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InterviewÉlysée (sur YouTube)· 7 octobre 2020 19 minComplaisantActualité / polémiqueSécuritéEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesSanté

Interview du Président Emmanuel Macron au journal télévisé depuis depuis Saint-Martin-Vésubie

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Quand selon vous le village retrouvera-t-il son visage d'avant ?

  • 3:00RelanceRéponse partielle

    100 millions d'euros suffiront-ils face aux demandes des élus ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    L'Europe peut-elle apporter un soutien financier ?

  • 7:00OuverteRéponse directe

    L'État interdira-t-il les constructions en zones inondables ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Comment les écoliers accéderont-ils à l'école dans les prochains jours ?

  • 11:00RelanceRéponse partielle

    Votre politique écologique est-elle assez verte ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 8:00E. MacronFait
    « Il y avait la taxe au poids, mais il y avait aussi le bonus malus. Dans le projet de loi de finances, il y a un bonus malus encore renforcé. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-Bonsoir, M. le président. Merci d'avoir accepté cette interview pour TF1, avec Marie Chantrait, et pour France 2.

Ici, dans ce village, de Saint-Martin-Vésubie, on le disait à l'instant, qui est l'une des communes les plus touchées par ces inondations de vendredi dernier. -M. Chantrait : Bonsoir, M. le président.

Pour les téléspectateurs qui nous regardent, nous nous trouvons actuellement sous une tente réquisitionnée par la Sécurité civile, et transformée depuis quelques heures en station de traitement de l'eau, car l'accès à l'eau potable n'est pas possible ici, comme dans d'autres villages. Les dégâts sont considérables. Vous l'avez dit, l'accès aux routes sera peut-être possible dans plusieurs mois.

Quand selon vous, le village... le visage de ces vallées sera à nouveau possible comme avant ? -E.

Macron : Ecoutez, merci d'abord d'être là. Et je veux d'abord commencer par avoir une pensée pour toutes les familles des victimes. Alex a traversé le pays.

Il y a eu un décès, une victime dans le Finistère. Le Morbihan a été très durement touché. Le Var a été touché.

Et nous sommes ici un département qui a été incontestablement le plus cruellement touché par, en effet, ces inondations, cette tempête avec d'ores et déjà 5 victimes retrouvées, 7 disparues et... 13 disparues potentielles.

Donc un bilan humain qui est très lourd. C'est avant tout là-dessus que je veux commencer à avoir un mot pour l'ensemble des familles de ces victimes et de ces disparus, qui vivent dans l'angoisse, et le traumatisme humain que nous avons vu toute la journée. -M.

Chantrait : Vous l'avez ressenti dans ces échanges. -E. Macron : Oui, c'est évidemment la peur, la solitude.

Ca a été...

Certains ont perdu leurs proches. J'ai vu tout à l'heure un gendarme qui a continué et qui sert aujourd'hui sur le terrain. Ses 2 parents sont partis, emportés dans leur maison.

Et donc ce sont des drames humains absolument terribles. C'est en même temps la solitude, l'isolement de certaines vallées. Et nous avons eu des Françaises et des Français d'un courage inouï.

Et donc pour répondre à votre question, ce n'est pas demain que l'on retrouvera le visage d'avant. Et d'ailleurs, on va sans doute y revenir, ce ne sera pas exactement le visage d'avant parce qu'on va aussi s'améliorer, réinvestir, refaire vivre ces vallées. Mais on était tout à l'heure dans La Roya, la vallée des Merveilles, à Tende, puis à Breil, les routes sont coupées, le train est coupé.

Et là, d'ores et déjà, nous sommes en train, imaginez-le, de refaire des pistes qui passeront par l'Italie. On va essayer, on commence à rouvrir le train avec l'aide de l'ensemble des collectivités territoriales, que je remercie, de volontaires qui sont là aussi. Et donc dans 4 à 5 semaines, le train pourra refonctionner.

Et pour que la route elle-même fonctionne, il faut reconstruire des viaducs qui se sont effondrés, et ça prendra des mois. Cette vallée-là, elle est extraordinairement enclavée. On prendra des mois à retrouver les accès d'avant, mais dans les prochaines heures et prochains jours, on va déjà réaménager les choses au-delà de tout ce qu'on a fait avec les hélicoptères.

Ici, à Saint-Martin, un travail extraordinaire a été fait ces derniers jours. Des accès sont déjà rouverts, les choses en termes d'accès sont d'ores et déjà plus faciles. Par contre, ce qui va prendre du temps, c'est de reconstruire, c'est de rebâtir : les routes, les ponts, les habitations.

Et donc nous en avons pour des mois tous ensemble. J. Wittenberg : Du temps et de l'argent.

Vous avez annoncé, on le disait à l'instant, plusieurs aides. 100 millions d'euros débloqués dans un 1er temps, le passage de 55 communes en état de catastrophe naturelle, mais on est assez loin de ce que vous demandent les élus des Alpes-Maritimes. Christian Estrosi, le maire de Nice métropole, et le département vous réclament plus d'un milliard d'euros ne serait-ce que pour reconstruire les ponts.

Qu'est-ce que vous leur répondez ? -E. Macron : D'abord, je veux saluer vraiment la mobilisation de tout le monde.

Vraiment. La nation a fait bloc. Nos concitoyens qui ont été les 1ers soutiens, un courage exceptionnel.

Nos pompiers, 2 d'entre eux sont disparus. Et j'ai une pensée pour tous les sapeurs-pompiers de France parce que c'est une famille. Ils ont été d'un courage, d'un dévouement prodigieux.

Nos gendarmes qui se sont battus. A Tende, tout à l'heure, j'ai vu un jeune adjudant-chef blessé avec des points de suture. C'est l'un de ces 3 héros qui ont sauvé 17 personnes.

Il s'est vu mourir et il est reparti tout de suite à l'assaut. Les gendarmes ont fait un travail extraordinaire. 500 déployés sur le territoire.

Nos militaires qui sont là depuis quelques jours en soutien, mais derrière c'est tous les services de l'Etat. Le préfet a été totalement mobilisé, remarquable et l'ensemble des élus et de leurs services, le département, on a vu toutes ses forces qui sont là. -J.

Wittenberg : C'est l'Etat qui est sollicité. -E. Macron : La métropole et l'ensemble des communes.

Dont tout le monde a fait bloc et a travaillé ensemble. Et là, qu'est-ce qu'on fait ? Puisque vous parlez de l'argent.

Maintenant, on en est là. On déploie les moyens et on va déployer sans compter pour recréer les accès. Ce qu'il fallait faire très vite, c'était l'engagement que le 1er ministre avait pris samedi.

C'est l'arrêté catastrophe naturelle. On l'a pris en 3 jours. Un record.

Et je remercie le ministre, justement, de l'Intérieur et ses équipes, qui ont fait ça extrêmement rapidement. 55 communes, qu'est-ce que ça veut dire ? Ca veut dire que pour les communes, pour les particuliers qui ont subi un sinistre, pour ceux qui ont une perte d'exploitation, ils peuvent tout de suite se tourner, très vite, très simplement vers leur assureur.

Nous aussi d'ailleurs, on viendra abonder à ces mécanismes. Et on a ce dispositif qui est très généreux, très rapide, catastrophe naturelle. -M.

Chantrait : Vous demandez aux assureurs de faire plus ? -E. Macron : Les assureurs, je leur demande de faire... -M.

Chantrait : Ca fait partie des conversations que vous aviez avec les habitants qui sont parfois pointés du doigt. -E. Macron : Les habitants ont toujours peur, ce qui est juste, que ce soit trop lent, que ce soit partiel.

Ce que je demande aux assureurs, la fédération des assureurs est avec nous ici, aujourd'hui, c'est vraiment de faire le plus vite possible, le plus simple possible, et au maximum de ce qu'il est possible de faire. Premier point. Ensuite, il y a tout ce que nous, on veut mettre sur la table pour reconstruire.

Vous l'avez dit, les dégâts sont colossaux : des ponts, des routes, des accès, et puis après des maisons qu'on n'arrivera pas à rebâtir comme ça. Là, nous allons créer un fonds Alpes-Maritimes, pour faire simple. Reconstruction Alpes-Maritimes.

L'Etat enclenche ce fonds. On met 100 millions d'euros, mais c'est le début. J.

Wittenberg : Il y aura combien, M. le président ? -E.

Macron : Personne n'a un vrai chiffrage. Des chiffres commencent à être avancés. Ce sont des 1ers chiffrages.

Certains disent, même entre eux, certains disent 500, d'autres 600, d'autres un milliard. Ce sera massif. Et donc l'Etat va non seulement investir plusieurs centaines de millions d'euros.

Mais j'ai voulu que très vite, on essaie 100 millions d'euros qui permettent d'enclencher les choses pour ne pas attendre. Et on va mettre en place une conférence des financeurs pour que l'Etat, avec la région, le département, la métropole, toutes les communes qui peuvent y contribuer, eh bien, nous puissions être là pour que la solidarité nationale et locale soit mobilisée. Parce qu'évidemment, on ne peut pas demander à des commerçants, des artisans ou à des communes dont la taille est réduite et les finances avec, de se débrouiller seuls.

Donc nous mettrons à coup sûr plusieurs centaines de millions d'euros. Peut-être qu'à la fin, ce sera un milliard. Pour vous dire les choses.

Le sujet, ce n'est pas tout de suite d'avoir des grands chiffres, c'est d'aller vite, c'est que ces fonds soient débloqués rapidement, et c'est qu'on soit en soutien. Et après, à chaque fois qu'on en aura besoin pour reconstruire vite, on sera là. Et puis il y a un dernier acte, puisque vous parlez d'argent, c'est aussi d'aider ceux qui vont reconstruire.

C'est ce qu'on appelle le fonds Barnier, c'est-à-dire de pouvoir mobiliser là aussi un argent qu'on prélève sur les sociétés d'assurance, et qui est justement distribué en lien avec celles-ci par l'Etat, pour que nos concitoyens qui ont tout perdu, qui veulent rebâtir, puissent être soutenus lorsqu'ils reconstruisent aux normes nouvelles, pour mieux résister en cas d'inondation comparable. Et ils seront soutenus jusqu'à 80%, ce qui est un effort inédit. Donc vous voyez, il y a plusieurs formes de mobilisation, mais le soutien de la nation sera là. -M.

Chantrait : L'Europe également, des discussions sont engagées ? Est-ce qu'on peut espérer un geste de l'Union européenne ? -E.

Macron : L'Europe est mobilisée à chaque fois qu'on a justement ce type de financements. L'Europe, elle le sera aussi en tant qu'on pourra mobiliser sans doute notre plan de relance. Je compte sur des événements comme ça, qu'on puisse mobiliser, adapter le plan de relance qui est l'autre, parce que la relance du pays passe aussi dans la capacité à relever, justement, de tels troubles, de tels drames, et à rebâtir.

Et puis l'Europe, dans sa stratégie verte et durable, peut être mobilisée sur ces fonds parce qu'on va sans doute y venir. Mais on ne va pas pouvoir rebâtir de la même manière et on va devoir prévenir ces risques. J.

Wittenberg : Est-ce que l'Etat est prêt à interdire à l'avenir des constructions qui sont sur des zones inondables, réputées inondables par des études faites en amont, et que parfois les communes acceptent quand même de construire ? Est-ce que l'Etat a les moyens d'empêcher cela, voire de replacer certains logements ou certains bâtiments ? -E.

Macron : Bien sûr. C'est au coeur du travail du ministère que dirige Barbara Pompili, qui est aussi avec moi aujourd'hui, avec Gérald Darmanin. Et la ministre de la Transition justement écologique a des équipes qui sont en charge de ça, dont les textes sont là qui vérifient.

Mais ça, c'est toujours en lien avec les collectivités. Qu'est-ce qu'on doit faire ? D'abord, on doit, en effet, quand on aménage la commune, quand on aménage le territoire, on a justement ces plans d'aménagement et de prévention des inondations.

Ils sont encore trop compliqués, ils prennent parfois du temps, mais ce sont ces plans qui permettent de prévenir. Vous avez un très bon exemple. C'est ce qui a été fait un peu plus bas dans la vallée du Var.

Pourquoi, par exemple, Nice n'a pas été totalement inondée ? Sur un événement comparable à celui qu'on vient de vivre, il y a un peu plus de 25 ans, Nice avait été totalement inondée. L'aéroport sous l'eau, la préfecture dévastée.

Après cet événement, ce qui s'est passé, c'est qu'on a prévenu les inondations, on a bâti des digues, des travaux d'aménagement ont été faits pour prévenir. Et dans le tout le début, justement, de la vallée, ce sont ces digues qui ont été bâties par le territoire en lien avec les services de l'Etat, qui permettent de prévenir. C'est ce travail qu'il faut poursuivre dans la vallée de la Vésubie, dans la Roya, dans la Tinée, pour prévenir demain ces risques.

Et donc ce sont des travaux d'aménagement qu'il faut faire avec les collectivités territoriales, et donc il faut poursuivre ce travail qui est un travail très précis. Et dans ce cadre-là, pour être très concret, oui, on doit aller voir certains habitants et leur dire : "La maison que vous occupez, il va falloir l'évacuer." Et de manière très concrète, des maisons qui aujourd'hui ont disparu dans certaines vallées ne pourront pas être reconstruites à l'identique.

J. Wittenberg : Vous allez changé la législation ? -E.

Macron : Non, la législation le permet. C'est l'application de celle-ci. C'est des situations historiques qui sont parfois un problème.

C'est le fait que les travaux n'ont pas assez avancé. Mais là, certaines maisons détruites lorsqu'elles étaient, vous l'avez peut-être vu tout à l'heure ici même, totalement dans le lit de la rivière quasiment, elles ont été balayées pendant la crue, elles ne pourront pas être reconstruites, celles-ci à l'identique. Et puis il y a toute une stratégie qu'on appelle de résilience, de prévention de ces risques, qui est de penser l'aménagement de notre territoire et de notre pays un peu différemment. -M.

Chantrait : On ne pourra pas reconstruire comme avant ? M. le président, juste pour ces bâtiments balayés, c'est très important, je pense, l'école.

L'école est au centre de tout et beaucoup d'écoles aujourd'hui sont inaccessibles. On appelle certains parents, et on dit : "Vous pouvez peut-être les amener à Nice, "qui est à près de 3h de route quand on est ici "à Saint-Martin-Vésubie." Comment vont faire ces écoliers dans les jours et les semaines à venir ? -E.

Macron : La 1re chose, c'est d'abord on stabilise les routes de proximité, les premières reconnexions et les écoles. Breil, par exemple, le collège aujourd'hui accueille des blessés, et permet d'héberger, permet d'avoir des vivres. Il pourra ouvrir, accueillir des enfants de collèges voisins qui sont totalement enclavés.

Donc là, on va continuer l'analyse très précise, répartir les enfants, et rassurer les familles qui veulent rester dans les vallées. Je pense c'est un message très important. C'est aussi pour ça que notre devoir, c'est de rebâtir les accès très vite, et de pouvoir reconstruire au plus vite pour stabiliser, pour que les gens puissent durablement s'installer... -M.

Chantrait : Ils ne veulent pas partir. -E. Macron : Les écoles, ça va être du cas par cas.

On finit l'évaluation, mais ça va être avec, évidemment, les hôpitaux, avec les établissements médico-sociaux, avec nos EHPAD, maisons de retraite, avec les maisons, justement, pour nos travailleurs handicapés, je fais une parenthèse, qui ont été extraordinaires de solidarité. Alors on a vu des représentants d'une association. Des travailleurs handicapés, jour et nuit, ont permis de servir des repas chauds et d'héberger des familles.

Donc on va faire le bilan de tout ça, évaluer et très vite stabiliser, reconstruire, pour que les gens puissent rester. Mais quand on dit, je fais cette parenthèse, "On ne va pas reconstruire à l'identique," c'est toute une stratégie qu'on doit déployer et qui est au coeur de notre fameux plan de relance. J.

Wittenberg : Précisément... -E.

Macron : C'est-à-dire ce qu'on appelle la résilience souvent, résister aux crises, et c'est ce que le gouvernement porte beaucoup. C'est très important de le comprendre. On ne parle pas de demain.

Notre pays est touché par les crises. On a de plus en plus d'événements climatiques. On a de plus en plus d'événements, on voit bien, pandémique. -M.

Chantrait : De plus en plus violents. J. Wittenberg : Tout le monde s'accorde à dire que ce qui s'est passé dans les Alpes-Maritimes la semaine dernière, c'est une des conséquences du dérèglement climatique.

Or, ces jours-ci, des critiques montent sur votre politique en matière d'écologie, et notamment le fait que vous retenez certaines conclusions de la Convention citoyenne que vous avez vous-même mise en place, mais que vous en écartez d'autres comme, par exemple, la taxation des véhicules selon leur poids. Est-ce que votre politique, M. le président, est assez verte ?

Beaucoup disent que non. -E. Macron : Je vais y revenir.

D'abord il y a un gros travail qui a été fait par nos concitoyens pour faire ces propositions. Maintenant, il y a un très gros travail qui est fait par la ministre, ses équipes, par les parlementaires qui ont été fortement mobilisés, et tout le monde pour les décliner et les mettre en oeuvre et rentrer dans le détail en associant nos citoyens. Je ne peux pas laisser dire que sur les véhicules, nous n'avons pas une politique responsable.

Et deux choses : il y avait la taxe au poids, mais il y avait aussi le bonus malus. Dans le projet de loi de finances, il y a un bonus malus encore renforcé avec, en particulier, un malus beaucoup plus fort pour les véhicules les plus polluants. Donc les choses avancent.

Simplement, il faut concerter. Ce sont des transitions, on les fait de plus en plus vite. Mais vous verrez que nous n'aurons, à la fin du quinquennat, jamais aussi rapidement et drastiquement avancé dans l'histoire de notre pays en vrai.

Parce que la réalité, c'est qu'aujourd'hui, on ne prend pas des lois pour dans 10 ans ou dans 15 ans. L'habitude qu'on avait, c'était de prendre des grandes lois qui étaient pour les autres. Moi, depuis que je suis là, on prend des lois pour nous.

La fermeture des centrales, c'est nous. J. Wittenberg : Décidée par François Hollande. -E.

Macron : Non, pardon, des centrales thermiques, pour être clair. Non, le nucléaire pour le coup fait partie de la trajectoire. Si vous fermez les centrales nucléaires, vous êtes obligé de rouvrir des centrales à charbon, donc ne vous trompez pas de stratégie.

On a respecté nos engagements sur le nucléaire en respectant la trajectoire qui a été redonnée en 2018. Nos centrales à charbon, on en a 4, on les ferme. Aucun pays au monde ne fait ça maintenant, et j'en suis le garant.

Nous sommes en train d'avancer sur les véhicules. On a jamais renouvelé autant de vieux véhicules très polluants en nouveaux véhicules, et on l'a fait au coeur de la crise. Et donc on va continuer à le faire.

Il y a des militants, des citoyens... -M.

Chantrait : Certains vous reproche des renoncements sur la Convention citoyenne pour le climat, certains... -E.

Macron : Ca, c'est faux. J'ai d'abord dit très clairement les propositions que je ne retiendrai pas. Et après il y a des propositions qui sont aujourd'hui en train d'être concertées pour devenir des réalités.

Mais il n'y a pas de renoncement. Après, de manière très concrète, par exemple quand il y a une taxation renforcée sur les compagnies aériennes, qui était une des propositions, mécaniquement, normalement, c'est du bon sens, il y a un dialogue. Parce que vous avez nos concitoyens qui travaillent à Toulouse, par exemple dans l'aéronautique, qui ont déjà beaucoup d'angoisse parce que le secteur est sinistré.

Est-ce que c'est maintenant qu'il faut aller vite faire cette taxation ? Peut-être qu'il faut prendre un peu plus de temps. Et donc on a le droit d'avoir dans la mise en oeuvre du bon sens collectif.

Et ça, je le dis, c'est très important pour nous tous. Nous sommes déterminés à conduire cette transition écologique environnementale parce qu'on le voit bien, nous en vivons déjà des conséquences. Mais cette transition ne peut être menée que si on arrive à réconcilier nos concitoyens.

C'est-à-dire à rassurer les gens à qui on demande des changements profonds à accompagner les secteurs à qui on demande des changements rapides. Et donc je ne veux pas qu'il y ait d'opposition en disant : "Y a qu'à faire ça très rapidement." Et les autres qui nous diraient : "Aucun changement." Mais juste d'un mot pour compléter les choses. -M.

Chantrait : Un mot rapide. -E. Macron : La discussion est très importante.

Il y a tout ce qu'on est en train de faire pour réduire nos émissions de CO2. La Convention a fait des propositions très importantes, et on va les mettre en oeuvre. Mais à côté de ça, on a déjà les conséquences du dérèglement climatique.

Et donc il y a toutes les mesures qu'on appelle d'adaptation. Et ça c'est notre stratégie, c'est ce qu'on fait dans France Relance. C'est-à-dire quand on lutte contre l'artificialisation des sols.

Quand on replante, quand on déploie une stratégie forestière pour remettre à certains endroits une forêt viable, durable, qu'on va pouvoir d'ailleurs exploiter, et sur laquelle on va développer une activité économique, on stabilise les sols, on évite les glissements de terrain, on prévient les conséquences d'événements de toute façon qui vont continuer à arriver. Quand on fait de la rénovation thermique des bâtiments, on réduit nos émissions, mais on permet aussi à ces bâtiments, à ces écoles, à ces hôpitaux, eh bien, de mieux résister aux chocs thermiques qu'il y a dehors. C'est tout ça, la stratégie. -M.

Chantrait : Une toute dernière question qui n'a pas de rapport avec les inondations, mais qui intéresse des millions de Français. Record de cas Covid ce soir. La situation sanitaire s'aggrave dans notre pays.

De nouvelles restrictions sont-elles à attendre ? Dans 10 jours, ce sont les vacances de la Toussaint. Est-ce que vous conseillerez aux Français de limiter leurs déplacements, de ne pas partir en vacances ? -E.

Macron : Alors, j'ai tenu ce matin un Conseil de défense sur ce sujet pour aller dans le détail très précis. Les annonces seront faites demain par le ministre des Solidarités et de la Santé. Vous avez raison de dire que l'épidémie continue de monter.

Il y a des légers mieux dans des territoires où on a réussi par notre stratégie collective, parce que c'est là aussi toute la nation, à commencer à freiner les choses. Mais le virus circule plus vite depuis plusieurs semaines. J.

Wittenberg : Et donc de nouvelles restrictions ? -E. Macron : Et donc il y aura bien sûr dans notre stratégie, dans les endroits où ça circule trop vite, et en particulier où ça circule beaucoup chez les personnes âgées, qui sont les plus vulnérables et où on voit de plus en plus de lits occupés aux urgences.

Eh bien, on doit aller vers plus de restrictions comme celles qu'on a pu connaître, par exemple, dans les Bouches-du-Rhône, ou dans Paris et la petite couronne. -Des limitations de déplacement ? -Il y aura cela.

Après, la stratégie qu'on a retenue n'est pas celle-ci, elle est aussi de responsabiliser nos concitoyens. Nous ne sommes pas, et pour plusieurs mois, nous ne serons pas dans un temps normal. Et donc il faut continuer de strictement appliquer les règles, d'être collectivement responsables les uns les autres.

En somme, de prendre soin de nous collectivement, de prendre soin des plus fragiles, nos aînés, les vulnérables, de prendre soin aussi de nos soignants. Et quand on a des restrictions un peu plus fortes, c'est pour aider nos soignants qui sont sous une très forte pression et qui ont de plus en plus de lits occupés à cause du Covid. Voilà.

J. Wittenberg : Merci pour cet entretien, M. le président. -E.

Macron : Merci à vous. Et permettez-moi à travers vous vraiment de dire à la fois l'émotion et la fierté ressentie en croisant tout au long de l'après-midi nos concitoyens. Il y a eu un héroïsme du quotidien chez nos concitoyens, nos pompiers, nos gendarmes, nos services, qui était remarquable.

Leur dire aussi la solidarité de toute la nation. -M. Chantrait : Merci à vous.

J. Wittenberg : Merci, M. le président.