Face-à-Face : Manuel Bompard - 15/11
Audio original de l'émission.
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Vous écoutez RMC, face à face. Apolline de Malherbe. 8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Manuel Bompard. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. Vous êtes député de la France Insoumise et Bouches-du-Rhône. Il y a beaucoup de sujets à voir avec vous. Il y a notamment ce clash, ce fameux clash qui finit par des plaintes interposées entre Louis Boyard, député de chez vous, et Cyril Hanouna. On va y revenir, mais je voudrais qu'on commence par la question des migrants, par les remarques de l'ancien ministre de l'Intérieur.
L'ancien ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, qui dit hier que l'accueil des 234 migrants de l'Océan Viking a ouvert une brèche, je le cite, aurait créé une forme d'appel d'air et serait un tournant de la politique d'immigration en France. Il considère que nous n'aurions pas dû accueillir le bateau. Que fallait-il faire ? Que faudra-t-il faire à l'avenir ? Il ne faut pas des crises d'urgence à chaque fois.
Écoutez, il fallait accueillir ce bateau. On parle de mémoire de 232 personnes. qui ont été secourus dans la mer Méditerranée. Je rappelle qu'il y a à peu près 2000 personnes chaque année qui meurent dans la mer Méditerranée. C'est normal de secourir ces personnes. Et il n'est pas normal que le gouvernement italien ait refusé d'ouvrir ses ports. C'est une violation du droit international. Le droit international, c'est qu'on doit offrir un port pour un bateau qui est en détresse. Donc oui, il fallait accueillir ce bateau.
Et maintenant, en ce qui concerne ce qu'a dit M.Colomb, je voudrais quand même dire que cette fameuse théorie de l'appel d'air, qui consiste à penser que parce qu'on accueille un bateau, il y a des gens qui vont décider de venir, alors que finalement, au début, initialement, ils n'avaient pas décidé de venir, c'est une théorie qui est contredite par l'ensemble des recherches sur les droits et sur les phénomènes migratoires. Alors, toutes les recherches qui sont effectuées sur les phénomènes migratoires disent qu'il n'y a pas de corrélation, qu'il n'y a pas de rapport entre les conditions des pays d'accueil et le nombre de personnes qui décident de les rejoindre.
Et que ce qui fait partir les gens, c'est les conditions de vie dans les pays de départ. Donc la question qui nous est posée, c'est comment on agit sur les causes de ces migrations, sur comment on fait en sorte, par exemple, de favoriser le développement économique de ces pays, sur comment on agit face à l'inaction climatique pour faire en sorte que les gens n'aient pas besoin de partir. C'est ça la question qui nous est posée. Mais quand les gens sont sur un bateau de détresse, qu'est-ce que vous voulez faire d'autre que de les accueillir tout simplement dignement ? On a été en capacité d'accueillir des dizaines de milliers d'Ukrainiens et on a bien fait de le faire.
On ne serait pas capable d'accueillir 232 personnes qui sont réfugiées sur un bateau. Un peu de sérieux.
Donc pour vous, quoi qu'il arrive, il faut les accueillir et il faut les accueillir quel qu'en soit le nombre et à quelque rythme que ce soit.
Mais d'abord, il ne faut pas considérer que parce qu'on accueille un bateau, il va y en avoir des dizaines et des dizaines. Deuxièmement, il ne s'agit pas de dire que la France doit accueillir tout le monde. Il y a des accords européens dans lesquels, en vertu desquels, il faut faire en sorte qu'il y ait une répartition des capacités d'accueil entre les différents pays européens. Et ces accords européens, ils n'ont pas été respectés en l'espèce par l'Italie. Donc il faut qu'il y ait une explication, il faut qu'il y ait un sommet européen, il faut que ces questions-là, elles soient posées.
Vous demanderiez un sommet en urgence pour se mettre d'accord ?
Écoutez, s'il y a des règles, c'est pour qu'elles soient respectées. Et il n'y a pas un pays, de manière unilatérale, qui peut décider que finalement, il ne va pas respecter ces règles. Donc oui, il faut les accueillir. Et je voudrais dire, parce qu'on entend beaucoup de bêtises sur le sujet depuis maintenant, des jours et des jours, quand on dit, est-ce que vous savez par exemple que la moitié des sauvetages en mer aujourd'hui sont réalisés par la Tunisie et la Libye ? Donc ce n'est pas vrai que ce seraient seulement les Français ou les ONG européennes qui assurent les sauvetages en mer. C'est faux, c'est absurde.
J'avoue que c'est assez cocasse, Manuel Bompard, d'entendre dans votre voix la phrase que vous venez de présenter. S'il y a des règles, c'est pour qu'elles soient respectées. Vous qui avez inscrit quasiment au fronton du groupe de la NUPES la désobéissance européenne.
Mais la désobéissance européenne, elle est de notre point de vue sur les questions économiques et sociales. Et pour une raison simple, c'est que oui, s'il y a des règles, elles doivent être respectées. Mais qu'ensuite, il y a quelque chose qui s'appelle la souveraineté populaire. Et si par exemple, les Françaises et les Français votent pour le programme de la France insoumise et le programme de la NUPES dans lequel, par exemple, on refuse la libéralisation des services publics, oui, nous disons que dans ce cas-là, nous n'appliquerons pas les règles européennes qui nous obligent à libéraliser nos services publics. Parce que ce qui doit l'emporter, c'est la souveraineté populaire.
Et si l'on vote pour vous, comme vous dites, alors ça ne nous a pas échappé qu'il n'y a pas d'élection à court terme. Mais pour autant, je vois bien que vous êtes reparti en campagne. Jean-Luc Mélenchon tenait d'ailleurs un meeting hier soir à Clermont-Ferrand. Vous êtes en campagne, vous vous dites que la dissolution peut tomber à n'importe quel moment et nous devons nous tenir prêts.
C'est le président de la République lui-même, si j'en crois les indiscrets qui ont été publiés dans la presse, qui a menacé tout le monde de dissolution. Donc nous, nous lui disons chiche. Pour nous, ce n'est pas une menace, ça ne nous fait pas peur. Vous savez, quand vous voulez exercer le pouvoir, c'est notre cas. Quand vous considérez que vous avez des solutions alternatives à apporter par rapport à celles qui sont en place aujourd'hui, il est normal que vous ayez une stratégie pour conquérir le pouvoir. Or, il me semble que c'est par les élections qu'on conquiert le pouvoir. Donc à partir de ce moment-là, s'il y a des élections demain, ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre.
Justement, l'un des thèmes du meeting de Jean-Luc Mélenchon, c'était la question de la vie chère. Les aides à la pompe passent de 30 à 10 centimes à partir de ce soir. Celles de Total passent également de 20 à 10 centimes. Donc mécaniquement, les prix m'ont remonté dans les stations dès demain matin. Il y a eu une ruée à la pompe ce week-end. Est-ce qu'il aurait fallu poursuivre encore davantage ces aides ?
Non, nous, la proposition que nous avons mise sur la table, c'était une proposition différente depuis maintenant des mois et des mois. Nous disons que ce qu'il fallait faire, c'était introduire un blocage des prix. C'était le cas sur le carburant, mais c'était aussi le cas sur l'énergie, aussi le cas sur les produits alimentaires. Quelle est la différence entre une ristourne et un blocage des prix ? C'est que dans l'hypothèse d'un blocage des prix, vous rogniez sur les marges des distributeurs, des fournisseurs de pétrole qui s'en sont mis quand même plein les poches cette année. Je voudrais quand même le rappeler. Total, premier semestre de l'année 2022, 18 milliards d'euros de profits.
Donc la question qui est posée, c'est est-ce que c'est seulement à l'État de venir en quelque sorte alimenter les profits records et gigantesques de l'entreprise Total ou est-ce que Total doit prendre sa part et contribuer ? Donc nous, nous défendons l'idée d'un blocage des prix. Écoutez cette question de la visière, elle est centrale. Allez interroger n'importe quelle personne dans ce pays, il est confronté à l'explosion des prix. C'est les prix sur le carburant, c'est les prix sur l'énergie, c'est les prix sur les produits alimentaires. On nous dit qu'il y a 6% d'inflation. En vérité, tout le monde sait que sur les produits alimentaires, l'inflation, elle a dépassé 10%.
Dans le même temps, vous avez des études qui montrent que les salaires n'ont progressé que de 3,6% en moyenne sur l'année.
C'est une aide qui va prendre le relais, c'est ce que nous promet le gouvernement, une aide spéciale gros rouleur. Est-ce que ça, ça vous satisfait ?
Non, mais enfin, écoutez, bien sûr c'est mieux qu'il y ait une aide que qu'il n'y ait rien, mais la logique politique n'est pas la bonne. La logique politique, elle doit être d'intervenir sur les marchés pour faire en sorte que les prix soient bloqués. C'est la première mesure que nous proposons. Et la deuxième, c'est l'augmentation des salaires. Vous ne pouvez pas avoir des prix qui augmentent de plus de 10% sur les produits de première nécessité et des salaires qui ne progressent que de 3,6% en moyenne. D'ailleurs, j'en profite, je sais que les salariés de cette entreprise sont en grève, ils demandent des augmentations de salaire.
C'est quand même important qu'on puisse dire, mais ce n'est pas pour soutenir juste eux. Moi, je soutiens tous les salariés qui sont en grève pour leur salaire, mais je les soutiens eux aussi. Ils ne veulent pas perdre de pouvoir d'achat cette année. C'est normal quand même. Comment vous pouvez comprendre que des salariés vont voir leur rémunération baisser de 2%, c'est les chiffres de l'Adares, et dans le même temps, vous avez des entreprises comme Total qui font des profits gigantesques. Comment vous pouvez penser que les gens vont trouver ça normal ?
Quand le gouvernement vous répond qu'il va y avoir malgré tout une forme de taxe sur les super profits au niveau européen,
ce n'est pas suffisant. Mais non, ce n'est pas suffisant. D'ailleurs, ce n'est pas seulement la France insoumise qui dit que ce n'est pas suffisant. De nombreux pays en Europe, j'ai par exemple l'exemple récent de la Belgique, qui dit que l'instrument de taxation européenne ne sera pas suffisant et qu'il faut un instrument de taxation complémentaire. Écoutez, par exemple, l'instrument de taxation européenne ne couvre pas le secteur du fret maritime. L'entreprise CMA-CGM, son patron, M. Sahadé, a gagné 30 milliards d'euros supplémentaires en un an. 30 milliards en un an. Est-ce que vous imaginez ce que ça représente ? C'est du mal.
Et cette entreprise-là ne va pas être mise à contribution par l'instrument européen. Vous ne pouvez pas dire à la fois aux gens qu'il va falloir serrer la ceinture, les prix vont augmenter, il commence à faire froid, ça va être compliqué de se chauffer. Mais en même temps, il y a des grandes entreprises qui s'en mettent plein les poches. Il faut tout simplement un peu plus de justice. C'est ce que nous défendons. Augmentation des salaires, blocage des prix, taxes sur les super profits. Voilà comment on peut rétablir un peu de justice.
L'inflation qui d'ailleurs devrait continuer à augmenter. On aura les chiffres d'ici une poignée de minutes. Je vous les communiquerai évidemment sur RMC et BFM TV. Vous chantez la Marseillaise, vous ? Oui, bien sûr. Il y en a quelques-uns, visiblement, qui ont du mal dans votre groupe. Les députés de la France Insoumise, Daniel Obono et Aymeric Caron, qui sont restés muets pendant la Marseillaise au cours des commémorations du 11 novembre.
Écoutez, franchement, c'est vraiment une polémique ridicule qui a été initiée par une députée de La République En Marche qui a participé à cette cérémonie du 11 novembre. Je veux vous dire que dans le protocole de ces cérémonies du 11 novembre, il n'est pas indiqué que les officiels qui sont présents dans ces cérémonies doivent chanter la Marseillaise. C'est un moment de recueillement. Chacun peut vivre son moment de recueillement comme il le souhaite. Oui, mais quand tout le monde la chante et qu'on ne la chante pas,
forcément, ça crée un décalage.
Je ne sais pas, vous retrouvez les images. Moi, j'ai participé aux deux cérémonies du 11 novembre qui étaient organisées à Marseille. Personnellement, j'ai chanté la Marseillaise. Certains ne le font pas dans les meetings de la France Insoumise et de Jean-Luc Mélenchon pendant toute la campagne présidentielle. On a chanté la Marseillaise. La Marseillaise, c'est un chant révolutionnaire.
Est-ce que ça vous met mal à l'aise que Daniel Obono et Emeric Caron ne la chante pas ?
Franchement, Apolline Obono, s'il vous plaît, chez nous, personne n'a de problème avec la Marseillaise. Emeric Caron, comme Daniel Obono, ont déjà chanté la Marseillaise dans des meetings, dans des rassemblements publics. Sur cette cérémonie, ils ont fait choix d'une forme de recueillement qui était différente. C'était des cérémonies d'hommage. C'est quand même leur liberté de le faire. Non, mais c'est absolument leur liberté. Moi, je ne reviens pas en cause leur liberté.
C'est juste que c'est ostensible. C'est-à-dire que forcément, ça dit quelque chose.
Non, ce n'est pas ostensible. Ce n'est pas un direct à la télévision. C'est une cérémonie.
Et puis, vous avez été souvent dans des cérémonies. Moi-même, comme journaliste, j'ai souvent couvert des meetings. Quand tout le monde chante la Marseillaise, je me souviens même en tant que journaliste, c'est difficile de ne pas la chanter. Moi, je me disais, je suis là en extérieur, mais il y a quelque chose qui vous porte. Donc, quand vous ne la chantez pas, c'est quand même un choix.
Non, mais parce que vous choisissez une autre forme de recueillement. Après, vous voulez rigoler. Dans cette même cérémonie, on a chanté les trois couplets de la Marseillaise. Les autres, ils ne connaissaient pas le deuxième et le troisième. Donc, ils ont chanté le premier, ils n'ont pas chanté le deuxième et le troisième. Vous allez leur faire un procès. Écoutez, franchement, tout ça est ridicule. Pas tout le monde connaît le refrain de la Marseillaise. Oui, le refrain, oui, mais le deuxième couplet, le troisième couplet, c'est un peu plus compliqué. Donc, écoutez, franchement, en soyons sérieux, cette question n'a pas de sens, n'a pas d'intérêt.
Il y a une question sur le rapport à la question de la patrie. Alors, parlons de ça, si vous voulez. Alors, on va en parler aussi avec ce tweet du député de Seine-Saint-Denis, Jérôme Lagrave, qui fait polémique. Je suis au rassemblement, je le cite, je suis au rassemblement au monument des fusillés, pour l'exemple de Chony. Aujourd'hui, où l'État français, soldat de l'OTAN, livre des armes, alimente l'escalade guerrière en Ukraine, plus que jamais, je le dis, à bas la guerre.
Oui, à bas la guerre. Moi aussi, je suis contre la guerre, je suis pour la paix. Non, mais attendez, écoutez, je vais répondre à votre question, mais d'abord, je vais vous dire franchement, arrêtons avec ces polémiques ridicules. Mais dites-le à vos députés ! Non, mais là, c'est vous qui m'interrogez sur ces tweets-là. Mais je vais répondre, il n'y a pas de problème. Mais je vous dis franchement, les gens, ils sont confrontés à des difficultés qui sont des difficultés majeures. Vous avez parlé des prix, vous avez parlé du chauffage, il y a des gens qui ont faim dans ce pays. Il y a des gens qui vont avoir froid dans ce pays. C'est ça dont on parle. Donc ça, c'est les sujets sérieux.
Maintenant, je vais vous répondre sur le... Mais je vais vous répondre sur la question que vous m'avez posée, puisque vous me l'avez posée.
Il y a aussi une grande inquiétude chez les Français sur la question de la guerre, la guerre en Ukraine. Exactement, et vous avez raison. Et si j'en crois, ce député membre de votre groupe, la France, soldat de l'OTAN, livre des armes et alimente l'escalade guerrière en Ukraine.
Alors, je vais donc répondre à votre question, puisque vous avez raison, il y a une inquiétude dans ce pays sur la guerre. Oui, notre action internationale, elle doit être guidée par un principe. C'est faire en sorte que la paix revienne le plus rapidement possible. Voilà, parce qu'on est confronté à une situation qui est une situation extrêmement difficile. On apprend ces derniers jours que les attaques contre les civils continuent à augmenter. On apprend qu'il y a une montée des tensions, y compris nucléaires, que les Russes n'excluent pas l'utilisation de l'arme nucléaire.
Nous ne devrions donc pas aider et soutenir les Ukrainiens. Mais c'est pas...
Est-ce que je suis en train de vous dire ça ? Je vous dis que notre travail doit être guidé sur la paix. On nous a vendu pendant des mois et des mois le principe des sanctions économiques. Aujourd'hui, tout le monde est en train de se rendre compte que les sanctions économiques ne fonctionnent pas très bien. Et qu'au contraire, elles ont un impact sur nos économies.
Ne fallait-il pas les prendre ?
Aujourd'hui, il y a un sommet... Moi, ce qui m'intéresse, c'est comment on fait en sorte d'arriver à la paix. Aujourd'hui, il y a un sommet international. J'ai lu, juste avant de rentrer sur ce plateau, un communiqué à une prise d'opposition commune de la Chine et de la France. C'est une bonne nouvelle. Toutes les actions internationales qui vont permettre de faire en sorte qu'on puisse revenir à une situation de paix sont une bonne nouvelle. En ce qui me concerne, et en ce qui concerne la France Assoumise, ce n'est pas nouveau. Nous sommes favorables à la sortie de l'OTAN. Nous considérons que l'OTAN n'est pas justement un organisme international qui agit dans la direction de la paix.
Nous pensons que c'est quelque chose de périmé, de daté, qu'il faut en sortir, que ce n'est pas le bon outil. Et je pense que maintenant, la priorité doit être d'obtenir un cessez-le-feu sous l'égide de l'ONU, qui est le principe et l'organisation internationale qui permet de construire la paix.
Ma question est très précise, Manuel Bonpart. Faut-il arrêter de livrer des armes ?
Non, personnellement, et en ce qui concerne la France Assoumise, on n'a jamais eu cette position, on a dit que ça devait se faire de manière pas forcément publique et ostensible, parce que l'enjeu, c'est de ne pas rentrer dans une logique d'escalade et de ne pas avoir de plus en plus de co-béligérants. C'est ça la question qui nous est posée.
Je n'ai pas très bien compris. On arrête ? On n'aurait pas dû livrer des armes ?
Personne chez nous n'a jamais dit qu'on n'aurait pas dû livrer des armes.
Si, le député de Saint-Saint-Denis
et il a le droit de s'exprimer. Vous savez, il n'est pas membre de la France Assoumise et il est participe de notre groupe politique. Il n'est pas membre de votre groupe ? Oui, mais il n'y a pas de problème. La position qui est la sienne, qui consiste à dire la priorité, doit être le retour à la paix. C'est une position que nous partageons. Le fait de dire qu'il faut sortir de le temps, c'est une position que nous partageons. Et le fait de dire qu'il faut faire attention de ne pas rentrer dans une escalade militaire, guerrière, qui aggrave la situation plutôt que la résoudre, c'est une position que nous partageons.
Manuel Bonpart, vous allez dire que je continue dans les polémiques, mais là, pour le coup, cette polémique est devenue une polémique face à la justice puisqu'il y a des plaintes entre Cyril Hanouna et Louis Boyard, député de la France Insoumise. Clash et injure sur le plateau de Touche pas à mon poste. Et ils portent désormais donc plainte l'un contre l'autre. Louis Boyard porte plainte contre Cyril Hanouna pour diffamation. Cyril Hanouna porte plainte contre Louis Boyard pour injure publique. Comment vous vous êtes retrouvés dans cette galère ? On a quand même l'impression que ça fait un bon bout de temps que vous êtes l'arroseur arrosé.
Non, attendez, Apolline de Maléap, s'il vous plaît. C'est pas un clash, c'est pas des injures réciproques. C'est pas ça qui s'est produit sur ce plateau. Ce qui s'est produit sur ce plateau, c'est que vous aviez un député de la France Insoumise en l'occurrence, mais ça aurait été un autre député, ce serait la même question, qui est venu sur ce plateau, qui a eu pour tort de critiquer les activités de M. Bolloré en Afrique sur une chaîne de la chaîne C8 sur laquelle l'émission a lieu. Et M. Hanouna a complètement perdu ses moyens, a complètement perdu son calme et son sang-froid et s'est mis à insulter M. Boyard.
Donc nous n'allons pas commencer à expliquer que Louis Boyard est coupable d'avoir reçu des insultes de la part de M. Hanouna.
Je ne dis pas qu'il est coupable, je dis qu'il y a quand même des liens très forts et depuis toujours entre certains de vos députés, Louis Boyard, comme Raquel Garido ont été chroniqueurs pour Touche pas à mon page qu'ils connaissent intimement, professionnellement, régulièrement. Est-ce que ça vous le regrettez ? Est-ce que vous vous dites bon là on se retrouve dans ce truc qui explose ?
Je connais votre logique et je ne rentrerai pas dans cette... Non, non, moi j'ai aucune logique, je regarde simplement ce qui se passe. Alors on ne va pas se chamailler tous les deux. On va répondre à la question. Premièrement, il est inacceptable qu'un élu de la République, quelle que soit son étiquette politique, soit insulté sur un plateau de télévision. C'est le premier point. Quel que soit ce qui s'est passé avant, quel que soit ce qui se passera après, c'est inacceptable. Deuxièmement, quand on va sur une chaîne de télévision, on a le droit de dire ce qu'on veut. On a le droit de critiquer le patron de la chaîne.
On a le droit de dire que ces activités en Afrique ne sont pas acceptables. Troisièmement, ça pose une question qui est la question de l'hyperconcentration des médias. Quand vous avez 90% des médias qui sont possédés par 9 personnes, ça pose un problème démocratique quand on voit l'importance qu'ont les médias dans notre vie publique et notre vie démocratique. Continuez-vous ? Maintenant, allez reprocher à M. Boyard d'avoir travaillé pour cette émission et comme si le fait qu'il avait été payé parce qu'il a travaillé pour cette émission devait l'empêcher ensuite de critiquer le patron de cette chaîne. C'est une vision politique dans laquelle je ne me retrouverai jamais.
C'est comme si vous dites aux salariés d'une entreprise qu'il n'a pas le droit de critiquer son patron. Si, on a le droit de critiquer son patron même quand on est salarié d'une entreprise. Pour le reste, j'ai compris la question que vous alliez me poser. Est-ce qu'on va continuer à y aller ou pas ? Ce n'est pas. Et ce n'est pas à la France Insoumise de prendre sur nous le fait de ne pas aller dans cette émission. Je rappelle que quand une émission dispose d'un canal de diffusion, il a une convention.
Donc, rien ne s'oppose. En tout cas, vous ne vous êtes pas mis collectivement. On n'y va pas.
Nous avons saisi l'ARCOM parce qu'il y a des règles. L'ARCOM qui est donc le gendarme de l'audiovisuel l'ancien CSA. Parce qu'il y a des règles dans une émission politique et dans une émission de manière générale et que ces règles, elles doivent être appliquées. Et ça ne peut pas être si les règles ne sont pas appliquées, vous n'allez pas y aller. Ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est que les règles doivent s'appliquer. Donc, l'ARCOM doit signaler.
Compris sur la chaîne C8. Mais partout. Mais quand même, Jean-Luc Mélenchon hier, qui a été épargné et même plus qu'épargné par Cyril Hanouna, qui a rappelé Jean-Luc Mélenchon, c'est le premier à être venu dans notre émission. Et Jean-Luc Mélenchon, qui à la même heure a Clermont-Ferrand en meeting, disait « Je refuse de jeter la pierre à Hanouna. Il parle plus franc que les autres. Il ne s'est pas entortillé dans les dentelles ses propos comme les autres. »
Oui, là, vous prenez une partie de la citation. Jean-Luc Mélenchon, il a aussi dit qu'il a été inacceptable d'insulter un désu de l'arrêt public.
C'est très juste.
Et ensuite, effectivement, ce qu'il dit, c'est que M. Hanouna, l'avantage, c'est qu'il ne met pas les formes. Et donc, ce qui s'est passé sur le plateau de C8, ça a révélé au grand jour les liens qui peuvent exister entre un certain nombre de puissances financières et le contenu éditorial des médias. Et quand on voit la place qu'ont les médias dans la vie démocratique de notre pays, c'est un problème que 90% des médias soient détenus par ces 9 milliardaires.
Vous auriez une loi ? Parce que c'est vrai que tu parles beaucoup de vos polémiques, de vos esclandres, mais c'est vrai que sur le fond, en termes de proposition de loi, est-ce que par exemple, sur cette question-là, vous allez en tirer les conséquences pour proposer des lois ?
Alors, nous avons ce qu'on appelle notre niche parlementaire le 24 novembre. La niche parlementaire, pour ceux qui nous écoutent, c'est le moment où un groupe politique peut mettre à l'ordre du jour un certain nombre de textes de loi. Dans cette niche parlementaire, nous allons déposer une proposition de loi pour le SMIC à 1600 euros pour donner un exemple, mais nous allons aussi déposer une proposition de loi, d'une loi anti-concentration dans les médias pour faire en sorte qu'il ne puisse plus y avoir des situations de monopole qui font que l'ensemble, quasiment l'ensemble des médias sont détenus par une toute petite minorité.
Vous allez donc provoquer le débat, y compris dans l'hémicycle, sur cette question-là. C'est une question majeure
pour la démocratie, c'est le 24 novembre prochain.
Le 24 novembre, il y aura Adrien Quatennens ?
Ça, je ne sais pas encore. Écoutez, Adrien Quatennens, c'est très simple. Son arrêt maladie s'est terminé puisqu'il était en arrêt maladie à l'Assemblée nationale la semaine dernière. Il soit très bien, c'est ce qu'il a dit à certains d'entre vous. Oui, aucun des députés de notre groupe politique n'ont demandé sa démission. À partir de ce moment-là, il est normal que collectivement, maintenant, on travaille, on réfléchisse ensemble et ça prendra le temps qu'il faut des conditions, des modalités, des calendriers du retour d'Adrien Quatennens à l'Assemblée nationale.
Vous n'êtes pas opposé, Manuel Montpart, à son retour dans l'hémicycle ?
Non, non, pas du tout. Écoutez, je considère que Adrien Quatennens, il a fait une faute, il l'a d'ailleurs admise lui-même et reconnu lui-même. Mais quand on fait une faute, quand on reconnaît une erreur, il doit y avoir une sanction, c'est une évidence, mais cette sanction, elle doit être proportionnée à la gravité de la faute qu'on a reconnue.
Faute avouée à moitié pardonnée ?
Non, ce n'est pas ce que je suis en train de dire.
A moitié pardonnée ?
Oui, mais ce n'est même pas ça que je suis en train de dire. Je suis en train de dire que la sanction, elle doit être proportionnée au fait dont il s'agit. Sandrine Grousseau, c'est membre de votre groupe,
c'est impossible qu'il revienne, il est disqualifié.
Je n'ai pas entendu exactement ça de Sandrine Grousseau dimanche. Impossible, disqualifié. Oui, mais parfois, vous prenez une petite partie de la phrase.
J'ai remarqué quand même que ça vous arrange toujours vous aussi. Parce que la dernière fois, je vous avais fait écouter un son de Jean-Luc Mélenchon et puis vous aviez fait genre vous ne l'entendiez pas.
Chacun fait son travail. Vous reconnaissez. Donc il y a des trucs que vous n'entendez pas. Vous m'avez cité une partie de Jean-Luc Mélenchon. Heureusement que je vous ai dit qu'il y en avait une autre partie.
Vous remarquerez que je l'ai reconnu.
En l'occurrence, la partie de Sandrine Grousseau que j'ai entendue lundi midi sur le plateau de télévision.
Vous l'avez reconnu sur Jean-Luc Mélenchon en sortant du studio, mais pas dans le studio.
De quoi ? Vous n'aviez pas entendu le mot juste dans les concours de Jean-Luc Mélenchon. Je ne sais pas si c'est très important qu'on revienne sur ce qui s'est passé il y a deux mois. Mais attendez, attendez, n'est-ce qu'ils ne vont pas le sujet ? La question qui nous est posée, c'est est-ce qu'Adrien Quatennens a reconnu une faute ? Oui. Est-ce qu'il devait avoir une sanction ? Est-ce qu'il devait avoir une conséquence politique de sa faute ? Oui, ça a été le cas. Il n'est plus en retrait de notre formation politique. Ça fait deux mois qu'il n'est plus à l'Assemblée nationale. Pour autant, il n'est pas condamné à perpétuité.
Donc à partir de ce moment-là, il est normal qu'on prépare collectivement les conditions de son retour. Et donc, on l'a bien compris, vous n'êtes pas opposé à son retour. Manuel Bompard, député de la France Insoumise des Bouches-du-Rhône. Merci d'être venu dans ce studio.
Il est 8h53.
Manuel Bompard