Budget adopté de justesse : "Il faut changer la manière d'exercer le pouvoir" pour Gabriel Attal
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Ce vote, c'est le succès de la méthode cornu. Oui, moi je veux saluer le travail du premier ministre et de son gouvernement parce que c'est une étape importante qui a été franchie aujourd'hui parce qu'un pays crédible, un pays sérieux, c'est un pays qui est capable d'avoir un budget et parce qu'enfin peut-être on va pouvoir aussi avancer sur d'autres sujets. Les Français, ça fait depuis juillet qu'ils entendent matin, midi et soir parler du budget.
Il y a urgence à avoir un budget, mais il y a d'autres urgences dans la vie des Français. Plus vite on pourra mettre cette période budgétaire derrière nous, plus vite on pourra avancer sur tous ces sujets de la vie quotidienne des Français sur lesquels il y a des petites victoires, je pense, à aller chercher. Oui, mais là ça touche et ça va impacter la vie quotidienne des Français, notamment ce budget de la sécurité sociale directement.
Édouard Philippe qui fait partie du bloc central a demandé, vous le savez, à ses députés de s'abstenir sur le texte. D'ailleurs, il n'a pas été totalement entendu puisque neuf ont voté pour. Il a expliqué en disant "Ce n'est pas un budget qui prépare l'avenir de nos enfants.
A-t-il tort ? Moi, ça fait plus d'un an que je suis plus au responsabilité. Si vous me demandez si j'étais encore au responsabilité avec une majorité absolue, est-ce que c'est le budget que j'aurais souhaité voir adopté ?
La réponse est non. Évidemment, j'aurais souhaité un budget dans lequel il y a plus d'économie, plus de valorisation des Français qui travaillent. Est-ce que pour autant ça justifie de tout envoyer balader en considérant que ça serait mieux que le pays n'ait pas de budget ?
Je crois pas. C'est pour ça qu'avec les députés enyé poser la question à moi. Moi je suis pas là pour faire la leçon donner les bons et les mauvais points.
Chacun on est en démocratie. Chacun prend des positions qu'il croient justes et ensuite rendez compte. Moi, je suis venu vous rendre compte de la ligne qui a été la mienne, celle des députés de mon groupe ensemble pour la République Renaissance.
On a fait le choix du compromis et donc on a fait le choix d'accepter certaines mesures avec lesquelles on n'est pas forcément d'accord. On a aussi eu des victoires les Salamé. Je vous donne deux exemples.
Le gouvernement prévoyait dans le texte initial de taxer les tickets restaurants des Français qui travaillent. On est parvenu à l'empêcher. Le gouvernement prévoyait de baisser le salaire des apprentis de 150 € par mois. on n'est parvenu à faire supprimer cette mesure.
Est-ce qu'on est parvenu à avoir une copie qui était totalement celle qu'on souhaitait la réponse ? Et non, évidemment, mais parce qu'il peut pas y avoir de budget parfait dans telle circonstance. D'accord.
Mais sur la ligne du parti, vous avez toujours dit dans toutes les interviews depuis 8 ans que vous êtes dans la majorité, vous avez toujours dit notre ligne rouge c'est pas de hausse d'impôts. Vous avez dit, vous avez passé votre temps et des mois à expliquer que la réforme de retraite c'était la priorité. conclusion, vous votez un texte qui organise et qui euh entérine des hausses d'impôts sur les revenus du capital et une surtaxe sur les mutuels et qui suspend la réforme des retraites.
Donc je vous repose la question, vos convictions, elles sont où ? Est-ce que d'une certaine manière Édouard Philippe, il est pas plus cohérent de dire on s'abstient ? Moi, mais mes convictions, elles sont d'abord qu'on doit avoir un budget et que pour ça, il faut en passer par du compromis.
Je peux pas vous dire que je souhaite le compromis et considérer qu'il faut que le budget adopté à la fin, ça soit 100 % des mesures qu'on a défendu avec mes députés. ça n'existe pas de la même manière que c'est pas 100 % des mesures qui étaient défendues par les socialistes qui ont aussi permis l'adoption de ce budget. Ensuite, je vous le dis, on a défendu nos convictions et on a obtenu des victoires sur des mesures qu'on ne souhaitait pas voir présentes dans ce budget.
Mais la méthode de Cornu, c'est quoi ? C'est céder sur tout pour arracher un vote. D'abord, c'est le choix de laisser le parlement travailler et décider.
Vous savez, moi je le dis, ce qu'a fait le Parlement ce soir, c'est juste son travail en fait. Euh et qu'on en soit à considérer que c'est un exploit historique que le Parlement puisse adopter un budget, ça en dit long sur la crise profonde dans notre pays et dans nos institutions. Euh je pense que les Français sont assez médusés de se dire parce qu'avant il y avait pas de discussion mais précisément pendant 8 ans, il y a pas eu de discussion.
Mais précisément, vous savez, moi je le dis, ça fait plus d'un an que je suis plus aux responsabilités. Je sillonne le pays sans caméra. Je vais discuter avec les Français.
Je vois la crise profonde de confiance qu'il y a entre les Français et leurs responsables politiques et même entre les Français et leurs institutions. Ça me donne une conviction absolue. Il faut complètement changer de modèle, changer la manière d'exercer le pouvoir, sortir effectivement de cette tyrannie et chacun doit faire son examen de conscience dans laquelle la majorité doit l'emporter sur l'opposition, l'État sur les collectivités locales, sur les partenaires sociaux.
Je viens de vous dire les Salamé que chacun doit faire son examen de conscience. Évidemment que la dissolution qui est intervenue il y a 18 mois maintenant que probablement la manière d'exercer le pouvoir ces dernières années dans le pays ont contribué à cette fragilisation. Maintenant, moi ce que je veux dire aux français euh c'est de garder espoir.
Moi, je pense que c'est possible de changer de manière d'exercer de pouvoir, de changer de modèle euh et qu'il y a pas de fatalité. Je vois des Français qui perdent espoir et moi le message que je veux leur passer qu'on peut changer profondément la manière d'exercer le pouvoir et que peut-être que la situation qu'on vit aujourd'hui est un enseignement qui nous permettra d'y parvenir. Là c'était le budget de la sécurité sociale aujourd'hui.
Il y a le budget la le projet de loi de finance qui revient à l'Assemblée nationale dans quelques jours. François Hollande disait ce matin ça passera pas, il faut utiliser le 493. Vous le dites aussi.
Moi, je crois qu'on peut adopter, on peut voter un budget d'ici à la fin de l'année. J'entendais certains dire qu'on ne pouvait pas voter un budget de la sécurité sociale de la même manière. On y est parvenu et donc je ferai tout avec les députés de mon groupe pour qu'on puisse trouver un compromis sur le budget de l'État comme on en a trouvé un sur le budget de la sécurité sociale.
Je pense que c'est possible. Mais le Parti socialiste, vous avez pas ça vous avez pu le voter parce que le Parti socialiste a milité pour là. Le Parti socialiste François Hollande dit "Vous nous aurez pas sur le budget." Moi, je crois pas qu'il peut y avoir d'opposition de principe.
Encore une fois, on va travailler, on va discuter, on va chercher à adopter un budget. Tout simplement parce que encore une fois je le dis, c'est pour ça que c'est une étape importante sur le budget de la sécurité sociale et vous en parlez dans vos journaux quand c'est vraiment face à la Chine, face aux États-Unis, face à la Russie, dans l'Europe aujourd'hui qu'on doit être capable de renforcer, on peut se permettre d'avoir une France sans budget. Toute dernière question parce que ce mardi on fête, on célèbre les 120 ans de la loi de 1905 sur la laïcité qui instaure la séparation des églises et de l'État.
Vous aviez pris la décision d'interdire la baaya à l'école, mais vous voulez aller plus loin et interdire le voile dans l'espace public aux jeunes filles de moins de 15 ans. Ce qui vous vaut des critiques des trois religions dans le Parisien ce dimanche. Le recteur de la grande mosquée mais aussi le grand rabin de France qui vous reproche de participer, je le cite, au concours l'épine de la proposition la plus farfelue, interdire le voile à partir d'un certain âge et bientôt quoi ?
La circoncision avant 16 ans ? Vous l'avez pas convaincu ? Moi, vous savez, j'ai entendu beaucoup de critiques à l'époque où j'ai fait le choix de faire respecter la loi de 2004 sur la laïcité à l'école en interdisant effectivement la Baya et le Camise dans nos établissements scolaires.
Il y a eu des critiques à l'époque, je les entends. Vous savez, moi cette mesure sur le voile des fillettes, je l'ai jamais défendu comme une mesure de laïcité. C'est pour moi une mesure de protection de l'enfance.
Mais c'est réaliste d'avoir des policiers qui vont demander à chaque jeune fille dans la rue la question c'est pas les jeunes filles et et les enfants. La question c'est des parents qui contraignent une fillette de 6 7 ans comme ça a été documenté dans un rapport remis au gouvernement à porter le voile et donc à intégrer des 6 ou 7 ans le fait qu'il y a une forme d'infériorité par rapport à l'homme. Qu'une femme décide librement de porter le voile, c'est son droit et c'est ça aussi la laïcité.
La laïcité, c'est d'abord une liberté et on n'est pas libre de décider quand on a 6 ou 7 ans d'intégrer cela.
Gabriel Attal