« Pouvez-vous nous donner votre définition du terme maboul ? » demande Roger Karoutchi
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
La parole est à notre collègue Roger Carucci pour le groupe Les Républicains. Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, dans le cadre des relations franco-algériennes, pouvez-vous nous donner votre définition du terme Maboul ? Pour répondre, la parole est au ministre de l'Intérieur, monsieur Laurent Nunez.
Merci beaucoup, Monsieur le Président. Mesdames et Messieurs les Sénateurs, Monsieur le Sénateur, vous m'invitez à vous répondre sur la relation franco-algérienne. Pardon, c'est comme ça que je C'est comme ça que je comprends votre question.
Je suis en poste comme ministre de l'Intérieur depuis 6 mois et demi. Et quand je suis arrivé, nous n'avions plus aucune relation avec l'Algérie, plus aucune relation sécuritaire, plus aucune relation migratoire. Avant d'être ministre de l'Intérieur, j'étais préfet de police, puis j'étais directeur général de la sécurité intérieure, puis coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme.
Croyez-moi, je connais l'importance de la relation avec l'Algérie et notamment en termes sécuritaires. Il y va de l'intérêt de la France et il y va de la protection même de nos concitoyens. Alors oui, nous avons réenclenché une discussion avec l'Algérie.
Nous avons réenclenché un dialogue sécuritaire, migratoire avec l'Algérie, avec comme seule boussole l l'intérêt de nos compatriotes, évidemment l'intérêt de la sécurité de notre pays. Et les choses se sont réenclenchées. Nous discutons à nouveau sur un certain nombre de dossiers de coopération policière, judiciaire et migratoire.
Lorsque je me suis rendu en Algérie, nous n'avions plus aucun laissé-passer. Zéro laissé-passer. Et maintenant, nous avons réenclenché un mouvement.
On est bien au-delà de zéro, je peux vous dire bien au-delà de zéro, laissé-passer. Et il y va évidemment de la sécurité de nos concitoyens et c'est notre boussole dans ce dossier. C'est notre boussole.
Alors je vais vous dire autre chose, monsieur le sénateur Karouchi. Évidemment que nous avons en tête un certain nombre de situations particulières. Je vous rappelle ce qui s'est passé avec Boilel Sansal, qui a été libéré.
Évidemment que dans un coin de ma tête et dans la coin de la tête de tout le gouvernement, nous avons la situation. Nous avons la situation de Christophe Glaze en tête, évidemment. Donc évidemment que ce dialogue avec l'Algérie, c'est un dialogue exigeant.
C'est un dialogue exigeant mais nécessaire et qui est totalement assumé par le gouvernement et pour la partie qui et l'amène par le ministre de l'Intérieur. Monsieur Karouchi. Monsieur le ministre, ma boule en arabe, ça veut dire fou.
Monsieur le ministre, ma boule en arabe, ça veut dire fou. Mais en langue hébraïque, livre de la Genèse, chapitre 6, verset 17, « Amaboul ma'im », c'est le déluge des eaux qui distingue la lucidité de Noé. « Amaboul Alors fou ou lucide, quand Christophe Gleize est toujours prisonnier de manière injuste du régime algérien, quand Kamel Daoud est condamné à plusieurs années de prison pour un livre qui ne circule même pas en Algérie.
Quand, vous l'avez dit, l'Algérie accepte au compte-gouttes ses OQTF et ne respecte pas ces accords de régime algérien que je distingue du peuple algérien. Quant au régime algérien, il fait en permanence tout feu, tout bois sur le rejet de la France pour conforter son pouvoir. La réalité, c'est que nous devons respecter le peuple algérien.
Et si on devait, au plus haut niveau de l'État, utiliser des mots en arabe, je préférais sincèrement plutôt que ma boule, qu'on utilise le très beau mot de sharaf qui veut dire respect, voyauté et qui a d'ailleurs son équivalent en hébreu, kavod, qui veut dire la même chose, respect, dignité, loyauté. Et si on avait en plus le sentiment qu'on avait dans la vie publique française, le respect et la dignité plutôt que l'insulte, tout irait
Roger Karoutchi