pour faire face à ce dérèglement climatique canicule sécheresse partage de l'eau les défis sont multiples pour en parler j'accueille sur ce plateau Emma Aziza bonjour vous êtes hydrologue j'accueille également Sébastien Lincini bonjour vous êtes le président socialiste du département de Haute-Garonne et puis bonjour à vous Jean-Michel Arnaud bonjour vous êtes sénateur centriste du département des Hautes-Alpes alors on va commencer par le constat sur ce dérèglement ce réchauffement climatique avec cette question à quoi va ressembler la France en 2050 les réponses d'un spécialiste du climat Paris en 2050 comme dans de nombreuses régions en France on s'attend à avoir des températures beaucoup plus chaudes qu'auparavant la barre des 40 degrés sera régulièrement dépassée 45 degrés seront là aussi dépassés dans certaines régions de France et on s'attend à une multiplication des nuits tropicales où la température ne descendra pas sous les 20 degrés elle descendra peut-être parfois pas sous les 25 degrés au cœur de la nuit on préfère utiliser le terme de changement climatique puisqu'il n'y a pas que l'aspect température dans le changement climatique il y a une modification aussi de la sécheresse une modification du cycle des précipitations qui fait que c'est un ensemble de variables météorologiques qui est impacté par un climat qui change Emma Aziza le constat est très simple il y aura un dérèglement un changement climatique alors on le peut le freiner mais il faut l'enjeu c'est c'est de s'adapter d'essayer d'anticiper plutôt peut-être que de réagir à certaines crises
alors oui mais le constat n'est pas si simple que ça parce que par exemple on se rend compte que sur la France on a vraiment une signature des pluies qui change ça c'est quelque chose d'assez nouveau plus de 50% des personnes qui ont été inondées ces 5 dernières années l'ont été par des phénomènes de ruissellement c'est un risque que l'on cartographiait pas il y a encore quelques temps on était convaincu qu'il y avait la zone inondable et les autres on se rend compte aujourd'hui que les autres peuvent être touchés par 30-50 cm d'eau donc on voit très bien que côté inondation on a vraiment des modifications très tangibles sur le territoire un autre phénomène aussi assez marquant parfois il n'y a pas les bonnes confrontations de masse d'air froide et chaude et on se retrouve avec des années sans épisode méditerranéen qui était un phénomène historiquement connu depuis la nuit des temps et qui parfois disparaît ou réapparaît très violemment car comme ça a été dit plus l'atmosphère est chaude plus vous allez contenir de la vapeur d'eau et donc plus l'intensité des pluies va être importante et côté sécheresse on voit très bien à quel point une canicule comme celle que l'on vient de vivre c'est un coup de sèche-cheveux sur le territoire et on apprend année après année et certaines années nous ont beaucoup marqué notamment l'année 2017-2018 pourquoi ?
parce qu'en 2018 on a commencé le printemps et l'hiver en ayant trop d'eau un peu comme aujourd'hui parce qu'on a eu des inondations en janvier-février donc on voit très bien qu'on a un peu ce mythe de la cigale et la fourmi où on pense qu'on va tenir tout l'été si on emmagasine l'hiver et on se rend compte qu'avec les très fortes chaleurs répétées et bien en fait on bascule en trois semaines et ça c'est ce qu'on appelle maintenant des sécheresses éclaires on les enregistre en France mais partout dans le monde et ces signatures aussi de sécheresses elles n'existaient pas dans un autre contexte donc ce qui change c'est pas les sécheresses et les inondations qui existent depuis la nuit des temps mais c'est leur forme et c'est pour ça qu'il faut s'adapter à cette forme-là pas tant en fait au risque qu'on connaît déjà depuis la nuit des temps auquel on essaye de s'adapter jamais assez vite mais en tous les cas on a certaines solutions là il faut maintenant aller sur d'autres territoires qui jusque-là se pensaient complètement protégés
donc malheureusement on n'est pas au bout de nos surprises sur ces manifestations de ce dérèglement climatique Jean-Michel Arnaud dans votre territoire des Hautes-Alpes territoire montagnard notamment concrètement quelles sont les conséquences de ces dérèglements ?
Vous savez Madame a tout dit on est confronté à de l'inédit face à cette inédit il faut s'organiser et cette inédit a des conséquences dorénavant sur nos territoires dans le seul département des Hautes-Alpes en décembre 2023 sur l'année donc 2023 56 communes sur 162 avaient été exposées à un risque naturel climatique sérieux inondations glissement de terrain et autres éclassés communes exposées à une catastrophe naturelle on voit que les choses sont massives la deuxième conséquence c'est qu'il faut évidemment sensibiliser les populations donc nous avons à nous adapter pour nous adapter il faut connaître la situation donc on a un vrai travail scientifique à faire non seulement sur les aspects climatiques mais aussi sur la connaissance sur le terrain du régime fluvial du régime torrentiel de tel ou tel cours d'eau des conséquences que cela peut avoir sur le régime actuel des digues et entraves existantes participer avec des plans de sauvegarde auprès de la population à une sensibilisation parce que comme cela a été dit les phénomènes sont éclairs et extrêmement durs donc la population ne s'y attend pas parce que la mémoire longue n'est pas adaptée à cette évolution telle qu'elle a été décrite par la scientifique et puis naturellement il faut donner aux collectivités locales la possibilité de réagir avec des moyens financiers que ce soit la gémapie avec des formes de solidarité et de préparation à des travaux sur les cours d'eau et puis évidemment je le redis à des financements auprès des collectivités locales pour les plans de sensibilisation mais aussi faire en sorte que ces collectivités locales puissent faire face dans le cadre d'une solidarité qu'il faut questionner que ce ne sera pas forcément nationale ça peut être par bassin de vie dans tous les cas il faut qu'on travaille activement parce que derrière ce sont des coûts aussi pour la société
On évoquera dans ce débat toutes les solutions qu'on peut mettre en oeuvre dans les territoires pour s'adapter à ce dérèglement Sébastien Vincini dans votre département la Haute-Garonne il y a peut-être différents enjeux d'adaptation à ce réchauffement avec une grande métropole Toulouse mais également des territoires ruraux agricoles qui doivent faire face à ces phénomènes de plus en plus intenses
L'heure allait accélérer finalement le changement pour faire face parce que les conséquences sont déjà là sur inondation avec des phénomènes torrentiels comme ça a été très bien décrit torrentiels c'est-à-dire tout d'un coup un fossé qui devient une véritable rivière qui n'était pas attendue des précipitations hyper violentes des périodes de sécheresse très intenses avec un vrai stress hydrique c'est-à-dire nous avons dans le sud-ouest deux années de référence 2022-2023 des vraies périodes où on manque d'eau 400 communes en 2022 étaient en rupture d'alimentation en eau potable en eau potable je ne parle pas d'irrigation je parle en eau potable robinet donc c'est une réalité aujourd'hui où on est confronté on doit déjà s'adapter le phénomène de sécheresse impacte nos habitats on sait que d'ici une vingtaine d'années une maison sur deux un habitat sur deux sera concerné par le phénomène retrait-gonflement des argiles avec les possibilités de fissures on va passer d'ici une quinzaine d'années à 30, 40, 50 et on nous prédit à échéance 2050 d'avoir 90 nuits caniculaires et tropicales ça veut dire quoi ?
l'été dernier c'était insupportable mais c'était que 12 jours de nuits caniculaires c'est déjà une réalité qui s'impose à des métropoles comme Toulouse comme Bordeaux mais aussi dans les Pyrénées la vallée du Luchonais pour ceux qui connaissent la reine des Pyrénées c'était ombragé humide des vraies précipitations plutôt tempérées un climat plutôt océanique aujourd'hui on assiste à une véritable méditerranisation c'est-à-dire il y a déjà 30% de moins de précipitations avec des températures incroyables au pied des Pyrénées au cœur de la forêt donc ça veut dire qu'on doit déjà s'adapter et interpréter maintenant les données les rapports des scientifiques on doit les adapter à nos territoires nous au département pour pouvoir en œuvrer et mettre en œuvre un plan différencié à l'échelle de tout le département et avoir des approches différentes c'est-à-dire entrer dans le concret de ce qu'il y a à faire on a initié une étude à partir des grands rapports GIEC Météo France porté par le CEREMA où on a étudié les vulnérabilités de notre département mais à l'échelle locale à l'échelle de sous-bassins parce que la météo du quotidien elle n'est pas la même en fonction de là où on vit nord du département sud ce n'est pas les mêmes phénomènes météorologiques
alors concrètement face au stress hydrique qui frappe notamment votre région du sud-ouest Sébastien Vincigny et Maziza concrètement on va devoir faire preuve de plus de sobriété dans l'utilisation de la ressource en eau
je crois que ça va bien au-delà d'une question d'être sobre ou pas c'est la question de quelle économie on va privilégier et donc ces questions doivent se les poser aujourd'hui parce que comme ça a été dit en 2022 plus de 1300 communes en France ont été en rupture d'alimentation d'eau potable et si on prend un autre exemple un peu plus loin on a le lac de Serponçon c'est moins 17 mètres de hauteur sur ce lac ce lac ce n'est qu'un barrage hydroélectrique EDF qui fournit de l'énergie qui fournit aussi 70% de l'eau des Marseillais à Laval qui fournit aussi de l'eau auprès des agriculteurs et donc qui alimente en fait un certain nombre d'économies et quand cette eau elle se réduit comme une peau de chagrin et bien on se retrouve confronté à des choix des choix stratégiques et j'ai envie de repartir sur votre territoire que j'ai particulièrement analysé ces dernières années en fait quand on voit les migrations touristiques qui arrivent dans des périodes où on a le moins d'eau possible que ce soit d'ailleurs en zone alpine sur le pourtour méditerranéen ou sur le bassin de la Garonne on se rend compte à quel point il y a un véritable enjeu du fait que vous avez un stock d'eau pour les populations locales vous avez un stock d'eau qui va servir les usages notamment agricoles mais en plus vous allez surimposer des usages supplémentaires dans des périodes où la ressource est moindre et donc on commence à voir à quel point d'ici 5 ans des zones ne pourront plus accueillir de nouveaux touristes et c'est ça qui est nouveau
concrètement quelles mesures pour s'adapter à cette raréfaction de la ressource en eau
alors déjà la première des choses effectivement c'est de viser sur tous les postes au maximum en tous les cas les postes humains le fait de diminuer la consommation d'eau c'est pas quelque chose auquel on est habitué parce qu'on a eu une politique en France qui avait tendance à prôner le fait d'être éco-citoyen et de consommer moins d'eau mais dans les faits l'eau paye l'eau en France donc en fait si vous voulez avoir des tuyaux de qualité et un service magique qui arrive dans votre robinet il faut des factures d'eau et ces factures d'eau elles étaient codifiées directement à la consommation que vous aviez donc si vous demandez à des et bien moi j'ai rencontré des élus qui étaient à 3 semaines de ne plus avoir d'eau je leur ai dit mais distribuez à toute la population des mousseurs des réducteurs de débit de douche moins 80% de débit de douche dans les toilettes il existe énormément de solutions déjà à l'échelle de l'eau domestique et il m'a dit mais je ne peux pas parce qu'en fait ces financements sont en train de financer mais le fait de retravailler tout le système de tuyaux qui permet l'adduction en eau potable donc en réalité ils ont des appels d'offres ils ont des marchés ils doivent payer et donc d'un côté ça paye ce qui arrive de l'autre côté donc ce système est en train de vaciller un peu aujourd'hui et il est en train de se transformer mais pendant très longtemps on a prôné le fait d'économiser mais en réalité on n'y allait pas directement aujourd'hui on peut réduire jusqu'à 80% l'eau domestique ensuite il faut qu'on travaille bien sûr sur l'eau agricole sur l'eau industrielle avec des systèmes fermés ce qui est intéressant c'est qu'à chaque niveau on a tout de même des solutions donc au moins les mettre en oeuvre ça permettra déjà d'enclencher un système et si je peux me indéterminer il y a une autre eau qu'il faut intégrer et qui est le meilleur moyen de respecter le cycle de l'eau c'est l'eau pluviale et donc cette eau il faut la récupérer tant qu'on peut pour l'utiliser pour les éléments secondaires que ce soit pour nos toilettes ou que ce soit pour la stocker de manière enterrée et la redistribuer ensuite pour justement garantir ces îlots de fraîcheur
alors dans ce débat il y a la question de l'utilisation de l'eau pour nos agriculteurs qui sont aussi victimes de ces phénomènes de sécheresse et actuellement au Parlement il y a un débat assez vif sur la question du stockage de l'eau dans le cadre du projet de loi d'urgence agricole et le gouvernement veut faciliter le stockage de l'eau pour les agriculteurs notamment la constitution de ces bassines ou méga-bassines qui font débat dans la société on va écouter le député écologiste Benoît Biteau qui est très défavorable à ces mesures du gouvernement sur les bassines On est sur un texte qui s'adresse à une frange extrêmement faible du monde agricole les 6% d'irrigants parce que c'est que 6% des agriculteurs qui ont accès à l'eau d'irrigation pour qui on va engager beaucoup d'argent public pour faire des méga-bassines et continuer la fuite en avant sans jamais répondre à une vraie problématique de gestion de l'eau cohérente et donc là on est encore sur une frange du monde agricole extrêmement restreint Réaction de Jean-Michel Arnaud à cette opposition des écologistes aux mesures du projet de loi d'urgence agricole est-ce que le gouvernement est en train de se tromper finalement en servant une agriculture d'irrigation qui est un petit peu dépassée par rapport aux enjeux ?
D'abord je crois qu'il y a un effet miroir deux positions extrémistes une qui est de dire les méga-bassines et on fait peur à la population on essaie de cliver la population et de l'autre côté peut-être une vision industrielle de l'eau y compris dans le monde agricole qui est d'avoir des lacs consacrés à la culture du maïs etc.
Je crois qu'entre ces deux il y a un modèle équilibré et ce modèle équilibré c'est d'abord écouter les besoins alimentaires de nos populations parce que derrière l'agriculture il y a une production alimentaire il y a de la santé publique il y a également une présence territoriale d'activité économique dans certains territoires seule l'agriculture et la transformation agricole permet de l'activité économique donc je crois que c'est cet équilibre qu'il faut trouver et le terme méga-bassine-bassine est déjà une façon de biaiser Non je ne l'aime pas c'est comme neige artificielle neige de culture on a un encodage symbolique des mots je crois que ce qui est important c'est un que l'on puisse lorsqu'il y a de l'eau de ruissellement pouvoir la stocker au moment où elle tombe pour pouvoir la restituer à des fins agricoles raisonnées dans le cadre de procédures qui sont des procédures de droit où chacun peut s'exprimer où le petit et le grand cycle de l'eau peut être vérifié pour éviter de faire des bêtises et faire en sorte également je redis là-dessus parce que moi je suis pro-scientifique faire des analyses précises réinvestir sur la recherche pour avoir également à l'image des consommations individuelles d'eau des consommations agricoles qui soient les plus sobres possibles avec des travaux génétiques sur les plantes des possibilités aussi d'adaptation au stress hydrique d'un certain nombre de productions et avoir un raisonnement qui soit un raisonnement systémique chacun doit faire des efforts je me permets de rebondir sur ce que vous avez dit madame sur les économies d'eau à la sortie de robinet je crois que la principale économie d'eau sur les réseaux d'eau potable c'est les taux de fuite et donc nous avons un investissement majeur moi j'en appelle un plan eau pas au sens des bassines mais au sens des réseaux pour faire en sorte que les collectivités et indirectement les gestionnaires de ces réseaux qui sont en régie ou délégués puissent avoir des moyens pour pouvoir faire en sorte que l'eau qui est captée dans le milieu naturel vers la distribution du robinet puisse ne plus être perdue à hauteur d'un tiers voire 40 ou 50% dans certains endroits et je crois que c'est un point important
Sébastien Vincini sur cette question du partage de l'eau pour toute la société est-ce que le gouvernement a raison de faciliter le stockage le captage de l'eau pour l'agriculture
la difficulté que l'on a aujourd'hui c'est qu'il faut avoir de la constance en ce qu'on a à faire il nous reste une décennie pour agir et c'est un mix de solutions les stop and go des gouvernements successifs depuis 5 ans sont dangereux en fait parce qu'il y a 3 ans a été annoncé un plan national qui correspondait parfaitement aux objectifs partagés par tous les territoires pour trouver des mix de solutions parce qu'il n'y a pas une solution unique oui il faut conserver une potentialité d'agriculture et en transformant peut-être certaines pratiques en allant vers de l'agro-écologie la nécessité de transformer nos modes de consommation réfléchir à ce qu'on veut dans notre assiette pour revenir au champ c'est un peu comme ça qu'il faut aujourd'hui travailler
abandonner certaines cultures par exemple le maïs évidemment
il y a des endroits où il faut encore de la production maïs arrosé irrigation et d'autres il faut réorienter parce que ça dysfonctionne la ressource ne sera pas disponible mais pour autant dans le sud-ouest on peut avoir des techniques aujourd'hui on expérimente des gouttes à gouttes à des échelles de parcelles sur plusieurs hectares qui fonctionnent qui sont moins consommateurs qui fonctionnent mais si vous mettez sur des graves des maïs ou sans eau sans une irrigation intensive sous 40 degrés de soleil rien ne pousse c'est une aberration en fait donc on doit réorienter des choses nous en Haute-Garonne le maïs éregué il a diminué de 40% en 5 ans d'accord donc on enclenche des conversions mais les stop and go des messages comme il est fait là à l'heure actuelle je ne dis pas qu'on doit s'opposer à tout mais enfin expliquer que tout d'un coup on va pouvoir refaciliter et refaire des méga-bassines c'est une erreur politique fondamentale dans le temps que nous sommes il y a des alternatives pour aller je vais dire offrir des solutions complémentaires à des ouvrages à des retenues collinaires de plus modestes à l'échelle de parcelles là où c'est nécessaire les alternatives nous on en a bâti par exemple on expérimente quelque chose qui était à dire d'Esper il y a encore quelques années est-ce qu'on peut réalimenter les nappes phréatiques et les nappes d'accompagnement des cours d'eau en puisant au moment où il y a le niveau des rivières qui sont le plus haut c'est-à-dire à la sortie de l'hiver quand la neige commence à fondre on repompe dans la rivière on envoie de manière naturelle dans les nappes et on fait rehausser le niveau de nappe on va demander l'avis de l'hydrologue sur ce plateau on l'a expérimenté à notre Garonne et aujourd'hui on sait qu'il y a des résultats très positifs mais je vais laisser Emma qui a regardé nos travaux le commenter
c'est la meilleure des idées en fait il faut comprendre que la nappe c'est vraiment le socle qui va permettre la résilience à l'échelle territoriale pourquoi ?
parce que la nappe c'est celle qui alimente la rivière la plupart du temps quand vous voyez de l'eau 80% du temps c'est pas l'eau qui vient des pluies c'est l'eau qui vient apportée par la nappe et donc plus vous allez avoir d'eau dans la nappe plus vous allez pouvoir apporter finalement à ce soutien dans ces phases qu'on appelle des tiages c'est-à-dire de basses eaux et donc ce sont des très bonnes solutions souvent on le fait le fait de réalimenter les nappes ne serait-ce que pour apporter de l'adduction en eau potable on le fait sur le bassin de la Seine on prend l'eau de la Seine on va réalimenter un aquifère et ça permettra d'avoir de l'eau dans le robinet pour certaines populations donc je crois qu'il y a des solutions qu'il faut bien au-delà d'expérimenter et c'est génial j'ai envie de dire derrière de voir enfin des politiques bouger là-dessus parce que c'est la meilleure des solutions réalimenter les nappes
plutôt que puiser dedans
exactement alors que par contre le principe de la bassine c'est qu'on va vider la nappe pour la conserver pourquoi ?
mais c'est ça qu'il faut comprendre le pourquoi parce que quand on parle d'oscillation émotionnelle et du fait que systématiquement vous avez les uns qui se mettent contre les autres c'est que la question est le fait qu'en 2010 on n'était pas au niveau d'aujourd'hui en 2010 vous aviez 2-5% du territoire qui était en niveau rouge d'alerte sécheresse c'est-à-dire de niveau crise c'est-à-dire le niveau qui interdit l'irrigation aujourd'hui chaque année c'est quasiment 90% du territoire donc vous dites à tous les agriculteurs en fin de compte que vous les avez on a prôné l'irrigation pendant des décennies et aujourd'hui c'est interdit on cherche des solutions mais sans doute pas les bonnes alors que là il y en a
je suis très intéressé par ce débat parce que ce que vous dites est probablement vrai en Haute-Garonne n'est pas vrai dans les Hautes-Alpes pour une raison simple c'est qu'il n'y a quasiment pas de neufs fréatiques dans les Hautes-Alpes donc vous voyez bien que par exemple que j'évoquais tout à l'heure l'acte de Serre-Ponçon c'était pas sûr nos ancêtres ils ont fait une retenue certes pour l'hydroélectricité qui est devenue une retenue surtout pour l'agriculture et aujourd'hui pour le tourisme
ça n'a rien à poire si je peux me permettre parce qu'un barrage c'est de l'eau de pluie une méga-bassine c'est l'eau de la nappe que l'on pompe avant que ce soit un jardin
ça peut être dans mon département ça peut être dans mon département une bassine comme vous l'appelez moi j'appelle ça un réservoir stratégique ou un réservoir agricole qui est amené éventuellement par un ruisseau ou par effectivement de la surabondance de pluie à une période de l'année et par ruissellement vient dans le dispositif ce que je suis en train de dire simplement je ne veux pas entrer dans votre débat technique vous êtes une scientifique je ne le suis pas mais je suis un élu de terrain comme monsieur le président de la Haute-Garonne ce que je veux dire c'est qu'il faut faire confiance au territoire on a des clés des commissions locales de l'eau on a des schémas départementales de l'eau ou des schémas de bassins chacun connaît sa ressource en fonction de la nature de la dite ressource chez vous c'est l'expérimentation d'eau pluviale remise sur votre nappe pratique très bien chez nous c'est plutôt une question de réserve je pense qu'il faut adapter localement le plan national de l'eau c'est un peu ça avoir des stratégies locales correspondant aux bassins de vie bassins versants et aux usages qui sont faits de la dite ressource territoriellement
c'est intéressant ces spécificités et ces solutions différentes en fonction des territoires
je suis rapporteur d'une mission d'information sur la loi Montaigne la loi littorale matin, midi et soir depuis 6 mois j'entends les élus locaux à l'image de ce que vous dites monsieur le président qui veulent une adaptation locale sous le contrôle et la supervision de l'état ça ne me pose aucun problème dans le respect des procédures ça ne me pose aucun problème mais je pense que l'eau est un sujet suffisamment sérieux pour qu'il ne vienne pas un objet idéologique
Alors après cette question du partage de l'eau je voudrais qu'on évoque la question des sols et de l'artificialisation des sols car c'est l'un des enjeux de cette adaptation au réchauffement climatique une artificialisation des sols liée à l'étalement urbain et depuis la loi climat de 2021 Emmanuel Macron a fixé l'objectif de zéro artificialisation nette des sols d'ici à 2050 c'est un objectif qui a été assoupli récemment par le Parlement notamment par la droite et cet assouplissement il a été critiqué par la ministre de la Transition écologique Monique Barbu on l'écoute Le premier rempart face aux événements climatiques c'est une nature en bonne santé et que cette réalité doit être prise en compte dans nos décisions d'aménagement du territoire c'est pourquoi à titre personnel je regrette la décision qui a été prise hier sur la loi simplification qui vise à encore bétoniser 25 000 hectares supplémentaires Sébastien Lansigny est-ce qu'on a vraiment tiré les leçons de tous ces événements climatiques quand on voit cet assouplissement des règles en matière de lutte contre la bétonisation
Encore une fois c'est une erreur fondamentale on est dans le stop and go c'est nier la réalité les phénomènes aujourd'hui d'inondations de sur-inondations de mécaniques sur le ruissellement c'est justement parce qu'on a de plus en plus de couches complètement imperméables dans lesquelles l'eau ne peut pas s'infiltrer ne pas laisser des zones tampons des zones d'infiltration aller bétonner encore des zones humides etc parce que c'est ça dont on parle artificialiser encore des sols alors qu'on sait très bien qu'il y a la nécessité de réinterroger un certain nombre d'urbanisations de reconstruire la ville sur la ville ce n'est pas des grands mots de dire ça visiter n'importe quelle zone d'activité dans une préfecture une sous-préfecture ou ce qu'on appelle des zones d'activité dans les dans les bours centres regarder les hectares utilisés pour un seul hangar au milieu et du béton partout ça peut être redécoupé reinterrogé parce que oui il faut encore bien sûr construire de l'activité il y a besoin encore d'aménager on a une crise du logement il y a la nécessité de construire mais il faut réinterroger aujourd'hui on reprend des décisions qui nous font reculer alors qu'on sait exactement ce qu'il y a à faire
vous le disiez il y a aussi une grave crise du logement en France et en Europe et Maziza ils font concilier cette lutte contre la bétonisation l'artificialisation des sols mais aussi des réalités sociales on a besoin de construire
oui mais il faut construire en étant lucide quand on regarde la température qu'a atteint la France ces derniers jours on comprend qu'à un moment donné il y a quand même un sujet de santé urgent quand on parle de l'année 2022 par exemple plus de 63 000 morts en Europe sur deux mois sur deux mois entre l'Italie l'Espagne et la France c'est-à-dire qu'à chaque canicule ça coûte extrêmement cher un nombre de victimes ça coûte très cher au niveau du système de sécurité sociale de santé en termes de coûts d'hospitalisation on a des études très claires qui montrent qu'on serait entre 25 et 37 milliards d'euros entre 2015 et 2020 sur cinq ans pour la France donc en fait je crois qu'il faut déjà une vision globale et systémique on ne peut plus réfléchir autrement je crois qu'effectivement chaque territoire a sa signature et c'est important de le souligner quand on valait en Bretagne on n'a pas de socle profond on n'a pas d'eau souterraine donc il faut réfléchir avec des stockages extrêmement rapides quand on est dans votre territoire c'est un territoire de bascule le plus violent aussi les Alpes et donc effectivement comment est-ce qu'on intègre cette fonte nivale qui fait que ça dérègle complètement les débits à la Valpe
donc il faut adapter les solutions des règlements climatiques en fonction des territoires ce sera le mot de la fin le temps est passé très vite dans ce débat qui était très intéressant merci beaucoup d'y avoir participé merci à tous d'avoir suivi cette émission et on se retrouve demain pour un nouveau numéro de Bonjour chez vous Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour chez vous l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat Sous-titrage Société Radio-Canada