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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 20 juillet 2022 26 min

Prix des carburants, taxe sur les "superprofits", soignants non-vaccinés... Le "8h30 franceinfo" d'Olivier Marleix

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Olivier Marlex, président du groupe Les Républicains à l'Assemblée. Le projet de loi pouvoir d'achat toujours en discussion à l'Assemblée nationale, est-ce que vous êtes proche d'un accord avec la majorité, notamment sur la question des carburants ?

0:13
Alain Marleix

Écoutez, en tout cas, on y travaille, nous sommes une opposition qui veut être utile, donc on veut essayer d'obtenir des avancées sur la question des carburants. Pour nous, c'est la question centrale parce que c'est la fiscalité la plus injuste, c'est la fiscalité sur la France qui se lève tôt pour aller bosser, qui a besoin d'une voiture. Il n'y a pas d'alternative souvent dans les territoires où on prend sa voiture, et donc ce n'est pas un choix, et donc il faut vraiment répondre à cette question. Aujourd'hui, le carburant est toujours à 2,10€ par exemple, ou 2,18€ même dans le Cantal, donc il y a urgence, encore c'est les salariés les plus modestes qui en subissent les conséquences.

Donc il faut avancer.

0:50
Invité

Mais avancer comment justement ? Vous vous proposez un prix bloqué à 1,50€ en baissant les taxes ?

0:54
Alain Marleix

Non, non, on n'a jamais proposé un prix bloqué.

0:56
Invité

Ce n'est pas un prix bloqué, vous vous proposez de ramener le litre à 1,50€ en baissant les taxes.

0:59
Alain Marleix

Oui, on a demandé au gouvernement de tout faire pour se rapprocher d'1,50€. Bon voilà, en disant clairement que c'est une position de négociation.

1:05
Invité

Donc si le gouvernement par exemple augmente cette aide de 18 centimes, s'il passe, pourquoi pas avant ?

1:11
Alain Marleix

On est en train de discuter de tout ça. L'aide de 18 centimes, elle devait s'arrêter à la rentrée, on ne pouvait pas laisser nos compatriotes sans solution. Le gouvernement proposait quelque chose qui ressemblait un peu trop à une usine à gaz, avec des tableaux, des plateformes numériques dans lesquelles on rentrait en fonction de ces conditions de revenus, des kilomètres parcourus, on avait droit à des chèques de montants différents. Bon, tout ça a été assez incompréhensible, donc on veut une mesure immédiate qui s'applique aux Français qui travaillent, mais aussi aux retraités modestes qui ont besoin de se déplacer, qui s'appliquent à tout le monde.

1:44
Invité

Et vous avez convaincu le gouvernement là-dessus ?

1:46
Alain Marleix

Je me suis entretenu avec la première ministre qui a fait preuve d'écoute, qui souhaite, qui a besoin que ce projet de loi de finances rectificative, qu'il y a le projet de loi pouvoir d'achat et le projet de loi de finances rectificative, soit adopté. Donc oui, j'ai bon espoir qu'on arrive à s'entendre.

2:05
Présentateur

Le premier mot que vous avez cité, c'est celui de la fiscalité sur les carburants. Le gouvernement est prêt, d'après vous, à reculer sur cette question-là ?

2:13
Alain Marleix

Non, alors on a une différence d'approche totalement structurelle avec le gouvernement, c'est que le gouvernement n'est pas ouvert visiblement à des mesures pérennes. Pourquoi ? Parce que le gouvernement pour l'instant, en fait, ne fait que redonner d'une main ce qu'il prend de l'autre. C'est-à-dire qu'il raisonne à partir de recettes fiscales nouvelles qui l'engrangent, qui sont plutôt dynamiques cette année, qui l'ont été en 2021 et qui sont dynamiques en 2022. Nous, ce qu'on propose au gouvernement, c'est de réduire la dépense publique. De manière pérenne. De manière pérenne, voilà. Ça, structurellement, ils ne savent pas faire. C'est une question d'ADN.

Macron est un vrai social-démocrate. Et pour lui, tout doit toujours se terminer par la dépense publique. Il ne sait pas réduire la dépense publique. Donc du coup, il propose des mesures one-shot d'accompagnement de la crise. Bon, en tout cas, il y a urgence. Donc il faut faire quelque chose.

3:01
Présentateur

Pour que ce soit bien clair, l'accord vers lequel on se dirige, c'est plutôt une augmentation, un prolongement de ce coup de pouce, de cette réduction sur le litre d'essence.

3:11
Alain Marleix

C'est au gouvernement. Enfin, on verra en séance. Le débat, il n'arrive pas avant trois jours, sans doute. Parce que c'est le projet de loi de finances rectificative. Ce qui est important, c'est qu'il y ait une mesure de baisse du carburant pour nos Français, baisse pour nos compatriotes français, à la pompe dès la rentrée. Voilà. En attendant, alors après, il y a d'autres dispositifs. On a demandé au gouvernement de travailler sur un doublement, par exemple, du chèque transport que les employeurs peuvent donner, qui passent en charge pour eux, et qui sont défiscalisés pour les salariés, qui est aujourd'hui d'un montant de 200 euros annuels. On aimerait qu'ils soient portés à 400 euros.

Voilà. Et donc, du coup, la mesure de coup de pouce du gouvernement, de l'État, pourrait être une mesure en attendant que les employeurs se saisissent.

3:57
Invité

Donc, je résume ce matin. Vous dites, si le gouvernement fait un pas vers vous, vous ferez un pas vers lui. Sur cette question du transport. On n'a pas le choix.

4:02
Alain Marleix

Une fois encore, c'est la configuration politique qu'ont voulu les Français. Le président de la République n'est pas de majorité absolue. Les députés, ça tombe bien, ne sont pas élus pour uniquement s'écharper dans l'hémicycle, mais plutôt pour régler les problèmes des Français. Donc, voilà, si on peut y contribuer, on sera heureux.

4:18
Invité

Et c'est très clair ce matin. La semaine dernière, il y avait eu ce vote sur le rétablissement du pass sanitaire aux frontières. Les Républicains avaient voté pour sa suppression à l'Assemblée. Et les Républicains au Sénat disent, pourquoi pas le remettre au moment de nos débats sénatoriaux ? Est-ce que là-dessus, la droite sénatoriale et la droite à l'Assemblée nationale ne sont pas d'accord ? Est-ce que c'est un désaccord majeur ? Est-ce que c'est un désaccord de rédaction ? Est-ce que c'est un désaccord de principe ?

4:40
Alain Marleix

Oui, c'est un texte un peu plus complet, en réalité. Il y a plusieurs choses dans ce texte. D'abord, c'est la fin de l'état d'urgence sanitaire. Donc, alors que c'est la fin de cet état d'urgence sanitaire, il y a un certain nombre de questions qui se posent. C'est, est-ce qu'on garde quand même quelques données de santé pendant quelques mois ? Donc, ça, c'est le premier volet. On s'est tous fait, ou presque, vaccinés. On a besoin quand même que ces données soient conservées quelque part, que ce soit perdu en cas de besoin.

Deuxième volet, il y a effectivement cette question de, est-ce qu'on garde une mesure de protection minimum dans le cas de l'apparition quelque part d'un méchant variant ou est-ce qu'on laisse les frontières totalement ouvertes ?

5:25
Présentateur

Vous avez dit non à l'Assemblée et maintenant le Sénat ou la droite, votre parti est majoritaire, dit finalement on pourrait utiliser cet outil de temps en temps.

5:32
Alain Marleix

Oui, il y avait beaucoup d'ambiguïté dans le texte de l'Assemblée nationale puisqu'on a soulevé un lièvre qui était à la possibilité, en fait, pour le gouvernement de rétablir le pass vaccinal. Ça, c'est évidemment hors de question. C'est hors de question. Après, je pense que les Français en ont marre de tout ce qui est passe, de tout ce qui est autorisation administrative pour pouvoir circuler. Donc, plus jamais ça. La question que repose le Sénat, en réalité, ça mérite un tout petit peu de subtilité, c'est est-ce que si un jour il y a un très méchant variant qui survient dans un pays, on ne peut pas autoriser quand même une mesure de dépistage pour monter dans un avion ?

Sur ce point-là, cette question, elle mérite quand même d'être...

6:12
Invité

Propose dans le cas des territoires ultramarins que le rétablissement de ce certificat soit conditionné à la saturation des systèmes locaux. Donc, si les hôpitaux dans les Outre-mer ne sont pas saturés, pas de certificat sanitaire. Et puis surtout, meilleur contrôle du Parlement.

6:24
Alain Marleix

Et puis, meilleur contrôle du Parlement, association des collectivités locales, il y aura une vraie délibération des collectivités locales, des critères scientifiques. Voilà, tout ça doit être objectivé.

6:33
Invité

Et ça, ça vous va ? Je veux dire, si ça revient en ces termes à l'Assemblée ?

6:36
Alain Marleix

On verra comment c'est rédigé. En tout cas, ce qui ne supporte plus, c'est ce sentiment d'arbitraire qui fait qu'un jour, le gouvernement se réveille et dit et prend une mesure à un moment où on a le sentiment qu'on n'en a plus besoin. En réalité, qu'elle n'est pas nécessaire. Le pass vaccinal, moi j'ai voté contre, parce que c'était un moment où on savait qu'Omicron arrivait et Omicron était un variant plutôt moins dangereux. Beaucoup moins dangereux. Donc, ça n'avait aucun sens. Je pense que les Français en ont marre de ces mesures qui n'ont aucun sens. Après, on a le droit d'être un tout petit peu précautionneux pendant quelques mois encore.

7:07
Présentateur

Olivier Marlex, l'autre sujet qu'il fasse, c'est la réintégration ou non des soignants non-vaccinés. On va y revenir dans un tout petit instant avec vous, juste après le fil info. 9h moins 20, Louise Buyens.

7:16
Invité

21 départements dans l'est de la France sont toujours en vigilance orange, canicule ou orage ce matin. Mais dans le reste du pays, on respire un peu mieux. Les températures baissent. En Gironde, le feu a très peu progressé la nuit dernière, dit ce matin la préfecture. Une accalmie qui va donner un peu de répit aux pompiers, alors que 20 600 hectares sont partis en fumée en une semaine pour soutenir les pompiers et toutes les personnes mobilisées. Emmanuel Macron doit se rendre en Gironde aujourd'hui. Au Sri Lanka, après des mois de contestation populaire à cause de la crise économique, le Parlement commence à voter pour élire le nouveau président du pays. Trois candidats sont en lice.

La semaine dernière, l'ancien chef d'État Gautabaya Rajapaksa a démissionné et fuit son pays. Place à l'altitude sur la grande boucle. Pour la 17e étape, les coureurs vont rouler dans les Pyrénées. 130 km entre Saint-Gaudens et Péragude. Avec plusieurs ascensions au programme, le Canadien Hugo Houle a gagné l'étape d'hier. France Info

8:23
Présentateur

Le 8.30 France Info, Néhile à la Trousse, Laurin Sénéchal. Olivier Marlex, président du groupe LR à l'Assemblée. On parlait de ce texte sanitaire qui est en cours de réécriture au Sénat par la majorité LR justement. Et qui propose notamment de réintégrer les soignants non vaccinés. C'est une idée qui a émergé plutôt au RN et à la France Insoumise. Et qui est en train d'être portée aujourd'hui par LR.

8:46
Alain Marleix

C'était la demande des Républicains à l'Assemblée Nationale, si on a aussi la précisé. Et d'ailleurs c'est aussi pour ça, en grand partie à cause de ça, qu'on n'a pas voté notamment l'article 2. Dès lors qu'il n'y a plus aucune obligation pour nos compatriotes, dès lors que l'état d'urgence est terminé, dès lors qu'on considère que l'épidémie est derrière nous, il faut évidemment se poser la question de la réintégration de tous ces personnels. Ça va au-delà des soignants en réalité.

9:11
Présentateur

D'ailleurs c'est très peu de soignants finalement, beaucoup de personnel administratif.

9:13
Alain Marleix

Oui, vous avez d'autres catégories de personnel, vous avez déjà toutes sortes de personnels en EHPAD. Quand on voit la situation aujourd'hui dans nos EHPAD, quand on voit la canicule, la nécessité de s'assurer que le soin est apporté aux personnes âgées. Les pompiers volontaires aussi, 5 000 pompiers volontaires. Je veux bien que ce soit des effectifs minimes, mais on a quand même plusieurs centaines de pompiers qui sont suspendus. Tout ça devient aberrant, n'a plus aucun sens. Ils ont malheureusement subi une suspension très longue. Aujourd'hui, il faut mettre un terme à ces mesures.

9:51
Présentateur

Olivier Marlex, l'Académie de médecine s'y oppose et bientôt on attend l'avis de la Haute Autorité de Santé. Si la Haute Autorité de Santé s'y opposait également au retour des soignants non-vaccinés, est-ce que vous vous rallierez à cet avis ?

10:01
Alain Marleix

Je ne suis pas scientifique, mais j'entends les épidémiologistes nous expliquer que dans un pays où on a 95% de couverture vaccinale, les 5% de non-vaccinés ne sont plus un sujet, a fortiori, parce que de toute façon, quelqu'un, y compris de vaccinés, transmet autant, quasiment autant le virus, mais on parle de nouveaux variants. Et donc plus le temps va passer, plus l'efficacité...

10:21
Présentateur

Mais justement, Olivier Marlex, l'argument de l'Académie de médecine, c'est justement que des nouveaux variants peut-être plus dangereux peuvent arriver, qu'il faut donc s'y préparer, et qu'il faudrait donc, au contraire, que tout le monde soit vacciné.

10:32
Alain Marleix

Et que le vaccin est totalement, par définition, par construction, que le vaccin est inefficace sur des nouveaux variants. Mais il reste très efficace contre les formes graves, c'est ce que dit l'Académie de médecine aussi. Ça veut dire que vous ne suivez plus l'avis des médecins. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas prendre des précautions pour certains personnels dans certaines situations. Notamment, on ne va pas aller mettre, effectivement, peut-être des personnels non-vaccinés au contact de patients les plus fragiles. Mais sincèrement, aujourd'hui, qu'on interdise à un pompier d'exercer, tout ça n'a plus aucun sens.

10:59
Présentateur

Mais Olivier Marlex, ça veut dire que vous ne suivez pas l'avis de la Haute Autorité de Santé, si jamais la Haute Autorité de Santé s'opposait au retour des soins non-vaccinés ?

11:07
Alain Marleix

On verra ce que veut dire la Haute Autorité de Santé. Ça m'étonnerait qu'elle dise qu'il faut continuer à vacciner les pompiers. Sincèrement, ce serait totalement... Mais dans le cas où, elle le disait. Assez surprenant. Je ne vais pas faire fin de spéculation. Et vous êtes suivi à... On demande au gouvernement, je pense qu'il faut... On demande au gouvernement de se pencher maintenant. Partagé par tout le groupe des Républicains.

Le ministre Braun lui-même, effectivement, avait dit qu'il interrogerait la Haute Autorité de Santé, qu'il était prêt, même dès cette semaine, avait-il dit, à réunir les organisations syndicales pour avoir un calendrier, une méthode et voir comment on pouvait régler... Il y a beaucoup d'injustices, en plus, qui ont été réalisées. Vous avez des pans entiers de la fonction publique où les gens ont été éloignés du contact des usagers, mais n'ont pas été suspendus lorsqu'ils n'étaient pas vaccinés. C'est le cas, je crois, dans la gendarmerie, par exemple. Donc, voilà, on a du deux poids deux mesures qui devient aussi assez insupportable.

11:59
Invité

Olivier Marlex, vous avez été pendant très longtemps... Vous êtes encore, d'ailleurs, l'expert politique industrielle des Républicains. Vous avez notamment présidé une commission sur les fonds industriels de l'État en ce qui concerne la revente d'Alstom. L'État a annoncé, justement, hier, ou en tout cas, a rendu plus lisible son calendrier de nationalisation d'EDF pour détenir désormais 100% du capital du groupe avant fin octobre. C'est, en gros, une montée au capital. L'opération ne peut avoir lieu que si le Parlement vote les crédits nécessaires, 9,7 milliards d'euros. Que fera votre groupe ? Est-ce que vous voterez la nationalisation d'EDF ?

12:31
Alain Marleix

Effectivement, les crédits sont inscrits dans le PLFR, en réalité, mais il n'y a pas de décision de nationalisation à proprement parler. C'est les crédits pour le rachat des actions. Très sincèrement, ce qu'on regrette dans ce dossier, c'est la politique de gribouille depuis le départ. Et ce qu'on voudrait...

12:50
Invité

Pourquoi politique de gribouille ?

12:52
Alain Marleix

Sur la politique énergétique de la France. Je pense que c'est quand même un des principaux. Si on voulait pointer les échecs d'Emmanuel Macron dans ce précédent quinquennat, il y en a au moins deux. Il y a la dette, l'effondrement financier du pays, le fait qu'aujourd'hui le pays est au bord du précipice, comme le dit lui-même Bruno Le Maire. La cote d'alerte était atteinte avec une dette abyssale. Et l'autre sujet sur lequel on a pataugé pendant 5 ans, on a perdu notre avantage compétitif, on n'a pas modernisé notre appareil de production énergétique, c'est le sujet énergétique.

Franchement, on a fait fausse route, on a fermé Fessenheim, qui était une centrale qui avait été entièrement rénovée. Et donc les crédits pour l'erreur. Donc on aurait aimé avoir un vrai débat, et on demande toujours au gouvernement un vrai temps de débat sur l'avenir de sa politique énergétique. Vu le plantage du gouvernement, vu les errements de cette politique, avec un président qui a tourné le dos au nucléaire pendant 10 ans, les 5 ans où il pilotait la politique économique de M.

Hollande, et les 5 ans où il était lui-même chef de l'État, tout ça pour notamment rejeter le nucléaire pour 15 jours avant la fin de son mandat se rallier au nucléaire, tout ça mérite bien quelques explications complémentaires. Et donc sur EDF, le sujet c'est pour quoi en faire. La seule préoccupation concernant EDF du président de la République ces 5 dernières années, c'était organiser son démembrement.

14:08
Invité

Et le projet de démembrement, le fameux projet Hercule, a été mis de côté pour l'instant. J'en sais rien. Vous ne croyez pas le gouvernement ?

14:14
Alain Marleix

Vous doutez de la parole du gouvernement quand il dit

14:17
Invité

pour l'instant ce n'est pas sur la table ?

14:19
Alain Marleix

Pour l'instant ce n'est pas sur la table, peut-être que demain ça le sera. Donc moi effectivement j'ai vraiment besoin d'être rassuré.

14:23
Invité

Vous soutenez le gouvernement d'avoir toujours le projet en tête ?

14:25
Alain Marleix

On a besoin d'être rassuré. Rien ne nous dit que ce projet est abandonné. Là tout ça ressemble à la première phase du projet Hercule qui était la renationalisation complète d'EDF. Pourquoi ? Pour faire la nationalisation des pertes. En fait on saucissonnait EDF.

14:40
Présentateur

Il y avait une réorganisation des actifs. On mettait le nucléaire d'un côté et le reste à part.

14:43
Alain Marleix

La commande du président de la République à M. Lévy, président d'EDF, était la suivante. Je vous demande de travailler à une réorganisation des actifs d'EDF. C'est vraiment un raisonnement de banquiers d'affaires. Et le projet du président de la République, c'était la nationalisation des pertes d'un côté. C'est-à-dire EDF qui va avoir besoin de 12 milliards par an pour réinvestir dans le nucléaire, etc. Ce qui coûte cher, ce qui perd de l'argent par l'État. Tout ça, c'est l'État. Ce qui coûte cher, c'est l'État. En revanche, Enedis qui dégage des bénéfices.

15:12
Invité

L'atelier de distribution.

15:13
Alain Marleix

Ça, la distribution, on le donnait au privé. Et puis si éventuellement on pouvait le réseau de distribution, le confier à d'autres investisseurs de long terme, au marché qui avait une certaine impétence pour des investissements de long terme, on faisait. Donc nous, on ne veut pas de ce démembrement. Ce qui fait la force d'EDF, c'est d'être un groupe intégré. EDF, je vous rappelle, c'est encore le premier énergéticien au monde. On a la chance d'avoir une entreprise française qui est le produit d'un consensus national depuis la libération. On ne va pas foutre tout ça en l'air parce qu'on a un banquier d'affaires à la tête du pays.

15:42
Présentateur

Olivier Marlex, le chantier de l'EPR de Flamanville connaît des difficultés. Et la dernière en date, c'est ce système qui permet de piloter le réacteur et sur lequel il y a un souci. Mais EDF dit que le calendrier est toujours tenable, mis en service avant la fin de l'année. Est-ce que vous êtes tout de même inquiet sur le fait de construire six nouveaux EPR à l'avenir alors que celui de Flamanville a accusé un retard de 11 ans ?

16:07
Alain Marleix

C'est la preuve de quoi ? C'est la preuve que le savoir-faire nucléaire, c'est quelque chose de précieux et que malheureusement, dans notre pays, à force de tergiverser, de tarder à reconstruire des centrales nucléaires, on a perdu une grande partie de ce savoir-faire. C'est de ça qu'ont pâti tous les projets d'EPR menés en Grande-Bretagne, en Finlande ou en France. Donc il y a urgence. Il y a un rapport commandé par le gouvernement qui disait d'ailleurs qu'il y a une perte de savoir-faire. Il y a urgence à enclencher. Malheureusement, le président de la République a beaucoup trop tardé.

16:40
Présentateur

Olivier Marlech, on va parler de l'avenir de votre parti Les Républicains dans un tout petit instant. Juste après le fil d'info, 9h10, voici Louise Billens.

16:46
Invité

La panne d'électricité est résolue à Lille et la circulation des trains reprend progressivement dans les Hauts-de-France, annonce la SNCF, pour un rétablissement total prévu vers 10h. Il peut tout de même y avoir des retards. Depuis 7h ce matin, le trafic était interrompu dans toute la région. Des nouvelles rassurantes en Gironde. Pour la première fois en une semaine, il n'y a plus de lignes de feu qui avancent, selon les pompiers, et le feu a très peu progressé la nuit dernière, et rassure la préfecture. Au total, 20 600 hectares sont partis en fumée.

Si vraiment la Russie ferme le robinet du gaz, l'Europe sera très mal à l'automne, prévient sur France Info, Philippe Chalmin, spécialiste des questions énergétiques. Bruxelles doit présenter aujourd'hui son plan en cas d'arrêt des livraisons du gaz russe. Vladimir Poutine affirme que Gazprom remplira toutes ses obligations auprès de ses fournisseurs. Un an après son titre olympique, Romain Cannon décroche l'or au Mondiaux d'Escrim. En Égypte, une autre française est sacrée, la fleurettiste Isaoura Tibus. France Info

17:56
Présentateur

Le 8.30 France Info, Néhile à la trousse, Lorrain Sénéchal.

18:02
Invité

Toujours avec Olivier Marlex, président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale. Vous dites, Olivier Marlex, ne pas être hostile à une taxe sur les pétroliers. Vous avez surpris. Surprise, une super taxe sur les super profits, ou une taxe sur les super profits, comment on l'appelle ?

18:15
Alain Marleix

Non, pas de taxe sur les super profits en général, parce qu'en réalité...

18:18
Invité

Mais juste sur les pétroliers, vous dites ?

18:19
Alain Marleix

Oui, parce qu'en réalité, toutes les entreprises ont plutôt des bons bilans en 2021, parce qu'il y a eu un effet rattrapage, et donc, il ne faut pas en tirer de conséquences trop générales, et je ne crois pas du tout à l'idée de cette taxe générale sur les super profits. En revanche, oui, vous avez des pétroliers, enfin des pétroliers, ou des entreprises énergéticiennes qui ont des contrats de fourniture de pétrole, qui ont vu leur situation s'améliorer considérablement du fait du cours du Brent. Donc, à celle-là, on pourrait éventuellement demander une contribution, je pense notamment à Total, qui, ayant des contrats de long terme de fourniture de pétrole, aujourd'hui, bénéficie...

Mais qui ne fait pas de profit en France ? Ou très peu ? Enfin, pas de profit en France. Ils sont taxés, etc. Enfin, ils distribuent beaucoup en France. Voilà, donc, et ils ont une situation financière assez florissante globalement, grâce à l'évolution du cours du pétrole. Donc, ce ne serait pas choquant de demander une contribution exceptionnelle d'une manière ou d'une autre.

19:17
Invité

Et c'est un projet que vous pouvez imposer au gouvernement, puisque là-dessus, il y a une majorité, il y a toute la gauche qui le souhaite, il y a une partie de Renaissance qui le veut, il y a le RN qui le souhaite,

19:25
Alain Marleix

Nous, on a dit au gouvernement que s'il fallait, notamment pour contribuer à une baisse du coût du carburant significatif pour nos compatriotes, mettre un peu plus Total à contribution, ça ne nous choquerait pas. Sur les problèmes d'énergie cet hiver, auxquels la France va faire face à cause de la suppression, de la fermeture des robinets de gaz russe, ça pointe quand même, une fois encore, très concrètement, la responsabilité des erreurs stratégiques qu'on a fait en France sur le nucléaire. A force d'abandonner le nucléaire, on a en ce moment encore 12 réacteurs qui sont à l'arrêt. Et donc les Français risquent de ne pas pouvoir se chauffer cet hiver.

Le président de la République, au mois de juin, dit non, non, il n'y avait pas de risque de coupure. Et puis maintenant, on commence à reconnaître qu'il y aura peut-être des risques de coupure. Voilà, c'est une situation d'affaiblissement à la fois de notre souveraineté et de services publics pour les Français qui me paraît très grave.

20:20
Présentateur

Oui, 29 réacteurs, 156 à l'arrêt à cause de problèmes de corrosion ou de maintenance, je le précise. On va parler maintenant de l'avenir de votre famille politique, de votre parti Les Républicains. L'élection du nouveau président, M. Christian Jacob, a cédé la main. Aura lieu début décembre, ça a été repoussé de quelques semaines. Est-ce qu'il faut vous compter dans la liste des candidats éventuels ? Non, non, mon travail à l'Assemblée suffit à mon bonheur. Et est-ce que vous avez un champion ? On apprend ce matin que François-Xavier Bellamy, l'eurodéputé, prendra, dit-il, toutes ses responsabilités et le dit sur France Inter si sa ligne n'est pas représentée.

20:56
Alain Marleix

D'abord un mot pour dire qu'à titre personnel, moi je regrette, même si je la comprends, la décision de Laurent Wauquiez de ne pas être candidat à la présidence du parti. Je pense que c'est une solution qui faisait en réalité assez largement consensus. Il aurait été élu haut la main. Lui fait plutôt le pari qu'aujourd'hui, les électeurs de droite, ils sont un peu partout, on peut dire partout sauf aux Républicains, mais qu'il y en a peut-être haut à l'extérieur.

21:19
Présentateur

Mais il fait presque que le pari qu'ELR ne sert à rien.

21:20
Alain Marleix

Autant à l'extérieur qu'à l'intérieur.

21:22
Présentateur

Son pari, en fait, ce n'est pas avec le parti des Républicains qu'on va gagner la présidentielle.

21:25
Alain Marleix

Ce n'est pas exactement ça, c'est quand même un peu plus nul. Son analyse, c'est que les électeurs de droite, aujourd'hui, il y en a un peu partout. Et pas seulement chez les Républicains, c'est clair. Il y en a qui ont voté pour le Président de la République, il y en a qui ont voté pour Mme Le Pen, à tous ces électeurs égarés. Malheureusement, c'est un constat objectif que je fais avec humilité et un peu de douleur. Je considérais que les électeurs de droite en France, aujourd'hui, ils sont éparpillés sur un arc qui va de M. Macron au Rassemblement National.

Après, moi, je pense, sinon je n'aurai pas l'engagement qui est le mien, je pense que la droite républicaine dans sa forme actuelle qui est celle des Républicains a le devoir vital d'exister parce que sinon, il n'y aura pas d'alternative autre à la politique de M. Macron que le vote pour le Rassemblement National. Vous savez, moi, je suis voisin du département de l'Eure. Le département de l'Eure, ce n'est pas un département anodin, c'est un département où les principales figures de la droite locale qui étaient M. Le Maire et M. Le Cornu ont déserté les rangs de la droite, ont abandonné les électeurs pour rejoindre M. Macron. Le résultat, c'est quoi ?

C'est que vous avez trois députés du Rassemblement National. 3 sur 4. 3 sur 4. Si on veut qu'il existe demain une alternative à droite, il faut qu'il reste des Républicains dans ce pays, une alternative à droite.

22:47
Invité

Et qui, pour les diriger ? Il y a la question de François-Xavier Bellamy qui dit prendre toutes ses responsabilités si sa sensibilité n'est pas représentée. Il y a aussi le cas de l'ancien commissaire européen, Michel Barnier, qui fait un pas ce matin dans le Figaro et dont vous avez été le porte-parole au Congrès l'an dernier. Est-ce qu'aujourd'hui, vous avez un favori parmi tous ceux qui se positionnent ? Je ne connais pas encore

23:05
Alain Marleix

la liste des candidats définitifs. En tout cas, je pense qu'il faut être très clair présidé les Républicains.

23:12
Invité

Quel est le portrait robot du président des Républicains ?

23:14
Alain Marleix

Celui qui aura vocation à être le président des Républicains ne sera pas visiblement notre candidat à l'élection présidentielle.

23:20
Invité

Il doit en prendre l'engagement ? Il doit dire je ne serai pas le candidat je suis là pour reconstruire mais pas 2027 ?

23:25
Alain Marleix

Visiblement, les principaux candidats potentiels de notre famille politique font le choix de ne pas occuper la présidence, etc. Donc, ce n'est pas pour aller se créer une concurrence en interne. Donc, moi, j'attends du prochain président des Républicains qu'il soit quelqu'un qui soit à la tâche, qui fasse un travail de reconstruction auprès des militants à faire. Vous avez des fédérations départementales qui sont totalement en déshérence. Il y a un travail d'animation de vie d'un parti politique à faire. Il y a évidemment tout travail idéologique aussi de renouveler nos convictions qu'elles soient plus en adéquation avec les enjeux du moment.

Tout ce travail c'est celui que doit faire un parti et le prochain président pour moi n'a pas vocation à remplir ce désir d'incarnation. qu'en nos militants par ailleurs que je mesure bien. C'est la situation un peu difficile dans laquelle on va être. C'est qu'on est dans une vie politique où le marketing les marques comptent beaucoup. Il y a la marque Mélenchon d'un côté, la marque Le Pen de l'autre, la marque Macron. On doit faire vivre la marque des Républicains avec un président qui n'a pas forcément vocation à être ennuyé

24:30
Présentateur

à la France de la République. Il nous reste quelques secondes seulement. Emmanuel Macron souhaite un conseil national de la refondation auquel soient associés des citoyens et les forces politiques. Bruno Retailleau, président de la droite sénatoriale, a déjà dit non. Il ne participera pas à ce conseil. Est-ce que vous aussi, président du groupe LR à l'Assemblée, vous dites non au président ?

24:49
Alain Marleix

Je pense que le président de la République n'a pas bien compris le message des Français. Le message des Français, c'était de lui opposer une Assemblée nationale composée majoritairement, très majoritairement, 327 députés sur 577 d'opposants en lui demandant d'écouter les parlementaires, d'écouter la représentation nationale. Donc son idée de contourner la représentation nationale comme il l'a fait systématiquement avec tous les corps intermédiaires dans ce pays depuis 5 ans, je pense que les Français n'en veulent plus.

Ce qui m'inquiète c'est que le président de la République n'ait toujours pas totalement compris, intégré les messages que lui ont envoyés pourtant très clairement les Français.

25:18
Invité

Donc vous dites non au CNR ?

25:20
Alain Marleix

Il est hors de question de participer à tout ça que le président de la République fasse le travail institutionnel qui doit être le sien, il est gardien des institutions et qu'il respecte le Parlement que les Français ont désigné.

25:31
Présentateur

Merci Olivier Marlex, président du groupe LR à l'Assemblée. Bonne journée à vous.