Mobilisation lycéenne: "Le gouvernement n'a pas mal réagi", estime Jean-François Copé (LR)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 60 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:13OuverteRéponse directe
Vers une convergence des colères, disent certains, ce samedi 17 octobre, Jean-François Copé, on vient de parler là des différentes revendications.
- 0:34OuverteRéponse partielle
Vous voyez le lien entre tout ça ?
- 1:58OuverteRéponse directe
Vous parlez de la majorité silencieuse, c'est ce que vous dites ?
- 2:19OuverteRéponse directe
Lycée Moissant, un mot,
- 4:11RelanceRéponse directe
Moi, je me demande ce qu'ils font dans la rue.
- 4:20OuverteRéponse directe
Un temps de démocratie interne. Une plateforme. Un numéro vert. 3000 professeurs qui sont sortis du chapeau comme un lapin.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:37Locuteur 4Chiffre
« Plus de 7000, près de 7000 interpellations. »
- 2:30Locuteur 4Chiffre
« C'est un lycée dans lequel Valérie Pécresse a mis 6 millions d'euros d'investissement. »
- 2:57Locuteur 4Fait
« Les voyous en question, parce qu'il n'y a pas d'autre mot, ont été interpellés. »
- 3:08Locuteur 4Fait
« Je note que le parquet a été extrêmement réactif. »
- 3:32Locuteur 4Fait
« Ça a déjà été le cas lors des émeutes de juin 23. »
- 4:34Locuteur 4Promesse
« J'ai dit sur ce plateau, devant votre prédécesseur, à l'automne 2024, on ne tiendra pas. »
- 7:20Locuteur 4Fait
« Le comportement du maire de Saint-Denis est une honte. »
- 10:20Locuteur 4Fait
« Cette angoisse existentielle, qu'est-ce que c'est la particularité d'une angoisse existentielle par rapport à des petites inquiétudes ? »
- 18:17Locuteur 4Fait
« Aucune poubelle brûlée ne justifie une main arrachée. »
- 19:17Locuteur 4Promesse
« Il faut réformer. Il y a beaucoup de choses à faire sur la justice des mineurs. »
- 21:02Locuteur 4Fait
« Nous avons une police qui a des consignes extrêmement strictes. »
Temps de parole
- Locuteur 462 %
- Présentateur14 %
- ?10 %
- Locuteur 25 %
- Locuteur 14 %
- Locuteur 62 %
- Locuteur 72 %
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Bonsoir Jean-François Copé, merci d'être avec nous, comme vous voulez, maire Les Républicains de Meaux, ancien ministre, nous sommes avec Arthur Berda, je
le salue,
Bruno Jody, merci d'être là, Rocaïa Diallo nous accompagne, Emmanuel Elchipre est resté. Vers une convergence des colères, disent certains, ce samedi 17 octobre, Jean-François Copé, on vient de parler là des différentes revendications. Pour les uns, les pêcheurs et les agriculteurs étranglés par la flambée des carburants, pour les autres, les lycéens qui dénoncent par cours sur la vétusté des lycées, pour d'autres, des combattants antiracistes, des adorateurs de Greta Thunberg, vous voyez le lien entre tout ça ?
Aucun. La vérité, c'est qu'il faut reprendre ces catégories les unes après les autres pour voir que les ressorts ne sont pas du tout les mêmes. Et en l'occurrence, celui qui nous préoccupe le plus, c'est celui des lycéens. Et celui des lycéens est en train, on le voit bien, de s'essouffler. Et moi, je pense que c'est la première erreur politique de Mélenchon dans cette campagne. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il
n'y a
aucun doute, en vérité, sur le fait que tout ça est totalement instrumentalisé. Je peux en témoigner, je l'ai vu de mes yeux à mots, mais totalement instrumentalisé. Des petits blocs bien organisés de LFI qui étaient sur place, qui ont bien chauffé tout le monde. Sauf que personne ne le dit. Moi, je pense que le gouvernement
a
pas mal réagi. Parce qu'en fait, qu'est-ce qu'il a fait ?
Ah oui, effectivement, personne
ne le dit, oui.
Oui, mais personne ne le
dit,
parce que ce n
'est
pas l'ambiance. On n'a pas envie de dire du bien d'un gouvernement qui est tellement affaibli aujourd'hui en l'absence de majorité. Mais si vous regardez techniquement, d'un côté, il y
a
eu un vrai travail de maintien de l'ordre. Et on a rappelé qu'on ne faisait pas n'importe quoi dans la République. Plus de 7000, près de 7000 interpellations. Ça en dit long sur le fait qu'il n'était pas question de faire n'importe quoi. Et moi, j'ai vu, encore à mots, mais je pense que c'était une très bonne vitrine de ce qu'ont été séjourné. Et
beaucoup
de lycéens et de parents qui ont dit, mais attendez, nous on voulait bosser, on a le bac. Et personne n'a parlé de cela. Et deuxièmement...
Vous parlez de la
majorité silencieuse, c
'est
ce que vous
dites ? Je
parle de toutes... Vous savez ce que c'est la vie dans un lycée ? Enfin bon, on a des enfants. La vérité, c'est que l'influence des copains, des réseaux sociaux, on ne peut pas avoir l'air d'être trop à dire qu'on veut bosser. Mais la vérité, c'est qu'il y a des parents qui ont dit à leurs enfants, maintenant,
on
arrête. Parce qu'en réalité, c'est dangereux. Oui, parce
qu'il n'a jamais été écrit du...
Lycée Moissant, un mot,
qu
'ils ont dit arrêter avec ce qui s'est passé.
C'est bien du lycée Moissant. Ça me touche beaucoup que vous ayez été
dans ce détail.
Parce qu'effectivement, c'est un excellent exemple. Qu'est-ce que c'est le lycée Moissant ? C'est un lycée dans lequel Valérie Pécresse a mis 6 millions d'euros d'investissement. Une bande de voyous qui, pour un certain nombre d'entre eux, n'étaient absolument pas de ce lycée. On réussit à forcer le premier jour et à brûler la porte, ceux qui, d'ailleurs, posent des tas de problèmes de sécurité incendie. Pardon d'être très concret, on a une vingtaine de classes qui sont aujourd'hui impraticables à cause de ces bêtises. Les voyous en question, parce qu'il
n'y a
pas d'autre mot, ont été interpellés. La police a fait un travail remarquable grâce aux caméras de vidéosurveillance. On
verra les sanctions, surtout. Il
appartiendra naturellement à la justice de se prononcer. Je note que le parquet a été extrêmement réactif. Et pour ce qui nous concerne, comme la région, on a déposé plainte, évidemment, à la constitution de partie
civile. Et qui va
payer la facture,
M. Copré ? C'est ce que je vous dis.
On a déposé plainte avec la constitution de partie civile. Et donc, il appartiendra, le cas échéant, à la justice de décider la mise en cause financière des parents lorsque les jeunes
en question sont mineurs. Mais bien entendu.
Mais bien entendu. Et je vais vous dire une chose. Ça a déjà été le cas lors des émeutes de juin 23. Sauf que... On
a l'impression que c'est nous tous qui avons payé, surtout.
Sauf là où la justice a condamné. Et elle a condamné beaucoup plus fortement qu
'on
le dit. Mais vous savez, il y
a
un petit problème en France. C'est qu'à chaque fois qu'il y a des dégâts, on en parle beaucoup. Quand il y
a
des condamnations, on en parle beaucoup moins. Parce
qu
'il
y a
une espèce de préjugé qui consiste à ne jamais dire du bien de la manière dont la justice travaille. Je peux témoigner de l'inverse. La justice, elle fait un travail remarquable dans des conditions extraordinairement difficiles. Et on le voit sur ces sujets. Il y a une réponse policière.
Il
y
a
une réponse pénale. Et moi,
je
vous dis tout de suite... Le
petit
numéro...
Tout va très bien,
madame la
marquise.
Non, non,
mais je sais. Tout va très bien. Comment voulez-vous que je... La réponse
politique est bonne. Moi, je me demande ce qu'ils font dans la rue.
Ce
qu'ils font dans la rue.
Encore aujourd'hui.
Je répète. Et vous l'avez vu.
Monsieur
Copé.
Un temps de démocratie interne. Une plateforme. Un numéro vert. 3000 professeurs qui sont sortis du chapeau comme un lapin. C'est une réponse
à la hauteur. Mais c'est un problème
structurel qui est celui d'un gouvernement qui, depuis maintenant trois ans, vit une descente aux enfers avec l'absence totale de majorité assemblée. Donc, il faut qu'on arrête de se mentir. J'ai dit sur ce plateau, devant votre prédécesseur, à l'automne 2024, on ne tiendra pas. Ce sera une descente aux enfers. Il faut qu'Emmanuel Macron en tire les conséquences. Il s'est bien gardé de tirer les conséquences. Il est resté. Et ça a donné ce désastre auquel
nous assistons aujourd'hui. Si Emmanuel
Macron parti, l'école ne serait pas mieux portée.
Ah ben, je ne sais rien, parce que ça veut dire qu'on aurait...
Non
mais, écoutez, de toute façon, on ne
va
pas faire de la fiction. La seule chose, c'est qu'il faut qu'on ait le courage de faire un certain nombre de ces réformes. Mais, je rappelle juste que quand vous avez
une plateforme de dialogue... Dommage que vous n'avez pas été au
pouvoir, monsieur
Copé.
Non
mais, attendez. Quand vous avez une plateforme qui est ouverte, que vous avez des dizaines de milliers de réponses des lycéens, et que vous avez...
Pas forcément des
lycéens.
80
000
à peu
près. Tout le monde pouvait
y aller.
D'accord. Enfin, en tout cas, ce que je note, c'est que l'essentiel, en réalité, n'a absolument pas porté sur Parcoursup. Non.
Mais c'est très intéressant.
Non,
c
'est vrai. Qui a parlé de Parcoursup ? Qui a parlé... C'est essentiellement LFI qui en
a trouvé un argument. La plupart des lycéens ici même vont en parler. Mais les lycéens ici
même,
vous allez regarder
qui vous avez convié. J
'ai convié l'Uni,
j'ai convié tous
les bords. Vous n
'avez donc pas convié des vrais lycéens,
vous avez
convié des représentants d'organisations lycéennes
qui pour vous... C
'est des faux, quoi. C'est des faux-nés, ils ne sont pas au lycée. C
'est vrai que vous êtes certain que les représentants du syndicat des lycéens en colère, dont on découvre la proximité avec LFI,
représentent des millions et les millions... Non, non, mais j'ai dit aussi l'Uni, ce n'est pas le plus proche de la France. J'aime beaucoup l'Uni, mais je sais
très bien que l'Uni, de la même manière, a des petites difficultés de représentativité.
Vous me ferez une liste des vrais lycéens, M.
Copé.
Les lycéens, ils
disent,
mais écoutez, on ne
va
pas se raconter des blagues, sinon ce n
'est
pas la peine de m'inviter, moi je suis maire,
moi je vous raconte ce que j'ai vu. Mais effectivement, ils vous
écoutent. On ne
va
pas se mentir, on a d'un côté un gouvernement qui effectivement est paralysé, il ne peut pas faire de loi, il n
'y a
aucune loi qui passe. En revanche, ce que je note, c'est qu'on a un ministre de l'Éducation nationale qui a commencé à donner quelques orientations. Je m'en fiche, je ne
suis
pas actionnaire de ce gouvernement,
je vous dis juste que sur ces sujets... D'accord, mais vous permettez
qu'on interroge les 3000 professeurs d'où ils sont venus, s'ils sont en réserve, pourquoi n'étaient-ils pas
devant les élèves il y a quelques mois, quelques années ? Mais parce que l'administration est d
'une lourdeur, madame. Mais écoutez, j'en ai fait encore l'expérience. On a changé un principal de collège qui n'est pas au niveau, ou un proviseur qui n'est pas au niveau, ce que tout le monde sait, c'est un cauchemar. Parce que les syndicats ne
vont
pas être d'accord, parce que les règles qu'ils ont imposées... Donc c'est tout ça qu'il faudra changer. Et il faut le changer comment ? Lors d'un prochain quinquennat, et pas avec des lois qui vont durer 18 mois et vont bloquer le pays,
avec des ordonnances. Tout le
monde attendait pendant 7 mois.
Vous avez une autre solution, vous ?
Je
ne suis pas dans la rue de la suite devant vous. Dites-moi si vous avez une autre majorité. Mais je n'ai pas l'impression
que ceux qui sont dans la rue vont attendre 7 mois.
Mais de toute façon, on va continuer de voir LFI agiter tout le monde. Comme d'habitude, LFI va continuer d'agiter. Le comportement du maire de Saint-Denis est une honte. Devant le lycée Paul-Éluard, où on sait que Valérie Pécresse a investi et a programmé une bonne quarantaine de millions d'euros d'investissement. Et M. Bayoko nous dit que j'incarne la convergence des luttes. Mais c'est une honte, simplement. Et donc, il faut que les gens le regardent. Et moi, je pense que ce qu'a fait Mélenchon, en réalité, c'est une responsabilité énorme. Et que ça va commencer à se voir. Parce que durant cette campagne, les Français vont pouvoir se donner vraiment l'illustration de ce
que pourrait être. Ça s'est posé dans les enquêtes. Dans l'enquête de
la tribune dimanche, le week-end dernier, Jean-Luc Mélenchon n'était pas le premier. La question qui profite de ce mouvement, Jean-Luc Mélenchon, arrivait loin derrière Marine Le Pen. Oui, bien sûr.
Mais
d'ailleurs,
il
s
'est éprouvé. Mais d'ailleurs, les extrêmes. Mais 69
% des improuvés. Mais
vous
allez tout à fait dans mon sens. Je
pense qu'en réalité, ces deux
-là se font...
Mais M. Copé, pardon, c'est par votre camp qui s'est
regrandi, là, me semble-t-il, dans les enquêtes, non plus. Donc la question, c'est... Et vous, où êtes-vous ? M. Balibagayoko, peut-être, mais il est sur le terrain. Je citais un autre maire d'une autre tendance, M. Robert Ménard. Il est sur le terrain. Et les élus ? Parce
que vous croyez qu'on fait quoi, nous, pendant ce temps-là ? Vous croyez qu'on va se balader aux Caraïbes, nous, pendant ce temps-là ? Mais vous plaisantez ou quoi ?
Les Caraïbes, c'est en
France aussi. C
'est une partie
de la France dans les Caraïbes.
Oui, mais c'est loin de
me
permettre.
Si je peux juste
faire cette
petite remarque,
c'est
un peu loin. Donc, en réalité,
on
est bien sur place à suivre, minute par minute, le nombre d'élèves qui sont devant les lycées, de trouver des solutions pour permettre d'éviter les bloqués. Alors ça, je vous assure, on n'est vraiment pas loin. C'est la grande différence avec les députés qui, pour beaucoup d'entre eux, soit s'ils sont extrémistes, agitent les uns et les autres, soit s'ils ne le sont pas, n'ont pas le pouvoir de faire quelque
chose. Moi, j'ai une question.
Non,
juste par rapport à ce que vous dites sur les lycéens,
c
'est que d'un côté, vous estimez qu
'ils
sont influencés par la France insoumise et de l'autre,
vous
estimez que certains sont juste emportés par l'élan des autres lycéens qui les influenceraient parce qu
'ils
sont plus agités. Vous ne leur prêtez pas de volonté propre ?
C
'est-à-dire qu'il
y a
quand même des mobilisations qui précèdent
l
'arrivée d'Alafi. Les premières mobilisations ont eu lieu dès la fin du mois d'août à Mayotte, puis en Guyane, avant d'arriver à Créteil. Il y a quand même une véritable mobilisation qui est liée à des questions qui datent quand même.
Je vais vous dire ce que je pense profondément. J'ai vraiment essayé de comprendre tout ça, de l'analyser le mieux possible. C'est notre boulot ici. Je pense qu'en fait, il y a eu des manipulations, c'est certain. Je pense qu'il y a chez une écrasante majorité de nos jeunes, y compris ceux qui n'ont pas manifesté, une gigantesque angoisse existentielle qui n
'est
pas du tout celle de la charge d'emploi du temps ou de Parcoursup, qui est en fait l'angoisse de quelle sera leur place demain
entre l'IA et la planète. Ça, il n'y a pas besoin de beaucoup réfléchir pour le savoir, M. Copé. Il y a le
Covid, on a tous compris
qu'il y a une angoisse existentielle. Non, mais pardonnez-moi. Non, non,
mais je vais vous dire.
Non,
je vais vous dire sans zéronie.
Vous avez votre point de vue et il est respectable, mais ne balayez pas ça d'un verre demain. Qu'est-ce qu
'il y a derrière ça ? Il y a une
angoisse existentielle.
Mais cette angoisse,
laissez-moi vous répondre. Cette angoisse existentielle, qu'est-ce que c'est la particularité d'une angoisse existentielle par rapport à des petites inquiétudes ? C'est qu'ils savent bien qu
'il
n
'y
a pas de réponse ni immédiate ni globale. Parce que tout ça, en réalité, pour partie, échappe
à tout le monde. Pardon,
M. Copé, vous avez raison, mais ça fait 30 ans que certains sont au pouvoir.
Ils
ont été anciens ministres,
ils
ont été parlementaires,
ils ont été porte-parole au gouvernement.
On
ne peut
pas dire que
les défaillances de l'école viennent de nulle part. J'ai le plaisir
de vous écouter assez souvent. Il faut arrêter sans arrêt de nous ressortir, ça fait 30 ans qu'on est au pouvoir. Pour une raison simple, c'est que ce n
'est
pas vrai. D'abord parce que les gouvernements, ils ont changé de couleur politique depuis 30 ans. Ça n
'a
pas toujours été la gauche, ça n
'a
pas toujours été la droite. Deuxièmement, ce n
'est
pas toujours les mêmes. Les nouveaux qui sont là, je suis désolé, ils n'étaient pas là il
y
a 30 ans.
Vous avez
une rupture à l'école récemment. Est-ce que vraiment l'école est devenue le lieu de l'instruction ces dernières années ?
Est
-ce que les élèves sont sortis avec les savoirs fondamentaux ?
Ça dépend des endroits, ça dépend des équipes pédagogiques, ça dépend de la manière dont ça s'est fait. Vous savez quoi ? On n'est pas un jardin à la française où tout est pareil. Moi, je peux vous donner d'innombrables exemples dans ma ville de jeunes issus de quartiers sensibles qui avaient plus de difficultés que d'autres dans la vie et qui s'en sont sortis. Mais pour toute une série de raisons, personne n'a envie d'en parler. Et quand je vous dis des jeunes, c'est beaucoup qui sont, pour un certain nombre d'entre eux, des jeunes qui, parce qu'ils étaient coachés, encadrés par leurs parents, parce qu'ils ont trouvé des bonnes équipes pédagogiques,
ont
réussi. D'autres, en revanche, qui ont été noyés dans la masse, qui se sont trouvés embarqués par les réseaux sociaux, par les trafics de drogue, par des parents abandonnés et qui n'y arrivent pas. J'ai les deux. Et ces sujets-là, on doit les aborder sans être caricaturales à chaque fois, du genre, de toute façon, ça fait 30 ans que vous êtes là, etc.
Ça n'a
aucun
sens. Et d'ailleurs, cet argument, ce
nia Mabrouk, il a un énorme défaut. C'est que du coup, il détourne l'attention de la nullité des propositions du RN et de LFI. De la nullité. Parce que quand je regarde les contre-projets de Mme Le Pen ou de M. Mélenchon...
Mais
son éducation, l'on n
'a
pas beaucoup entendu.
– Attendez,
juste,
pardonnez-moi. Là,
vous dites que c'est la responsabilité de LFI, si je vous ai bien compris.
On
va revenir au projet du RN. Mais jusqu'où vous allez ? Parce que moi, j'ai entendu M. Rotailleau dire qu'il faudrait interdire la France insoumise, M. Sotti dire qu'il faudrait révoquer M. Bali Bagayoko. Comme je sais que vous êtes un grand démocrate, je m'interroge. Est-ce que pour vous, le débat politique, c'est d'interdire un parti ou de révoquer un maire ? –
Attendez, d'abord, ne vous interrogez pas, ce n
'est
pas la peine, ce n
'est
pas moi qui l'ai dit.
Donc, interrogez-les. – Vous ne m'entendrez
jamais dire des choses qui ne sont pas… –
Vous faites partie de la même galaxie que
M.
Rotailleau.
–
Oui,
c'est
pour
ça.
C'est légitime
ou
pas comme question
? –
Peut-être pas de Sotti, quand même.
–
Oui,
mais M.
Rotailleau.
– Bon, ce
n'est
pas pareil. Deuxièmement, en ce qui concerne les propositions des uns et des autres, chacun est en campagne, chacun dit ce qu'il veut. Moi, vous ne m'avez pas entendu sur ce sujet. En revanche, dire que LFI est un parti d'extrême-gauche, j
'ai
écrit un livre sur ce sujet, que c'est un parti populiste qui instrumentalise les émotions et les violences, à des fins de conquête de pouvoir dans les pires conditions, ça oui.
– Vous ne pensez pas qu'il y a une adhésion
sincère de la part des jeunes aux idées de la France insoumise ? Vous ne pensez pas qu
'ils
sont mus par quelque chose qui est vraiment de l'ordre de
leur
conviction ?
– Mais je vous l'ai dit, je pense qu'ils ont effectivement de très grandes inquiétudes. Mais je pense qu'à côté de ces grandes inquiétudes auxquelles Mélenchon ne répond pas, qu'est-ce que fait Mélenchon, lui ? Il l'instrumentalise, il agrège un certain nombre de causes qui n'ont rien à voir les unes avec les autres. Je suis désolé de vous dire que les drapeaux palestiniens ont des dupes de rien, n
'ont
rien à voir à faire devant
les lycées. – Qu'il y ait une génération qui
soit solidaire avec d'autres personnes dans
le monde, ça
a toujours été le cas. Les jeunes ont toujours été assez sensibles aux causes internationales.
– Oui, d'ailleurs multiples si je peux me permettre, d'un côté comme de l'autre. Mais mon point de vue, mon point il n
'est
pas là. Mon point il est simplement de dire ne soyons pas dupes, ne nous trompons
pas
par rapport aux pièges qu'ils ont tendus.
–
Est-ce que vous ne croyez pas deux choses ? D
'abord
il y a deux temporalités pour la sortie de crise, il
y
a le débat budgétaire qui s'est engagé mardi à l'Assemblée nationale, si je comprends bien ce que vous dites, les marges budgétaires sont contraintes, et donc c'est plutôt dans le cadre de la campagne présidentielle que ça va se régler. Et là vous dites, Jean-Luc Mélenchon qui avait fait plutôt une rentrée qu'il avait installée dans le débat, vous dites qu'il avait fait sa première erreur. Est-ce que vous ne croyez pas que la droite et le centre se trompent en invoquant une majorité silencieuse et en renvoyant Jean-Luc Mélenchon à une minorité radicalisée et qu'à l'inverse, Jean-Luc Mélenchon, c'est précisément sa stratégie et que pour l'instant, elle porte ses fruits dans les
enquêtes d'intention de vote.
– Je suis tout à fait d'accord et je vais même aller plus loin encore en vous disant quelque chose qui a trait au fait que je commence à être un peu doyen de l'humanité en matière politique. –
Une
campagne présidentielle,
c
'est six mois là, c'est très très long, très très long. Et moi je vois aujourd'hui Mélenchon plafonner, plastronner, je vois Madame Le Pen vivre sa meilleure vie et je me dis, on va attendre un peu, vous voyez ? Parce que petit à petit, au fil des semaines, cette essoreuse qu'est la campagne présidentielle va amener les journalistes qui font naturellement leur travail, vous êtes là pour ça, à challenger les candidats. – Et en
les
challengeant,
on va voir la nullité du programme économique de Madame Le Pen
comme de Monsieur Mélenchon. – Mais
avant de parler de cette présidentielle dont on parle matin-midi-sœur, malgré tout, il y a une colère, il y a un arrière-plan politique qui est là. Il y a tout à l'heure, nous avons eu porte-parole de la Confédération paysanne qui dit, elle, elle dit, moi je suis pour une convergence des luttes. Mais j'ai posé la question, je lui
ai
dit, mais quel lien avec les revendications des lycéens ? Elle me dit, peu importe aujourd'hui, on a cassé ce que nous sommes, on ne veut pas survivre mais on veut vivre.
–
Il y
a
quand même énormément, c'est étonnant que finalement, vu la similarité des problèmes entre, en gros, les campagnes et les banlieues, c'est fou qu
'il
n
'y ait
pas eu de connexion qui se soit faite plus tôt, parce que vous rencontrez exactement les mêmes types de problèmes, c'est-à
-dire
les problèmes de dégradation des services publics, les problèmes de logement, les problèmes de pauvreté, les problèmes d'accès aux transports, etc.
–
Mais
c'est
sûr qu'elle va se faire.
–
Non,
non, je ne dis pas qu'elle va se faire.
– Non mais attendez, mais stop, attendez, de dégradation des services publics, mais on ne mesure pas ce qu'au quotidien, sur les territoires, le service public offre de possibilités, mais on est un pays qui donne des choses formidables. Écoutez, j'ai inauguré tout un programme à mots qui s'appelle la maison des adolescents, où j'ai une dizaine d'interlocuteurs qui travaillent ensemble pour les
ados. – Non mais Jean-François Copé, les déserts
médicaux, tout ça, ça existe. –
Mais les déserts médicaux,
la Poste, elle est partie
à 20
km de chez vous. – Mais la Poste est
partie à 20 km parce que les gens n'envoient plus de lettres. Il faut arrêter, et on a même fermé
des trésorités. – Mais pardonnez-moi, mais on peut remettre l'église au milieu du village à défaut du service public. – Les cafés qui ferment,
c'est pareil, c'est pas du service public. – Mais attendez, vous défendez, excusez-moi, je vous lis trop pour penser que vous croyez ce que vous dites. Vous êtes le premier à dire qu'il faut rationaliser l'administration. Heureusement, heureusement qu'il y a des activités administratives qu'on ne garde pas dès lors qu'elles ne servent plus. Je suis désolé, j'ai moi en tant que ministre du Budget signé des conventions avec les buralistes pour qu'ils fassent une partie de l'activité des trésoreries pour justement faire des économies intelligentes. Il
ne
faut pas se tromper. Ce qui s'est passé ces trois dernières années, c'est un délire sur les finances publiques, en grande partie parce qu'en n'ayant plus de majorité, on ne fait plus une seule économie
parce que les
opposants LFI et
RN ne votent plus
rien. –
On
voudrait vous interroger aussi sur ce qui s'est passé notamment hier
à
Place Vauban, j'allais dire, ou plus récemment Place de la République ou à Mastis. Et parfois, comme chez vous à Maud, on a vu ces images du lycée Moisson, il y
a
quelque chose d'inédit tout à l'heure, c'est un syndicat de police, Alliance, qui a porté plainte, qui dépose plainte contre l'État pour une forme de mise en danger d'autrui. Est-ce que vous estimez aujourd'hui qu'au plus haut sommet de l'État, il y a des consignes claires et qu'il y a un véritable soutien adressé aux forces de l'ordre, police et gendarmes
?
– Écoutez, je l'espère. La seule chose que je puisse vous dire, c'est que moi, j'ai vu à l'œuvre les policiers nationaux et les policiers municipaux, en l'occurrence à Maud, faire un travail d'un courage absolument inouï, de protéger autant qu'ils peuvent la République dans des conditions extraordinairement difficiles. J'entendais M. Corbien, mais il n
'est
pas le seul, ils disent tout ça, dire qu'aucune poubelle brûlée ne justifie une main arrachée. Mais cette formule, elle est quelque part assez scandaleuse.
– Pourquoi
? – Mais tout simplement parce que rien, tout court, ne justifie la blessure d'un jeune ou d'un policier. La seule chose,
c
'est que le mélange qui est fait avec les deux fait oublier un petit détail, c'est que tout ça vient de violences extrêmes face auxquelles la République doit
répondre. – Vous savez que ces policiers dont vous saluez le travail, quand on les écoute, et je sais que vous le faites, ils vous disent, nous, on attrape les gens, et puis ils finissent relâchés. Il y
a
quelques instants, vous avez salué le travail de la justice en expliquant que c'est peut-être nous autres commentateurs qui ne le faisions pas suffisamment. Mais il y a quand même là-dessus, sur le rapport à la justice, un discours assez différent du vôtre de la part de ces forces de l'ordre. Et donc, si je comprends bien, est-ce que ce que vous dites ce soir, c'est que la justice fait bien son travail, il n
'y a
pas tellement besoin de la réformer en réalité ?
–
Ah non, ça n'a rien à voir. La
justice,
elle
fait avec les moyens qu'elle a, mais de toute façon, un pays, ça se réforme tout le temps. Il faut avoir le courage de le faire. C'est ça la grandeur de la politique. Et vous voyez bien que, malheureusement, le grand drame de la Macronie, c'est de n'avoir pas réformé. –
La justice des mineurs, il faut la réformer ?
– Il faut réformer. Il y a beaucoup de choses à faire sur la justice des
mineurs. – En donnant de 45, on vient dessus ? – Il y a aussi,
accessoirement, à appliquer les lois. Parce que, vous voyez, typiquement, la mise en cause de la responsabilité civile des parents, les lois existent, il faut les appliquer. Ensuite, il peut y avoir des décisions de justice qui, ici ou là, ne correspondent pas aux attentes de la police, de l'opinion publique. Bien sûr, enfin, c'est normal. Ça arrive,
on
est dans une démocratie, on peut être choqué de tout ça. Mais je veux rappeler quand même qu'il y a des domaines dans lesquels la police et la justice fonctionnent remarquablement
bien au niveau
des
parquets. – Écoutons, Jean-François Copé, le bilan dressé tout à l'heure par le Premier ministre, à la fois sur le nombre de blessés chez les forces de l'ordre, chez les personnels de l'éducation nationale.
– Mais oui, bien sûr. – Et ça, il faut en
parler,
il y a un avant
et un après.
–
Évidemment. – Comment vous expliquez d'ailleurs que ceux qui nous instruisent soient attaqués, ceux qui nous émancipent soient vilipendés ? – Parce
qu
'il y a des responsables politiques qui ont donné des permis de violence en les justifiant de manière scandaleuse que lorsque le maire de Saint-Denis parle de violence légitime, c'est une honte parce qu'ils ont instrumenté
le bien de la main. – Il ajoute qu'elle n'est pas souhaitable, la
violence,
qu
'elle n
'est
pas souhaitable dans la même phrase.
– Mais vous
voyez l'hypocrisie du double discours ? –
On
est exactement dans le populisme. Qu'est-ce que ça veut dire, une violence légitime qui n
'est
pas souhaitable ? –
C'est-à-dire qu'ils n'en encouragent pas
? – Mais non, c'est-à
-dire
pas de violence du tout. Dans une démocratie, c'est ça la puissance de la démocratie. On peut dialoguer sans se battre.
–
D'accord, mais on peut aussi… Tout à
l
'heure,
vous
disiez qu'il
y
avait un nombre d'arrestations qui étaient de l'ordre de 7 000 personnes. Il y a quand même 86 % de mineurs. Il y
a
plusieurs institutions internationales. C'est énorme. Mais quand les agriculteurs se mobilisent de manière violente, on ne les arrête pas de manière aussi…
–
C
'est
absolument pas…
La réponse n'est pas la même. – Mais c'est un cliché. – Il n'y a pas des blessés de cet ordre-là. – Mais arrêtez, c'est cliché. – C'est vrai.
Même le gouvernement avait dit à l'époque qu'il fallait faire preuve de mesures face aux agriculteurs. Le discours n'est pas le même. Laurent Nunez a dit qu'il n'avait pas donné de consignes de retenue à la police alors qu'on n
'est
pas, c'est à des enfants.
– Mais vous plaisantez. Vous pensez que les policiers font n'importe quoi ? Nous avons une police qui a des consignes extrêmement strictes. Lorsqu'un policier commet un acte qui est illégal, il est jugé et le cas échéant, si les juges le considèrent, il est condamné.
Et en ce qui
concerne les agriculteurs, lorsqu'un certain nombre d'entre eux ont commis des actes absolument incalifiables, ils ont été poursuivis et le cas échéant condamnés. On ne fait pas les Jeux olympiques de celui qui est le plus
condamné selon qu'il est agriculteur. – D'un côté, il y a des enfants
et de l'autre côté,
il y a
des adultes. Ce n'est pas la même chose.
–
Écoutez-moi là-dessus. Vous croyez quoi ? On n'est pas tous hyper inquiets pour nos enfants et nos jeunes lorsqu'ils se trouvent allés au lycée. Donc moi, ma réponse, elle est très simple. Ce sont des jeunes, et souvent très jeunes, et ce qui est en cause aujourd'hui, c'est qu'est-ce qu'ils font qu'ils sont à ce niveau de violence ? Qu'est-ce que leurs parents
leur disent ou ne leur disent pas dès qu'on arrivait là ? – Est-ce qu'il y a des enfants qui ont été arrêtés sans avoir commis de violence ?
– Comment
? –
Il
y
a des jeunes qui ont été arrêtés sans avoir commis de violence. On
a vu des images. – C'est massif. Après avoir été traumatisés pendant
48 heures, on garde à vue.
– Est-ce qu'il faut des comparutions immédiates ? C'est favorable aux
comparutions
immédiates pour les mineurs
?
–
Écoutez, c'est un vrai débat.
Moi,
je ne suis pas contre
le fait. – C'est le débat ? –
Non, c'est un des... Moi, ce qui me paraît capital, c'est que l'on prenne conscience que nous avons un certain nombre de jeunes qui sont extrêmement violents.
Ils
sont très jeunes. Écoutez, dans le cas qui
nous
occupe, certains étaient, je l'ai vu à mot, collégiens. Donc rien à voir avec les mécontentements lycéens. Rien. –
Écoutez, ce n
'est
pas ce que dit... Alors,
il
ne fait pas... Enfin, je l'ai déjà fait pas de politique.
Ça,
c
'est
à vous de juger. Vous me direz si c
'est
le cas, Omar Sy,
l
'acteur, qui a réagi sur ce mouvement lycéen. Écoutez ce qu'il dit.
– C
'est quand je vois ce qui se passe aujourd'hui en France avec ce mouvement des lycéens-là, et qui est une petite lumière au final. Parce que qu'est-ce qui se passe ? C'est nos mômes, c'est l'avenir de notre pays qui est en train de dire à un pays qui est complètement à la dérive, j'ai un cap. Écoutez-nous. On sait à peu près où on a envie d'aller, nous, demain, parce que ce pays-là, ça va être le nôtre.
Donc,
quand je vois qu'on ne réagit pas à ça, et que le réflexe, c'est de leur empêcher de parler ou de leur taper sur la gueule ou même de les mettre les uns en face des autres pour faire des combats d'enfants,
je
trouve ça lamentable. Et je me dis, mais où sont les responsables
? –
Ils cherchent les responsables, ils trouvent ça lamentable. Comment vous réagissez ?
– Écoutez, on a la grande chance d'être en démocratie. On n'est pas chez Poutine. Donc, c'est son point de vue.
– Heureusement qu'il peut l
'exprimer. –
C'est son point de vue. –
Je n
'ai
pas d'avis. Quand j'entends qu'il décrit que notre pays est à la dérive, nous sommes dans le pays où on peut accéder aux soins gratuitement, où on est aidé pour se loger,
où on a des aides
absolument dans tous les sens. On a malheureusement, parce que ce gouvernement a laissé filer les choses, un désordre inacceptable dans
la rue. – D'accord, donc vous dites que la France est ce
paradis dans lequel les habitants se croient en enfer.
– Ce n
'est
pas moi qui ai inventé
cette phrase. – Oui, c'est Sylvain Tesson, mais vous la reprenez à votre compte ? –
Mais je l'ai reprise dans mon livre, bien sûr. Et
pourquoi je
l'ai reprise ? –
Mais alors c'est une jeunesse
gâtée qui
ne se rend pas compte de la chance
qu'elle a
?
– Nous avons perdu dans ce pays le sens du tragique. Le tragique, c'est la guerre. – Je Sous-titrage
ST' 501