Thierry Beaudet à Matignon, motion de censure, budget,... Benjamin Haddad est l'invité du 03 septembre 2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:29OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'attend le président de la République ? À quoi il joue ?
- 1:23OuverteRéponse partielle
Est-ce que Thierry Baudet est un profil qui vous conviendrait ?
- 2:27RelanceRéponse directe
Thierry Baudet a manifesté contre la loi immigration. Vous pourriez soutenir un Premier ministre qui a manifesté contre un texte que vous avez voté ?
- 2:50OuverteRéponse partielle
Choisir un profil non politique en période inédite vous semble judicieux ?
- 3:32RelanceRéponse partielle
Le déficit public pourrait être de 5,6% cette année. Comment dire que la majorité a bien géré le pays ?
- 5:22FerméeRéponse directe
Êtes-vous favorable à conserver les anneaux olympiques sur la tour Eiffel ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:36Invité politiqueFait
« La vérité, c'est qu'on est dans une situation inédite dans la Ve République. Personne n'a gagné les élections législatives. »
- 1:58Invité politiquePromesse
« Je m'opposerai à toute remise en question de la réforme des retraites, qui est absolument fondamentale pour financer notre système de retraite par répartition à long terme. »
- 2:05Invité politiqueChiffre
« Sinon, c'est 15 milliards d'euros de déficit par an qui s'accumulent. »
- 4:12Invité politiqueFait
« Soit on augmente les impôts. C'est ce que nous propose le nouveau Front populaire. »
- 4:59Invité politiqueChiffre
« Aujourd'hui, on a le chômage le plus faible depuis 40 ans. »
- 6:21Invité politiqueFait
« J'ai vécu l'élection de 2016, l'élection de Donald Trump aux États-Unis, qui a déjoué tous les pronostics et tous les sondages. »
- 6:43Invité politiquePromesse
« Il faut qu'on continue à investir massivement dans notre sécurité, dans notre défense, dans l'autonomie stratégique de l'Europe. »
Temps de parole
- Benjamin Haddad73 %
- Présentateur24 %
- Présentateur 23 %
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Bonjour, je suis Thomas Soto et vous écoutez des 4V, un podcast de France Télévisions. Bonne écoute. Bienvenue dans les 4 vérités, Benjamin Haddad. Merci d'être avec nous ce matin, toujours devant ce fabuleux décor de l'Arc de Triomphe. Alors regardez la une de nos confrères du Parisien qui titrent à la une aujourd'hui « Un jour sans fin ». C'est leur titre de ce quotidien aujourd'hui. « Un jour sans fin », toujours pas de Premier ministre nommé par Emmanuel Macron. Qu'est-ce qu'attend le président de la République ? À quoi il joue ?
La vérité, c'est qu'on est dans une situation inédite dans la Ve République. Personne n'a gagné les élections législatives. Personne n'est en capacité aujourd'hui de constituer une majorité absolue. Et donc le président de la République, il prend ses responsabilités. Son rôle, c'est de nommer un Premier ministre et de choisir une solution de stabilité pour nos institutions. Et donc, il consulte. Il a rencontré des présidents de la République. Il a rencontré des candidats potentiels à Matignon. Et sa responsabilité, c'est de trouver le meilleur candidat pour assurer la stabilité du pays. Donc c'est normal que ça prenne du temps.
Vous savez, ça prend souvent du temps chez nos voisins qui sont pourtant plus habitués aux solutions de compromis à la démocratie parlementaire. En Allemagne, en 2018, ça a mis jusqu'à six mois aux Pays-Bas. En Belgique, ça peut mettre des mois. C'est normal qu'on prenne le temps pour gouverner le pays.
Alors, on verra si ça met six mois. Peut-être pas, puisque l'Élysée promet un nom dès cette semaine. Parmi les noms, justement, les personnalités pressenties, Thierry Baudet, le président du Conseil économique et social, c'est pas un politique ? Est-ce que c'est un profil qui vous conviendrait, député du camp présidentiel ? Vous le soutiendriez ?
Non, mais moi, je ne vais pas commencer à spéculer sur des noms qu'on voit dans la presse. Et c'est au Premier ministre d'aller se visiter le soutien des parlementaires. Et ce sera la responsabilité du Premier ministre de construire une coalition. Moi, je souhaite la stabilité pour notre pays. Mais la stabilité, je voudrais rappeler, ce n'est pas uniquement la stabilité d'un gouvernement. C'est aussi la stabilité de nos comptes publics. Et c'est pour ça que je m'opposerai à toute remise en question de la réforme des retraites, qui est absolument fondamentale pour financer notre système de retraite par répartition à long terme.
Sinon, c'est 15 milliards d'euros de déficit par an qui s'accumulent. La stabilité, c'est aussi la sécurité de nos concitoyens. La stabilité, c'est la défense de nos valeurs, à commencer par la laïcité ou l'Europe. Voilà, ça, c'est au cœur du pacte d'action que les députés Renaissance ont adopté cet été avec Gabriel Etal. Et c'est ça que nous défendrons dans une éventuelle coalition.
Ce qui est certain, c'est que nous savons... Thierry Baudet, il a manifesté contre la loi immigration il y a quelques mois. Vous pourriez soutenir à Matignon un Premier ministre qui a manifesté contre un texte que vous avez voté ?
Moi, j'ai soutenu cette loi immigration qui est essentielle pour maîtriser notre immigration, pour expulser les délinquants étrangers. Je crois qu'elle est attendue par les Français qui veulent une politique de fermeté et de maîtrise de notre immigration.
Choisir un profil qui n'est pas politique alors qu'on est dans une période absolument inédite de la Ve République, est-ce que ça vous semble très judicieux ? Mais, encore une fois, moi, je ne vais pas aller commencer à spéculer sur un nom ou un autre que l'on voit.
Je pense, en revanche, que nous devrons changer notre culture politique. On a une culture politique de la confrontation et du conflit. Nous, on l'a dit dès le début, nous n'avons pas gagné ces élections législatives. Donc, nous entendons le message qui a été envoyé par les Français. On a nos valeurs, on a nos fondamentaux. On défend la nécessité de réformer notre pays, d'atteindre le plein emploi, de soutenir la croissance, de défendre l'Europe. Et après, il faudra se mettre autour de la table avec les forces politiques, sociales démocrates et les républicains à droite pour donner un gouvernement à notre pays,
assurer la stabilité de long terme de nos institutions. Alors, selon des documents de Bercy qui sont transmis aux parlementaires ces jours, le déficit public pourrait finalement être de 5,6% cette année, loin des 5,1% visés initialement. Comment dire après ça que la majorité sortante a bien géré le pays ?
La vérité, Guillaume Daré, c'est que la France vit au-dessus de ses moyens. C'est que nous avons aujourd'hui un modèle qui est accro à la dépense publique. Il faut se dire les choses franchement. Alors, après, il y a trois façons d'y répondre. Mais ça n'a pas été corrigé ces dernières années ? Vous savez bien qu'on a traversé aussi des crises historiques, que ce soit la crise du Covid ou la crise ukrainienne, où on a fait le choix de protéger les Français. Mais maintenant, effectivement, il faut avoir ce débat. Il y a trois façons d'y répondre, en somme. Soit on augmente les impôts.
C'est ce que nous propose le nouveau Front populaire, alors qu'on a déjà le taux d'imposition le plus élevé de l'OCDE. Ce n'est pas une solution pérenne pour notre croissance, pour nos finances publiques, pour nos ménages. Soit on réduit la dépense publique. Et je crois qu'effectivement, il va falloir se poser la question de la transformation de certains de nos services publics, une réflexion de fond sur notre modèle social. À titre personnel, je porterai des amendements de réduction de la dépense publique lors des débats budgétaires des prochains mois.
Je constate d'ailleurs que les premiers à nous faire souvent des leçons, comme les Républicains à droite, n'ont déposé que des amendements d'augmentation de la dépense publique. Troisième solution ? C'est aux deux dernières années. Troisième solution, qui est la seule solution pérenne, c'est la croissance. C'est la production. C'est de soutenir nos entreprises. C'est de faire en sorte qu'on puisse créer des richesses dans notre pays. Ça, ça a été notre politique depuis des années. Aujourd'hui, il y a de la croissance en France. Aujourd'hui, on a le chômage le plus faible depuis 40 ans. Mais il faut aller plus loin. Nos voisins travaillent plus, travaillent plus longtemps.
Et c'est aussi ce qui permet de créer des recettes fiscales, de créer de la croissance et donc de résorber ce déficit. Et c'est pour ça qu'encore une fois, une politique qui irait alourdir la fiscalité de nos ménages et de nos entreprises irait complètement à l'encontre de cet objectif fondamental. C'est ce que propose le nouveau Front populaire.
Vous êtes députée de Paris. La maire de Paris, Anne Hidalgo, souhaite conserver les anneaux olympiques sur la tour Eiffel, conserver la vasque olympique aussi après ses Jeux olympiques et paralympiques. Est-ce que vous y êtes favorable ?
Non, je n'y suis pas favorable. Écoutez, on a eu une fête extraordinaire avec les Jeux olympiques. On est en train de vivre aujourd'hui beaucoup d'émotions avec le jeu paralympique. Mais la tour Eiffel, c'est une icône. Elle appartient à tous les Parisiens. Elle appartient à tous les Français. Ce n'est pas le porte-manteau individuel de Madame Hidalgo. Donc, elle n'est pas libre de décider comme ça si on va garder les anneaux. Je crois qu'il y a beaucoup de Français qui sont très réservés vis-à-vis de cette décision. Donc, moi, je préférerais qu'on consulte les Parisiens, voire les Français sur ces décisions. À titre personnel, je n'y suis pas favorable.
Vous êtes un spécialiste des États-Unis aussi. Vous avez vécu plusieurs années. Vous en revenez. Vous y étiez il y a quelques jours. Est-ce qu'on ne donne pas un peu vite le sentiment que Kamala Harris a déjà gagné cette présidentielle face à Donald Trump ?
Vous savez, j'ai vécu l'élection de 2016, l'élection de Donald Trump aux États-Unis, qui a déjoué tous les pronostics et tous les sondages. Donc, je me garderai bien de pronostics. Et je constate que même si Kamala Harris, aujourd'hui, fait une belle campagne, et je vous souhaite bonne chance, c'est aujourd'hui très serré dans les États-clés, le Michigan, l'Ohio, la Pennsylvanie, dans la marge d'erreur. Quelle conclusion faut-il en tirer pour nous en tant que Français et Européens ? C'est qu'on ne peut pas dépendre du souhait de quelques dizaines de milliers d'électeurs dans le Michigan pour notre sécurité.
Il faut qu'on continue à investir massivement dans notre sécurité, dans notre défense, dans l'autonomie stratégique de l'Europe, et qu'on soit capable de prendre nos responsabilités. Quand on a des guerres sur notre continent, je pense notamment à l'agression de la Russie contre l'Ukraine, il faut qu'on se donne les moyens de pouvoir soutenir les Ukrainiens seuls si nécessaire, d'assurer notre propre sécurité, ce n'est pas être anti-américain que de dire ça, c'est juste de constater qu'on ne peut pas tirer à pile ou face la sécurité de l'Europe sous les 4 ans. Sur quoi va se jouer cette élection, d'après vous ?
Aujourd'hui, le bilan de Joe Biden, qui pourtant est bon quand on regarde les indicateurs économiques, est vu comme étant très critiqué. Donc Kamala Harris va devoir dessiner une autre vision, une vision positive de l'avenir des États-Unis. Je pense qu'elle ne pourra pas simplement se contenter de faire une campagne contre Donald Trump, de critique Donald Trump, ça avait été l'erreur d'Hillary Clinton en 2016. Il faudra dessiner une vision pour l'avenir du pays, mais je crois que c'est ce qu'elle a commencé à faire lors de la Convention démocrate.
On se trompe parfois, vu de France, quand on a le sentiment que les démocrates, ce seraient les candidats de la France. Kamala Harris, c'est la candidate pro-française ou pas du tout ?
Non, parce que je pense qu'il y a un changement de génération profond aux États-Unis. Et au fond, je pense que Joe Biden était le dernier représentant d'une classe politique, issue de la guerre froide, qui avait vraiment l'Europe, la relation transatlantique au cœur de sa vision du monde. Alors bien sûr, on a Donald Trump qui défend sa vision isolationniste, unilatérale, nationaliste de la politique étrangère et des relations commerciales. Mais vous voyez, sur le protectionnisme, sur la volonté de mettre l'Asie, la relation stratégique avec la Chine au cœur de la politique, ça, on le voit des deux côtés, républicains comme démocrates.
Et donc on aura ces mêmes tendances de fond, même si Kamala Harris est élu. Et donc c'est pour ça qu'une fois de plus, il faut que nous, Européens et Français, et je pense que c'est à la France de porter ce leadership en Europe, il faut qu'on soit capable d'en tirer les conclusions.
Merci beaucoup d'être venu ce matin sur le plateau des 4V. Vous restez bien sûr sur France 2. Télématin revient dans quelques instants, toujours devant l'arc de triomphe. C'était les 4V, un podcast de France Télévisions. S'il vous a plu, n'hésitez surtout pas à vous abonner. Vous pouvez également retrouver tous les replays en vidéo sur France.tv.
Benjamin Haddad