Le discours de Johanna Rolland lors de la Convention d'investiture à Lille
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Chers camarades, chers amis, chers représentants de la société civile, chères citoyennes, chers citoyens, quelle joie, quelle joie de vous retrouver, de nous retrouver ici à Lille. Merci à toi Martine, un grand merci de nous accueillir ici, sur ces terres du Nord, qui ont tant apporté au combat pour la justice sociale et l'émancipation. Merci du fond du cœur à toi Martine, d'avoir rappelé tout à l'heure avec force comment tu as toujours mis l'égalité, la justice sociale au cœur de tous les combats fidèles à nos valeurs.
Je le dis devant toi, devant vous, monsieur le Premier ministre, mon cher Bernard Cazeneuve, toi dont la voix compte, nous sommes très heureux de t'avoir parmi nous cet après-midi. Je le dis devant toutes celles et tous ceux qui ont exercé des responsabilités d'État. A chaque fois que les socialistes ont exercé le pouvoir, ils en ont fait un chemin pour la République, pour l'égalité, la liberté et la fraternité. Alors ici, à Lille, mes chers amis, puisons dans cette histoire, soyons fiers de cette histoire collective pour en écrire une nouvelle page.
Parce que le monde a changé, notre pays a changé, de nouvelles fractures, de nouvelles urgences, parce que l'avenir de la gauche, clairement, passe par une refondation, une reconquête, vers une nouvelle ère de progrès social autour d'une écologie qui permet de faire société. Aujourd'hui à Lille, Carole le disait à l'instant, commençons à écrire cette nouvelle page. Celle d'une gauche du réel, d'une gauche du quotidien, d'une gauche du faire, d'une gauche pour toutes les Françaises et pour tous les Français. La gauche qui offrira, en avril 2022, l'alternance dont notre pays a tant besoin.
Oui, notre pays a besoin de cette alternance face au nostalgique rétrograde du « c'était mieux avant », face aux populistes qui nourrissent la haine et la défiance. Oui, notre pays a besoin de l'alternance face à ces artisans de la précarité et du désarroi, qui osent encore passer en force une réforme de l'assurance chômage pile au moment où de nombreux Français basculent dans la pauvreté. Où veulent-ils mener la France ? Où veulent-ils mener notre pays ? Quel est leur programme ? Traverser la rue pour trouver du boulot ? C'est bon, on a compris. On a clairement compris que cela mène uniquement à la précarité, à la pauvreté, mais aussi, et c'est tout aussi grave, à la fragmentation du pays.
Nos parlementaires mènent depuis cinq ans le combat contre cette vision de la société. Et je veux saluer devant vous Valérie Rabault, Patrick Ganner, Sylvie Guillaume, Boris Vallaud et tous nos parlementaires. Ils sont essentiels dans le combat que nous engageons, essentiels. Et je crois sincèrement qu'on peut les applaudir pour leur endurance, il en faut, et leur détermination. Ce combat, c'est aussi celui que mène notre parti, mon cher Olivier. Tu as travaillé avec d'autres, à le reconstruire, à le doter d'une ligne claire. Tu en as proposé un projet qui a été adopté collectivement lors de notre dernier congrès. Bravo et merci.
Tous ensemble, nous donnons aujourd'hui le signal qu'il faudra coter avec les socialistes dans les mois qui viennent. Oui, ce moment qui nous rassemble aujourd'hui est un point de départ, une renaissance pour la gauche, l'alternance pour notre pays, la confiance pour les Françaises et les Français. C'est cela ce que tu incarnes, ma chère Anne, ce que tu portes face à ceux qui sèment la confusion et qui célèbrent les mirages d'une identité perdue. Le chemin que tu proposes est clair et il tient en trois mots. Une république sociale et écologique. Cette république sociale et écologique, elle est la seule à même de réveiller l'espoir à gauche et par là même de réparer notre république.
Réveiller l'espoir pour les classes moyennes et pour les classes populaires. Oui, la vraie vie des gens, tu la connais. Le pouvoir d'achat, tu connais. Tu ne fais pas partie de ces sphères déconnectées qui regardent dans les enquêtes d'opinion ou les sondages la manière dont les gens vivent. C'est la raison pour laquelle tu as d'ores et déjà proposé cette grande conférence salariale pour que enfin, dans notre pays, les hommes et les femmes puissent vivre dignement de leur métier. C'est ça, réveiller l'espoir. C'est ça, réveiller l'espoir avec au cœur une écologie au service de la justice sociale.
Parce que oui, mes chers amis, en 2021, le social et l'écologie, l'écologie et le social sont les deux faces d'une même bataille. Notre responsabilité, c'est donc de réparer la République et donc de réparer la France. De la réparer sans nous laisser dicter en permanence les thèmes de cette campagne par la droite et l'extrême droite. Assumons de dire qui nous sommes. Soyons fiers de ce que nous sommes. L'éducation, c'est nous. L'émancipation, c'est nous. L'avenir de nos enfants, c'est nous. La promesse républicaine pour tous les jeunes de ce pays, c'est nous. Et particulièrement, particulièrement pour ces jeunes qui doutent. Je sais l'importance de porter cette bataille.
Sans doute parce que, avant de m'engager en politique, j'ai travaillé à la ville du Creusot. J'ai appris auprès de ces jeunes et de leur mère. Pourquoi, quand il y a un gap, un écart entre les valeurs écrites au fronton de nos écoles publiques et la réalité de la vie de tous les jours, alors il y a doute, alors le pacte républicain est profondément abîmé. Et à titre très personnel, c'est pour cette raison précisément, par la force de son histoire personnelle, par la force du message qu'elle porte sur ces questions, que j'ai décidé de m'engager totalement au service d'Anne Hidalgo.
Personne, personne ne nous fera croire qu'on va apaiser le malaise des Français en réécrivant le manuel des prénoms. Où a-t-on vu ça ? Personne. La France, notre France, mérite mieux, mérite tellement mieux que ses propos outranciers et rétrogrades. Notre France n'est pas celle de la nostalgie de Pétain, mais celle de la flamme du Conseil National de la Résistance. Notre France, ce n'est pas celle du libéralisme à tout train, mais celle des congés payés et du Front populaire. Notre France, ce n'est pas celle du rejet et du racisme, mais celle de l'universalisme hérité de la Révolution. Notre France, c'est celle qui déclare avec un ragon que l'avenir de l'homme est la femme.
Notre France, c'est celle d'un avenir fait d'émancipation, de classe populaire, de dignité et de fierté pour les classes populaires et les familles moyennes de ce pays. Voilà la France que nous voulons, à l'inverse de celle portée aujourd'hui par une droite décomplexée, assumant le pouvoir des plus forts et des plus riches, assumant même les thèses les plus extrêmes sur l'immigration. Où est la droite républicaine dans ce pays quand, par exemple, Éric Ciotti remet en cause le droit du sol ? Où ? Et puis, il y a ceux qui prétendent faire en cinq mois ce qu'ils n'ont pas fait en cinq ans. Le sketch. Qui va les croire ? Ce n'est pas sérieux d'une seule seconde.
Les violences faites aux femmes, grande cause du quinquennat. Vraiment, vraiment, je vois Najat devant moi. Les associations, elles en savent quelque chose. Les familles de victimes aussi. Demandez-leur au passage le souvenir qu'ils ont gardé de Madame Sciappa. Le soutien aux jeunes des quartiers populaires. Demandez à ces mères et à ces pères qui vivent dans ces territoires si leurs enfants trouvent plus facilement un emploi ou même un stage. Et après, il faudrait s'étonner de voir des citoyens méfiants, de voir des citoyens défiants. Pour répondre à leurs attentes, il faut des convictions et du courage. Et c'est ce courage qu'incarne Anne Hidalgo.
Pour la gauche, pour les Françaises et les Français. Alors, ma très chère Anne, aujourd'hui, notre famille politique est rassemblée, heureuse d'être rassemblée autour de toi, prête à jeter toutes ses forces dans cette bataille. Des citoyens, des militants associatifs, des sympathisants, des hommes et des femmes venus d'horizons diverses, parce qu'ils croient en la force du projet que tu portes. Je veux saluer ici, chaleureusement, toutes les militantes et tous les militants qui étaient dès ce week-end sur les marchés. Bravo à vous ! Je veux saluer aussi les jeunes socialistes. Je vois Emma devant moi. Ils se sont auto-baptisés la génération Hidalgo. Merci à vous.
Alors, mes amis, jeunes ou moins jeunes, un seul mot d'ordre. Le terrain, le terrain, le terrain, toujours le terrain. C'est comme cela que nous ferons ensemble mendir, mentir cette frénésie sondagière dont on nous abreuve jour après jour. Et ceux qui portent sans cesse le message que la gauche aurait disparu. Mais la gauche est là. Elle est bien là. Nous sommes là. Vous êtes là. Martine est là. Bernard est là. Anne est là. Nous allons aller à la rencontre des Françaises et des Français chaque jour pendant six mois. Anne, j'ai la conviction que tu as construit ta vie comme tu bâtiras la France.
En n'oubliant jamais d'où tu viens, toi, la fille d'immigré, de ce papa électricien et de cette maman couturière, toi qui feras de l'école, dans la mixité, le socle de notre unité nationale. Tu es la seule candidate qui veut vraiment offrir un avenir meilleur à toutes les Françaises et à tous les Français, y compris aux plus modestes. Tu peux être fière des services publics que tu défends, fière d'avoir commencé la bataille du climat bien avant les autres. Tu es cette femme de terrain, sans cesse en action, une voix solide à l'international, on l'a vue à travers les témoignages vidéo, mais aussi attentive au brouissement de la France, dans les villes comme dans les campagnes.
C'est le sens de l'importance que tu donnes au territoire. C'est le sens de cette équipe de France des maires et des élus que tu as souhaité et su rassembler autour de toi. Ces maires et ces élus qui ont permis la réussite de la gauche au municipal, puis au départemental, puis au régional. Ces nouveaux visages de la gauche que je veux cet après-midi saluer devant vous. Nicolas Maillard-Rossignol à Rouen, Nathalie Aperet à Rennes, Cédric Vansivendel à Villeurbanne, Cécile Aelle à Vatignan, Mathieu Plin à Nancy, Emmanuel Gazelle à Millau, Mathieu à Notin en Seine-Saint-Denis,
Carole Delga en Occitanie, Jean-Luc Gleize en Gironde, Éric Cabaret de Saen-Denis de La Réunion, Mickaël de La Fosse à Montpellier, Fanny Chappé à Paimpol, Sébastien Vincigny à Chante-Gabelle, Delphine Lavaïs à Périgueux, Olivier Bianchi à Clermont-Ferrand, Benoît Arrivé à Cherbourg, Stéphane Troussel à Seine-Saint-Denis, et bien d'autres. Voilà ton équipe de France, Anne, à ton service, derrière toi, pour toi, avec toi.
Ma chère Anne, ma chère Anne,
tu peux compter sur notre engagement à tes côtés, parce que derrière ta personne, il y a ce projet, il y a cette volonté de sortir d'une époque préhistorique, celle d'une époque avec un pouvoir centralisé. Nous assumons, tu assumes de dire que demain, la République sera plus décentralisée, le pouvoir moins vertical, le pouvoir mieux partagé, assumer une autorité tranquille, sereine, bienveillante, partagée. Anne, et j'en terminerai par là, tu es la candidate qui a su rassembler les générations de militants et d'élus.
Tu es la candidate de l'expérience et du renouvellement, de l'alliance entre celles et ceux qui ont fait l'histoire, la grande histoire, de notre parti et de notre pays, et de celles et ceux qui ont aujourd'hui la responsabilité d'en écrire une nouvelle page. Tu incarnes la justice et l'espoir, l'espoir pour la jeunesse qui est notre avenir, l'espoir pour les retraités à qui nous devons tant, l'espoir pour les soignants qui nous donnent tout, l'espoir pour les travailleurs précaires qui peinent à boucler les fins de mois. Tu es la candidate d'une France apaisée et rassemblée. Tu es aujourd'hui notre candidate et tu seras demain notre présidente.
Alors avec toi Anne, avec vous tous, ensemble, réveillons l'espoir,
réveillons la gauche, vive la gauche, vive la République et vive la France !
Johanna Rolland