Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewEurope 1· 3 septembre 2025

Interview de Rima Hassan : comment peut-elle encore être une députée européenne de la France ?

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Europe 1 Soir, 19h-21h, Pierre de Villeneuve. Toujours avec Jules Torres et Arnaud Benedetti pour passer en revue à l'actualité. Propos choquants sur lesquels tout à l'heure le ministre auprès du ministre de l'Intérieur, François-Noël Buffet, était d'abord scantilisé, mais ne savait pas trop prendre.

C'est l'art du verbatim et du narratif de la France insoumise. C'est d'utiliser des mots qui sont extrêmement choquants, mais qui peuvent échapper à un article 40 qui ensuite arrive au programme. On est toujours dans le trou de raquette, dans l'accoté qui permet justement de ne pas être poursuivi.

Écoutez Rima Hassan, ce qu'elle dit à ce Media Thinker View à propos des chiffres du CRIF sur l'antisémitisme en France. Oui, il y a eu plus d'actes antisémites. Après, très honnêtement, moi je vous le dis et je l'assume, je ne fais pas du tout confiance au chiffre du CRIF. 7 octobre, c'est quelque chose qui doit être...

Puni. Puni, oui, mais recontextualisé avant d'être puni. Parce que c'est un peu facile de venir dire à un peuple qui finit à ce niveau-là de désespoir.

Les mecs qui ont débarqué en ULM...

Mais il faut le comprendre à un moment donné aussi. Il faut comprendre à un moment donné que ce sont des combattants, etc. Je ne vais pas vous faire le verbatim de Rima Hassan, qui pourtant vous donne en revanche d'autres chiffres, qui sont des chiffres invérifiables sur Gaza, qui sont les chiffres du fameux ministère de la Santé du Hamas, qui est là pour le coup, où nos amis du service public les citent sans même dire que ce sont les chiffres du Hamas.

Aujourd'hui, il y a eu 40 000 morts, souvenez-vous, à Gaza, etc. Mais ils ne disent pas que ce sont les chiffres du CRIF. Les chiffres du CRIF, c'est quoi ?

Ce sont les chiffres du ministère de l'Intérieur. Le CRIF ne va pas chercher des chiffres ailleurs que dans des statistiques publiques, et que ce sont des recensements du ministère de l'Intérieur. Arnaud Benedetti, vous qui portez dans votre cœur Rima Hassan, puisqu'elle a dit beaucoup de choses sur Boilem sans salle.

Oui, vraiment. Elle a dit très peu de choses, surtout, sur Boilem sans salle. Elle s'est surtout opposée à sa libération, parce qu'elle a voté contre la proposition de résolution, je rappelle, au Parlement européen, comme d'ailleurs ses collègues de l'Assemblée nationale, LFI, n'ont pas voté la proposition de résolution défendue par Consenso Grimm.

Non, mais vous avez raison de dire qu'elle est toujours dans un entre-deux, comme le sont d'ailleurs la plupart des responsables de LFI. Si vous voulez, à la différence de l'antisémitisme des années 30, qui était un antisémitisme qui s'assumait, littéralement, évidemment, il n'était pas considéré comme un délit dans les années 30. Aujourd'hui, l'antisémitisme prend des chemins de traverse, c'est-à-dire qu'il se fémise.

Mais on envoie des codes. On envoie des codes à des populations qui peuvent être réceptives à cet antisémitisme. Et Mme Hassan est tout à fait dans cette stratégie-là.

C'est très intéressant ce qu'elle dit. Enfin, c'est très intéressant, c'est surtout très significatif. Elle dit, ah oui, vous vous rendez compte, ce qui s'est passé le 7 octobre, oui, doit être puni d'une petite voix, mais elle souligne que tout cela doit être bien évidemment contextualisé.

Vous comprenez, il faut quand même les comprendre. À partir du moment où vous considérez qu'il faut les comprendre, vous considérez que vous pouvez les justifier. Et donc finalement, ce ne sont pas des crimes terroristes, mais c'est de fait, pour elle, un mouvement de résistance qui tout simplement s'est exprimé sur le terrain le 7 octobre.

C'était un discours d'ailleurs qu'a tenu, je le rappelle, Madame Obono aussi, très peu de temps après le 7 octobre. Donc c'est sans surprise, en l'occurrence, et c'est malheureusement sans surprise. Jules Toresse.

Oui, mais c'est vrai qu'elle est extrêmement paradoxale, Rima Hassan, vous l'avez dit. Cher Pierre de Villeneuve, elle vous cite en permanence à chacune interview les chiffres d'un mouvement terroriste qui sont invérifiables, et elle dénie au CRIF, qui est l'organisation juive la plus importante de France, qui prend les chiffres du ministère de l'Intérieur et de l'État français, qui d'ailleurs conclut une baisse cette année par rapport à l'année 2024. Donc je pense qu'ils sont extrêmement précis ces chiffres-là.

Même s'ils sont historiquement hauts, et c'est absolument inédit, il y a eu évidemment sur une quinzaine d'années une augmentation drastique de l'antisémitisme. Donc c'est vrai que ça pourrait étonner, mais malheureusement ça ne nous étonne plus, puisqu'on sait que Rima Hassan s'arrange bien souvent avec la réalité, qu'elle est toujours dans cette fameuse zone grise, qui lui permet parfois d'être dans des outrances, dans des dérapages qui ne sont jamais condamnés. Moi je vais vous dire, je ne suis pas forcément gêné par les propos de Rima Hassan, dans le sens où je suis un défenseur d'une quasi-liberté d'expression.

C'est-à-dire que sauf quand vous vous en prenez à des personnes et que vous appelez par exemple à l'acte...

Sauf quand c'est inexact ? Non, alors justement, il y a plein de propos inexactes qui ne sont pas forcément obligés d'être sanctionnés par quelqu'un qui vous dit que la terre est plate. Moi je ne suis pas pour qu'on le sanctionne d'une amende ou d'une peine de prison.

Le sujet, il est politique. Est-ce qu'on laisse Rima Hassan dire des inexactitudes ? Je crois que sur ces plateaux, on le fait à chaque fois qu'elle dit une bêtise.

D'ailleurs peut-être le fait-on trop, peut-être lui donne-t-on trop d'importance à Rima Hassan. Je me souviens, on a été les premiers dans le JDD à parler de la Lady Gaza. On nous l'avait reproché parce qu'on nous disait que ça la starifiait.

Bon, eh bien on a choisi nous de parler à chaque fois qu'elle dit des outrances. Dans cette interview de Sinkervu, j'invite tous les auditeurs d'Europe 1 à l'écouter parce qu'on voit bien qu'elle n'a qu'un sujet, un et demi, puisqu'elle évoque la situation de Gaza et des Palestiniens. Et de temps en temps, elle se permet des petits pas de côté pour défendre le régime algérien dans le cas Sansal en disant que Boilem Sansal, de toute manière, il n'est pas tellement français que c'est quasiment un français de papier puisqu'il est français que depuis l'année dernière.

Elle est interrogée sur Fessenheim, elle est interrogée sur la situation économique du pays, sur son bilan au Parlement européen, je vous promets, mais c'est délicieux. Les réponses sont absolument sidérantes. Quand on voit qu'elle n'y connaît rien, qu'elle ne s'intéresse à rien, quand on lui parle de Fessenheim, elle ne sait même pas si on le parle de la dernière boisson à la mode du central nucléaire.

Non, mais c'est la raison pour laquelle quand François Noël Buffet était là, je lui ai dit, mais comment est-ce que Rima Hassan peut encore être une députée européenne qui représente la France ? Ah non, mais ça fait un moment que Rima Hassan ne parle plus de la France. Elle ne parle jamais de la France.

Elle représente les électeurs qui l'ont élue, mais elle ne représente absolument pas la France. Elle n'a jamais utilisé l'homo France pour la dénoncer. Mais alors, en février dernier, ce même François Noël Buffet était ici-là, à cette même place, et je lui demandais, qu'est-ce qu'on fait contre Rima Hassan ?

Est-ce qu'on peut la déchoire de sa nationalité ? Il n'avait pas dit oui, il n'avait pas dit non. Il s'est pensé sur la question.

A l'époque, il y avait un soupçon de savoir si elle avait une nationalité syrienne. Finalement, elle ne l'a pas. Et donc, il m'a répondu, ce soir, la même chose qu'il y a, on ne peut pas en faire une apatride.

C'est interdit par la loi française, par la loi européenne. Oui, ce qui serait d'ailleurs, à mon avis, une erreur, parce que ça serait, d'une certaine manière, la victimiser, et Dieu sait si elle se victimise depuis très longtemps. Là où j'ai peut-être une différence avec Jules, c'est que, moi, la liberté d'expression, bien évidemment, je suis favorable à la liberté d'expression la plus large qui soit.

Mais enfin, ceci dit, il y a une différence entre proférer des inexactitudes, ce qui existe constamment dans le débat politique, et il y a beaucoup d'hommes et de femmes politiques qui professent des inexactitudes sur des faits et sur des chiffres. Il y a quand même une différence avec des propos qui peuvent flirter avec ce que l'on peut appeler une forme d'apologie du terrorisme. Parce qu'en l'occurrence, quand vous commencez à dire, attention, le 7 octobre, en effet, c'est condamnable, mais finalement, pas tout à fait, parce qu'il y a quelque part, je veux dire, des motivations qu'il faut regarder de près dans ce qui s'est passé, vous êtes là, quand même, dans un autre registre de paroles.

Là, si on revient, si on rembobine, comme on dit en radio chez nous, la bande, si vous regardez, 7, 8, 9, 10 octobre, je vous invite à écouter certaines antennes, où là, le verbatim, le narratif, c'était, il y a eu le 7 octobre, c'est une attaque, mais vous comprenez, la politique de Netanyahou, la conquête de la Cisjordanie, les colonies, c'est parce que...

Nous, ici même, à Europe 1, mais c'est la même chose au JDD et à CNews, le 7 octobre, il y a eu une attaque d'un mouvement terroriste sur une démocratie. Point. Voilà.

Ce sont des faits, c'est ce qu'on nous apprend dans les écoles de journalisme, c'est de dire les faits. Voilà, c'est tout. Il n'y a pas à dire parce que, machin, etc.

Mais ensuite, relevant de propos qui, en effet, pourraient caractériser une sorte d'apologie du terrorisme dans...

Il n'y a pas que les hommes politiques, c'est ça que je veux dire. Il y a aussi certaines antennes où on a fait des éditos, mais vous comprenez, c'est aussi parce que...

Après, vous mettez le doute. Vous savez, on a fait la clé. Est-ce qu'on doit parler de Rima Hassan, oui ou non ?

Soit on fait Lady Gaza, comme vous le dites, et on dit, regardez, ça la starifie. Soit on dit, faites attention à ce qu'elle dit, parce que ce n'est pas forcément très juste. Moi, je suis absolument partisan de ça.

Je pense que c'est d'ailleurs notre métier, vous avez raison. Moi, je suis pour la liberté d'expression, parce que, bien souvent, elle nous permet de nous rapprocher le plus possible de la vérité, grâce à ces débats-là. Je crois que dans cette interview, elle a une contradiction.

En l'occurrence, le sky de Thinkerview ne la laisse pas déblatérer des insanités, comme elle a déjà pu le faire, par exemple, sur certains médias du service public. Donc, c'est là aussi les gars en ULM qui sont allés attaquer des kibouks. Bien sûr.

Tout à l'heure, vous parliez, par exemple, de Jean-Luc Mélenchon et de sa phrase horrible sur Yaël Braun-Pivet. Elle est partie camper à Tel Aviv. Ça pourrait heurter des gens.

Ça pourrait heurter un certain nombre qui pourraient considérer que c'est une injure publique, qu'ils rappellent ici ses origines. Donc, là aussi, on pourrait le traîner devant le justifiable. Or, est-ce que c'est la bonne solution qui lui permettrait, par exemple, de se victimiser, ce qui est une facilité monumentale pour Jean-Luc Mélenchon, de se victimiser tout le temps en disant, finalement, vous voyez, le pouvoir et le système est contre moi, ils ne veulent pas me laisser parler.

Ça, c'est aussi un autre débat. Du reste, j'en termine avec cette question-là. Souvenez-vous, je ne parle pas de François-Noël Buffet, mais je parle de Gérald Darmanin qui nous a dit au début du mois d'août qu'il lancerait un audit pour savoir où en sont les signalements article 40 du procureur de la République, des procureurs de la République contre les élus de la France insoumise.

On va les avoir au début du mois de septembre. C'est ce qu'il nous avait dit, début du mois de septembre ou à la moitié du mois de septembre. Et on verra s'il y a eu des condamnations.

Je peux vous dire d'ores et déjà qu'il n'y a pas eu de condamnations. On attend. Il n'y a pas eu de condamnations.

Il y a eu un membre de la CGT qui a été condamné à six mois de prison avec sursis après le 7 octobre 2023, mais pas de membre de la France insoumise alors qu'il y a eu au moins une dizaine de signalements du procureur de la République. Alors que d'un autre côté, le gouvernement dissout l'IUSH, l'Institut d'études...

Une école qui formait des imams. Dans la Nièvre qui formait des imams qui, alors j'ai lu ça tout à l'heure, je m'en suis souvenu effectivement que c'était une volonté de François Mitterrand à l'époque. C'est François Mitterrand qui voulait avec les membres de la grande mosquée, de ces grands consortiums musulmans, voulait, comment dirais-je, faire une compatibilité de la pratique de la religion musulmane avec l'état laïque qu'est la France.

Quelle méconnaissance de l'islam. Et puis qu'est-ce qui s'est passé ? Ça c'était en 1990, et en 1994, quelques années plus tard, on a vu l'entrisme des frères musulmans commencer à poindre et tout cela, on l'a raconté maintes fois sur nos antennes dans votre journal.

Vous vous souvenez du rapport sur l'affaire musulman qui avait été dévoilé par le ministère de l'Intérieur et le président de la République il y a quelques semaines qui dénonçait sur 73 pages, et bien la menace islamiste. Je vous rappelle que 4 jours plus tard, c'était le début du Ramadan, et qu'on a fait appel, souvenez-vous, à ces imams détachés. Des imams qui venaient par exemple de l'Algérie, en pleine affaire sans salle, qui venaient du Maroc et qui ne sont absolument pas des imams qui représentent l'état laïque et ce n'est pas des imams de l'islam des lumières.

Non, ils venaient avec des chéquiers aussi. Voilà, ils venaient avec des chéquiers. Donc voilà, si on doit aller sur le débat de la menace islamiste, je pense qu'elle n'a jamais été aussi grande qu'aujourd'hui.