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interviewLCI — L'événement du dimanche· 12 novembre 2023 59 min

L'Événement du dimanche LCI : Fabien Roussel, Alain Finkielkraut

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:07
Présentateur

Bienvenue dans l'événement du dimanche LCI, ravie de vous retrouver. Une émission spéciale aujourd'hui à quelques heures de la grande marche contre l'antisémitisme organisée à Paris. Bonjour Fabien Roussel. Bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation ce dimanche. Vous êtes, je le rappelle, secrétaire nationale du Parti communiste français et député du Nord. A mes côtés, pour vous interroger ce dimanche, François Langlais, bonjour. Bonjour. Et Nicolas Domenac, bonjour. Je le disais, grande marche contre l'antisémitisme aujourd'hui. Une France où nos concitoyens juifs ont peur n'est pas la France. Les mots du président français dans une lettre adressée aujourd'hui aux Français.

Première question, avant évidemment d'aborder les questions d'organisation, de participants aussi. Pourquoi aujourd'hui il est essentiel que cette marche soit organisée ? Et avez-vous hésité à y participer ? Fabien Roussel.

0:59
Fabien Roussel

Non, d'abord parce que nous avons un message particulier à tenir en France à l'adresse de nos compatriotes juifs de par l'histoire de France, de la manière dont elle s'est construite, de l'affaire Dreyfus jusqu'à la collaboration avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale et au fait que la France, les collabos, Pétain à l'époque, ont participé à l'extermination de citoyens parce qu'ils étaient juifs. Et à ce titre, nous devons avoir un message clair, fort dans notre pays pour dire que nos compatriotes juifs ont toute leur place au sein de la nation, au sein du pays. Et j'ajouterai en même temps que nous devons en profiter pour élever le sens de notre République qui est universaliste.

C'est-à-dire que nous ne faisons aucune distinction entre tous nos concitoyens, quelle que soit leur religion, quelle que soit leur origine, c'est le sens de la République universaliste qui est la nôtre. Et c'est la raison pour laquelle j'aurais aimé que nous manifestions aujourd'hui contre l'antisémitisme parce que les actes antisémites ont redoublé, ils ont triplé dans la dernière période.

2:15
Présentateur

Près de 1200 actes antisémites selon le ministère de l'Intérieur, plus du double que sur l'année 2022 depuis le 7 octobre dernier.

2:22
Fabien Roussel

Et j'aurais aimé que nous puissions rappeler le sens de notre République universaliste et que nous marchions, nous défilions contre l'antisémitisme et toutes les formes de racisme pour rappeler le sens universaliste de notre République.

2:36
Présentateur

Cela manque au message, selon vous.

2:38
Fabien Roussel

Et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous défilerons nous derrière une banderole sans logo pour que tout le monde puisse s'y retrouver, où nous appelons à marcher contre l'antisémitisme, les fauteurs de haine et les racismes, pour que tous nos concitoyens puissent se retrouver, bien sûr, dans leur grande diversité, y compris nos compatriotes musulmans. Et de cette manière, je pense qu'il aurait été clair que l'extrême droite n'y avait pas sa place.

3:03
Présentateur

On va revenir justement à la participation du Rassemblement National. Nicolas Domenac.

3:07
Intervenant

Oui, alors il y aura un absent dans cette manifestation. C'est le président de la République. Alors il a adressé une lettre aux Français avec des mots très forts contre l'antisémitisme, contre sa résurgence, affirmant même que ces rassemblements, parce qu'il y en a aussi en province, font un signe d'espérance. Et, bizarrement, il dit par la pensée et par l'acte, je serai avec vous, mais il n'y est pas. Alors comment vous prenez cette absence-là ?

3:36
Fabien Roussel

Je le regrette parce que je pense que sa place aurait pu être parmi nous tous. Comme d'autres présidents ont pu le faire par le passé. Je pense à François Mitterrand qui avait défilé après les actes antisémites sur le cimetière de Carpentras ou François Hollande avec d'autres chefs d'État après les horribles attentats contre Charlie Hebdo. Et on a besoin aujourd'hui d'unité de la nation, d'un président proche du peuple, avec le peuple. Et je regrette qu'il ne se sente pas, lui, prêt à manifester. Mais bon, après, on a des cultures différentes. Vous parleriez de fautes politiques ? Non, je ne veux pas rajouter, faire des commentaires.

Je pense qu'il y a plus grave aujourd'hui, ce qui se passe notamment à Gaza. On a aussi 40 otages français retenus, 8 disparus. Il n'y a pas, pour moi, à commenter plus que ça. Je le regrette, point barre. Je pense que sa place aurait pu être là. Et moi, en tout cas, je pense que, si demain j'étais président de la République, je le serais naturellement. Il y a des moments dans l'histoire de notre pays où nous avons besoin de rassembler et où le chef d'État doit être là pour appeler à ce rassemblement avec des mots d'ordre, rassembleur, qui permet à tous nos concitoyens de se retrouver.

4:51
Présentateur

François Langlais, vous évoquiez, Fabien Roussel, ce cordon républicain de la présence du Rassemblement National dans cette manifestation.

4:59
Intervenant

Vous vous êtes indigné, justement, à la participation du Rassemblement National dans une lettre que vous avez écrite aux deux initiateurs de la manifestation, Mme Broun-Pivet, présidente de l'Assemblée, M. Gérard Larcher, président du Sénat. Et pourtant, cette semaine, on a entendu des voix éminentes. Je pense à Serge Klarsfeld, qui est fils de déporté, qui a passé sa vie à pourchasser les anciens nazis, qui nous disent qu'il faut plutôt se féliciter du fait que le RN rejoigne le cortège de l'antisémitisme. Au fond, c'est un signe démocratique qu'il faut accepter et prendre pour une évolution positive. Nicolas Sarkozy, ce matin, à la une du JDD, tient des propos qui sont assez similaires.

5:44
Fabien Roussel

Bon, c'est leur analyse. Pour ma part, moi, je trouve que l'extrême droite, aujourd'hui, le Rassemblement National, même s'il a changé de nom, ses fondements, ses propos, restent profondément diviseurs dans notre pays. Ils appellent à manifester contre l'antisémitisme et, en même temps, ils habillent leur discours de propos contre l'islamisme, contre les Arabes, le monde musulman, et donc ils fracturent le pays. Et c'est en ce sens que ce ne sont pas, pour moi, leur place n'est pas dans une manifestation où on doit appeler au respect de tous nos concitoyens et, là, au premier rang desquels, nos compatriotes juifs.

Et, vous savez, moi, je suis issu d'une formation politique qui a été, en 90, à l'initiative de ce texte de loi, la loi Guesso, qui fait du racisme et de l'antisémitisme un délit. Un délit. Et, d'ailleurs, dans la discussion, a été ajoutée, sur l'initiative des socialistes de mémoire, la notion de révisionnisme historique qui ne devrait pas exister. C'était venu parce que, à cette époque-là, Jean-Marie Le Pen avait dit que la Shoah était un détail de l'histoire et il avait fallu mettre un garde-fou républicain, mais législatif, pour condamner, faire du racisme. Vous parlez de l'époque qui a 35 ans. Alors, maintenant, je reviens aujourd'hui. Comme ça, je fais le fil de l'histoire.

Et moi, il y a un an, un an et demi, j'ai déposé une résolution à l'Assemblée nationale qui a été débattue qui demandait de rendre inéligibles les responsables politiques qui pouvaient tenir des propos antisémites racistes dans la continuité de la loi de Jean-Claude Guesso. Eh bien, j'ai eu le droit de la part de responsables d'extrême droite, mais pas que, mais de la part des responsables du Rassemblement national, que c'était indigne de pouvoir proposer ça parce que c'est la liberté d'expression. Vous vous rendez compte, et à l'époque, d'ailleurs, il y a eu beaucoup de voix pour me dire, mais enfin, M. Roussel, il ne faut pas aller trop loin, c'est la liberté d'expression.

Non, je pense qu'il est important de rappeler que la loi a écrit que le racisme, l'antisémitisme, l'homophobie, est dans notre République universaliste un délit condamnable. Je redis aujourd'hui que des responsables politiques qui tiendraient de tels propos, je pense notamment à Éric Zemmour, devraient être rendus inéligibles. Or, ils s'apprêtent à défiler aujourd'hui dans cette manifestation. Et c'est ça, si vous voulez, qui fait que, ça a du mal quand même, je manifeste sans ambiguïté contre l'antisémitisme. C'est dans notre histoire. Nous combattons dans la résistance, c'est dans notre histoire.

Mais c'est vrai que de savoir que des responsables politiques d'extrême droite pensent se refaire à une virginité en manifestant aujourd'hui, c'est vrai que c'est dur et que nous avons avec Olivier Faure, Marine Tondelier et une dizaine d'organisations de gauche progressistes, nous avons décidé d'avoir une banderole et de créer ce cordon sanitaire pour dire la France, elle est aussi là et nous, nous y mettons des mots clairs pour que l'ensemble de nos concitoyens puissent s'y retrouver.

8:53
Présentateur

sur la marche d'aujourd'hui, juste à ceux qui vous opposent le fait que le Rassemblement national aujourd'hui a 89 députés élus dans l'hémicycle. Que répondez-vous aussi à ceux qui, notamment chez les Républicains, disent vous êtes ok pour vous asseoir à côté du Rassemblement national lors des rencontres de Saint-Denis et que vous ne souhaitez pas manifester à leur côté ou en tout cas dans la même marche ? Quelle est votre réponse aujourd'hui ? Est-ce qu'il n'y a pas forcément une forme d'ambiguïté ?

9:18
Fabien Roussel

Mais non, parce que les députés qui sont élus à l'Assemblée nationale, d'où qu'ils viennent ? Ils sont élus, ils siègent à l'Assemblée nationale et nous débattons de tous les textes de loi qui sont à l'ordre du jour alors, à notre initiative ou à l'initiative du gouvernement. Et donc, à ce titre-là, par la force des choses, nous siégeons ensemble et nous nous retrouvons dans le même hémicycle et dans le même lieu. En revanche, c'est autre chose que de lancer un appel à marcher contre l'antisémitisme sans y mettre un contenu suffisamment clair pour créer les conditions qu'effectivement le Rassemblement national, un parti d'extrême droite puisse s'y retrouver et ça, c'est autre chose. Là,

10:00
Intervenant

c'est une manifestation

10:03
Fabien Roussel

contre l'antisémitisme dont des responsables politiques, je pense encore une fois à M. Zemmour, je pense à Jordan Bardella qui sera peut-être là qui a dit il y a quelques jours que Jean-Marie Le Pen n'était pas antisémite. Donc, je ne veux pas faire... Ils vont encore dire... On nous fait un faux procès. Il est revenu sur ses propos en disant qu'il s'était enfermé

10:24
Présentateur

en forme de rétropédalage de sa part.

10:26
Fabien Roussel

Ils sont en train de se laver, de se rendre tout propre, tout beau et je vois bien les propos qui peuvent être tenus par d'autres pour les rendre respectables, pour les notabiliser et faire en sorte qu'ils puissent défiler contre l'antisémitisme alors que ce parti a été créé par M. Le Pen et M. Bousquet, ancien Waffen-SS, issu de la division Charlemagne. C'est une réalité. Alors, ils ont changé de nom. C'était il y a longtemps. Sauf qu'aujourd'hui, je le redis, le discours de Marine Le Pen, de Jordan Bardella, ils habillent leur antisémitisme d'un discours anti-arabe. Voilà. Et ça, ce n'est pas la République française. Juste une seconde, quand même.

11:12
Intervenant

On peut voir les choses de façon inverse. Il vaut mieux qu'ils marchent dans ce sens-là et au fond, ça fait remonter ce passé. Justement, vous soulignez la faute de Jordan Bardella. Elle n'aurait pas été signalée. C'est la première qui le commet. mais ça va le poursuivre pendant des mois et des mois parce que maintenant, on va demander des preuves de cette lutte contre l'antisémitisme.

11:30
Fabien Roussel

Oui, tout à fait. J'entends ce discours-là. Il n'empêche que je vois bien que la France est aujourd'hui à un moment charnière de son histoire où elle peut basculer complètement vers l'extrême droite avec ses prises de position sur les différences de nos concitoyens en fonction de leurs couleurs, de leurs origines et on le voit avec les propos qu'ils tiennent sur l'accès à la santé, l'accès au logement, etc. Et ça me rappelle, moi, les années 30, si vous voulez. Vous savez, dans les années 30, le combat du Front populaire, c'était pour le pain, pour la paix, pour la liberté.

Le pain parce qu'il y avait une crise de pouvoir d'achat terrible comme aujourd'hui, pour la paix parce que la guerre menacée comme aujourd'hui, pour la liberté parce que l'extrême droite et les fascismes montaient en Europe comme aujourd'hui. J'y pense avec beaucoup d'émotions, de craintes, mais en même temps avec beaucoup de responsabilités parce que je ne souhaite pas que l'histoire bégaye. On dit toujours que l'histoire ne se répète pas et qu'on apprend des leçons du passé. Je crains qu'elle bégaye. Je crains que le 21e siècle se reproduise sans avoir tenu les leçons du 20e siècle et nous devons garder cette histoire.

12:53
Intervenant

Dans les années 30, il y avait un autre fascisme communiste de ce point de vue. Le Staline...

12:59
Fabien Roussel

Mais on peut, M. Langlais, j'ai aucun... Les deux étaient en parallèle et ça ne discute pas

13:04
Intervenant

le plus autant.

13:04
Fabien Roussel

Mais les morts de Staline, je les condamne et je les dis, je les dis et re-redis. Il n'empêche qu'à cette époque-là, il y avait un monde, les alliés qui se sont unis contre le nazisme et heureusement, et heureusement, mais que je pense aux années précédentes, 36, les années 30, 36, 39, ceux qui disaient plutôt hiver que le Front Populaire en France et je crains que l'on retourne vers ça et quand j'entends aujourd'hui des responsables politiques divers qui disent tout compte fait, le Front National, le Rassemblement National, ça va, ils ont changé, je sens bien que certains se préparent à leur arriver au pouvoir et puis à protéger leurs intérêts financiers bien souvent.

13:47
Présentateur

C'est ce que vous voyez dans ce type de déclaration ?

13:49
Fabien Roussel

Oui.

13:50
Présentateur

Parlons maintenant de votre famille politique, si c'est encore votre famille politique, un soutien inattendu à cette absence du président de la République, les propos de Jean-Luc Mélenchon, encore lui, Macron a raison, écrit-il, cette choisie en marche contre l'antisémitisme à l'appel de Meyerhabib, Le Pen, Zemmour, Browne-Pivet fonctionne comme une manipulation. Nicolas, sur ce sujet.

14:11
Intervenant

Oui, il y a eu aussi, il y a toujours un antisémitisme de gauche, parce qu'au fond, les juifs étant l'argent, les patrons, etc., c'est là-dessus qu'on les attaquait, qu'on les soupçonnait, qu'on les pourchassait. Est-ce que Jean-Luc Mélenchon n'est pas en train de rejoindre, au fond, ce courant-là ? En tout cas, certaines de ses déclarations ne vous poussent-elles pas à vous interroger ? C'est une question qu'on ne se serait pas posée il y a dix ans quand il était républicain, laïc, ministre de la gauche, unie.

14:42
Fabien Roussel

Écoutez, je ne vais pas, moi ici, commenter Jean-Luc Mélenchon, parce qu'à chaque fois, c'est un sport national, quand on m'invite sur un plateau, c'est pour que je commente les déclarations de Jean-Luc Mélenchon. J'ai dit, moi, ce que j'avais à dire sur le fait que ce rassemblement qui a été construit au lendemain de la présidentielle, la NUPES, était tombée dans une impasse, s'était discrédité aux yeux de nos concitoyens pour un tas de raisons, y compris à cause des prises de position, notamment de Jean-Luc Mélenchon et de dirigeants LFI qui n'ont pas voulu, par exemple, dire que les attentats du 7 octobre étaient des attentats terroristes, que le Hamas était une organisation terroriste.

Je le regrette profondément, ça fait du mal. À la gauche, ça fait du mal à notre rassemblement. Moi, je souhaite maintenant passer à une autre étape. Voilà, la NUPES a vécu, c'est terminé.

15:35
Présentateur

La NUPES est enterrée, selon vous ?

15:37
Fabien Roussel

Pour moi, oui, je le dis, pour le Parti communiste français, c'est clair. Et en même temps, je le dis, il y a une attente très forte que la gauche soit rassemblée et puisse proposer une alternative à nos concitoyens. c'est le défi que nous avons devant nous, c'est l'enjeu que nous avons de reconstruire ce rassemblement de la gauche, un programme commun capable de gouverner demain avec des propositions crédibles, dans une république universaliste, laïque, c'est ce que nous, nous voulons porter avec d'autres.

16:06
Intervenant

C'est vrai qu'on vous entend dire la NUPES a vécu, c'est fini, etc. Et pourtant, vous ne partez pas. Je me souviens d'une époque... Je ne pars pas. Vous ne partez pas. Vous êtes toujours dans la NUPES. Et on se souvient d'une époque où les communistes disaient soutien sans participation. C'était le gouvernement à l'époque où François Mitterrand était président. Aujourd'hui, vous faites divorce sans départ. Je ne sais pas pourquoi vous dites ça, parce que je pense que j'ai été clair. Certains communistes

16:31
Présentateur

qui vous accompagnent disent que ce n'est pas leur avis, que ces propos vous appartiennent et que finalement, dans les faits, vous continuez ensemble.

16:39
Fabien Roussel

Alors moi, je fais référence à ce que ma formation politique démocratiquement a décidé dans le cadre de ces instances. et nous avons fait une déclaration qui a été votée à 93% de mémoire et qui dit bien que la NUPES est une impasse et qu'il nous a conduits dans une impasse. Donc voilà, nous sommes... Et que nous avons besoin de reconstruire...

16:59
Intervenant

Nous quittons la NUPES.

16:59
Fabien Roussel

Ces mots-là, vous pouvez les dire sur ce plateau ? Nous quittons... Bien sûr, nous avons quitté, nous quittons ce rassemblement. Nous avons besoin de construire un rassemblement de la gauche et des écologistes crédibles qui aujourd'hui parlent à tous les Français. C'est la position des écologistes également aussi ? Vous savez, en fait, ce que j'aimerais bien dire à Jean-Luc Mélenchon, je en profite de... Le bruit et la fureur, c'est terminé. Ce qu'il a théorisé comme le bruit et la fureur, c'est terminé.

Nous avons tellement besoin d'un climat apaisé dans notre pays, de retrouver le sens du dialogue sans invectives, sans insultes, et de tisser des liens et de pouvoir reconstruire une nation, une république où l'égalité des citoyens, le respect de tous les citoyens, nos services publics fonctionnent, où on s'attaque à la vie chère et la gauche a une grande responsabilité là-dessus, y compris de parler au monde économique, de parler à tout le monde, à toute la société. Un sondage du JDD vous dit et vous déclare... C'est la raison pour laquelle je veux mettre toute mon énergie à ça.

17:59
Présentateur

Oui, selon un dernier sondage récent du jour, vous êtes la personnalité qui incarne le mieux, la gauche, devant François Ruffin, devant largement Jean-Luc Mélenchon. Peut-être qu'elle, finalement, conclusion en tirée ne serait pas le temps de vous dire eh bien, je m'émancipe, vous dites j'ai divorcé, je ne participe plus à l'ANUPS, mais comme le souligne François...

18:24
Fabien Roussel

Je l'ai dit,

18:24
Présentateur

je ne sais pas,

18:25
Fabien Roussel

je peux vous le dire en patois, en ch'tit, je pratique bien, je peux vous le dire en anglais, un peu, mais non, mais c'est bon, je pense qu'aujourd'hui nous avons besoin, je le redis, de construire un rassemblement très large, républicain, laïc, universaliste, qui parle à tous nos concitoyens.

18:43
Présentateur

Mais êtes-vous suivi par vos propres troupes, les écologistes,

18:46
Fabien Roussel

les socialistes ? Je n'en fais pas, contrairement à ce sondage, je n'en fais pas une affaire de personne.

18:51
Intervenant

De fait, l'incarnation, c'est quand même très important. C'est important,

18:53
Fabien Roussel

mais je pense qu'aujourd'hui... C'est pour ça que

18:55
Intervenant

Jean-Luc Mélenchon est si difficile à quitter, manifestement. Je vais vous dire,

18:58
Fabien Roussel

je souhaite, je pense, je souhaite, j'appelle à ce que cette incarnation d'une gauche capable de gouverner demain, elle puisse être incarnée par de nombreuses personnalités. Il faut montrer que nous sommes une équipe diverse, issue d'autres forces politiques, de forces politiques de gauche écologiste, issue du monde du travail, du mouvement social, parce que nous sommes profondément attachés à la démocratie sociale. Et c'est pour ça que je souhaite construire cela avec d'autres. Et le Parti communiste français est pleinement engagé à construire ce rassemblement.

On est quand même dans notre histoire un parti qui a toujours travaillé à ces rassemblements et a contribué à la victoire de la gauche. Je pense à celle de 81 quand même. Et ça n'a pas empêché que Georges Marchais...

19:41
Intervenant

Ça fait un détriment d'ailleurs.

19:42
Fabien Roussel

Oui, mais Georges Marchais était candidat à l'élection présidentielle et les 15% qu'il a pu rassembler au premier tour ont permis la victoire de François Mitterrand au second tour et avec des grandes conquêtes sociales pour le monde du travail. Quand la gauche est forte dans notre pays, quand le Parti communiste français est fort, c'est tout bon pour le monde ouvrier, c'est tout bon pour le pouvoir d'achat, pour nos services publics, pour les salaires et les retraites. C'est cela que je souhaite que nous arrivions à construire ensemble dans notre diversité à gauche.

Et d'ailleurs, il y a beaucoup d'insoumis avec qui nous sommes aussi en dialogue, avec qui nous discutons, qui sont aujourd'hui attachés à construire cet espoir, à conserver cet espoir. Vous allez me dire... Beaucoup d'insoumis. Qu'ils souhaitent... Mais aujourd'hui, dans des régions, des départements, des villes, des grandes villes, nous travaillons ensemble. Insoumis, communistes, socialistes, écologistes, et ça marche, ça fonctionne. Donc, nous sommes très attachés à ce rassemblement et je dis en même temps, le bruit à la fureur, c'est terminé. Et Jean-Luc Mélenchon également. C'est terminé.

20:45
Présentateur

C'est terminé. Fabien Roussel, en tant que secrétaire national du Parti communiste, on aimerait vous interroger sur la voie de la France avec cette guerre entre Israël et le Hamas depuis le 7 octobre. Des propos récents du chef de l'État, notamment accordés à la télévision anglaise BBC qui interpelle, qui exhorte Israël à arrêter de bombarder la bande de Gaza. Des propos remis en cause, notamment par le CRIF, qui demandent des clarifications. Nicolas, sur ce sujet.

21:10
Intervenant

Oui. Est-ce qu'elle, la position de la France, vous paraît claire ? Parce que dans un premier temps, effectivement, Emmanuel Macron s'est mis aux côtés d'Israël en dénonçant avec force l'agression barbare du Hamas et ajoutant que l'Israël avait toute la légitimité pour se défendre. Dans un second temps, il a mis en garde l'Israël et plus encore, il lui a demandé au fond d'arrêter de bombarder Gaza. Voilà. Donc, entre ces deux, Emmanuel Macron, lequel, à votre avis, représente la France ?

21:38
Fabien Roussel

Bon, d'abord, je dis, enfin, enfin, la France a verbalisé sa demande d'un cessez-le-feu. Enfin. Il a fallu attendre quand même plus de 11 000, 12 000 civils tués. Ce sont les chiffres du Hamas, hein ? Bon, monsieur l'anglais, alors on dit quoi ? 8 000, on se met d'accord sur quel chiffre ? Admettez, alors je vais vous parler des 100 personnels de l'ONU tués, je vais vous parler des églises, des mosquées, des 18 hôpitaux, des 40 centres de soins, des écoles, des ambulances qui ont été attaquées. On peut être d'accord qu'il y a eu des milliers, des milliers de civils palestiniens massacrés dans une vengeance aveugles.

Alors, oui, l'urgence d'un cessez-le-feu, il était temps que la France, que le président de la République l'exprime. Cette marche contre l'antisémitisme d'ailleurs, à laquelle nous appelons sans ambiguïté aujourd'hui, je souhaite que ce soit aussi l'occasion de dire que nous condamnons l'antisémitisme, toute forme d'antisémitisme, d'où qu'il vienne, de quelques personnes qu'il vienne.

Mais cela ne doit pas nous empêcher d'avoir un regard critique sur la politique du gouvernement israélien et de pouvoir dire que, oui, ce qu'ils font en ce moment est, contraire à toutes les conventions internationales, c'est les mêmes pratiques que celles de Poutine sur l'Ukraine qui a bombardé des maternités, des hôpitaux, des bâtiments habités par des civils.

23:14
Intervenant

Vous êtes là en conformité avec la position de Georges Marchais. Il y a un documentaire récent qui rappelait son histoire en France. Il déclare à propos d'Israël la politique criminelle d'Israël vis-à-vis des palestins. Du gouvernement israélien, pas d'Israël. D'Israël, pour autant que je me souvienne. Est-ce que vous pourriez reprendre cette expression de politique criminelle justement à l'association au gouvernement ?

23:35
Fabien Roussel

Je parle aujourd'hui, là, en ce moment, depuis les jours qui ont suivi le 7 octobre, d'une politique criminelle du gouvernement israélien dans lequel, je rappelle, il y a deux partis suprémacistes, racistes, présents au sein de ce gouvernement qui ont des postes de ministres très importants. des finances de la Cisjordanie pour l'un, de la Défense pour l'autre. Regardez ce qui se passe en Cisjordanie. D'ailleurs, ces deux partis sont implantés dans la colonie de Cisjordanie où il y a des exactions comme jamais depuis le 7 octobre. Cotidienne des colons, en effet. Cotidienne, mais des puits empoisonnés, des Palestiniens humiliés, menottés, tués, sans que personne ne réagisse.

C'est pour ça que Benjamin Netanyahou, en fait, ces dernières années, quand il a eu le pouvoir, a dénoncé ceux qui critiquaient son gouvernement en les taxant d'antisémitisme. Et en faisant cela, quelque part, il a neutralisé les diplomaties occidentales qui étaient tétanisées d'être accusées d'antisémitisme. Et pour reprendre juste rapidement... C'est cela que je souhaite pouvoir dire, simplement. C'est que, oui, il faut pouvoir critiquer la politique d'un gouvernement qui est extrême droite. Il suffit d'entendre, M. Langlais, vous pouvez entendre ce qui se passe à New York en ce moment, de la part de citoyens américains juifs qui demandent le cessez-le-feu.

Vous pouvez entendre les voix de la gauche israélienne qui manifestent. Ils ne sont pas nombreux, mais ils sont là. Et qui demandent... Ils ont manifesté d'ailleurs contre les réformes de la Cour suprême de ce gouvernement qui voulait tout faire pour ne pas aller en prison. Et aujourd'hui, ils manifestent pour la paix et pour un cessez-le-feu. Il faut entendre ces voix. Il y a d'ailleurs un éditorialiste juif qui s'appelle Friedman du New York Times qui a dit le dialogue aujourd'hui est entre les pires israéliens et les pires palestiniens. Je souhaite qu'il y ait un dialogue entre les meilleurs israéliens et les meilleurs palestiniens.

Et je pense que c'est l'appel que nous devons porter ensemble.

25:47
Présentateur

Fabien Roussel, le Sénat a adopté une mesure très controversée ces derniers jours. La suppression de l'aide médicale d'État dans le cadre du débat sur évidemment la réforme de l'immigration et d'une loi d'immigration plus dure. François, sur ce sujet rapidement.

26:01
Intervenant

Hier soir, 3500 médecins et soignants se sont engagés dans un appel qu'ils ont publié à l'AFP à désobéir à cette disposition si jamais elle était définitivement adoptée. Ils ont raison ?

26:13
Fabien Roussel

Bien sûr qu'ils ont raison. Ce sont les premiers à nous alerter. Et d'ailleurs, je ne comprends pas les députés des Républicains qui n'écoutent pas les médecins. Je sais qu'ils se parlent beaucoup quand même dans ces milieux-là. Et les médecins sont les premiers à interpeller les parlementaires, les députés de tous bords pour leur dire mais supprimer l'aide médicale d'État, c'est une atteinte à la santé publique puisque les virus n'ont pas de frontières. Comment on ferait si demain il y avait une nouvelle pandémie, une recrudescence ? On fait en sorte

26:40
Présentateur

qu'elle a semblé sur cette disposition.

26:42
Fabien Roussel

Mais bien sûr, il faut que tout le monde ait accès aux soins et pas seulement pour des maladies super graves ou d'urgence mais pour éviter que des virus ne se propagent. de la grippe à la pandémie et c'est donc essentiel de pouvoir rétablir cette mesure-là. D'ailleurs, ceux qui l'ont supprimée dans d'autres pays, je ne sais plus si c'est l'Espagne ou l'Italie, l'ont rétabli parce qu'ils ont bien vu que ça posait des problèmes de santé publique.

27:09
Présentateur

Fabien Roussel, merci infiniment de nous avoir

27:12
Fabien Roussel

à contrer. J'aurais bien aimé parler un peu de la tempête qui secoue ma région, le Pas-de-Calais. Ça touche beaucoup d'habitants. Je voudrais leur adresser toute ma solidarité.

27:22
Présentateur

Fabien Roussel, merci beaucoup. Suite de notre émission spéciale à quelques heures de la grande marche contre l'antisémitisme, dans quelques secondes, nous recevons Alain Finkielkraut, philosophe et écrivain. A tout de suite.

27:35
Invité

Pourrie sans OGM. A droite, Olivia, sa mère, se demande comment font ces yaourts pour ne coûter que 70 centimes d'euros. Eh bien, c'est simple, Olivia. Ce sont des yaourts au lait filière rue issus d'un partenariat durable noué avec une coopérative d'agriculteurs. Les quatre yaourts au lait français filière rue à 70 centimes d'euros, c'est ça des valeurs fortes et des prix bas. U, commerçant, autrement.

28:36
Présentateur

Ce qui vous fait avancer, l'ambition, les promesses, les comptes de fées, propre voix, Peugeot i2008 et sa borne de recharge offerte pour encore plus de liberté.

29:03
Invité

Pourquoi choisir le nouvel aspirateur balai sans fil de Roventa ? Pour son impressionnante puissance d'aspiration, la puissance de sa batterie, son intelligence, les trois à la fois. Mais c'est surtout sa flexibilité qui fait la différence. X-Force Flex de Roventa.

29:40
Présentateur

Général d'optique est fier de vous accompagner depuis 30 ans dans tous les moments de votre vie.

30:07
Invité

J'écris pour tomber l'armure, mon pied dialogue dans un crissement tembre. Méfie-toi de ce qui se trame derrière mon visage calme. J'écris le feu, le fracas, les cris, le vacarme. J'écris depuis que ce soit la plume ou l'épée. Il y a aussi provoqué le destin et rencontré des célibataires de plus de 50 ans au sorti Disons Demain. Disons Demain.

30:42
Présentateur

Sur le plateau de l'événement du dimanche, émission spéciale à quelques heures de cette grande marche contre l'antisémitisme organisée à Paris et dans plusieurs villes de France. Notre grand témoin pour cette deuxième partie d'émission, Alain Finkielkraut. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation aujourd'hui.

31:11
Invité

Merci à vous.

31:12
Présentateur

Philosophe et écrivain et évidemment pour m'accompagner et vous interroger, François Langlais et Nicolas Domenac. Cette marche donc, grande marche, était-il temps de l'organiser selon vous et allez-vous, vous Alain Finkielkraut, qui participait cet après-midi ?

31:27
Invité

Je pense que cette marche est en effet très bienvenue. J'espère qu'il y aura beaucoup de monde. Si tel est le cas, ça me réchauffera le cœur. J'irai sans doute. Le problème, c'est que je ne marche pas très bien à cause de difficultés de santé. Vous y serez dans le cœur en tout cas. Je serai de tout cœur. Mais peut-être je vais y aller, oui.

31:50
Présentateur

On se pose évidemment la question des participants. la première ministre sera présente, pas le président, on y reviendra, 33 membres du gouvernement, des organisations politiques. Fabien Roussel était sur notre plateau, il en sera également. Et on se pose la question de la participation du parti de Marine Le Pen, le Rassemblement National. François.

32:08
Intervenant

Elle fait polémique, bien sûr, cette participation. Selon vous, le Rassemblement National de Marine Le Pen est-il différent du Front National de Jean-Marie Le Pen ? On a entendu cette semaine Serge Klarsfeld, avocat éminent et qui a pourchassé les nazis toute sa vie, dire, on évoquait ça avec Fabien Roussel tout à l'heure, dire au fond, il faut se réjouir du fait que le Rassemblement National déclare maintenant son anti-antisémitisme. Est-ce que vous partagez ce jugement ?

32:39
Invité

Je pense que Serge Klarsfeld a tout à fait raison et c'est un changement très net de sa part. Je rappelle qu'en 2017, en 2022, au nom des fils et filles de déportés, il avait acheté toute une page des grands journaux pour appeler à voter contre l'extrême droite au nom, justement, de la mémoire. Et moi, en tant que fils et filles, si je veux dire, ça m'avait mis très mal à l'aise. Je n'aime pas cet arraisonnement des morts. Mais il a raison. Et d'ailleurs, prenons un autre exemple. Vous avez reçu Fabien Roussel, le parti communiste qui n'a pas changé de nom, a rompu avec le totalitarisme. Il a rompu aussi avec l'antisémitisme stalinien très vivant dans les années 50.

On pense au procès des Bouches Blanches. Tout le monde est content. Je me demande pourquoi on ne devrait pas se réjouir que le Rassemblement national ait emprunté un chemin analogue. D'ailleurs, il l'a fait, lui, en changeant de nom et en excluant son fondateur qui est quand même le père de Marine Le Pen. Alors, je me suis posé la question.

33:55
Intervenant

Fondateur qui, quand même, cette semaine, Jordan Bardellal, le président, nous dit qu'il n'était pas antisémite. que tout n'est pas

34:02
Invité

complètement clair. Je suis nu à redresser les choses. Bon, cet homme a 95 ans, il n'a pas voulu l'accabler, mais il a été condamné pour antisémitisme et les gens du Rassemblement national ne sont pas revenus dessus. Alors, je me suis demandé pourquoi, comme on aime à dire, ce deux poids, deux mesures ? Et une phrase de Nietzsche m'a éclairé. Il dit qui vit de combattre son ennemi a tout intérêt à ce qu'il reste en vie. Et il est vrai que l'antifascisme n'a jamais été aussi vivant qu'après l'effondrement du Troisième Rage. L'antifascisme tient lieu de vision du monde à une grande partie de la gauche. C'est ce qu'elle appelle d'ailleurs la vigilance.

Mais cette vigilance est en fait une véritable cécité devant les nouvelles formes d'antisémitisme. Souvenez-vous Mohamed Merah, le tueur de Montauban et de Toulouse. On ne sait pas qui c'est au début qui est ce tueur. Tout d'un coup, il se révèle être Mohamed Merah. Et un journaliste très comme il faut a posté ce message extraordinaire. Putain, je suis dégoûté que ce ne soit pas un nazi. Tout est dit dans cette phrase. En plus, en plus, dans cette optique, dans cette vision antifasciste, les nouveaux juifs se sont, ou c'étaient les musulmans. On a dit beaucoup que l'islamophobie tenait la place de l'antisémitisme autrefois.

mais pour maintenir ce discours, il faut être totalement aveugle à la réalité d'un antisémitisme islamiste, d'un antisémitisme dans les quartiers qu'on appelle pudiquement populaires. Donc, si vous voulez, ce qui est terrible, c'est qu'avec ce qui se passe aujourd'hui, l'explosion des actes antisémites depuis le 7 octobre, c'est-à-dire depuis le pogrom. Près de 1200, soit près du double, plus de double. Pas depuis les bombardements israéliens, depuis le pogrom. Eh bien, là, on est obligé de sortir du déni et à travers cette volonté de mettre un cordon républicain pour éloigner le Rassemblement national, c'est la persistance du déni au moment même où on sort du déni.

Et je rappelle, je rappelle quand même que Europe Écologie Les Verts, qui participe à la manifestation et qui veut faire ce cordon républicain, a reçu en majesté Médine. Médine, le rappeur qui ne dédaigne pas les quenelles de Dieu Donné et qui a fait à propos de Rachel Kahn un jeu de mots aussi calamiteux que du raffaut crématoire. Alors franchement, il est temps de se réveiller.

37:11
Présentateur

Sur la présence du Rassemblement national, quand vous entendez Fabien Roussel à l'instant, qui dit finalement Marine Le Pen et son parti essayent de se refaire une virginité. Marine Le Pen qui ce matin dans le JDD a ses mots la diabolisation est un processus malhonnête, insincère qui consiste à transformer quelqu'un en diable pour son propre intérêt. Est-ce que quand Fabien Roussel déclare ce qu'il dit sur notre plateau, vous ne souscrivez pas du tout ? Pour vous,

37:36
Invité

il ne faut absolument pas

37:38
Présentateur

à ce que dit

37:39
Invité

Fabien Roussel. Je pense que le Rassemblement national a entamé un long mouvement. L'antisémitisme a été banni et encore une fois, il faut s'en féliciter. Vous ne pensez pas

37:56
Présentateur

que certains des membres du Rassemblement national

37:58
Invité

aujourd'hui ? Mais bien sûr, ça existe. Il y a des conseillers, Frédéric Chatillon ou un autre, qui restent marqués par tout cela. Bon, c'est vrai, mais en plus, ces 13 millions d'électeurs, ces 13 millions d'électeurs sont les bienvenus, enfin, ils ne seront pas tous là sans doute, dans les manifestations et franchement, tant mieux. Qu'est-ce qu'on peut demander de plus ? On aurait été content que le Rassemblement national refuse de participer à la manifestation comme la France Insoumise et d'ailleurs, il faut encore mettre ces montres à l'heure. Il y a un parti antisémite aujourd'hui en France, c'est la France Insoumise.

Ce sont David Guiraud qui s'est illustré tout récemment, Louis Boyard, Daniel Obono, Mathilde Panot, les voilà, les antisémites d'aujourd'hui sous la direction éclairée de Jean-Luc Mélenchon.

38:54
Présentateur

On va revenir effectivement sur Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise qui ne participent pas à la manifestation parisienne en tout cas. Certains de ses membres seront à Strasbourg. D'abord, revenir sur la nature de l'antisémitisme avec vous Nicolas. Vous rappeliez ces chiffres qui ont presque triplé en seulement un mois et dix jours comparé à l'année 2022.

39:14
Intervenant

Est-ce qu'on n'a pas tort, Alain Fickelkraut, au fond, ce déni que vous évoquiez, cette cécité, ne vient-elle pas de ce qu'on met tous sous le même vocable, antisémitisme ? Or, il y en a plusieurs. Et quand on dit comme ça rapidement, il y a l'antisémitisme chrétien résiduel, si résiduel que ça ? Oui. Bon, l'islamiste, est-ce que c'est le seul danger ?

39:37
Invité

Voilà, il faudrait peut-être nommer chacun. Alors justement, je n'aime pas tellement le mot de résurgence parce que ce qui arrive est nouveau. Les acteurs sont nouveaux et le discours est nouveau, enfin nouveau. Il date du début de ce siècle. Fabien Roussel faisait un lien entre antisémitisme et racisme. Pour lui, c'est la même chose. On lutte contre l'antisémitisme et contre le racisme. Il y a un problème, c'est que l'antisémitisme contemporain est un antiracisme. Bien sûr, le sionisme est une forme de racisme aux yeux des nouveaux antisémites et ils combattent donc le racisme israélien et même le racisme juif.

Ce dont souffrent les juifs aujourd'hui, ce n'est pas qu'on leur colle les toits jaunes. Non, c'est fini ça. C'est qu'on leur colle la croix gammée. Voilà, voilà ce qui est en train de se passer. Les juifs sont les nouveaux nazis, d'où la présence d'un antisémitisme que le devoir de mémoire ne peut pas culpabiliser parce qu'au contraire, il s'appuie sur la mémoire pour dire les juifs font aujourd'hui aux arabes, en l'occurrence aux palestiniens, ce que les nazis ont fait aux juifs. Et il faut bien dire que l'antisémitisme qui est apparu dans tout ça, férocité ces derniers temps, est né et procède directement de la haine d'Israël. Mais Israël en tant qu'état raciste.

Donc on ne peut pas mettre comme ça dans un même syntagme racisme et antisémitisme parce qu'avec l'antisémitisme d'aujourd'hui, on a affaire à toute autre chose.

41:27
Présentateur

Vous évoquiez Jean-Luc Mélenchon. Arrêtons-nous justement sur la France insoumise avec vous, avec vous François.

41:33
Intervenant

Oui, vous nous disiez le parti antisémite aujourd'hui c'est la France insoumise, vous évoquiez un certain nombre de noms, vous avez conclu par Jean-Luc Mélenchon sans pour autant le caractériser comme antisémite. Est-il, selon vous, devenu antisémite ?

41:47
Invité

C'est une belle question parce que moi-même je m'interroge. Surtout, on a raison de dire que Jean-Luc Mélenchon prend aujourd'hui la place de Jean-Marie Le Pen. Sauf que Jean-Marie Le Pen, l'antisémitisme, c'était plus fort que lui. C'était plus fort que lui. C'est-à-dire qu'il ne pouvait pas s'en empêcher. Anne Sinclair, charcutière cachère, etc. Voilà, c'était des saillies, presque, des provocations presque incontrôlées qui désolaient d'ailleurs une partie de son entourage. Jean-Luc Mélenchon c'est tout à fait différent. Instinctivement, spontanément, Jean-Luc Mélenchon est universaliste. Donc, c'est l'inverse. Jean-Marie Le Pen, c'était son instinct contre son intérêt.

Jean-Luc Mélenchon, c'est son intérêt contre son instinct. C'est un calcul. Peut-être c'est un mauvais calcul. J'espère que c'est un mauvais calcul. Le calcul électoraliste. La France insoumise a fait carton plein en Seine-Saint-Denis. Et il a gagné le vote musulman. Sauf qu'il y a eu beaucoup d'abstention. Et il se dit qu'avec ses positions, en disant qu'à la manifestation, il y ait les amis du soutien inconditionnel au massacre. J'espère qu'on pourra parler un peu d'Israël. C'est son... Eh bien, il va élargir son assiette électorale. Il va devenir incontentable. Et il sera candidat au second tour. Et il pense qu'avec le progrès de l'immigration, ça devrait arriver un jour ou l'autre.

J'espère qu'il se trompe. C'est un calcul. C'est peut-être un mauvais calcul. Je suis... Je me réjouis qu'à la marche, il y ait aussi bien l'imam Chalgoumi et que Tarek Oubrou. Je pense que c'est très important. Donc... Et quand vous voyez les propos... Mais voilà, ce qui relève de la provocation chez Jean-Marie Le Pen relève de la préméditation chez Jean-Luc Mélenchon.

43:54
Présentateur

Et quand vous voyez notamment un député soumis du Nord dont on voit les propos à l'antenne, Didier Guéraud, David Guéraud, pardonnez-moi, qui était en conférence à Tunis, qui a tenu...

44:04
Invité

J'ai jamais entendu ça.

44:06
Présentateur

Voilà.

44:06
Invité

Je suis vieux, hein. Je crois que je suis plus vieux que Nicolas Demarck. C'est dire. C'est un truc de dingue. C'est dire. Eh bien, je veux dire, j'ai écouté des shows, je n'ai jamais entendu de propos aussi abominables. J'ai suivi toute la vidéo. Il était à Tunis, devant un public captif et captivé, et il s'est complètement laissé aller. Il a dit que le bébé dans le four,

44:30
Présentateur

c'est Israël, absolument.

44:31
Invité

et que les femmes éventrées, c'est Israël à Sabra et Chatila. Sabra et Chatila, l'armée israélienne, elle était l'arme au pied, mais c'était des ministres chrétiennes. Il faut quand même le dire. Et en plus, 400 000 manifestants dans la rue du fait de l'abstention de l'armée et Ariel Chatila, ministre de la Défense, obligé de démissionner. Donc, c'est du négationnisme en direct et c'est d'une... Alors lui, pour lui, je veux dire, clairement, l'intérêt se confond avec l'instinct. C'est un antisémitisme rabique.

45:05
Présentateur

Je rappelais en introduction de cette émission que la Première Ministre sera présente à cette marche, accompagnée de 33 membres du gouvernement. On parlait aussi de délégation politique, mais une absence, marque, celle du chef de l'État, Emmanuel Macron. Manquera-t-il, selon vous, sur la photo ? Est-ce une faute ?

45:24
Invité

Écoutez, Jean-Luc Mélenchon a félicité Macron. Il a fait un tweet, c'est magnifique, bravo, vous avez raison. C'est un soutien quand même un peu incompréhensible.

45:34
Présentateur

Macron a raison.

45:35
Invité

Éric Ciotti a dit c'est une faute. Personnellement, je pense, présence ou absence, hélas, ça n'a aucune importance. La parole du chef de l'État, et je le dis avec tristesse, est complètement démonétisée. Il va en Israël. Qu'est-ce qu'il dit ? Personne n'y pense. Coalition internationale contre le ramasse. Même Netanyahou est abasourdi. Aucune chancellerie ne relève. C'est comme si le président du Liechtenstein avait tapé du poing sur la table. N'empêche qu'il dit ça. Et il est interviewé à la BBC pour demander un cessez-le-feu immédiat.

46:15
Présentateur

Exhortant Israël à arrêter

46:16
Invité

ce bombardement. Et surtout, accusant Israël de bombardements indiscriminés visant les femmes et les bébés. Donc le en même temps de Macron, c'était peut-être autrefois de la virtuosité. Aujourd'hui, c'est de l'ébriété. On a un président qui n'est plus vibronnant, on a un président titubant. Et c'est très grave. Pourquoi ? Parce que, je le répète, c'est la haine d'Israël qui fait vivre l'antisémitisme. Et d'une certaine manière, Emmanuel Macron, tout en disant que cette manifestation est très importante, attise cette haine d'Israël. Alors, c'est à ne plus rien comprendre et je dois dire ma désolation.

47:05
Présentateur

Des propos de terre et fort et une lettre envoyée aux Français par le président de la République, publiée par le journal Le Parisien, avec des propos aussi qui interpellent sur les communautarismes. François, sur ce sujet.

47:16
Intervenant

Oui, ce matin, le président insiste sur le fait qu'en République, il n'y a pas de communauté, mais il n'y a que des citoyens. On se dit, dans quel monde vit-il, au fond, est-ce que c'est le fait de ne pas prendre acte de la déréliction, justement, de la République sous la poussée des communautés ? Quel est votre sentiment là-dessus ?

47:37
Invité

Il a raison, d'une certaine manière. La République connaît les citoyens. D'un autre côté, il existe aussi quelque chose comme une communauté juive. et les juifs, d'ailleurs, aujourd'hui, je le constate beaucoup, se replient un peu sur eux-mêmes. Il y a des choses à propos d'Israël qu'ils n'ont pas envie d'entendre. Ce n'est pas pour autant qu'ils sont favorables à la poursuite ininterrompue des implantations en Cisjordanie. Ce n'est pas pour autant qu'ils se réjouissent de voir au gouvernement des gens absolument infréquentables comme Itabar Benkvir ou Bezalel Smotrich. Pas du tout. Simplement, il y a quelque chose.

Donc, il y a une espèce de repli, en effet, qui a quelque chose de communautaire et c'est assez normal parce que, vous comprenez, on ne peut qu'être frappé par l'israélo-centrisme de l'opinion mondiale. Je veux dire, la mobilisation est quasi universelle. La plus grande manifestation qui a jamais eu à Londres, c'est contre le massacre, contre les horreurs perpétrées à Gaza. Et c'est aussi le Dagestan. Et pourquoi cela ? Alors, on peut dire, bah oui, il y a une solidarité notamment de la jeunesse arabo-musulmane vis-à-vis des Palestiniens qu'ils considèrent pour des raisons historiques évidentes comme des frères. Mais pourquoi pas les Ouïghours ? Pourquoi pas les Rohingyas ?

Parce que, dans ce cas-là, l'ennemi est juif. Et comme l'ennemi est juif, la mobilisation est planétaire. Donc, effectivement, on peut parler d'un repli communautaire et j'ajoute, d'où l'importance de la manifestation. Si les Juifs sentent qu'ils ne sont pas seuls, s'ils sentent que, voilà, ils ont droit à une certaine présence dans le monde, ça leur fera ça leur fera du bien. Mais, à condition, bien entendu, qu'on sache manifester aussi un peu de compréhension pour Israël. C'est très important. Il ne s'agit pas, encore une fois, de justifier une politique d'implantation. Simplement, revenons à Gaza. on dit bombardement indiscriminé. Ce n'est pas vrai. Vous savez.

50:14
Présentateur

Et riposte disproportionnée dans la bouche de certains également.

50:17
Invité

Les Israémiens préviennent. Les Israémiens font des couloirs humanitaires pour que les gens puissent évacuer. Ce que ne faisait pas la coalition internationale d'Emmanuel Macron à Raqqa ou à Mossoul. Ça, je veux dire, c'était totalement indiscriminé. Mais surtout, que se passe-t-il ? Nous avons les militants les combattants du Ramas qui nous expliquent, les chefs du Ramas, que la protection des civils ne leur incombe pas que c'est la responsabilité de l'ONU. Nous avons aussi le chef du Ramas qui dit nous avons besoin du sang des femmes, des enfants et des personnes âgées de Gaza parce qu'il éveille l'esprit révolutionnaire et fortifie notre détermination. On n'a jamais vu ça.

On n'a jamais vu ça. Donc tout cela, il faut en tenir compte pour comprendre ce qui arrive. Reste que, là je vous rejoins d'une certaine manière, le séparatisme communautaire est un des problèmes de notre société. Et d'ailleurs, ce qui est très intéressant, j'en reviens à Mélenchon. Il a été interviewé il y a déjà longtemps sur le communautarisme, justement. Et qu'a-t-il fait ? Il a dit oui, le communautarisme, il a désigné le CRIF, le Conseil représentatif mais il n'y a pas aucun communautarisme juif. Il y a une communauté, il y a une sensibilité commune. En revanche, il y a un séparatisme islamiste. C'est vrai.

D'ailleurs, les territoires perdus de la République sont devenus, comme l'a dit Bernard Rougier, les territoires conquis par l'islamisme en France. Et de cela, effectivement, il incomberait au président de la République de se préoccuper au plus haut point. mais le problème, c'est qu'il titube.

52:00
Intervenant

Mais qu'est-ce qui s'est passé, pardon, à la Fickelkraut pour qu'Israël prenne cette figure totalement négative alors qu'après la Shoah, on peut dire, au fond, qu'il y avait une solidarité d'une grande partie du monde envers Israël. Il y a eu ce renversement totalement négatif. Qu'est-ce qui est arrivé ?

52:19
Invité

Alors là, il faut prendre en compte un phénomène qui est le Woukisme. C'est-à-dire que nous sommes sortis du manichéisme ultra-marxiste. La vérité de l'histoire, c'est la lutte des classes. Le méchant, c'est le capitaliste. La vérité de l'histoire, c'est l'impérialisme pour les Wouk. Et le méchant, c'est pas n'importe quel impérialiste, c'est l'impérialiste blanc. Or, la quintessence de l'impérialiste ou du colonialiste blanc pour les Wouk, la quintessence, l'archétype, la personnification, c'est Israël. Israël, entité coloniale, etc. D'où, effectivement, la présence d'un antisémitisme débridé dans les campus.

53:16
Présentateur

Dans les universités américaines. Au philosophe, à l'écrivain que vous êtes, vous avez donné des cours, vous avez été dans des amphithéâtres aussi, donné des cours à des jeunes. Et effectivement, ce que vous décrivez là, depuis de la guerre, les campus américains en proie à l'antisémitisme, c'est de plus en plus une réalité. Selon beaucoup d'experts, dû à une offensive idéologique de la gauche progressiste, chantre du wokisme, vous le décrivez, est obsédé par les identités minoritaires. Est-ce que vous diriez que la France, de ce point de vue-là, s'américanise ?

53:46
Invité

Oui. Les campus, on a vu ce qui s'est passé à l'université Jean Jaurès de Toulouse, où on célébrait vraiment les étudiants dans des tags, certains étudiants bien sûr, des jeunesses révolutionnaires je crois, célébraient l'offensive du Hamas, c'est le début de la déconisation, vive la jeunesse palestinienne, etc. On voit ce que ça se produit à Sciences Po. La France n'est pas encore dans le même état, mais il est clair aujourd'hui que le wokisme fait des ravages partout et on le voit, c'est un dévoilement, l'antisémitisme et le stade suprême du wokisme.

54:30
Intervenant

Parce qu'à l'origine de ce mouvement wok, il y a quand même la promesse d'une forme d'émancipation, de liberté individuelle. Comment cette pulsion originelle, au fond, a-t-elle pu transmuter pour devenir un facteur de totalitarisme et d'exclusion que nous voyons aujourd'hui ? Comment est-ce qu'on a pu partir d'une revendication, je dirais fondamentalement, de tolérance pour arriver au summum de l'intolérance ?

54:58
Invité

C'est le grand mystère, mais c'est déjà arrivé, si vous voulez, avec le marxisme. La stalinisation du marxisme, c'était ça. C'est une belle promesse d'égalité, mais justement, promesse d'égalité, et c'est-à-dire, on disait, voilà, les êtres humains vont s'émanciper, ils vont être définitivement libres. Qu'est-ce qui les en empêche ? Qu'est-ce qui les en empêche ? On trouve, effectivement, c'est l'externalisation du mal. ce qui empêche cette émancipation générale, c'est le capitalisme. Et on refait le coup, je vous l'ai dit, avec le colonialisme et l'impérialisme blanc.

Et ce qui est très impressionnant, le moment où ça a complètement basculé, c'est avec l'apparition du concept d'intersectionnalité. C'est-à-dire, toutes les luttes convergent. les luttes des femmes, les luttes des noirs, les luttes, etc. Tout converge, les luttes LGBT, tout converge face au même ennemi. Et l'ennemi qui est toujours le suprémaciste blanc. Et donc, nous revivons sous la magie mortifère du chiffre 2. Voilà. À partir du moment où le réel, c'est le 2, c'est une opposition, comme ça, du bien et du mal, on est foutus. Et on croyait en être sortis avec la pensée antitotalitaire. On y revient et malheureusement, les Juifs sont vraiment du mauvais côté de la barricade.

56:37
Présentateur

Alain Finkielkraut, au philosophe que vous êtes, peut-être un sujet pour les futurs bacheliers au bac l'an prochain. Peut-on rire de tout ? Je vous interroge là-dessus, suite notamment aux propos de Guillaume Meurice sur France Inter. La PDG de Radio France exprime ce matin dans la tribune dimanche ne pas avoir voulu leur envoyer de signal contre la liberté d'expression en choisissant non de licencier l'humoriste, mais de le rappeler à l'ordre. Il y a les propos aussi du dessinateur Riz, de Charlie Hebdo, qui dit que l'esprit Charlie n'est pas une poubelle pour y jeter ses propres cochonneries.

57:11
Invité

Ce qu'a dit Riz, c'est magnifique parce qu'il a voulu se prévaloir de l'esprit Charlie pour justifier cette blague immonde. La question n'est pas de savoir si on peut rire de tout. Ce n'est pas la question. La question est de savoir qu'est-ce que l'humour ? Voilà. Très belle définition de Chris Marker. L'humour est la politesse du désespoir. Très belle définition de Milan Kundera. L'humour c'est la certitude issue de la certitude étrange qu'il n'y a pas de certitude. Il n'y a pas de certitude. Donc l'humour il y a cette espèce de vacillation dans le véritable humour. Là, il n'y a aucune vacillation.

Et au contraire, si vous voulez, ces humoristes ces humoristes du cercle ludique sont le bras armé de la bien-pensance. C'est tout. Et dès qu'on ne pense pas comme il faut, ils vous cognent. Là, il est allé un peu trop loin, mais c'est son habitude de semaine en semaine.

58:13
Présentateur

Et sa marque de fabrique en effet.

58:14
Invité

Alors ce qui est très intéressant quand même, je vais très vite parce que

58:17
Présentateur

Très vite.

58:17
Invité

Très très vite, c'est que Guillaume Meurisse a attaqué Netanyahou mais dans le même sketch, il a attaqué Serge Gainsbourg, Romain Pendanski et Alain Finkielkraut. Sans commentaire.

58:32
Présentateur

Sans commentaire. Alain Finkielkraut. Merci infiniment d'avoir été avec nous ce dimanche. On se retrouve évidemment dimanche prochain et à suivre sur LCI évidemment l'édition spéciale consacrée à cette grande marche contre l'antisémitisme. Bon dimanche à tous. Sous-titrage Société Radio-Canada

58:46
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada