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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 23 mai 2018 22 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleInstitutions & électionsImmigration & asileLogement

Catherine Arenou - François Pupponi : "le président Macron fait une erreur historique"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:47OuverteRéponse directe

    Comment avez-vous reçu le discours attendu du Président ?

  • 2:51OuverteRéponse directe

    Et vous, François Puponi, comment avez-vous reçu le discours du Président de la République ?

  • 4:37RelanceRéponse directe

    Est-ce que ce constat, vous le récusez l'un et l'autre ?

  • 4:58RelanceRéponse partielle

    Qui sont ces autres ?

  • 5:46OuverteRéponse directe

    Partir du terrain et remonter au lieu de partir de l'État, c'est quoi ?

  • 7:47OuverteRéponse directe

    Donc vous demandez quoi, François Puponi, pour éclaircir ce point ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:06Locuteur non identifiéFait
    « Nous étions tous cas ou debout en sortant. »
  • 1:15Locuteur non identifiéFait
    « Il était légitime qu'il tienne compte de sa demande ou qu'il dise que ça ne le satisfaisait pas. »
  • 1:24Locuteur non identifiéFait
    « Il a nié l'existence du travail. »
  • 3:01Invité politiqueFait
    « Ce qu'a dit le Président de la République, c'est que les acteurs de ces quartiers, les élus en particulier, n'ont pas réussi à régler les problèmes. »
  • 3:10Invité politiqueFait
    « Il a employé un terme, moi, qui m'a sidéré dans la bouche d'un programme public. Il a parlé des mâles blancs. »
  • 3:50Invité politiqueFait
    « je pense qu'hier, le président de la République a fait une faute historique. »
  • 3:55Invité politiqueFait
    « Laquelle, c'est de nier la légitimité démocratique dans ces quartiers. »
  • 7:24Invité politiqueFait
    « Le président a dit hier, il faut arrêter de ghettoiser le ghetto. »
  • 7:30Invité politiqueFait
    « il y a la loi Elan, la loi sur le logement présentée par le gouvernement où, justement, ils prennent des mesures pour ghettoiser le ghetto. »
  • 10:50Invité politiqueChiffre
    « il y a de l'argent. Il annonce quand même hier, il a quand même annoncé qu'il mettait 5 milliards de plus sur l'enrue. »
  • 11:41Invité politiqueChiffre
    « 30 000 places de stage de troisième réservées aux jeunes des quartiers dans les entreprises et dans l'État. »
  • 12:29Invité politiqueFait
    « Il veut une... Il dit. Nous devons construire une société de la vigilance dans les quartiers. »
  • 17:15Invité politiqueFait
    « hier soir j'ai pris un deuxième coup où j'ai eu le sentiment qu'à l'Elysée on me tenait le même discours ça suffit c'est bon vous avez essayé pendant 20 ans il faut partir »
  • 20:00Invité politiqueFait
    « il est convaincu en fait je pense qu'il est partagé entre deux solutions »

Temps de parole

  • Locuteur non identifié38 %
  • Invité politique37 %
  • Présentateur12 %
  • Catherine Arenou8 %
  • Présentateur 25 %

3,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Le 7-9 de France Inter, première matinale de France. Vous êtes 3 900 000 auditeurs à nous écouter chaque matin. Retrouvez-nous aussi en vidéo sur franceinter.fr. Et deux invités pour le grand entretien du 7-9 au lendemain de la réunion banlieue à l'Elysée. Catherine Arenou, maire de Chanteloup-Lévin, François Puponi, député du Val-d'Oise, ancien maire de Sarcelles. Bonjour à tous les deux et merci d'être au micro d'Inter. Hier donc se tenait une grande réunion à l'Elysée, organisée quelques semaines après la remise du rapport Borloo sur les banlieues. Les grands plans banlieue ne marchent pas.

Ce sont des méthodes anciennes, a tout de suite déclaré le Président de la République, qui a préféré mettre en avant une autre méthode, plus souple, plus réactive, appuyée aussi sur les entreprises et pas seulement sur l'État. Vous étiez Catherine Arenou à l'Elysée hier. Comment avez-vous reçu le discours attendu du Président ?

0:51
Locuteur non identifié

Attendu par nous tous, oui. Nous étions tous cas ou debout en sortant.

0:56
Présentateur

Pourquoi ?

0:56
Locuteur non identifié

Parce que le Président nous avait mandatés en novembre à la fois Jean-Louis Borloo et puis 200 élus acteurs associatifs pour travailler sur 10 groupes de travail avec ses deux ministres de la cohésion des territoires, M. Mézard et M. Denormandie, pour lui faire des propositions. C'était sa demande. Il était légitime qu'il tienne compte de sa demande ou qu'il dise que ça ne le satisfaisait pas. Ça, on aurait pu l'imaginer. Mais là, il a nié. Il a nié l'existence du travail. Il a nié la vie, le fait que les élus sont des représentants de leur collectivité. Il a nié tout le travail associatif. Il a nié ce rapport Borloo.

Et donc, ça a été en plus beaucoup de contre-propositions, puis des contre-propositions de la méthode, mais sans méthode. Donc, vous êtes extrêmement déçus. Un non-rapport Borloo, mais plein de points repris. On était dans l'impalpable, dans le diffus. Surtout, il n'y avait pas de volonté derrière. Et c'est là où on a été choqués. Parce que, mine de rien, huit mois de travail, on y met un espoir. Et à un moment donné, on y croit. Enfin, on croit que le Président de la République, nous, mandatant, va en faire quelque chose. Alors, il demande un plan, il ne veut pas de plan. Il demande un rapport, il ne veut pas de rapport. Il demande un travail, il nie ce travail.

Il nie même la représentativité des élus, puisqu'il n'en parle pas. Enfin, il n'existe pas. Il redemande à la population de travailler elle-même. Comme si nous n'étions pas, nous, des représentants de ses habitants. C'est à la fois extrêmement choquant. D'abord, moi, j'ai trouvé que c'était l'occasion encore de bousculer le regard sur la politique. On sait très bien que dans nos territoires, le politique a besoin d'exister, d'être reconnu, simplement. Parce que c'est la justice. Et puis, il faut remettre de la citoyenneté. Et là, on a eu du mal à digérer. Il nous a fallu la journée pour digérer ce propos.

2:48
Présentateur

Et on entend la colère ce matin. Et on entend la colère. Et vous, François Puponi, comment avez-vous reçu le discours du Président de la République ?

2:56
Invité politique

Moi, je n'ai pas encore digéré. Sincèrement, hier, c'est un tournant historique. Ce qu'a dit le Président de la République, c'est que les acteurs de ces quartiers, les élus en particulier, n'ont pas réussi à régler les problèmes. Et donc, il faut en changer. Et il a employé un terme, moi, qui m'a sidéré dans la bouche d'un programme public. Il a parlé des mâles blancs. Deux mâles blancs qui s'échangent un rapport sur la banlieue. Il parlait de lui et de Jean-Yves Borloo. Mais globalement, les élus, qui a priori, selon certains, sont tous des mâles blancs, ont fauté. Et donc, il faut en changer. Et il faut donner le pouvoir à certains habitants du quartier.

Comme si, nous, depuis 20 ans, 30 ans, on travaillait sans les habitants du quartier. Moi, j'habite Sarcelle depuis 56 ans. Oui, je suis blanc. J'ai peut-être le droit de dire encore ce que je pense dans ma ville et dans une ville où j'ai été élu pendant 20 ans. Donc, il y a un moment où ce qui s'est passé hier, c'est de dire, écoutez, puisque vous n'avez pas sûr réglé le problème, moi, je vais parler avec d'autres et eux, ils régleront le problème. Et je pense qu'hier, le président de la République a fait une faute historique. Laquelle ? Laquelle, c'est de nier la légitimité démocratique dans ces quartiers. Alors qu'après, on parle aux habitants. Mais nous, on le fait tous les jours.

Il y a des conseils de quartier, des conseils d'habitants, on les rencontre, on va à l'école de nos enfants, on parle avec les gens, on vit avec les gens. Et croire qu'il n'y a que du clientélisme et que des élus qui ne connaissent pas la situation et qu'on a méprisé les populations est une erreur d'analyse. Et donc, en donnant le pouvoir à des gens qui n'ont pas la légitimité démocratique, je pense qu'il fait une erreur historique. Qu'il paiera relativement cher, très vite. Et donc, le sentiment qu'on en a eu, c'est de dire, mais qu'est-ce qu'on fait là ? Je me suis dit, mais qu'est-ce que je fais là ? J'ai plus ma place. On n'a plus notre place. On a travaillé depuis 20 ans.

Il ne nous dit même pas, écoutez, c'est bien, merci pour ce que vous avez fait au nom de la République.

4:34
Présentateur

Non, il dit, ça n'a pas marché, on ne va pas continuer sur les mêmes bases.

4:37
Invité politique

Est-ce que ce constat, vous le récusez l'un et l'autre ? D'abord, ça a marché. Le constat même est faux. On a réglé de nombreux problèmes. Il le dit. Il le dit d'ailleurs. Peut-être que ça n'a pas marché. Il dit, mais ça a marché. Donc, on a réglé beaucoup de problèmes. Et ce qu'il dit hier, c'est de dire, mais en fait, ce n'est pas un problème de moyens. C'est un problème de méthode. Donc, comme vous n'avez pas su mettre la bonne méthode, on va le faire avec d'autres. Voilà, c'est ça qui dit. Et c'est ça qui est terrible.

4:58
Présentateur

Qui sont ces autres ?

4:59
Invité politique

C'est bien le problème. Il y a eu un article l'autre jour où Yacine Benatar, qui est celui qui est présent, a dit, tout ce qui n'est pas fait avec nous est fait contre nous. Mais qui c'est nous ? C'est quoi le nous ? Il faut déterminer c'est quoi le nous. Ce sont les habitants du quartier ? Tous les habitants ? Ce sont uniquement certains issus d'une certaine communauté ? C'est qui le nous ? Et donc, c'est ça qui est très dangereux dans le discours de certains qu'on connaît. Ça peut être les indigènes de la République, etc. On connaît leur discours.

5:26
Présentateur

Mais si le président... C'est le communautarisme...

5:29
Invité politique

Ce n'est pas le communautarisme. Ce sont un certain nombre de réseaux issus de la diversité qui disent, à partir du moment où nous, nous sommes issus de cette diversité et nous sommes des quartiers, nous avons la légitimité. Et vous, les élus, vous ne l'avez plus. Et si le président de la République tombe dans ce discours-là, c'est extrêmement dangereux pour la démocratie.

5:46
Présentateur

Partir du terrain et remonter au lieu de partir de l'État et redescendre, Catherine Arnoux, c'est quoi ? C'est une erreur d'aiguillage ou c'est la volonté d'essayer autre chose ?

5:55
Locuteur non identifié

Mais non. Essayer autre chose, je n'y crois pas. D'ailleurs, ça n'était pas dans son propos. Vous avez vu après qu'il a fait une espèce de déclinaison, une liste à l'après-ver d'un certain nombre depuis mesurette. Moi, je n'ai pas trouvé que c'était une révolution dans la pensée. En plus, il dit la politique de la ville n'a pas marché. Puis après, il dit vraiment la politique de la ville a réussi. Mais oui. Qu'est-ce que c'est que cette politique de la ville ? C'est simplement une politique d'équité territoriale. Qu'est-ce qu'on demande, nous, en fait ? On demande là où il y a plus de besoins, qu'il y ait les moyens en relation avec ces besoins, ni plus ni moins. Et on demande tous quoi ?

À redevenir une normalité de la République. Pas être ces espèces de territoires dont on sait qu'ils portent la solidarité. Parce qu'en fait, depuis 20, 30, 40 ans, on porte la solidarité des territoires. C'est encore dans nos banlieues qu'il y a encore de la place pour le logement des plus démunis. Et il n'y a que nos banlieues qui les accueillent actuellement parce que c'est les banlieues de la région parisienne et les banlieues des grandes métropoles. Donc, on contribue à cette solidarité. On veut juste, juste qu'on nous aide à porter cette solidarité. Il y a plein de choses qu'on sait faire. Mais, vous savez, on écope la mer à la petite cuillère.

À chaque fois que les gens vont mieux, et il le dit, le président de la République puisque ça, il l'a entendu, il le dit, les gens qui vont mieux, et ils veulent sortir de cet endroit où ils n'allaient pas bien. Et qu'est-ce qui se passe ? L'État, depuis des années, des années, des années, là, c'est la seule chose, c'est le moment où il a reconnu la défaillance de l'État, l'État continue à nous remettre des populations très précaires. Mais il fait le contraire dans la loi. Mais il fait le contraire dans la loi.

7:22
Invité politique

Je suis très d'accord avec Catherine. Le président a dit hier, il faut arrêter de ghettoiser le ghetto. Ce qu'on dit tous depuis des années. Sauf qu'en même temps, il y a la loi Elan, la loi sur le logement présentée par le gouvernement où, justement, ils prennent des mesures pour ghettoiser le ghetto. Donc, moi, j'ai dit, mais attendez, il y a un problème. Le président dit qu'il ne faut plus ghettoiser le ghetto et les ministres font le contraire. Donc, soit le président ne sait pas ce que font les ministres, soit il y a un double discours. Mais là, il faut éclaircir. Donc, il y a eu un débat à la semaine nationale.

7:47
Présentateur

Donc, vous demandez quoi, François Puponi, pour éclaircir ce point ?

7:49
Invité politique

Qu'on arrête de concentrer les populations les plus fragiles dans ces quartiers. Ce qu'avait dit Emmanuel Valle sur la politique d'apartheid. Il avait raison. Et il faut le faire. Il faut dire, on arrête de mettre les plus fragiles dans ces quartiers-là pour stabiliser ces populations et arrêter la ghettoisation. Mais il faut le faire. Donc, le président l'a dit, mais le gouvernement fait le contraire. Donc, il y a un moment, il faut arrêter le double discours. Et si, alors là, le président de la République a la possibilité, au contraire, d'une manière historique, de dire stop. Moi, je serai le premier président de la République à arrêter de ghettoiser le ghetto.

Mais pour ça, il faut que la semaine prochaine, il change son projet de loi qui est présenté à l'Assemblée.

8:20
Locuteur non identifié

C'est une des seules phrases fortes, à mon avis, de ce discours. C'est, il faut une stratégie courageuse de l'État pour revenir sur toutes les fautes, les défaillances d'année après année. Effectivement, il faut dégoïser. Il ne l'a pas dit comme ça, mais il a dit, il faut une stratégie courageuse de l'État. Moi, je l'ai noté tellement que c'était, enfin, c'est la première fois qu'on entend ça. Sauf que derrière, ça ne se traduit pas du tout en acte. C'est effectivement le contraire. Et on continuera, du coup, à avoir des populations fragiles et des moyens inférieurs à la moyenne.

8:48
Présentateur

S'adresser aux jeunes, aux mamans, aux mères, François Puponi, qu'en pensez-vous ?

8:55
Invité politique

Là, j'étais sidéré. Pourquoi ? Mais, est-ce que vous croyez sincèrement, on est élus tous les deux depuis 10, 15, 20 ans, est-ce que depuis 20 ans, on n'aurait pas parlé aux femmes et aux mères dans ces quartiers ? Mais tous les jours, on leur parle. Mais tous les jours. Hier, il y a encore une femme de Sarcelles qui m'a envoyé un texto pour dire, tiens, on fait un repas. Mais tous les jours, on le fait dans plein de villes. Ça se fait bien sûr qu'elles ont leur place, les mères. Mais qu'est-ce qu'on a fait pendant 20 ans ? Rien. On a parlé à qui pendant 20 ans ? Mais ils ne vivent pas dans le même monde que nous. Ils ne savent pas ce qu'on a fait.

Ils ne savent pas ce qu'on fait quotidiennement. Mais les jeunes également. Mais après, il y a jeunes et jeunes. Moi, bien sûr que je parle aux jeunes, mais je ne parle plus à la racaille. Ceux qui dealent tous les soirs dans les quartiers, qui cassent leur cage d'escalier, je ne vais pas les recevoir pour discuter avec eux parce que c'est des anti-jeunes de banlieue. Il faut choisir jeunes et jeunes. Il y en a avec qui on peut discuter, d'autres avec qui on doit un peu moins discuter, d'autres avec qui on doit être un peu plus ferme. Parce que dans les banlieues... Cette gamme-là, elle était présente tout de même dans le discours. Oui, bien sûr qu'elle est présente.

Mais on a essayé, nous, depuis des années, de construire quelque chose d'intelligent. Alors, on y est arrivé plus ou moins. Mais bien sûr qu'on sait faire la part des choses entre les mères de famille, ceux qui ne posent pas de problème et ceux qui posent des problèmes.

9:59
Présentateur

Un mot sur le sujet, Catherine Arnoux, puis Léa Salamé.

10:02
Locuteur non identifié

Alors, sur nos territoires, on le sait bien, nombreux sont les mères de famille seule qui éduquent leurs enfants. Et bien évidemment, on s'appuie sur elles parce que c'est elles le renouveau de nos territoires. Ça fait des années et des années qu'on ne demande qu'une seule chose, c'est de donner leur chance à ceux qui ne l'ont pas. Mais après, ceux qui sont hors la loi, hors les clous, c'est le boulot de la police et de la justice. Ce n'est pas notre boulot à nous, mères. C'est d'accompagner ceux qui ont envie de réussir mais qui n'en ont pas les moyens au départ.

10:29
Présentateur

8h32, merci d'écouter Inter. On entend votre colère

10:37
Catherine Arenou

à l'un et à l'autre ce matin mais en fait, pour que je comprenne bien, c'est le discours, les mots du président de la République qui vous ont heurté, vous vous êtes senti méprisé ou c'est plus prosaïquement le fait qu'il n'y ait pas d'argent que le plan Borloo demandait 48 milliards et qu'au fond, le président de la République dit en période de disette on ne gênait pas l'argent à donner au banlieue.

10:55
Invité politique

Non, parce qu'en fait, il y a de l'argent. Il annonce quand même hier, il a quand même annoncé qu'il mettait 5 milliards de plus sur l'enrue. Donc, il met de l'argent. Alors, Borloo en est 45, il en met 5, voire un peu plus quand il paye des fonctionnaires en plus. Donc, ce n'est pas un problème de moyens, il en a donné hier. Non, c'est les mots qu'il employait et surtout le fait qu'il remette en cause notre légitimité. C'est ça qui nous a, je pense, le plus sortés.

11:14
Locuteur non identifié

Il n'a pas parlé de moyens, très peu, il a très peu parlé de finances hier. D'ailleurs, il l'a, à mon avis, évacué, il a contourné le sujet. Non, le problème, c'est qu'on n'a pas vu et on ne l'attendait, on n'a pas vu derrière une volonté. Une volonté en disant voilà, il y a eu effectivement des plans, des propositions. Moi, derrière, je veux une volonté pour qu'à un moment donné, la République soit partout.

11:36
Catherine Arenou

Ça, il ne l'a pas dit. Il y a eu quand même des propositions. Je voudrais vous faire réagir sur les quelques propositions qu'Emmanuel Macron a données. 30 000 places de stage de troisième réservées aux jeunes des quartiers dans les entreprises et dans l'État. Vous croyez qu'on a attendu ? Ok.

11:48
Invité politique

Catherine Arnaud ? Bien sûr que c'est bien ça, on ne peut pas dire que c'est mal. Il y a certaines mesures qui vont dans le bon sens. Heureusement qu'il y a...

11:53
Catherine Arenou

Le testing généralisé dans les entreprises pour débusquer ceux qui pratiquent la discrimination.

11:57
Locuteur non identifié

Et dans les collectivités locales alors qu'on est quand même les premiers employeurs de nos territoires. Il l'a dit. Donc ça, ça va dans le bon sens. C'est choquant. Parce qu'il n'a qu'à regarder ce qui se passe vraiment.

12:08
Invité politique

Qui viennent dans nos mairies voire qui sont embauchés. Faire du testing chez nous, c'est qu'il peut considérer que nous aussi on fait de la discrimination. Qui viennent dans les mairies voire qui en ont embauché.

12:16
Catherine Arenou

Avertir les maires de la présence dans leurs communes de fichés radicalisés les plus dangereux. Est-ce que ça c'est une bonne mesure ?

12:22
Invité politique

Non mais ça c'est une bonne mesure. Mais derrière on fait quoi ?

12:24
Catherine Arenou

Mais c'est ça. Une fois qu'on sait

12:25
Invité politique

qui est radicalisé ou qui se radicalise, quel est le plan qu'il a proposé hier pour lutter contre la radicalisation ?

12:29
Catherine Arenou

Il veut une... Il dit. Nous devons construire une société de la vigilance dans les quartiers. Quand on refuse de mettre un terme aux violences dans son quartier on devient complice. En gros, il appelle tout le monde les maires, les citoyens à dénoncer, à être plus...

12:42
Invité politique

Moi ça fait 8 ans que j'ai dit à l'État à Sarcelles il y a deux écoles salafistes une légale, une illégale qui se sont installées. J'ai fait ce travail de vigilance. Rien. Qu'a fait l'État ? Rien. On peut appeler la vigilance mais quand on sait qu'il y a des gens qui se radicalisent lorsqu'on sait qu'il y a des réseaux qui s'implantent que fait l'État pour l'empêcher ? C'est pas le problème du constat le constat on l'a tous fait. C'est quoi l'action qu'on propose hier ? Et hier le président de la République n'a rien proposé.

13:08
Locuteur non identifié

Bon, alors maintenant vous êtes...

13:09
Invité politique

Catherine Arnoux Allez-y.

13:10
Locuteur non identifié

On a vécu il y a quelques années ça a été un peu abandonné ce qu'on appelait des groupes locaux de traitement de la délinquance où on avait le procureur le préfet le maire le commissaire de police qui parlaient entre 8 yeux pour se dire les choses pour donner des noms et pour activer. Tout ça ça a été balayé depuis quelques années. À quoi nous sert une liste ? Si derrière on n'a pas la capacité à accompagner tout ça moi j'ai toujours considéré que c'était du grand n'importe quoi c'est pas de ça dont j'ai besoin c'est qu'on accompagne les difficultés et qu'on reconnaisse le propos du maire et des habitants.

13:41
Présentateur

Vous vous sentez encore plus seul ce matin qu'hier Catherine Arnaud ?

13:45
Locuteur non identifié

On est seul entre nous élus oui oui encore plus seul et l'impression en plus de porter un certain nombre de solutions locales se dire que enfin moi c'est ce que j'ai dit si on ne fait pas avec cette volonté politique on va faire sans et localement on va faire et je vais vous donner un exemple dans le département des Yvelines on porte un plan qui s'éloigne de l'enrue qu'on appelle un plan d'amorce on met 30 millions d'euros pour les quartiers en rénovation urbaine et on va traiter tous les quartiers en rénovation urbaine en attendant que l'enrue bouge.

14:16
Catherine Arenou

Au fond est-ce que vous n'avez pas l'impression que c'est la vision d'Emmanuel Macron général appliquée aux banlieues hier c'est-à-dire on passe outre les corps intermédiaires on parle directement s'adresse directement aux populations concernées donc vous en l'occurrence vous le prenez violemment puisque d'une certaine manière vous avez l'impression qu'il vous a dit on passe outre les élus et on parle directement aux populations mais est-ce qu'au fond il l'a fait avec les syndicats les syndicats sentent la même chose est-ce qu'au fond c'est pas une nouvelle méthode ?

14:44
Invité politique

c'est la méthode de Macron appliquée aux banlieues mais quand on voit avec qui il veut discuter maintenant je lui dis bon courage et à bientôt

14:52
Catherine Arenou

qu'est-ce que vous craignez ?

14:54
Invité politique

mais je crains que

14:55
Catherine Arenou

s'il discute avec ces gens dont vous parlez depuis 10 minutes

14:57
Invité politique

parce qu'il y a certains des habitants de ces quartiers qui sont dans certains réseaux qui peuvent être dangereux mais nous on les connait on les fréquente tous les jours voilà et l'idée de leur parler

15:08
Catherine Arenou

est donc de les responsabiliser est-ce que ça n'irait pas dans le bon sens ?

15:11
Invité politique

on a tous essayé ça ça fait des années qu'on a essayé ça et on voit comment ça a fini je répète discuter avec certains réseaux qui sont parfois en porosité avec des réseaux liés à l'islamo-légal

15:21
Catherine Arenou

voilà Bernard Guetta vous demande lesquels vous soyez précis

15:24
Invité politique

vous dites sans dire je dis qu'il y a un certain nombre de réseaux que j'appelle moi issus de la diversité qui disent nous sommes nous légitimes parce que nous sommes issus de la diversité nous voulons le pouvoir parce que nous sommes issus de la diversité par les petits

15:37
Catherine Arenou

des indigènes de la république

15:37
Invité politique

oui entre autres ils disent voilà la France est redevable vis-à-vis de nous elle a une dette vis-à-vis de nous on doit avoir la place parce que vous nous devez quelque chose vous nous avez colonisé stigmatisé donc ça suffit donc on veut le pouvoir sur ces bases là et c'est ça qui est dangereux et nous on dit mais non le pouvoir il s'acquiert démocratiquement par le vote et le président de la république laissant ouvert le champ à ces discours là c'est dangereux parce que je répète recruter quelqu'un et donner le pouvoir à quelqu'un uniquement sur une base d'origine en démocratie et en république c'est dangereux

16:09
Locuteur non identifié

et puis ça laisse supposer qu'il y a encore

16:11
Invité politique

et puis les auditeurs

16:12
Locuteur non identifié

il y a encore une façon de voir la démocratie différemment c'est-à-dire la démocratie elle est valade dans une ville normale les élus l'ensemble d'un conseil municipal sont des représentants normaux pour lui dans une ville normale et dans nos territoires les élus les conseillers municipaux ne sont pas des représentants de la collectivité alors qu'ils sont issus de tout milieu et ils sont des représentants

16:32
Présentateur

vous allez faire quoi maintenant une fois que vous avez eu la ligne fixée hier à l'Elysée par le président de la république Catherine Arnault

16:40
Locuteur non identifié

je pense qu'on va s'en passer et on va et on va enfin moi je pense qu'on va acteur associatif dans les grandes associations élus on va retravailler localement parce que qu'est-ce qui nous intéresse nous c'est qu'à un moment donné nos habitants aient un avenir

16:54
Présentateur

la politique de la mort de la ville est morte en France hier la politique de la ville

16:58
Locuteur non identifié

sera morte le jour où tous les territoires seront égaux ce qui n'est pas le cas

17:01
Présentateur

François Puponi qu'allez-vous faire ?

17:03
Invité politique

vous savez un jour dans une campagne électorale il y a des jeunes du quartier qui sont venus me voir en me disant il faut partir maintenant maintenant c'est à nous de prendre la place vous êtes là depuis 30 ans il faut partir hier soir j'ai pris un deuxième coup où j'ai eu le sentiment qu'à l'Elysée on me tenait le même discours ça suffit c'est bon vous avez essayé pendant 20 ans il faut partir

17:20
Catherine Arenou

vous avez la tentation de partir comme Stéphane Gatignon qui a claqué la porte en marche

17:24
Invité politique

c'est peut-être mon côté un peu corse qui dit ils ne vont pas me faire partir je vais rester je vais me battre ça fait 20 ans que je me bats ça fait 20 ans que je me bats pour les habitants de ces quartiers je vais rester je partirai le jour où j'aurais décidé de partir

17:34
Présentateur

8h40 intervenez bonjour Martine oui bonjour bienvenue nous vous écoutons écoutez d'abord moi je suis un tout petit peu étonnée que France Inter invite deux personnes qui n'ont trouvé rien de positif dans le discours d'Emmanuel Macron mais passons moi je n'ai pas du tout j'ai écouté intégralement le discours d'Emmanuel Macron hier je n'ai absolument pas entendu qu'il disait que les maires ne servaient à rien j'ai entendu exactement le contraire et je ne comprends pas que ces deux maires qui sont par ailleurs des personnes estimables et qu'on connaît soient à ce point là énervés par le fait de faire des politiques avec d'autres acteurs qu'eux parce que c'était ça le discours d'Emmanuel Macron hier c'était de dire les maires ont toutes leur place il l'a dit plusieurs fois mais il y a d'autres acteurs dont il faut évidemment écouter et prendre en compte et je ne comprends pas que ça déclenche une telle passion ce matin chez vos invités et bien écoutez on va leur donner la parole merci beaucoup Martine d'être intervenue Catherine Arrenoux

18:38
Locuteur non identifié

mais tous les autres acteurs de la société bien évidemment ils ont leur place puisqu'ils sont déjà sur nos territoires les entreprises se mobilisent sur nos territoires il y a je ne sais combien à la fois d'actions et de grandes associations qui mettent en relation les populations et les entreprises oui les acteurs associatifs dans nos territoires la première la deuxième démocratie c'est la démocratie associative c'est les gens qui ont une volonté individuelle ou collective de rendre un service ils existent oui ils sont reconnus et on les reconnaît tout le temps puisqu'on travaille avec eux c'est pas ça que l'on dit parce que ça on sait nous on travaille pas entre nous mais en filigrane tout le propos du président de la république ça a été quand même de dire je vais faire une autre forme de politique de la ville je vais faire et il ne s'est pas appuyé sur les acteurs associatifs locaux il a mobilisé les autres beaucoup il a demandé la mobilisation des autres beaucoup mais surtout il a oublié que paradoxalement dans ce rapport Borloo je ne sais pas si vous l'avez vu mais depuis 15 jours 3 semaines l'ensemble des associations d'élus des sportifs des intellectuels disaient avaient un peu un propos de consensus ce qui est d'ailleurs il a sans doute surpris et il a voulu reprendre la main

19:50
Présentateur

pourquoi selon vous il a été enterré ce rapport François Puponi le rapport Borloo je pense qu'effectivement

19:58
Invité politique

il est convaincu en fait je pense qu'il est partagé entre deux solutions soit il reprend ce que proposent les acteurs de terrain les élus les associations et c'est ce que fait le rapport Borloo soit il considère que cette manière de faire n'est pas la bonne et qu'il faut parler à d'autres personnes et donc il a fait un choix hier de dire je parle à d'autres personnes mais c'est du Macron c'est-à-dire qu'il dit ce qui fonctionnait avant ou ne fonctionnait pas j'en veux plus je fais quelque chose de nouveau et comme il est tout le temps à la recherche de quelque chose de nouveau et bien il fait parfois la mauvaise décision en choisissant quelque chose de nouveau qui n'est pas forcément pertinent et efficace donc je pense qu'hier il a voulu faire du Macron ce qu'on peut comprendre en rejetant ce qui se passait dans le vieux monde

20:34
Présentateur

sur le sujet Catherine Arnoux le mot de conclusion pourquoi cet enfouissement comme le dit aussi la presse ce matin du rapport Borloo

20:41
Locuteur non identifié

parce qu'il a voulu reprendre le tempo d'ailleurs un tout petit soupçon d'espoir en finissant et on en a besoin il nous a remis à juillet à juillet à juillet en disant qu'il allait se passer des choses en juillet alors est-ce qu'il reprend la main vraiment en juillet est-ce qu'il nous donne sa méthode en juillet est-ce qu'il donne mission à ces ministères importants comme l'éducation la santé l'emploi d'écrire des lois et qui en juillet vont changer nos territoires dont acte

21:11
Présentateur

Catherine Arnoux merci maire de Chanteloup les Vignes François Puponi merci à vous également député du Val-d'Oise ancien maire de Sarcelles merci d'avoir été au micro de France Inter ce matin il est 8h43 un carrefour consacré à Philippe Roth est à suivre