Colloque international : Exploitation sexuelle en ligne - Discours d'Aurore Bergé
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:30Invité politiqueFait
« Trop de production pornographique, des peigne des femmes uniquement comme des objets, des objets de désir passifs dont le plaisir se résumerait au fait de se soumettre à des scénarios violents, humiliants, dégradants. »
- 2:13Invité politiqueFait
« Internet, ce n'est pas et ça ne doit jamais être une zone de non droit. »
- 2:56Invité politiqueFait
« diffuser des contenus à caractère sexuel sans aucun consentement. Promouvoir des discours de haine, diffuser des contenus violents avec des violences sexistes et sexuelles ne relèvent en aucun cas ni de la liberté d'expression, ni de la liberté commerciale. »
- 3:39Invité politiquePromesse
« Elle prévoit notamment le blocage, le dééférencement et de lourdes amendes prononcées à l'encontre des sites pornographiques qui ne vérifieraient pas l'âge de leurs utilisateurs. »
- 3:39Invité politiquePromesse
« une peine allant jusqu'à 1 an d'emprisonnement et 250000 € d'amende pour les hébergeurs qui retire pas en moins de 24 heures les contenus pédopornographiques qui leur sont signalés par la police et la gendarmerie »
- 4:23Invité politiqueFait
« Depuis 2016, avec Laurence Rossignol notamment, nous avons réaffirmé la position abolitionniste de la France. Le désir ne s'achète pas et le corps des femmes n'est tout simplement pas à vendre. »
Temps de parole
- Aurore Bergé100 %
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Bonjour à toutes et à tous. Je tenais à m'adresser à vous aujourd'hui à l'occasion de votre colloque, ce colloque international dédié à l'exploitation sexuelle en ligne et au combat évidemment que nous menons. Et je voulais remercier aux féminisme et la coordination française pour le lobby européen des femmes parce que c'est vous qui avez organisé cet événement important, important pour faire entendre notre voix face à l'exploitation et aux violences sexuelles en ligne. Je vous remercie d'autant plus parce que votre voix, elle est inlassable et votre engagement infatigable. Et sans vos voies, sans votre mobilisation et votre exigence, bien des combats n'auraient été ni menés ni remportés.
L'exploitation sexuelle en ligne, la pornocriminalité, la pédocriminalité sont des fléaux. des fléaux qui gangrainent notre société et qui menacent la sécurité à travers le monde de millions de millions de femmes et d'enfants. Vous le savez mieux que personne, c'est une urgence absolue. Nous ne pouvons pas laisser les plateformes prospérer sur l'exploitation des plus vulnérables et sur la violence. C'est bien leur responsabilité qu'il nous faut donc engager. La représentation de la sexualité dans les millions de contenus pornographiques accessible en quelques clics véhiculent des stéréotypes insupportables de soumission et de violence à l'encontre des femmes.
La violence ce n'est pas de la sexualité. Trop de production pornographique, des peigne des femmes uniquement comme des objets, des objets de désir passifs dont le plaisir se résumerait au fait de se soumettre à des scénarios violents, humiliants, dégradants. Cette situation, elle exige de nous une réponse forte, unanime et surtout très coordonnée. Notre priorité doit être donnée à la protection des victimes qui doit primer sur les intérêts de cette industrie pornographique, ceux des sites de streaming ou de deep fake porn sur l'exploitation sexuelle en ligne.
Il nous faut aussi, et c'est mon combat, protéger les plus jeunes, nos enfants, nos adolescents, exposer à des contenus extrêmement violents et à des risques d'exploitation eux aussi comme le grooming en ligne. Internet, ce n'est pas et ça ne doit jamais être une zone de non droit. Comme moi, quand vous en parlez autour de vous, certains évoquent une prétendue liberté d'expression ou même le droit à la vie privée pour justifier de l'impunité des plateformes de ces industries qui sont pourtant très lucratives. Leur réponse revient tout simplement à protéger les coupables et à ne pas accompagner les victimes. La liberté d'expression, nous le savons, dans notre droit, elle a ses limites.
diffuser des contenus à caractère sexuel sans aucun consentement. Promouvoir des discours de haine, diffuser des contenus violents avec des violences sexistes et sexuelles ne relèvent en aucun cas ni de la liberté d'expression, ni de la liberté commerciale. Ce sont des actes et des actes qui sont pénalement répréhensibles et il est donc de notre devoir de les combattre sans relâche.
notre gouvernement, nos gouvernements, l'Union européenne, les plateformes ont une responsabilité commune et nous devons garantir un contrôle de l'âge pour l'accès aux sites pornographiques et des mesures immédiates pour le retrait des contenus violents sans que la protection des consommateurs de ces contenus puisse servir de prétexte parce que c'est aujourd'hui le cas à la passivité. Les victimes d'exploitation sexuelle en ligne doivent être protégées, elles doivent être soutenues et elles ont le droit à la réparation. Elles ont le droit aussi à l'oubli sur internet qui doit être respectée.
C'est tout le sens, vous le savez, de la loi du 21 mai 2024 sur la régulation de l'espace numérique sur lequel ensemble nous avons beaucoup œuvré. Elle comprend des mesures qui permettent enfin de sécuriser certains usages d'internet et aussi de mieux protéger les citoyens français, notamment là encore nos enfants. La loi, elle prévoit notamment le blocage, le dééférencement et de lourdes amendes prononcées à l'encontre des sites pornographiques qui ne vérifieraient pas l'âge de leurs utilisateurs.
Elle prévoit également une peine allant jusqu'à 1 an d'emprisonnement et 250000 € d'amende pour les hébergeurs qui retire pas en moins de 24 heures les contenus pédopornographiques qui leur sont signalés par la police et la gendarmerie et je verrai très prochainement le nouveau président de l'Arcom pour que nous continuions à nous mobiliser sur le sujet. Et vous le savez, la France a aussi montré la voix en matière de lutte contre le système prostitutionnel. Depuis 2016, avec Laurence Rossignol notamment, nous avons réaffirmé la position abolitionniste de la France. Le désir ne s'achète pas et le corps des femmes n'est tout simplement pas à vendre.
Ce modèle français, il est désormais un point de référence pour plusieurs pays européens et tant mieux. Et tout cela, je le sais, n'aurait pas pu être possible sans le formidable travail des associations, des experts, votre travail et la libération de la parole des victimes, car ce sont bien des victimes dans le système prostitutionnel qui ont permis de faire émerger une prise de conscience collective. Afincer nos actions, j'ai présenté, vous le savez, le 2 mai 2024, vous y étiez la première stratégie nationale de lutte contre le système prostitutionnel afin de prendre en compte ces nouvelles formes de violence. quatre axes y sont développés.
Le renforcement de l'application de la loi de 2016, l'adaptation des mesures d'application de la loi aux nouvelles réalité de la prostitution, notamment log, l'amélioration de la compréhension du phénomène prostitutionnel et évidemment la poursuite de la lutte contre l'exploitation sexuelle des mineurs. Je serais très attentive à la mise en œuvre rigoureuse de ce plan département par département.
Je vous souhaite donc un très fructueux colloque aujourd'hui parce que je suis convaincue que vos échanges, que vos réflexions vont pouvoir nous permettre encore de progresser, d'imaginer des solutions concrètes pour en finir avec l'impunité partout où elle peut exister et surtout pour faire advenir l'égalité pour chacune et pour chacun d'entre nous. Merci et à très bientôt.
Aurore Bergé