Chaos du 17 octobre : quelles responsabilités ? | Parlement Hebdo 23/10/2026
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Questions et réponses
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- 0:23OuverteRéponse partielle
Quelles responsabilités pour le chaos du 17 octobre ?
- 2:56OuverteRéponse directe
Le Gouvernement a-t-il encore le contrôle face au chaos social ?
- 3:58RelanceRéponse directe
Le Gouvernement est-il responsable du chaos social et sécuritaire ?
- 5:57OuverteRéponse directe
Cette violence ne monte-t-elle pas d'autant plus que l'exécutif ne répond pas aux revendications sociales ?
- 7:21OuverteRéponse directe
Quelles réponses sociales demandez-vous au Gouvernement ?
- 8:06RelanceRéponse directe
Les comptes publics sont vides, comment corriger cela ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:21Stéphane PeuChiffre
« Les comptes publics sont vides... Parce que Monsieur Macron a vidé les caisses. Chaque année, il y a 60 milliards de cadeaux fiscaux qui ont été faits aux grandes entreprises et aux plus riches de notre pays. »
- 8:06Stéphane PeuChiffre
« Ils ont créé 400 milliards de dettes supplémentaires. Ceux qui se présentaient comme des Mozart de la finance. »
- 8:50Stéphane PeuPromesse
« Il faut supprimer Parcoursup. »
- 9:11Stéphane PeuPromesse
« Il faut supprimer la réforme Blanquer du bac. »
- 11:13Pierre-Jean RochetteFait
« Est-ce que Jean-Luc Mélenchon attise cette colère pour gagner des points dans la campagne présidentielle ? »
- 11:53Pierre-Jean RochetteFait
« Qu'il y ait des élus sur un mouvement social, c'est normal. Ce sont les dérapages verbaux qui posent problème. »
- 12:37Pierre-Jean RochetteFait
« On a entendu certaines propositions et allocutions des élus de La France Insoumise qui légitiment la violence. "On n'a rien sans rien". »
- 13:20Pierre-Jean RochetteFait
« Comparer des manifestations lycéennes avec 1989... Ca devient n'importe quoi. »
- 14:05Pierre-Jean RochetteFait
« Mediapart a révélé à quel point le ministre de l'Intérieur a essayé de manipuler les Renseignements généraux pour qu'ils fassent des faux... »
- 14:46Pierre-Jean RochetteFait
« On est dans une démocratie. On ne piétine pas les aspirations du peuple. Avec autant d'arrogance et de mépris comme l'a fait les gouvernements successifs d'Emmanuel Macron. »
- 16:11Fait
« La doctrine de désescalade correspond à une époque particulière. Aux grands mouvements des forces syndicales et la possibilité d'avoir dans des cortèges des services d'ordre structurés. »
- 18:23Pierre-Jean RochettePromesse
« On doit se renforcer sur de l'armement intermédiaire, être plus rétroactif surtout sur le numérique. »
- 19:07Pierre-Jean RochetteFait
« Les premières victimes des Black bloc et des casseurs, ce sont les commerçants, qui voient leur travail réduit à néant, et ce sont les manifestants. »
- 20:30Pierre-Jean RochetteFait
« Les relations sont quasi nulles. Regardez ce qui s'est passé samedi dernier. Le préfet de police a discuté pendant quatre jours du trajet de la manifestation. »
- 21:51Fait
« Condamner une personne sans être sûr qu'elle ait vraiment cassé, est-ce qu'on est encore dans un Etat de droit ? »
- 23:18Fait
« Quand vous êtes bloqué et que vous ne pouvez pas sortir de la place de la République et que vous subissez les gaz lacrymogènes, si on considère que tous ceux qui sont sur cette place sont responsables... On est en train d'interdire de manifester. »
- 23:55Fait
« Reprenez les communications du Gouvernement les jours qui précèdent le 17 octobre. Ils font tout pour créer les conditions pour qu'on ait des craintes à aller manifester. »
- 24:17Chiffre
« 550 000, ce sont les chiffres de la police, 550 000 manifestants dans les rues des villes de France. Le plus haut taux... »
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Bonjour à tous, très heureux de vous retrouver sur Parlement Hebdo.
Comme chaque semaine, nous vous proposons un débat entre un député et un sénateur. Nous accueillons Stéphane Peu, président du groupe communiste et député à Seine-Saint-Denis, face à vous, Pierre-Jean Rochette, sénateur de la Loire, groupe de droite. Un débat consacré à la colère sociale qui s'exprime dans le pays, aux violences dans les manifestations. Le Gouvernement accuse La France Insoumise de mettre de l'huile sur le feu. Elle reconnaît des erreurs dans le maintien de l'ordre face aux casseurs. C'est le sujet d'un rapport publié par le Sénat, il y a une proposition de durcir les sanctions.
Retour sur les échanges sous haute tension politique à l'Assemblée nationale lors des questions au Gouvernement. - La séance est ouverte. - Dès le début de la séance, le Gouvernement subit les attaques des oppositions. - Depuis plusieurs semaines, le Gouvernement a failli. - L'Etat a failli.
- 17 questions au Gouvernement, sur le chaos du 17 octobre. A droite, un mot prononcé en boucle. - Rétablir l'ordre. - L'ordre dans notre pays. - Les Français veulent de l'ordre. - A gauche, C'est Manuel Bompard... - Votre stratégie de pourrissement...
- Vous avez votre responsabilité ! - Le ministre de l'Intérieur monte au créneau pour se justifier. - Comme à chaque fois, vous n'avez pas répondu. - Je regrette ce qui s'est passé et j'assume ma part de responsabilité. - On accuse de faire du parti un bouc émissaire. - Toujours la même rhétorique. Semer le chaos et se victimiser. - Une commission d'enquête a été mise en place pour déterminer les causes et responsabilités de ce 17 octobre 2026. - Face à ce chaos social, est-ce que vous avez le sentiment que le Gouvernement a encore le contrôle ? - Non. Je pense qu'il ne contrôle pas la situation et qu'il est dans une fuite en avant sécuritaire pour essayer de ne pas répondre aux questions sociales qui sont posées par le pays, la colère contre la vie chère, le prix du carburant, les loyers... Et ce mouvement des jeunes, qui n'est pas contre quelque chose mais pour l'avenir, pour étudier dans des conditions dignes,
pour avoir l'égalité des chances, essayer de se hisser.
Comme citoyens et comme futurs salariés dans notre pays. Ils ont été dans le refus total de répondre aux revendications depuis les 10 ans de macronie. A chaque fois, ça été une porte fermée, un refus d'écouter. La répression policière est un moyen de détourner le regard. - Est-ce que le Gouvernement est responsable de ce chaos social et sécuritaire ? - De toute évidence, il a sous-estimé la manifestation. Le problème est plus profond que ça. Comment ça se fait qu'en France, à chaque mouvement social,
nous ayons un tel déferlement de violence avec des black bloc qui viennent pour voler ? Le fond du sujet est là. J'ai une pensée pour les commerçants, les artisans, chefs d'entreprise, forces de l'ordre qui ne vont pas pouvoir retourner au boulot. Qu'est-ce qu'on leur répond ? Ceux qui sont au chômage technique... Il y a un sujet, ça a été sous-estimé. C'est la manif lycéenne, demain, ça sera une autre. - Il y a une faillite sécuritaire du Gouvernement ? - Je suis d'accord sur le fait
qu'il y a une anticipation... Je suis dans la Seine-Saint-Denis, j'ai vécu un certain nombre de choses, il n'y a plus de services de renseignements. La Seine-Saint-Denis était l'un des épicentres du mouvement.
Il n'y a aucune anticipation, aucune compréhension du mouvement. A défaut d'anticipation, il y a un enfermement dans une réponse sécuritaire. On ne répond pas par une réponse sécuritaire à une question sociale et politique. - Est-ce que cette violence ne monte pas d'autant plus que l'exécutif ne répond pas actuellement aux revendications sociales ? - Il y a deux choses, le dialogue social et la réponse sécuritaire. Je suis chef d'entreprise, quand on a un sujet,
on doit dialoguer, apporter des réponses ou pas quand on n'en a pas les moyens. Il y a des sujets sur lesquels on peut discuter, Parcoursup, les absences de professeurs... Mais il y a des sujets beaucoup plus profonds derrière. Parcoursup a été mis en place pour réduire une inégalité. Aujourd'hui, on le remet en question, mais on propose quoi à la place ? Il y a le sujet des arrêts maladie pour les professeurs. On doit parler de ce sujet-là. C'est le dialogue social. Le pouvoir d'achat, les gens qui travaillent
avec des faibles salaires ou le SMIC c'est une toute autre réponse qu'il faut apporter, une réponse ferme, dure, sans concession pour les casseurs. - On va parler de sécurité dans quelques minutes. Stéphane Peu, sur les revendications sociales, quelles réponses sociales vous demandez au Gouvernement ? - Les comptes publics sont vides... Parce que Monsieur Macron a vidé les caisses. Chaque année, il y a 60 milliards de cadeaux fiscaux qui ont été faits aux grandes entreprises et aux plus riches
de notre pays. Ils ont créé 400 milliards de dettes supplémentaires. Ceux qui se présentaient comme des Mozart de la finance. Ils ont vidé les caisses. Il y a moyen de corriger cela, on fait des propositions mais le logiciel est à contresens historique, la macronie. On sait que partout, c'est un échec. Les réponses concrètes, c'est des réformes qui ne coûtent pas cher pour les lycéens. Parcoursup, on peut se poser la question de le remplacer. Il n'y a pas assez de places
dans l'enseignement supérieur pour le nombre d'étudiants. Il faut supprimer Parcoursup.
Il faut supprimer la réforme Blanquer du bac. Je suis un communiste républicain et attaché à l'égalité des chances. Quand le baccalauréat
est le même baccalauréat pour tous les jeunes de ce pays, vous avez quelque chose qui est une haie à franchir qui est la même pour tout le monde. Cette inégalité des chances est au coeur du mouvement lycéen liée à une question de moyens. - Il faut mettre plus d'égalité pour nos jeunes ? - Il faut aborder le sujet de la mauvaise orientation. Ce n'est pas normal d'avoir autant de demandes sur Parcoursup. Le bac est devenu un passage presque obligé en France vers lequel tout le monde va aller. J'ai un parcours scolaire très chaotique,
je sais de quoi je parle.
il n'est pas normal de se retrouver avec une déferlante. Les demandes sur Parcoursup ont augmenté considérablement ces dernières années. C'est pour ça que le système ne fonctionne plus. Sur l'état des lycées en France, ça été un sujet dans la manif lycéenne. C'est un sujet régional, c'est géré par les régions. J'ai pas l'impression qu'on est des lycées en si mauvais état. Dans certaines régions, il faut corriger le tir. Les sujets sont différents d'une région à l'autre. Ce n'est pas géré de la même manière territorialement.
Le Gouvernement accuse La France Insoumise de mettre de l'huile sur le feu.
Est-ce que Jean-Luc Mélenchon attise cette colère pour gagner des points dans la campagne présidentielle ? - C'est méprisant pour les lycéens de penser que derrière leur mouvement, il y a des manipulateurs ou des gens qui tirent les ficelles. Ce n'est pas vrai. Les lycéens rédigent eux-mêmes leurs revendications. C'est la stratégie du bouc émissaire. Vous avez un problème immense en face de vous, un problème social, des revendications qui s'expriment et vous essayez de,
soit décrédibiliser le mouvement en attisant les violences, soit de trouver un manipulateur. C'est faire trop d'honneur à La France Insoumise. Je tiens à dire que le mouvement des jeunes est un mouvement européen. Il a lieu en Espagne, en Italie, en Allemagne. A ma connaissance, Jean-Luc Mélenchon n'est pas en Allemagne ou en Italie pour attiser le mouvement des jeunes. On oublie l'essentiel qui est l'aspiration des jeunes à vivre dignement. - Gérard Larcher estime que l'interdiction de La France Insoumise se pose, est-ce qu'il a raison ? - Qu'il y ait des élus
sur un mouvement social, c'est normal. Ce sont les dérapages verbaux qui posent problème. Ca donne une sensation de légitimité et de, on est dans un mouvement cautionné... - Le sentiment d'une violence légitime ? - Oui, on a entendu certaines propositions et allocutions des élus de La France Insoumise qui légitiment la violence. "On n'a rien sans rien". C'est dingue.
Comparer des manifestations lycéennes avec 1989... Ca devient n'importe quoi. Il ne faut pas mélanger les combats. On est sur des sujets lycéens. On doit répondre au sujet de la vie chère et le sujet des lycéens. Ca devient n'importe quoi. Personne ne comprend le message. - Sur La France Insoumise, je trouve que c'est honteux. Mediapart a révélé à quel point le ministre de l'Intérieur a essayé de manipuler les Renseignements généraux pour qu'ils fassent des faux... Il a démenti mais sans apporter la preuve que c'était faux. C'est un démenti qui n'en est pas un. Puis,
à Seine-Saint-Denis, il y a eu des manipulations sur les réseaux sociaux pour rassembler les jeunes pour piller des magasins dans le centre-ville. Il n'y avait plus un policier au commissariat car ils étaient tous sur Paris. Toute la Seine-Saint-Denis avait été vidée de ses effectifs de police pour lutter contre les pilleurs. Ce sont des élus communistes de La France Insoumise qui sont allés dans la rue pour éviter la casse et les violences. Entendez quand même quelque chose : quand vous remontez sur les 10 dernières années
et que vous avez un mouvement contre la réforme des retraites et que vous passez en force, qu'il y a des conférences citoyennes qui tirent des conclusions, qui dit que vous mettez tout dans un tiroir... - Ca attise la colère. - Bien sûr. On est dans une démocratie. On ne piétine pas les aspirations du peuple. Avec autant d'arrogance et de mépris comme l'a fait les gouvernements successifs d'Emmanuel Macron. - Sur le maintien de l'ordre, le hasard du calendrier, le Sénat publie cette semaine un rapport sur la stratégie du maintien de l'ordre en France. Après plusieurs mois de travail des sénateurs,
ils proposent de durcir les sanctions contre les casseurs. - C'est un rapport qui tombe à pic. La mission d'information du Sénat sur l'avenir du maintien de l'ordre a remit ses conclusions ce mercredi. Le rapport implique une évolution du modèle historique du maintien de l'ordre, jugé désormais inadapté. - La doctrine de désescalade correspond à une époque particulière. Aux grands mouvements des forces syndicales et la possibilité d'avoir dans des cortèges des services d'ordre structurés. A ces grands mouvements d'hommes vont se succéder des mouvements
moins structurés et plus violents. - Pour faire évoluer le maintien de l'ordre, il faut assurer une meilleure gestion opérationnelle des manifestations et sanctionner plus sévèrement les fauteurs de troubles. Marquage des individus... Le rapport préconise plus de moyens techniques. - Les moyens pour permettre d'identifier les responsables de troubles, les auteurs des actions, ces moyens sont insuffisants. D'où la nécessité avec le marquage, ou la vidéo, d'avoir des moyens techniques qui permettent qu'il n'y ait pas 50 % des gardés à vue
qui font mesure d'un classement sans suite. - Est-ce que c'est en punissant des gens qui n'ont rien cassé et qui participent à une manifestation, qu'on va réussir ? Est-ce que c'est avec des drones supplémentaires, un drone judiciaire qu'on va réussir à faire quelque chose ? Est-ce que ce ne serait pas avec des moyens humains ? - La Commission des lois a décidé de créer une autre Commission d'information avec les prérogatives d'une Commission d'enquête pour faire la lumière sur les événements du 17 et 18 octobre. - Est-ce qu'il y a un problème de stratégie de maintien
de l'ordre dans notre pays actuellement ? - Elle est gentille la collègue quand elle dit qu'il faut plus de monde. Ils sont déjà nombreux. On ne leur offre pas les moyens. Ils y vont avec quoi ? Des Choco BN ? On fait de l'encadrement. - Les policiers ne sont pas armés de fleurs dans la gestion du maintien de l'ordre. - On s'adresse aux casseurs et aux pilleurs. On accompagne les manifestations. C'est le dialogue social. Quand les casseurs prennent le relais et qu'ils desservent la cause qui était défendue, on ne va pas les accueillir avec des fleurs.
On doit se renforcer sur de l'armement intermédiaire, être plus rétroactif surtout sur le numérique. J'espère bien faire passer dans le texte l'histoire des réseaux sociaux. Il y a des amendements aussi sur les suspensions où le dédommagement via les allocations familiales et le RSA... On doit être plus ferme sur la doctrine. Les casseurs viennent chez nous parce qu'ils savent qu'ils ne prennent pas de risques. On ne peut pas rester comme ça. Allez faire le même cirque dans un autre pays, en Espagne,
vous allez voir que la doctrine du maintien de leur n'est pas la même. - Face à ces casseurs, et qu'il faut mieux armer nos policiers ? - Les premières victimes des Black bloc et des casseurs, ce sont les commerçants, qui voient leur travail réduit à néant, et ce sont les manifestants. J'avais demandé une Commission d'enquête qui m'avait été refusée. - Qu'est-ce qu'on fait ? - La doctrine du maintien de l'ordre a déjà été modifiée profondément il y a une dizaine d'années. La logique des forces de l'ordre vis-à-vis des manifs, c'était de se tenir à distance. Il faut aller au contact. Ce sont deux stratégies différentes. La deuxième chose, on peut se dire qu'il n'y a plus les services d'ordres syndicaux, j'ai souvent fait le lien entre la préfecture de police et la CGT ou les services d'ordres syndicaux,
et depuis l'arrivée du préfet allemand, ça n'a rien changé. Les relations sont quasi nulles. Regardez ce qui s'est passé samedi dernier. Le préfet de police a discuté pendant quatre jours du trajet de la manifestation.
Comment voulez-vous que des syndicats, des forces organisées pacifiques s'organisent pour protéger la manifestation quand on vous prévient la veille pour le lendemain ? Il y a une volonté de ne pas traiter correctement avec les manifestants pacifiquement. Le samedi 17 octobre, pendant que les pilleurs pouvaient piller pendant des heures et des heures, des magasins, sans voir un seul policier, les manifestants se faisaient gazer. C'est la réalité du 17 octobre. - La semaine prochaine au Sénat,
sera examiné le projet de loi "casseur-payeur" pour sanctionner n'importe quelle personne qui se trouvera au milieu des actions de pillage.
Condamner une personne sans être sûr qu'elle ait vraiment cassé, est-ce qu'on est encore dans un Etat de droit ? - Le pivot de la loi "casseur-payeur", ce sont les sommations. Je tiens à dire que vous avez raison, quand c'est encadré par les forces syndicales, on sait que ça fonctionne. Sur la doctrine du maintien de l'ordre, on l'a toujours mais les Black bloc viennent. Quand les forces de l'ordre annoncent les sommations, il doit y avoir dispersion. Ceux qui restent s'exposent à un risque. Quelles autres solutions avons-nous ?
Demain, ceux qui resteront après que les sommations aient été annoncées s'exposeront à des sanctions pénales. - Moi, je fais beaucoup de manifestations. C'est une de nos différences. Les sommations, quand vous êtes place de la République, mélangeant tout le monde, les manifestants et ceux qui voulaient s'affronter à la police... Quand vous êtes bloqué et que vous ne pouvez pas sortir de la place de la République et que vous subissez les gaz lacrymogènes, si on considère que tous ceux qui sont sur cette place sont responsables... On est en train d'interdire de manifester. Le ministre de l'Intérieur dit
"On a été surpris par l'affluence".
Reprenez les communications du Gouvernement les jours qui précèdent le 17 octobre. Ils font tout pour créer les conditions pour qu'on ait des craintes à aller manifester. 550 000,
ce sont les chiffres de la police, 550 000 manifestants dans les rues des villes de France. Le plus haut taux...
Il y a eu une manifestation massive. C'est ça que le Gouvernement doit entendre. En dépit de tous leurs appels à faire peur, les gens sont quand même descendus dans la rue. - Le sujet, l'objectif de la loi, c'est pas ça. Quand il y a des voleurs, des casseurs, des pilleurs, on n'a pas encore entendu le terme "voleur". Les commerçants les perçoivent comme des terroristes. - Je peux vous dire...
- Les images font un mal à notre pays. On va tous le payer. L'objectif de la loi, c'est que quand il y a un groupe de pilleurs, vous voyez que le magasin se fait saccager et que les gens sortent leur téléphone pour faire des vidéos... Il faut partir quand il y a ces scènes-là. Il ne faut pas mettre tout le monde en prison. - Merci à tous les deux d'avoir participé à ce débat. On se retrouve la semaine prochaine.
Stéphane Peu