Cellule anti-harcèlement, réforme des retraites, mobilisation en Russie... Le "8h30 franceinfo" de Yaël Braun-Pivet
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La NUP est secouée depuis plusieurs jours par les affaires Caténins et Bayou. Au-delà de ces deux situations, au-delà de ces deux cas personnels, quelle doit être la règle aujourd'hui pour les députés soupçonnés de violences sexuelles ?
Aujourd'hui, nous avons une règle très claire, il y a des incompatibilités. Vous ne pouvez pas être élu, vous présenter un suffrage si vous avez été condamné pour un certain nombre d'infractions. Après, lorsque vous exercez votre mandat et que vous avez une suspicion, vous ne pouvez continuer juridiquement à exercer votre mandat. Mais il faut après que cela finalement soit pris en compte par chacun, et c'est la responsabilité de chacun de se dire si, compte tenu d'une situation particulière, est-ce que je suis à même d'exercer mon mandat ? Et donc ça, c'est une appréciation personnelle.
Un choix personnel, vous ne souhaitez pas par exemple qu'il y ait une règle commune ?
Non, parce que vous savez, moi je suis une juriste, nous sommes là sur des cas de suspicion, il y a une main courante, il y a une enquête qui est ouverte, et donc moi je considère que la justice doit faire son travail. Et dans tous les cas, non mais dans tous les cas, en fait, le soupçon ne doit pas entraîner, avoir une conséquence aussi importante que la démission d'un parlementaire.
Vous avez sans doute entendu votre collègue Aurore Berger, qui est la présidente de votre groupe à l'Assemblée, qui dit « Adrien Quatennens n'est pas le bienvenu à l'Assemblée ».
Nous ne sommes pas dans les mêmes rôles, et Aurore est libre de dire et de penser ce qu'elle souhaite, fort heureusement. Maintenant, moi, en tant que présidente de l'Assemblée nationale, mon rôle c'est de rappeler la règle. La règle est qu'il n'y a pas d'obligation de démissionner, et il peut exercer son mandat, qu'après, quand on est élu, on est responsable politique, donc c'est à chacun d'apprécier si effectivement on peut exercer son mandat dans une situation telle que celle-ci, et en tout état de cause, le jour où, s'il est condamné, là, la situation aura évolué,
et nous devrons en tirer les conséquences. Donc pour vous seul, la condamnation peut entraîner la démission, le départ du député en question, quand il y a plainte ou mise en examen, ou ouverture d'enquête, comme dans le cas de Damien Abad, par exemple, là, ou celui de M. Catenins, il faut rester à l'Assemblée, il n'y a pas d'obligation.
Ce n'est pas ce que j'ai dit, je ne dis pas, il faut rester à l'Assemblée, je dis, il n'y a pas d'obligation de démissionner, et donc c'est un choix personnel de responsable politique, est-ce que je suis capable, dans cette situation, de bien représenter les citoyens qui m'ont élue, et de porter leur voix, et d'exercer pleinement mon mandat parlementaire. Et ça, c'est une appréciation qu'il doit avoir, en lien avec son groupe politique, mais il n'y a pas d'obligation de démission, et donc il est important pour moi de rappeler cette règle-là, pour que tout le monde sache quelle est sa marge de manœuvre.
Ce que vous avez dit aussi, c'est le soupçon ne vaut pas mise en retrait, pourtant c'est ce qui se passe du côté des écologistes, avec Julien Bayou, lui aussi est accusé et soupçonné dans des affaires de violence. Dans ce cas-là, quand vous avez appris la mise en retrait de Julien Bayou, de la coprésidence du groupe, comment vous l'avez pris cette nouvelle, vous ?
C'est exactement la même chose. On a quelqu'un qui prend une décision en toute responsabilité, individuellement et avec son groupe politique, c'est, je trouve, la bonne façon de faire. Il a été assez clairement poussé dehors. Mais à nouveau, moi, en tant que président de l'Assemblée nationale, je n'ai pas demandé aux députés, dans telle ou telle situation, d'avoir telle ou telle action, en dehors de tout cadre légal. Nous avons un cadre légal, et mon rôle, c'est de faire appliquer ce cadre légal.
A l'Assemblée nationale, vous disposez également d'une cellule d'écoute, la cellule anti-harcèlement. Cette fois-ci, elle existe depuis un peu moins de trois ans maintenant. Combien de personnes l'ont contactée depuis le début ? Est-ce que vous avez des chiffres ?
Alors, j'ai des chiffres, mais il est déjà important de rappeler qu'elle existe, effectivement, depuis trois ans et que c'est unique. Elle n'existe pas au Sénat et dans d'autres parlements européens. Ça, c'est pour Gérard Larcher ? Non, mais c'est pour dire à quel point l'Assemblée nationale s'est préoccupée de cette question et pas depuis hier, depuis 2019. Nous avons mis des affiches partout dans l'Assemblée pour, justement, indiquer l'existence de cette cellule et la façon dont on la contactait. En 2021, il y a 24 cas qui ont été signalés à cette cellule et en premier trimestre 2022, 8 cas. Il n'y a pas, et c'est important de le rappeler, ce ne sont pas que des cas de harcèlement sexuel.
Il y a aussi du harcèlement moral, de la pression. On sait qu'il y a eu un certain nombre d'affaires dont les médias se sont fait l'écho. Donc, il était important d'avoir une cellule qui couvre largement ces situations.
C'est géré en interne où il y a des signalements à la justice.
Alors, il peut y avoir des signalements à la justice au titre de l'article 40. Vous encouragez les personnes qui viennent à le faire ? Ce qui est important, c'est que nous encourageons les personnes qui en sont victimes à le dénoncer systématiquement. La victime qui le dénonce va être prise en compte et prise en charge. Et si, effectivement, les faits relèvent d'une infraction, là, il y a un signalement au titre de l'article 40 aux autorités judiciaires.
Il y en a eu combien ?
Alors, il y en a eu...
Je précise pour ceux qui nous suivent à la radio et pas à la télévision que vous êtes en train de chercher le code de votre portable pour retrouver les chiffres qui, visiblement, sont dessus. Mais soyons précis.
Voilà, en fait, soyons précis. Donc, en 2021, 24 cas, dont 12 pour lesquels les appelants ont accepté la levée de l'anonymat et un signalement aux déontologues. Donc, il y a eu, dans ces cas, deux signalements qui ont été identifiés comme vraiment des harcèlements sexuels ou sexistes. Et sur ces deux signalements, donc, identifiés comme harcèlement sexuel ou sexiste, il y en a un qui a fait l'objet d'un signalement. Donc, sur les deux, un a été signalé au titre de l'article 40 aux autorités judiciaires. D'accord.
Et pour l'autre, il y a des sanctions au niveau de l'Assemblée nationale, même s'il n'y a pas de suite judiciaire ?
En fait, il faut impérativement que les cas soient constitués et établis. Donc, moi, il peut y avoir effectivement des sanctions au niveau de l'Assemblée nationale. Je ne suis pas en mesure de vous le dire pour ce cas. Ce qui est important également de signaler, c'est qu'on a, à l'Assemblée nationale, vraiment fait une levée de l'omerta qui peut exister dans certains milieux. Et c'est fondamental de savoir qu'à l'Assemblée, on ne laisse rien passer aujourd'hui.
Yael Brunpivet, pardon, dans votre parcours professionnel, dans votre vie, est-ce que vous-même, vous avez été victime ou témoin de clichés ou de violences sexistes ?
De clichés, oui. Mais je pense, vous aussi, ce sont des situations qui se retrouvent dans tous les milieux professionnels. Moi, je pense que, d'une part, évidemment, il ne faut rien laisser passer. que, deuxièmement, il faut compter sur ces messieurs. Et moi, je me souviens... Évidemment. Non, mais c'est important, parce que moi, je me souviens, lorsque je suis arrivée... Ce n'est pas un combat uniquement pour les femmes. C'est une évidence de dire ça. Exactement. Mais c'est une évidence, mais c'est important. Et moi, je me souviens, quand je suis arrivée dans l'hémicycle en 2017, il y a eu des petits comportements sexistes à mon égard.
Et c'est un collègue masculin qui est monté dans les travées pour rappeler à l'ordre... Qu'est-ce qu'il y a eu comme comportement ? Ceux qui se prêtaient à ce type de comportement... Qu'est-ce qu'il y a eu dans l'hémicycle ? Vous savez, des petites remarques, des petits brouissements, etc. Parce que, parfois, les femmes... J'étais déjà présidente de la commission des lois. Lorsque l'on exerce des responsabilités, on peut être associée à des images féminines pas forcément flatteuses.
C'est fini, aujourd'hui ? Vous voyez tout à la télévision, on n'entend pas tout ce qui se passe. Vous, depuis le perchoir, vous entendez, a priori, y compris ces petits bruits, les insultes, les moqueries, etc. Il n'y a plus rien, vraiment, aujourd'hui ?
Il y en a de moins en moins, ça, c'est sûr. Moi, je pense qu'il y a deux facteurs qui font que ça a fortement diminué, voire disparu. D'une part, le nombre. Lorsque vous êtes dans une assemblée très mixte, où les femmes ne sont pas 10%, mais sont 30%, 40%, ça change, parce qu'il y a le nombre. Il y a la prise de conscience des hommes qui font qu'effectivement, ça n'est plus un combat féminin, mais c'est un combat homme-femme. Et puis, il y a l'accession des femmes aux responsabilités et aux plus hautes responsabilités. Quand vous êtes dans une assemblée présidée par une femme, j'ai cinq de mes six vice-présidents qui sont des femmes.
La question qui est un peu les cordons de la bourse à l'assemblée, la première question est une femme. Donc, les femmes aux responsabilités, beaucoup de femmes, et la prise de conscience que c'est un combat homme-femme, me font penser que c'est quelque chose qui disparaît de notre assemblée. Et c'est heureux. Maintenant, évidemment, que dès qu'il y aura un comportement sexiste dans l'hémicycle, je le sanctionnerai parce que c'est intolérable.
On va parler de la réforme des retraites dans un instant avec vous, si vous voulez bien. 8h40 de Le Filinfo. Tout d'abord, Mathilde Romagnon. Emmanuel Macron attendu dans quelques minutes à Saint-Nazaire. Le chef de l'État inaugure ce matin le premier parc éolien en mer de France. 80 éoliennes au large des côtes de la Loire-Atlantique. Elles entreront complètement en service d'ici la fin de l'année et seront capables d'alimenter 700 000 personnes. Un crime a été commis contre l'Ukraine et nous réclamons un juste châtiment.
En déclaration hier de Volodymyr Zelensky aux Nations Unies, le président ukrainien réclame la création d'un tribunal spécial pour punir la Russie de l'invasion de son pays. Hier, la Russie a annoncé la mobilisation de 300 000 réservistes en renfort dans le conflit en Ukraine. Mobilisation partielle qui déclenche une vague de contestations dans la population russe. Environ 1300 personnes ont été arrêtées hier lors de manifestations spontanées selon l'ONG OVD Info. Une pétition sur Internet a déjà recueilli plus de 230 000 signatures.
Le football et les Bleus reçoivent ce soir l'Autriche au stade de France pour la Ligue des Nations avec une équipe remaniée après de nombreuses blessures parmi les joueurs. Coup d'envoi à 20h45.
France Info Le 8.30 France Info Salia Brakia Marc Fauvel
Toujours avec la présidente de l'Assemblée nationale Yael Brown-Pivet sur la réforme des retraites. Que dites-vous aujourd'hui ? Aujourd'hui, il faut aller vite ou au contraire, il faut prendre le plus de temps possible pour négocier ?
Il faut la faire, cette réforme des retraites. C'est pas tout à fait votre question mais c'est le début de ma réponse parce que certains disent qu'il ne faut pas la faire et qu'il n'y en a pas besoin. Moi je pense qu'il faut la faire, il faut à la fois reculer l'âge de la retraite ou augmenter le nombre de trimestres et travailler sur les carrières longues, la pénibilité, etc. Donc il faut faire une réforme globale. A mon sens, il faut prendre le temps de la concertation avec les groupes politiques et avec les partenaires sociaux. Et il faut prendre le temps du travail approfondi pour une réforme globale.
Donc ça ne peut pas passer si on lit entre les lignes de ce que vous dites par un amendement au projet de loi de la Sécu dans un mois ?
Alors moi je n'ai jamais été favorable et c'est une constante chez moi aux amendements qui portent en eux-mêmes une réforme d'importance parce qu'ils n'ont pas été suffisamment, ils n'ont pas été expertisés par le Conseil d'État, ils n'ont pas fait l'objet d'une étude d'impact, ils n'ont pas été travaillés par les parlementaires en amont au sein de leur commission et donc je trouve que les amendements du gouvernement ne doivent pas porter en eux-mêmes une réforme substantielle.
Vous l'avez dit à Emmanuel Macron cet argument-là parce que c'est lui qui a émis cette hypothèse il y a quelques jours.
Alors vous savez, moi c'est une constante, je dis toujours ce que je pense et je suis assez cohérente et constante.
Que vous a-t-il répondu ?
Écoutez, la majorité aujourd'hui et donc le Président de la République et la Première Ministre sont en réflexion, ils consultent et c'est dans ce cadre-là que moi j'ai indiqué quelle était mon opinion. Après, à l'issue de cette réflexion, ils prendront leur décision, ils ont dans leur prérogative la possibilité de déposer cet amendement réformant globalement la retraite. Moi, j'attire vraiment l'attention de tous sur le fait que cette réforme doit être une réforme globale, elle doit paraître équitable équitable à nos concitoyens donc ne doit pas comporter qu'une mesure d'âge, il faut qu'elle comporte les aspects pénibilité, carrière longue, etc.
pour que nos concitoyens aient vraiment une adhésion à cette réforme et pour moi, elle doit être au maximum concertée avec les partenaires sociaux et les groupes politiques et les parlementaires.
Si ça passait par un amendement comme le souhaite le gouvernement, en tout cas, c'est l'une des pistes, ce serait un passage en force comme le dit François Bayrou ? Moi, je ne qualifie jamais
l'usage de règles qui existent et qui sont les nôtres et qui sont nos règles communes de passage en force. En revanche, encore une fois, moi, je pense que cette réforme-là, mais comme toutes les réformes majeures que nous devons faire dans notre pays doivent prendre le temps de la concertation, c'est ce que nous faisons dans le CNR, c'est ce que nous faisons... Moi, c'est la nouvelle méthode à laquelle j'ai appelé le gouvernement et à laquelle la Première ministre au mois de juillet a répondu favorablement. Plus de travail en amont, plus de concertation en amont des textes pour réussir à construire des compromis, du consensus et des débats qui soient apaisés.
Et donc, c'est la position constante que j'aurai sur tous les sujets et pas que sur le sujet des retraites pendant tout le quinquennat.
Autre sujet qui risque de fracturer l'opinion publique, Emmanuel Macron veut constituer une convention citoyenne sur la fin de vie. Il a raison d'ouvrir le débat ou alors la loi actuelle est suffisante ?
Il a raison d'ouvrir le débat. C'est un débat qui existe dans notre pays depuis des dizaines d'années et on voit que chacun de nos compatriotes est concerné par ces questions de fin de vie, évidemment, mais dans son entourage. on a tous nos histoires personnelles et je pense qu'il est, le moment est venu que la loi évolue.
Et donc, le fait de passer par une convention citoyenne, donc une large concertation avec les citoyens que j'espère, moi, qui va dépasser le cadre de cette convention citoyenne, j'espère que dans tout le pays, dans toutes nos salles communales, nous aurons des débats entre citoyens, avec des experts, avec les élus sur ce sujet qui est un sujet d'importance et puis, la ministre va mener des concertations avec le Parlement donc vous voyez, nous allons avoir là, dans les mois qui viennent, un débat sur ce sujet au sein de toute l'association.
Mais ça veut dire que vous suivrez les recommandations de la convention citoyenne sur la fin de vie ?
À nouveau, moi, je suis très favorable à la participation citoyenne mais il faut qu'elle se combine bien avec la représentation et donc, nos concitoyens qui vont travailler vont réfléchir, vont mûrir la situation mais à la fin, alors qui décide ? Il y a deux possibilités. Soit c'est, alors si ça rentre dans le cadre d'un référendum, c'est le peuple français donc directement par la voie de référendum soit le peuple français par l'intermédiaire de ses représentants et aujourd'hui, en 2022, les représentants ne sont pas tirés au sort, ils sont élus et donc c'est le Parlement. Donc soit un référendum
soit le Parlement mais pas une commission de citoyens pour des décisions comme celle-ci. Elle ne décidera pas.
Non mais pour aucune décision. Mais ça ne vous choquerait pas
que ce soit un référendum et un appel au peuple sur la fin de vie ?
Moi, ça ne me choquerait pas parce que je pense déjà qu'il ne faut jamais avoir peur du peuple lorsqu'il se prononce et surtout que c'est une thématique qui nous concerne tous. Maintenant, il faut regarder si juridiquement c'est possible et si ça rentre dans le champ du référendum mais surtout c'est évidemment de l'appréciation du président de la République. Moi, ma préférence personnelle c'est que le Parlement soit saisi parce que je pense que le Parlement souhaite en délibérer et est prêt à le faire.
Nous l'avions fait avec la loi Falorni pendant la précédente mandature et une large majorité à l'Assemblée nationale avait voté l'article 1 qui était la position de principe d'une aide active à mourir. Moi, je souhaite que le Parlement soit saisi d'un texte de loi qu'il puisse débattre et voter.
Un passage par le Fil Info puisqu'il est 8h et presque 50 minutes avec Mathilde Romagnon et on poursuit juste après. Volodymyr Zelensky appelle à la création d'un tribunal spécial pour punir la Russie de l'invasion en Ukraine. Le président ukrainien s'exprimait à l'Assemblée générale des Nations Unies hier. À cette même tribune, le président américain Joe Biden a affirmé que la Russie avait, je cite, violé de manière éhontée les principes de la Charte des Nations Unies. Renforcer la souveraineté énergétique de la France. C'est le message que veut faire passer aujourd'hui Emmanuel Macron. Il inaugure ce matin le premier parc éolien offshore de France à Saint-Nazaire.
80 éoliennes en mer au total. Une nouvelle crèche People and Baby fermée à Lyon. Décision prise après un incendie mardi ayant mis en danger 10 enfants sans faire de blessés. Le groupe dénonce une fermeture illégitime. C'est la troisième d'un établissement People and Baby dont une fait suite à la mort d'un bébé de 11 mois à Lyon en juin dernier. Thomas Hurtel le meneur de l'équipe de France de basket sera exclu des bleus s'il est amené à jouer avec le Zénith Saint-Pétersbourg avec qui il s'est engagé menace ce matin de la Fédération Française de basket. Exclusion qui vaudra aussi pour les JO 2024 à Paris.
France Info Le 830 France Info Salia Brakia Marc Fauvel
Bonjour avec Yael Broun-Pivelle la présidente de l'Assemblée nationale. Quand vous présidez les séances vous avez face à vous sur votre droite tout à droite de l'hémicycle un groupe de 89 députés du Rassemblement national. Est-ce que ce sont des députés comme les autres ? Ce sont des députés qui ont été élus par les Français comme les autres. Et moi lorsque je vois cette assemblée justement du haut du perchoir je vois une assemblée
qui représente toutes les sensibilités politiques qui s'expriment aujourd'hui dans notre pays. L'assemblée précédente était moins représentative des Français et il me semble que lorsque une assemblée nationale qui doit représenter les Français et le peuple les représente dans toute leur diversité politique c'est une assemblée nationale qui leur ressemble et qui donc pour moi est une assemblée nationale qui est je ne vais pas dire complète mais en tout cas qui ressemble à la France.
Ça c'est une déclaration d'amour à la proportionnelle non ? Si vous voulez vraiment que les députés ressemblent à la France il faut que si le RN fait 20% il est 20% des députés
il faudra qu'on regarde quel est le bon mode de scrutin et moi je me suis toujours exprimée pour une dose de proportionnelle donc il faudra qu'on regarde si nous allons dans cette direction là quelle est la dose et comment nous organisons cela mais évidemment moi au moins aujourd'hui ma satisfaction c'est que plus aucun de nos compatriotes puisse dire je ne suis pas représenté à l'Assemblée nationale aujourd'hui nous avons le Rassemblement national mais nous avons aussi un groupe écologiste nous n'avions pas de groupe écologiste à l'Assemblée nationale durant la précédente mandature alors qu'on voit que la question écologiste est une question centrale dans notre pays et dans la pensée de nos concitoyens donc notre assemblée aujourd'hui les représente à nous maintenant de faire en sorte qu'elles servent à quelque chose qu'elles soient efficaces et que nous arrivions à débattre et à produire des lois qui soient utiles aux français mais je crois que c'est ça que les français attendent de nous et donc que les tenants de la proportionnelle justement plutôt ils sont à l'extrême gauche et à l'extrême droite doivent bien être conscients que dans ce type de scrutin avoir une majorité absolue est quasiment impossible et donc que la proportionnelle entraîne par construction le besoin de travailler avec les autres groupes politiques
Par exemple qu'un texte de la majorité de votre camp soit passe grâce aux voix d'URN ça ne vous choque pas ?
Moi ce qui ne me choque pas c'est que à l'Assemblée nationale chaque député a un boîtier il a un vote si nous ne souhaitons pas que tel parti politique soit représenté à l'Assemblée nationale il faut interdire le parti politique mais à partir du moment où vous êtes élu par les français le devoir de la présidente de l'Assemblée nationale qui est le mien c'est de dire chaque vote est respectable et donc doit être respecté
Donc que ce soit la France insoumise ou le Rassemblement national pour vous ces deux formations politiques font partie de l'arc républicain ?
Moi je n'ai pas à définir qui est qui moi ce que chaque député est légitime assiégé à l'Assemblée nationale ça c'est ma position institutionnelle Vous serrez la main à tout le monde par exemple ? Maintenant évidemment qu'en tant que femme politique je combats les idées d'extrême gauche et d'extrême droite et c'est tout le fondement de mon engagement politique donc là dessus il n'y a pas de débat mais il faut bien distinguer entre l'institution et le combat politique et maintenant à nous de combattre ces extrêmes sur le fond des idées et en apportant des résultats concrets perceptibles pour nos compatriotes
Yael Brodpivet alors que Vladimir Poutine a appelé à la mobilisation de 300 000 réservistes pour la guerre en Ukraine vous, vous aviez prévu de vous rendre à Kiev la semaine prochaine est-ce que vous y allez toujours ?
Tout à fait mon déplacement reste d'actualité donc je me rendrai lundi à Varsovie puis à Kiev je conduis une importante délégation de l'Assemblée nationale avec ma vice-présidente et des présidents de commissions permanentes il est important que l'Europe continue à manifester son soutien indéfectible à l'Ukraine c'est ce qu'a fait le président de la république à la tribune de l'ONU c'est ce que nous faisons constamment et il faut leur redire et leur montrer que nous sommes à leur côté que nous défendons les mêmes valeurs et que l'agression russe est intolérable et inacceptable
Vous pensez qu'en dépit de ses propos Poutine bluff quand il dit qu'il pourrait utiliser toutes les armes il n'a pas cité le mot nucléaire mais toutes les armes si l'intégrité territoriale de son pays était menacée
Mais en fait je ne vois pas en quoi l'intégrité territoriale de la Russie est aujourd'hui menacée comme l'a rappelé le président de la république c'est la Russie qui est en Ukraine et pas l'Ukraine les Ukrainiens qui sont sur le territoire russe aujourd'hui donc je pense qu'il faut être très clair sur qui est l'agresseur et qui est l'agressé et en tirer les conséquences
Sur un tout autre sujet de la sobriété demande le gouvernement à tous les français dans leur consommation d'énergie Vous, qu'avez-vous prévu à l'Assemblée nationale pour diminuer vos consommations ?
La consommation de l'Assemblée a d'ores et déjà dans les dix dernières années diminué de 30% ce qui est considérable Nous avons lancé un audit énergétique qui devrait nous être rendu dans quelques mois et j'ai constitué un groupe de travail constitué d'un député de chaque groupe politique et qui va travailler durant cinq ans à faire des propositions à court terme moyen terme et à long terme et à les mettre en oeuvre parce que je ne veux pas m'arrêter au stade de la proposition il faut que ce soit très concret notre institution se doit d'être exemplaire au moment où on demande un effort il faut que l'effort soit partagé par tous Et là pour cet hiver ?
Justement pour cet hiver
Pour cet hiver nous adopterons nos règles de chauffage hier même sur l'électricité je passais dans des couloirs et je faisais éteindre les lumières de couloirs parce qu'ils étaient illuminés par le soleil Je pense que chaque petit geste compte il faut que tout le monde s'y mette et donc l'Assemblée nationale résolument s'engage dans cette voie
Vous disiez on doit être exemplaire donc par exemple baisser la température dans l'hémicycle ça c'est un engagement qui sera pris cet hiver il fera 17 ou 18 et on verra des députés en pull ou en gilet dans l'hémicycle s'ils ont un peu froid
Il ne faudra pas après venir nous dire oh mais ils n'ont pas la bonne tenue Non je pense que effectivement on regardera pour l'hémicycle C'est compliqué parce que l'hémicycle est une grande pièce avec des variations de chaleur entre en bas et en haut Mais oui en tout cas évidemment l'hémicycle doit faire partie de ces lieux dont il faut adapter les températures évidemment
Ça vous choquerait que les députés les hommes députés ne portent plus de cravate en été pour éviter d'avoir allumé la clim ?
Non pas du tout Moi j'ai toujours Ça fait partie
du règlement de l'Assemblée Alors non
la cravate c'est la veste qui est obligatoire c'est ça ? Non plus En fait pas du tout parce que non mais on en appelle à la responsabilité de chacun et dans le règlement on parle de tenue correcte donc tenue de ville il faut avoir une tenue correcte quand vous êtes député vous représentez des citoyens vous représentez une institution vous devez respecter la cravate n'est pas obligatoire mais la tenue correcte et moi je pense qu'il est de la responsabilité de chacun de savoir où est la frontière je pense que c'est à la portée d'un député
Une chemise juste une chemise c'est correct ? S'il n'y a pas de veste ou pas ?
J'ai dit que je ne ferais pas la police vestimentaire parce qu'après est-ce qu'une paire de baskets c'est correct ? Si elle est blanche est-ce que c'est...
La basket a priori ça joue moins sur les fake lim voilà mais bon
Voilà mais franchement je pense que le principal c'est que dans cette institution chacun se respecte et respecte ses électeurs et les français
Merci à vous Yael Broun-Pivet présidente de l'Assemblée nationale invitée ce matin de France Info Merci à vous
Yaël Braun-Pivet