Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewRadio France (sur Site radio)· 11 septembre 2026 10 minComplaisantActualité / polémiqueAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieSécurité

Pierre REGNAULT de la MOTHE, préfet des Pyrénées-Orientales

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:06OuverteRéponse directe

    Bonjour Pierre-Régnot de Lamotte.

  • 0:06OuverteRéponse directe

    On va parler des leçons après les incendies cet été dans les Pyrénées-Orientales.

  • 0:10OuverteRéponse directe

    Beaucoup de réunions autour des ceintures de protection. Mais d'abord, le plan d'aide du gouvernement pour les agriculteurs.

  • 0:40RelanceRéponse partielle

    Qu'est-ce que vous pouvez répondre à Bruno Villa qui dit que les agriculteurs des PO ne toucheront que des miettes ?

  • 2:13RelanceRéponse partielle

    La FDSEA chiffre les dégâts à 30 millions d'euros. Il faudrait 10 fois plus.

  • 3:58OuverteRéponse directe

    Est-ce que les éleveurs inquiets pour les fourrages vont aussi bénéficier de ces aides ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:19PrésentateurChiffre
    « Un milliard d'euros annoncés la semaine dernière. »
  • 0:43Invité politiqueFait
    « Non, il y aura un vrai plan. »
  • 0:45Invité politiqueChiffre
    « C'est un plan à l'échelle nationale qui fait un milliard d'euros. »
  • 0:53Invité politiqueFait
    « Et d'ailleurs, il n'y a aucun autre pays d'Europe qui a mis en place un tel plan d'aide pour ces agriculteurs. »
  • 1:29Invité politiqueChiffre
    « Au niveau national, dans ce fonds de réarmement agricole, il y a 235 millions d'euros. »
  • 1:34Invité politiqueChiffre
    « Dans les Pyrénées-Orientales, sur ces 235 millions, on aura 3,8 millions. »
  • 1:48Invité politiqueChiffre
    « Sur ces 3,8 millions d'euros, il y en a 2,7 millions qui iront pour les exploitants agricoles qui ont été impactés par le feu de Tréviac. »
  • 2:07Invité politiqueChiffre
    « Et puis 1,1 million qui permettra d'aider les autres exploitants agricoles qui ont pu souffrir des chaleurs importantes de la sécheresse. »
  • 2:16PrésentateurChiffre
    « La FDSEA chiffre les dégâts à 30 millions d'euros. »
  • 3:41Invité politiquePromesse
    « Moi, je voudrais que dès le 1er octobre, on ait versé les premières aides. »
  • 4:09Invité politiqueFait
    « J'irai cet après-midi voir un éleveur dans le conflant. »
  • 9:40Invité politiquePromesse
    « Oui, en janvier, je souhaite autoriser le projet d'irrigation des aspres. »

Temps de parole

  • Invité politique77 %
  • Présentateur21 %

≈ 3,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

C'est l'invité d'ici matin, Simon, c'est donc le préfet des Pyrénées-Orientales. Bonjour Pierre-Régnot de Lamotte. Bonjour. Avec vous,

0:06
Locuteur

on

0:06
Présentateur

va évidemment parler des leçons à tirer après les terribles incendies cet été dans les Pyrénées-Orientales. Il y a

0:10
Locuteur

eu

0:10
Présentateur

beaucoup de réunions ces dernières semaines autour des ceintures de protection que vous voulez mettre en place autour des communes les plus souvent touchées. Mais d'abord, le plan d'aide du gouvernement pour les agriculteurs. Un milliard d'euros annoncés la semaine dernière. Lundi, dans ce studio, le président de la FDSEA 66, le principal syndicat agricole, Bruno Villa a expliqué que les agriculteurs des PO ne pourraient pas toucher ces aides ou alors seulement des miettes parce qu'il y a des critères trop restrictifs. On n

0:34
Locuteur

'a

0:34
Présentateur

pas assez touché, disait-il, par les canicules et les incendies cet été chez nous. Qu'est-ce que vous pouvez lui répondre ? Effectivement, il n

0:41
Locuteur

'y

0:41
Présentateur

aura que des miettes pour les agriculteurs catalans ?

0:43
Invité politique

Non, il y aura un vrai plan. Comme vous l'avez dit, c'est un plan à l'échelle nationale qui fait un milliard d'euros. Il n'y a aucun autre secteur économique pour lequel, évidemment, on met en place un plan pareil. Et d'ailleurs, il n'y a aucun autre pays d'Europe qui a mis en place un tel plan d'aide pour ces agriculteurs. Donc, il fait un milliard d'euros. Il y a plein d'éléments dans ce plan. C'est vrai que les agriculteurs, quand ils font des remarques critiques comme ça sur une mesure d'aide, il faut les écouter. En général, ce sont des gens avisés et pragmatiques. Donc, c'est vrai que sur certains aspects, il y a des débats sur des critères ou des conditions.

On les traite et on traite ça aussi au niveau national. Combien pour les Pyrénées-Orientales ? Alors, vous savez, dans ce plan, il y a ce qu'on appelle un fonds de réarmement agricole qui est un plan d'aide à la trésorerie des exploitations qui ont le plus souffert. Au niveau national, dans ce fonds de réarmement agricole, il y a 235 millions d'euros.

1:34
Locuteur

Dans

1:34
Invité politique

les Pyrénées-Orientales, sur ces 235 millions, on aura 3,8 millions. Et ça va se répartir de la manière suivante. Sur ces 3,8 millions d'euros, il y en a 2,7 millions qui iront pour les exploitants agricoles qui ont été impactés par le feu de Tréviac. Ça, j'y tenais beaucoup. Et je remercie à la fois notre préfet de région et la ministre de l'Agriculture qui ont entendu nos messages sur l'importance d'aider les exploitants qui ont subi le feu de Tréviac. Donc 2,7 pour eux. Et puis 1,1 million qui permettra d'aider les autres exploitants agricoles qui ont pu souffrir des chaleurs importantes de la sécheresse. 2,7

2:11
Présentateur

millions pour les agriculteurs touchés par le feu de Tréviac. La FDSEA chiffre les dégâts à 30 millions d'euros. Il faudrait 10 fois plus.

2:17
Invité politique

C'est vrai qu'il y aura de toute façon toujours un décalage entre l'importance des pertes et ce que l'État pourra aider. Mais ce fonds va se cumuler aussi avec d'autres aides. Il y a les systèmes d'indemnisation de solidarité nationale. Il va y avoir des dégrèvements de taxes foncières.

2:35
Locuteur

On

2:35
Invité politique

va avoir avec nos interlocuteurs des syndicats agricoles, on va avoir dans les prochaines semaines à discuter du taux et des modalités de dégrèvements de taxes foncières. Donc en fait ce fonds va quand même s'ajouter à d'autres dispositifs. C'est vrai qu'à la fin, je ne pourrais jamais prétendre que l'État a compensé à l'euro près toutes les pertes parce que ça n'arrive jamais. Et dans l'état actuel des finances publiques, je ne suis pas sûr que ce soit possible. Mais ça veut dire que certains agriculteurs peut-être ne se relèveront pas malgré les aides ? Si, nous allons tout faire pour qu'ils puissent se relever. Alors pour ça, nous allons d'abord faire preuve de réactivité.

Donc il y a, je pense, beaucoup d'agriculteurs qui sont peut-être en train de se demander s'ils vont poursuivre leur activité. Peut-être certains se disent qu'ils sont étranglés par les charges au moment où nous nous parlons. Donc évidemment, nous allons faire en sorte que ces aides soient distribuées, versées le plus vite possible.

3:28
Locuteur

Et

3:28
Invité politique

aucun

3:28
Présentateur

agriculteur ne mettra la clé sous la porte

3:30
Locuteur

après

3:30
Invité politique

le feu de Tréviac ? Je ne

3:31
Locuteur

peux

3:31
Invité politique

pas prendre un engagement pareil. Je ne suis pas devin. Mais en tout cas, nous ferons tout pour l'éviter. Nous allons donner les aides très vite. Moi, je voudrais que dès le 1er octobre, on ait versé les premières aides, qu'on soit équitable, c'est-à-dire que dans la distribution des aides, il n'y ait pas d'inéquité entre filières, entre agriculteurs. 1er octobre, donc la date.

3:53
Locuteur

Il

3:53
Présentateur

y

3:53
Locuteur

a

3:53
Présentateur

des éleveurs aussi qui sont très inquiets pour les fourrages après les sécheresses, les canicules de cet été. Qu'est-ce que vous pouvez leur dire ? Est-ce qu'eux aussi vont bénéficier de ces aides

4:01
Locuteur

?

4:01
Invité politique

Alors effectivement, d'ailleurs j'irai cet après-midi voir un éleveur dans le conflant. Et sur les aides, il y a à la fois des systèmes d'indemnité, de solidarité nationale pour l'élevage. Là, il y a des sujets sur les critères et sur la manière dont on évalue la pousse de l'herbe, donc un sujet qu'on est en train de traiter avec le ministère de l'Agriculture. Mais il y aura bien des aides. Et évidemment, le fonds d'armement agricole, il aura aussi vocation à aider les éleveurs. J'ajoute que nous allons aussi travailler sur le fait d'aider les éleveurs qui le souhaitent à pouvoir mieux organiser des retenues d'abreuvement, parce qu'il

4:40
Locuteur

y a

4:40
Invité politique

aussi des problèmes d'eau. Et moi, je suis partisan des solutions les plus pragmatiques pour organiser l'accès à l'eau pour les éleveurs.

4:47
Présentateur

7h50, notre invité ce matin, c'est Pierre Regneau de Lamotte, le préfet des Pyrénées-Orientales. Pour éviter les dégâts en cas de gros incendies comme celui de Tréviac, l'idée, c'est aussi de réaliser des ceintures de protection autour des communes. Alors déjà, ce serait quoi dans votre esprit une ceinture de protection

5:01
Locuteur

?

5:01
Invité politique

Alors, on a réfléchi au concept avec tous nos partenaires, départements, agriculteurs, communes, communautés de communes, élus, etc. Notre idée, c'est de dire qu'autour des villages les plus exposés au feu, notamment dans les couloirs historiques de feu, on organiserait l'espace dans la mesure du possible, avec toutes les contraintes bien sûr, il faut la maîtrise foncière, etc. Mais autour de cercles concentriques,

5:24
Locuteur

un

5:25
Invité politique

premier cercle qui serait assuré par la réalisation des obligations de débroussaillement,

5:29
Locuteur

un

5:30
Invité politique

deuxième cercle qui serait assuré par la présence de vignes, ou de chaînes lièges, ou d'activités agricoles qui servent de coupe-feu. Ça veut dire que vous voulez replanter certaines cultures ? Je pense qu'il faut qu'on se pose sérieusement cette question, et qu'il faut travailler sur le réinvestissement de l'espace.

5:47
Locuteur

Qui

5:47
Invité politique

paye alors quand

5:48
Présentateur

on replante des vignes, quand on veut faire venir aussi peut-être des bergers avec leurs troupeaux, pour débroussailler une parcelle ?

5:55
Invité politique

C'est une très bonne question. Moi d'abord j'observe qu'il

5:57
Locuteur

y

5:57
Invité politique

a plein de projets, sans même que j'ai eu besoin de les susciter, qui sont imaginés par les élus, par les acteurs du territoire, dans cette logique-là. J'étais par exemple hier dans une commune, où le maire disait je veux implanter une bergerie communale. Quelle commune ? Ça c'était à Urbania. Et le maire me disait, je veux... Oh non pardon, c'était à Nière, excusez-moi, c'était à Nière. Et le maire me disait, je veux implanter une bergerie communale, pour implanter de l'élevage, et que ça contribue à réduire la densité de la végétation, à éviter les feux. Donc le maire a son projet, j'imagine qu'il va définir un plan de financement.

Moi à ce moment-là, évidemment que je vais aider ce projet, avec les dotations d'investissement que j'ai, la dotation d'équipement des territoires ruraux, le fonds vert. Et après il faudra que tout le monde s'y mette.

6:46
Locuteur

Il

6:47
Invité politique

y a un autre système de financement, qu'on appelle, vous savez, les paiements pour services environnementaux. C'est-à-dire qu'on a une logique dans laquelle on dit que l'agriculture, ça n'est pas seulement un secteur économique qui cherche sa rentabilité, l'agriculture c'est aussi une activité qui rend un service au territoire et qui mérite d'être rémunérée pour ça. Alors les paiements pour services environnementaux, ça peut soit être des financements publics, soit on peut même aller chercher des financements privés. Et moi je pense qu'il faut qu'on réfléchisse à la manière dont on va chercher les entreprises. Est-ce qu'on n'est pas un petit

7:17
Présentateur

peu schizophrène dans le sens où il y

7:20
Locuteur

a

7:20
Présentateur

des plans d'arrachage aussi de vignes pour des fois aider des vignerons dont le vin ne se vend plus et en même temps vous nous dites ce matin on va replanter des vignes ?

7:27
Invité politique

C'est vrai que c'est un paradoxe, mais je pense qu'il faut assumer ce paradoxe. Ça a à la fois du sens quand un agriculteur n'y arrive plus de lui donner l'aide nécessaire pour qu'il puisse tourner la page. Il

7:43
Locuteur

pourrait

7:43
Présentateur

y avoir ses services environnementaux, il pourrait y en bénéficier de ses services

7:46
Locuteur

environnementaux,

7:47
Invité politique

un agriculteur qui a des vignes dans un secteur stratégique ? Tout à fait, tout à fait. Et c'est ça qu'il faut qu'on travaille dans les mois qui

7:53
Locuteur

viennent. De quel

7:53
Présentateur

montant on parle là ? L'hectare ? Ce serait combien ?

7:55
Invité politique

Alors ça, c'est trop tôt pour vous le dire. Mais en tout cas, il y a beaucoup de solutions à rechercher. C'est évidemment beaucoup plus difficile à faire qu'à dire. Ça, je le reconnais bien volontiers. Mais vous

8:05
Locuteur

sentez qu'il y a une

8:06
Présentateur

prise de conscience ? Il y a 101 communes qui se sont déclarées intéressées par ces

8:10
Locuteur

ceintures de protection. Exactement. Vous

8:11
Présentateur

avez retenu 46. Vous sentez qu'il y a un très villac à marquer les esprits ?

8:15
Invité politique

J'ai été très frappé par la prise de conscience des acteurs de terrain. Vous avez raison. Sur 226 communes du département, il y en a 101, c'est énorme, qui se sont manifestées pour faire des ceintures de protection. Je sens aussi la prise de conscience chez les décideurs, qu'ils soient nationaux, régionaux, locaux. Par exemple, vous savez que le grand patron national de la Banque des Territoires est venu dans les PO en juillet. Initialement, il venait pour parler du Club Med. Au Barcares. Au Barcares. Il est venu et je lui avais parlé avant qu'il vienne du problème des feux.

Il est venu, il a annoncé ici une enveloppe de 100 millions d'euros de prêts bonifiés, plus 5 millions de subventions pour les projets de prévention des feux. Donc, je pense que tout le monde est en train de prendre conscience. Je pense qu'on va forcément dédier des ressources à ce sujet. Et il faut qu

9:01
Locuteur

'on

9:01
Invité politique

s'en saisisse et qu'on organise des projets. Rapidement. Et j'aimerais que, dès l'été prochain, on puisse commencer à voir que notre territoire est mieux préparé que cet été.

9:12
Présentateur

Un mot aussi sur les questions des retenues d'eau, parce que c'est aussi un point clé dans la lutte pour les incendies. Mais évidemment, ça peut servir de réservoir pour les pompiers. Puis aussi, évidemment, ça érigue les cultures qui peuvent faire office de pare-feu. Vous avez annoncé que pour la retenue d'eau des aspres, celle de Sainte-Colombe de la Commanderie, les choses allaient s'accélérer, signature prévue dès le début de l'année prochaine. Est-ce que d'autres retenues d'eau sont prévues dans le département ? Est-ce que les choses vont s'accélérer d'une façon générale pour les retenues d

9:36
Locuteur

'eau

9:36
Présentateur

chez nous

9:37
Locuteur

?

9:37
Invité politique

Alors, les retenues d'eau font partie des solutions. Oui, en janvier, je souhaite autoriser le projet d'irrigation des aspres. Qui est un projet vieux de plus de 15 ans. Exactement. Il y a d'autres projets dans le département. Il y en a un, par exemple, à Villelong-d'Elmont, dans la vallée du Tèque, sur lequel il faudra aussi qu'on avance. Et puis, plus largement, je voudrais qu'on avance sur des projets de petite retenue. Ce que je ne veux pas, c'est qu

10:04
Locuteur

'on

10:04
Invité politique

crée des polémiques stériles sur des méga-vaccines qui n'ont pas forcément lieu. Par contre, à mon avis, il y aurait un intérêt à développer des petits projets, des petits stockages pour les agriculteurs et les éleveurs.

10:19
Présentateur

Merci beaucoup, Pierre Regnaud-Lamotte, le préfet des Pyrénées-Orientales. Bonne journée à vous. Vous étiez l'invité d'ici matin.