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Podcast / conversationRévolution Permanente· 3 octobre 2026 30 minAutoproduitActualité / polémiqueÉducation & rechercheSolidarités & familleSécuritéInstitutions & élections

Sarcelles : BLOCUS lycéen + profs EN GRÈVE face à la RÉPRESSION - Avec Anasse Kazib

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:02non_speechFait
    « Actuellement, il me manque quatre profs, il me manque deux profs de pro, un prof d'histoire-géo et une prof d'anglais. »
  • 3:35non_speechFait
    « J'ai 15h de prof absent par semaine, on a 1h de pause pour manger le midi sachant qu'on doit faire 30 minutes la queue. »
  • 7:06non_speechFait
    « Parce que aujourd'hui, on en peut plus de pouvoir de changer de trottoir quand on voit la police, on est constamment en danger. »
  • 8:27non_speechFait
    « On nous dit que le lycée c'est pour passer les plus belles années de nos vies alors que on est enfermés sur une chaise à 8h à faire du 8h-17h voire 18h pour certains avec 1h de pause. »
  • 9:40non_speechFait
    « La répression des policiers n'est C'est c'est inadmissible ce qui se passe ici alors qu'on est des simples lycéens. »
  • 13:39non_speechFait
    « Tu es je veux dire tu as un gosse qui dit il y a pas de papier toilette le prof il y a pas de papier toilette non plus pour lui quoi. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

Moi, aujourd'hui, je suis pas là forcément pour moi, mais je suis là pour soutenir mes frères et mes sœurs de Paul Eluard qui sont dans des conditions affreuses de travail. Ils ont de l'eau dans leur couloir, des rats à côté de leur lycée, ils ont pas de prof, leurs murs tombent en ruine. Et euh parce que finalement notre seul crime, c'est euh nos origines et tout ce qu'on peut faire maintenant, c'est manifester [musique] et même ça, on est constamment blessé, il y en a qui perdent des yeux, des dents.

On se doit à nous en tant que travailleurs de sortir et encore une fois se solidariser avec eux, mais aussi de de d'interpeller nos nos directions syndicales pour qu'elles soient à la hauteur de de ce qu'elles disent toute la journée. On voit que le mouvement s'élargit, hier il y avait plus de 400 établissements qui étaient euh qui étaient mobilisés, ça ça ça prend dans toutes les villes et c'est les les quartiers populaires qui ont montré la voie, je pense aux élèves de de tout le pays.

Nous sommes là ici pour nos droits et nous méritons d'être entendus, que ce soit pour les élèves d'ici à Sarcelles, que ce soit dans les autres établissements, il y a pas que Jean-Jacques Rousseau, il y a pas que La Tourelle qui doit faire des manifestations.

0:56
Non speech

[musique]

1:03
Locuteur

Les amis, bonjour à toutes et à tous, on est en [musique] direct du lycée du blocus, lycée Maryse Condé, en face il y a Jean-Jacques Rousseau, il y a des centaines d'élèves derrière. Euh on a posé les caméras, les micros de Révolutions Permanentes, après la première émission à Paul Eluard, on voulait donner la parole à la jeunesse de Sarcelles, 95 200, c'est ma ville, je suis né ici, donc c'est une fierté euh de pouvoir être là aujourd'hui, de voir bah mes petits frères, mes petites sœurs être mobilisés ici dans une des des révoltes lycéennes les plus subversives des des dernières années.

Moi, j'ai fait partie de la génération du CPE, c'était ultra radical et je n'ai pas connu ça depuis des années et des années, je veux dire ce à quoi on est en train d'assister, c'est une dinguerie.

Euh on essaiera de le montrer après, mais il y a énormément de flics, je veux dire parce que Jean-Jacques Rousseau et Maryse Condé, ils ont fait partie des des premiers lycées mobilisés déjà depuis la semaine dernière, ils ont pas commencé aujourd'hui le blocus, ça fait déjà plus d'une semaine qu'ils sont mobilisés, c'est notamment grâce à cette jeunesse là qu'aujourd'hui il y a une contagion dans des centaines et des centaines de lycées à Albi, Marseille, Aix-en-Provence, Bordeaux, Reims, Amiens, Lille, Roubaix et cetera, c'est grâce à cette jeunesse là d'avoir tenu la jeunesse des quartiers populaires et malgré les coups, malgré la répression, hier il y a eu des dizaines d'interpellations, ce matin il y a encore des des des des des des élèves qui m'ont dit comme ça au hasard ils ont attrapé un jeune, ils savent pas pourquoi et donc voilà, l'objectif c'est de leur donner la parole et de montrer que cette jeunesse, ce qu'elle revendique, elle est légitime à le revendiquer et qu'elle est déterminée à obtenir satisfaction.

Donc je pense que c'est important pour nous de se mobiliser parce que il y a des inégalités criantes entre ceux qui viennent de banlieue et ceux de Paris et on en a marre que les problèmes viennent toujours à ceux qui ont entre guillemets la même étiquette sociale, donc c'est ça qu'on qu'on demande, c'est avoir une justice sociale, une équité entre ceux des banlieues et ceux qui ont les les les moyens, ceux qui sont privilégiés entre guillemets, mais aussi ce combat il s'adresse pas qu'à mon lycée, il s'adresse également à tous les lycées de de banlieue. ?

Parce que le problème c'est qu'aujourd'hui dans les médias, on nous affiche comme étant des petits sauvages, alors que non, justement nous on est là pour remonter une bonne image de banlieue, des des jeunes qui sont capables de se mobiliser et de faire les choses proprement et avec des adultes mobilisés. C'est ça le message que je veux faire passer. Actuellement, il me manque quatre profs, il me manque deux profs de pro, un prof d'histoire-géo et une prof d'anglais. J'ai 15h de prof absent par semaine, on a 1h de pause pour manger le midi sachant qu'on doit faire 30 minutes la queue, on a même pas le temps de prendre un temps pour nous que ça soit pour manger ou récréation ou autre.

Les toilettes, l'état des toilettes, l'état des couloirs, l'état du lycée, c'est pas possible, on peut pas continuer à vivre comme ça. Toi tu es en seconde, c'est ? Oui. Et déjà tu es indignée par les conditions de de d'études au bout d'un mois. Mon collège était la même chose, il m'a manqué des profs pendant pendant mes quatre ans de collège, j'ai eu mon brevet à ça de ne pas l'avoir par rapport à mon manque de prof, j'ai un gros retard sur plusieurs matières comme les maths, le français et cetera. Il y a quelqu'un qui a quelque chose à dire par rapport comment vous voyez un peu le le niveau de répression tout ça, est-ce que ça vous ?

En fait aujourd'hui, on vit dans une société où les noirs et les arabes vivent constamment dans une insécurité, en danger par rapport à répression policière. Tout le temps, on on se fait contrôler, on se fait gazer, tout ça à cause de la teneur de nos origines. Bah moi j'aimerais juste passer un message à tous ceux qui nous regardent, tous ceux qui sont chez eux et qui ne manifestent pas actuellement. Vous pouvez vous mobiliser que ce soit en présentiel ou chez vous, relayer les messages parce que nous nous battons pour nos droits en fait.

Nous sommes là ici pour nos droits et nous méritons d'être entendus que ce soit pour les élèves d'ici à Sarcelles, que ce soit dans les autres établissements. Il y a pas que Jean-Jacques Rousseau, il y a pas que la Tourelle qui doit faire des manifestations. Vous pouvez tous vous mobiliser. Vous avez tous les moyens de le faire. Hier, il y a eu un de nos camarades qui a été blessé par un coup de mortier à la tête que que les CRS lui ont porté. Il a été évacué d'urgence par les par le SAMU. Le SAMU qui a été bloqué quelques mètres plus tard par la police. Est-ce que c'est normal ça ? Est-ce que c'est normal que ça hier on se on se soit fait ?

Des jeunes de 15, 16, 17 ans, des profs qui nous ont aidé qui se sont fait gazer toute la journée. Je suis rentré chez moi, mon visage il a brûlé jusqu'à 22h. J'ai pas pu marcher de la soirée parce que je me suis pris des des coups dans le dos et vendredi je me suis fait tabasser par quatre policiers à 100. Est-ce que c'est normal ça ? J'ai 15 ans, est-ce que c'est ? Moi aujourd'hui, je suis pas là forcément pour moi mais je suis là pour soutenir mes frères et mes sœurs de Paul Eluard qui sont dans des conditions affreuses de travail.

Ils ont de l'eau dans leur couloir, des rats à côté de leur lycée, ils ont pas de prof, leurs leurs murs tombent en ruine, il y a la répression par les policiers. Nous, on est là pour manifester, on est des citoyens, on a des droits et on veut les faire respecter. Et la police, la seule chose qu'elle trouve à faire, c'est nous gazer à tour. Il y a eu un élève touché à l'œil et les grands politiciens, ils font rien pour nous pour nous et c'est nous les jeunes qui sommes obligés de nous mobiliser pour faire respecter nos droits. Et ça, ils l'entendent mais ils veulent pas le montrer et ils veulent qu'on se taise mais on va pas se taire parce que nous on veut nos droits.

Ils ont beau nous voir comme des voyous, des mal éduqués, des délinquants mais on a fait du mal à personne, ils nous ont soi-disant envoyé la police pour notre protection sauf que c'est eux qui s'en prennent qui commettent des violences envers des mineurs qui essaient juste de se faire entendre. Cette année, il y a eu l'interdiction du téléphone, les années précédentes l'interdiction du voile et de l'abaya alors que je pense que il y a vraiment d'autres préoccupations avant de s'occuper de de ces faits-là et moi je trouve ça vraiment révoltant de de mettre en de mettre en place ces procédures alors qu'il y a bien d'autres choses auxquelles on devrait s'occuper avant.

Tu trouves que c'est que autoritaire en fait la gestion des lycées qui mettent que des trucs pour la répression et il y a pas de moyens pour ? Bah c'est ça par exemple lorsqu'on a des profs absents, les profs ne sont jamais remplacés, il y a plein d'autres choses qui devraient changer, les emplois du temps surchargés. On nous dit que le lycée c'est pour passer les plus belles années de nos vies alors que on est enfermés sur une chaise à 8h à faire du 8h-17h voire 18h pour certains avec 1h de pause, quand est-ce qu'on a le temps de faire nos activités ?

Moi par exemple, je fais du foot, il y en a même dans certaines académies qui ont cours le samedi, enfin vraiment on a vraiment pas pas de temps pour nous. Parce que aujourd'hui, on en peut plus de pouvoir de changer de trottoir quand on voit la police, on est constamment en danger, on a constamment peur de la police, de leurs bavures, de tout ce qu'ils peuvent faire avec les armes qui leur ont donné, ils sont constamment en abus de pouvoir et maintenant avec les nouvelles lois qui sont évidemment pour nous, pour les noirs et les arabes, et ben c'est encore pire qu'avant, on peut plus rien faire. C'est quoi peut-être pour finir, c'est quoi la suite de la mobilisation pour ?

Je pense que ça devrait continuer jusqu'à ce que le gouvernement échange un truc. Par exemple, jusqu'à ce qu'il supprime Parcoursup, jusqu'à ce qu'il y ait une prise de décision quoi. Notre génération, la génération Z, c'est la relève de demain.

Donc faut faut pas cesser les blocus, faut toujours continuer, c'est pas par flemme de par flemme d'école qu'on qu'on fait des blocus, on revendique nos droits, nous sommes à Bobigny, nous avons les mêmes droits que ceux qui sont au centre de de La répression des policiers n'est C'est c'est inadmissible ce qui se passe ici alors qu'on est des simples lycéens, on a 15 entre 17 ans et ils ramènent des des gros fourgons des gros fourgons des des voitures des normes moyens pour des pour des lycéens alors qu'on veut juste revendiquer nos droits et toutes les bavures qu'il y a justice pour Eden celui qui s'est fait péter les dents euh le Le jeune de Tours aussi qui s'est fait borgner.

Exactement son œil c'est c'est de il est devenu handicapé il a maintenant un maintenant un handicap. Même Eden il a un un handicap dû à ses dents. Alors que tu viens pour dénoncer juste les conditions de d'études et tu finis handicapé. On a droit c'est dans nos droits. Le problème c'est que on fait des 8h-18h toute la semaine c'est pas normal on a des horaires de travail d'usine. Il y a des jours on commence à 14h on finit à 15h alors que d'autres on peut commencer à 18h et finir on peut commencer à 8h et finir à 18h. C'est très très mal organisé et pour parler des violences policières c'est pas normal qu'ils nous encerclent pour nous gazer au milieu.

Hier ils nous ont pris dans un coin de rue nous ont gazé de partout quand on essayait de sortir ils nous ont empêché ils nous ont menacé de nous mettre des coups de matraque pour sortir. C'est pas normal tout ça contre des élèves de 15 ans 16 ans. Bah hier ils nous ont comme je l'ai dit ils nous ont bloqué des deux coins de rue d'un côté il y avait des CRS de l'autre côté aussi au milieu ils nous ont gazé d'un côté il y avait des maisons il y avait des gens heureusement ils nous ont abrité de l'autre côté il y avait des des commerces eux ils nous disaient de sortir ils nous évacuaient.

D'un côté on les comprend mais quand on est au milieu d'une d'une fumée de gaz on sait pas on sait pas quoi faire. t'évanouir dedans. En plus même les profs et cetera avec vous ils ont frappé tout le monde quoi. il y a des gens ils ont reçu ils ont reçu des tirs de mortier dans la tête enfin pas de mortier les les gaz dans la tête ils ont tiré dans le ciel on se les pris et on a vu des gens tomber on voyait plus devant nous on devait courir sur la route on devait courir sur les voitures pour essayer de s'échapper de ce gaz qui nous rentrait dans les yeux le nez la gorge. C'était en fait on a vécu l'enfer tout Tout Bon en tout cas lâchez rien. Courage.

La répression c'est pour faire taire à chaque fois qu'il y a quand ils ont pas de solution, ils essaient de mater avec la matraque. Et parce qu'en fait, ils ont peur de ce que vous êtes en train de faire et de la contestation et de la colère. Et ils voient que là c'est en train de prendre de plus en plus et que même la répression qu'ils sont en train de faire c'est en train de se retourner contre eux. Entre Eden à Saint-Ouen-l'Aumône à qui ils ont fracturé, faut savoir que pendant euh presque 2 mois, il va pouvoir manger que avec une paille. Je veux dire, ils vont lui lui fixer la mâchoire, il pourra même pas ni parler ni rien du tout.

Tu imagines, il vient au il vient aux abords de son lycée, il se retrouve euh handicapé. Il y a le jeune à Tours, j'ai pas son prénom, qui se retrouvait borgne. Je veux dire, c'est dingue. Tu viens pour dire on est 35 dans une classe et tu finis handicapé. Donc, lâchez rien du tout. Faut se protéger ou faire attention à vous, ? Et puis il faut commencer à se coordonner [musique] pour aller obtenir vos revendications. Il va falloir commencer à qu'il y ait des manifestations même dans Sarcelles, même à Paris. Il y a un appel euh mardi 6 octobre, je crois. Je sais pas si vous avez entendu parler.

Moi, je pense que le 6 octobre, si l'appel est il est maintenu et tout, faut que ça soit un [musique] raz-de-marée. Il faut qu'il Apparemment, ça serait une manif dans Paris pour aller vers le ministère [musique] de l'éducation, un truc comme ça. De toute façon, on va continuer. aussi, les facs, tout ça. On va continuer jusqu'à que ça fonctionne. Faut pas lâcher. On va rien lâcher l'affaire.

10:50
Non speech

[musique]

10:53
Locuteur

Aujourd'hui euh en fait, c'est c'est un moment de de réjouissance d'avoir en fait euh tous ces collègues avec nous euh en plus sur le parvis. Ça, c'est un un des grands acquis de euh de cette semaine. Il y a des profs de Jean-Jacques Rousseau et de Maryse Condé. En fait, ouais, des il y a non seulement des profs de Maryse Condé, des profs de Jean-Jacques Rousseau qui sont qui sont descendus. Mais vous voyez, il y a des camarades de la CGT de l'UD, il y a des camarades de euh de du collège euh de France, de SUD Éduc, il y a les camarades de du de collège Henri Wallon et et d'élèves aussi. Des parents d'élèves.

Donc en fait, on a fait euh mardi un premier euh acte fort euh de avec une AG à Sarcelles qui était une AG euh parents, profs, élèves, 150 personnes et on a ça a permis de donner une consigne claire qui était euh vous ne toucherez pas à un seul cheveu de nos élèves. On les a eus nous aujourd'hui, vous vous les avez eus avant au collège, vous les avez couvés et cetera.

Notre devoir en tant que en tant que professeur, en tant que parents, c'est de se solidariser avec eux par la grève, de descendre et de se coordonner pour protéger les parvis, protéger les blocus, faire en sorte qu'ils puissent bah prendre la parole et aujourd'hui j'avoue que c'est c'est un énorme plaisir de de d'avoir un moment comme ça à Jean-Jacques Rousseau, il y a eu énormément de répression où il y a des micros, il y a des interventions, il y a des il y a des interviews, il y a des prises de parole et ça ça donne ça donne une autre une beaucoup d'espoir.

pour aider les profs les secteurs dans lesquels il y a pas de tradition de mobilisation ni de syndicat spécialement et cetera, est-ce que vous pouvez expliquer c'est quoi le fonctionnement, comment vous ? Qu'est-ce que vous dites un ? Est-ce que vous organisez euh des heures d'information ? Est-ce que c'est des assemblées euh comme ça un peu ? Comment vous fonctionnez pour bah donner peut-être l'exemple à d'autres profs qui savent pas comment faire et qui se disent bon euh je vais essayer de prendre l'exemple des des lycéens à Sarcelles et ailleurs pour essayer de mobiliser les collègues.

Euh je pense que l'assemblée générale de mardi euh lors de la grève utiliser ce ce jour cette journée de de la grève de la fonction publique pour se lier avec le mouvement lycéen, ça a été une étape très importante euh puisque on voit que bah ce mouvement lycéen il a accéléré euh l'explosion de la colère sociale et que l'ensemble des travailleurs de l'éducation euh mobilisés euh bah est obligé de prendre ça en compte et d'essayer de s'organiser pour à la fois effectivement euh protéger les élèves de la répression mais aussi pour eux-mêmes les travailleurs s'organiser euh en lien avec ce mouvement en appelant l'ensemble des personnels de l'éducation euh à venir comme disait Louis sur les parvis, sur les blocus euh et ensuite au niveau de l'état des établissements, effectivement, on essaie d'organiser des assemblées générales au sein de la salle des profs et on essaie de convaincre effectivement les collègues de l'importance de se lier aux revendications aussi des élèves qui sont des revendications qui sont extrêmement profondes et qui et qui en réalité rejoignent convergent avec les revendications que nous portons en tant que travailleur de l'éducation.

Parce qu'il y avait une limite d'ailleurs au début du mouvement, c'est qu'on avait l'impression que les profs c'était juste les gilets pare-balles de des des des jeunes comme si ils vivaient au Club Med. Tu es je veux dire tu as un gosse qui dit il y a pas de papier toilette le prof il y a pas de papier toilette non plus pour lui quoi.

Je veux dire donc et mais on avait cette impression là que c'était un mouvement certes initié par les lycées mais que les revendications en fait elles ne passaient pas la frontière alors que la réalité c'est que les les conditions d'études qu'ils dénoncent c'est vos conditions de travail à vous quoi et en plus l'année elle avait commencé avec des attaques sur les vos enveloppes budgétaires et cetera. Enfin il y a même les sorties scolaires, il y a plein de choses qui sont qui sont impactées et donc ce que vous vous dites c'est qu'il faut commencer à faire le lien en fait plus être en périphérie en extériorité de de la mobilisation mais de prendre corps là-dedans quoi.

Ouais exactement, je pense qu'il faut que les les travailleurs de l'éducation ils ils se saisissent ils s'organisent eux-mêmes pour se mettre en lien et se saisir en fait de ce de ce mouvement et effectivement la violence de l'institution, la violence les offensives austéritaires mais aussi autoritaires de de l'institution de l'éducation nationale et bien nous on la vit effectivement en tant que travailleur de l'éducation en première ligne et donc effectivement ça je pense que ça explique aussi qu'il y a de plus en plus de travailleurs en tout cas ici à Sarcelles de personnel des collèges des primaires des lycées environnants qui se coordonnent pour venir se lier aux élèves parce qu'ils se reconnaissent dans ces revendications dans un contexte par ailleurs des salaires qui ne suivent pas sur l'inflation d'un coût de la vie qui est de plus en plus euh terrible.

On voit les les élèves qui parlent de la cantine le midi, ils peuvent même pas leurs parents ne peuvent pas souvent leur payer la cantine à midi, un repas à midi et donc c'est à toute à tout ça qu'il faut qu'il faut effectivement se lier. Juste Alice, un mot sur la répression parce qu'hier il y a eu des scènes de répression de dingue, notamment les les élèves, ils en parlaient et cetera où il y avait un une sorte de nasse avec des gaz lacrymogènes des deux côtés. On voit Carole, si tu peux filmer le dispositif de de de CRS, enfin c'est ultra impressionnant.

Je veux dire, il y en a là, on va après en voir en marchant, il y en a de l'autre côté derrière et c'est juste un truc de dingue en fait pour dénoncer le manque de moyens dans l'éducation nationale, le manque de profs de voir qu'ils mettent des dispositifs. Moi les fois où je voyais des cordons de 20 30 policiers dans une mobilisation, c'est les gilets jaunes, c'était les grandes grèves et cetera. Enfin je veux dire, c'est dingue de voir le dispositif policier. C'est des dizaines de milliers d'euros, faut être concret déjà.

Quand déjà ils demandent des des chaises, concrètement là avec le salaire de ces gens-là aujourd'hui, les l'essence dans les camionnettes qui tournent toute la journée pour le chauffage, la clim et cetera, tu t'achètes des des des dizaines et des dizaines de tables et chaises. Et leur priorité, elle est d'envoyer la police pour en réalité faire taire la contestation. Est-ce que tu peux raconter le et on va avancer jusqu'à Jean-Jacques Rousseau. Est-ce que tu peux raconter la journée d'hier, comment vous l'avez vécu dans le dans le dans cette ?

Oui ben hier on est arrivés assez tôt sur sur le lycée et déjà dès 7h du matin, on a compté, il y avait 24 camions, pas moins de 24 camions de de CRS qui attendaient qui attendaient les élèves. Effectivement, on a on a aussi des élèves qui ont essayé de faire des prises de parole sur le parvis avec un mégaphone essayer de s'exprimer politiquement, d'exprimer leurs revendications, d'essayer de s'organiser et les CRS ont tout fait pour les en empêcher.

Et ensuite, il y a eu effectivement comme on a vu sur les images énormément de violence de la part de la police qui a qui a nassé plus semé énormément de confusion des mouvements de foule et puis qui a matraqué les élèves, on a dû appeler le SAMU pour pour certains élèves qui sont pris des coups de matraque extrêmement violents dans les têtes des interpellations également avec étranglement et des gazages à bout portant des pluies de de gaz lacrymogènes. Et ça ça a duré pendant plusieurs heures.

Voilà et on voit en fait que plus le mouvement il prend plus aussi la police et l'État est fébrile et essaie de de réprimer de plus en plus durement mais que les lycéens montrent une détermination sans faille et qu'en réalité je pense que que justement ils comprennent très bien que l'État a peur de du réveil de de cette jeunesse et donc il y a une une nécessité en fait de continuer de de continuer de lutter. Constant, je voulais de ta avoir ton avis toi qui est c'est ta première année ici en banlieue parisienne. Avant tu étais en région ce qu'on appelle à Dreux.

C'est quoi le est-ce que tu vois une différence de traitement, une différence est-ce que tu es tu es choqué par la manière dont sont traités les les jeunes ici de ? Dreux c'est aussi c'est aussi qui est traversée par beaucoup de contradictions beaucoup de problèmes beaucoup de de pauvreté aussi. C'était désindustrialisé du coup voilà, je voyais ça moi déjà l'année dernière j'avais des élèves qui au moment de des annonces de Parcoursup savait qu'il n'allait rien avoir.

Moi ça me brisait le cœur parce que même avant les résultats, ils savaient qu'ils n'allaient rien avoir et et là j'ai appris juste avant qu'on commence cette interview d'une collègue de là-bas que il y avait aussi eu beaucoup de répression hier à Édouard Branly à Dreux.

Donc voilà, j'envoie toute ma solidarité à mes anciens élèves de Dreux qui affrontent là-bas aussi la répression et après c'est sûr que dans les quartiers populaires bah c'est pas la même chose quoi la répression elle est aussi traversée par des par les oppressions racistes que vivent nos élèves au quotidien et ce qui explique aussi la l'énorme colère en fait qui s'exprime à chaque journée de mobilisation de la part de cette jeunesse qui en a marre en fait d'être humiliée.

Il y a il y a un policier qui lorsque j'accompagnais un élève pour récupérer son sac, euh s'est moqué de lui parce que il s'était fait gazer, il avait dit "Ah oui, ça pique les yeux quoi." Donc ils ont même pas cette conscience là en fait de la violence qui est produite par par par leurs leurs actes quoi. Donc voilà, je j'envoie encore une fois toute ma solidarité à tous les élèves qui se mobilisent dans toute la France aussi, on voit que le mouvement s'élargit. Hier, il y avait plus de 400 établissements qui étaient qui étaient mobilisés, ça ça ça prend dans toutes les villes et c'est les les quartiers populaires qui ont montré la voie, je pense aux élèves de de tout le pays.

Une dernière question peut-être pour Louis sur les les les les perspectives et peut-être une réaction sur les organisations syndicales, savoir un peu qu'est-ce qu'elles disent parce que il y a des syndicalistes comme toi, Alice, Constant et cetera qui êtes mobilisés quoi en tant que adhérents d'en bas, militants de terrain, mais que on a du mal à voir ce que disent les les les les organisations syndicales par en haut alors que il y a une mobilisation assez assez impressionnante.

Et la deuxième question, c'est que c'est quelles quelles sont les perspectives aujourd'hui pour votre secteur et quel message tu as envie de transmettre aussi à l'ensemble des des des des personnels d'éduc qui qui vous regardent là-dessus pour pour faire gagner aussi ce ce mouvement.

Bah la la la le le problème des des des directions syndicales euh il est il est double, c'est c'est c'est le constat d'une d'une d'une double honte quoi parce que en fait il n'y a jusqu'à aujourd'hui aucune intersyndicale solide qui s'est positionnée non seulement en faveur de de de de de leurs revendications, mais aussi tout simplement pour faire face à la répression délirante que subissent nos élèves, c'est-à-dire et euh et et on a aucune consigne claire.

Et il il est absolument crucial euh d'exiger, nous qui sommes euh professeurs mobilisés, syndiqués ici ou là, d'exiger qu'il y ait une position claire sur non seulement notre soutien, mais la libération immédiate de tous nos élèves qui sont en garde à vue et la levée de toutes les sanctions disciplinaires, policières, judiciaires, scolaires qui sont euh qui se qui s'abattent contre eux. Je veux dire, c'est c'est le la moindre des choses euh ce serait d'avoir d'avoir d'avoir ce ce ce soutien inconditionnel de de l'intersyndicale de l'éducation, mais en vérité de l'ensemble de du du mouvement ouvrier.

Je veux dire, c'est euh c'est un un mouvement étudiant qui est en train de de s'affronter avec énormément de de détermination euh à un État armé jusqu'aux dents et et on on se doit, nous en tant que travailleurs, de sortir et encore une fois se solidariser avec eux, mais aussi de de d'interpeller nos nos directions syndicales pour qu'elles soient à la hauteur de de ce qu'elles disent toute la journée parce que c'est ça la vérité. C'est qu'on se bat, euh les élèves se battent pour des moyens dans l'éducation, pour euh mettre mettre fin au tri social, et cetera et cetera.

Et en appel, c'est ce qui a été euh c'est c'est la c'est ce que je disais, la consigne claire qu'on essaie de de donner, c'est qu'il faut entrer en grève par la positive, bah juste être euh soutien euh des idées, mais pas dans les actes ou euh ou en quelque sorte de d'avoir un un un un soutien qui s'arrête à mi-chemin. Mais la vérité, c'est que on doit réussir à structurer en propre un mouvement euh un mouvement de de des professeurs, des des des personnels de l'éducation.

Et et on le voit euh les les les les les nos nos collègues qui étaient aujourd'hui avec nous ici des collèges se sont mobilisés mardi que comme nous euh euh le par exemple la question des heures supplémentaires, tu parlais des la capacité qu'ont les profs à faire des activités extra-scolaires, à nourrir des clubs, à faire autre chose, que l'école soit pas juste une prison quoi, bah ça a été divisé par 10. 10, 90 % du budget a été jeté. Donc ça veut dire que les lycées deviennent officiellement des lieux de détention quoi. C'est c'est terrible.

Donc en fait tout ça c'est des choses qui qui qui travaillent énormément euh tout l'ensemble de de l'éducation et et il faut effectivement que on se saisisse tous de nos propres et de nos propres revendications pour pour se joindre pour se joindre au comité calme, je trouvais que c'était calme à Sarcelles. Moi c'est ma ville, je suis né ici donc j'étais un peu je me suis dit "Merde, Sarcelles sans ambiance c'est pas possible." En tout cas merci à à vous euh vous donnez beaucoup de force et transmettre aussi ce message à l'ensemble du personnel qui j'espère va se retrouver dans votre discours. Il faut en finir avec l'attitude gilet pare-balles.

C'est bien de protéger les élèves mais c'est mieux de se battre à leurs côtés pour leur avenir. Et même j'ai envie de vous transmettre un message, vous savez que cette jeunesse-là elle est elle est elle est elle vit les inégalités sociales et raciales et on sait que prof c'est aussi un métier de cœur parce que il faut avoir du cœur pour venir bosser pour 2000 balles, 2200 balles toute la journée, corriger des des des centaines et des centaines de copies, travailler dans des conditions de merde.

Et vous savez bien que vous pouvez pas faire ces sacrifices là, donner de votre temps et vous dire "Moi leur avenir, ce qui ce qui se passe à la fin de de de de des études du lycée ça me préoccupe pas bien au contraire." Parce qu'au final, si vous donnez tout ce temps-là et que les élèves ils vous le rendent, c'est-à-dire en faisant leurs devoirs, en étant assidus et autres et qu'au final ils sont jetés comme de la merde par Parcoursup, vous ne pouvez pas l'accepter. Et ça c'est euh euh un petit pourcentage de toutes les revendications en réalité que vous méritez.

Il faudrait augmenter les salaires, il faudrait pas dépasser plus de 15 élèves par classe, il faudrait donner les moyens pour faire des sorties scolaires, pour repenser, faudrait repenser l'ensemble du du modèle scolaire qui est pensé uniquement pour qu'ils apprennent à compter, lire, écrire et demain travailler dans des métiers de de de précarité, livreur Amazon, caissier, magasinier, c'est ça. Il faut pas se mentir. Marx disait que l'histoire contemporaine, c'est l'histoire de la lutte de classe. Et on voit clairement que ce sont les les enfants d'ouvriers, c'est les futurs travailleurs et travailleuses qui sont là, qui sont qui sont attaqués. Oui ou ?

Est-ce que vous êtes les futurs travailleurs et travailleuses de ? Oui. Voilà. Et donc et donc ils le savent. Ils Et c'est pour ça que ils les sacrifient. Et le système capitaliste, les amis, bah pour faire tourner les usines, pour faire conduire les bus, les métros, pour livrer les colis Amazon, l'intelligence artificielle, elle peut pas remplacer ça. Et donc ils ont besoin que cette main d'œuvre-là, elle elle devienne pas un informaticien, informaticienne, que ils fassent des écoles d'ingé, fassent des masters en sociaux et cetera. On veut trier tout de suite pour que demain ils prennent, comme moi je dis, le balai de leurs parents quand leurs parents ils vont être à la retraite.

Ils ont C'est C'est C'est C'est ça qui fait que on met aucun moyen pour l'école. Et c'est pour ça qu'aussi ces profs-là et les personnels de manière générale, ils sont sacrifiés là-dessus. Parce que c'est profondément une un mépris de classe qui est organisé contre contre les élèves. Et vous, en tant que personnel, il faut vous mobiliser. Et ils ont peur de ça. S'ils ont peur de quelque chose qu'on a appris depuis l'histoire, c'est la contagion et et la coagulation des forces entre les travailleurs et travailleuses et la jeunesse. Et on est en train de toucher ça.

Moi, je saurais pas dire si on est au début d'une situation insurrectionnelle ou d'une révolte ou d'un mouvement de grève générale qui s'étend ou autre. En tout cas, c'est clair et net que ça part des banlieues, ça en train de s'étendre à toute la France. Je veux dire, il y a des lycées euh en Meurthe-et-Moselle, en Mayenne, à Albi, à Aix-en-Provence, à Bordeaux, Libourne. J'ai reçu énormément de messages. Donc, il y a une une véritable extension du du mouvement. Et leur crainte, les amis, c'est qu'il y a une date, c'est le 17 octobre, et que les vacances scolaires, c'est dans 2 semaines.

Donc, pour le gouvernement, en vérité, c'est la merde d'un peu parce que les les vacances pour les gouvernements, c'est généralement le moment idéal pour euh éteindre la la la la mobilisation par elle-même. Sauf que là, ils ont peur que la révolte des lycées, elle se durcisse, se radicalise et qu'elle fasse une jonction et qu'elle soit le carburant de la colère euh autour du 17 octobre. Et donc, on est face à ça. Et moi, je pense que le rôle des organisations syndicales qui font semblant que ça n'existe pas, la révolte des des lycées n'existe pas, le 17 octobre n'existe pas, je veux dire que c'est une une une une une faute. Et c'est pire que ça, c'est criminel.

Face à un gouvernement aussi autoritaire, réactionnaire, à à une extrême droite qui a 36 37 % où on nous explique chaque matin, il faut combattre le fascisme et cetera, mais la meilleure des solutions pour combattre l'extrême droite, pour combattre les politiques néolibérales autoritaires, les contre-réformes et autres, eh ben, c'est de faire en sorte que ce mouvement-là, il soit réussi, qu'on qu'on coordonne les secteurs, qu'on mette en place des caisses de grève. Les profs, les les personnels, mettez en place des caisses de grève. Les parents d'élèves vont vous soutenir, les gens qui suivent vont vous soutenir. Et faites en sorte de de les aider à gagner. C'est ça le plus important.

Et moi, je je pense qu'il y a possibilité d'une victoire. La victoire est possible, les amis, parce que quand je vois que le ministre de l'éducation, il est déjà en train de dire aux proviseurs là de vous rassembler, de faire des conseils d'administration et cetera, c'est le début de la panique. Et que ça, c'est pour la plupart, c'est bullshit. Eux, ils veulent des des des annonces claires et officielles. Et moi, je pense qu'il y a la possibilité d'obtenir euh une véritable victoire et cette victoire-là, elle pourrait donner énormément énormément d'espoir dans un moment où les gens, ils étaient un peu plus pessimistes, un peu plus fatalistes.

Et heureusement que la la Gen Z, elle est là, heureusement que la la la jeunesse, elle nous rappelle systématiquement que la lutte de classe, elle reprend systématiquement ses droits et que la colère, quand il y a oppression, il y a résistance. Et donc voilà, soutien à Jean-Jacques Rousseau, Maryse Condé, à tous les profs mobilisés le personnel de l'éducation, les élèves et cetera. On va aller à Paul Éluard maintenant pour continuer à suivre la la mobilisation et voilà, ne lâchez rien. Le mardi 6 octobre, il faut on déclencher les enfers dans Paris dans cette mobilisation avec le mouvement étudiant, le mouvement lycéen et cetera.

Il va falloir que le 6 octobre, ça soit peut-être une journée nationale historique pour pour la mobilisation.