RAPHAËL ARNAULT : "ILS SE FICHENT DE LA VIOLENCE POLITIQUE, LEUR BUT, C’EST D’ÉTEINDRE LA GAUCHE"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 57 %Défensif 13 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Comment allez-vous et qu'est-ce qui motive votre prise de parole après des semaines de silence ?
- 2:01RelanceRéponse directe
Comment anticipez-vous votre retour à l'Assemblée nationale dans ce contexte ?
- 5:01OuverteRéponse directe
Comment analysez-vous l'instrumentalisation politique autour de cette affaire ?
- 9:01RelanceRéponse directe
Quelle est la stratégie de la jeune garde face à la violence politique ?
- 14:01RelanceRéponse directe
Comment expliquez-vous le laisser-faire des institutions face à la violence d'extrême droite ?
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La question posée n'est pas celle de la violence politique mais de l'extinction de la gauche ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00Locuteur 1Fait
« Il y a pas de violence physique. Heureusement, il ne faut pas qu'on tombe dans la violence physique. »
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de la trahison des des Bonjour Raphaël Arnaud. Bonjour. Merci infiniment d'accorder à Blast cet entretien exclusif qui marque d'une certaine manière votre retour dans l'arène politique et médiatique dans un contexte particulièrement tendu lié à la mort de Quentin Dean dans des circonstances tragiques sur lesquelles nous allons revenir.
Vous êtes député de la France insoumise du Vaclus et vous avez été le cfondateur en 2018 du collectif antifasciste la jeune garde dissous en 2025. collectif dont plusieurs membres seraient impliqués dans la mort de Quentin de Ran militant d'extrême droite radical dans le cadre d'une Rix qui lui a été fatale. Parmi les 11 interpellés initiaux, on relève neuf mises en examen dont deux qui concernent un ex de vos stagiaires et un collaborateur.
Une enquête a été ouverte pour homicide volontaire. Votre assistant parlementaire Jacques II Favreot est poursuivi pour complicité par instigation. À ce stade, les circonstances précises de l'altercation qui ont abouti à la mort de Quentin de Rank ne sont pas définitivement établies et les responsabilités pénales éventuelles relèvent désormais de l'enquête judiciaire.
Mais l'affaire en tant que telle qui déborde le cadre judiciaire a pris une tournure médiatique politique inouie inédite sur laquelle il nous semble important de nous arrêter avec vous et cela motive aussi notre décision à Blast aussi de vous entendre étant donné que nous n'accordons que très rarement des entretiens aux acteurs et actrices de la vie politique française. Alors que votre responsabilité et plus généralement celle de la France assoumise a été largement pointée du doigt dans le drame qui a coûté la vie à Quentin Duran. Votre silence après la mort de ce dernier le 14 février a été autant interrogé que votre parole est attendue aujourd'hui.
Alors avant de revenir ensemble sur les faits qui sont disponibles, les ressorts, les enjeux, les instrumentalisations politiques, j'aimerais tout simplement vous demander comment vous allez et qu'est-ce qui motive aujourd'hui votre prise de parole après des semaines de silence. Raphaël Arnaud. Euh déjà merci pour pour cet entretien euh qui était nécessaire parce que je pense que aujourd'hui beaucoup de personnes se posent de questions euh se posent des questions d'une part évidemment sur l'affaire en elle-même mais plus globalement sur le contexte politique, ce que ça a déclenché, ce que ça a suscité chez les gens aussi, la peur que ça a pu susciter et a raison.
Euh toutes les questions aussi que que ça pose sur l'antifascisme, quelle méthode, quel quel outil on se donne, quelle quelle critique aussi on est capable de de de se donner euh pour aller euh euh bah vers une lutte la plus saine possible et la plus juste possible et la plus efficace possible. Euh et le fait qu'aujourd'hui je décide de prendre la parole et est enfin c'est c'est très simple, c'est pour une raison euh évidente, c'est-à-dire de poursuivre mon mandat de député. Euh j'ai reçu d'ailleurs énormément de messages alors au milieu des menaces de mort évidemment aussi qui ont expliqué en partie mon silence mais pas que.
C'est un mélange de de tout un tas de de choses et beaucoup de messages qui qui me sollicitent pour mon travail de député. Là encore récemment, j'ai été sollicité parce qu'il y a des fermetures de classe dans des écoles maternelles et primaires en tant que député. on pourra intervenir pour se battre pour une école euh qui qui fonctionne si possible malgré un gouvernement qui met de plus en plus de bâtons dans les roues.
Donc c'est pour cette raison-là que je sors du silence et que il y a un besoin tout simplement euh dans le VOCLU et plus généralement même à l'Assemblée nationale avec les travaux aussi qui reprennent. Il y avait aussi cette réalité là que les travaux avaient été suspendus pour cause des municipales et que là ils reprennent. Donc il y avait une volonté évidemment de de retourner au travail ni plus ni moins euh avec aussi encore une fois cette question politique qui se pose.
Et la deuxième question qui est posée, c'est la question du silence. Alors déjà ça pas été un silence total. J'ai eu des prises de de paroles très brèves à travers mes réseaux sociaux euh qui me semblaient obligatoire au vu du contexte.
Euh évidemment en étant euh euh alarmé par la situation, par euh par l'horreur euh euh voilà de la mort d'un homme euh d'un jeune homme. Euh on pourra y revenir. Mais évidemment qu'en tant que militaire antifasciste ça traverse des choses terribles.
Et d'ailleurs ce que je dis dans une de mes communications rapidement, je dis tout ce que j'ai toujours redouté depuis des années à Lyon, on y reviendra certainement sur le contexte lyonnais, euh se déroule à nouveau. Je pensais qu'on en était sorti en partie parce que notamment on a obtenu des victoires antifascistes qui ont permis de limiter la violence de l'extrêmeorade, qui ont permis de casser une certaine dynamique de violence et cetera, mais elle était bel et bien toujours présente mais on y reviendra et malheureusement on se retrouve face à cette situation. Des mots aussi évidemment pour la famille dans ma communication.
Euh et puis derrière oui au milieu des menaces de mort, il y a eu aussi beaucoup de de voilà de tristesse et de volonté de prendre de la hauteur sur le moment. Et j'avais pas la sensation que de prendre la parole dans ce moment, ça aurait été très opportun pour apaiser les choses. H euh j'avais une peur affreuse qu'il y ait une violence qui s'embrasse dans le pays euh à ce moment-là euh de part et d'autres.
Alors on a vu évidemment une violence médiatique qui s'est déchaîné mais j'avais une peur que ça se que ça se transmette dans la rue avec des gens qui n'attendent que ça, qui n'attendent que de pouvoir exprimer leur violence. On a déjà eu plusieurs exemples malheureusement de la part de de l'extrême droite, mais j'avais peur qu'il se saisisse de cette opportunité. Ça a d'ailleurs été le cas en partie avec des attaques de permanence, avec des attaques, enfin des menaces au couteau notamment sur une candidate à Strasbourg et cetera.
Euh mais c'est vrai que j'avais pas la sensation en tout cas que de prendre la parole, c'était peut-être une erreur, mais que de prendre plus la parole, ça aurait aider à apaiser la situation dans le pays euh et aider à comprendre et aussi à laisser euh euh faire la justice, quoi. Parce qu'évidemment euh bon, tout le monde est au courant à présent, mais je n'étais pas présent évidemment sur les lieux. Je n'étais pas au courant évidemment de de ce qui allait se produire, de ce qui s'était produit et cetera.
Et donc en plus de ça, prendre la parole. Mais pourquoi dire ? Vous imaginez qu'à ce moment-là, on s'imagine 1000 théories.
Qu'est-ce qui s'est vraiment passé ? Comment ? Évidemment que les premiers éléments donnés par l'extrême droite, je me doutais fortement que c'était pas la réalité parce que je connais la situation, parce que je l'ai vécu, parce que j'ai moi-même été menacé de mort à plusieurs reprises par des couteaux, par des gens qui sont venus à mode domicile, par des militants d'extr qui sont venus menacer ma famille et cetera.
Donc je connais la situation lyonnaise, le profil de ces militants-là extrêmement violent et cetera. Je connais aussi euh bah évidemment une personnalité comme Jacquelie Fabrot avec qui j'ai travaillé. Je me doute évidemment que c'est pas quelqu'un qui souhaite la mort euh d'autres personnes quand bien même le combat politique peut être dur parfois.
Euh donc tout tout ça faisait que je me suis dit qu'il fallait mieux pas prendre la parole euh qu'il valait mieux que la justice avance euh et que ouais que puis je enfin aussi je savais que c'est une réalité mais euh il faut faire toujours attention à ne pas individualiser la lutte. Je suis un des visages de l'antifascisme. Mes preuves en avec cette période et qui m'a aussi euh réconforté en partie, c'est de prendre la mesure que en fait euh il y a plein de gens qui prennent le relais euh qui sont au combat que qui sont dans le combat antifasciste déjà depuis des années et qu'il s'agit pas de Raphael Arnaud, il s'agit pas de la jeune garde, il s'agit pas de telle ou telle personnalité, il s'agit d'un combat beaucoup plus large qui nous dépasse.
Et si certains pensent que en détruisant un outil comme la jeune garde ou en ou en effaçant une députation par exemple la mienne et cetera, ça ferait qu'il n'y aurait plus d'antifascisme. Il se mettent le doigt dans l'œil. Et preuve en c'est que heureusement il y en a qui ont gardé de la dignité dans cette période et qui ont réussi à à garder le cap euh et à oui à poser certaines limites à à l'indessence qui se déroulait sous nos yeux et à l'inversion totale des valeurs.
Alors vous avez évoqué beaucoup de choses sur lesquelles qu'on va développer et sur lesquelles évidemment on va revenir. Cette mise au point elle elle intervient dans dans un climat de tension comme je le disais au départ et et en ce sensl elle est elle est elle est très importante. Je rappelle que l'enquête sur les circonstances précises de la mort de Quentin de de Rank sera longue.
Elle se poursuit. Elle s'est manifestée aussi ces derniers jours par l'interpellation euh d'une dizaine de membres de collectifs d'ultradroite. Il faudra donc attendre les conclusions pour se prononcer sur les responsabilités individuelles dans ce décès.
Pourtant, comme vous l'avez aussi évoqué, très rapidement un un récit s'est imposé, ce qu'on peut appeler un récit officiel visant à légitimer un un cadre d'analyse comme je le comme je le disais qui qui pointe votre responsabilité, celle des antifascistes, celle de la France insoumise. On a pu entendre l'extrême gauche a du sang sur les mains. C'est l'extrême gauche qui tue.
C'est l'extrême gauche qui menace la République. Je rappelle que la catégorie d'extrême gauche, c'est une catégorie qui a été avalisée par le ministre de l'intérieur juste avant les dernières élections municipales. Alors cette charge he d'une d'une rare parce que vous parliez de l'Assemblée nationale et j'aimerais qu'on qu'on y arrive.
Cette charge d'une rare événement, elle n'est pas le fait du seul rassemblement national comme on pourrait s'y attendre. Elle a aussi d'abord été prononcée par des élus et de des membres du gouvernement, des élus au sein de l'Assemblée nationale. Dans cette même assemblée nationale où une minute de silence a été observée pour Quentin de Rank dont on cerne quand même un peu plus aujourd'hui le profil grâce au travail des journalistes notamment à Blast.
Je renvoie les les gens qui nous regardent à la contre-enquête qu'on a pu réaliser et aussi aux révélations de Médiia part qui mettent au jour ces inquiintens notamment en tout cas supposé avec des groupuscules néonazies. Donc cette même assemblée nationale, vous parliez des messages de soutien que vous avez beaucoup reçu où quand même un large consensus s'est imposé qui avait déjà été le cas au tout début de votre mandature de de députés par rapport à votre profil. C'est imposé pour demander votre démission et votre exclusion de l'Assemblée nationale, hein, par la voix aussi par exemple de la présidente de l'Assemblée nationale qui ne comprendrait pas comment vous feriez pour revenir travailler voilà au sein de cette assemblée à l'exception évidemment de votre mouvement, on en reviendra aussi et qui qui fait bloc autour de vous.
Alors tout simplement, comment vous anticipez ce retour à l'Assemblée nationale dans ce contexte-là ? s'il y a retour bien sûr. Euh bah comme j'ai toujours vécu, à peine on arrivait à l'Assemblée nationale en juillet 2024, ça secouait déjà fort euh parce que le processus fasciste, pardon, en cours qu'on dénonçait était déjà là.
Euh ça y va par étape de toute façon. Je pense que l'instrumentalisation autour de cette affaire est une accélération de ce processus, mais de toute façon, elle était déjà là. elle est là et donc oui, ça secoue, je le dis enfin je pense que je l'ai répété à à peut-être toutes mes prises de parole qu'elle soit médiatique, en conférence, en en meeting et cetera que ça allait se couer dans la période, ça l'a envoyé parce qu'on a une classe politique et médiatique qui se vautre dans des erreurs du passé, qui se jette dans les barres de l'extrême droite. preuve en est avec cette affaire, c'est que à peine à peine l'affaire avait éclaté, qu'on ne connaissait pas vraiment les circonstances, qu'il reprenait tous unanimement de façon avec certaines fois de la nuance mais tous unanimement la version donnée par des néonazies qui étaient interviewés sur les plateaux, qui pouvaient déballer.
On pouvait se douter qu'à priori si l'affaire était horrible soit-elle et cetera, euh c'était assez éloigné de le de la réalité de ce qui s'était réellement passé. Euh et effectivement euh bon, il y a eu cette minute de silence, il y a eu ces déclarations, je pense à Sébastien Chenu qui dit "Il était de notre tribu". en parlant de de ce jeune homme euh qui manifestement oui traîné dans dans les dans les pires milieux néonazis, a eu des déclarations absolument ignoble comme quoi il fallait déterrer euh à l'émi euh des propos ignobes sur Simon Veale, des propos antisémites, des propos islamophobes, des propos bref tout tout ce qu'il y a de pire des millions néonazies et ensuite ils se retrouvent face à cette situation bon qu'ils ont eux-mêmes provoqué en réalité parce que ils laissent une place aujourd'hui le Rassemblement national à l'Assemblée qui est qui est bah déconcertante quoi.
Il se parlent entre eux euh ils mangent ensemble, ils rigolent ensemble, il ils construisent ensemble politiquement, ils votent ensemble à l'Assemblée nationale. Donc c'est pas une découverte et cette espèce d'inversion des valeurs de faire croire que l'ennemi ce serait l'antifascisme, de faire croire que ce serait la gauche euh l'ennemi euh que ce serait eux les violents et cetera et cetera. En réalité, c'est une époque enfin c'est quelque chose malheureusement qu'on a déjà vécu.
Euh et je fais souvent le parallèle historique. Je l'ai fait d'ailleurs dans dans plusieurs prises de parole. Je suis pas en train de dire qu'il y a un copiercollé.
D'ailleurs, en terme de violence politique, heureusement on n'est pas dans une situation similaire à celle des années 30. On est une génération qui n'avons pas connu la guerre. On est une génération nettement moins violente euh que les périodes passées.
Mais forcé constater que les antifascistes à l'époque étaient déjà considérés comme des parias. euh des gens qui d'une part n'avaient pas accès à ces institutions, mais même pire que ça qui était traité comme des terroristes, la fameuse affiche rouge euh reprise évidemment posée par les nazis qui occupaient à cette époque la France, mais relayé par l'ensemble de la presse de l'époque dominante, relayé par l'ensemble des politiques de l'époque et cetera. C'est des gens qui ont été emprisonnés, c'est des gens qui ont été ensuite fusiés.
Euh donc on sait cette histoire, on la connaît et on c'est en train à nouveau de se redérouler sous nos yeux. Vous avez été qualifié d'ailleurs de nouveaux fascistes par une certaine presse. Euh il y a eu des des des unes qui vous qualifient euh le visage des nouveaux fascistes.
Donc on est effectivement dans cette abol la confusion est cette inversion euh des valeurs. L'inversion des valeurs et la confusion. La confusion, c'est une stratégie même voulue par l'extrême droite en réalité.
On a des personnages comme Banon aux États-Unis qui sont des proches conseiller de Donald Trump qui ont d'ailleurs conseillé aussi Marine Le Pen et d'autres dirigeants d'extrême droite européen. C'est voulu, c'est cherché. Le but, c'est de semer le maximum de confusion possible dans l'esprit des gens pour qu'ensuite on puisse accepter toutes les horreurs.
Une fois que vous avez tout inversé, vous expliquer que les antifascistes finalement seraient les vrais fascistes. Les antiracistes de la première heure seraient finalement des antisémites. Euh les féministes seraient finalement celles qui posent les inégalités entre les hommes et les femmes et cetera et cetera. quand vous avez posé cette confusion totale, alors ensuite les horreurs viennent et c'est un peu l'idée.
Donc donc oui, effectivement dans cette assemblée, on vit à nouveau ce qui a pu se passer lors de de périodes précédentes, c'est-à-dire une confusion totale des gens qui n'ont plus de repère politique au profit de gens pour le coup qui ont une structure politique, ils savent où ils vont. Je pense notamment au rassemblement national qui ont des inquiétences évidemment néofascistes, néonazist certaines fois. cette affaire aussi à révéler cette cette chose-là à nouveau révéler même si on l'avait évidemment bien en tête euh et voilà et ces espèces de de d'entre deux là qui essayent de d'exister au gré des vents médiatiques et cetera quand on a des médias justement qui sont contrôlés par des milliardaires qui eux aussi ont un objectif très précis.
Je pense à à par exemple des personnages comme Vincent Boloré, bah reprennent ces mêmes éléments de langage, reprennent ces mêmes logiques et sont capables de se de se vruter euh notamment je pense à à des personnalités de gauche sans les sans les citer mais dans ce qu'il y a de pire, c'est-à-dire reprendre les mots de l'extrême droite, reprendre leur thématique, reprendre leur analyse de la situation en mettant sur le même plan par exemple les antifascistes avec des groupes fascistes et cetera. C'est une catastrophe. C'est une catastrophe.
Oui. Non non, je vais pas citer personne parce que euh je pense que c'est pas très intéressant en cas dans cette équivalence construite entre le fascis la violence ultra gauche et la violence ultra droite dont on va terrible sur laquelle on va s'arrêter aussi et dans ce renversement de valeur inédit là que vous soulignez effectivement il faut il faut noter cette séquence où Jordan Bardella a demandé aux autres formations de mettre en place un cordon sanitaire autour de la France insoumise donc qui a quand même été peut-être un moment de bascule et parmi les accusations qui sont portées sans cesse et qui sont un peu partagées qui font presque consensus, on vous accuse d'obtenir des propos qui installent un climat favorable à la violence des groupes d'ultra gauche. Est-ce que vous vous êtes d'accord avec cette critique qui s'installe assez largement ?
Non non, c'est c'est n'importe quoi et c'est et c'est bah ça ça rentre dans le même dans le même état d'esprit. À partir du moment où on défend des positions fortes contre l'extrême droite, forcément ça les arrange pas. et tent de nous criminaliser pour décrédibiliser notre parole et la rendre euh voilà, la rendre forcément euh euh inaudible euh une fois qu'on qu'on dit des choses comme ça.
Euh mais oui oui, c'est sûr qu'il y a eu cette volonté de la part de l'extrême droit de nous décrédibiliser, de nous écarter euh du champ politique, mais enfin en fait, ils le font tout le temps en continu. C'est-à-dire que là, on fait une focale sur cette affaire parce qu'évidemment euh il y a eu une grosse médiatisation et cetera, mais c'est tout le temps, c'est au quotidien. prendre un exemple autre mais riassam par exemple il y a des gens qui ont demandé la déchéance de cette nationalité il ne supportent même pas que des personnalités comme ça puissent puissent ne serait-ce qu'exister politiquement on voit bien ce qui se passe aussi autour de Bali Bagayoko maire de maire récent de de Saint-N et cetera il y a vraiment une volonté de nous éteindre politiquement et à tous ceux à gauche qui imaginent que ce serait seulement concentré sur la France insoumise.
Alors, c'est vrai que c'est beaucoup concentré sur la France insoumise euh parce que c'est à un moment donné une formation politique qui a décidé non pas de se radicaliser comme on l'entend. Quand on regarde le programme de la France insoumise, en réalité euh il est pas si radical que ça. Moi, je viens de formation plus radicale.
Par exemple, j'ai eu j'ai eu j'ai eu mon passé par exemple au nouveau parti anticapitaliste. Euh donc non, ce n'est pas l'extrême gauche la France insoumise. Par contre, ce qui s'est passé, c'est qu'on a eu un décalage à droite de l'ensemble du champ politique, y compris de la part de formation dite de gauche et que ces gens-là aujourd'hui perdent leur boussole, ne se repèent plus.
Et la seule le seul tort de la France, c'est d'avoir gardé une boussole et de n'avoir pas cédé sur des positions qui devraient faire unanimité à gauche. Euh c'est ça aujourd'hui qui est qui qui est qui est en ligne de mire. Et donc à celles et ceux qui penseraient oui que ce serait seulement sur la France insoumise, que ça battrait tous ces orages médiatiques, politiques et cetera et qu'ensuite eux on serait préservés si ils se mêlent pas trop à tout ça et cetera.
C'est une erreur mais catastrophique. C'est exactement encore une fois ce qui s'est passé au siècle précédent et à la fin il y a tout le monde qui disparaît parce que le but à la fin c'est d'éteindre la gauche. C'est d'éteindre toutes les idées.
Quand je dis la gauche, c'est au sens large, d'éteindre les oppositions. Euh euh Oui. La critique, euh la possibilité d'avoir des alternatives à cette société inégalitaire, violentes, on y reviendra, euh à la montée du fascisme.
C'est tout ça qui est en jeu. Et si aujourd'hui la France insoumise prend le dos de beaucoup de ces luttes-là, soit Mais j'aimerais que ça soit pas que la France insoumise, c'est un problème, c'est un réel problème qu'aujourd'hui euh euh la France insoumise soit pas tout le temps, mais trop souvent seule. La question palestinienne aussi a été un tournant pour tout un tas de gens parce que il y a eu une sauce médiatique mais immense pendant des mois, peut-être beaucoup plus d'ailleurs violente que là ce qui s'est passé euh beaucoup centralisé sur moi et sur d'autres le mouvement antifasciste beaucoup plus violente ça a été euh au moment de la question de de est-ce qu'on était en solidarité avec un peuple qui était en train de subir un génocide.
Bon bah à la fin finalement on s'est rendu compte que la gauche parce que des organisations y compris la France insoumise avait tenu la barre que que tout un tas d'organisations finalement se sont arrangées à la suite derrière ces positions là mais au début ils ont tous abandonné ils ont tous quitté le navire ils ont tous sauté dans le dans l'espèce de de ouais de titanque là médiatique qui était en train de de faire couler toutes nos luttes. Donc euh voilà et toujours se rappeler là je fais je parle beaucoup de la France insoumise parce qu'évidemment c'est sous le feu des projecteurs médiatiques. Non.
Oui, mais c'est pas que la France insoumise, il y a plein de gens qui lutent au quotidien de partout dans à toutes les échelles, à tous n niveau et c'est ce qui fait que ça tient et c'est ce qui fait que ça va tenir et c'est ce qui fait qu'on peut encore imaginer un avenir radieux, même si évidemment c'est difficile de alors on va on va on va évoquer aussi ça un peu plus loin et on va revenir quand même sur ce récit officiel un peu qui se détricote de jour en jour dont on a parlé un petit peu au-delà de l'enquête. Donc celui le premier qui a été initialement propagé par le collectif d'extrême droite féo nationaliste némésiste dont le rôle aussi pour le moins trouble a été récemment souligné par le journal l'humanité. Donc tout ce récit là est largement remis en cause par des révélations successives liées aussi au travail des journalistes qu'il faut ici s'aluer.
Et la dernière révélation en date non des moindres de mon point de vue, elle provient de photos qui ont été divulguées par BFM TV. Elles sont particulièrement accablantes. Elles nous renseignent sur la présence des renseignements territoriaux précisément avant l'ARx et après.
Comment vous vous les interprétez ? Et surtout, est-ce que vous avez peut-être des choses à demander au ministre de l'intérieur Laurent Lugè qui fait pas partie des moindres de vos accusateurs, il fait partie même des premiers accusateurs. La responsabilité est immense.
Surtout que ce que je disais au début de l'entretien, j'expliquais que on y reviendra encore une fois sur la situation lyonnaise. Je disais que tout ce dont j'ai eu peur pendant des années euh s'est déroulé et les alertes ont été plus que nombreuses et ça a été d'ailleurs notre rôle en tant qu'organisation antifasciste. premier rôle bien au-delà de la question de de l'affrontement et cetera de rue qui a été très ciblé médiatiquement, c'est d'alerter les pouvoirs publics en l'occurrence la préfecture de Lyon par exemple sur le nombre d'attaques.
Faut pas imaginer que c'est depuis une conférence de la France insoumise qu'il y a des attaques de l'extrême droite à Lyon. Faut pas imaginer que c'est depuis qu'il y a la jeune garde qui lui aurait des violences de rue à Lyon et cetera et cetera. Bah non, en fait, ça remonte à des années et des années d'occupation de la part de groupe d'extrême droite dans cette ville avec des locaux, des attaques euh quotidienne.
Je crois que le local du Parti communiste français a été attaqué plus de 17 fois euh ce qui en plusieurs années, ce qui ont fait que bah ils ont dû délaisser les locaux tellement ils étaient attaqués par cette même extrême droite. Euh et ce qu'on observe effectivement avec cette affaire qui révèle beaucoup de choses, c'est que la police était présente sur place. Alors effectivement, il y a eu des sources policières qui ont expliqué que les renseignements territoriaux n'ont pas à intervenir euh au moment des faits et cetera.
Pourquoi pas ? Mais peut-être prévenir dans ces cas-là qu'il va se passer quelque chose a priori que il risque un risque d'affrontement. On pouvait s'en douter en plus dans un contexte comme à Lyon.
On sait qu'il y a des groupes d'extrême droite qui viennent armés quasiment à chaque événement de gauche. On sait que il y a des linchages depuis des années. Euh, on sait que il y a des attaques au couteau.
On sait que il y a des violences euh inouies euh sur l'ensemble encore une fois des apparitions de gauche et même plus largement même des gens en raison de leur couleur de peau, en raison de leur orientation sexuelle et cetera. Donc, on sait cette situation. D'ailleurs, il me semble même que je sais plus dans quel médiia était apparu le fait que Nemmésis avait prévenu même la préfecture de leur petit leur petite sortie.
Donc la préfecture pouvait se douter que lorsque Némésis sort, ce qui s'est d'ailleurs passé à Lyon euh lorsqu'ils étaient elles étaient venues pour une manifestation féministe contre les violences sexistes et sexuelles à Lyon et il y a eu une attaque de la part elles sont apparues avec des pancartes, le même schéma habituel et derrière il y a des milices extramoures qui sont arrivées pour charger la manifestation. C'est documenté avec des matraques télescopiques avec des gazeuses. Ils ont fait des salut nazis lorsqu'ils sont repartis de Crix.
Aucune interpellation, rien. Et ça fait des années que ça dure. Donc il y a un laisser faire total.
Euh et là, c'est vrai que c'est très préoccupant de se dire que d'une part, il y a pas eu a priori alors après, je sais pas où ça a capoté, à quel niveau est-ce que les renseignements territoriaux ont prévenu euh les euh les équipes de police qui auraient pu intervenir et elles ne sont pas intervenues. Je sais pas exactement ce qui s'est passé et je vais pas faire 1000 théories. En tout cas, en tout cas, il y a eu des problématiques de ce point de vue-là.
Euh et de et la la chose la plus oui, encore une fois hallucinante, c'est qu'on n'est pas dans n'importe quelle ville. On est dans une ville où ça se répète depuis des années. C'est juste hallucinant et qu'il y a pas eu d'interpellation même après par exemple l'affrontement.
Euh je crois que la police est arrivée sur place de longues minutes après euh après l'affrontement. Enfin c'est tout ça est très troublant, ça pose beaucoup de questions et euh et ça fait des années qu'on alerte. Il y a eu des attaques, je pense par exemple à une conférence de la France insoumise à Bordeaux.
Ce jour-là, il y avait que le service d'or de la France insoumise qui a fermé les gris, qui a eu le temps de fermer les gris pour éviter une attaque extrêmement violente de la part gropuscule extrême droite. Euh c'est pareil. Je crois qu'il y a eu une arrivée de la police plus d'une heure après sur les lieux.
Moi, je me suis rendu à Orléan cette même année euh du coup pour une conférence. C'était lunaire comme comme affaire. Heureusement, il y a pas eu de drame ce jour-là.
Mais l'extrême droite avait dit "On veut l'annulation de cette conférence." Évidemment, il y avait aucune raison de n'interdire cette conférence. Ils étaient pas contents.
Du coup, ils sont venus devant devant la conférence pour un rassemblement. Ils étaient divisés en plusieurs groupes. Ils étaient à 30 m de la porte de la conférence. 30 m.
C'est que toutes les personnes qui passaient et qui venaient ou sortaient de la conférence étaient confronté à des groupes cagoulés. Je les ai pris en photo. Je suis sorti les prendre en photo.
Vous savez ce que m'a dit la police ? Il m'a dit "Arrêtez, arrêtez vos conneries, vous provoquez. Allez, hop, rentrez, rentrez dans votre conférence là, vous les provoquez." Non mais c'est qui qui provoque qui là ?
En fait, l'inversion est systématique. Il y a plus d'une quinzaine d'hommes qui sont cagoulés mais cagoulés devant la police. Ils sont accoudés comme ça devant le mur et ils attendent en gros pour pouvoir castagner à n'importe quel moment.
La police manifestement ne les dégage pas. Et ce que tout ça pour dire que ça s'inscrit dans quelque chose de beaucoup plus large que cette affaire et de beaucoup plus complexe aussi. beaucoup plus complexe.
Il est certain qu'il va falloir tout observer, tout comprendre là où ça a capoté, les responsabilités à tous les étages. Et là effectivement, vous m'avez poser la question du ministre de l'intérieur qui a été d'une indessence immense qui a osé remettre par exemple la responsabilité sur la France insoumise qui manifestement évidemment n'a rien à voir avec cette affaire. Euh c'est su d'ailleurs, il le savait dès le départ donc c'était un mensonge puisqu'il avait ses renseignements territorieux sur place.
Il savait que c'était pas en lien direct avec la conférence. Par contre, il savait que dès le départ queil y avait une RX, y compris le procureur. Enfin, c'est moi je vous avoue que j'ai peur et je pense qu'il y a beaucoup de gens qui ont eu peur dans dans ce moment-là aussi euh parce que il y a des défaillances à à tous les étages, y compris de la part d'institutions dans lesquelles on devrait retrouver une certaine forme de neutralité.
Manifestement, elle existe pas vraiment. Euh, vous pensez qu'il y a un laisser un laisser faire un laisser aller ? Qu'est-ce que Ah bah, un laisser faire, c'est certain.
Enfin, encore une fois, on reviendra sur la question de Lyon. Lyon, ça fait des années que il y avait des il y avait cinq locaux d'extrême droite, néonazzi, néofasciste, royaliste. On avait toute la faune et la flore la plus radicale de l'extrême drobroite lyonnaise.
Pendant des années, ils ont laissé faire des attaques au couteau. On est passé pas loin de de mort à plusieurs reprises. Euh des attaques sur des locaux, des attaques sur des manifestations, des attaques sur des centres LGBT.
De partout, il y avait des attaques plusieurs fois par semaine, voire même des fois plusieurs fois dans le même weekend. avant tout ça la jeune garde hein c'est d'ailleurs pour ça aussi en partie que les antifascistes se sont et c'est ce qui fait que il y a une une volonté de militer sur la question antifasciste parce qu'au bout d'un moment en fait juste il se passait rien et lorsqu'on pointait cette questionlà les pouvoirs publics nient ça a été la mairie de Jaard Colon ça a été la préfecture qui a déjà menti à plusieurs reprises moi je me souviens d'une attaque raciste extrêmement violente lors d'un match euh international entre la France et la Suisse et c'était il il me semble à la sortie du Covid. Du coup, il y avait pas trop école à ce moment-là.
Il y avait beaucoup de lycéens dans la rue, beaucoup de jeunes, très jeunes qui sont sortis. Il y a eu un doublé de Karim Benzema. Euh du coup, il y avait des jeunes qui étaient sortis un peu faire la fête dans le centre-ville de Lyon et cetera et ils ont pas supporté de voir des gamins non blancs faire la fête dans le centre-ville avec des gamins blancs par ailleurs.
Il y avait de tout plein de jeunes qui étaient mélangés mais les fascistes n'ont pas supporté ça. Ils sont partis s'équiper, ils sont revenus avec des couteaux, des bars en fer, c'était une cinquantaine. Ils ont attaqué dans une rue euh très violemment.
Ça a été filmé, ils étaient à visage découvert. À l'époque, ils étaient en roue libre, il y avait pas de de questions à se poser. Ils ont vraiment fracasser beaucoup de monde, des bars, des gens âgés, jeunes, peu importe.
Il y a eu des jeunes qui ont été qui ont pris des coups de couteau au visage. Vraiment, ça a été extrêmement violent. Tout ça a été documenté.
Il y a il y a beaucoup de plaintes qui qui ont été posées derrière rien, aucune interpellation, aucune garde à vue alors que c'est filmé, c'est sous les yeux de tout le monde. Nous, on reconnaît des membres de l'extrême droit radical néonazie identitaire qui sont sur place. On les identifie parce que c'est aussi le travail de de militant antifasciste évidemment, c'est en premier lieu de dénoncer les violences de l'extrême droite.
Ils retournent dans le vieux Lyon, on sait, ils retournent dans leurs locaux et il y a rien. Et derrière, il y a quand même du bruit médiatique. Il y a d'ailleurs des médias nationaux qui se rendent sur place tellement c'est violent et tellement c'est radical.
Il y a des insultes racistes qui fusent. Enfin, tout le monde est au courant de ce qui s'est passé dans Lyon. Tout ça circule et la préfecture 3 jours plus tard qui arrive sur BFM et qui dit que non a priori tout ça n'avait rien de politique.
Ce serait une bagarre entre supporters pour raison de tension entre la France et la Suisse. Ah et je veux dire à ce moment-là à Lyon tout le monde est dégoûté et d'ailleurs ce qui fait qu' aussi cette affaire je pense qu'il y a eu un décalage énorme entre ce qui s'est passé nationalement et ce qui s'est passé à Lyon. à Lyon lors de la marche soi-disant dommage à à Quentin Derang qui était en réalité une volonté d'affirmer pour les groupes néonazi que ça y est ils prennent la rue.
C'était ça en réalité la volonté de cette marche. Faut savoir que il y a personne dans Lyon quasiment dans des centres commerciales comme la part Dieu. Il y a quasiment personne. dans le centreville de Lyon, les gens s'embront parce que tout le monde sait ce qui se passe à Lyon depuis des années.
C'est une ville que vous connaissez bien en effet. Ouais. Et c'est qui qui l'a fait passer, on dit de Lyon qu'elle est passée de capital de la résistance à capital de la violence politique.
C'est une une formule un peu comme ça qui donne à voir aussi. On a travaillé un peu sur Lyon et la spécificité du de la situation lyonnaise à Blast et effectivement c'est important peut-être de rappeler l'existence de cette fracture là dont dont vous parlez et qui donne des éléments en tout cas pour comprendre le contexte dans lequel est advenue cette tragédie et auquelle vous faites référence. Donc c'est important euh évidemment de développer un petit peu ça.
C'est ce qui vous a amené vous-même à à cofonder la jeune garde en 2018. il y a de l'émotion parce que cette inversion des valeurs qu'il y a eu, c'était c'était horrible à à voir sous sous les yeux quoi. C'était horrible parce que encore une fois Lyon c'est une situation qu'on connaît trop bien.
Nous évidemment en tant que militant antifascisme mais plus largement tous les gens qui qui ont habité, qui ont fait des études et cetera euh enfin je sais pas moi je me souviens de groupes de groupes WhatsApp ou ou peu importe de conversation communes étudiants où les gens disaient "Non, on peut pas aller dans le vieux Lyon parce qu'en fait c'est trop dangereux pour les personnes euh désolé hein, il y a beaucoup mais des personnes un peu marginalisées personnes. Non blanche. Euh enfin moi je me souviens j'avais discuté avec un ami qui était pompier, il me disait que tous les weekends au violon, il retrouvait des gens lychés au sol pour leur couleur de peau, pour le rentation sexuelle.
Le violon, c'était le quartier où il y avait des des locaux d'extrême droite dans lequel ils étaient plus implantés. Donc donc oui oui, je pense qu'il y a une résonance vraiment différente à Lyon de ce qui s'est passé au niveau national. Si les gens étaient horrifiés par évidemment ce qui s'est passé, par la mort d'un jeune homme et ça c'est évident pour tout le monde.
Je veux dire à part des des gens qui ont un problème d'empathie, évidemment que ça a choqué tout le monde. Mais ce qui a choqué aussi en dans une seconde partie, c'est l'instrumentalisation qu'il y a eu autour de cette affaire et qu'on nous raconte pas n'importe quoi sur ce qui se passe à Lyon. En fait, c'est pas BFM ni C News ni des gens même des responsables politiques qui soit soit n'y ont jamais mis un pied, soit même ont participé euh soit en se taisant, soit même en cachant, soit même en mentant à ce qui se passait à Lyon depuis des années, sur ce qui se passait à Lyon depuis des années.
Donc c'est vrai que c'était c'était insupportable à vivre ce trucl quoi. Et d'ailleurs preuve en est, c'est que la manifestation derrière antifasciste qui a eu à Lyon plusieurs jours plus tard alors qui s'est déroulé dans l'ensemble de sur l'ensemble du territoire mais qui a été particulièrement massive à Lyon. Il y avait plus de 10000 personnes dans les rues lyonnaises h parce que les gens ils connaissent la situation h ils savent ce qui s'est passé depuis des années.
Et moi je commence à méditer en 2016 de façon plus forte loi travail. Donc il y a pas encore la jeune garde hein. Pas du tout.
Il y a pas une manifestation où l'extrême droite n'attaque pas. pas une seule, pas un rassemblement, peu importe la thématique. Alors à cette époque-là, il y avait la loi travail mais que ça soit en solidarité avec les migrants, que ça soit des rassemblements LGBT, la marche des fierté par exemple interdite de passer dans le vul.
La marche des fierté, il y a une ville en France où une marche LGBT ne peut pas passer dans certains quartiers. On parlait souvent, vous savez, des quartiers perdus de la République, des zones de non droit et cetera. La réponse de la préfecture à l'interdiction pendant des années de la marche des des fierté dans dans le passage du Lon, c'était de dire non, ça va exciter les groupes d'extrême droite.
Et ils avaient raison parce que les groupes d'extrême drobrates attaquaient systématiquement la marche des fierté. Quelle passe au nom d'ailleurs dans le vieux Lion d'une violence inouie parqué à 50 avec des bars en fer, il charclé tout le monde et ça qu'on qu'on nous enlève cette histoire là, c'est pas possible. Oui.
Et vous avez raison de de le rappeler et de parler d'instrumentalisation en tout cas d'une d'une mise en récit qui s'appuie sur l'émotion suscitée par la mort brutale de de Quentin de Rang. Parce que ce que vous venez de dire, les révélations dont on a parlé tout à l'heure en décalage avec les cadrages qui sont imposés, il y a aussi la réalité historique dont vous parlez aussi de ce lion que vous connaissez, la réalité des chiffres aussi des données objectives disponibles sur la violence. en politique des différents groupes qui nous rappellent.
On peut s'appuyer sur les sur les études d'Isabelle Saumier ou de Nicolas Lebau qui nous rappelle que de 1986 à nos jours, par exemple sur les 57 morts liées à des violences entre groupes politiques de 86 à 2017 pardon, 52 sont quand même du fait de la droite radicale et 5 du fait de la gauche radicale. On sait que le que Lyon d'une certaine manière est aussi paradigmatique de cette réalité de violence là avec tous ces groupuscules d'extrême droite qui s'enracine et qui gangrrainent la ville. Et pourtant donc on va quand même essayer de discuter ça aussi ensemble.
La réalité objective c'est celle-là. La réalité historique c'est celle-là. Mais il n'empêche que l'idée que la France serait sous l'emprise d'une gauche de plus en plus dangereuse semble quand même gagner du terrain.
Alors évidemment hein sur avec tous les canaux, les responsables éthiques, les médias, les réseaux sociaux, mais en tout cas cette représentation là plutôt gagne du terrain et elle s'appuie peut-être. Alors, c'est là où j'aimerais savoir un peu que vous nous parliez un petit peu aussi de la stratégie par exemple de la de la de la jeune garde parce que pour beaucoup du coup cette violence qui s'est déchaîné sur Quentin de Ran, elle serait la mise en lumière d'une forme de violence aujourd'hui assumée étant donné le contexte par la jeune garde par exemple. Est-ce que c'est le cas ?
Est-ce que il y a quand même une grade est-ce qu'il y a une gradation de stratégie ? Est-ce que face à cette réalité-là il y a une part de violence un peu assumée ? Est-ce que c'est juste une repost ?
Est-ce que vous pouvez nous parler de la stratégie d'autodéfense populaire par exemple dont voilà, je pense que beaucoup d'entre nous, beaucoup de gens ont besoin peut-être d'être éclairé aussi là-dessus pour mettre en perspective ces réalités totalement contradictoire en tout cas la réalité objective et la représentation du réel qui en est faite autour de cette émotion créée par cette événement tragique. Hm. Euh donc oui, donc je le disais, il y a eu évidemment beaucoup d'émotions euh y compris dans nos rang parce que euh au cœur de l'antifascisme euh évidemment il y a il y a la vie, il y a la volonté de protection de la vie pour chacun et chacune.
La dignité humaine à toutes les échelles pour tout le monde sans distinction. Et c'est à l'opposé pour le coup effectivement des fascistes qui fantasment la mort. D'ailleurs, à peine il y a eu euh l'annonce de la mort de Quentin Derrant qu'il y a plusieurs groupes d'extrême droite euh soit auxquels euh dans lesquels il a milité, soit en tout cas qui qui dont il était proche qui ont qui ont fantasmé la mort, qui ont dit que il y avait quelque chose de beau à mourir au combat.
Bon euh je vous avoue que c'est absolument pas ce qui nous traverse. Nous chaque mort nous touche énormément et c'est évidemment quelque chose qu'on doit systématiquement avoir à l'esprit, éviter un maximum la violence. C'est d'ailleurs un comment dire ?
C'est c'est un objectif de la gauche, si possible d'accompagner la société vers le moins possible de violence, s'émanciper le plus le plus possible de la violence. Il y a aussi une réalité, c'est qu'est-ce qu'on qu'est-ce qu'on fait ? Ça a été le dilemme de la gauche durant toute son histoire.
Qu'est-ce qu'on fait lorsqu'elle se présente à nous ? Je fais exprès là de prendre de la distance par rapport à l'affaire pour contextualiser celles et ceux à gauche qui imaginer que au moment où les fascistes commence à prendre le pouvoir, commence à prendre de plus en plus de place au siècle précédent, euh s'imaginer qu'il n'y a pas eu de résistance, c'est complètement faux. Il y avait déjà dès les années 20 30 des groupes d'autodéfense euh antifasciste.
Alors toute proportion gardée dans un autre niveau de violence parce qu'évidemment c'était pas le même niveau de violence. Heureusement aujourd'hui on en est loin, tant mieux et je ferai tout ce qui est en pouvoir et il faut que la gauche fasse tout ce qui est en son pouvoir pour éviter qu'on tombe dans ces niveaux de violence là qui était imposé par le fait que voilà toute une génération avait vécu la guerre comme je disais précédemment mais on on il y a eu des actes de résistance y compris on parle beaucoup du Front populaire là je m'éloigne un peu mais on parle beaucoup du Front populaire de l'unité géniale qui s'est passé à gauche et cetera en fait ça s'est pas fait comme ça le Front populaire et c'est aussi l'histoire de l'autodéfense antifasciste. C'est important de se le redire.
Il existe une unité euh entre les socialistes, les communistes de l'époque, des syndicalistes, des gens pas forcément liés à des organisations politiques, peu importe, euh sur les pavés, notamment à Paris dans l'autodéfense antifacie par des groupes de jeunesse déjà à l'époque de la jeune garde euh d'où la référence aussi politique évidemment très forte. euh les TPPS, il y a plein de groupes d'autodéfense antifasciste qui créent cette unité sur le terrain en résistance aux attaques de l'extrême droite. Et ensuite, c'est ces organisations de jeunesse antifascistes qui viennent tirer les oreilles entre guillemets, si je puis dire, des directions politiques qu'ell soi socialistes, communiste à l'époque du SPD, enfin pardon du SPD, c en Allemagne mais de la SFIO à l'époque ou du parti communiste pour leur dire maintenant mettez-vous autour de la table, ça urge, on a besoin d'unité pour obtenir des victoires et pour lutter contre l'extrême droite et c'est notamment donc après les émeutes de février 34 que décide de se mettre autour de la table.
Mais c'est pas fait comme ça. C'est pas fait comme ça du tac au tac. C'est fait parce que une unité s'est créée sur la question de l'autodéfense antifasciste.
Donc encore une fois que la gauche ni cet héritage là, ni cet héritage de résistance, de capacité, même dans des moments où tout tangue, où tout part à la voloto, on fait face à une violence inouie, il faut être en capacité de de résister. Maintenant euh résister, ça veut pas dire qu'on ne peut pas tomber dans des erreurs. On ne peut pas faire euh voilà euh de encore une fois des des erreurs euh sur le terrain et à chaque fois on doit se corriger.
C'est une volonté et dès le départ avec la jeune garde, on avait à au cœur euh à cœur pardon ce projet-là de systématiquement se remettre en question. D'ailleurs, dès le départ de la jeune garde, l'idée c'était de mettre sur la table tout un peu les expériences antifascistes qui avaient pu avoir eu lieu. Alors, d'un point de vue recontextualisé dans un contexte historique et cetera et cetera, mais aussi plus récemment, qu'est-ce qui avait marché, pas fonctionné et cetera.
Quel aussi danger on avait face à nous avec une réponse appropriée au danger auquel on faisait face et cetera et systématiquement, on se remetta en question lorsqu'il y avait des erreurs, il a pu en avoir et ben on s'est on s'est corrigé et cetera et cetera. Là, typiquement ce qui s'est passé alors d'une part, c'est pas la jeune garde parce que la jeune garde est dissoute. C'est bon de le rappeler que on n' pas justement ce cadre organisationnel qui nous permet de remettre en question les choses, de s'organiser de façon à à éviter des erreurs, à à j'en sais rien moi, à rester dans un cadre strict de l'autodéfense et cetera et cetera.
Donc déjà, on névolue pas dans ce cadre là. Et puis surtout euh voilà les images qui ont été diffusées notamment par TF1 sur la fin euh les militants fascistes juste après la risque qui se retrouve au sol et cetera. Euh c'est antinomique à ce qu'on propose avec la jeune garde depuis des années.
Ce qu'on revendique avec la jeune garde c'est la possibilité de se défendre euh et de repousser des attaques de l'extrême droite. Ça c'est vrai, on s'en est jamais caché. On a toujours revendiqué, on l'a toujours fait.
Euh ce qui nous était déjà évidemment reproché parce qu'on ne supportait pas que l'extrembrade puisse plus faire euh ce qu'elle voulait quand elle voulait et cetera et c'est ce qui fait que heureusement il y a pas eu de drame de la sorte. Euh donc euh donc voilà, moi je pense qu'aujourd'hui c'est donc c'est-à-dire que là vous ne vous ne retrouvez pas les codes de la jeune garde par exemple dans ce qui s'est passé. Bah non, en fait et ça pour le coup là où pour le coup j'en veux énormément au médias et à tous les gens qui nous suivent d'ailleurs depuis des années, c'est qu'ils savent ce qu'on fait.
Ils savent ce qu'on fait depuis des années. Ils savent ce qu'on a toujours revendiqué, ce qu'on a toujours condamné à l'inverse ou ce qu'on a toujours proclamé et cetera. Euh donc c'est vrai que c'était Ouais, c'était c'était Ouais.
Ouais. De toute façon, il y a une instrumentalisation dans tous les sens et cetera. Donc voilà.
Mais moi je pense que au-delà encore une fois de la question de la jeune garde, pas la jeune garde euh l'ensemble du mouvement antifasciste et quand je dis mouvement antifasciste, c'est pas seulement les personnes qui s'en autoproclament. Quand je dis mouvement antifasciste, c'est l'ensemble des personnes qui visent à une société plus juste, plus égalitaire, qui vise à à ouais une égalité des droits et cetera, doivent se poser la question autour de cette affaire mais plus largement de qu'est-ce qu'on fait dans une situation de donnée, comment est-ce qu'on se défend. Je vais faire exprès de prendre de la distance par exemple ce qui se passe aux États-Unis euh vis-à-vis de l'ICE quand ça arrive, quand c'est l'État quand c'est l'État euh par exemple Donald Trump qui décide de euh amnistier toutes les personnes qui ont attaqué le Capital, qui ont attaqué euh l'un des symboles euh les plus forts euh de ce qui reste encore un peu démocratique dans ces sociétés libérales et cetera. lorsqu'ils décide d'amiser des gens qui sont venus armés pour détruire une institution encore une fois démocratique dans un état et cetera et qui décide de on sait qu'aujourd'hui il y a des gens qui étaient dans cette attaque du capital qui se retrouvent aujourd'hui dans ce qu'on appelle la milice de Trump mais en tout cas qui est aujourd'hui à l'échelle d'un état des gens qui ont participé à cette attaque qui se retrouvent dans l'ICE.
Comment est-ce qu'on y répond ? Qu'est-ce qu'on fait ? Si on s'est pas posé la question, ben on est foutu en fait, on arrête.
Lorsque le processus est en cours, on fait quoi ? Qu'est-ce qui se passe ? Heureusement aux États-Unis, on a eu des exemples d'autodéfense.
On a des gens qui ont mis plein de choses en place avec des sifflet en prévenant en prévenant les voisins, en s'opposant lorsqu'il y avait des violences de la part de l'ICE et cetera et cetera. Alors d'une part, j'aimerais pas être à leur place parce que c'est un niveau de violence inoui. Il y a eu des morts d'ailleurs, il y a eu des tirs à bout portant et cetera de la part des des agents de l'ICE.
Mais ça pour dire que c'est à nous de se poser ces questions là lorsque ça arrive, on fait quoi ? C'est comme à Lyon. Moi, je veux bien entendre des leçons de morale de la part de la gauche qui disent "Ah, les antifascistes quand même." Oui, il y a pu avoir des erreurs de la part des militants antifascistes.
Il y a pas de souci là-dessus. J'étais premier à le reconnaître et avec la jeun garde, on a été les premiers à les reconnaître lorsqu'il y a eu des erreurs, lorsqu'on pensait que c'est des après il y a des débats au sein des mouvements antifascistes, lorsqu'on pensait qu'il y avait des erreurs et cetera. Mais à tous ceux qui ne viennent nous donner des leçons là dans leur salon euh institutionnel à Paris qui viennent sur le terrain.
Vous-même avez été condamné pour violence euh Oui. en réunion en 2025. Non, il y a beaucoup de gens qui s'en sont servis.
Hm hm. pour décrédibiliser mes combats et cetera. Enfin, c'est pareil.
Ils se sont intéressés déjà à ce qui s'est passé réellement ce jour-là. C'est documenté, l'appareil, c'est médiatisé, ça s'inscrit dans ce que je disais à Lyon. 80 fascistes qui viennent armés depuis le vieux Lyon comme d'habitude, ils viennent depuis leurs locaux, ils repartent dans dans leur locaux.
Ils attaquent un rassemblement lesbien ce jour-là à Lyon. C'était à hôtel de ville donc sur la presquille, ils attaquent à 80 avec des bars en fer et cetera. C'est extrêmement violent.
Il repartent dans le vieux Lyon et puis il continue à circuler dans le centre-ville de Lyon. D'une part pour attaquer les personnes qui se sont rendues à ce rassemblement LGBT et d'autre part pour attaquer comme ils ont l'habitude de le faire tous les weekends des personnes encore une fois en raison de leur couleur de peau, de leur orientation politique supposé, de leur religion supposée et cetera et cetera. Et ce qui se passe ce jour-là, c'est que on tombe sur un des manifestement qui est en relation avec eux et cetera.
Euh je décide de lui dire de partir du quartier parce que c'est un quartier qui cible toutes les semaines, ils attaquent les locaux et cetera. Alors on peut me reprocher ça effectivement ce qu'on m'a dit au tribunal, on m'a dit pourquoi est-ce que vous avez pas appelé la police ? On vient de parler d'une affaire où il y avait des renseignements territoriaux sur place où il y a des groupes qui manifestement vont s'affronter mais il y a de la violence qui se déchaîne.
Il y a pas d'intervention policière. C'est un Lyon c'était quotidien. Moi, j'aurais bien aimé que ça soit différent.
C'est pas le cas. Et ce jour-là, j'ai la grippe. J'ai la grippe par effectivement la veste.
Oui, j'ai pas à le faire. Si on prend un peu de distance, j'ai pas agrippé quelqu'un par la veste et cetera. De ce point de vue là, ce n'est pas juste.
Mais voilà, on a essayé de de se servir de cette affaire pour me dépeindre dans les pires violences et cetera. Bon, évidemment que on peut se poser la question de de de tout ça, mais pourquoi est-ce que dans le même temps et il condamne pas l'attaque à 80 de milit en moite armée sur le rassemblement lesbien ? ça il le taisente.
Donc encore une fois la question c'est pas la violence politique en réalité et je réponds un peu à ce qui a été dit un peu avant mais oui il y a de la violence de l'extend dans ce pays et là où j'ai compris là où on a compris parce que évidemment c'est pas à moi individuellement là on a compris nous les antifascistes qui a eu un tournant c'est Martin Aramboruou dans les rues de Paris. Pourquoi ? Parce que s'il y a eu des violences de l'extrême droite en amont, le joueur de rugby, voilà le joueur de rugby international qui s'est fait assassiner dans les rues de Paris en 2022, c'est qu'on a 3 semaines du premier tour de l'élection présidentielle.
Donc la tension politique et médiatique est est on ne peut plus forte. C'est le moment où peut-être il y a le plus euh d'attention encore une fois politique et médiatique dans le pays. On a euh un joueur de rugby international qui euh s'interpose parce qu'il y a une altercation raciste entre des militants d'extrême du Gud du groupe Union Défense dont on le sait dont les liens avec Marine Le Pen et des quads du Rassemblement national ne sont plus approuvés. euh qui décide encore une fois voilà de de faire une chasse à l'homme dans Paris, de poursuivre Frederico Martin Rambourou notamment à travers une jeep et de tirer à plusieurs reprises sur lui.
Je crois qu'il y a sep balles qui sont tirées. Là on parle pas de bagarre, on parle pas d'affrontement entre groupe d'extrême droite et groupe d'extrême gauche, antifasciste et cetera et cetera. On parle de gens qui font une chasse à l'homme dans Paris avec des armes à feu et qui décident de tirer à cette reprise sur un homme pour le tuer.
Il y a eu aucune réaction médiatique à l'époque. Je crois que le on appart effectivement des médias indépendants et cetera, mais je crois que le journal qui a le plus parlé de cette affaire, c'est l'équipe parce qu'il s'agissait d'un rugby man international dont les positions politiques d'ailleurs n'étaient pas cachées. Fréico Martin Aramboro a plus à plusieurs reprises de préposition contre le racisme contre différentes formes de discrimination et cetera.
Je crois que c'est le journal qui en a le plus parler. rien, pas un mot, pas un dinorialiste qui vient poser la question des liens par exemple entre Gud et Marine Le Pen, pas un responsable politique Emmanuel Macron ou que sais-je qui vient quand même s'inquiéter que dans les rues de Paris, dans les rues de la capitale, on puisse tirer sur un homme à 3 semaines de l'élection présidentielle du premier tour des élections présidentielles où en plus on savait que Marine Le Pen pouvait potentiellement prendre le pouvoir et cetera et cetera. Donc là, on s'est dit qu'il y avait un tournant.
On s'est dit que la violence politique, c'était pas un problème dans ce pays pour toute une caste politique et médiatique. Il s'en fiché. Le maire de Saint-Brévin a été aussi une étape.
Vous savez, c'est ce maire qui avait pris position, qui a décidé de mettre en avant un peu de solidarité humaine en disant qu'il allait accueillir dans sa ville quelques personnes migrantes et cetera. Et l'extrême droite n'a pas supporté ça. Il y a eu des manifestations extrêmement violentes de la part de l'extrême droite de menaces de mort envers le maire depuis des semaines et des semaines.
Le maire a alerté des pouvoirs publics. Pas une réponse, pas une protection, pas de médiatisation non plus jusqu'à qu'il crame sa maison alors qu'il y avait sa famille à l'intérieur. Il y avait sa femme et ses enfants qui dormaient dans la maison lorsqu'elle a été incendiée.
Euh et des et ses véhicules aussi devant. pas de réaction de la part de la classe politique et médiatique. Il a fallu que la gauche en bloc heureusement aille sur place, médiatise un peu la chose pour qu'il y ait des réactions timide de la part du champ politique et médiatique.
Encore une fois, il se fiche de la violence politique lorsqu'on a des militants en extrêmes qui presque tous les mois sont arrêtés pour des projets d'attentat qui a des caches d'armes, des militants ou des candidats du RN, je pense à Claude Sink qui mènent des attentats par exemple sur la mosquée de Bayon qui tirent sur des personnes parce qu'elles sont musulmanes ou supposé musulmanes qui assassinent. Ils s'en fiche mais ils s'en fiche mais royalement. Du coup, la question qui est posée, c'est pas la question de la violence politique.
La question ce qui est posée, c'est l'extinction de la gauche et cette volonté effectivement de se saisir d'affaires. Euh des fois des fois de façon grottesque et ridicule. Je pense par exemple à on parlait des des municipalités, le maire de Saint-Brévin, moi ça m'a encore plus rendu dingue que là ils viennent pointer des situations où il y a des mères qui se font huer.
Bon, il y a il y a beaucoup de bruit dans la mairie, il y a la fois de la joie, à la fois de la colère sur certains mè et cetera. Mais a priori en tout cas de ce que j'ai pu constater, il y a pas de violence physique. Heureusement, il ne faut pas qu'on tombe dans la violence physique.
Évidemment, c'est rappelé par tous les responsable politique de Gauch, j'ai compris évidemment la France insoumise, je crois pas que ça il y a il y a il y a quelque chose qui déroge à la règle de ce point de vue-là, mais de l'autre côté, on a des maires qui se font cramer leur baraque, quoi. Le maire de Page Rousillon aussi, moi à Avignon, forcément aussi la campagne à Avignon a a été traversée par cette affaire. On a beaucoup pointé, regardé la violence de la gauche et cetera et cetera.
La seule violence les seules violences qui ont été constatées à Avignon par exemple sur des élus, bah ça vient de l'extrême droite. Le maire de Possillon qui s'était fait frapper dans un bar c'était plaspi par des militants d'extrême droite parce que sa fille est métisse. Enfin ça c'est une réalité effectivement euh j'irais pas quotidienne mais une réalité.
Ils ont cramé une boulangerie aussi durant les élections législatives à Avignon. Vous avez vu les JT débarquer à Avignon ? BFM, ces news pour le fait qu'une boulangerie se faisait cramer parce que il y avait un imprenti noir qui travaillait dans cette boulangerie avec des inscriptions racistes et cetera et cetera.
Tout le monde se fiche de la violence politique. En réalité, elle elle vient être instrumentalisée pour éteindre la gauche. Oui, évidemment la gauche, heureusement, on se battra toujours pour ne sera jamais un niveau de violence politique qui est capable d'imposer l'extrême droite et tant mieux.
C'est difficilement audible aujourd'hui mais en gros le sens de ce que vous explicitez hein dont je m'appuyais sur les chiffres c'était pour quand même entériner l'idée que le recours effectif à la violence dans le militantisme antifasciste reste assez rare proportionnellement au recours à la violence dans le milieu de l'ultradroite radicale. Et ça ce sont des données des données objectives. Dans tous les cas, c'est dans ce contexte tendu que le Conseil d'État va observer dans quelques jours l'appel ou de l'organisation. donc de la jeune garde pour annuler la dissolution.
C'est une audience. C'est donc une audience aussi très attendue. Et qu'est-ce que dans ce contexte-là et dans ce que voilà dans ce contexte là que vous venez de dépe aussi, qu'est-ce que vous espérez ?
Quels arguments vont pouvoir être mis en valeur ? Hm. Oui.
Bon, je vous avoue que cette audience, on en attend pas grand-chose aujourd'hui au vu du contexte médiatique et politique qui a été pesé. posé pardon par de nombreux responsables euh et l'attention qui peut y avoir autour de tout ça. Euh mais par contre évidemment bon nous on n' pas le droit à la parole hein, c'est un avocat qui qui porte notre recours.
Et par contre ce qu'on souhaite défendre et nous ce qu'on souhaite défendre en réalité c'est de de ne pas raconter n'importe quoi sur ce qui a été la jeune garde sur son projet initial sur ce qu'elle a fait sur ses victoires, sur son travail. Euh déjà effectivement rappeler que s'il y a pu avoir des affrontements politiques, c'est vrai, ça fait partie aussi de l'histoire de la jeune garde euh d'avoir fait face à des violences de l'extrême droite, de les avoir repoussé euh évidemment pas dans les conditions euh de de l'âge ce qui a pu se passer à Lyon. Euh mais euh mais voilà, ça fait partie de son histoire mais en réalité c'est euh c'est en terme de Ouais. d'équivalence par rapport à l'ensemble du travail qui a été fourni, c'est peu.
La principale chose qui est mise en place par les antifascistes bien au-delà de la jeune garde, c'est un travail de veille sur ce qu'est l'extrême droite, d'information, de tractage, d'activité militantes classiques. aussi le fait que ça fait partie aussi pour nous des victoires de la jeune garde mais d'avoir su retisser du lien entre les antifascistes et d'autres formations plus traditionnelles du champ associatif syndical politique des organisations qui jusque-là étaient plus timide envers les mouvements antifascistes et cetera ça a été une lutte collective en fait c'est pas la jeune garde toute seule qui a réussi à obtenir la fermeture de cinq locaux d'extrême droite à Lyon aujourd'hui il y en a plus il y a une baisse drastique des violences de l'extrême elles existent encore malheureus Heureusement, je vais le contraire. Preuve en est aussi avec euh avec euh ce qui s'est passé récemment, mais en tout cas, il y a une baisse drastique.
Hm. Euh donc de ce point de vue-là, oui, effectivement, c'est un bilan aussi qu'on qu'on vient défendre et plus généralement de de défendre l'antifascisme bien au-delà de la question de la jeune garde de pas raconter tout et n'importe quoi sur l'antifascisme. On sait que le ministre le ministre de l'intérieur de l'époque Brunota et ses services ont repris mot à mot les langages de l'extrême droite pour nous décrire euh ont utilisé le nombre d'affaires.
Alors des fois par exemple comme ma condamnation sans recontextualiser, sans pointer ce qui s'était passé, sans pointer les détails de cette condamnation et cetera, mais aussi en mentant sensiblement, en allant chercher en fait tout ce qui pouvait euh ressembler de près ou de loin à de la violence politique était attribué à la jeune garde avec des trucs évidemment qu'on a jamais revendiqué, qu'on a même des fois condamné. Ça évidemment nous on se défend ensuite dans le mémoire en défense et cetera, mais ils arrivent avec une pile comme ça. Donc le temps qu'on se défende sur 80 % bah en fait le reste passe à la trappe.
Donc on se doute que cette audience devant le Conseil d'État va être somme toute houleuse, elle va être dure parce que c'est pas ce qu'on risque d'entendre dans cette audience, c'est pas ce qu'on a souhaité défendre, c'est pas ce qu'on a mis en place, c'est pas notre histoire, c'est pas c'est pas les choses qui ont été obtenues. Mais en tout cas, évidemment, c'est ce quoi on va se défendre et surtout le plus important encore une fois et c'est là où je pense sincèrement ce que je disais au début de cet entretien, mais où certains se se mettent le doigt dans l'œil, c'est d'imaginer que parce qu'il n'y aurait plus la jeune garde, parce que il y aurait telle ou telle personnalité qui serait plus mise en avant et cetera et cetera, serait la mort de l'antifascisme. Non, enfin encore une fois, ils se mettent le doigt dans l'œil.
C'est pas vrai. Tant qu'il y a de la vie, il y aura de l'antifascisme. Tant qu'il y aura des capacités de résistance, il y aura de l'antifascisme.
Il y en a toujours même dans les situations les plus sombres. Je parlais récemment des États-Unis où on peut se dire que c'était une société qui était où il y avait encore moins de capacité de résistance par exemple que ce qu'on pourrait imaginer en France parce que les structures sont pas les mêmes, parce que le libéralisme a fait deux fois plus de mal dans ces dans ces territoires là et cetera. qui a une société encore plus individualisée.
Je su pas en train de fantasmer la société française he mais ce que je veux dire c'est qu'on pouvit imaginer que ce sera encore plus dur aux États-Unis mais même là il y a des il y a des exemples de résistance c'està dire que la dissolution c'est aussi une arme un peu criminalisante utilisée on sait que un tiers des des de dans la 5e République un/ers des dissolutions ont eu cours sous Emmanuel Macron 30 % je crois des dissolutions se sont faites est-ce que c'est un instrument aussi de pouvoir oui oui. Bah il y a un autoritarisme à tous les étages et ces 10 solutions en font partie. la question des libertés associatives, euh la question de la volonté de Ouais. de de terroriser aussi des collectifs et l'idée de de pouvoir se défendre parce que bon, il y a eu plein d'autres dissolutions en dehors de de la question antifasciste et oui effectivement il y a une instrumentalisation totale quand on sait qu'en plus les dissolutions ont été mis en place à la base justement en frais 36 pour lutter contre les ligues d'extrême droite.
Donc encore une fois rien que dans l'histoire de de de l'idée de la dissolution et il y a là aussi une torsion immense. H Et parliez de la dissolution de la jeune garle. Est-ce qu'il est possible que plusieurs membres soient restés actifs alors que l'organisation a été dissoute ?
Parce que il me semble qu'une enquête aussi euh pour reconstitution de ligue dissoutes a été engagée. Est-ce que c'est le cas ? Est-ce que vous êtes au courant ?
Est-ce que c'est possible que certains membres soient restés actifs alors que l'organisation était dissoute ? Forcément cette question, elle vous elle vous est posée étant donné aussi pour revenir au début la proximité hein que vous avez. Vous êtes cfondateur et vous avez certains liens avec des personnes qui sont qui sont mises en cause dans l'affaire.
Est-ce que ça ça vous semble plausible ? Euh oui, effectivement médiatiquement est sortie cette information. Alors, on n pas du tout de nouvelles.
Moi, j'en ai pas eu de de sur sur l'aspect juridique de cette question de reconstitution, pardon, de Ligue 10 et cetera. En tout cas, ce qui est certain, c'est qu'à partir du moment où la dissolution a été prononcée, bah on a cessé nos activités euh diverses et variées qui tournaient autour de la jeune garde. Les seules activités qu'on a maintenu et qui sont publiques, hein, c'est pas c'est pas caché hein, c'est de de la lutte contre la dissolution.
Euh, on avait d'ailleurs organisé une vente de t-shirts. Euh, on est apparu à la fête de l'humanité par exemple pour tenir un stand de lutte contre la dissolution. Euh, ça évidemment on a en droit de le faire ce qu'on a toujours fait.
Euh par contre, évidemment, il y avait pas d'activité de la jeune garde à proprement parler. Bah, il y a juste à voir nos réseaux sociaux, avoir notre activité au quotidien et cetera. Par contre, d'imaginer que individuellement certains ont cessé l'antifaschisme, non, preuve en est même avec ma personne.
Alors effectivement, j'ai mené une activité de députés mais aussi de de députés antifascistes. D'ailleurs, je m'en suis jamais caché hein, dès l'élection de 2024, alors à ce moment-là, il y a pas la dissolution de la Gune garde he qui est encore effective mais je le dis, je le revendi que j'ai été élu aussi sur ces bases là. C'est aussi pour ça que des gens m'ont fait confiance.
C'est de dire qu'on ne on ne cèdera pas euh un morceau de terrain à l'extrême droite. D'ailleurs, il me semble que une de mes premières actions, c'est de monter à à en Angleterre alors qu'il y a des émeutes racistes qui inondent le pays qui sont d'une violence inouie. Euh je monte en Angleterre, c'est aussi ça l'antifascisme.
C'est pareil, il y a qui à ce moment-là qui a été prêt à aller sur le terrain ? pas grand monde à gauche he enfin moi j'aimerais bien qu'on soit plus hein mais ouais mais il faut des gens qui aient le courage et je suis pas en train de là me me vanter les mérites c'est l'ensemble du mouvement antifasciste. Heureusement qu'il y a des personnes qui décident de se rendre dans des situations moi quand je meurs à Londres à ce moment-là je sais pas ce qui va se passer hein.
Alors heureusement ce jour-là on est on est des tellement des milliers dans la rue que les milistres d'extrême droite peuvent rien faire en fait sont d'ailleurs c'est toujours l'idéal. Moi je pense que l'idéal et c'est ce doit être le constat qu'on doit se faire lorsqu'il arrive ce genre de de choses, c'est que la meilleure réponse antifasciste c'est qu'on soit le plus nombreux et nombreuses et ça avait réussi à paralyser les violences de l'extrême brit de ce jour-là. Ça a été le moment où les émeutes racistes en Angleterre ont cessé qu'il y a eu des appels à rassemblement dans tout le pays.
C'était après 3 semaines d'émeut racistes. On a réussi à paralyser les émeutes racistes en étant mais des milliers et des milliers dans la rue ce qui fait que ils ont ils sont pas ils ont pas osé sortir dans la rue ce jour-là. Mais ce jour-là, moi je sais pas ce qui va se passer.
Est-ce qu'on va être 1000 ? Est-ce qu'on va être 100 ? Est-ce qu'on va être confronté à une attaque de l'extrême droite ?
Et qu'est-ce qui se serait passé ce jour-là ? Si on se fait attaquer par des milices d'extrême droite, c'est archi violent que je me retrouve au milieu de ça, on aurait dit quoi ? On aurait dit "Regardez, il y a un député extrêmement violent machin et hop décontextualisation et cetera et cetera." Donc donc voilà.
Donc encore une fois, surtout maintenir l'antifascisme, le rendre le plus massif possible, le rendre le plus accessible possible, le sortir de de son de d'un certain isolement un maximum. C'est ce qu'on a tenté de faire à chaque fois avec la garde, ce qu'on avait réussi en partie à faire. Alors, le sortir de l'isolement, on en arrive maintenant à vos liens, pardon, à vos liens étroit avec la France insoumise qui sont aussi d'une certaine manière mise en cause.
En tout cas, la France insoumise est un peu mise sous pression par la gauche, on va dire, voilà, qui qui voit dans dans son alliance avec la jeune garde notamment à travers vous la perméalibilité à une certaine violence. Je sais que dans le mouvement antifasciste, certaines critiques aussi ont pu ont pu émerger indépendamment de cet événement sur la question du parlementarisme. Est-ce que c'est la bonne idée d'articuler l'antifascisme à la à la voie parlementaire ?
Vous êtes un peu l'incarnation de cette de cette articulation entre l'antifascisme et l'institution. Donc c'est quelque chose d'assez d'assez inédit. J'aimerais bien que que vous nous en disiez un mot tout simplement.
Est-ce que quel bilan vous tirez de ça étant donné le contexte ? Est-ce que vous pensez que c'est une erreur ? Est-ce que vous pensez en revanche que c'est toujours possible qu'il y a quelque chose à creuser ?
En tout cas, on sait que Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise dans son l'ensemble fait vraiment bloc derrière vous et a fait dans de l'antifascisme même une projection pour les années à venir et a mis le cap aussi sur la présidentielle autour de cet arc antifasciste. Est-ce que vous creusez ce sillon là ? Je pense queil faut systématiquement se poser la question de quel est le plus efficace pour lutter contre l'extrême droite tout le temps.
Il y a pas de réponse parfaite. Sinon en fait on on serait débarrassé de ce problème mais et on on a'urait pas besoin de de lutte antifasciste. Donc systématiquement, il faut se reposer la question.
Je pense qu'il y a encore une fois, il y a pas de réponse exacte. Nous, on partait du principe euh queil fallait lutter contre l'extrême droite à tous les étages. C'est-à-dire que lorsqu'il euh mène des des des attaques et des violences extrêmement dures dans la rue, il fallait être en capacité de proposer une réponse à ça. lorsqu'il décide d'investir des institutions comme l'Assemblée nationale, on peut pas nier ça et faire comme si que c'était enfin comme si ce n'est pas un problème ou alors comme si ce n'était pas notre problème et que d'autres allaient s'occuper de cette situation.
On s'est dit que la meilleure façon d'y répondre, c'était d'investir aussi cette questionlà parce qu'on a vu des néonazis investir l'Assemblée nationale, des identitaires, des royalistes euh à travers euh soit des investitures de la part du Rassemblement national, soit à travers des assistants parlementaires, peu importe. Lorsqu'on a vu ces gens rentrer dans ces institutions, on s'est dit qu'il fallait que les antifascistes y soient. Il y a tous ceux qui espèrent que les antifascistes disparaissent de ces institutions.
Pourquoi pas ? Ça se pose. Mais on partira quand il y aura plus de néonazie de royalistes ou d'autres groupes d'extrême droite qui investiront ces institutions.
Voilà tout. Après pour ce qui est de la France insoumise, je pense qu'aujourd'hui elle garde le cap encore une fois sur la question du fascisme. Mais c'est pas que vis-à-vis de la jeune garde ou que vis-à-vis de cette affaire.
Ça fait quand même déjà un un moment que que la France insoumise et d'autres mouvements parlent du retour de la nécessité de l'antifascisme avec le slogan du NPA qui était antifasciste tant qu'il le faudra. Je pense que c'est un peu c'est un peu le le le mot d'ordre aujourd'hui et que ouais ça s'accentue et tout le monde le constate. Et en fait encore une fois, je le redis, euh c'est inquiétant que ça soit euh principalement que la France insoumise qui s'occupe de cette question-là, que ça ça doit être l'ensemble des organisations politiques.
Maintenant, la France insoumise a toujours été claire dans ses propos à travers les prises de parole notamment de Jean-Luc Mélenchon, mais pas que, des divers responsable politique, à travers la pratique du service d'ordre de la France insoumise que ce ne sont pas les mêmes que ceux de la jeune garde qui évidemment c'est des façons différentes d'appréhender des situations de la réponse à donné et cetera et cetera. Mais par contre, dès le départ euh il y a eu une volonté de la France, je pense, y compris de la part de Jean-Luc Mchon, de dire "Attendez, il y a des jeunes qui sont sous le terrain depuis des années, qui ont obtenu des victoires comme je disais, la fermeture de locau et cetera, qui a réussi à sortir de l'antifascisme de certains dont certains se faisaient des fantasmes et cetera qui essaient de reconstruire des liens, qui essaient de faire autre chose et d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon, on a eu des discussions à plusieurs reprises alors que ça soit de façon individuelle ou même il était venu une fois d'ailleurs un camp d'été. et ce qui on a eu beaucoup d'échanges sur tout ça, sur ce qu'on mettait en place et cetera.
Et des d'ailleurs il nous a mis en garde à plusieurs reprises. Il nous a dit "Attention parce que je sais les risques que vous prenez, je sais euh la violence à laquelle vous faites face parce qu'il savait que certains avaient déjà dû faire face notamment à des menaces jusqu'à leur domicile et cetera et cetera." Il a dit "Faites attention à ne jamais tomber dans le piège de la violence." C'était aussi les mots de Jean-Luc Mélenchon, mais que nous aussi on se répétait avec la jeune garde.
Faire attention à lorsque un militant d'extrême droite nous nous sort un couteau, bah nous on doit pas sortir de couteau jamais. On n pas de couteau sur nous. On ne doit pas répondre avec cette violence là.
Jamais, jamais, jamais. lorsqu'ils attaquent à nos domiciles, ben on va pas attaquer des gens à leur domicile parce qu'on n'est pas comme ça. Et évidemment, c'était aussi dans les préoccupations euh de nous en tant que militants et militants antifascistes, mais plus largement de l'ensemble de notre compte, y compris de la part de Jean-Luc Mélenchon.
Et je pense ça doit être encore à l'esprit de tout le monde euh malgré toute cette instrumentalisation. On a l'impression on est dans une perte de repère qui doit toujours nous animer. En fait, on n'est pas comme l'extrême droite.
On doit jamais tomber dans ces pièges-là. Et s'il peut y avoir des erreurs de la part des militants fascistes mais plus largement de la part de l'ensemble de notre camp des militants écologistes ont pu des fois faire preuve euh voilà d'une combativité certaine certaines fois de nous on partageait pas certains certaines pratiques et cetera, bah on doit en discuter et mettre ça sur la table et si on doit se corriger collectivement et ben on doit le faire collectivement. Vous parliez de rendre massif la nécessité dans cette dans cette atmosphère criminalisante de rendre massif l'antifascisme.
Est-ce que vous pensez que c'est c'est la meilleure manière d'y accéder ou est-ce que c'est une voix un peu marginalisante malgré tout cette voix là que vous Je pense qu' on ne doit pas se contenter de ça. On ne doit pas se contenter de dire nous aussi on va euh euh combattre l'extrême droite jusque au Parlement ou à travers par exemple la question de l'autodéfense et cetera. Non non certainement pas.
Ça doit être à tous les étages tout. Et c'est pour ça qu'on dit souvent, nous on avait ce truc un peu avec la jeune garde de dire c'est certainement pas l'antifascisme, c'est certainement pas les groupes qui s'autoproclament antifasciste. C'est toutes les personnes à un moment donné qui décident de lutter l'extrême droite à toutes les échelles.
Que ça soit des influenceurs sur les réseaux sociaux, que ça soit aussi en partie des journalistes hein qui décident de documenter ce qui se passe à l'extr qui ont le courage de le faire parce qu'on sait aussi que euh les journalistes aussi sont menacés de mort, sont des fois attaqués physiquement aussi par l'extrême droite et cetera et cetera. Donc c'est en fait c'est un tout à tous les étages, partout où il y a de la résistance, partout où peut exister alternatives au projet mortifère de l'extrême droite. Euh alors oui, là sera la réponse quoi.
Et quand je dis massifier, c'est pas forcément qu'à travers un rassemblement voilà comme à Lyon, il y avait plus de 10000 personnes. C'est massifier aussi les idées de l'antifascisme et ça commence par me pas céder. Enfin, je pense que l'erreur de certains responsables politiques à gauche, on l'a dit un peu de façon plus antérieure dans l'entretien, mais c'est de penser que c'est les médias qui font la pluie le beau temps.
C'est terrible parce que les médias, encore une fois, je parle des médias traditionnels hein, qui appartiennent aux milliardaires et cetera, bah eux, ils ont des objectifs politiques, ils font ils font pas leur travail pour donner de l'information juste. Ils font ça parce que des milliardaires, eux, ont des intérêts politiques. Ils ont des objectifs politiques à atteindre. et cetera.
Donc ce se lier à leur agenda politique, c'est une erreur mais fondamentale et que la première des bases pour que l'antifascisme reste massif et reste solide, ça va être de tenir la barre typiquement en en évitant de reprendre tous les mots de l'extrême droite la plus dure dans les moments où ça tangue. Voilà, deux petites dernières questions. En ce moment même, certains de vos camarades antifascistes sont donc mis en examen.
Donc deux de vos collaborateurs, est-ce que vous avez des nouvelles deux ? Est-ce que Est-ce que vous gardez relation ? Est-ce que vous gardez des liens avec eux ?
Euh j'ai pu avoir des nouvelles notamment à travers un avocat. Euh alors forcément pas sur l'enquête en elle-même he juste sur demander des nouvelles quoi. Euh ouais, c'est dur.
Euh c'est dur forcément. D'autant plus que euh ben notamment pour Jacquel Favro en l'occurrence he qui a été très médiatisé, je le connais bien. Euh je sais que il aurait jamais voulu ça quoi.
Euh il aurait jamais voulu qu'il y ait un mort. Il aurait jamais voulu que il y ait une telle violence qui se déchaîne euh sur la fin justement de de cet affrontement et cetera. Je ne sais toujours pas pourquoi il s'est retrouvé là exactement.
Euh vous vous étiez à Paris en tout cas ? Moi j'étais à l'Assemblée nationale. Lui bon il était à mi-temps.
Le fait était c'est qu'il venait d'avoir un appartement à Lyon parce que sa famille habite pas loin que c'était un peu un entre deux entre Paris et Avignon. Bon ça c'est du détail au milieu de tout ça mais voilà pourquoi est-ce qu'il se retrouve à Lyon. Je sais pas dans quel dans quelle circonstan il s'est retrouvé en tout cas euh dans cet affrontement mais je le connais très bien et je sais que voilà il enfin j'imagine dans quel état il doit être aussi de je je sais pas en fait dans quel état il doit être exactement mais c'est sûr que ça ça doit être particulièrement dur parce que s'il pouvait tout faire pour que ça n'arrive pas à nouveau que ça ne soit jamais arrivé il le ferait ouais pour finir cette dynamique antifasciste, on prête cette formule à Jean-Luc Mélenchon.
D'ailleurs, il est aussi beaucoup critiqué par cela puisqu'elle résumerait cette stratégie de conflictualisation qu'on lui reproche qui serait qu'à la fin des fins, ça se terminera entre eux et nous. Est-ce que vous partagez cette analyse ? Oui.
Et et d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon le dit depuis 2012, il me semble. Nous aussi dès les années 2010, on est plusieurs évidemment à dire attention, le fascisme revient parce qu'on a une on a une lecture évidemment matérialiste de ce qui est en train de se passer. On comprend qu'il y a une crise du capitalisme majeure.
Euh qui dit crise économique dit crise sociale. Crise sociale dit que bah il y a de la colère dans la population, que les gens se retournent tout à coup vers les responsables politiques qui leur ont fait miroiter pendant des années et des années que ça allait être la propriété privée pour tout le monde, que tout le monde allait pouvoir vivre dignement et cetera. Ce n'est plus le cas.
Et donc dans cette période de crise, forcément, il y a une crise politique qui débouche et les élites politiques euh économique en premier lieu cherche des alternatives pour pouvoir poursuivre cette exploitation économique et s'enrichir toujours plus. C'est ça en réalité leur objectif. Et donc il y a pas 1000 solutions que le fascisme.
Euh évidemment que euh il y a pas de meilleure solution que l'autoritarisme, que le racisme que pour légitimer, pour asseoir leur possibilité de poursuivre l'exploitation de l'être humain sur l'être humain et s'enrichir toujours plus parce que sinon la société elle craque et à l'inverse, on chercherait d'autres alternatives que le capitalisme, que cette sociétélà. Et donc oui, mais je pense c'est déjà le cas en fait. C'est déjà eux ou nous.
Euh et je par contre à tous ceux qui penseraient que de dire enfin d'exprimer cette formulation, ce serait participer au clivage en cours que du coup de façon euh euh soit voulu soit non voulu, on on propulserait l'extrême droite à la place où elle est et cetera. Mais mais ils sont fous les gens. Il y a plein de pays où il y a pas de gauche radicale au pouvoir ou même en état de résistance et cetera où ça s'opère aussi.
Le fascisme s'opère. Aux États-Unis, j'ai pas l'impression que Donald Trump lors de la dernière présidentielle ait dû faire face à une gauche un peu forte sur ses appuis. Pas du tout.
Il a il a fait face à euh ce qui se fait de classique chez les libéraux et cetera et pour autant euh le processus fasciste est en cours. Donc c'est une erreur mais immense de penser que ce serait à cause à cause d'une gauche ferme sur ses appuis que le fascisme prendrait de l'ampleur. Pas du tout.
Moi je pense tout l'inverse. Je pense que plus la gauche est solide sur clu, plus il y a des gens qui peuvent se se reposer là-dessus, peuvent se saisir de ça pour être en capacité de résistance et donc de limiter la casse, d'éviter que les prennent le pouvoir, d'éviter que l'autoritarisme prenne de plus en plus le virage qu'il est déjà en train de prendre, mais en tout cas de façon plus forte et surtout offrir des alternatives. Enfin, on peut raconter ce qu'on veut aux gens. je suis le premier à lutter contre l'extrême droite pour ce qu'elle est cetera mais à un moment donné faut reposer autre chose proposer des alternatives à cette société là et donc pour ça bah faut une gauche qui soit solide sur ses appuis et qui soit en capacité de d'amener toutes ces possibilités en tout cas merci merci beaucoup Raphaël Arnaud pour cet entretien qu'on a compris pas simple pour vous dans le contexte actuel.
Merci à vous. Ah.
Raphaël Arnault