Rachida Dati : "Le séparatisme n'a jamais été aussi fort dans notre pays"
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:46OuverteÉludée
La situation vous inquiète-t-elle ? Est-ce que vous demandez des mesures plus strictes à Paris et en Île-de-France ?
- 2:17OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il faut réduire les rassemblements de plus de 1000 personnes ? Fermer les restaurants à 23h ?
- 3:30OuverteRéponse partielle
Êtes-vous satisfaites pour le volet parisien du plan de dépistage ? Faudrait-il au moins un centre par arrondissement ?
- 4:47OuverteRéponse directe
Est-ce que l'allègement du protocole sanitaire dans les écoles est du bon sens ou met en danger la santé des enseignants ?
- 6:15OuverteRéponse partielle
L'exécutif a-t-il pris la mesure de l'enjeu d'insécurité selon vous ?
- 7:58RelanceRéponse partielle
Qu'est-ce que vous feriez si vous étiez maire de Paris ? Le problème est-il la police municipale ou la police nationale ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:55Invité politiqueFait
« La gestion de cette crise sanitaire est un vrai fiasco. Ça a été un fiasco sur les masques et aujourd'hui, c'est un fiasco sur les tests. »
- 1:18Invité politiqueFait
« À Paris, Mme Hidalgo est aux abonnés absents. »
- 6:20Invité politiqueFait
« La délinquance explose dans notre pays. Je ne vous parle même pas de Paris où la délinquance explose. »
- 6:34Invité politiqueFait
« Elle a affirmé qu'elle avait créé la police municipale. Elle n'existe pas à Paris. »
- 6:42Invité politiqueFait
« La police municipale n'existe pas à Paris. »
- 10:09Invité politiqueFait
« Le séparatisme n'a jamais été aussi fort dans notre pays. »
- 11:31Invité politiqueFait
« L'interdiction des certificats de virginité, c'est moi qui l'avais suggéré à Mme Schiappa quand elle était ministre d'égalité femmes-hommes. »
- 17:20Invité politiqueChiffre
« La droite, les Républicains, c'est le premier parti de France. Nous sommes les premiers en nombre d'adhérents, en nombre de militants et en nombre d'élus. »
Temps de parole
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Et avec Léa Salamé, nous recevons la maire du 7e arrondissement de Paris, maire LR. Elle fut jadis garde des Sceaux pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Vous pourrez dialoguer avec elle au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux ou l'application mobile de France Inter. Rachida Dati, bonjour. Bonjour. Et merci d'être à notre micro ce matin. Commençons par le Covid, 5298 nouveaux cas de Covid en 24 heures selon les chiffres publiés hier par Santé publique France. C'est moins que ces jours derniers mais il faut faire attention aux chiffres du lundi qui souvent sont en repli à cause de la fermeture des laboratoires le dimanche.
Si l'on regarde Paris, le taux d'incidence est de 160 pour 100 000 personnes. C'est trois fois plus élevé que le seuil d'alerte. La situation vous inquiète-t-elle, Rachida Dati ? Est-ce que vous demandez des mesures plus strictes à Paris et en Ile-de-France ?
Tout d'abord, la gestion de cette crise sanitaire est un vrai fiasco. Ça a été un fiasco sur les masques et aujourd'hui, c'est un fiasco sur les tests. D'ailleurs, les laboratoires eux-mêmes, moi je discute avec effectivement les laboratoires, ils peinent à recruter des biologistes, ils sont en pénurie de réactifs ou de matériel. Donc ça, c'est un fiasco total. Et puis, aujourd'hui, vous me dites, est-ce qu'il faut prendre des mesures supplémentaires, notamment à Paris ? Mais à Paris, Mme Hidalgo est aux abonnés absents. Parce qu'aujourd'hui, d'abord, il y a déjà des mesures qui ont été prises à Paris. Mais sont-elles respectées ? C'est-à-dire que ces mesures ne sont pas contrôlées.
Et donc, nous, les maires d'arrondissement, nous sommes livrés à nous-mêmes. On passe notre temps à faire effectivement l'arbitre ou la police.
D'accord. D'abord, c'est au préfet et pas au maire de prendre les décisions dans le cas.
Non, mais les décisions... Mme Salamé, entendez ce que je viens de vous dire. Oui, j'entends. Les mesures ont été prises. Sont-elles respectées ? Ça, la mairie de Paris pourrait veiller au respect des mesures qui ont été prises. Notamment, par exemple, dans les bars, dans certains endroits où, effectivement, ça peut générer des clusters. Donc, avant d'avoir des mesures plus restrictives, qui peuvent encore plus mettre à terre l'économie parisienne ou la vie des Parisiens, on pourrait faire respecter déjà les mesures qui ont été prises.
Mais au niveau des mesures prises, on a vu qu'hier, à Lyon, par exemple, il y a eu des mesures plus dures qui ont été prises. C'est déjà le cas à Marseille ou à Bordeaux. Est-ce que vous vous appelez, par exemple, sur les rassemblements de plus de 1000 personnes ? Est-ce qu'il faut réduire cela ? Vous parliez des bars et des restaurants. Est-ce qu'il faut dire à partir de 23h, c'est fermé ? Est-ce qu'il faut interdire les restaurants à l'intérieur ? Quelle est votre position sur ça ?
Déjà, aujourd'hui, il y a des mesures prises pour le respect des règles sanitaires, que ce soit dans les bars ou les restaurants. Mais c'est vrai que parfois, elles ne sont pas respectées. Donc d'abord, si on veut enrayer cette épidémie, il faut faire respecter ces mesures sanitaires. Sinon, vous pouvez mettre 23h, 22h, 16h, ce que vous voulez. Si vous ne faites pas, respectez les mesures. Ça ne changera rien. Ça ne changera rien. Donc la mairie de Paris, qui est effectivement aux abonnés absents, devrait effectivement, main dans la main avec le préfet, procéder à faire respecter les mesures qui ont déjà été prises pour Paris ou l'Île-de-France.
Autre point, l'Agence régionale de santé d'Île-de-France ouvre cette semaine 20 nouveaux centres de dépistage, dont 5 à Paris, dans différents arrondissements, 4e, 13e, 15e, 18e, 19e. Il y aura priorisation. Les personnes symptomatiques sont là jusqu'à 14h. Les autres, après, 500 tests par jour. Résultat, en 48 heures maximum, ont promis les laboratoires. Êtes-vous satisfaites pour le volet parisien de ce plan ? Faudrait-il au moins un par arrondissement ? Comme l'a réclamé Anne Souris, l'adjointe au maire chargée de la santé.
Il faut savoir que sur les tests et les dépistages, rappelez-vous, depuis le confinement, on l'avait exigé, notamment pour les personnes les plus vulnérables. La mairie de Paris n'avait rien fait, le gouvernement, encore moins. Qu'est-ce qu'on a fait, nous, maires d'arrondissement ? Et moi, je l'ai fait dans le 7e arrondissement. Nous avons pu avoir des partenariats, mais de notre initiative, avec des laboratoires. Et je remercie les laboratoires, notamment, par exemple, chacun dans son arrondissement, mais dans le 7e arrondissement. Non, mais attendez, je vais vous dire pourquoi. Non, mais... Non, parce que... Oui, non, mais, non, mais, Mme Salamé...
Allez-y, remercie les laboratoires.
Je remercie quand même les laboratoires, qui, à l'époque, n'étaient pas, effectivement, dans le cadre de ces mesures, puisqu'on disait que le dépistage ne servait à rien. On a fait faire des dépistages, notamment dans les EHPAD, ou les établissements qui accueillaient des personnes fragiles ou âgées. Et aujourd'hui, on continue avec ces laboratoires. Il y a eu des centres de dépistage ouverts par la mairie de Paris, notamment, par exemple, dans mon arrondissement. Beaucoup de dysfonctionnements. Parce qu'effectivement, le personnel... Il n'y avait pas assez de personnel, il n'y avait pas assez de matériel. Donc, beaucoup de dysfonctionnements.
Donc, ça revient encore aux maires d'arrondissement que nous sommes pour organiser, gérer la pénurie. Pardon de vous le dire comme ça.
Hier, Jean-Michel Blanquer a annoncé l'allègement du protocole sanitaire dans les écoles. Pas de fermeture de classe, sauf s'il y a trois cas de trois familles différentes qui ont le Covid. Règle valable de la maternelle jusqu'au lycée. Est-ce que c'est du bon sens ou est-ce que ça met en danger la santé des enseignants ? Moi, je vais vous dire, j'ai toujours été favorable
au retour des enfants à l'école dès le départ. D'ailleurs, vous le voyez sur cette rentrée scolaire, les inégalités qui se sont creusées entre les enfants. Et vous le savez bien. Regardez la Seine-Saint-Denis. 4 000 enfants, 4 000 élèves sont aux abonnés absents. Est-ce que c'est normal ? C'est-à-dire qu'on ne peut pas continuer comme ça. Et moi, je pense que cet allègement des protocoles va dans le bon sens. Parce que moi, j'ai le cas, par exemple, d'une section de crèche où j'ai eu un cas de Covid, où effectivement, on a demandé aux parents de reprendre leurs enfants en attendant les tests.
Il faut déjà presque entre 7 idées 10 jours pour avoir un rendez-vous et c'était 10 jours pour avoir un résultat. Et comme tout est décalé, en fait, vous n'avez jamais les enfants au même moment. En tout cas, les résultats au même moment et les rendez-vous au même moment. Donc, ça va dans le bon sens. Le fait d'alléger permet, en tous les cas, de ne pas désocialiser, au-delà de la déscolarisation, mais ne pas désocialiser des enfants parce que là, vous aggravez les inégalités qui sont déjà très fortes dans notre pays.
Venons-en, Rachida Dati, au chapitre de l'insécurité. Le gouvernement en a fait la priorité de la rentrée. Place Beauvau, Gérald Darmanin et Thomas Nett. Il multiplie les déclarations, parfois martiales. Il se déplace sur le terrain. Il promet la publication des statistiques de l'insécurité tous les mois. L'exécutif a-t-il, selon vous, pris la mesure de l'enjeu ou du problème ?
La délinquance explose dans notre pays. Je ne vous parle même pas de Paris où la délinquance explose. C'est au-dessus de la moyenne nationale. Encore une fois, Mme Hidalgo est à ce abonné absent. D'ailleurs, sur votre antenne ou sur une antenne concurrente, elle a affirmé qu'elle avait créé la police municipale. Elle n'existe pas à Paris. C'est un mensonge, comme Mme Hidalgo fait régulièrement sur tous les sujets. La police municipale n'existe pas à Paris ? Elle n'existe pas à Paris. Elle a changé les blousons des agents qui verbalisaient les voitures. Elle leur a mis un blouson police municipale. Donc elle existe ? Pardon ? Donc elle existe ? Non, elle existe. Le blouson existe.
Vous savez, le policier municipal, Mme Salamé, c'est un statut. C'est réglementé. Il faut une formation. Il faut qu'elle soit armée. Il y a des compétences particulières. Ça n'est pas le cas. Donc Mme Hidalgo ment aux parisiens quand elle dit que la police municipale...
Parce qu'il faut un vote de l'Assemblée nationale, il me semble. Non, mais il faut un vote. Un vote qui a été bloqué par la République en marche, il me semble. Mais peut-être que je me trouve. Vous êtes très bonne avocate pour Mme Hidalgo. Non, mais pas du tout. Je vous donne un argument. Mais vous dites qu'il n'y a pas de police municipale.
Je vous réponds. Il n'y a pas de police municipale. Pourquoi ? D'abord, il faut qu'elle soit formée et armée. Quand vous voyez, et c'est une réalité, vous en parlez sous vos antennes régulièrement, quand vous avez des quartiers entiers à Paris qui sont sous la coupe, je pèse mes mots, de dealers et de trafiquants tous les jours sans aucune réaction de la maire de Paris. Le dixième, le dix-neuvième ou le vingtième ou le dix-huitième, vous savez qu'il y a des dealers qui, pratiquement un soir sur deux, éteignent l'électricité dans des quartiers pour pouvoir procéder au déconfinement de cette économie qui n'est pas si souterraine que ça, qui est le trafic de supéfiants.
Qu'est-ce qu'il faut faire ? Qu'est-ce que vous feriez, vous, si vous étiez maire de Paris ? Est-ce que le problème, il est de la police municipale ou est-ce qu'il y a suffisamment de police nationale ? Est-ce que le problème, en gros, c'est le ministère de l'Intérieur
ou c'est la maire de Paris ? Pour être clair. D'abord, au niveau national, quand vous menez une politique de sécurité, vous luttez, il faut avoir une orientation. Aujourd'hui, on a le sentiment, et c'est une réalité, que M. Darmanin a réduit la politique de sécurité à la verbalisation des consommateurs de produits stupéfiants. Si vous voulez démanteler les trafics de produits stupéfiants qui gangrènent notre pays, comment on fait ? C'est une politique coordonnée, ce n'est pas la verbalisation du consommateur. Une fois que vous l'avez verbalisée, vous ne remontez pas à l'origine du trafic.
C'est une politique coordonnée avec les services sociaux, la fraude sociale, avec le fisc, le blanchiment d'argent. C'est une politique coordonnée qui n'est pas menée dans notre pays. Donc, aujourd'hui, il n'y a pas de volonté pour lutter contre la sécurité. À Paris, vous savez que le maire, c'est dans la loi, a un rôle pivot pour la prévention des délinquances et la sécurité. Première chose, c'est créer une police municipale armée pour pouvoir se réapproprier tout cet espace public dont sont dépossédés les Parisiens. Que ce soit par les séparatistes ou les communautaristes, ou que ce soit par les trafiquants ou les dealers. Souvent, ce sont les mêmes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de police municipale armée et les caméras de vidéoprotection. Aujourd'hui, on doit être à 1360 à Paris. Il en faudrait près de 4000. Madame Salamé, nous sommes à 4 ans des JO. La délinquance entre 2013 et 2019, vous savez que les coûts et blessures ont augmenté de 46%. Les vols violents de 93%. Voilà la réalité de Paris. Donc, Madame Hidalgo, il faut qu'elle arrête de raconter n'importe quoi aux Parisiens qui vivent et l'insécurité et la saleté. Parce que ça, ça n'a pas changé non plus.
Le séparatisme, vous avez employé le mot. On attend le projet de loi, en tout cas le discours d'Emmanuel Macron le 2 octobre prochain. Il a été décalé. Emmanuel Valls estime qu'Emmanuel Macron s'est converti à la fermeté sur ces questions qu'il a changé, qu'il tient désormais un discours avec des accents républicains. Êtes-vous d'accord avec Emmanuel Valls sur le constat ?
Parce que ça a beaucoup changé. Le séparatisme n'a jamais été aussi fort dans notre pays. On va de recul en recul, de compromis en compromission. Et je vais vous dire, les séparatistes et les communautaristes ont très bien compris cela. Parce qu'ils savent très bien que le gouvernement est faible. Et donc, leur idéologie se propage. Et qui sont les victimes de cela ? Parce qu'il faut parler, effectivement, on parle d'islamisme, d'islam radical, de salafistes. Qui sont les premières victimes ? C'est les Français de confession musulmane. Je vous le dis. Et donc, aujourd'hui, on a laissé s'installer ce séparatisme qui se propage, qui gangrène notre pays. Mais ça, moi je pense que M.
Macron, ça l'arrange. Parce qu'il espère une chose, il n'a plus de parti, il n'a pas de majorité. On voit, tous les jours, vous avez d'abord, ils perdent les élections à chaque élection, La République en marche, et tous les jours, vous avez des membres de La République en marche qui démissionnent de ce parti qui est un parti virtuel. Et donc, M. Macron, qu'est-ce qu'il espère ? Se retrouver face à Marine Le Pen. Les Français n'en veulent pas de ce duel-là. Donc aujourd'hui, il est important effectivement d'avoir une fermeté face à ces compromissions et ce laxisme qu'on a laissé s'installer dans notre pays.
Sur le fond, séparatisme, toujours, on commence à avoir des pistes, pas un euro d'argent public aux associations qui ne respectent pas les valeurs de la République et la laïcité, interdiction des certificats de virginité délivrés par certains médecins. Est-ce que ça, ça va déjà dans le bon sens ?
Je vais vous dire, l'interdiction des certificats de virginité, c'est moi qui l'avais suggéré à Mme Schiappa quand elle était ministre d'égalité femmes-hommes. Elle ne l'avait pas repris. Effectivement, je l'ai suggéré au directeur de cabinet de M. Darmanin. Mais comment il s'est présenté ? J'ai entendu des médecins, y compris sur votre antenne, en disant qu'ils n'y étaient pas favorables parce qu'effectivement, c'était protecteur de certaines femmes. Mais l'enjeu, ce n'est pas de dire on pénalise le médecin qui donne un certificat de virginité parce que souvent, il y a certains médecins sans examen le font pour une complaisance protectrice, si je puis dire. Ça, c'est un recul.
En Belgique, ils l'ont interdit. Moi, je l'avais demandé lorsque j'étais effectivement au groupe du gouvernement et c'était le président de la commission des affaires sociales au Sénat qui l'avait refusé, qui était médecin, qui ne le souhaitait pas. Ça, c'est une atteinte à la dignité des femmes. C'est une atteinte grave à la dignité des femmes. Mais elle n'est pas défendue cette mesure parce qu'ils n'ont pas compris l'enjeu de cette mesure.
Rachida Latty, jeudi dernier, lors d'une audition à l'Assemblée nationale, des députés LR et LREM ont quitté la salle pour protester contre la présence d'une syndicaliste étudiante voilée. Ils estiment que c'est Non. Pourquoi ? Moi, je ne connais pas cette jeune femme.
Je vais vous dire, cette jeune femme, elle vient dans le cadre d'une audition, invitée à une audition, dans le cadre d'une commission d'enquête. Elle vient voiler, le règlement le permet. Et donc, elle est invitée et elle est agressée. Je n'aurais pas quitté. Alors, on change le règlement, mais on ne peut pas attaquer une jeune femme qui vient, qui respecte les règles. Ça, c'est le premier point. Ce qui me gêne, c'est plutôt, c'est la dérive communautariste de l'UNEF. Et l'UNEF a pris comme prétexte, effectivement, cette affaire pour pouvoir défendre des dérives communautaristes et séparatistes.
C'est là où, moi, j'en veux, à la gauche, la gauche a dévoyé, a dévoyé les valeurs de la République. Comme je l'avais dit pour SOS Racisme, où la différence est devenue un droit à la différence. Et c'est-à-dire que, finalement, la discrimination devient un droit. J'en veux à cette gauche et j'en veux à l'UNEF d'avoir dévoyé nos valeurs républicaines, de défendre le communautarisme. Et d'ailleurs, regardez cette jeune femme qu'on considère être de confession musulmane. Mais quand l'UNEF en fait une polémique et défend en disant « Portez le foulard, il faut le défendre. » Mais ce n'est pas défendre, notamment les Français de confession musulmane, bien au contraire. Beaucoup de questions,
beaucoup de questions pour nous et aux standards dont des questions politiques. Le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, a annoncé hier la nomination de Nathalie Roré, actuelle vice-bâtonnière du barreau de Paris à la direction de l'ENM, l'École nationale de la magistrature. Il s'agit de la première femme et de la première avocate nommée à ce poste. Éric Dupond-Moretti, quand il était avocat, s'était prononcé à plusieurs reprises pour la transformation de l'ENM en une école de formation commune, magistrat, avocat. Votre réaction à cette nomination de Nathalie Roré ?
D'abord, ce n'est pas l'origine professionnelle de la directrice ou directeur de l'École de la magistrature qui fait un projet. Si vous voulez réformer l'École de la magistrature, je l'ai fait et je l'ai fait en vent contraire lorsque j'étais garde des Sceaux. D'abord, il faut connaître le projet que souhaite porter M. Dupond-Moretti et d'autre part, il faut une aptitude managériale pour diriger cette école. C'est le sujet. Ça peut être un magistrat ou un avocat. Si vous n'avez pas d'aptitude managériale, ça ne marchera pas. D'ailleurs, regardez les directions d'école, de lycée, de collège ou même d'hôpitaux. Vous avez une formation spécifique pour diriger l'établissement.
Moi, j'ai réformé à l'époque l'École de la magistrature. Il faut quand même le rappeler. Pourquoi ? Parce qu'on a un problème notamment de diversité des parcours d'une part et d'autre part de maturité à exercer. la fonction de magistrat qui est une fonction complexe. Et donc, j'avais changé les membres de la composition du jury. J'ai créé, j'ai mis en place les tests de personnalité parce que tout le monde avait été choqué par l'affaire Outreau qu'un jeune juge puisse, sans recul sur la réalité de la vie ait pu traiter d'une affaire très complexe. Et donc, j'avais réformé d'abord, effectivement, cette école.
Donc aujourd'hui, qu'on en fasse une école du droit, je crois que c'est pas vraiment l'objet. Je pense que le droit, vous l'apprenez à la fac, il y a plein d'institutions pour apprendre le droit. Le sujet là, c'est effectivement de pouvoir avoir des profils plus diversifiés et plus matures. Et moi, j'ai créé à l'époque les classes préparatoires intégrées pour pouvoir avoir des magistrats de conditions sociales diverses. Nous avions à l'époque moins de 5% d'enfants d'ouvriers qui devenaient magistrats. Ça a changé depuis. Les auditeurs.
Auditeurs, au standard. Patrick nous appelle de Toulouse. Soyez le bienvenu, Patrick. Oui, bonjour. Bonjour.
Bonjour Léa Salamé. Bonjour Rachid Adati.
Bonjour.
Je suis un proche de LR, non pas militant mais sympathisant, issu de la société civile comme on dit. Les élections de mars 21 se profilent. Départemental et régional. J'avoue que j'aimerais avoir votre réponse en tant que responsable des Républicains parce que je suis un peu perdu avec toutes les déclarations et toutes les insinuations concernant une possible alliance avec les listes La République En Marche. J'ai écouté très attentivement votre interview ce matin et notamment le passage sur votre désir de clarifier les choses. Très sincèrement, j'entends que vous les clarifiez un tout petit peu ce matin pour le modeste militant et sympathisant dans l'air que je suis.
Alors, tendez l'oreille, Patrick, Rachida Dati va être claire et très claire sur le sujet. Sa réponse ?
En tout cas, on ne peut pas me reprocher d'avoir été pas dans la clarté. Je veux vous dire, la réalité, c'est que la droite, les Républicains, c'est le premier parti de France. Nous sommes les premiers en nombre d'adhérents, en nombre de militants et en nombre d'élus. Nous avons gagné toutes les élections intermédiaires, d'une part, et nous avons encore gagné les dernières législatives. Le Parti Socialiste n'existe plus et la République En Marche est en état de décomposition totale, s'il avait existé un jour. Donc, moi, je suis favorable à ce que nous ayons des candidats LR pour mener nos campagnes.
Et d'ailleurs, je vous fais remarquer, et vous avez dû vous en rendre compte, à chaque fois qu'il y a eu une volonté de se dissoudre avec En Marche, on a perdu. Donc, moi, je considère que vis-à-vis des Français, vis-à-vis de nos militants, vis-à-vis de nos électeurs, il faut de la clarté et de la cohérence. Et c'est ce que nous faisons aux Républicains. Xavier Bertrand ne fait pas une interview
sans vous citer. Je ne sais pas si vous avez remarqué. Moi aussi, je n'ai pas fait une interview sans le citer. Ah, mais c'est bien. Vous vous draguez par presse interposée. Is he the one, comme on dit ? Est-ce que c'est lui ? Vous êtes bilinguelle ? Oui, alors. Est-ce que c'est lui pour 2022 ?
D'abord, on a une antériorité parce que nous avons été tous les deux porte-parole pour la campagne de 2007 qui a été une campagne formidable et une vraie victoire pour la droite en 2007. Est-ce que c'est lui pour 2022 ? Très ans plus tard. Non, mais c'est un candidat qui a un bon profil. Vous dites que c'est celui qui a le plus fin. Oui, parce qu'il se bat pour ça, il se prépare pour ça. Mais je viens de le dire, les Républicains, je viens de le dire, les Républicains, on n'est pas des supplétifs et on ne tombera pas dans le piège de M. Macron, les Républicains doivent avoir un candidat pour la présidentielle.
Donc vous dites à Xavier Bertrand, reviens dans le parti et tu seras mon candidat. C'est ça si je traduis ?
Les Républicains,
c'est bien, pourtant j'ai parlé en français
pour en anglais. On veut de la clarté. On veut de la clarté. On veut de la clarté. La clarté, les Républicains auront un candidat en 2022 et ça, c'est nécessaire. Moi, je pense que la France est profondément à droite dans ses valeurs et ses aspirations.
Si la fin est un critère pour y aller, pensez-vous que... Enfin, il y en a une autre qui a faim. C'est Anne Hidalgo qui commence à avoir de l'appétit. Vous la connaissez bien, vous l'avez affrontée lors des dernières municipales. Est-ce qu'elle serait une bonne candidate pour la gauche en 2022 ?
D'abord, elle a gagné sur un attelage. Elle n'a pas gagné sur son nom ou toute seule. Je rappelle quand même aux auditeurs que, vous savez, au Conseil de Paris, Mme Hidalgo a autant de conseillers de Paris que la droite. Nous sommes à 55, 56, toutes les deux. Ce qui a fait la différence, c'est les verts. Donc, elle ne peut pas gagner sur son nom. Il est nécessaire d'avoir un attelage et on a vu que l'attelage vert parti socialiste à Paris, ça ne marche pas si bien que ça. Ça, c'est le premier point. Le deuxième point, pour les Parisiens qui connaissent Paris, vous avez vu l'État de Paris en termes d'insécurité, en termes de saleté, en termes de désordre et de jungle sur la mobilité.
Donc, les Parisiens qui en ont soupé à Paris, je ne pense pas qu'ils aient envie de la voir comme présidente. Et puis, pour les Français qui ne la connaissent pas, je leur dis de venir voir à Paris si vous voulez que la France se transforme en l'État de Paris. Donc, la réponse est plutôt non à la question. Vous, vous avez...
Pardon, mais... Je pensais que vous étiez copine.
Non, mais ça n'empêche pas la réalité des choses. On peut être copine. Non, mais je peux être copine avec quelqu'un qui n'est pas compétent pour gérer une ville comme Paris. Est-ce que vous, vous avez faim, Rachida Dati ? Vous pensez que j'en serais là ? Je serais à votre plateau si je n'avais pas eu faim malgré toutes les... Est-ce que vous avez envie d'y aller ? Mais moi, j'ai des choses à dire sur cette présidentielle et sur la France. Moi, je me bats pour les valeurs de la République. Moi, vous ne dis pas oui, j'ai envie d'y aller. Pourquoi vous ne clarifiez pas à notre auditeur ? Non, je vais vous dire pourquoi. Parce que d'abord, c'est un combat collectif.
On a décidé d'un processus pour avoir un candidat en 2022. Donc, moi, je ne vais pas m'exonérer de ce qui a été décidé au niveau de notre parti. Mais nous aurons un candidat qui émergera pour 2022.
Laurent est au standard depuis la belle ville de Metz. Bonjour et bienvenue.
Bonjour France Inter. Bonjour Madame Dati. Bonjour. Alors, je vais faire ce que vous avez dit. Je vais venir faire un tour à Paris dans quelques jours. Parce qu'en plus, je fais partie de la Convention nationale sur l'alimentation et l'agriculture. Donc, on va en débattre pendant trois jours dans le 20e. Donc, je vais avec horreur déjà prendre le métro et tout le toutim.
Eh bien, vous avez raison. Voilà. Bon, alors, la question Laurent. La question.
On va prendre un petit peu de hauteur. Qu'est-ce qu'une écologie de droite et qu'est-ce que serait une écologie de droite dans une ville comme Paris ?
Merci Laurent. Très belle et bonne question. Rachida Dati vous répond.
Alors, d'abord, on est la droite. On a le sentiment que parfois, c'est jamais très bien ou très bon genre que d'être de droite. Moi, j'assume d'être de droite. Je suis pour l'autorité. Je suis pour le respect, effectivement, de l'environnement. Je suis pour la sécurité. Je suis pour la réduction des inégalités. Je suis pour la reconnaissance du mérite et du travail, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. L'écologie, rappelez-vous, qui a fait le grenelle de l'environnement ? Qui a lancé au niveau européen le paquet énergie-climat dont aujourd'hui, nous nous prévalons en France encore aujourd'hui ? C'est la droite.
La présidence française de l'Union européenne à laquelle j'ai participé très activement, on a mis sur la table, c'est nous qui avons mis les fondements de l'écologie, de la protection de l'environnement en France grâce à cette présidence française de l'Union européenne et grâce au grenelle de l'environnement. Voilà notre bilan et notre valeur ajoutée. S'agissant de Paris, moi effectivement, dans mon programme, j'ai souhaité effectivement des plans air pur, air sain, l'ensemble des établissements publics, que ce soit les crèches, les écoles, les EHPAD, ça n'existe pas à Paris. Nous avons une canicule maintenant, c'est devenu monnaie courante.
Vous savez qu'à Paris, on court après les brumisateurs et les îlots de fraîcheur. Il faut aménager les EHPAD et les établissements qui accueillent les personnes fragiles et vulnérables à cette canicule. Il y a des architectes, des urbanistes qui effectivement permettent cela. Le parc social parisien est totalement dégradé. Ça fait des années qu'on demande une rénovation thermique de ce parc social. Parce que Paris, on méprise les locataires du parc social. Je pourrais continuer. la campagne pour les cons. C'est pas terminé. Non, ça n'est pas terminé parce qu'on souhaite de la végétalisation à Paris. Madame Hidalgo est la mer qui a le plus bétonné Paris et elle va continuer.
Madame Dati, la justice enquête sur le 900 000 euros que la filiale néerlandaise de Renault-Nissan vous a versé à partir de 2010 pour une prestation de conseil auprès de Carlos Ghosn. Les juges soupçonnent un emploi de complaisance et des faits pouvant relever du trafic d'influence et de la corruption passive. Il y a énormément de questions
aux standards. Je peux y répondre. Ou sur l'application. Risquez-vous les poursuites judiciaires ? Combien d'argent touché ? Dans quel but ? Ça c'est Michel. Allez-vous évoquer ?
Moi, j'ai pas de problème pour évoquer. Nicolas, Marc, enfin il y a plein de monde. Non, non, mais j'ai pas de problème pour évoquer cette affaire. D'abord, comme vous avez pu remarquer, moi j'ai pas eu de plainte de Renault. Il s'agit pas d'un contrat pour M. Ghosn. C'est un contrat d'avocat. Je suis d'avocate. Ce sont des honoraires. Ce ne sont pas des revenus. Ce sont des honoraires. C'est un chiffre d'affaires sur trois ans pour un travail que j'ai effectué comme avocate. Pas de plainte de Renault. Il s'agissait d'une plainte d'un avocat obscur, Barbousard, je le cite, dont la plaignante est sa compagne. Cette plainte a été déclarée irrecevable. Vous n'en avez pas entendu parler.
Cette plainte a été déclarée irrecevable. Maintenant, vous avez deux journalistes qui effectivement reprennent des fausses informations, sans doute données par des autorités. j'ai été ministre, je sais comment ça marche, pour évidemment essayer de me déstabiliser. Ce n'est pas la première manœuvre de déstabilisation auxquelles je fais face. Donc vous n'avez rien
à vous reprocher. C'est ça ce que vous répondez aux auditeurs.
Je ne suis pas partie à ce dossier. Je n'ai pas été entendue. Et vous avez fourni
un vrai travail pour les 900 000 euros.
Il n'y a pas d'avocat aux noirs. On a le sentiment que j'ai été avocate aux noirs. Non mais ça n'existe pas.
Merci. Merci Madame la maire du 7ème arrondissement de Paris. Je suis toujours en campagne.
Je peux continuer.
Merci Rachida Dattine. On est obligé de mettre un point final à l'entretien. Il est déjà 8h47. Merci encore.
Rachida Dati