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DébatLCP — Ça vous regarde (sur Podcast)· 11 juillet 2024 59 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Emmanuel Macron : dessine-moi une coalition ! | Sophie Binet : la CGT en appui du « Nouveau Front Populaire » ?

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 43 %Attaque 37 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:06OuverteRéponse partielle

    La lettre au Français du président peut-elle changer la donne politique à l'Assemblée ?

  • 0:15OuverteRéponse directe

    La CGT en appui du « Nouveau Front Populaire » ?

  • 1:50OuverteRéponse directe

    Un compromis est-il possible sur les grands sujets ?

  • 2:26OuverteRéponse directe

    Les quatre forces républicaines peuvent-elles s'accorder sur pouvoir d'achat, justice fiscale, sécurité ?

  • 8:07RelanceÉludée

    Quand on lit cette lettre, est-ce que c'est un coup de force ?

  • 9:17OuverteRéponse directe

    Pourquoi ces négociations du NFP sont-elles si longues ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:33InvitéFait
    « Emmanuel Macron s'adresse au chef de parti qu'il inclut dans l'arc républicain. Il exclut donc la France insoumise. »
  • 3:49InvitéFait
    « La coalition du nouveau Front populaire est arrivée en tête du second tour des élections législatives. »
  • 5:14Invité politiqueFait
    « Les Français, en plaçant au premier tour le Nouveau Front Populaire à 400 000 voix de l'extrême droite, puis au deuxième tour en nous plaçant les premiers, ils ont fait un choix. »
  • 9:06Invité politiqueFait
    « Le bloc qui est arrivé en tête, c'est-à-dire celui qui a la majorité relative, c'est le bloc du nouveau Front Populaire. »
  • 18:21Invité politiqueFait
    « En nombre de voix, c'était l'extrême droite qui est arrivée en tête. »
  • 27:20Invité politiqueChiffre
    « Les défaillances d'entreprises ont augmenté de 25% depuis deux ans. »
  • 32:15PrésentateurChiffre
    « Plus de 10 millions d'électeurs ont voté Marine Le Pen notamment sur la question de la sécurité. »
  • 32:50Invité politiquePromesse
    « les hausses d'impôts seront forcément pour nous une ligne rouge et un motif de motion de censure »
  • 33:24Invité politiqueChiffre
    « la majorité précédente a été extrêmement défaillante elle en avait promis 15 000 pour 2022 elle finit après 7 ans un peu plus de 2000 »
  • 34:30Invité politiqueFait
    « toutes les études montrent que les peines planchers n'empêchent pas l'insécurité »
  • 36:59Invité politiquePromesse
    « vous demandez l'abrogation de la réforme que le gouvernement a fait passer en force à l'Assemblée nationale »
  • 37:21Invité politiquePromesse
    « vous réclamez un SMIC à 1600 euros et des renégociations dans toutes les branches pour relever les salaires »
  • 41:23Invité politiqueFait
    « personne ne l'a emporté c'est pas vrai il y a une force qui est arrivée en tête et l'autre force qui l'a emporté c'est la démocratie et la république »
  • 43:50Invité politiquePromesse
    « il y a aussi besoin de plus de démocratie au travail il y a besoin d'avoir de vraies mesures pour l'égalité entre les femmes et les hommes »
  • 45:51Invité politiquePromesse
    « il faut une autre lettre de cadrage pour ça il faut un autre gouvernement »
  • 46:56Invité politiqueChiffre
    « il faut mettre à contribution les plus riches qui ont eu plus de 60 milliards de baisse d'impôt pendant le septennat d'Emmanuel Macron »
  • 47:08Invité politiquePromesse
    « Emmanuel Macron devrait dire la semaine prochaine je nommerai un premier ministre issu de la liste arrivée en tête »
  • 52:40PrésentateurFait
    « le refus par exemple de la privatisation des barrages hydroélectriques que réclame l'Union Européenne »
  • 56:54PrésentateurFait
    « la France a échappé à une cohabitation avec le Rassemblement National qui aurait pu remettre en question les choix pro-ukrainiens du président »

Temps de parole

  • Présentateur81 %
  • Emmanuel Macron9 %
  • Arthur Delaporte8 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:06
Présentateur

Bonsoir et bienvenue, très heureuse de vous retrouver. Dans ça vous regarde ce soir, la lettre au français du président peut-elle changer la donne politique à l'Assemblée ? On va poser cette question ce soir à Sophie Binet, notre grand témoin. Ce soir, la secrétaire générale de l'Elysée appelle à manifester pour exiger d'Emmanuel Macron la nomination rapide d'un Premier ministre de gauche. Jusqu'où peut aller cette pression populaire ? Entretiens tout à l'heure dans la deuxième partie de cette émission. Dessine-moi une coalition. On va prendre au mot ce soir le président de la République en réunissant les quatre forces républicaines sur ce plateau. Pouvoir d'achat, justice fiscale, sécurité.

Un compromis est-il possible très concrètement sur ces sujets ? Grand débat politique dans un instant avec mes invités. Et enfin, nos affranchis ce soir, le sommet de l'OTAN, la solitude du président. Ce sera le parti pris d'Isabelle Lasserre. L'écologie sera-t-elle la grande sacrifiée de la dissolution ? S'interrogent ce soir Léa Falco et puis Bourbon Express avec Elsa Mondin-Gava. Voilà pour le programme. Ça vous regarde. Top générique. Bâtir des compromis dans une large coalition des écologistes à la droite, c'est donc ce qu'attend désormais le président de la République des forces républicaines, comme il les appelle dans sa lettre aux Français.

Mais cette majorité plurielle, sans les insoumis, sans l'ERN, existe-t-elle ? Dans l'hémicycle, peut-elle se mettre d'accord sur quelques grandes priorités pour le pays ? Un contrat de gouvernement est-il possible ? Cas pratique ce soir avec nos quatre invités. Bonsoir Eléonore Carrois. Bonsoir. Merci d'être avec nous ce soir, député Renaissance des Français établis en Amérique de Sud. Bonsoir Arthur Delaporte.

2:05
Emmanuel Macron

Bonsoir.

2:05
Présentateur

Bienvenue à vous, député socialiste du Calvados. Bonsoir Eva Sasse. Bonsoir. Merci d'être là, député écologiste de Paris. Et puis à distance avec nous, Yann Boucard. Bonsoir. Et merci, député la droite républicaine. C'est le nom désormais des Républicains, le nouveau nom. Vous êtes député du territoire de Belfort. Donc merci à tous les quatre de se prêter à ce jeu. Au fond, les Français vous regardent, aimeraient savoir si vous êtes capable, sur quelques grands sujets, de trouver des passerelles, des compromis. Un débat qui s'ouvre, comme chaque soir, par le récap de Valérie Brochard. Bonsoir Valérie. Bonsoir Myriam.

Alors les réactions pleuvent depuis cette publication de la lettre d'Emmanuel Macron. Oui Myriam, personne n'a remporté les élections législatives. Voilà comment le président de la République lit les résultats du 7 juillet dernier. Sa photographie, à lui, de l'hémicycle est très nette. Aucun parti, aucun groupe n'a de majorité suffisante à l'Assemblée. Les blocs, d'où qu'ils viennent, sont minoritaires. C'est pourquoi il demande aux forces politiques, se reconnaissant dans les institutions républicaines, de bâtir une majorité solide et nécessairement plurielle. Pas besoin de sortir une loupe, Myriam, pour lire entre les lignes.

Emmanuel Macron s'adresse au chef de parti qu'il inclut dans l'arc républicain. Il exclut donc la France insoumise. Et ça, pour la patronne des députés LFI, ça s'appelle un déni démocratique. Un coup de force présidentiel qui nie non seulement le résultat des urnes, puisque la coalition du nouveau Front populaire est arrivée en tête du second tour des élections législatives, et de, en quelque sorte, rétablir un veto d'un monarque qui nie le scrutin universel. Et à l'extrême droite, Marine Le Pen préfère moquer la manœuvre du président de la République.

Regardez, dans sa lettre, Emmanuel Macron propose de faire barrage à LFI qu'il a contribué à faire élire il y a trois jours, et grâce à qui les députés Renaissance ont été élus. Ce cirque devient indigne. Mais si on suit la recette d'Emmanuel Macron pour faire une bonne coalition, pas besoin d'insoumis ou de rassemblement national, il y a suffisamment d'ingrédients à disposition dans cet arc républicain, comme nous l'explique Éric Dupond-Moretti.

4:26
Éléonore Caroit

Il y a toute la gauche classique, la gauche dite de gouvernement, il y a le bloc central que nous représentons, il y a la droite. Tous ceux qui ont été élus, ou réélus d'ailleurs, ne l'ont pas été uniquement sur leur nom et sur l'étiquette qui est la leur. Et tous ces députés, le dimanche soir, à 20h02, disent « je me souviendrai, nous nous souviendrons de qui nous a élus ».

4:54
Présentateur

Voilà Myriam, c'est simple, on mélange tout ça dans un saladier. Pour le ministre de la Justice, ça donne un gouvernement de coalition. Mais qu'est-ce qu'elle en pense justement, la gauche de gouvernement ? La réponse d'Olivier Faure, le patron du Parti Socialiste.

5:07
Arthur Delaporte

Il y a une évidence au fait que les Français, en plaçant au premier tour le Nouveau Front Populaire à 400 000 voix de l'extrême droite, puis au deuxième tour en nous plaçant les premiers, ils ont fait un choix. Certes, nous ne sommes pas majoritaires absolus, mais ils ont donné une préférence, que le Président de la République doit respecter son devoir. Il ne peut pas faire comme il s'était passé.

5:29
Présentateur

Problème, si Emmanuel Macron appelle un Premier ministre issu du Nouveau Front Populaire, eh bien c'est non, pour Gérard Larcher.

5:35
Ian Boucard

Le Nouveau Front Populaire ? Si le Président de la République fait ce choix, je suis clair, je combattrai ce choix, et je demanderai à ce que le gouvernement soit censuré.

5:45
Présentateur

Vous ne dites pas pas de LFI, vous dites bien pas du Nouveau Front Populaire. Oui, parce qu'ils ont signé ensemble, pardonnez-moi, une forme de contrat. Une ligne rouge sur laquelle s'aligne Laurent Wauquiez, le nouveau patron du groupe parlementaire droite républicaine, se déclarait hier ouvert à un pacte législatif, mais catégoriquement opposé à une participation à une coalition gouvernementale. Vous savez Myriam, parfois on a l'huile, le vinaigre, le sel, le jaune d'œuf, mais la mayonnaise ne prend pas. On va transposer le Front Républicain en majorité plurielle. L'idée est belle, mais sera-t-elle réalisable ? Merci beaucoup Valérie Brochard.

Alors, à écouter cette chronique, c'est tout simplement impossible. Toutes les portes sont fermées à double tour, et va se bâtir une majorité solide et forcément plurielle, pour reprendre les termes du président dans sa lettre. Franchement, à la fois arithmétiquement et politiquement, au regard de l'enjeu, le pays est ingouvernable aujourd'hui quand on regarde l'hémicycle, est-ce que ce n'est pas la meilleure solution pour sortir de l'impasse ? La première chose à dire, c'est que le président n'a aucune légitimité pour définir le périmètre de cette coalition.

S'il y a bien un message que les Français ont envoyé au travers de cette élection, c'est qu'ils voulaient tourner la page du macronisme. Donc, ce n'est pas au président de dire qui il faut mettre ou ne pas mettre dans cette coalition. Le deuxième message que les Français nous ont envoyé, c'est qu'ils ont mis le nouveau Front Populaire en tête. Donc, c'est à nous, le nouveau Front Populaire... À 20 députés prêts ? Peut-être, mais ils nous ont mis en tête. Et c'est donc notre responsabilité de créer les conditions pour gouverner, d'abord en proposant un gouvernement, ensuite en trouvant des majorités sur des mesures qui sont extrêmement populaires.

Mais vous avez entendu vos adversaires politiques, elle est très très relative, cette majorité 182 au dernier des comptes. Peut-être que ça peut baisser. À la minute où vous proposez un gouvernement du Front Populaire, il sera censuré. On va proposer des mesures et nous verrons bien, si vous voulez voter ou pas, des mesures qui sont, je le dis, extrêmement populaires dans le pays. Si nous proposons d'abroger la réforme des retraites, je ne vois pas qui pourrait s'opposer dans l'Assemblée à une réforme, une abrogation qui est soutenue par l'ensemble du pays. Donc, c'est comme ça que nous allons gouverner.

Et c'est en tout cas au nouveau Front Populaire de prendre le lead et de proposer cette coalition. – Arthur Delaporte, franchement, quand on lit cette lettre, est-ce que vous êtes d'accord pour dire que c'est un coup de force ?

8:12
Emmanuel Macron

– Je dirais surtout que c'est un coup d'épée dans l'eau.

8:13
Présentateur

– Parce que c'est le coup de force qu'utilisent les Insoumis, on a entendu Malty de Panot et Jean-Luc Mélenchon. C'en est un coup de force, vous l'avez lu ? Vous reprenez l'expression ?

8:22
Emmanuel Macron

– C'est plutôt une lettre qui affiche l'impuissance du président de la République, son espèce d'autoritarisme, en disant, « Tenez, je vais vous mettre autour de la table », alors que c'est lui qui a créé cette grande bagaille, que c'est lui qui est responsable du chaos, que c'est lui qui a fait qu'aujourd'hui, il y a 100 députés macronistes de moins qu'il y en avait hier, que c'est lui qui a failli faire que le RN, s'il n'y avait pas eu des désistements républicains de la gauche en grande partie, qui ont évité le pire, bref. – Donc déni de démocratie, même si aucun bloc ne peut gouverner ça, vous ne dites pas ça. – Pour l'instant, en fait, c'est juste qu'il est dans le déni total.

Il n'a pas compris la nouvelle donne politique. Il est encore dans son monde où c'est lui qui décide de tout, sauf qu'il n'a plus aucun fidèle, qu'il est dans une situation d'impuissance et qu'aujourd'hui, la réalité arithmétique, c'est qu'il n'a plus la majorité relative, il l'avait jusque-là, et qu'aujourd'hui, le bloc qui est arrivé en tête, c'est-à-dire celui qui a la majorité relative, c'est le bloc du nouveau Front Populaire. Et donc, il doit tenir compte de cela en demandant un responsable.

9:15
Présentateur

– Donc il vous piège d'une certaine façon.

9:17
Emmanuel Macron

– Mais non, il ne nous piège pas, il est dans son impuissance. Nous, ce qu'on lui dit, c'est simplement de faire ce que devrait faire un président de la Ve République, de dire, il y a un bloc qui est arrivé en tête, je lui demande, je nomme un responsable de ce bloc.

9:28
Présentateur

– Encore faut-il avoir un nom à proposer, ça tarde, mais pourquoi c'est si long, ces négociations du NFP ?

9:33
Emmanuel Macron

– Moi, je trouve que c'est plutôt, au contraire, très rapide. On a dit qu'on n'en donnerait un d'ici la fin de la semaine, et il avait fallu, je rappelle quand même, six semaines pour qu'Emmanuel Macron constitue son gouvernement en janvier dernier, et aujourd'hui, on nous demande de le faire en une semaine.

9:46
Présentateur

– Donc ça ne traduit pas quand même des dédisions profondes entre vous ?

9:48
Emmanuel Macron

– On est en train de constituer les équilibres, parce qu'évidemment qu'on va avoir un nom de Premier ministre, mais derrière, il faut aussi qu'on puisse montrer qu'on a une architecture collective, et c'est ça qui permettra, derrière, de débloquer la situation.

9:58
Présentateur

– Alors, je fais circuler la parole, mais je voulais quand même vous soumettre une tribune dans Le Monde, je suis sûre que vous l'avez regardée, parce qu'il n'y a pas que la droite et le camp présidentiel qui la réclament. Aurélie Philippetti, cette grande coalition, Marisol Touraine, explique dans Le Monde avec d'autres écologistes, José Bové, Noël Mamère, ils vous demandent de tendre la main aux acteurs du Front Républicain pour discuter d'un programme d'urgence républicaine, de ne pas faire la même erreur qu'Emmanuel Macron, et on va y venir dans un instant, en 2017 et en 2022, d'avoir ignoré les reports de voix, les électeurs qui ont voulu faire barrage à Marine Le Pen.

10:34
Emmanuel Macron

– Alors, tout à fait, et moi je suis pleinement conscient d'avoir été élu au deuxième tour, grâce à un fonds républicain, et porté au premier, grâce au programme du nouveau fonds populaire. Et donc, ce qu'ils disent ici, c'est tout simplement ce que nous disons également. Nous devons avoir un Premier ministre issu de la coalition arrivée en tête, mais derrière, il nous faudra aller trouver à l'Assemblée nationale des majorités, élargir le champ finalement, et être aussi responsable devant la nation, parce qu'on ne peut pas se contenter d'avoir un gouvernement derrière, il faut gouverner et nous proposer des ministres.

10:58
Présentateur

– Donc ça veut dire, quand on élargit, on élargit aussi ses propositions. Si on n'a pas un gouvernement avec des ministres de plusieurs familles politiques, et Vassas, il y a un socle, ça veut dire que le point de départ, c'est le programme du NFP, mais pas forcément le point d'arrivée. – C'est exactement ça, oui, on va partir de notre programme, qui a été quand même largement plébiscité dans cette élection, et nous allons discuter pour faire aboutir des mesures.

Mais nous restons quand même dans une logique de rupture, parce que c'est ce que le pays a demandé, mais bien sûr, il va falloir aller trouver des majorités, il faut être dans le dialogue, nous faisons en quelque sorte l'apprentissage en France du parlementarisme, qui est pourtant la règle dans tous les pays européens, dans tous les autres pays, nous sommes le seul pays à avoir un scrutin majoritaire et à avoir cette logique de la cinquième. – Dans l'autre pays, il y a beaucoup de coalitions, et de grandes coalitions, parfois même en Allemagne, entre la droite et la gauche.

Dernière question au bloc de gauche, et je fais circuler la parole, parce que ça se passe quand même beaucoup chez eux ce soir, sur les insoumis, quand même, c'est intéressant, parce qu'il y a beaucoup d'électeurs qui n'ont pas souhaité véritablement voter insoumis, mais qui ont quand même voté insoumis, pour faire barrage. Aujourd'hui, les insoumis, vous les souhaitez, vous, au gouvernement. Je ne parle pas du soutien sans participation. Vous souhaitez que les insoumis faites partie du gouvernement du nouveau Front populaire, qui va être proposé, ils doivent l'être.

– Ils font partie de la coalition du nouveau Front populaire, c'est cette coalition qui nous a permis d'être élue, et c'est cette coalition qui a été mise en tête par les Français dans cette élection. – Malgré la brutalisation dans la campagne, je pense à votre candidat, Raphaël Glucksmann, aux européennes, malgré les noms d'oiseaux, tout ça, c'est derrière vous. – Mais on vient d'être élu sur la base du nouveau Front populaire. Est-ce que vous pensez réellement que du jour au lendemain, on va dire non, en fait, on va se passer des insoumis ? – Vous pourriez avoir les insoumis en soutien, mais sans qu'ils soient ministres au gouvernement ?

– Si nous avions considéré qu'ils ne faisaient pas partie de l'arc républicain, nous n'aurions pas fait de coalition avec eux. Donc bien sûr que nous le souhaitons, et avec eux que nous travaillons, à former un gouvernement inaoké. – Un mot là-dessus, les insoumis au gouvernement, c'est oui, trois fois oui.

13:01
Emmanuel Macron

– Je vais vous dire, c'est très simple, le nouveau Front populaire, ça s'aspire du Front populaire de 1936. À l'époque, que disait-on ?

13:08
Présentateur

– Les communistes n'étaient pas au gouvernement.

13:10
Emmanuel Macron

– Il y avait d'un côté des communistes et des socialistes, mais qui ont été en capacité, parce qu'ils ne l'ont pas souhaité. Mais ils ont été en capacité à l'époque, les communistes et les socialistes, qui pourtant se traitaient de noms d'oiseaux, de faire une coalition commune et d'aller ensemble.

13:20
Présentateur

– Et là, ils le souhaitent, les insoumis, mais ils ne sont pas là sur la table.

13:22
Emmanuel Macron

– Ce qui compte, c'est le projet que nous portons et notre capacité derrière à le mettre en œuvre. Parce que les Français ne nous demandent pas de nous donner des noms d'oiseaux, ils nous demandent d'agir pour le pays. Et c'est ce que nous avons l'intention de faire au gouvernement et en allant chercher au Parlement des majorités plus larges.

13:36
Présentateur

– Et Léonore Carrois, ça se passe donc du côté du nouveau Front populaire, c'est un fait, un fait politique. Ils ont le plus grand nombre de députés, ça c'est absolument indéniable. Et c'est la logique des institutions que le Président aille chercher le Premier ministre dans ce groupe-là. Au lieu de ça, il écrit aux Français, il était censé apaiser, il divise. Coup de force, déni de démocratie. C'est complètement raté cette lettre. – Je pense que quoi qu'il fasse aujourd'hui, étant donné le rejet qu'il suscite de par notamment cette dissolution, tout est interprété, commenté, décortiqué.

Moi je pense qu'il faut que nous prenions tous aujourd'hui de la hauteur, parce que c'est ce que nous demandent les Français. Nous sommes dans une situation politique qui est inédite. Certes, et ça, il faut le reconnaître, et c'est tout à fait vrai, le nouveau Front populaire a existé comme une alliance de partis pour cette élection, parce que ça ne correspondait pas à ce qui s'était passé à peine. – Ils ont gagné l'élection ? – Vous pouvez le dire ? – Absolument. – Parce que le Président ne le dit pas, il dit que personne n'a gagné.

– Non, ils ont eu le plus grand nombre de voix, et donc évidemment, ils sont arrivés en tête, ça c'est aussi un fait, je veux dire, je pense qu'il n'y a pas de doute là-dessus. – Comme deux et deux font quatre. – Mais ils ont 31% des députés de l'Assemblée nationale. Donc, ils pourraient très bien dire, on forme un gouvernement, ils savent très bien qu'ils ne sont pas en capacité aujourd'hui de former seul un gouvernement qui susciterait une adhésion complète. Aujourd'hui, vous l'avez dit, et vous avez tout à fait raison, nous sommes en train d'inventer le parlementarisme à la française.

Et moi, je pense que le Parlement doit se saisir de cette question, le Parlement doit être à la hauteur, et au lieu de débattre de noms hypothétiques, d'un gouvernement hypothétique, du point de départ, voire du point d'arrivée, il faut qu'il y ait des propositions. Moi, je suis avocale, je fais des négociations. – Mais c'est important de connaître les lignes rouges des uns et des autres, pour savoir si on peut discuter. – Je suis tout à fait en désaccord. – Vous avez des camarades renaissants qui ont dit, un insoumis au gouvernement, c'est la censure immédiate. – Moi, je pense qu'il ne faut pas commencer une négociation avec des lignes rouges.

Je pense qu'il faut commencer une négociation avec des mains tendues et avec des propositions. Je pense que si vous faites l'inverse, vous allez nécessairement crisper la personne avec qui vous voulez, non pas vous opposer comme nous nous sommes opposés traditionnellement sous la Ve République, mais la personne avec qui vous voulez construire, tout en acceptant que vous êtes en désaccord sur certains sujets, que vous n'avez pas la même vision politique. – Alors, je vais vous poser la question très différemment. – Clémence Guettet à Matignon. – Ce n'est pas la censure pour vous. – Pour moi, ce n'est pas la question. – Non mais si, c'est une question.

– Je suis désolée, ce n'est pas la question. – Ce n'est pas la question, je vais vous dire pourquoi. Ce n'est pas la question d'abord parce que ce n'est pas ce que nous propose le bloc de gauche. – On attend toujours encore de propositions. – Vous proposez Clémence Guettet ce soir ?

16:07
Emmanuel Macron

– Il n'a pas encore de propositions.

16:08
Présentateur

– Il n'y a pas de propositions. – Un insoumis dans un gouvernement, pour vous, vous laissez passer, vous attendez de voir ce qu'il propose. – Moi, je ne laisse pas passer ou pas passer. Déjà, ce n'est pas moi qui prends la décision. Il faut que ça suscite une adhésion qui permette à ce gouvernement, quel qu'il soit, d'avancer. Et là, évidemment, tous les journalistes politiques, tous les commentateurs, toutes les personnes qui regardent notre vie politique qui est intéressante en ce moment, sont là à trouver nos lignes rouges. – Ce n'est pas moi qui ai mis les lignes rouges, ce n'est pas les journalistes.

Ce n'est pas Benjamin Haddad pour l'État, c'est Maude Bréjon, c'est Aurore Berger, ministre encore en exercice. – Écoutez-moi, parce que peut-être que ça fait du bien d'écouter des gens qui ne sont pas sur « Jamais de la vie, je ne ferai ça », mais qu'est-ce qu'on peut faire pour construire ensemble ? – Ils ont tort, vos collègues du camp présidentiel, d'avoir négocié comme ça. – J'ai une vision différente.

Je pense qu'aujourd'hui, évidemment, je n'adhère absolument pas à ce qu'a fait l'ALFI, ni le RN, jamais de la vie, ni à leur façon de s'opposer, ni à Jean-Luc Mélenchon qui est dans l'outrance et d'ailleurs dans les contre-vérités, parce que lorsqu'il dit « vous êtes arrivés moins nombreux en 2022 que nous ne le sommes », c'est un mensonge. Donc je pense que ça, c'est de la provocation, c'est jeter de l'huile sur le feu, ça ne fait que crisper les uns et les autres.

Mais si on veut tous, et je pense que si on est des élus de la République, on veut l'apaisement, on veut trouver des solutions pour les Français, si c'est ce que nous voulons ce soir, je pense qu'il ne faut pas commencer par les lignes rouges, elles existent, on les trouvera bien. Il faut commencer par « qu'est-ce qu'on propose pour les Français ? » Alors on va y venir au programme dans un tout petit instant. Yann Boucard, pour bien comprendre la position de la droite républicaine, vous, vous censurez un gouvernement dès le Premier ministre socialiste ou même des ministres de gauche, c'est bien ça ?

17:39
Arthur Delaporte

Non, l'envoqué a été très clair hier, notre ligne rouge, nous c'est sur un ministre ou un Premier ministre insoumis. Moi ça fait 7 ans que je suis député, 7 ans que je...

17:46
Présentateur

Pardonnez-moi, il avait l'air de dire que tout gouvernement Nouveau Front Populaire, même avec des socialistes, ça ne passait pas pour lui.

17:52
Arthur Delaporte

Vous avez noté que le groupe républicain s'appelle maintenant la droite républicaine, qu'on a eu lui hier un président, qui s'appelle Laurent Wauquiez. Donc aujourd'hui, notre porte-voix, c'est Laurent Wauquiez. Sa prise de parole hier a été très claire. J'ai beaucoup de respect pour le président du Sénat, il n'est pas aujourd'hui membre de l'Assemblée nationale. Notre ligne rouge, évidemment, on ne souhaite pas un gouvernement, nous, du Nouveau Front Populaire. Je conteste d'ailleurs ce qui a été dit par mes collègues socialistes et écologistes. Ils ont le plus grand nombre de députés, force est de constater qu'ils n'ont pas gagné non plus les élections de dimanche dernier.

D'ailleurs, en nombre de voix, c'était l'extrême droite qui est arrivée en tête, il faut le rappeler. Je pense qu'on est tous d'accord pour dire qu'il ne faut pas un gouvernement d'extrême droite à partir de la semaine prochaine. Donc il faut travailler. Mais la première urgence, excusez-moi de le dire à Mme Carrois, c'est que le président de la République se taise.

Parce que c'est lui qui a provoqué cette dissolution au cœur de l'été, c'est lui qui est responsable de cette situation et c'est lui qui, dans sa lettre hier, nous explique que de toute façon, on verra bien après les Jeux Olympiques en nous renvoyant tous dos à dos et en nous intimant de remettre en ordre tout ce qu'il a désordonné. Donc l'urgence, d'abord, c'est que le président de la République laisse les parlementaires travailler et c'est ce que nous proposons, nous, au groupe de la droite républicaine, c'est d'avancer projet par projet. Nous n'entrerons pas dans une coalition, c'est très clair, Mme Carmi, mais d'avancer sur des projets.

19:01
Présentateur

Justement, on parle de pacte législatif. Pour noter les spectateurs, est-ce que vous pouvez expliciter les choses ? Non-agression, c'est-à-dire neutralité, pas de censure, si quelques-unes de vos propositions phares sont reprises ou négociées dans le cadre d'un projet de loi à l'Assemblée ? C'est l'idée ?

19:20
Arthur Delaporte

Non, l'idée, c'est d'arriver avec des propositions à mettre sous la table et de réussir à nouer des majorités autour de ces propositions. Après, nous, on arrive avec une proposition, évidemment, elles peuvent être amendées. On est bien conscient qu'un socialiste ne va pas voter in extenso une proposition venue de droite. Mais ensuite, on peut travailler. Partons des projets. Je crois que l'ordre que nous ont donné les Français, c'est de travailler ensemble. Ça ne veut pas dire se coaliser, ça ne veut pas dire tous se mélanger. Et objectivement, comment pouvez-vous penser qu'un député de droite républicaine pourrait demain soutenir un gouvernement où il y aurait par exemple M.

Bernalissi Sabovo qui propose exactement l'inverse de tout ce qu'on propose ? Il souhaite désarmer la police. On souhaite renforcer leurs moyens d'agir.

19:58
Présentateur

Alors, c'est très clair. On va aller sur les programmes. Mais avant cela, j'aimerais bien quand même vous faire entendre les Français. Qu'est-ce qu'ils en pensent de cette grande coalition ? Est-ce qu'elle correspond à leurs attentes ? Qu'ont-ils voulu dire par leur vote de barrage ? Stéphanie Despierre a regardé de très près les enquêtes d'opinion. Politiques et observateurs ne voient pas très clair dans le paysage issu des législatives les Français non plus.

20:26
Invité

C'est représentatif à mon avis de l'État de la France. Je m'inquiète un peu pour l'avenir. Je me pose la question est-ce que ce pays est encore gouvernable ?

20:34
Présentateur

7 Français sur 10 estiment que le pays est ingouvernable selon un sondage Elab réalisé pour BFM TV. Et quand on demande aux électeurs quel type de gouvernement ils souhaitent leurs réponses sont sans surprise à l'image de leur vote de dimanche. 30% sont favorables à un gouvernement nouveau Front Populaire. Mais ils sont plus nombreux 39% à préférer une coalition plus large entre le camp présidentiel les républicains la gauche mais sans les insoumis.

21:05
Éléonore Caroit

Le problème qu'il y a en France c'est qu'on ne travaille pas ensemble.

21:08
Présentateur

Alors qu'on le disait mort le Front Républicain a fonctionné au second tour. Pour le malheur des uns

21:14
Locuteur 5

La campagne qui a été faite pendant une semaine contre un parti je ne suis pas d'accord.

21:20
Présentateur

Et le soulagement des autres.

21:22
Invité

C'est plus un vote pour contrer le Rassemblement National mais ce n'est pas un vote de coeur parce qu'on n'est pas non plus on avait le choix entre la paix et le choléra.

21:30
Présentateur

Les électeurs de gauche au premier tour ont massivement fait barrage. 72% d'entre eux ont voté pour un candidat macroniste quand il y avait un duel Ensemble-RN. Dans le cas d'un duel Nouveau Front Populaire-RN la plupart des électeurs d'où qu'ils viennent ont voté contre l'extrême droite.

21:49
Arthur Delaporte

Il y avait certes beaucoup d'électeurs de gauche qui souhaitent une majorité de gauche mais il y avait aussi beaucoup d'électeurs Ensemble voire d'électeurs Les Républicains au premier tour qui eux évidemment ont voté pour le Nouveau Front Populaire avant tout pour faire barrage au Rassemblement National et c'est évidemment exactement la même chose quand on regarde qui a voté pour les candidats ensemble au second tour.

22:09
Présentateur

Ce comportement va-t-il inspirer les partis politiques et les pousser à se mettre d'accord ? Réponse dans quelques jours ou quelques mois. Alors une réaction sur ces sondages d'opinion c'est intéressant quand même cette grande coalition avec les macronistes avec la droite avec la gauche sans les insoumis et bien c'est le scénario le plus attendu je dirais le moins rejeté on est à 39% mais les autres sont encore moins Qu'est-ce que ça vous inspire ? Est-ce que vous en tenez compte malgré tout ?

22:38
Emmanuel Macron

Déjà d'une part il faut dire qu'il y a quand même 30% de l'électorat qui est pour un gouvernement du Nouveau Front Populaire et ça correspond à peu près à ce qu'on a eu au premier tour. Ça veut dire quoi ? Que les électeurs de gauche qui ont voté pour nous veulent un gouvernement de gauche et que les électeurs de droite reconnaissant l'impossibilité d'un gouvernement alternatif c'est-à-dire de droite ou macroniste se disent Mais on ne peut pas gouverner avec un tiers de limite

22:56
Présentateur

donc les Français réclament une coalition. Moi je dis quelque chose

22:58
Emmanuel Macron

aux Français de très simple il y a d'un côté le gouvernement du pays et pendant deux ans on a eu un gouvernement qui s'appuyait sur une majorité relative qui disait on a le gouvernement qui est arrivé en tête même s'il n'est pas premier ou absolu à l'Assemblée nationale et derrière on va construire des majorités de projets on ne dit rien d'autre on a aujourd'hui un bloc qui est arrivé en tête il prend le gouvernement et derrière il construit mais pour le coup pour de vrai contrairement à ce qui a été fait depuis deux ans c'est-à-dire qu'on ne fera pas ça contre l'avis du Parlement on ne fera pas de 49-3 on ne fera pas de brutalisation du débat politique

23:27
Présentateur

D'ailleurs le NFP veut supprimer le 49-3 donc c'est intéressant si vous perdez vous perdez si la réforme des retraites n'est pas abrogée vous ne l'abrogez pas c'est très intéressant on y va sur le fond on va commencer par le pouvoir d'achat c'est la priorité absolue des Français si on part du programme du nouveau front populaire c'est la première force donc on part de leur programme et on a un SMIC qui passerait de 1400 à 1600 euros 200 euros net c'est beaucoup est-ce que déjà sur le principe et Léonore Carrois vous pourriez être ouverte à l'augmentation du SMIC peu importe de combien mais déjà sur l'augmentation sur le fait que le travail paye davantage dans ce pays je pense que c'est très difficile d'être contre moi je suis évidemment pour que les gens qui travaillent gagnent mieux leur vie là vous ne répondez pas je vous pose la question sur le SMIC la question c'est comment est-ce qu'on fait en sorte qu'un programme économique parce qu'on va avoir quand même le nerf de la guerre qui est le projet de loi de finances en septembre se met en place dans son intégralité moi je suis évidemment pour que les gens gagnent davantage et je suis pour qu'ils gagnent davantage non pas seulement au SMIC mais généralement que le travail rapporte plus en France c'était Gabriel Attal dans son discours de politique générale mais vous ne répondez pas sur le SMIC le salaire minimum aujourd'hui il est autour de 2004 est-ce que vous êtes prête dans une volonté de trouver des compromis l'enjeu est très important à vous dire et bien écoutez oui pourquoi pas peut-être pas autant mais oui on ouvre la porte répondez-moi alors moi oui bien sûr mais tout dépend de ce qu'on a à côté de combien ça coûte et de combien on maîtrise aussi les dépenses publiques mais évidemment ça peut être une priorité on fait des économies ailleurs ce que je ne veux pas en revanche c'est de se retrouver dans un système dans lequel il n'y a pas de limite à la dépense publique parce que je pense que finalement ça ça nous coûterait extrêmement cher c'est dans ce sens là en l'occurrence là les salaires le SMIC ce sont les entreprises qui paieraient et vous avez très bien entendu tous les patrons et particulièrement les PME qui vous disent attention ce serait extrêmement difficile voire même les faillites en cascade parce qu'on ne pourrait pas se permettre une telle augmentation de nos salariés d'abord le SMIC qui a largement augmenté dans la période qui vient et il n'y a pas eu de défaillance en cascade donc on a toujours des cris d'orfraie avant d'augmenter le SMIC 200 euros net d'un coup c'est beaucoup ça fait partie aussi du jeu du dialogue social avec le patronat c'est assez habituel mais surtout vous avez vu qu'on a entendu les difficultés que pourraient avoir les TPE, PME parce que la plupart des entreprises pourraient absorber cette augmentation mais on a entendu bien sûr que certaines TPE, PME ne pourraient pas assumir il y a quand même un tissu de millions de PME, TPE dans notre pays c'est quand même beaucoup de concernés et donc nous avons prévu des mesures d'accompagnement lesquelles ?

et bien il y avait plusieurs mesures d'abord la possibilité de faire des prêts à taux zéro et de reprendre même les charges financières des prêts antérieurs des entreprises parce que financer une TPE, PME c'est difficile et souvent ils ont besoin d'être accompagnés et surtout des mesures d'accompagnement et de soutien financier ciblées temporaires mais ciblées sur les TPE, PME qui en ont besoin nous l'avons dit dès le départ Yann Boucard alors on a bien vu que la droite ne propose pas du tout d'augmenter le SMIC elle préfère baisser les charges sociales qui pèsent sur le travail il y a déjà beaucoup d'efforts qui ont été faits par le gouvernement le SMIC même légèrement augmenté c'est non trois fois non pour vous à droite ?

26:54
Arthur Delaporte

On peut se mettre d'accord sur le fait que les Français qui travaillent doivent mieux vivre moi j'ai fait campagne sur le fait de dire que ce n'est pas possible dans la puissance mondiale qu'il y a la France qu'on ait des salariés à 35 heures qui doivent faire la queue au reste du cœur pour pouvoir nourrir leurs enfants donc on peut se retrouver sur le principe de base de dire que les travailleurs doivent gagner plus après moi ce que je n'ai pas compris dans le programme du Nouveau Front Populaire c'est comment on fait qui paye et je me permets d'interrompre Madame Sasse mais dans ma région la Bourgogne-Franche-Comté les défaillances d'entreprises ont augmenté de 25% depuis deux ans donc ce n'est pas vrai de dire que les entreprises vont très bien on a aujourd'hui une vraie difficulté si vous augmentez comme ça le SMIC à 1600 euros ça ne va pas fonctionner parce que c'est facile de faire des mesures où c'est les autres qui payent et c'est pour ça que nous on propose une baisse assez massive d'ailleurs des cotisations sur les salaires pour que pour le même coût pour les entreprises les salariés puissent mieux gagner

27:40
Présentateur

Alors réponse qui veut répondre à Yann Boucar ? Arthur Delaporte

27:44
Emmanuel Macron

Je me lance parce que c'est vrai que ces critiques on les a entendus pendant toute la campagne mais comme M. Boucar j'ai moi-même été confronté pendant toute la campagne à ces salariés pauvres et aussi à ces retraités pauvres qui nous disaient qu'ils n'arrivaient plus à boucler leurs fins de mois mais du coup qu'est-ce qu'on fait quand on n'arrive plus à boucler ses fins de mois ? On ne part plus en vacances on n'achète plus son pain à la boulangerie on ne va plus chez le coiffeur et donc derrière qu'est-ce qui se passe ?

Ben oui c'est qu'il y a des défaillances en cascade parce que c'est le petit artisan qui ne va pas intervenir on va différer ses dépenses par exemple pour rénover son logement etc et donc c'est les petits artisans qui vont payer la crise du pouvoir d'achat et donc revaloriser les salaires qu'est-ce que c'est ? C'est simplement relancer l'économie aujourd'hui l'économie elle est à tonne parce qu'on a différé notre consommation C'est une grande grande politique de la demande

28:25
Présentateur

qui recrée un cercle vertueux

28:27
Emmanuel Macron

par la consommation qui relance la consommation qui relance aussi les recettes des entreprises moi combien j'ai vu de boulangers qui étaient mais en galère absolue évidemment que ces boulangers on va les accompagner pour qu'ils puissent revaloriser leurs salaires on va leur faire des crédits d'impôt on va leur faire des mécanismes que décrivait Evassas mais on va surtout faire en sorte que les gens puissent aller acheter du pain et c'est ça la base de notre programme

28:45
Présentateur

Pour financer aussi il faut qu'on avance je vais vous donner la parole mais je voudrais quand même il y a trois sujets qu'on voudrait aborder la fiscalité et ensuite la sécurité il faut qu'on aille vite on aura plein d'autres débats mais j'aimerais quand même que les téléspectateurs puissent se faire une idée il faut trouver de l'argent on le sait pour avoir une meilleure école un meilleur hôpital et les caisses sont vides et la dette explose alors quand on regarde le nouveau fonds populaire son programme on voit de nouvelles tranches d'imposition plus progressives très clairement avec plus de taxation sur les très hauts revenus et le retour de l'ISF ce débat là sur faire payer les très riches il existe au sein même de votre famille politique est-ce que vous y êtes prête est-ce que vous pouvez ouvrir la porte même si c'est pas jusqu'à exactement la virgule du programme NFP je pense qu'il faut regarder les choses comme elles sont et se dire qu'on est quand même le pays qui a la plus grande pression fiscale européenne un des pays la plus grande pression fiscale au monde mais en réalité évidemment qu'il faut plus de justice fiscale et plus de redistribution chez nous le débat existe sur les super profits sur les transactions financières il n'y a pas de ligne rouge le président de la République qui a dit je n'augmenterai pas les impôts ça n'est pas une ligne rouge pour vous retour au pouvoir du Parlement retour du pouvoir au Parlement mais encore une fois il faut regarder les choses dans leur globalité et il faut garder un équilibre là on est en train de prendre faire un exercice qui est très artificiel que malheureusement on ne fait pas il est intéressant malgré tout sans critique mais qui finalement ne prend pas tout le reste on a beaucoup parlé vous parliez par exemple pour revenir au sujet précédent juste un instant de faire des crédits d'impôt moi je pense que les français nous demandent aussi aujourd'hui plus de clarté plus de lisibilité et plus de simplification administrative donc je pense qu'il ne faut pas créer dans tout ce qu'on va faire défaire potentiellement détricoter créer de la complexité créer finalement aussi des coûts je pense qu'il faut regarder dans son ensemble mais oui encore une fois il n'y a pas de ligne rouge absolue sauf des choses qui sont vraiment sur le plan des valeurs comme au rassemblement national mais sur le reste il faut débattre et jusqu'où on débat tout en gardant en tête qu'on est le pays qui a quand même la plus grande pression fiscale et qu'il faut faire attention à ne pas se retrouver dans une situation d'injustice fiscale Eva Sass oui à ouvrir la question fiscale mais non à la révolution fiscale que vous proposez c'est ça que j'entends 90% 90% d'impôts pour les plus grands revenus c'est faux donc vous vous êtes pas pour ces 80% dont on a tellement parlé pour les très très très riches 14 tranches d'imposition 14 tranches mais on n'a jamais dit 90% certains de vos collègues l'ont dit beaucoup d'économistes ont parlé de mesures fiscales confiscatoires d'abord ce que j'observe c'est qu'il y a eu un désarmement fiscal par Emmanuel Macron depuis 2017 et qu'on s'est privé de 52 milliards d'euros de recettes fiscales donc oui il va falloir retrouver des marges de manœuvre parce qu'on est en situation de déficit et qu'on a besoin de financer nos services publics ça c'est la première chose la deuxième chose c'est que j'observe que dans les débats au Parlement et s'il n'y avait pas eu à chaque fois un 49.3 sur le projet de loi de finances il y avait des bonnes propositions y compris effectivement émanant de votre camp du modem par exemple tout à fait sur la fiscalité sur les dividendes donc oui je pense qu'en fait on peut tracer un chemin avec une augmentation de la fiscalité sur les revenus du capital et je pense que sur l'ISF il faut absolument que vous reveniez quand même sur ce sujet aujourd'hui ce n'est plus supportable pour les gens qui sont dans la galère de voir que les plus riches ne payent pas d'impôts il va falloir avancer collectivement sur ce sujet l'exercice est stimulant parce qu'on voit qu'il y a des passerelles il reste un très gros sujet c'est le régalien le retour de l'autorité plus de 10 millions d'électeurs ont voté Marine Le Pen notamment sur la question de la sécurité Yann Boucard je ne vous interroge pas sur les impôts la droite ne veut pas les augmenter mais sur la police de proximité que propose le nouveau front populaire est-ce que ça résoudrait les problèmes ?

Après tout François Hollande l'avait faite elle a été supprimée elle a été remise un petit peu au goût du jour est-ce qu'on aurait moins d'incivilité moins d'agressions dans les transports moins de délinquance des jeunes avec la police de proximité ?

32:46
Arthur Delaporte

D'abord vous avez fait un très bon résumé sur la fiscalité les hausses d'impôts seront forcément pour nous une ligne rouge et un motif de motion de censure donc bravo pour votre résumé je n'ai pas besoin de prolonger là-dessus Sur la question de la sécurité évidemment il faut remettre en place des pètes blanchées pour tous ceux qui commettent des agressions physiques on ne peut plus tolérer et ça ne fait pas seulement monter l'extrême droite ce n'est pas ça la seule préoccupation la préoccupation c'est qu'on a une grande partie de nos compatriotes qui ne se sentent plus en sécurité dans leur pays donc on doit arriver à des peines planchées automatiques à des peines de prison automatiques pour celles et ceux qui commettent des agressions et ça va aussi du coup avec la construction par exemple de places de prison supplémentaires là-dessus la majorité précédente a été extrêmement défaillante elle en avait promis 15 000 pour 2022 elle finit après 7 ans un peu plus de 2000 ce qui est nettement insuffisant Sur la question de la police de proximité de mémoire ce n'est pas François Hollande qui l'a créé c'était Jean-Pierre Chevènement qui était comme moi de Belfort sous le gouvernement de l'Université de Jospin qui les avait créés exactement il me semble que ce n'est pas l'urgence on pourra en discuter moi ce n'est pas une ligne rouge pour moi en tout cas très clairement on pourra en discuter pourquoi pas mais il me semble que ce n'est pas l'urgence d'abord c'est le réarmement pénal de notre pays et des sanctions à la hauteur parce qu'on a aujourd'hui des policiers des gendarmes qui font leur travail mais on a des sanctions qui ne suivent pas et ça c'est ce que nous disent tous les français en campagne

34:00
Présentateur

Merci beaucoup pour la concision sécurité pour les français on voyait le programme des républicains le retour des peines planchers avec des barèmes minimales pour créer une forme de dissuasion judiciaire est-ce que vous vous pouvez l'entendre parce qu'il faudra faire aussi des compromis à tous ces électeurs qui attendent des mesures fortes

34:20
Emmanuel Macron

Moi je pense qu'en effet la question de la sécurité elle est une préoccupation des français mais y répondre par le mensonge c'est évidemment ne pas y répondre et propager l'extrême droite parce que quand on dit on va mettre des peines planchers toutes les études montrent que les peines planchers n'empêchent pas l'insécurité ce qui permet de lutter contre l'insécurité c'est justement des moyens de police des moyens humains des moyens pour la justice et donc que les dossiers soient traités vous pourrez avoir toutes les peines les plus dissuasifs si vous n'avez pas de juge si vous n'avez pas de greffier si vous n'avez pas d'avocat si vous n'avez pas finalement de prévention

34:46
Présentateur

donc plus de moyens il va falloir financer tout ça je voudrais vous faire réagir pour terminer sur toute dernière information l'ERN nous fait parvenir cette information il ne censurerait pas un gouvernement nouveau front populaire même avec les insoumis pas de censure de principe contrairement à ce que disent certains de vos collègues dans le camp présidentiel comment vous réagissez ?

35:08
Emmanuel Macron

écoutez le sujet c'est pas de savoir si on va être censuré c'est déjà de savoir si on va être nommé au gouvernement et aujourd'hui je crois que la préoccupation des français c'est en effet d'avoir un gouvernement stable et durable pour la France c'est ce que nous proposons avec le nouveau front populaire avec un projet ambitieux et une capacité je pense à aller chercher des majorités on en a bien parlé pas forcément avec les républicains

35:25
Présentateur

je vous remercie beaucoup c'était un exercice intéressant on va continuer évidemment à regarder s'il y a des compromis possibles on attend le nom du premier ministre et cette information que je viens de donner elle vient de nos confrères du Figaro merci à vous on va à présent accueillir Sophie Binet la secrétaire générale de la CGT la lettre du président aux français la mise assez en colère au point d'appeler les travailleurs à défiler dans la rue le 18 juillet pour obliger Emmanuel Macron à nommer au plus vite un premier ministre de gauche une méthode forte donc les détails dans l'invitation de Katia Gilder entretien juste après si on vous invite Sophie Binet c'est parce que vous êtes en colère contre Emmanuel Macron le président de la république qui est sorti de son silence hier trois jours après le second tour des législatives

36:12
Eva Sas

je demande à l'ensemble des forces politiques se reconnaissant dans les institutions républicaines d'engager un dialogue sincère et loyal pour bâtir une majorité solide

36:22
Présentateur

cette lettre aux français ne vous plaît pas vous appelez le chef de l'état à sortir du déni vous lui demandez de respecter le choix des urnes il faut redonner le pouvoir au parlement le pouvoir à la démocratie sociale et arrêter de tout faire depuis son château on a l'impression d'avoir Louis XVI qui s'enferme à Versailles il faut écouter le pays et arrêter d'être aussi déconnecté du pays c'est pas possible ça Sophie Binet vous êtes à la tête de la CGT depuis plus d'un an vous avez été élue pendant la bataille des retraites et depuis ce 31 mars 2023 vous maintenez la pression sur Emmanuel Macron vous demandez l'abrogation de la réforme que le gouvernement a fait passer en force à l'Assemblée nationale sous les huées des oppositions l'assurance chômage est elle aussi au coeur de vos combats la durée maximale d'indemnisation devait passer de 18 à 40% 15 mois pour les moins de 57 ans au 1er juillet mais le durcissement n'aura pas lieu vous y voyez une victoire mais pas si vite vous continuez la lutte pour les services publics vous réclamez un SMIC à 1600 euros et des renégociations dans toutes les branches pour relever les salaires et vous prévenez si le président ne vous écoute pas il vous trouvera sur le chemin une grève est annoncée le 17 juillet dans les aéroports de Paris et la CGT cheminot appelle déjà à des rassemblements le 18 juillet devant l'assemblée pour exiger la nomination d'un gouvernement issu du nouveau front populaire bref l'attention monte à l'approche des JO alors Sophie Binet on vous pose la question cash jusqu'où êtes-vous prête à aller ?

bonsoir Sophie Binet et merci d'avoir accepté notre invitation on le voit vous n'avez pas digéré cette lettre du président de la république et qu'au français un déni de démocratie à vos yeux donc jusqu'où la CGT est prête à mettre la pression sur Emmanuel Macron pour qu'il s'en rende compte ?

écoutez on est très inquiet par la situation du pays Emmanuel Macron jette le pays dans le chaos c'est lui qui a décidé d'organiser ses élections législatives dans des conditions ubuesques et aujourd'hui alors qu'il y a eu une participation record il donne l'impression de ne pas vouloir reconnaître le résultat et donc ça c'est très inquiétant et dangereux on a réussi à empêcher que l'extrême droite rentre à Matignon ça a été possible grâce à la mobilisation citoyenne et bien il faut que la mobilisation citoyenne et l'intelligence collective continuent à l'image de ce qui s'est passé sur votre plateau tout à l'heure il y a les JO qui commencent dans deux semaines le 26 juillet est-ce que vous êtes prêts ?

c'est pas l'habitude de la CGT de faire des grèves politiques mais à mettre la pression et à demander à la CGT Transport à la CGT Énergie de perturber les Jeux Olympiques s'il le faut mais les grèves politiques ça n'est pas prévu par le Code du Travail les grèves se font à partir des revendications sociales des travailleuses et des travailleurs et donc aujourd'hui par exemple il y a une grève à Aéroport de Paris la semaine prochaine qui est liée à leur revendication salariale et le patronat doit répondre à leur revendication salariale ce qui est sûr c'est que la décision d'Emmanuel Macron son courrier rajoute du chaos jette de l'huile sur le feu et donc ça évidemment ça rajoute de la colère sociale parce que ce qui se joue c'est pas moi j'en ai rien à faire de savoir qui va être Premier ministre par contre ce qui est important pour les salariés du pays c'est de savoir quelles sont les politiques qui vont être menées vous vous demandez clairement que le résultat des urnes soit respecté ça vous le dites il faut un nouveau Front Populaire L'enjeu c'est le respect de l'essentiel de ce programme à commencer par l'abrogation de la réforme des retraites Alors on va y venir C'est ça qui est nécessaire Vous parliez du 18 juillet donc avant les JO d'ailleurs c'est la date de l'élection ici à l'Assemblée pour le Perchoir c'est celle qu'a choisie la CGT Cheminot pour se mobiliser et vous comme secrétaire générale de la CGT vous avez dit ce matin que vous appelez les travailleurs à se rassembler à la fois devant les préfectures mais aussi devant le Palais Bourbon et je vous cite pour mettre l'Assemblée sous surveillance Qu'est-ce que ça veut dire cette formule-là ?

Mettre l'Assemblée sous surveillance vous allez quoi ? Vous allez forcer les portes ? Pas du tout parce que ce dont il y a besoin dans le pays c'est d'apaisement pour entendre le résultat des urnes Ça apaise ce genre de formule ?

Eh bien pour cela il faut qu'Emmanuel Macron envoie un message en montrant qu'il a entendu le résultat des élections qu'il a entendu qu'une majorité du pays ne voulait pas de l'extrême droite mais qu'une majorité du pays voulait aussi du changement et qu'il n'y ait pas question de continuer sa politique économique et sociale désastreuse pour les travailleuses et les travailleurs Et donc ce qui est demandé aujourd'hui c'est d'avoir un gouvernement qui s'engage à abroger la réforme des retraites à augmenter les salaires à mettre de l'argent massivement dans nos services publics en commençant par la santé Voilà les questions que posent les travailleuses et les travailleurs Et donc si ils ont le sentiment qu'ils sont venus voter deux fois deux dimanches de suite très nombreux pour qu'on leur vole ce vote au final et qu'on continue comme avant c'est sûr que ça ne va pas passer il y a une demande de changement voler le vote C'est ce qui est en train de se passer le président est en train de voler l'élection Et bien le problème c'est que dans son courrier il refuse de reconnaître sa défaite Il y a une chose qui est indéniable Il dit personne ne l'a emporté C'est pas vrai Il y a une force qui est arrivée en tête et l'autre force qui l'a emporté c'est la démocratie et la république et ça il aurait pu le noter aussi parce qu'il ne se félicite même pas que l'extrême droite ait été battue et ça c'est grâce à la mobilisation citoyenne que ça a été possible parce qu'il s'est passé des choses incroyables pendant trois semaines et c'est pour ça que la mobilisation citoyenne elle doit continuer Justement il va falloir tenir compte aussi de tous ces reports de voix ça vous le considérez il y a beaucoup de gens de droite il y a des gens du centre qui ont voté barrage républicain et pas forcément par adhésion au programme de gauche parce que quand on écoute Jean-Luc Mélenchon c'est le programme du nouveau Front populaire rien que le programme tout le programme Est-ce que vous êtes d'accord avec ça alors qu'aucun bloc ne peut gouverner seul ?

Écoutez ce programme la CGT ne l'a pas écrit nous ce que l'on souhaite c'est ce qu'on a rappelé dans la déclaration de l'intersyndicale aujourd'hui c'est que les exigences sociales soient entendues donc notamment j'ai cité ces trois points sur retraite salaire service public il y a aussi besoin de plus de démocratie au travail il y a besoin d'avoir de vraies mesures pour l'égalité entre les femmes et les hommes chose que n'a pas faite du tout le précédent gouvernement Vous reconnaissez qu'à partir de ces priorités sociales très fortes il va falloir bâtir des compromis la CGT n'est pas contre le compromis ?

Non mais ce qu'il faut c'est une rupture avec Emmanuel Macron sur deux points le premier point c'est la politique économique et sociale sur les aspects que j'ai donnés et le deuxième point c'est sur la méthode ce qui pose problème dans la méthode d'Emmanuel Macron et encore dans son courrier c'est son autoritarisme et donc il y a besoin d'avoir une démocratie parlementaire revivifiée et une démocratie sociale aussi revivifiée avec un rôle pour les organisations syndicales qui doivent être entendues c'est ça qu'il faut pouvoir construire la démocratie sociale et la société civile doivent participer dans ce moment c'est très important parce que ce qui est très intéressant dans ce qui s'est passé dans ces trois semaines c'est qu'il y a eu une repolitisation énorme de la société tout le monde s'est mis à se préoccuper de politique à en parler à venir voter etc ça ça doit rester parce qu'en fait la politique c'est notre affaire à toutes et tous et c'est justement en s'en réoccupant qu'on permet d'éviter le pire à savoir que l'extrême droite prenne le pouvoir Vous avez parlé des priorités de la CGT elles sont communes avec celles de la CFDT vous parliez d'une inter-syndicale ça veut dire que le 18 c'est l'ensemble des syndicats de salariés et de travailleurs qui seront dans la rue Non, l'inter-syndicale elle a fait une déclaration aujourd'hui pour rappeler ses exigences sociales donc avec les points que j'ai listés par retraite service public retraite service public salaire l'égalité femmes-hommes et la question de la démocratie du travail avec la révision des ordonnances travail faites par Emmanuel Macron qui sont catastrophiques et puis une exigence de répartition des richesses différentes parce que pendant le septennat d'Emmanuel Macron ça a été toujours les mêmes qui sont passés à la caisse à savoir nous les salariés et ça a été toujours plus d'argent dans les poches des plus riches c'est très clair mais quand vous écoutez Marie-Lise Léon de la CFDT elle concède que sans majorité absolue il faudra faire des compromis elle dit partons du programme du nouveau Front Populaire pour peut-être l'amender est-ce que vous êtes d'accord avec la démarche ?

En fait elle a tout à fait raison sur le fait qu'il faut le travailler avec le Parlement et les acteurs sociaux et donc évidemment c'est la logique pour diriger le pays il y a un programme sur lequel on se fait élire et ensuite après on le travaille avec et on va chercher des majorités à l'Assemblée nationale au Parlement et on va chercher des majorités sociales avec notamment les organisations syndicales Sur l'assurance chômage j'imagine que vous êtes soulagée de la suspension de la réforme les règles actuelles seront en vigueur on l'a appris aujourd'hui jusqu'au 30 septembre c'est ce que dit le décret du gouvernement ça veut dire qu'après c'est vous les syndicats qui reprenez la main sur cette réforme ou vous n'avez pas de garantie ?

C'est pour ça qu'on a besoin d'avoir un gouvernement il y a quand même un paquet de sujets urgents moi j'ai plein de sujets industriels par exemple la centrale de Gardanne on a besoin d'avoir des réponses d'urgence et aujourd'hui le décret est bloqué au ministère de l'économie bon on a besoin de réponses d'urgence aussi sur l'assurance chômage l'assurance chômage évidemment c'est les syndicats et le patronat qui doivent pouvoir reprendre la main mais ce que prévoit la loi c'est que la négociation se fait à partir d'une lettre de cadrage pour nous la lettre de cadrage du gouvernement de l'automne dernier elle est caduque ça n'est pas possible la politique déjà a changé et cette lettre de cadrage elle était problématique parce qu'elle nous imposait de faire des économies pas nécessaires pour voler l'argent qui est dans les caisses de l'assurance chômage donc il faut une autre lettre de cadrage pour ça il faut un autre gouvernement exactement il y a une autre lettre de cadrage qui nous permet de négocier avec une lettre de cadrage qui nous donne suffisamment de souplesse pour pouvoir négocier il y a une autre lettre de cadrage c'est ma dernière question je voudrais vous faire réagir Bruno Le Maire le ministre des finances toujours un exercice a fait des annonces importantes sur les économies budgétaires pour parvenir au 5,1% de déficit public en 2024 il a notifié 5 milliards d'euros d'économies à tous les ministères lettre envoyée aujourd'hui il dit qu'il faut préparer un budget dans les temps est-ce qu'il est dans son rôle ?

en fait ce qui est sûr c'est que c'est pour ça qu'il y a besoin d'un gouvernement maintenant c'est que c'est maintenant que le budget se prépare et effectivement c'est pas Bruno Le Maire de le préparer ce budget donc il faut un nouveau gouvernement pour le faire sur de nouvelles bases et ces nouvelles bases ça doit être d'investir massivement dans nos services publics parce que notamment nos hôpitaux vont très mal l'enseignement supérieur et la recherche vont très mal la justice va très mal il y a besoin d'argent dans nos services publics et pour financer ça il faut mettre à contribution les plus riches qui ont eu plus de 60 milliards de baisse d'impôt pendant le septennat d'Emmanuel Macron là il y a un retour de balancier à prévoir pour vous dans la période il outrepasse ses fonctions on est quasiment en affaires courantes là le ministre des finances il devrait temporiser sur les économies à trouver le problème c'est la décision d'Emmanuel Macron de prolonger le gouvernement sur tous les sujets c'est à dire pas seulement en affaires courantes et s'en mettre de terme à cette prolongation Emmanuel Macron devrait dire la semaine prochaine je nommerai un premier ministre issu de la liste arrivée en tête encore faut-il que la gauche se met d'accord on attend tous d'abord la première chose c'est qu'Emmanuel Macron donne ses paroles d'apaisement qu'il a entendu le résultat des urnes et donc qu'il nommera le premier ministre proposé par le nouveau Front populaire c'est ses paroles toutes simples qu'il faut qu'il prononce et après charge au nouveau gouvernement d'aller chercher les majorités nécessaires à l'Assemblée nationale et dans le pays notamment avec les syndicats c'est la logique institutionnelle on retiendra justement cette question de la démocratie sociale qui doit prendre toute sa part dans ce moment si inédit de la 5ème République merci Sophie Binet vous restez avec moi parce que c'est l'heure des partis pris de nos affranchis tout de suite L'International bonsoir Isabelle Lasser des pages diplo du Figaro et bonsoir Léa Falco pour Action Planète la chronique écolo de la semaine installez-vous on va commencer par Bourbon Express les toutes dernières tractations à l'Assemblée les toutes dernières infos sur les groupes parlementaires c'est avec Elsa Mondingava tout de suite bonsoir Elsa bonsoir alors on va commencer avec le groupe Renaissance le camp présidentiel oui qui va élire son nouveau président de groupe ça y est on a la date ce sera samedi 13 juillet ce samedi donc entre 9h et midi ce sera un vote électronique et pour déposer sa candidature et bien les députés ont jusqu'à demain midi ce calendrier il a fait l'objet d'une très âpre négociation certains poussés pour un vote dès demain rappelant que ça aurait fait 5 jours que les députés étaient élus d'autres voulaient avoir le temps de faire campagne se projeter plutôt en début de semaine prochaine on a semble-t-il coupé un peu la poire en deux cette tension autour du calendrier elle s'explique aussi par les personnalités qui pourraient être candidates pourraient puisqu'à l'heure actuelle aucune candidature officielle mais on parle évidemment de Gabriel Attal le premier ministre très populaire auprès des députés puisqu'il a mouillé le maillot pendant la campagne des législatives ses partisans étaient plutôt favorables à une accélération pour aller vite et voter pas ceux autour de la candidature de Gérald Darmanin l'actuel ministre de l'Intérieur alors lui la rumeur l'a dit à la tête du groupe Horizon puis de son propre groupe puis à la tête du groupe Renaissance hier en réunion de groupe il a plaidé pour une direction collégiale ça a suscité une levée de boucliers dans son groupe Gérald Darmanin qui finalement pourrait décider de ne pas y aller troisième voie peut-être Elisabeth Borne l'ancienne première ministre fera-t-elle le poids face à son successeur son point faible selon un des députés c'est qu'elle n'a pas vraiment de troupe on me confiait il n'y a pas vraiment de députés bornistes son point fort c'est qu'a priori l'Elysée ne serait pas contre le fait de mettre quelques bâtons dans les roues de Gabriel Attal pour savoir donc qui est sur la ligne de départ c'est demain midi résultat du vote samedi à midi oui on va suivre ça évidemment sur LCP c'est un poste stratégique de piloter le camp présidentiel Renaissance à l'Assemblée à gauche où on en est des tractations d'une NFP ?

vous avez bien essayé de le savoir avec vos invités la salle des quatre colonnes vous savez c'est là où les journalistes et les députés se rencontrent on va mettre une grosse tirelire au milieu on va tous mettre un euro à chaque fois qu'on pose la question de savoir où on en est de ce Premier ministre je pense qu'on pourra même peut-être régler le déficit de la France sans rire effectivement c'est la question que tout le monde pose les députés du NFP nous disent patience, patience mais ça avance écoutez

50:51
Arthur Delaporte

c'est normal on ne parle pas là de composer l'équipe qui va jouer un match amical la semaine prochaine dans un championnat de troisième division là ça fait trois jours

51:02
Présentateur

je pense que c'est en très bonne voie et que nous montrons

51:05
Emmanuel Macron

qu'au contraire nous sommes sérieux comprenez que cela prenne quelques jours d'une part pour fixer un nom de Premier ministre mais aussi pour discuter des équilibres généraux d'un gouvernement

51:15
Présentateur

on a un peu l'impression d'être dans une faille spatio-temporelle ça on l'a entendu lundi, mardi, mercredi aujourd'hui on nous promet du nouveau pour demain puis si c'est bas demain ce sera après-demain et puis sinon ce sera lundi bon en tout cas patience on est là pour suivre ça grâce à vous merci Elsa on enchaîne avec vous Léa où est passée l'écologie grande sacrifiée de cette dissolution dans le flou actuel et bien c'est difficile de voir quelles peuvent être les futures politiques publiques en matière d'écologie difficile c'est le moment qu'on puisse dire puisque d'un côté on peut se dire qu'on a évité le pire en regardant les déclarations publiques des députés RN qui vont du déni pur et simple du changement climatique à la caricature systématique de toute mesure écologique ou sociale mais en même temps l'alliance potentielle la coalition potentielle entre l'ex-majorité et les désormais ex-républicains pourraient s'allier dans le même sens avec un recul ou en tout cas un rejet de l'écologie de l'autre côté avec un gouvernement nouveau front populaire on peut avoir un peu plus d'espoir puisque sur le papier au moins il y a des mesures écologiques encore faut-il que les partis se mettent d'accord et que le débat public n'oppose pas systématiquement écologie et sociale alors qu'est-ce qu'il y a dans ce programme du NFP en matière d'écologie il y a plusieurs types de mesures il y a déjà des accélérations et des financements supplémentaires pour les politiques publiques déjà en cours qui vont de la rénovation thermique des logements à l'agroécologie on a des changements dans le rapport au marché ce qui est assez important le refus par exemple de la privatisation des barrages hydroélectriques que réclame l'Union Européenne mais qui privatiserait les profits pour rendre public les coûts et puis des interdictions et des moratoires par exemple sur les grands projets d'infrastructures routières les méga-bossines etc ce qui est intéressant surtout c'est qu'il y a un certain nombre de mesures qui permettent de rompre l'opposition justement qui est faite entre sociale et environnementale et qui est constamment mise en scène par les opposants à l'écologie rénovation thermique ça évite des conditions de vie d'autant plus difficiles qu'on le sait la température l'été ne va faire que continuer à augmenter pareil pour l'établissement de seuils maximaux de travail pour les travailleurs notamment l'été pour voir en cas de forte chaleur des rétractations et puis pareil améliorer les services publics de transport pour réduire la dépendance à la voiture tout ça c'est un paquet de mesures qui sont à la fois sociales écologiques est-ce qu'il faut abandonner alors la planification la grande planification écologique qu'a mise en place Emmanuel Macron ?

ce qui est intéressant c'est que le terme même de planification écologique a été repris par Emmanuel Macron pendant sa campagne en 2022 alors qu'il essayait d'attirer les électeurs de gauche au deuxième tour à la France insoumise qu'il utilisait depuis déjà quelques années alors la planification écologique qu'est-ce que c'est ? c'est l'idée d'avoir une feuille de route claire et des financements associés pour atteindre un objectif donc en gros c'est se donner les moyens de réussir la transformation planification écologique elle est absolument nécessaire mais ensuite quelle planification écologique ?

parce que vous avez plein de questions à l'intérieur quel rapport à la contrainte pour les acteurs privés ? quelle place pour les marchés face à la puissance publique ? quelle organisation de l'emploi à venir alors qu'on sait que certains vont augmenter et d'autres se rétracter ? tout ça c'est des questions politiques de premier plan fondamentales pour l'avenir de l'écologie en France et ça dépendra de notre futur gouvernement la gauche est la plus écologique de toutes ces forces politiques selon vous d'un mot ?

c'est factuel CQFD non non mais ce qui est très important c'est de dépasser les contradictions entre l'environnement et le social et de traiter les deux et donc c'est pour ça que la CGT a soutenu le programme du nouveau fonds populaire c'est parce que on ne peut pas dire aux gens qu'il ne faut pas rouler en voiture tous les jours sans investir dans les transports collectifs et donc là il y a une mesure d'urgence pour le nouveau gouvernement c'est qu'on veut un moratoire sur la privatisation du fret ferroviaire là le gouvernement était en train de privatiser le fret ferroviaire on a un problème sur le train des primeurs le Perpignan-Ringis là par exemple qui est en danger on a besoin d'un nouveau gouvernement donc il y a des arbitrages urgents voilà pour défendre le fret ferroviaire c'est un enjeu environnemental énorme effectivement forcément le train transport propre allez on continue avec vous Isabelle c'était un rendez-vous crucial pour l'Alliance Atlantique et pour l'Ukraine mais Emmanuel Macron est arrivé au sommet de l'OTAN en retard et affaibli et oui écoutez Myriam il n'était même pas sur la photo de famille du premier soir celui qui était dédié à la cérémonie des 75 ans de l'Alliance Atlantique fidèle à sa tradition du en même temps Emmanuel Macron a fait un compromis entre ceux qui en France l'ont exhorté à ne pas quitter le pays en pleine crise politique et ceux qui lui ont dit que la France devait tenir son rang et participer à tous les sommets de l'OTAN surtout celui-là le dernier avant les élections américaines qui verra peut-être une arrivée un retour de Donald Trump ça veut dire que sa voix sur l'Ukraine elle est plus audible ?

écoutez la réponse est encore oui aujourd'hui il a assuré ses partenaires que tous les engagements de la France seraient honorés et qu'il avait les moyens de les honorer mais des deux guerres qu'il doit affronter politique en France et militaire en Ukraine Emmanuel Macron depuis la dissolution est tapé par la première depuis un an et demi il s'était vraiment il se voulait à la pointe du soutien à l'Ukraine on se souvient il avait évoqué la possibilité d'envoyer des troupes au sol il poussait l'entrée de l'Ukraine à l'OTAN contre les Etats-Unis après avoir mené une politique ambiguë pendant un an et demi vis-à-vis de la Russie et de l'Ukraine il avait vraiment fait son choix il s'était rangé dans le camp des pays d'Europe centrale et orientale ceux qui pensent que l'avenir du continent européen dépend d'une victoire à Kiev mais alors que le sommet de Washington a placé le renforcement de l'Ukraine au centre de débat Emmanuel Macron est resté assez silencieux il n'a même pas parlé des mirages qu'il avait promis d'envoyer à Kiev au début du mois de juin Est-ce que plus largement ça veut dire que la France est affaiblie sur la scène internationale ?

La réponse est toujours oui certes la France a échappé à une cohabitation avec le Rassemblement National qui aurait pu remettre en question les choix pro-ukrainiens du président mais la perspective d'une assemblée ingouvernable n'est pas de nature à rassurer les alliés de la France qui d'orge et déjà l'ont cataloguée dans la catégorie des pays indécis échangeants prêts même à se donner aux extrêmes politiques les alliés de la France le savent la parole d'Emmanuel Macron va être affaiblie parce que toutes ses décisions seront contestées par les oppositions la France s'est tenue voyage en première classe avec un ticket de seconde classe c'est en partie dû à son statut de puissance nucléaire mais aujourd'hui ses déficits financiers abyssaux nuisent à sa crédibilité or l'affaiblissement de l'influence française arrive sans doute au pire moment alors que les crises internationales se multiplient qu'un front anti-occidental veulent changer l'ordre mondial que l'incertitude politique n'a jamais été aussi forte aux Etats-Unis bref à un moment où au contraire l'Europe a besoin de leaders forts merci beaucoup même si c'est bien pessimiste tout ça pour notre pays merci à vous deux merci à vous Sophie Binet d'avoir été notre invitée sur LCP et merci à Elsa on se retrouve évidemment très vite pour la suite de ces aventures politiques pour le moins chaotiques c'est la fin de cette émission pour la voir ou la revoir il y a la chaîne Youtube d'LCP pour l'écouter le podcast de l'émission et sur toutes les plateformes de streaming demain c'est Clément Méric aux manettes de Savourgarde très belle soirée sur LCP