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InterviewLyon Première — L'invité politique du samedi· 15 janvier 2022 39 minComplaisantPortrait personnelSolidarités & familleÉducation & rechercheEnvironnement & énergieInstitutions & élections

Mohamed BOUDJELLABA, Maire Divers Gauche de Givors, liste Construisons Ensemble

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 79 %Attaque 9 %Défensif 12 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:53OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui s'est passé exactement lors de votre réélection ?

  • 1:58OuverteRéponse directe

    Comment vous voyez la crise sanitaire et le protocole dans vos écoles ?

  • 3:47OuverteRéponse directe

    Est-ce que la crise sanitaire a empêché d'avancer sur vos projets ?

  • 4:48OuverteRéponse directe

    D'où vous venez ? Pourquoi vous êtes engagé ?

  • 6:11OuverteRéponse directe

    Vous êtes de gauche écologiste, comment vous définissez-vous ?

  • 6:36OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est la même chose de passer de l'opposition à la mairie ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:33Invité politiqueFait
    « Nous sommes à la fois dans une forme de continuité de ce que nous avions engagé pendant 15 mois, et en même temps, c'est une nouvelle élection dans laquelle les Givordins nous ont fait apporter leur confiance encore plus que ce que je ne pensais. »
  • 2:35Invité politiqueFait
    « Le Covid-19, à travers Omicron, touche tous les jours, les gens sont touchés, sont cas positifs, et en fait dégrade le service public. »
  • 5:36Invité politiqueFait
    « Je me suis engagé politiquement suite au premier tour des élections de la présidentielle de 2002. »
  • 10:50Invité politiqueChiffre
    « La verrie royale a eu jusqu'à 5000 emplois. »
  • 12:09Invité politiqueFait
    « J'ai pris une carte dans un parti politique en 2002 qui est le Parti Socialiste et j'ai été renvoyé du Parti Socialiste en 2008. »
  • 19:34Invité politiqueChiffre
    « On a voté un pack jeunesse de 100 000 euros. »
  • 21:30Invité politiqueChiffre
    « On a acheté pour 2 millions d'euros 25 hectares de terre. »
  • 30:20Invité politiqueFait
    « il n'y a pas de leadership dans la gauche ou de la représentation de la gauche et de l'écologie »
  • 33:14Invité politiqueFait
    « élection qui a eu lieu le 5 et 12 décembre »
  • 33:24Invité politiqueChiffre
    « il a fait moins de voix qu'en 2020 »
  • 34:31PrésentateurChiffre
    « 60% les élections municipales d'avant aussi »
  • 36:15PrésentateurFait
    « être maire c'est avant tout un engagement, un sacerdoce, une vocation »

Temps de parole

  • Mohamed Boudjellaba70 %
  • Présentateur28 %
  • Présentateur 22 %

1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Lyon 1ère, l'invité politique du samedi, avec immédiat positif, Frédéric Duval. Bienvenue sur Lyon 1ère dans l'émission L'invité politique, tous les samedis matin entre 11h et midi. L'invité politique, vous le savez, c'est un entretien qui est d'abord une rencontre avec celles et ceux qui agissent pour votre quotidien, un moment passé au plus près d'un territoire, le vôtre. C'est aussi une interview qui prend le temps de comprendre et d'expliquer, sans a priori ni parti pris.

Et lors de cette émission, vous le savez, nous allons découvrir l'homme qui se cache derrière l'élu, mais aussi parler de l'actualité de sa commune et puis des grands enjeux métropolitains, sans oublier les prochaines échéances présidentielles. Alors tout de suite, je suis très heureux aujourd'hui d'être avec Mohamed Boudjellaba, vous êtes le maire de Givor. Alors je dirais le nouveau, nouveau maire de Givor, puisque vous aviez été élu une première fois, et puis réélu lors d'une nouvelle élection. Qu'est-ce qui s'est passé exactement ? Ça fait à peu près un mois que vous avez été réélu, brillamment d'ailleurs.

Est-ce que vous êtes comme un nouveau maire ou pour vous, tout ça s'installe dans la continuité de votre action précédente ?

1:09
Mohamed Boudjellaba

Tout d'abord, je suis heureux de vous accueillir dans les bureaux du maire de Givor que je suis, à Givor. Je crois que c'est aussi une première pour l'émission de se déplacer. J'espère comme ça que vous pourriez vous déplacer aussi dans toute la métropole. Mais pour répondre à votre question, nous sommes à la fois dans une forme de continuité de ce que nous avions engagé pendant 15 mois, et en même temps, c'est une nouvelle élection dans laquelle les Givordins nous ont fait apporter leur confiance encore plus que ce que je ne pensais.

1:44
Présentateur

Donc c'est plutôt satisfaisant. Alors vous le savez, on commence toujours dans cette émission par une question d'actualité. Il y aurait plein de sujets possibles, mais c'est vrai qu'on peut difficilement passer à la fois à côté de la crise sanitaire qui continue, et puis moi j'aurais presque envie de parler de vos écoles, parce qu'on a eu quand même récemment une grève assez importante des professeurs par rapport au protocole sanitaire. Vous, en tant que maire, je suppose que ça a eu un impact dans vos écoles. Comment ça s'est passé ? Comment vous verrez cette actualité complexe avec le personnel et les enfants ?

2:17
Mohamed Boudjellaba

À la limite, elle est complexe à plusieurs niveaux. Elle est complexe pour les enseignants, elle est complexe pour le personnel municipal, elle est complexe pour l'élu que je suis et l'exécutif avec lequel je travaille. Elle est complexe parce qu'elle est complexe dans les décisions qu'il faut prendre. Et aujourd'hui, on voit bien que le Covid-19, à travers Omicron, touche tous les jours, les gens sont touchés, sont cas positifs, et en fait dégrade le service public.

Donc il y a à la fois cette difficulté à avoir un service public non dégradé, c'est-à-dire beaucoup d'absences, donc il faut pallier à ces absences, ou bien voire même avoir des services en mode dégradé, donc pas des ouvertures normales. Et pour l'éducation nationale, c'est la même chose. C'est-à-dire que là aussi, avec des classes pas forcément tout à fait pleines, donc des parents qui doivent garder leurs enfants, c'est très très compliqué pour tout le monde au final. Et un protocole sanitaire dans lequel il faut se faire tester matin, midi et soir, et pratiquement trois fois par jour.

Et donc là, effectivement, il y a une levée de bouclier des enseignants, mais aussi de certains parents, disant qu'il faudrait qu'on allège les choses. Effectivement, le Covid est bel et bien là, donc il faut se protéger, il faut que nous nous protégeons tous.

3:42
Présentateur

Vous avez été beaucoup pris par le traitement de la crise sanitaire sous toutes ses formes. Est-ce que ça a un petit peu empêché, d'ailleurs, que vous avanciez, que vous puissiez mettre en œuvre un certain nombre de choses ?

3:52
Mohamed Boudjellaba

Ça a empêché, on a tendance à vite oublier, ça a empêché de faire des réunions publiques, de faire de la concertation. Ensuite, on a lancé quand même des projets, donc on a fait... Mais on n'a pas pu tout lancer, parce qu'il y a des projets qui, au-delà d'être élus, et moi je pense à la démocratie citoyenne, donc à faire participer nos concitoyens à la fois au débat local, public, sur des sujets qui les touchent, soit dans leur quotidien, soit de futurs projets structurants pour la vie.

4:24
Présentateur

C'était un frein à la relation entre l'élu et ses administrés, mais on reviendra tout à l'heure dans la deuxième partie sur le mandat, sur vos projets, etc. Les habitants de Givor vous connaissent, et en même temps, vous n'êtes pas forcément l'homme politique peut-être le plus connu au niveau de la métropole. Pourtant, vous êtes un ancien élu, puisque vous avez été, avant d'être élu maire, je crois, deux mandats dans l'opposition. Tout à fait. D'où vous venez, Mohamed Boudjelaba ? Qui êtes-vous ? Pourquoi vous êtes engagé ? Et comment est-ce qu'on se retrouve un jour maire de Givor ?

4:56
Mohamed Boudjellaba

On se retrouve maire de Givor, parce qu'il y a une petite voix dans sa tête qui dit qu'on pourrait apporter ça comme changement dans la ville, on pourrait faire ci et ça.

5:07
Présentateur

Vous êtes né ici, je rappelle pour ceux qui ne le savent pas.

5:10
Mohamed Boudjellaba

Je suis un natif de Givor, donc je suis né à l'hôpital Mongela, l'unique hôpital de la ville. J'ai plutôt un engagement associatif au départ, et je pensais qu'on pouvait changer les choses par le monde associatif. Longtemps, j'ai milité dans le monde associatif, et j'ai vu la limite de l'action, et je me suis engagé politiquement suite au premier tour des élections de la présidentielle de 2002. Voilà, c'est ce qui a fait mon basculement à la politique.

Parce que je pensais qu'on pouvait, à travers le monde associatif, je le crois toujours, mais en même temps qu'on voit bien toute la limite, et quand j'ai vu que Jean-Marie Le Pen est arrivé au deuxième tour de l'élection présidentielle, et là je me suis dit, ben non, il y a quelque chose à faire. Il y a quelque chose à faire.

6:08
Présentateur

Vous avez gardé d'ailleurs cette liberté, je ne l'ai pas reprécisé, mais vous êtes avec une sorte d'étiquette gauche écologiste, c'est ça ? C'est ça. Vous nous direz un petit peu tout à l'heure, quand on parlera des élections, ce que ça implique, mais ça prouve aussi votre engagement et votre envie. Comment vous regardez d'ailleurs, maintenant que vous êtes passé de l'autre côté, alors vous connaissez bien aussi le monde des collectivités, parce que vous êtes fonctionnaire territorial, donc vous avez une connaissance un peu technique. Est-ce que c'est la même chose que de se retrouver comme ça tout d'un coup aux manettes, même si on sait comment ça fonctionne une collectivité ?

Parce que ce qu'on oublie, c'est qu'on devient maire un jour, mais qu'on n'est pas forcément préparé à l'être en vrai.

6:47
Mohamed Boudjellaba

Ah mais on ne l'est pas du tout. Pour moi ça a été une déferlante. Il y a la joie de la victoire, et ensuite il y a les responsabilités qui vous tombent dessus, et j'ai l'impression que c'est comme on vous pose une enclume sur les épaules, avec des responsabilités. Alors effectivement, moi j'ai la chance d'être fonctionnaire, donc je connais les collectivités, mais que derrière, en fait, tout vous tombe dessus, tout vous remonte.

7:19
Présentateur

Et on vous regarde différemment, d'ailleurs je crois que c'est ça aussi. Vous, vous avez beau dire je n'ai pas changé, mais les gens pensent que vous avez changé quand même.

7:26
Mohamed Boudjellaba

Mais par contre, c'est le respect que vous accordent les concitoyens, parce que vous êtes le maire, et maire dans la République française, ce n'est pas rien, ce n'est pas anodin. C'est une histoire, et c'est cette histoire-là que fait perdurer nos concitoyens, et nous-mêmes aussi.

7:44
Présentateur

Même si, et vous avez raison de le rappeler, vous êtes à la fois une institution et la République, mais on sent quand même, et je suppose que vous en parlez avec d'autres collègues, combien la fonction a été aussi peut-être imbimée, combien on voit un peu moins de respect, combien c'est peut-être compliqué. Je sais que vous-même, peut-être par rapport, y compris à vos origines, vous avez connu des moments avec des insultes, avec un certain nombre de choses comme ça. Effectivement. Comment vous avez vécu ça, et est-ce que vous avez la sensation qu'on accorde autant d'importance qu'il serait nécessaire à ce que c'est que d'être élu aujourd'hui, qu'on soit de gauche ou de droite, d'ailleurs ?

8:16
Mohamed Boudjellaba

Alors, dans un premier temps, avec beaucoup de détachement, parce que la discrimination, le racisme, je ne dis pas que... Je l'ai vécu pratiquement tout au long de ma vie. Et en même temps, l'acte qui était commis, il n'était pas commis envers ma personne, mais envers le maire que j'étais. Donc il faut essayer d'avoir... C'est un pas de côté. Voilà, un pas de côté, et dire là, c'est grave. Ma personne, à la limite, je suis habitué à entendre des insultes ici ou là. Mais en même temps, il ne faut pas laisser passer. Parce que je suis un représentant de la République, et là-dessus, c'est important que les institutions, de ne pas faire, de ne pas abîmer les institutions.

Ça veut dire que nous devons avoir, les uns et les autres, un respect pour ces institutions, parce que si on n'a plus ça, on n'a plus rien. Et si on n'a plus rien, c'est plus la République, c'est plus la démocratie. Ça s'appelle autre chose, mais ce n'est pas ce que je souhaite à notre pays.

9:20
Présentateur

Bon, du coup, ça va un petit peu mieux. Vous avez l'impression que la population a davantage accueilli ce que vous êtes, et que vous avez depuis moins reçu de ce type d'insultes.

9:29
Mohamed Boudjellaba

Disons que j'ai toujours eu confiance aux Givordins sur leur capacité à dépasser à la fois les clivages, parce qu'après, si vous voulez, on pourrait rentrer dans la partie politique, à dépasser le clivage, à être pragmatique sur ce qu'ils veulent pour leur territoire.

9:45
Présentateur

Eh bien, on en reparlera tout de suite après la pause. On se retrouve dans l'émission L'Invité politique le samedi de 11h à midi sur Lyon 1ère. Merci d'être avec nous. Nous sommes avec Mohamed Boudjelaba. Vous êtes le maire gauche écologiste de Givor. On parlait juste avant la pause de votre élection, réélection. On va rentrer maintenant un peu dans le vif du sujet. Moi, je serais curieux que vous nous présentiez votre commune, qui a une image qui n'est pas forcément simple, qui est complexe, mais comment vous la présentez à quelqu'un qui ne la connaît pas, justement, cette ville ?

10:18
Mohamed Boudjellaba

Givor, c'est la porte d'entrée sud de la métropole. C'est la deuxième confluence. Souvent, une ville de 20 000 habitants avec une population assez fragile, sur le plan social, pour le cas besoin d'être accompagné. On était une ville industrielle. Nous ne le sommes plus. Nous tendons à essayer de l'être à nouveau, de faire ramener de l'emploi sur notre territoire. Qu'est-ce qu'il y avait

10:47
Présentateur

comme activité économique

10:49
Mohamed Boudjellaba

spécifique ? La verrie, on était une verrie royale. Donc, Givor, la verrie royale a eu jusqu'à 5000 emplois. Donc, ce n'était pas rien, ici. Et puis, on a perdu cela. Et puis, la ville a loupé le train de la transformation. La désindustrialisation est passée par Givor. Et c'est plutôt une ville ouvrière. L'esprit ouvrier est toujours là. et nous comptons à le réanimer, en tout cas, faire revenir de l'emploi sur notre territoire.

11:21
Présentateur

Alors, vous êtes arrivé lors de votre premier mandat dans des circonstances, on s'en souvient, ça avait été un peu un événement dans la vie politique puisque vous aviez succédé à une gouvernance communiste depuis 67 ans, tout en étant de gauche, ce qui est assez intéressant aussi. Mais qu'est-ce qu'on fait quand on arrive comme ça avec le mandat de maire qui vous tombe dessus ? On l'évoquait tout à l'heure avec tout ce que ça implique. C'était quoi votre souhait premier pour la vie ? C'était quoi ? C'était changer ?

11:49
Mohamed Boudjellaba

En fait, il ne tombe pas dessus comme ça. Tout à l'heure, je vous parlais de cette claque de voir un élu d'extrême droite au deuxième tour de l'élection présidentielle qui m'a fait prendre une carte dans un parti politique. Donc j'ai pris une carte dans un parti politique en 2002 qui est le Parti Socialiste et j'ai été renvoyé du Parti Socialiste en 2008 parce que j'estimais qu'il fallait que le Parti Socialiste local, j'estimais qu'il fallait s'engager, monter une liste seule en dehors de la majorité plurielle pour pouvoir faire passer des projets. Ce n'est pas le choix qu'a fait les camarades localement. Ils ont préféré faire liste commune dès le premier tour.

Vous voyez, après on fera un lien peut-être avec la présidentielle. Et j'estimais que ça faisait trop longtemps. Et donc là, j'ai été exclu du Parti Socialiste. Et donc là, j'ai monté une liste citoyenne en 2008. Donc effectivement, j'ai fait deux mandats dans l'opposition. Donc j'ai eu de cesse pendant 30 ans d'expliquer aux Givordins le besoin de changer. Ce n'est pas simple, ce n'est pas évident d'aller expliquer que le changement ça a du bon. Ça a pris 30 ans. Il faut beaucoup de patience et de passion

13:18
Présentateur

pour sa ville.

13:19
Mohamed Boudjellaba

Surtout quand vous n'avez pas de parti politique qui vous soutient. Et puis surtout quand vous avez une machine qui est là depuis plus de 67 ans et qui agglomère avec elle d'autres partis politiques, des forces politiques. Donc vous voyez, toute la bataille de changements de mentalité, d'idées, de façons de faire, ça a pris 30 ans.

13:42
Présentateur

Vous étiez des coups un peu en avance, même, y compris sur ces listes citoyennes. C'est aujourd'hui très tendance, mais il y a 20 ans, c'était peut-être pas...

13:50
Mohamed Boudjellaba

C'est exactement cela. Ça veut dire qu'il faut arriver au bon moment et je crois qu'en 2020, l'élection de 2020, les Giverdans se sont dit qu'il faut qu'on change. On a besoin de changements. Et je crois qu'ils ont confirmé cela 18 mois après de façon... Ce n'était pas une erreur,

14:12
Présentateur

ce n'était pas anecdotique, il y a une vraie envie de changement. Un changement, vous diriez quoi, de pratique, de mode de gouvernance, de façon de faire, d'orientation politique, le changement, il prend quelle forme aujourd'hui, Agivore, pour vous ?

14:26
Mohamed Boudjellaba

Toutes les formes que vous venez de citer, nous les apportons. Nous apportons ces changements-là. Ça veut dire que nous ne politisons pas tout. Il n'y a pas lieu de tout politiser. Tout n'est pas relié à l'international. Ce n'est pas la faute à X ou à Y. si on a des problèmes de propreté. Ce que je dis à nos concitoyens, si un trottoir de droite est sale, ce n'est pas une politique de gauche qui va faire en sorte qu'il soit plus propre. Et inversement, pour le trottoir de gauche, ce n'est pas une politique de droite qui va le rendre plus propre. C'est de constater que les trottoirs sont sales et qu'il faut nettoyer ces trottoirs.

Donc, c'est comme être assez pragmatique sur les questions de sécurité. Les questions de sécurité, je n'ai aucun problème avec ça.

15:08
Présentateur

Il n'y a pas de tabou. Vous êtes pour la vidéosurveillance par exemple à ce genre de choses ?

15:11
Mohamed Boudjellaba

J'ai longtemps, alors pour être très clair, j'ai longtemps défendu l'idée qu'il fallait plus d'hommes et de femmes sur le terrain et que la vidéoprotection n'était pas mon souhait premier. Mais j'y suis venu. Et aujourd'hui, la vidéosurveillance ou protection, je n'ai pas de tabou aussi, les deux noms me vont aussi, même si le terme juridique, c'est vidéoprotection, sert aussi, nos forces de l'ordre, à réguler, à, comme ils le disent, comme le disent les policiers, à faire une affaire, ça veut dire à découvrir qui est l'auteur d'un incident ou bien, donc ça aide aussi, ça aide au travail de recherche.

15:59
Présentateur

C'est une approche qu'on pourrait qualifier du coup de très pragmatique, c'est ce qui pourrait vous caractériser dans la manière dont vous abordez les sujets à traiter aujourd'hui ?

16:07
Mohamed Boudjellaba

Mais vous voyez, j'ai réorganisé les services de la ville et réorganisé la police municipale. Aujourd'hui, la police municipale est dans un ensemble et dans une direction qui s'appelle direction sécurité, prévention, médiation. Donc ça veut dire qu'on aborde non pas la question de la sécurité que par le prisme de la police municipale, mais par de la prévention et aussi par de la médiation. parce que Jivor est une ville de 20 000 habitants, certes, mais elle a gardé son esprit village. Tout le monde se connaît. Je ne veux pas des cow-boys sur mon territoire. Je veux des agents qui puissent discuter avec les gens.

Quand la personne abuse, on vient sévir, il faut être ferme, mais par contre, on vient discuter, on entretient, ça veut dire que les choses, ça veut dire que quand dans les quartiers, il y a un problème d'abus de stationnement par des véhicules épaves, on va d'abord voir le propriétaire. Mais si celui-ci ne fait pas le nécessaire, nous allons voir et nous faisons ce travail-là.

17:04
Présentateur

Un dialogue d'abord si vous avez envie. D'ailleurs, ce sont des mots que vous avez beaucoup employés, je crois, pas simplement de mieux vivre ensemble mais de fraternité, d'humanité, ce qui est assez rare dans le discours politique ambiant. Vous croyez vraiment à cette possibilité de l'humain et de la relation avant toute chose ?

17:21
Mohamed Boudjellaba

Les Jivordins l'ont prouvé. Regardez le résultat des élections, je crois qu'ils veulent une ville fraternelle. On a besoin de ça mais par contre, il n'y a pas de sujet tabou. On discute de tout. Je n'ai aucun problème avec ça. Quand mes citoyens disent que la ville est sale et que je l'observe aussi, que je n'arrive pas à faire, je dis que la ville est sale aussi. Et moi-même, je m'en parle du sujet comme je m'en parle de tous les sujets.

17:48
Présentateur

Alors le soin, on l'a vu beaucoup pour les personnes les plus fragiles dans le contexte sanitaire, la sécurité et la prévention. On a parlé qu'elles ont été les deux ou trois priorités depuis votre début de mandat sur cette ville de Jivord. De quoi Jivord manquait selon vous, en fait ?

18:04
Mohamed Boudjellaba

En fait, on manquait de tout, de beaucoup de choses. C'est un peu... Vous voyez, vous avez un plat mais en fait, il manquait les fades, il vous manque le sel, il vous manque... Tous les petits détails qui font que ça devient un grand plat. Jivord, c'est un peu ça. Ça veut dire qu'on était, on a été une ville fière, on est entre trois départements, ça veut dire que trois départements avec le Rhône, maintenant oui, parce que nous font partie de la métro, l'Isère, la Loire, donc on est pas très loin de Saint-Étienne. Donc vous voyez, pour les footeux, il y a une partie de la ville qui soutient Saint-Étienne et une autre partie qui soutient...

18:44
Présentateur

Il y a des grandes activités sportives d'ailleurs. Oui, bien sûr, il y a un club de rugby,

18:47
Mohamed Boudjellaba

il y a beaucoup de choses. Il y a un club de rugby, de foot, on a plus de 40 disciplines, donc Jivord est une ville sportive et elle l'est dans son esprit. Puis maintenant, c'est dans les années 80, elle l'était encore, on a des champions olympiques, je pense notamment à Jamel Bourras, on a des champions du monde aussi à travers le rugby. Il y a des joueurs de boule lyonnaise aussi. Oui, la boule lyonnaise, effectivement, des boxeurs, des basketteurs aussi de grande qualité. Vraiment, on a... Mais simplement, on entretient un rêve, un passé, et qu'aujourd'hui, il nous faut redynamiser cela, même sur le plan du sport, sur l'éducation, sur la jeunesse.

sur la jeunesse, on a voté un pack jeunesse de 100 000 euros. 100 000 euros, ça veut dire dans lesquels les jeunes de Jivord peuvent... On leur accorde 150 euros pour passer le Bafard, pour passer... Pour notamment, on paye la moitié du... la moitié du billet de transport en commun, des abonnements. On a le troisième point, ça veut dire que leur première installation dans un appartement, on apporte jusqu'à 500 euros d'aide pour acheter les premiers équipements. on a 150 euros d'aide pour le permis. Vous voyez, et là, c'était de dire voilà, on va vous donner... C'est du concret. C'est comme on a un équipement qui s'appelle la Rama qui est située sur les hauteurs de Jivord.

On a dit ben voilà, tous les enfants de CP, CEA feront une classe verte et on fera en plus... Et au départ, on avait des enseignants qui n'avaient pas l'habitude parce qu'aujourd'hui, ils ne peuvent plus partir à faire un séjour d'une semaine en dehors tandis que là, en fait, ils partaient uniquement dans le centre aéré avec les classes vertes et ils rentraient le soir chez eux donc c'est plus facile à faire et les enseignants étaient là au début assez réticents en disant bon... Et on a essayé de pousser, d'expliquer nous la démarche, d'expliquer toutes les questions environnementales qu'il y a derrière, les ateliers pour ces enfants de CP, CEA de Jivord.

Et au final, ça a été une formidable réussite et qu'aujourd'hui, on me dit mais non, il faudrait faire pour à la fois toutes les classes de primaires. Bon, je ne sais pas si on y arrivera mais on y va par étapes mais c'est formidable de ce genre de choses. On a acheté, on a dépensé, j'ai dépensé de l'argent mais pour le compte des Jivordins, on a acheté au HCL, au maire de Lyon, au président des HCL qui est Grégory Doucet, on a acheté pour 2 millions d'euros 25 hectares de terre et on aimerait derrière refaire tout un travail autour de l'agriculture, de fermes urbaines, de maraîchage, tout ça.

Donc voilà, et donc on vient de faire cette acquisition-là et c'est important et c'est pas rien quoi, on a mis de l'argent dans de la terre.

21:49
Présentateur

Alors il y a plein de projets et vous n'en manquez pas mais il y a un sujet vous l'avez amené d'une certaine mesure parce que selon l'endroit où on se place vous êtes tout au bout de la métropole ou l'entrée de la métropole mais il y a une question qui est évidente quand on est sur ces sujets-là c'est évidemment le transport, les mobilités. De quoi vous avez besoin vous aujourd'hui pour reconnecter vos populations à Lyon ou au contraire les aider à se déplacer parce que c'est pas si simple de se déplacer quand on est à Jivord ?

22:15
Mohamed Boudjellaba

Effectivement c'est pas simple c'est pourquoi on a soutenu nos étudiants Jivordins à travers le paiement de la moitié de l'abonnement parce qu'aujourd'hui un Jivordin qui doit se déplacer au cœur de la métropole il doit prendre deux tickets de TCL c'est pas normal parce qu'il faut plus d'une heure et demie pour se rendre à Lyon Centre plus de deux heures pour se rendre dans les facultés donc c'est pas normal je rappelle juste que c'est complètement une hérésie que le billet de train aller-retour Jivord-Pardieu c'est 10,20€ quand vous avez pas d'aide pas d'abonnement donc et là c'est pas normal donc tout incite à prendre la voiture et Jivord est connu aussi malheureusement par les bouchons du pont de l'autoroute parce que beaucoup de gens de la Loire viennent travailler dans le Rhône et donc ce qu'on a besoin c'est plus de trains plus de transports en commun pour que véritablement mettre en oeuvre cette politique sur les mobilités de changer notre façon de nous déplacer moi je suis la porte d'entrée de la métropole une belle porte d'entrée parce qu'on est aussi la porte du Pila aussi on fait partie aussi du syndicat du Pila et on est cette porte d'entrée donc il y a de très très belles balades sur Jivord parce qu'on est entre Lone et Coteau et là véritablement parce qu'on voit Jivord que par la 47 ou la 7 ou bien le Rhône mais je vous assure les Hauts-de-Jivord il y a de très très belles choses et c'est notre porte d'entrée et c'est la porte d'entrée de la métropole et on a besoin de transports plus de transports

23:52
Présentateur

et besoin de la métropole et globalement ça se passe bien parce qu'il y a beaucoup de maires qui nous disent c'est compliqué avec la métropole la gouvernance si on ne nous écoute pas vous vous avez l'impression que vous travaillez en bonne intelligence avec le président

24:03
Mohamed Boudjellaba

je vais vous dire on travaille en bonne intelligence avec la métropole tout simplement moi j'ai du mal à comprendre qu'est-ce qui est compliqué on a des projets on les défend c'est pas simple tous les jours avec la métropole mais on arrive quand on a des bons projets pour la métropole mais aussi pour notre territoire et bien ils nous suivent derrière

24:27
Présentateur

et bien on en reparlera tout à l'heure après la pause on se retrouve pour la troisième partie de l'émission l'invité politique le samedi de 11h à midi toujours avec Mohamed Boudjellaba le maire de Givor alors on parlait juste avant la pause des relations que vous entretenez avec la métropole en disant en gros que d'abord ça se passe bien et que vous avez besoin de la métropole pour développer l'ensemble de vos projets je crois même que d'ailleurs le président Bruno Bernard vous avait félicité pour votre élection et votre réélection parce que vous l'évoquiez tout à l'heure vous êtes gauche écologiste alors gauche écologiste en ce moment est-ce que c'est pas un peu comme un oxymore est-ce que c'est pas un peu compliqué comment vous arrivez à marcher sur ces deux jambes et comment ils sont complémentaires dans votre engagement

25:10
Mohamed Boudjellaba

ça me pose aucun problème bien au contraire c'est un signe d'ouverture et je veux pas m'enfermer dans dans un dans un schéma ou dans un dans une idéologie je trouve que les valeurs de gauche que je porte elles ont du sens au vu de ce qui se passe à travers le monde et des changements climatiques et aujourd'hui effectivement il y a un parti politique en France qui s'appelle ELV qui a porté ça pendant des années des années c'est tout à fait normal et aujourd'hui qu'il le porte soit à travers de la gouvernance notamment au sein de la métropole et je reconnais aussi au président Bernard au sein de la métropole d'être aussi un pragmatique je lui reconnais moi en tout cas ça d'être pragmatique dans son approche son approche sur la gestion de la métro ensuite vous dites est-ce que oui tout à l'heure c'était un peu les difficultés non c'est comment on fait avancer le territoire et comment on est solidaire les uns des autres

26:14
Présentateur

parce que écologiste on pourrait se dire aujourd'hui qu'on en a tous une conscience qu'on a tous la sensation ou le sentiment de l'urgence climatique mais est-ce qu'on est obligé d'être écologiste pour être écologiste entre guillemets

26:26
Mohamed Boudjellaba

non on ne l'est pas mais faisons attention au Canada dry c'est-à-dire certains qui vous font croire qu'ils ont une pensée écologiste qu'ils ne le sont pas et ensuite et à côté de ça qui vous développent aussi qui sont dans des formes de dichotomies donc soyons vigilants à cela aussi moi j'ai des élus qui me disent mais attends et puis je les vois aussi dire ben oui mais moi je défends ça mais de l'autre côté non mais non mais par contre il faut augmenter le nombre de voiries et aujourd'hui il faut plutôt qu'on pense ensemble collectivement à comment on se déplace avec moins de voiries ou en tout cas avec le même nombre de voiries mais plus de transports en commun donc aujourd'hui vous voyez en ce moment il y a un film qui est sorti sur Netflix qui s'appelle je ne veux pas faire de la pub donc look up avec Léonardo DiCaprio

27:17
Présentateur

dont on parle beaucoup

27:18
Mohamed Boudjellaba

oui dont on parle beaucoup mais c'est intéressant de regarder le film non pas avec de prime abord il faut le regarder avec le second degré qu'il y a à l'intérieur aussi parce qu'il y a beaucoup de un second degré voire même en tout cas moi je l'ai perçu comme ça avec un troisième degré c'est on peut parler d'écologie mais c'est plus entendable ça veut dire que les gens vont vous dire aujourd'hui aujourd'hui il a fait moins 4 ah il fait très froid et ensuite demain il va faire très chaud on va dire mais c'est pas normal il fait très chaud mais on oublie l'être humain oublie moi je pense que les politiques que nous sommes devons rappeler cela et devons accompagner ces changements parce que on est au bord de la falaise si ce n'est pas on est en train de tomber et là qu'est-ce que je vais laisser moi en tant que je suis père de famille je me dis souvent quand je regarde mes enfants je dis qu'est-ce que je vais leur laisser et qu'est-ce que je vais laisser aux générations à venir et si et demain je suis sûr qu'elles vont me dire mais papa tu as été responsable et qu'est-ce que tu nous as laissé tu nous as laissé un monde

28:20
Présentateur

c'est aussi un peu le rôle de la politique de donner des repères d'expliquer le pourquoi et de garder un cap même si les gens ont du mal à le comprendre bien sûr

28:31
Mohamed Boudjellaba

et pour revenir à votre question de départ je pense que le parti politique Europe Écologie Les Verts sont légitimes plus que d'autres notamment à porter le message qu'ils portent mais parce qu'ils le portent depuis depuis 50 ans mais par contre que d'autres amènent et que nous ont amené d'autres à être sensibilisés à la question des changements climatiques à la question écologique effectivement c'est bien et c'est important maintenant il faut qu'on transforme la société et c'est ça qui est important

29:09
Présentateur

on est quand même à 100 jours et quelques de la présidentielle qui est censée être une échéance importante qui l'est même si le débat ne le montre pas toujours encore puisqu'on a l'impression qu'on n'est pas encore dans les vrais sujets vous avec cette sensibilité à la fois de gauche écologiste comment vous vous positionnez et qu'est-ce que vous dites est-ce que il faut tous se mettre derrière le candidat écologiste est-ce que la gauche a une chance c'est quand même un peu étrange ce qui se passe comment une personne de gauche un ancien du parti socialiste regarde la déliquescence et l'état de la gauche aujourd'hui est-ce que c'est pas quelque chose qui vous attriste

29:46
Mohamed Boudjellaba

je crois que vous avez la réponse dans votre question vous avez parlé de déliquescence donc j'ai ce sentiment là en voyant les partis politiques par contre quand je regarde quand je discute avec mes concitoyens j'ai l'impression en fait le débat public c'est droitisé mais nos concitoyens ont des valeurs de gauche et d'écologie ils portent fortement cela en eux au final la transformation de la société est en cours le seul problème que nous avons actuellement en France c'est qu'effectivement il n'y a pas de leadership dans la gauche ou de la représentation de la gauche et de l'écologie mais je pense que les choses vont arriver quoi qu'il en soit nous n'avons pas le choix mais la société elle est fondamentalement comment ces changements comment sa transformation je le vois moi à travers mes concitoyens dans ma commune

30:40
Présentateur

mais selon vous alors du coup qu'est-ce qui explique que ça crante pas encore et que ce discours de la gauche en général qui au total pèse moins de 20-25% n'imprime pas il devrait être devant qu'est-ce qui fait qu'il y a eu peut-être une droitisation du débat ou de la société

30:56
Mohamed Boudjellaba

non moi je pense que la société ne s'est pas droitisée je crois qu'on fait croire que la société moi je pense que la société reste l'homme il est ce qu'il est l'homme a besoin de rapports humains des rapports charnels de pouvoir se toucher il est social avant tout il est solidaire effectivement il y a des gens mais il est d'abord et avant tout social solidaire il essaye il pense à il pense à à son prochain aussi à sa famille donc c'est bien toutes ces valeurs humanistes que nous portons à gauche et c'est ce que je vois sur mon territoire ensuite il ne faut pas voir la politique que par le prisme de la petite lucarne ou que par le prisme des réseaux sociaux dans lesquels une haine absolue est déversée et je crois que c'est là où il faut faire une différence il faut plutôt aller au contact de nos concitoyens et certains et de voir la problématique mais dans son ensemble quelle société vous souhaitez demain quelle société je souhaite demain moi c'est ce que j'attends d'un candidat à la présidentielle quelle société j'attends pas qu'il me dise vous allez avoir plus 3000 enseignants j'attends pas qu'on me dise je veux avoir plus 100 flics j'attends pas qu'on me dise je vais éradiquer tous les malfrats tous les immigrés de la France j'attends d'un président d'un candidat à la présidentielle qui me dise voilà la société que je veux

32:24
Présentateur

et alors du coup selon qu'est-ce qui explique alors j'espère que ça restera enfin j'espère un épiphénomène mais c'est vrai que ce discours un peu de haine d'un candidat très extrême comme Éric Zemmour puisque maintenant il est candidat comment est-ce qu'on explique qu'entre lui et peut-être le Front National ça prenne autant de place est-ce que ça sert de catharsis de repoussoir comment vous avez senti ou vécu cette montée en médiatisation en tout cas de ce type de candidat

32:52
Mohamed Boudjellaba

après c'est une montée qui est que dans la lucarne qui est que sur les réseaux sociaux parce que moi j'ai eu une élection en pleine montée de monsieur Zemmour et voire même il y avait un candidat Zemmour sur la liste d'extrême droite qui était face à la liste que je conduisais construise ensemble élection qui a eu lieu le 5 et 12 décembre donc on peut dire que là pour le coup il aurait pu être un laboratoire qu'est-ce qui s'est passé et bien il a fait moins il a fait moins de voix qu'en 2020 qu'en 2020 pourquoi ?

parce qu'on a un discours de vérité ça veut dire sur les questions régaliennes sur les questions sur toutes les questions on a un discours qui est qui est qui est vrai au sens où on se défausse pas sur les questions de sécurité mais en même temps on est sur nos valeurs qui sont les valeurs de solidarité de bienveillance et puis ensuite il y a des parcours de vie aussi quand vous avez une population fragile effectivement quand ils voient rien arriver ou qu'on l'aide pas et c'est tout à fait normal qu'ils puissent se dire et puis quand tous les jours vous avez les chaînes d'informations en continu qui vous balancent ce ramassis

34:07
Présentateur

une impatience parfois mais aussi une difficulté à vivre qui fait qu'ils sont sur autre chose

34:12
Mohamed Boudjellaba

mais le français ensuite à un moment donné quand il va aux urnes il se dit au final mais quelle société je veux on en revient à cette question de la société

34:21
Présentateur

mais on en revient aussi à cette question qui est d'importance c'est quand il va aux urnes alors c'est vrai que votre élection il y a eu pas mal d'abstention bien sûr 60% les élections municipales d'avant aussi on a l'impression que ça ne cesse de se dégrader que les gens ne vont plus voter ou alors votent avec leurs pieds ou votent comment est-ce qu'on remet le citoyen qui est engagé qui s'intéresse et particulièrement la jeune génération d'ailleurs comment on les réamène au vote puisque c'est encore le système qui prédomine chez nous

34:53
Mohamed Boudjellaba

et bien c'est d'être vrai dans ce qu'on fait d'être transparent dans ce qu'on fait d'être juste de l'associer aux décisions politiques que nous portons pour le territoire et ça ça a son importance et c'est comme ça qu'on va réassocier nos concitoyens à la chose publique et c'est aussi on fait croire aussi les politiques je pense que celui parmi les gens qui avons le plus de pouvoir effectivement les maires les collectivités nous agissons sur le quotidien de nos concitoyens la proximité c'est encore le secret et c'est ce qui fait que nos concitoyens nous interpellent matin, midi et soir c'est peut-être un peu trop par moments mais c'est comme ça c'est le job qui veut ça mais et en même temps il ne faut pas leur raconter de ça là et ils en ont trop souffert de cela et je crois qu'il faut ramener nos concitoyens à plus de vérité mais aussi le citoyen a aussi une part de responsabilité il faut qu'il redevienne aussi citoyen il faut qu'il reprenne sa part de responsabilité

36:02
Présentateur

et qu'il développe son sens critique comme le disait je suis assez d'accord alors vous le disiez et on aurait pu parler de plein de choses notamment du statut de l'élu qui est un peu compliqué mais simplement être élu être maire c'est avant tout un engagement un sacerdoce une vocation ça vous prend tout votre temps mais est-ce que vous avez le temps quand même d'être autre chose que maire qu'est-ce que vous faites le dimanche puisqu'on est samedi demain c'est dimanche est-ce que c'est 7 jours sur 7 être maire d'une commune comme Gibor c'est 7 jours sur 7

36:33
Mohamed Boudjellaba

c'est une de mes découvertes c'est 7 jours sur 7 24h sur 24

36:37
Présentateur

ça ça a jamais

36:38
Mohamed Boudjellaba

ça a été même un de mes premiers actes c'est un jour on est venu à 4h du matin sonner à ma porte pour me dire qu'il y a eu un incendie dans un immeuble et qu'il faut y aller et qu'il faut y aller et j'étais complètement dans le coltard je me suis dit mais qu'est-ce qui m'arrive bref donc c'est vraiment 7 jours sur 7 24h sur 24 mais j'essaye aussi d'accorder du temps à ma famille

36:59
Présentateur

comment on se protège est-ce que c'est la famille est-ce qu'on a le temps est-ce qu'on a une passion un hobby de la lecture est-ce que vous avez encore le temps de lire ou de pratiquer un sport

37:07
Mohamed Boudjellaba

j'essaye je fais plutôt de la marche le dimanche j'essaye de cuisiner pour mes enfants voilà donc voilà on essaye d'avoir un temps comme ça et puis aussi c'est plutôt un temps de repos alors je dis pas qu'en ce moment je lis beaucoup mais j'essaye mais souvent je fais que quelques pages et puis je m'endors parce que les journées sont bien sont complètes et énormes mais voilà et on essaye d'accorder du temps à ses enfants à son épouse à sa famille alors à ses amis c'est peut-être un truc qu'on perd au fil des semaines mais on essaye de garder ce fil là parce que ça nous permet de décompresser ce fil et ce cap

37:50
Présentateur

qu'est-ce qui vous en quelques secondes vous aide à tenir face à cette charge assez importante c'est quoi c'est l'idée d'être utile pour vous administrer c'est même pas qu'une idée c'est le fait d'être utile alors on va se quitter en vous remerciant pour votre temps sur une musique que vous avez choisie qui est le thème de La La Land simplement parce qu'elle vous plaît je crois que c'est ça

38:13
Mohamed Boudjellaba

à chaque fois c'est une réjouissance de l'écouter

38:16
Présentateur

on va se réjouir ensemble je vous remercie d'avoir été notre invité et quant à vous je vous dis à très bientôt pour une nouvelle émission merci à vous au revoir c'était l'invité politique du samedi sur Lyon 1ère en partenariat avec immédiat positif le web média qui rend visible l'essentiel retrouvez tous les invités politiques en podcast sur lyonpremière.fr et sur immédiat positif et sur immédiat positif .fr Sous-titrage MFP.