Annie Genevard
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Avec nous, une deuxième invitée. Bonjour Annie Gennevard. Bonjour. Vous êtes vice-présidente des Républicains, candidate LR à votre réélection dans la cinquième circonscription du Doubs. Vous êtes d'ailleurs arrivée en tête du premier tour. Vous serez dimanche prochain face à un candidat de la majorité présidentielle, Philippe Alpi. Il y a quelques semaines, Annie Gennevard, le président, votre président des Républicains, Christian Jacob, a suré qu'ULR allait créer la surprise. Elle est plutôt modeste, la surprise, non ?
Elle est modeste. Effectivement, nous sommes en repli. Inutile de le dissimuler. Mais nous allons faire campagne avec acharnement pour que nous soyons le groupe le plus nombreux possible à l'Assemblée nationale. Parce que je crois que ce sera, dans les temps qui viennent et qui seront probablement très difficiles, une nécessité d'avoir une opposition qui soit responsable, raisonnable, qui est l'expérience de diriger. Bien sûr, nous avons un ancrage local très fort. Mais au niveau national, nous devons avoir toute notre place pour que les réformes qui doivent être faites puissent être menées.
Mais vous étiez le premier groupe d'opposition il y a cinq ans. Aujourd'hui, comment vous définissez ? Vous êtes une force secondaire ?
Moi, je pense qu'on est une force essentielle parce que, finalement, ce premier tour des élections législatives montre que la majorité présidentielle fait le plus mauvais score de toute la cinquième. À force de jouer les apprentis sorciers, eh bien, on a fait monter les extrêmes. Et la majorité présidentielle s'est fragilisée elle-même dans ce contexte qui ouvre, peut-être, une crise démocratique profonde. Eh bien, il faut que nous soyons présents pour être les moteurs de l'action publique.
Annie Genevard, on a besoin de clarification ce matin. Parce que quand on voit les projections de notre institut Ipsos Soprasteria, vous pourriez devenir une force d'appoint à Emmanuel Macron dans la future Assemblée, dans la mesure où il ne décrocherait qu'une majorité relative. Ça veut dire qu'il aurait besoin d'autres députés pour pouvoir faire voter, faire passer des lois. Et tous les regards se tournent vers votre groupe, vers les LR, entre 50 et 80 sièges. Est-ce que, oui ou non, vous seriez fongible dans le macronisme ?
Non, nous ne sommes pas des supplétifs. Parce que les électeurs qui ont voté pour nous ont voté pour des candidats très bien ancrés, localement, qui ont fait leur preuve de sérieux et de solidité. Mais ils ont voté pour une droite qui soit indépendante. Le grand projet de parti unique d'Emmanuel Macron ne peut pas nous concerner. Parce que si tel était le cas, alors là, je pense que ça précipiterait précisément le recours aux extrêmes. En revanche, et comme nous l'avons toujours fait, et vous le savez bien, nous avons toujours voté les textes qui étaient utiles aux Français. Et c'est la raison pour laquelle, voilà, nous ne pouvons pas accepter l'idée des supplétifs.
Mais simplement, en responsabilité, nous voterons ce qui nous paraîtra bien et nous nous opposerons si nécessaire.
Mais vous ne pensez pas quand même que certains de vos électeurs ont voté pour les candidats macronistes pour éviter une victoire de la NUP ? Est-ce que vous, grosso modo, avez-vous fait les frais du vote utile anti-Mélenchon ?
Alors, il est clair que c'est la stratégie qu'a voulue Emmanuel Macron à nouveau. C'est finalement le parallèle avec l'élection présidentielle. Emmanuel Macron, après avoir soigneusement épargné Marine Le Pen, a brandi le danger Le Pen pour rabattre les électeurs vers lui. Et il a fait la même chose avec Mélenchon, mais on voit bien que cette stratégie comporte énormément de dangers. Et on a un taux d'abstention record, on a des extrêmes hautes comme jamais. C'est une stratégie extrêmement périlleuse dont il fait les frais aujourd'hui.
Qui va prendre le leadership dans votre formation politique pour la suite ?
Écoutez, nous, je pense qu'il est sage de ne pas brûler les étapes. Il faut déjà passer le deuxième tour, il faut attendre le résultat complet de ces élections législatives. On va jeter vraiment toutes nos forces dans la bataille pour ce deuxième tour, de façon à être le groupe le plus nombreux possible, sans quoi il n'y aura plus, au sein de l'Assemblée nationale, d'oppositions responsables, résignables.
Mais sur quelle ligne, Annie Gennevard ? Parce qu'on a du mal à suivre les Républicains. C'est quoi leur ligne ? Est-ce que c'est une ligne constructive Macron-compatible ? On a entendu Jean-François Copé hier sur France Inter dire qu'il faudra faire un pacte de gouvernement avec Emmanuel Macron. Et puis, à l'inverse, la ligne Éric Ciotti, pas très éloignée de celle d'Éric Zemmour.
Alors écoutez, vous citez des déclarations des uns et des autres, d'individualités certes importantes de notre parti. Cet après-midi, nous avons un conseil stratégique qui fixera les choses. Mais d'ores et déjà, ce que je peux vous dire, c'est que notre ligne, elle est claire, elle est simple. Nous devons être une opposition soucieuse de l'intérêt général du pays. C'est-à-dire que chaque fois qu'il faudra prendre des décisions pour des réformes dont le pays a impérieusement besoin, eh bien, nous les prendrons. Sans, pour autant, se fondre dans une majorité dont on voit bien que son caractère extrêmement composite, finalement, est un facteur d'empêchement et ne convainc plus.
Emmanuel Macron a voulu détruire droite et gauche. Et en fait, il est pris à ce piège terrible d'une majorité qui se veut unique et englobante, mais qui ne parvient pas à empêcher la montée inexorable des extrêmes. Et c'est ça le plus préoccupant.
Annie Genevard, pour le second tour en cas de duel entre candidats de la NUP et d'Ensemble, vous dites quoi, vos électeurs ?
Écoutez, il ne m'appartient pas à ce stade de donner une consigne générale, puisque comme je vous l'ai dit... Il y a de l'embarras ? Non, pas du tout. Mais il y a un conseil stratégique cet après-midi qui fixera clairement les lignes. Mais ce que je peux vous dire, d'ores et déjà, c'est que notre position a toujours été très claire, quoi qu'en disent nos opposants, pas une voie pour les extrêmes. Donc je crois que c'est sur cette base que se déterminera aujourd'hui... Donc ça veut dire abstention, bulletin blanc ou vote macroniste ? Non, je vous ai dit, pas une voie pour les extrêmes, ça me paraît suffisamment clair.
Merci Annie Gennevard, vice-présidente des Républicains. Vous étiez invitée du 5-7 ce matin. France Inter C'est parti.
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