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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 8 juin 2020 21 minContradictoireActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprisesSécuritéInstitutions & élections

L'invité de Bourdin Direct : Eric Ciotti - 08/06

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:36OuverteRéponse directe

    L'avis du président du conseil scientifique est-il en train de converger vers un assouplissement du déconfinement ?

  • 1:36RelanceRéponse partielle

    Éric Ciotti, vous êtes favorable à l'ouverture des écoles et des restaurants, mais beaucoup de républicains étaient contre avant la rentrée. Pourquoi ?

  • 2:10OuverteRéponse directe

    Êtes-vous favorable à l'ouverture des frontières dans l'espace Schengen le 15 juin ?

  • 3:03OuverteRéponse directe

    Faut-il prolonger l'état d'urgence sanitaire au-delà du 10 juillet ?

  • 4:21OuverteRéponse directe

    Le New York Times écrit que le gouvernement Macron a bien géré la crise. Est-ce faux ?

  • 6:19OuverteRéponse directe

    Qui sera auditionné dans le cadre de la commission d'enquête parlementaire ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:16PrésentateurChiffre
    « 22% à peine des élèves sont scolarisés. Ça veut dire que 78% ne le sont pas. »
  • 1:47Invité politiqueFait
    « Beaucoup de républicains étaient contre l'ouverture des écoles aux enfants avant la rentrée de cette campagne. »
  • 1:55PrésentateurFait
    « Ce que j'avais proposé, c'est qu'il y ait une rentrée obligatoire pour tous et partout le 2 juin. »
  • 2:17Invité politiqueFait
    « Ouverture des frontières à l'intérieur de l'espace Schengen pour permettre notamment la circulation des touristes, vous y êtes favorable. »
  • 4:23Invité politiqueFait
    « Le gouvernement du président Emmanuel Macron a repoussé le coronavirus, empêché les licenciements massifs, soutenu les salaires des chômeurs, éviter les pénuries de nourriture et atteint un taux de mortalité inférieur à celui de ses voisins, à l'exception de l'Allemagne. »
  • 5:56PrésentateurChiffre
    « On prévoit une baisse de la richesse nationale, une décroissance de l'ordre de 12%. »
  • 6:01PrésentateurChiffre
    « 1 million de chômeurs au mois d'avril. »
  • 8:40PrésentateurChiffre
    « L'IGPN a été saisie en 2018 de 46 procédures pour racisme. C'est un rapport qui est sorti aujourd'hui. »
  • 10:27PrésentateurChiffre
    « Il y a 150 000 policiers dans notre pays. Il y a 100 000 gendarmes. »
  • 14:10PrésentateurChiffre
    « Chaque jour, 25 policiers sont blessés en mission. »
  • 14:33Invité politiqueChiffre
    « 85% des Français ont une bonne image des policiers et les gendarmes. »
  • 14:40Invité politiqueChiffre
    « C'est une étude commandée par le ministère de l'Intérieur sur 12 000 personnes qui a été conduite à la fin de l'année 2019. »
  • 19:35PrésentateurChiffre
    « Il y a eu 107 personnes blessées gravement par les policiers en 2019. Plus de 9 jours d'interruption de temps horaire de travail. »
  • 20:06PrésentateurChiffre
    « Un policier a 12 heures de formation par an pour les techniques d'interpellation et pour le tir. »

Temps de parole

  • Présentateur78 %
  • Éric Ciotti22 %

1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.

0:18
Éric Ciotti

Éric Ciotti, bonjour. Bonjour. Député les Républicains des Alpes-Maritimes, je vais vous parler du déconfinement. Vous êtes aussi rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement. Je vais vous parler des confinements. Faut-il maintenant assouplir ce déconfinement ?

0:36
Présentateur

J'ai écouté hier le président du conseil scientifique, Jean-François Delfraissy. C'est ce qu'il souhaite. Donc on a cet avis scientifique qui aujourd'hui, ces avis scientifiques, ils sont en train de faire convergent. Donc je crois en effet que le temps est venu d'accélérer le rythme. On voit bien que tous les paramètres s'améliorent. Il faut néanmoins bien sûr rester prudent et vigilant. Mais je suis favorable notamment pour les restaurants à ce que certaines restrictions soient levées. Et je suis aussi très partisan à ce que l'école retrouve une activité normale. Parce que derrière, il y a aussi cette paralysie de l'économie. Parce que 22% à peine des élèves sont scolarisés.

Ça veut dire que 78% ne le sont pas. Ça veut dire que des parents ont des difficultés aujourd'hui pour occuper leurs enfants, pour transmettre les enseignements. Et puis c'est un risque de blocage aussi de notre économie.

1:36
Éric Ciotti

Éric Ciotti, oui, aujourd'hui vous êtes favorable à ça. Mais je me souviens quand même que beaucoup de républicains étaient contre l'ouverture des écoles aux enfants avant la rentrée de cette campagne.

1:47
Présentateur

Ce que j'avais proposé, c'est qu'il y ait une rentrée obligatoire pour tous et partout le 2 juin. On est allé au 11 mai, mais c'était, je dirais, symbolique. Là, ni obligation pour les élèves, ni obligation pour les enseignants, ni obligation pour les maires. L'école, elle est républicaine, elle doit avoir lieu pour tout et partout.

2:10
Éric Ciotti

Bien, ouverture des frontières à l'intérieur de l'espace Schengen pour permettre notamment la circulation des touristes, vous y êtes favorable. Le 15 juin, probablement le 15 juin, c'est pas encore totalement acté. Est-ce qu'il faut, le 15 juin, que tout le monde puisse circuler librement en Europe ? Il faut voir par rapport à la situation des pays. Là encore, il faut être pragmatique. Par exemple, l'Italie nous permet d'aller en Italie. Nous ne permettons pas aux Italiens de venir en France.

2:36
Présentateur

On a eu un blocage dans mon département. Non, c'est pas logique. Comme ce n'était pas logique au début de la crise, que la France laisse ses frontières ouvertes depuis l'Italie. Les Italiens pouvaient venir dans le département des Alpes-Maritimes. Par exemple, l'inverse n'était pas possible. Donc, il faudrait une harmonisation européenne. Et puis, ayons un peu de pragmatisme au cas par cas. S'il y a des pays où le virus continue à se diffuser, il ne faut pas ouvrir.

3:03
Éric Ciotti

Faut-il ouvrir les frontières françaises aux Italiens aujourd'hui ? Je vous pose franchement la question.

3:06
Présentateur

Aujourd'hui, je pense que dans quelques jours, cela devrait pouvoir se faire.

3:10
Éric Ciotti

Bien. Faut-il prolonger l'état d'urgence sanitaire ?

3:13
Présentateur

Non, je ne crois pas. La latte est fixée au 10 juillet. Moi, personnellement, je considérais que le 23 juin, c'était deux mois une prorogation. On a voté à l'Assemblée nationale cette prorogation. L'état d'urgence sanitaire a commencé le 23 mars. Trois mois, ça me paraissait suffisant. Non, je pense qu'aujourd'hui, nous devons retrouver un fonctionnement de notre pays, y compris institutionnel, parce que l'état d'urgence sanitaire, ce sont des dispositions qui peuvent conduire à des privations de liberté et qui donnent des pouvoirs exorbitants du droit commun à l'exécutif, notamment au détriment des pouvoirs de contrôle.

3:52
Éric Ciotti

Le pouvoir mieux réprimer les manifestations, disent ceux qui sont opposés, beaucoup de ceux qui sont opposés à la prolongation de l'état d'urgence. Non, je crois qu'il y a des outils dans le droit commun

4:02
Présentateur

pour faire respecter à la fois les libertés individuelles et pour lutter contre les violences. Donc cet état d'urgence sanitaire, aujourd'hui, ne me paraît plus au porteur au-delà du... Allez, le 10 juillet, maintenant la loi est votée, donc on n'ira jusqu'au 10 juillet. Le renouveler au-delà, ça ne me paraîtrait pas nécessaire. Bien, le New York Times écrit

4:23
Éric Ciotti

« Le gouvernement du président Emmanuel Macron a repoussé le coronavirus, empêché les licenciements massifs, soutenu les salaires des chômeurs, éviter les pénuries de nourriture et atteint un taux de mortalité inférieur à celui de ses voisins, à l'exception de l'Allemagne. » Est-ce faux, ce qu'est écrit le New York Times ?

4:40
Présentateur

Il y a des analyses qui sont différentes. Sur la mortalité, on est, je crois, au cinquième ou sixième rang au plan international. Au terme du chômage, l'Allemagne a des résultats très nettement supérieurs. Donc, nous verrons bien au début. Moi, ce que je dis aujourd'hui...

5:02
Éric Ciotti

Parce que vous êtes rapporteur général de la commission d'enquête parlementaire.

5:04
Présentateur

Nous poserons les questions. J'écoutais encore une fois le président du Conseil scientifique qui disait... Il y a une question essentielle, c'est celle du confinement. Est-ce qu'il fallait aller sur le confinement ? Et le président du Conseil scientifique dit un propos qui me paraît assez pertinent en disant « C'était une mauvaise décision, mais c'était la seule possible parce que nous n'avions pas les éléments matériels pour nous protéger. » Les masques, les tests, ils citent ce chiffre. Vous faites la comparaison avec l'Allemagne. 3 000 tests en France au début de la crise par semaine. 3 000. 50 000 en Allemagne. La réalité, elle est là.

Et c'est pour cela qu'il y a eu cette nécessité d'un confinement aussi strict qui a mis notre économie à l'arrêt. Aujourd'hui, les chiffres économiques sont particulièrement préoccupants. On prévoit une baisse de la richesse nationale, une décroissance de l'ordre de 12%. 1 million de chômeurs au mois d'avril. Je ne vois pas là des signes malheureusement très positifs. Et j'ai l'impression qu'au contraire, ils sont plus loups que dans d'autres pays comparables. Mais cette évaluation, naturellement, doit se faire avec un peu de recul. Alors, qui sera auditionné ?

Nous auditionnerons tous ceux qui peuvent apporter un éclaircissement pour non pas faire un procès de quiconque, mais pour que ça ne se reproduise pas. Moi, mon souci, c'est, par exemple, si à l'automne ou l'hiver prochain, on devait avoir une nouvelle vague, c'est qu'on soit mieux armé, mieux armé sur des produits essentiels pour lutter contre la maladie. Je redis des tests, les masques, les respirateurs, les lits, réanimation. Tous les ministres qui deviennent... Tous les ministres, le Premier ministre ? Le Premier ministre, ça me paraît légitime. C'est la présidente de la commission, Madame Bourguignon, qui convoquera.

Mais moi, en tant que rapporteur, je demanderai l'audition du Premier ministre, de tous les ministres, depuis 2005. Pourquoi 2005 ? 2005, c'est la grippe aviaire. Xavier Bertrand était ministre de la Santé. Il a pris des décisions très efficaces. Elles ont été poursuivies par le gouvernement de Nicolas Sarkozy au moment de l'épisode de la grippe H1N1. Rappelez-vous, nous avions à l'époque 1,7 milliard de masques. On avait même reproché au gouvernement d'en faire trop. Depuis, pourquoi on est arrivé en janvier 2020 à 100 000 masques ? Il nous a laissés complètement démunis.

7:35
Éric Ciotti

Bon, alors, on a dit, beaucoup d'hommes politiques, de responsables politiques seront auditionnés. Les premières auditions, quand ? Juste une date. Je l'espère la semaine prochaine.

7:43
Présentateur

Le bureau de la commission se réunit demain. Et moi, je souhaite que les auditions aient lieu la semaine prochaine. Durée de l'enquête ? Six mois. C'est la durée constitutionnelle. Je passe à autre chose. Est-ce que certains policiers et gendarmes sont racistes en France ? Certains. Il peut y avoir des racistes. Il peut y avoir des journalistes racistes. Il peut y avoir des hommes politiques.

8:03
Éric Ciotti

Les journalistes racistes, ils sont condamnés immédiatement.

8:06
Présentateur

Mais les policiers aussi. Sont-ils condamnés ? Bien sûr, il y a eu des condamnations. L'année dernière, il y a eu 30 procédures pour racisme. Il y en avait 46 en 2018. Procédure est une chose.

8:20
Éric Ciotti

Combien de policiers ou de gendarmes ont été condamnés pour propos racistes ?

8:27
Présentateur

Je ne sais pas très exactement. Je ne sais pas très exactement sur les condamnations judiciaires. Vous savez, les procédures judiciaires, elles durent plusieurs années.

8:37
Éric Ciotti

Il arrive un moment où elles s'arrêtent, les procédures.

8:40
Présentateur

L'IGPN a été saisie en 2018 de 46 procédures pour racisme. C'est un rapport qui est sorti aujourd'hui chez certains de vos confrères aujourd'hui. Et 30 en 2019. Donc ça a d'ailleurs diminué. Ça a d'ailleurs diminué. C'est un fait important. Ensuite, il y a des condamnations. Comme il y a des condamnations pour propos racistes sur toutes les corporations. Donc dire que la police est raciste, aujourd'hui, je le dis, est une contre-vérité qui ne repose que sur une approche idéologique. Et moi, je conteste cette vision et je demande d'ailleurs, parce que j'ai entendu hier M. Mélenchon a demandé à ce que le Président de la République s'exprime. Manifestement, M. Macron a écouté M.

Mélenchon, puisqu'il y a un propos qui est rapporté par vos confrères.

9:32
Éric Ciotti

Il y a un propos rapporté qui sera là demain matin à votre place et qui va s'exprimer sur la question.

9:39
Présentateur

Je demande aussi au Président de la République, comme au ministre de l'Intérieur, de dénoncer ce procès collectif qui est fait à la police. Ne confondons pas des actes individuels qui, naturellement, sont condamnables, qui doivent être condamnés avec...

9:55
Éric Ciotti

Vous avez vu ces groupes de policiers qui discutent sur les réseaux sociaux ? La justice a été saisie. Est-ce que ces policiers doivent être révoqués ?

10:06
Présentateur

Oui ou non ? C'est l'enquête judiciaire qui le dira. Et si les propos sont avérés, est-ce que les policiers doivent être révoqués ? Bien sûr, mais ne faisons pas des procès médiatifs. Je ne fais pas de procès médiatifs. On parle d'un groupe. D'abord, ce groupe, il représente environ, si tant est que ces personnes soient toutes membres des forces de l'ordre. On parle de 8000 personnes. Il y a 150 000 policiers dans notre pays. Il y a 100 000 gendarmes. C'est 250 000 policiers. Il y a des policiers municipaux. On peut rajouter des réservistes. Mais bon, c'est beaucoup. Vous avez raison et j'en conviens. Mais est-ce qu'on est sûr qu'il s'agit de 8000 policiers ?

Donc, ne nous prononçons pas avant l'enquête. Moi, je refuse les procès médiatiques. Moi, j'ai confiance en la justice. Nous avons un état de droit. Il y a des procédures. Il y a un corps de contrôle, l'IGPN. Il y a des enquêtes. Elles sont nombreuses. Il n'y a pas de laxisme sur ces attitudes dans la police. Donc, naturellement, s'ils sont condamnés, il doit y avoir des sanctions impacables et exemplaires.

11:10
Éric Ciotti

Bien, il y a eu beaucoup de manifestations partout dans le monde après la mort de George Floyd. Pour l'instant, Emmanuel Macron n'a rien dit. Alors que Justin Trudeau, vous regrettez qu'il n'ait rien dit sur la mort de George Floyd ? Je regrette qu'il ne soit pas prononcé des deux côtés. Non, mais sur la mort de George Floyd. Parce que je vois que Justin Trudeau, par exemple, le Premier ministre canadien, a mis un genou à terre. Vous avez vu ça ? J'ai vu ça. Est-ce que vous imagineriez Emmanuel Macron mettre un genou à terre ?

11:36
Présentateur

Non, je ne crois pas que ce soit le rôle d'un président de la République de mettre un genou à terre. Mais il faudrait que le président de la République parle. Parce que quand il y a une émotion internationale, elle est légitime. Parce que ce qui s'est passé aux Etats-Unis est une abomination. Ces images sont insupportables. C'est un assassinat. Et ce terme, c'est un policier qui me l'a dit. Parce qu'ils sont aussi extrêmement choqués. Il y a cette émotion, je la comprends et je la partage. Mais attention, attention par rapport à cette émotion, à la manipulation que certains peuvent conduire.

Parce que derrière cette émotion, il y a notamment dans notre pays, il y a la tentation de l'extrême gauche de déstabiliser la société. Il y a la tentation de porter atteinte à la police républicaine. Notre police, elle est républicaine. Et j'aimerais aussi que le président de la République le dise. Parce que, qu'est-ce qui se passe quand même ? Nos policiers depuis 2015, qu'est-ce qu'ils ont subi ? Les attentats islamistes. Moi, je pense aujourd'hui à Clarissa Jean-Philippe, je pense à Jessica Sneder, je pense à Jean-Baptiste Salvin, qui ont été assassinés chez eux parce qu'ils étaient policiers.

Je pense à cette magnifique image du 11 janvier 2015, où il y avait ce policier de couleur qui était embrassé, et qui avait cette fraternisation entre les citoyens et leur police. Depuis, il y a eu les manifestations, la loi Travail, les dérives de certains gilets jaunes. Il y a eu les policiers qui nous ont protégés pendant le Covid. Et là, on devrait avoir aucune reconnaissance ? Je trouve que c'est totalement injuste par rapport à ce qui se passe.

13:17
Éric Ciotti

Je vais revenir sur les violences, les accusations de violences policières. Est-ce que vous mettriez un genou à terre, vous, la mémoire de George Floyd ? Non. Est-ce que ça vous choque, ces images ? Tiens, on va regarder une image à Atlanta, aux Etats-Unis. On voit des policiers danser avec les manifestants. Voilà, ça vous choque, ce genre d'image ? Est-ce que quand vous voyez les policiers mettre un pied à terre, est-ce que ça vous choque ?

13:48
Présentateur

Bien sûr que non, ça ne me choque pas. Il y a cette émotion, elle est légitime, et il est important qu'il y ait ce lien entre la police et les citoyens. Mais attention, attention, parce qu'aujourd'hui, je vois le procès qui s'ouvre contre la police républicaine. Et ce procès, il est injuste. Je rappellerai quand même quelques chiffres. Chaque jour, Jean-Jacques Bourdin, 25 policiers, chaque jour, 25 policiers sont blessés en mission. 100, c'était les chiffres de 2018, 107 policiers sont agressés. C'est 10 400 par rang entre les policiers et les gendarmes. Ces chiffres, ils sont énormes. Il y a cette montée de la violence dans la société.

14:33
Éric Ciotti

85% des Français ont une bonne image des policiers et les gendarmes. C'est une étude commandée par le ministère de l'Intérieur sur 12 000 personnes qui a été conduite à la fin de l'année 2019. Alors, oui ou non, est-ce que vous niez que des policiers ou des gendarmes puissent être violents ? Il y a eu des actes de violence. Parce que hier, Christian Jacob a dit « Ça n'existe pas la violence policière ».

14:58
Présentateur

Ce qu'a dit Christian Jacob, c'est que la violence de l'institution policière n'existe pas. Et il a raison. Il a dit que la violence policière n'existe pas. Les policiers disposent de la force. C'est Max Weber, le sous-soloque, qui disait « C'est le monopole de la contrainte ou de la violence légitime » pour faire respecter la loi. Parce qu'il y a des situations quand un policier rattrape un délinquant et qui se rebelle, qui refuse d'obtempérer, il faut qu'il y ait l'usage de la force. Il faut que cette force soit proportionnée, mesurée. C'est tout l'enjeu des techniques d'interpellation, de formation. Mais il n'y a pas de violence institutionnelle.

Après, il peut y avoir des dérapages individuels. Il y en a eu. Il faut les combattre, mais dire que c'est la police qui est violente. Non, jamais. La police, elle fait respecter la loi. Qu'est-ce qu'on veut ? Une société où il n'y ait plus de police ? Une société où ce soit la loi des communautés ? Des bandes de la violence du plus fort qui dominent ? Ce n'est pas cette France que je souhaite, personnellement. Ce n'est pas ma France.

16:03
Éric Ciotti

Le défenseur des droits dénonce la technique de la NAS, l'encerclement des manifestants, le port de casques de moto intégraux par les policiers ou de cagoules, l'utilisation des grenades de désencerclement. Et le défenseur des droits demande le retrait de l'utilisation de ces grenades. Et puis, il y a beaucoup de réticences sur l'utilisation du LBD. Il faut que la police revoie ces méthodes de...

16:31
Présentateur

D'abord, vous savez, la police, elle obéit aux ordres. Ça ne vous a pas échappé qu'au moment des Gilets jaunes, les doctrines de maintien de l'ordre ont changé. Il y a eu cette image qui a tellement choqué des Français du pillage de l'arc de triomphe. Le ministre de l'Intérieur a donné une autre doctrine. Donc, la police respecte cette doctrine. Cette doctrine, elle est sans doute plus dangereuse parce qu'elle demande aux policiers d'aller au contact. On ne peut pas leur demander d'aller au contact. Et donc, forcément, il y aura un choc. Et après, leur reprocher. Mais moi, j'ai des propositions sur le LBD. On sait que beaucoup des blessures ont été causées par le LBD.

D'abord, il faudrait qu'il ne soit utilisé que par des personnes très qualifiées. Et notamment, les CRS ou les gendarmes mobiles qui savent l'utiliser. Il faudrait qu'il y ait une habilitation beaucoup plus stricte. Ensuite, moi, je propose que sur le LBD, il y ait des caméras systématiques, comme sur les tasers, qui filment le tir du LBD. Comme je souhaite qu'il y ait des caméras piétons, systématisées sur tous les policiers. On en a acheté, le ministre de l'Intérieur en a acheté, 10 000, elles ne marchent pas. Parce qu'il n'y a pas, vous savez, elles n'ont qu'une heure d'autonomie.

17:38
Éric Ciotti

On filmerait l'utilisation du LBD, mais on ne filmerait pas, si j'ai bien compris, les fonctionnaires de police, les militaires, les policiers municipaux ou les agents des douanes. Votre proposition de loi. Alors, expliquez-moi cette proposition de loi. Vous l'avez là.

17:56
Présentateur

Je l'ai ici, je l'ai ici, et vous voyez le titre. Proposition de loi visant à rendre non identifiables les forces de l'ordre. Le fait de dire que je veux interdire de filmer les policiers en action est une fake news. C'est une contre-vérité, d'ailleurs développée par des journaux sérieux, comme Le Monde, qui a titré que je voulais interdire de filmer les policiers. C'est faux, c'est contraire, c'est totalement faux. Alors, qu'est-ce que vous voulez interdire ? Je veux simplement que l'image du policier soit floutée, qu'on ne puisse pas l'identifier et le reconnaître, parce que ces policiers, ils sont menacés. On les suit quelques fois, jusque chez eux, leur famille.

J'évoquais la mémoire de Jessica Schneider et Jean-Baptiste Salvin, assassinés chez eux devant leur enfant de 3 ans. On veut cette société de violence ? Moi, je demande qu'on protège l'identité des policiers. Et ça ne veut pas dire qu'il ne peut pas y avoir d'enquête. Une image, elle est floutée, mais un juge, un procureur, peut naturellement y avoir accès. Il y a déjà des policiers qui sont floutés, ceux du RAID, du GIGN. Ça ne pose aucun problème. C'était ça, ma proposition de loi. Elle, d'ailleurs, répondait à une demande des policiers. Et où en est-on, d'ailleurs ? Le gouvernement ne la soutient pas, me semble-t-il. Je poserai la question au ministre de l'Intérieur.

Vous savez, elle m'a valu des dizaines de menaces de mort. C'est très étonnant de la part de ces gens qui prônent la non-violence de menacer de mort les forces de l'ordre ou ceux qui veulent les défendre. J'y trouve une forme de paradoxe. La violence, vous savez, elle n'est sans doute pas du côté où l'on croit. Parce que j'évoquais ces chiffres tout à l'heure, ces 30 policiers blessés par jour. Vous savez, ce fameux rapport de l'IGPN, vous le citiez tout à l'heure. Il y a eu 107 personnes blessées gravement par les policiers en 2019. Plus de 9 jours d'interruption de temps horaire de travail. 107 personnes. Ça veut dire que c'est 3 jours de blessure des policiers. Voilà. C'est ça la réalité.

Donc on est dans une société de plus en plus violente. C'est les policiers qui sont en première ligne. Et on a besoin de les défendre. Il faut qu'ils aient plus de moyens. Deuxième proposition pour la déontologie aussi. Plus de formation. Vous savez, on réduit les heures de formation. Un policier a 12 heures de formation par an pour les techniques d'interpellation et pour le tir. Et ça diminue d'année en année. Il faut augmenter la qualité de la formation initiale. On a baissé sur la qualité du recrutement, il faut le dire. Et sur la formation continue. Ça, ce sont de vraies réponses ensuite sur les grenades. Pourquoi pas ? Il faut regarder.

Mais pour avoir des techniques qui soient les moins dangereuses possibles. Bien sûr. Mais ne faisons pas un amalgame extraordinairement dangereux. On a besoin de notre police. Elle est républicaine. Elle nous protège. Et tout ça est aussi le fait qu'on n'a pas assez de moyens pour cette police. On a légèrement augmenté les effectifs. C'est bien. Mais on a payé cette augmentation par une diminution des matériels, des moyens de fonctionnement. Et ça, ce n'est pas normal.

20:56
Éric Ciotti

Merci Éric Ciotti d'être venu nous voir ce matin. Demain, donc, le ministre de l'Intérieur sera là pour répondre à toutes ces questions autour des forces de l'ordre, entre autres. Il est 8h54. C'est un petit peu. Merci à tous. Merci à tous. Merci à tous. Merci à tous.