Canicule : l'angoisse s'installe - C dans l’air - 01.07.2025
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 2:47OuverteRéponse directe
Peut-on anticiper sur ce qui peut arriver dans les jours qui viennent ?
- 3:27OuverteRéponse directe
Passer à un niveau 4 alerte canicule, qu'est-ce que ça change concrètement ?
- 6:09OuverteRéponse directe
On se faisait la remarque en regardant ce reportage... Quand il fait 41 degrés, est-ce qu'on n'est pas tous logés à la même enseigne ?
- 6:53OuverteRéponse directe
Pourquoi c'est encore plus dur la nuit ?
- 9:04OuverteRéponse directe
On est à 40. On supporte ? On sait supporter 40 ?
- 10:52OuverteRéponse directe
Sur cette espèce d'angoisse collective, le réchauffement climatique...
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:10C.PenaFait
« On est dans une des 10 journées les plus chaudes jamais enregistrées en France. »
- 3:27C.PenaFait
« Ca dépasse la météo. Il y a surtout des histoires sanitaires politiques. »
- 4:40P.PellouxFait
« Si vous limitez la prévention en parlant seulement des personnes âgées, non. Personne n'est égal à l'autre. »
- 7:37N.WakimFait
« Le changement climatique, généré par nos émissions de gaz à effet de serre, notre consommation de pétrole, de gaz, de charbon au niveau mondial... Ca réchauffe au niveau mondial. »
- 9:04C.PenaFait
« On va vers des vagues de chaleur que l'organisme ne pourra pas supporter. »
- 9:43C.PenaFait
« Météo-France a publié une étude qui imagine une France réchauffée de 4 degrés dans le prochain siècle. »
- 10:26N.WakimFait
« On va au-devant de canicules qui vont être plus intenses, plus longues, plus fréquentes. »
- 10:52C.PenaFait
« La biodiversité ne résistera pas, à mon avis. »
- 11:37P.DessertineFait
« L'angoisse provient aussi du fait que dans une semaine, à "C dans l'air", on va avoir changé de sujet. »
- 13:01P.DessertineChiffre
« On nous dit que c'est à peu près 820 euros par habitant quand vous avez des phases caniculaires. Là, ça commence très tôt. Ca peut être de 22 à 40 milliards. »
- 16:32F.BayrouFait
« Les hôpitaux se tiennent prêts. Pour l'instant, on ne note qu'une légère augmentation des urgences, et même très légère, selon la ministre. »
- 17:15InconnuChiffre
« 1350 écoles sur 45 000 sont restées fermées entièrement ou en partie, comme à Tours, où les élèves sont accueillis uniquement le matin. »
- 18:44P.PellouxFait
« Plus on vieillit, plus on est malades et plus on est fragiles, mais les premiers qui vont décéder, ça va être les plus pauvres. »
- 20:10P.PellouxFait
« Les maladies cardiovasculaires, respiratoires, rénales... Si vous rajoutez les patients qui n'ont pas qu'un mais plusieurs cancers... »
- 25:14P.DessertineChiffre
« On nous dit que c'est à peu près 820 euros par habitant quand vous avez des phases caniculaires. Là, ça commence très tôt. Ca peut être de 22 à 40 milliards. »
- 28:00P.PellouxFait
« Dès qu'il y a une canicule, il y a une surmortalité. 75 % des décès étaient les plus de 75 ans en 2003. »
- 28:44N.WakimChiffre
« On a déjà eu 600 décès supplémentaires sur une année. »
- 30:12N.WakimFait
« EDF propose de mettre ces centrales en bord de mer plutôt qu'en bord de rivière. »
- 31:39P.DessertineFait
« Les Français vont sortir un mini réacteur qui va se refroidir à l'air. »
- 33:08InconnuChiffre
« Plus de 4 millions de logements sont aujourd'hui considérés comme des passoires ou des bouilloires thermiques dans lesquelles suffoquent en ce moment 9 millions de Français. »
- 36:42N.WakimFait
« 80 % des logements de 2050 sont déjà là. »
- 37:25N.WakimFait
« Le gouvernement vient de revenir en arrière sur le dispositif MaPrimeRénov', qui n'était déjà pas terrible, parce qu'il trouve que ça coûte trop cher. »
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Mayonnaises et moutardes Maille. ... - C.Roux: Bonsoir. Bienvenue dans "C dans l'air". C'est tout un pays qui se retrouve piégé sous un dôme de chaleur, écrasé par des températures qui dépassent parfois aujourd'hui 40 degrés. Plus d'air, plus d'échappatoire pour ceux qui vivent dans des bouilloires thermiques, sous les toits, sans climatisation. 1900 écoles ont été fermées. Des villes comme Paris sont passées au niveau 4 d'alerte canicule. L'angoisse s'installe avec, en prime, la certitude que ce n'est qu'un début. Le gouvernement se déploie pour porter des messages de prévention. La classe politique s'empare du sujet après l'avoir longtemps délaissé. Le RN propose un grand plan de climatisation nationale, s'attirant les foudres des écologistes. Le réveil de tous est brutal au début d'un été où il fait plus chaud à Londres qu'à Acapulco. Avec nous, pour en parler, P.Dessertine, économiste, président du Comité 21.
N.Wakim, vous êtes journaliste au "Monde". Avec nous ce soir, P.Pelloux, médecin urgentiste au Samu de Paris, président de l'association des médecins urgentistes. C.Pena, vous êtes journaliste pour franceinfo. On est dans l'oeil du cyclone. On est dans la journée la plus difficile de cette canicule. - C.Pena: Et à la veille de la nuit qui sera certainement la plus difficile. Les seuils caniculaires seront largement dépassés. Elle sera très éprouvante. On va passer une grande partie de la nuit avec une chaleur proche des 30 degrés. Les organismes ne vont pas pouvoir récupérer. Au petit matin, ça va descendre un peu, mais pas longtemps. Avec l'ensoleillement, ça va remonter très vite. - C.Roux: On est dans une des 10 journées les plus chaudes jamais enregistrées en France. La spécificité, c'est que c'est l'ensemble du territoire qui est touché par cette vague de chaleur. - C.Pena: Ca va jusqu'à l'Angleterre. Ca englobe l'Italie, l'Espagne, Portugal. On a un dôme de chaleur très large, très intense. Et précoce, et très long. Il s'est installé depuis un certain moment.
- C.Roux: On peut anticiper sur ce qui peut arriver dans les jours qui viennent? - C.Pena: On anticipe, mais à 15 jours. Après, ce sont des tendances. Effectivement, on voit que ça va baisser avec un air un peu plus océanique à partir de demain. On aura un changement de vigilance demain à 6h. A 22h, l'Ille-et-Vilaine va sortir de vigilance. Ca va être progressif. A partir du 10, on a une tendance à des températures qui devraient monter de nouveau. - C.Roux: Passer à un niveau 4 alerte canicule, qu'est-ce que ça change concrètement?
- C.Pena: La vigilance rouge? - C.Roux: Pour la ville de Paris, spécifiquement, une alerte canicule de niveau 4. - C.Pena: Ca dépasse la météo. Il y a surtout des histoires sanitaires politiques. - P.Pelloux: Il y a une augmentation des maraudes pour les sans-domicile-fixe, des centres et des points de rafraîchissement mis en place par des mairies, un rappel... Il faut saluer le travail que font les maires et la proximité. On y reviendra. Il y a une mobilisation qui se fait avec des médecins retraités. C'est très solidaire, positif. Evidemment, il y a les directeurs des hôpitaux... S'il y a d'afflux massif. C'est surveillé par l'ARS. Ils peuvent appuyer sur le bouton du plan blanc. - C.Roux: L'effet sur l'organisme...
Autour de cette table, on le ressent. Nous ne sommes pas considérés comme des personnes à risque, mais l'effet commence à se ressentir jour après jour. - P.Pelloux: Sans faire peur aux auditeurs, cette canicule est arrivée de manière pas très brutale. Elle est arrivée sur une semaine à 10 jours. Les organismes ont le temps de s'habituer. Mine de rien, on a commencé à s'habituer... Depuis 2003, les messages de prévention ont commencé à arriver. Il y a des gens qui ne comprennent pas trop encore qu'il faut fermer
leurs volets à 13h... - C.Roux: Des gens qui font leur footing... - P.Pelloux: Votre organisme a commencé à s'y habituer, mais il arrive un moment, l'hyperthermie maligne, où votre organisme ne va plus pouvoir réguler votre température. Vous avez une réaction inflammatoire en chaîne qui se déclenche. - C.Roux: C'est ce qu'on appelle le coup de chaleur? - P.Pelloux: C'est l'hyperthermie, mais ça commence toujours par un coup de chaleur. Il y avait beaucoup de théories qui existaient il y a 20 ans sur comment les traiter qu'on a battues en brèche.
Si quelqu'un a chaud, si un enfant a chaud, il faut lui mettre du linge humide dessus, le réhydrater. - C.Roux: Pourquoi c'est encore plus dur la nuit? - P.Pelloux: Votre organisme... C'est l'erreur de ceux qui disent qu'il faut tout climatiser. Nous sommes des êtres vivants. On a l'habitude de thermoréguler. Vous avez chaud, des hormones se mettent en place... La nuit, il fait froid, on va faire un peu plus d'énergie. Si vous avez un écart de température entre le jour
et la nuit qui ne se fait pas, votre organisme ne récupère pas. Toute cette batterie de molécules ne va pas se régénérer. - C.Roux: On a décidé d'intituler notre émission en parlant d'angoisse. On a le sentiment de ne pas pouvoir s'échapper. On se retrouve dans des logements où il fait parfois plus chaud qu'à l'extérieur. Il y a un effet sur le stress. Les neurones régulant la température et le stress sont très connectés. Il y a quelque chose qui est lié à cette canicule, une angoisse? - N.Wakim: Il faut rappeler pourquoi on se retrouve dans cette situation.
Le changement climatique, généré par nos émissions de gaz à effet de serre, notre consommation de pétrole, de gaz, de charbon au niveau mondial... Ca réchauffe au niveau mondial. Une canicule comme celle-ci à cette période de l'année, il y a 20 ans ou 30 ans, n'aurait pas pu arriver. On va au-devant de canicules qui vont être plus intenses, plus longues, plus fréquentes. - C.Roux: Ca génère de l'angoisse. - N.Wakim: Bien sûr. Il y a 2 choses qui en génèrent. Il y a d'abord la situation dans laquelle on est. On est dans une canicule qui a des impacts sur nos corps,
l'activité économique, l'organisation de la sécurité. On le voit avec les écoles. On n'est pas très bien préparé pour y faire face alors que ça va se reproduire. On savait très bien que ce genre de choses allait arriver. Des scientifiques nous expliquent depuis 30 ans qu'on va être confrontés à ce type de catastrophes climatiques. Je comprends très bien les gens qui disent: "Je suis en panique car la situation est déjà insupportable et elle va l'être encore plus après. Qu'est-ce qu'on va faire? Quelle réponse on nous apporte?" Pour la plupart des gens, ils ont l'impression que ces réponses n'arrivent pas.
- C.Roux: "Ce n'est que le début des conséquences du réchauffement climatique", c'est ce qu'a dit J.-M.Jancovici ce matin. Juste un mot sur le corps humain et les températures. On est à 40. On supporte? On sait supporter 40? - C.Pena: C'est ça qui est très angoissant. On va vers des vagues de chaleur que l'organisme ne pourra pas supporter. On ne pourra pas se passer de la climatisation, mais on sait que c'est pervers. Pour faire du froid à l'intérieur, on fait du chaud à l'extérieur. C'est ce qui est angoissant. On voit bien que toutes les solutions qu'on envisage sont contre-productives. C'est pareil pour les bâtiments que l'on rénove.
L'hiver, on garde le chaud... En période de canicule, quand ils emmagasinent de la chaleur, ils ont du mal à l'évacuer. - C.Roux: Question. - N.Wakim: C'est absolument vrai. Météo-France a publié une étude qui imagine une France réchauffée de 4 degrés dans le prochain siècle. On peut imaginer une France où il peut y avoir 100 nuits tropicales dans une ville comme Nice, Grenoble, dans quelques dizaines d'années. - C.Pena: Ce ne sera pas 40 degrés mais 50 degrés. - N.Wakim: Des niveaux de canicule qu'on juge insupportables. Quand on parle de réchauffement de 2 degrés, 3 degrés, 4 degrés, ce sont des moyennes. Ce qui compte, c'est les extrêmes. C'est très difficile à vivre pour le corps humain. Ca met en péril beaucoup d'activités économiques
et le fonctionnement même de notre société. - C.Roux: Ce rapport de Météo-France sur la température en France dit que 40 degrés sera une température normale en 2100 et des records de 50 degrés seront probables dès 2050. - C.Pena: La biodiversité ne résistera pas, à mon avis. - C.Roux: Sur cette espèce d'angoisse collective, le réchauffement climatique... Il y a également les orages. Ca cloue le pays au sol. - P.Dessertine: L'angoisse provient aussi du fait que dans une semaine,
à "C dans l'air", on va avoir changé de sujet. C'est cette espèce de focalisation à un moment donné, parce qu'on est dans un événement incroyable... On a eu des orages incroyables, on va encore en avoir, on a une canicule, et après, tout continue comme avant. L'angoisse provient de ça. Chacun se dit que ça va revenir. Et en fait, il se passe quoi? Il faut être très clair. Vous avez des pays qui sont nos voisins, que nous connaissons bien, comme le Maroc. Il y a des pays qui vivent comme ça, mais ils vivent pas comme nous.
On doit s'adapter. Si on dit qu'il faut réfléchir à ce qu'on doit changer, on va vivre mieux ces épisodes et contribuer à ce qu'ils ne reviennent peut-être pas. Je regardais aujourd'hui dans "Les Echos"... En une, D.Seux, sur la façon dont on peut envisager d'avoir un rafraîchissement... En face, il y a un article sur le refus du télétravail. Le télétravail, c'est un changement de modèle. Je pense que c'est un des points fondamentaux sur la mobilité. Mais dès qu'on va avoir finir l'épisode caniculaire, toutes les entreprises, et même les gens, vont dire qu'il faut retourner au travail. Vous avez cette force de rappel terrible en se disant qu'il faut continuer à fonctionner comme avant. Vous êtes avec des épisodes de plus en plus fréquents qui vont nous dire qu'on ne peut pas continuer comme avant...
Les gens angoissent car personne ne sait quelle est la solution. - C.Roux: Nous sommes allés voir des gens qui vivent dans des bouilloires thermiques. Quand on travaille chez soi et qu'on n'est pas climatisé, un appartement ou une maison non aérée, ça devient très compliqué. Le gouvernement fait passer des messages de prévention et aligne les ministres pour faire passer des messages. Le thermomètre affiche des records inimaginables il y a encore quelques années. - A la une ce matin, la canicule qui va s'intensifier aujourd'hui et demain. - C'est la pire journée de la semaine.
- Ca devient insupportable. - Travailler comme rester chez soi est un cauchemar. Bienvenue dans un monde qui se réchauffe. - Impossible d'y échapper. Dès le réveil, la France accablée par une nouvelle journée caniculaire. A Paris, ce midi, il fait déjà 38 degrés. Une température difficile à supporter. - 38 degrés, aujourd'hui, c'est pas mal. On essaie de faire des jeux dans l'eau, des activités où il y a la clim... Sinon, c'est impossible de rester au soleil. - La capitale fait partie des 16 départements en alerte rouge canicule alors que la France vient de connaître son mois
de juin le plus chaud. Hier, 38 degrés relevés à Bordeaux et même à 41,9 degrés à Vinsobres, dans la Drôme. Aujourd'hui encore, c'est presque tout le territoire qui est concerné. - Là, on est sur du 36 degrés, mais peut-être que dans 2 ou 3 ans, on sera sur du 40 et ce sera la norme. Ca fait très peur pour les jeunes et les enfants qui vont subir ça au quotidien. - La Méditerranée aussi bat des records. Ce matin, à Marseille, l'eau est à 27 degrés. - Elle n'est même pas rafraîchissante.
- Beaucoup trop chaude pour la saison. Ce n'est pas très bon pour la planète ni pour nous dans l'avenir. - Une eau trop chaude, c'est ce qui a poussé EDF à mettre en pause la centrale nucléaire de Golfech. L'eau de la Garonne qui sert à refroidir le réacteur atteint 28 degrés. Dans les Alpes, de violents orages ont provoqué une crue soudaine. Le trafic ferroviaire est interrompu entre Paris et Milan. Face à cette chaleur qui dure, F.Bayrou s'exprime entouré de 3 ministres. Il appelle les Français à se protéger et tente de rassurer. - F.Bayrou: Les hôpitaux se tiennent prêts.
Pour l'instant, on ne note qu'une légère augmentation des urgences, et même très légère, selon la ministre. - Dans tout le pays, 1350 écoles sur 45 000 sont restées fermées entièrement ou en partie, comme à Tours, où les élèves sont accueillis uniquement le matin. - On a observé sur plus d'une vingtaine d'établissements des températures déjà supérieures à 30 degrés voire 35 degrés, donc on craint qu'aujourd'hui et demain, on ait des établissement qui atteignent les 40 degrés. - Ventilateurs, draps réfrigérés...
Dans cet Ehpad près de Perpignan, le personnel fait tout pour protéger les résidents. - Ca va de la surveillance renforcée des signes d'alerte clinique qui peuvent apparaître auprès de nos résidents. Pour éviter la déshydratation, on a des packs d'eau ou des fontaines à eau qui sont plus alimentées qu'en temps normal. - Les sorties en extérieur ont été annulées. - Ce n'est pas facile. On ne peut pas sortir. On ne peut pas aller au parc. On a un magnifique parc et on ne peut pas y aller. On fait avec. - Dès demain, les températures devraient commencer à baisser
dans l'ouest de la France. Dans le reste du pays, elles resteront caniculaires. - C.Roux: On se faisait la remarque en regardant ce reportage... Dans les messages de prévention, il y a toujours cette idée de ne pas forcément affoler tout le monde et de cibler les personnes fragiles. Quand il fait 41 degrés, est-ce qu'on n'est pas tous logés à la même enseigne? - P.Pelloux: Si. Faire de la prévention, ce n'est pas faire peur. Il y a le principe de réalité. Si on calculait le nombre de morts depuis la canicule de 2003... L'an dernier, il y en a eu encore 7000. Ce sont des chiffres assez importants.
Plus on vieillit, plus on est malades et plus on est fragiles, mais les premiers qui vont décéder, ça va être les plus pauvres... Ca touche les couches sociales les plus pauvres. Souvent, l'éducation à la santé et l'éducation populaire ont été abandonnées. Les sportifs... Vous pouvez faire toutes les préventions que vous voulez, ça n'empêche pas... Vous les avez vus ce matin courir, ce midi... Je suis sûr que sur les bords des côtes, c'est très agréable, mais quand il fait 40 ou 45 degrés, ce n'est pas possible. - C.Roux: C'est se mettre en risque. - P.Pelloux: L'hyperthermie est l'ennemie numéro 1 des soldats. L'armée connaît ça par coeur.
Si vous limitez la prévention en parlant seulement des personnes âgées, non. Personne n'est égal à l'autre. Vous avez un capital génétique, des maladies différentes, des soucis différents... En 2003, on s'est aperçu qu'il y avait une surmortalité chez les patients avec des traitements chroniques. Il faut réadapter vos traitements. Il faut donc voir son médecin traitant... - C.Roux: Quels traitements? - P.Pelloux: Les maladies cardiovasculaires, respiratoires, rénales... Si vous rajoutez les patients qui n'ont pas qu'un mais plusieurs cancers... C'est très compliqué. C'est là où on retombe sur faire de la prévention primaire sur les messages qui sont passés et qui ne sont pas là pour faire peur mais pour limiter les dégâts. - C.Roux: Je rappelle le numéro de Canicule info service. C'est ouvert de 9h à 19h. Remarque.
On n'a pas totalement retenu la leçon des dernières canicules. - N.Wakim: C'est un point très important. Il faut des politiques d'adaptation pour adapter les bâtiments, mais ce dont on a besoin face au changement climatique, c'est aussi plus de solidarité. Les équipes de la Croix-Rouge l'expliquent très bien. Face aux inondations il y a quelques années, ils se rendaient compte que leurs opérations duraient 2 fois plus longtemps. Il faut veiller sur ses voisins, les personnes âgées dans son quartier, apporter de l'eau, faire jouer les réseaux
de parents d'élèves, d'associations sportives... Ce sont ces réseaux qu'on doit revitaliser. Ca va être notre première barrière collective. On parlait de ceux qui vivaient sous les toits... Il n'y a pas d'association de voisins qui existe en France. Il faudrait créer une association des voisins du dernier étage pour tendre des tissus qui pourraient protéger de la chaleur, repeindre les toits de couleur blanche... C'est ce genre de solidarité dont on a besoin. Ca peut s'organiser. Certaines collectivités locales et des mairies y réfléchissent.
- C.Roux: On parle beaucoup de Paris, mais ça se passe dans toutes les grandes villes de France avec cette idée que les villes et les métropoles sont très impactées car pas du tout végétalisées. - C.Pena: Il y a ce phénomène d'îlot de chaleur. Plus on est urbanisé, plus on emmagasine... Le béton emmagasine cette chaleur et la restitue. On le voit. A Paris, je regardais les températures ce matin... Très vite, c'est monté à 37 degrés, à 11h. Il faisait un peu moins en banlieue, dans des zones végétalisées.
Ce n'est pas qu'une petite différence. Quand on végétalise, d'une rue à une autre, on peut voir la différence. Il peut y avoir 4, 5 à 6 degrés de différence. Il faut enlever du bitume, mettre des arbres. C'est une de nos armes les plus faciles à utiliser. - C.Roux: Question. - C.Pena: Oui. On est toujours dans un climat tempéré, heureusement. On a de l'air océanique qui va arriver à partir de demain. - C.Roux: Est-ce qu'il va y avoir des orages? - C.Pena: Bien sûr. C'est un air moins chaud qui arrive, pas un air froid. Mais en rencontrant ces fortes chaleurs... Plus on est dans des extrêmes et plus les orages
risquent d'être violents. Les modèles sont relativement optimistes. - C.Roux: Vous avez l'air d'en douter. - C.Pena: Ce ne sont que des modèles et des projections. Il faut quand même se méfier. - C.Roux: C'est plus difficile de prévoir les orages et l'intensité des orages que les vagues de chaleur. - C.Pena: Oui. A Paris, on devrait être entre 2 lignes orageuses. On ne devrait pas être touchés. Mais on peut avoir des débordements, quelques orages isolés qui sont imprévisibles. - C.Roux: Après la canicule, après les orages, vient aussi la sécheresse. Question.
On pourrait rallonger la question, l'économie, l'agriculture... - P.Dessertine: Sur l'économie en général, ça ne fait aucun doute. On est déjà en train de chiffrer. On nous dit que c'est à peu près 820 euros par habitant quand vous avez des phases caniculaires. Là, ça commence très tôt. Ca peut être de 22 à 40 milliards. Tout a un effet direct. On travaille beaucoup moins en période de canicule. Vous avez un effet direct. L'activité économique tourne moins. Dans les marchés financiers, quand les températures montent, les gens achètent moins. - C.Roux: Pourquoi?
Ils se disent qu'ils vont moins travailler... - P.Dessertine: Et puis, il fait très chaud. Vous avez un dynamisme économique qui s'arrête, qui se bride. C'est chiffré. On a des études précises dessus. Vous avez avoir tout un tas de conséquences. Les orages coûtent très cher. Les orages de cette année, c'est 330 millions, déjà. L'an dernier, rien que les catastrophes, ça a coûté 5 milliards. Quand on est en train d'étendre sur la phase caniculaire, on projette entre 22 et 40 milliards. - C.Roux: Avec des activités qui sont plus impactées que les autres?
- P.Dessertine: Bien sûr. Vous avez des activités qui vont être plus impactées. En ce moment, avec la canicule, tous les organismes de tourisme vous disent qu'il n'y a personne. Si c'est plusieurs jours, ça vous fait une baisse de chiffre d'affaires un peu partout... Vous avez la problématique de l'école. Je vais être dans une coopérative agricole dans quelques jours. Elle est en train de planter des abricotiers avec une usine de confiture qui va s'implanter à côté. Avant, elle faisait du blé et maintenant, elle va faire
des abricots. Il y a des endroits où la question du réchauffement climatique ne fait aucun doute, comme l'agriculture. On pense au futur différemment. - C.Roux: On peut déjà anticiper sur un été avec de la sécheresse? - P.Dessertine: On a eu des effets Nina sur 2023-2024, mais on a des zones... - C.Roux: Il y a des zones qui sont déjà en alerte exceptionnellement sec. - C.Pena: Pareil pour les eaux. L'océan, on est à 3-4 degrés de plus que la normale.
C'est la canicule marine. En Méditerranée, on peut être jusqu'à 6 degrés de plus. C'est un véritable carburant. Quand on sera à l'automne, si la météo tourne avec des événements méditerranéens, ce sera un véritable carburant. - C.Roux: Il y a eu des victimes des orages, un garçon de 12 ans, un homme de 54 ans, avec des chutes d'arbres. Est-ce que la canicule est la catastrophe naturelle... Est-ce que c'est une catastrophe naturelle? Comment on appelle ça? Est-ce que c'est celle qui tue le plus? - P.Pelloux: L'été, oui. Il y a une surmortalité des plus pauvres... - C.Roux: Uniquement des plus pauvres?
Il y a une surmortalité générale? - P.Pelloux: Dès qu'il y a une canicule, il y a une surmortalité. 75 % des décès étaient les plus de 75 ans en 2003. Il y a eu des progrès. Tout ça est en train de varier. Mais hélas, il y aura encore... - N.Wakim: On commence à savoir le chiffrer. Il y a quelques jours, des Britanniques ont mis en place un outil qui permet de voir à peu près en direct quelle surmortalité cause une canicule. On a déjà eu 600 décès supplémentaires sur une année...
On vit plus mal, on dort moins bien, on fait plus d'erreurs... Il y a plus d'accidents du travail. Il y a plus de violences conjugales car les gens boivent plus... - C.Roux: En Espagne, il y a eu une communication... En raison de l'augmentation des températures, il y a eu des messages de prévention sur les violences conjugales. - N.Wakim: La chaleur nous monte à la tête. On est moins bons pour répondre, moins calmes. On s'énerve plus. Ca se chiffre aussi en termes de productivité. On travaille moins bien. Il y a plus d'accidents, donc d'accidents graves. - P.Pelloux: Le 1er signe de l'hyperthermie, c'est la colère et l'agacement. - C.Roux: Y compris chez les enfants, l'agitation aussi... - N.Wakim: - P.Dessertine: Sur la catastrophe naturelle, c'est un terme pour les assurances... Non. Vous n'êtes pas dans quelque chose... Avec un orage, vous allez avoir des dégâts brutaux, comme une inondation. Là, on ne peut pas avoir une indemnisation parce que vous avez subi des températures. - C.Roux: Un mot sur la centrale nucléaire qui a été mise à l'arrêt. - P.Dessertine: Dans ma région.
- C.Roux: On le sait, quand le réchauffement des cours d'eau qui sont censés rafraîchir les centrales ne fonctionne pas, on met la centrale en veille. - N.Wakim: Si cette eau est trop chaude et pose un problème pour la température des eaux du fleuve, on demande à EDF, quand c'est possible, de respecter une réglementation et se mettre à l'arrêt. - C.Roux: Si on se projette et qu'on voit les projections sur les températures, comment on fait avec ces centrales pour les refroidir?
- N.Wakim: EDF propose de mettre ces centrales en bord de mer plutôt qu'en bord de rivière. Il risque d'y avoir plus d'arrêts de réacteurs dans les années qui viennent pendant l'été. Ca ne représente pas beaucoup en termes de consommation d'électricité à l'échelle nationale, mais ça peut être embêtant s'il faut arrêter plusieurs réacteurs. - P.Dessertine: C'est tout ça, l'adaptation et le changement de modèle. Un groupe français, une petite entreprise, est en train d'inventer un réacteur qui va se réchauffer à l'air et plus à l'eau, et de l'air jusqu'à 55 degrés. Quand vous êtes en canicule, vous consommez beaucoup d'électricité. C'est le serpent qui se mord la queue. Si on ne peut plus utiliser les centrales parce qu'il fait
chaud alors qu'on en a besoin... Les Français vont sortir un mini réacteur qui va se refroidir à l'air. - C.Roux: L'adaptation doit aussi se faire sur les logements. La Fondation Abbé-Pierre estime que 1 logement sur 3 en France est une bouilloire thermique, un habitat où il fait entre 4 et 5 degrés de plus par rapport aux températures extérieures. Nous sommes allés rencontrer ceux qui suffoquent littéralement chez eux, comme piégés dans une fournaise, avec un impact sur la santé, le sommeil et le moral. - Quand le soleil tape fort mais que l'on se sent
mieux dehors... Milieu de matinée à Aubervilliers... Les immeubles de la cité Cochennec datent pour certains des années 40. Peu d'isolation, pas de ventilation... - J'ai un petit ventilo là. Je le mets un peu H24. - Et pas de volets non plus. - A partir de 15h, je me tape le soleil jusqu'à 20h, 22h. J'ai mis des rideaux, mais ça ne sert à rien. On n'a pas les moyens d'acheter une clim. Il y en a qui achètent des petites clims à Carrefour, mais même ça, ça ne marche pas tout le temps. - Les plus précaires subissent le plus durement ces vagues de chaleur. Plus de 4 millions de logements sont aujourd'hui considérés comme des passoires ou des bouilloires thermiques dans lesquelles suffoquent en ce moment 9 millions de Français. Mais plus personne ou presque n'y échappe.
La chaleur écrase tout le monde, partout. A Paris, Félix et son fils ont beau habiter au rez-de-chaussée, température estivale dans le salon. - Il fait combien sur le thermomètre? - 26. - Alors le réflexe est simple. - On est exposés ouest. On a le soleil l'après-midi. - Volets fermés et ventilateurs dans les chambres. - Ca fait du bien. - Les logements urbains sont de plus en plus inadaptés et pas si faciles à rénover. - L'isolation par l'intérieur est très compliquée à faire. Le prix du mètre carré est très cher. Vous rognez des mètres carrés... J'ai essayé de faire des travaux, budgétiser... Il fallait compter 2 ans pour qu'il y ait un expert qui vienne, que le projet soit validé... Ca avait l'air très fastidieux et long pour obtenir
des financements. J'ai l'impression que c'est un effort financier tellement énorme qu'il faudrait une volonté politique très forte. Pour l'instant, à part certains beaux discours, il n'y a pas grand-chose. - Et pendant ce temps, moral et santé sont mis à rude épreuve quand les températures ne parviennent pas à chuter, même en fin de journée. 21h et encore 34 degrés chez cette femme au tout dernier étage d'un immeuble parisien. - On est direct sous la toiture. Si on touche les murs, on sent qu'ils sont chauds. Au-dessus, c'est le zinc, la toiture directement.
- Dans ce quartier historique en plein coeur de Paris, les normes architecturales rendent encore plus difficile une isolation des toits. - A force d'avoir chaud tout le temps, on est plus irritable. Il y a le manque de sommeil... - Même cuisiner est devenu un défi avec la longévité réduite des fruits et légumes. - Au bout de 2 jours, tout a pourri à cause de la chaleur. Je mets tout au frigo, mais même comme ça, ça pourrit super vite. - Très engagée sur les questions environnementales, Lara vit mal l'inertie et les reculs politiques au niveau national. Ces dernières semaines encore sur les ZFE et le retour
de certains pesticides... - Je n'ai pas trop d'espoir dans les politiques. Je ne pense pas qu'une dizaine ou une centaine d'individus haut placés peuvent changer les choses. Ce ne sont pas les principales victimes du dérèglement climatique. Ils ne ressentent pas le besoin drastique de changement quand on voit qu'on va droit dans le mur, qu'il n'est plus possible d'atteindre les 1,5 degré maximum de réchauffement climatique... Quand on voit qu'on se dirige plus vers 4 degrés, c'est dur de rester positif. - La France compte aujourd'hui 1 million de passoires thermiques en moins qu'il y a 3 ans grâce aux efforts de rénovation. - C.Roux: N.Wakim, votre réaction à ce reportage? C'est vrai que les toits en zinc à Paris, c'est classé.
On ne peut pas les peindre en blanc pour gagner quelques degrés. - N.Wakim: Le paradoxe, c'est que cette histoire de rénover des logements, c'est l'une de nos meilleures chances d'arriver à lutter contre le changement climatique. Un logement bien rénové, ça veut dire consommer moins d'énergie l'hiver. Si, en plus, on fait attention au confort l'été, on aura moins chaud. C'est important d'investir dans la rénovation des logements. 80 % des logements de 2050 sont déjà là.
Il ne s'agit pas de se dire qu'il faut trouver le super bâtiment qui va tout résoudre, mais se dire qu'avec ce qui est existant, il faut rénover... Evidemment, ça coûte de l'argent. - C.Roux: Trop cher, visiblement. - N.Wakim: Quand on voit que le gouvernement vient de revenir en arrière sur le dispositif MaPrimeRénov', qui n'était déjà pas terrible, parce qu'il trouve que ça coûte trop cher... - C.Roux: Il y a eu beaucoup d'abus. - N.Wakim: Un peu. On voit aussi qu'on a besoin d'un chantier colossal pour rénover les logements, les bâtiments publics. On parlait tout à l'heure des écoles. 80 % des établissements scolaires ont besoin d'être rénovés. La moitié des enfants, petits, sont confrontés à des températures au-delà de 35 degrés. Il faut des investissements colossaux
pour que tout ça soit vivable. Ca ne va pas venir du ciel. C'est des arbitrages politiques de dire: "Comment on veut que la France soit dans 10 ou 20 ans?" C'est aujourd'hui. - C.Roux: Ce qui est difficile... Les gens dans ce reportage disent qu'il faut tout changer. Le toit en zinc, les fenêtres, les cloisons, ça ne va pas. - N.Wakim: Il y a quand même un intermédiaire. Il y a 2 choses qu'on peut faire. Il y a différentes temporalités. Il y a besoin de planifier cette rénovation. On ne va pas rénover tous les bâtiments de France du jour au lendemain. En attendant, il y a beaucoup de choses et de solutions qu'on peut protéger. Certaines relèvent peut-être un peu du système D.
On a vu des gens mettre des couvertures de survie sur leurs velux. Ca marche plutôt bien. Installer des volets et avoir un ventilateur, c'est souvent très efficace, si on sait quand aérer son appartement. Il faut construire les deux en même temps. Dans une école, il y a beaucoup de choses qu'on peut faire dès aujourd'hui pour aller dans la bonne direction, mais tout cela ne vaut que si on a en même temps un plan d'investissement pour répondre à la prochaine vague de chaleur. - C.Roux: Régulièrement, nous invitons P.Dessertine pour évoquer les sujets budgétaires avec cette idée qu'on n'a pas de marge de manoeuvre, qu'on est obligés de supprimer des aides, comme MaPrimeRénov',
parce qu'il faut trouver des marges de manoeuvre. L'équation budgétaire, quand on voit ce reportage, on se demande comment faire cette mutation, avec quel argent. - P.Dessertine: Il y a tellement de points... La jeune fille, il faut qu'elle soit optimiste. C'est frappant, quand vous avez des gens de cette génération qui se demandent comment être optimistes. On peut l'être. Ce n'est pas juste en disant qu'on va rénover les logements. On a un énorme problème de logement en France. Il y a des gens qui n'ont pas d'appartement. On manque de logements et on va avoir de plus en plus de manque. Du fait des normes qu'on met en place,
plein de logements vont être enlevés du parc locatif. Les équations ne tiennent pas. Je suis désolé, c'est vrai, c'est comme ça que ça se passe aujourd'hui. L'enveloppe de MaPrimeRénov' était de 2,3 milliards. Elle a été mangée complètement. Le gouvernement a dit qu'on allait attendre septembre. Ca ne marchait déjà pas très bien. Ca ne fonctionne pas. La vraie question, ce n'est pas juste de dire "on va essayer"... C'est important que les logements soient isolés. Il faut vivre différemment. On est à un changement de civilisation. On ne doit pas être dans le bricolage. Si vous êtes dans le bricolage, vous ne vous en sortez pas. - C.Roux: Ca veut dire quoi? - P.Dessertine: Quand vous regardez tout le monde dans des villes pour aller dans une tour à La Défense, ça ne marche pas.
Il n'y a pas de raison de le faire. Les voitures électrique et l'isolation, non. - C.Roux: On reste chez soi? - P.Dessertine: Non, vous allez travailler. - C.Roux: J'essaie de savoir comment on va vivre autrement. Si on ne va plus à La Défense pour travailler... Ca veut dire le télétravail? Chacun reste chez soi? - P.Dessertine: Il faut travailler près de chez soi. Vous avez le réflexe en disant "je préfère qu'on fasse une isolation du toit". Non. Vous avez répondu en faisant ça. - C.Pena: Peut-être qu'il faudrait arrêter de vouloir vivre sous les toits. - P.Dessertine: Vous allez rentrer dans des logiques d'entonnoir où on ne s'en sort pas.
La question de financement suppose une remise à plat complète. Il faut arrêter la logique à la petite semaine qui vous fait une élection, des jolies émissions, mais ça ne répond pas au problème. On doit être dans un changement de modèle beaucoup plus profond. - C.Roux: M.Le Pen, du RN, a dit: "Faisons autrement. Grand plan climatisation." Question. M.Tondelier n'était pas favorable à ce plan de climatisation. C'est quoi, le changement de modèle? On fait des clims? - P.Pelloux: Alors... Il y a plein de choses à dire. Imaginons une société où tout est climatisé. - C.Roux: Ca existe déjà.
- P.Pelloux: Oui... - C.Roux: Dans certains pays... - P.Pelloux: On a vu la coupe de foot... - C.Roux: Aux Etats-Unis, c'est 9 habitations sur 10. C'est un des pays qui y contribuent le plus, surtout avec le fou qu'ils ont mis comme président. - P.Pelloux: L'idée de tout climatiser est mauvaise. - C.Roux: Vous dites que la climatisation, c'est mauvais pour nos organismes, notre humeur... - P.Pelloux: Quand quelqu'un est en hyperthermie et arrive dans des salles réfrigérées, ça contribue à ce qu'il aille mieux.
Il ne faut pas voir derrière le système de santé que ça va éviter la mortalité des effets de la canicule. C'est civilisationnel, économique, multifactoriel. Tout ce qu'on dit, depuis 2003, je l'ai entendu. On n'a pas beaucoup bougé. Là, il faut juste savoir que nous sommes début juillet, et on a déjà des températures qui battent tous les records. Les mers sont très chaudes. C'est terrible. La semaine prochaine, les sujets vont remplacer les autres. On va trouver d'autres trucs à dire. On va oublier.
Or, c'est là où le domaine politique aurait dû s'intéresser à ça il y a 22 ans. - C.Roux: Sur la partie médicale, il aurait fallu faire quoi de plus? - P.Pelloux: Sûrement pas fermer les 73 000 lits d'hospitalisation qui ont été fermés depuis 2003. - C.Roux: On voit bien qu'il y a l'arbitrage entre gérer l'urgence, c'est-à-dire mettre des clims parce qu'on souffre... - C.Pena: C'est un pansement. A un moment donné, on ne pourra pas s'en passer, mais il faudra la gérer intelligemment et arrêter de vouloir absolument vivre sous les toits parce qu'on a besoin de mètres carrés. C'est du bon sens. On a perdu le bon sens, il me semble. Du coup, il va falloir s'adapter. La clim à 19 alors qu'il fait 40 à l'extérieur, non. On ne peut pas avoir un écart...
Dans les centres commerciaux, c'est un peu ça. L'écart est phénoménal. - C.Roux: On voit bien l'arbitrage en termes de tempo entre gérer l'urgence, puisqu'on y est, et avoir des plans au long terme. - N.Wakim: Il faut comprendre quelque chose qui échappe parfois. Si on veut s'adapter, la 1re chose à faire, c'est de baisser nos émissions de gaz à effet de serre. Sinon, on se retrouve dans une situation dans laquelle le climat n'est plus vivable. La 1re barrière de l'adaptation, c'est la baisse de nos émissions de gaz à effet de serre, c'est-à-dire avoir moins de voitures thermiques, utiliser moins
de centrales à charbon et arrêter d'utiliser des énergies fossiles et changer de modèle agricole. Notre 1er problème, c'est de s'adapter aux conséquences, mais aussi d'empêcher que ça s'aggrave. Sinon, on va rentrer, dans peu de temps, dans des situations qui ne sont pas acceptables. - C.Roux: A l'échelle mondiale, certains considèrent que ce n'est plus une urgence et qu'il faut continuer à forer, à privilégier l'activité économique. Ca impacte les Européens, qui avaient un Green Deal. Ils ont donné le sentiment de le faire passer au second plan. - N.Wakim: Raison de plus pour ne pas lâcher. Aujourd'hui, le rôle de l'Europe est très important.
L'Europe baisse ses émissions. La Chine commence à baisser ses émissions. Elle investit massivement dans les énergies renouvelables, les véhicules électriques. La Chine a plein de défauts, mais au moins, elle fait ce travail. Un certain nombre de pays du Sud commencent à investir massivement dans les énergies renouvelables. Les baisses d'émissions sont insuffisantes, mais la différence par rapport à 2003, c'est qu'aujourd'hui, on sait ce qu'il faut faire. On a les moyens économiques d'aller vers des changements de modèle. On sait produire de l'électricité à pas cher
avec des panneaux solaires dans tous les pays du monde. C'est une vraie différence par rapport à il y a 15 ou 20 ans. - C.Roux: Est-ce que le monde économique est prêt? Les grands acteurs économiques sont parfois des grands pollueurs. Ont-ils intégré ça? Est-ce qu'ils ont envie d'emboîter le pas de la doctrine trumpienne? - P.Dessertine: Il faut rappeler ce qui se passe le 29 avril 2025, c'est-à-dire une panne gigantesque en Espagne et au Portugal. On se rend compte que la question électrique est compliquée et qu'il faut faire attention. La grosse logique verticale, c'est-à-dire la concentration partout, même sur les énergies renouvelables... Il faut faire très attention. C'est à gérer beaucoup plus à plat. Le monde économique n'est pas en train de penser à 30 ans.
Ce n'est pas son boulot. Il réagit à des événements immédiats que la science et la politique lui proposent ou lui imposent. Aujourd'hui, la vraie question, c'est de dire comment le monde économique va avoir une incitation beaucoup plus forte à investir dans un changement de modèle. - C.Roux: Est-ce qu'ils ont tous compris? - P.Dessertine: Quand vous prenez les gens individuellement, ils vont vous dire: "Oui, mes enfants me disent que c'est épouvantable." La question, c'est de dire comment vous allez rentrer dans quelque chose qu'il devient rationnel de changer. Ca veut dire que c'est profitable, d'un point de vue économique.
Tant que vous n'êtes pas là-dedans, vous pouvez faire toutes les incantations que vous voulez, ça ne marchera pas. C'est la vraie question, aux Etats-Unis. Au départ, on se disait que c'était beaucoup plus rentable de rester dans l'ancien monde. En ce moment, on se dit "pas sûr". On se demande si ce n'est pas plus rentable de basculer dans quelque chose de radicalement différent. Ce n'est pas sûr que l'ancien monde gagne. On a même l'impression qu'ils vont perdre. C'est formidable. - C.Roux: C'est pour ça que la Chine accélère? - P.Dessertine: On a cette vision de la Chine... Evidemment, ils sont 1,4 milliard, donc ils émettent beaucoup, mais par rapport à nous, ils ont une approche,
une taxonomie... Ils traduisent la manière vertueuse de fonctionner. C'est très intéressant. Les Etats-Unis n'en ont pas. On a tendance à dire "oui, les Chinois"... Les Chinois travaillent énormément. La Chine ressent le problème en disant: "Plus on se développe comme les Occidentaux, plus on ressent chez nous le dérèglement climatique, donc on doit s'adapter à toute allure." - C.Roux: Ce sera sans doute un enjeu de la prochaine présidentielle. - N.Wakim: Il faut le souhaiter. Avant ça, il y a les municipales. Ca sera un enjeu très important de savoir si on doit mettre
plus de voitures en ville, si on doit mettre plus d'arbres, si on veut réfrigérer des lieux... - C.Roux: On va aller... Certaines villes ont choisi de prendre les devants et de s'adapter. A Romorantin, les problèmes, ce sont les crues de la Sauldre, qui sort régulièrement de son lit. Cet hiver, nous avons rencontré un architecte qui veut faire un nouveau quartier en prenant en compte la nature. - Ce quartier est un pari: vivre en acceptant les inondations. A Romorantin-Lanthenay, cette rivière sort régulièrement de son lit, mais tout a été pensé en fonction de la nature, jusque dans l'alignement des bâtiments et le dessin des rues. L'architecte E.Daniel-Lacombe a anticipé les crues. - Cette passerelle est dans le sens du courant. Les rues sont dans le sens du courant, les immeubles aussi. On conduit le chemin de l'eau, une fois qu'il a sa place,
pour que ça tombe dans des trous. Ici, c'est un trou. En tombant, l'eau perd de l'énergie. En frottant les rues, elle perd de la cinétique. Donc elle est plus calme. Ca veut dire qu'elle ne renverse pas les maisons, les voitures ou les habitants. - Voici le trajet de la rivière en crue. Les eaux passent au milieu du quartier. Bassins de rétention, maisons sur pilotis, garages au rez-de-chaussée et trottoirs légèrement surélevés pour limiter les dégâts... Si ça prend l'eau, tout est réfléchi. - Si l'eau monte au-dessus du hall, le balcon du hall permet à des pompiers de venir chercher des gens de l'immeuble, reliés par une fenêtre. Toujours la question de la mise à l'abri, de la mise en sécurité et de la récupération
des personnes. C'est important dans l'architecture. - En 2016, c'est l'épreuve du réel. La Sauldre déborde. Les habitants sont évacués par précaution. L'inondation est près de 2 fois plus haute que la référence de 1910, mais l'eau se retire plus vite dans le quartier qu'ailleurs à Romorantin. Un succès pour ce projet commencé en 2006 entre le maire, J.Lorgeoux, et l'architecte. - Salut. - Le maire s'est laissé convaincre, y compris par les idées les plus contre-intuitives. - Tous les trous qui sont là, c'est une façon de laisser passer l'eau et de la faire traverser le socle de cette halle pour qu'elle passe sans détruire. C'est l'inverse d'une digue. On croit qu'il faut fermer et étancher. Ici, l'eau est rentrée dans le bâtiment. Calmement, elle est passée sous le pont de l'école de musique pour rejoindre le grand jardin.
- Il faut se dépouiller de l'homme ancien pour essayer d'accoucher d'un homme nouveau qui regarde la nature d'un oeil nouveau, pragmatique et réaliste. - Les 2 hommes partent en séminaire dans le monde entier pour parler de ce projet. - On se dispute. - Parce qu'on a des convictions. Dessiner une plage ou un parking... A chaque fois, on a des conversations visuelles. Je pense qu'on est là pour dessiner et faire prendre des arbitrages aux politiques. - E.Daniel-Lacombe est devenu l'un des spécialistes mondiaux de cet urbanisme d'un nouveau genre. Sa philosophie est une réponse aux phénomènes climatiques de plus en plus violents. - Les gens ne partiront pas. 1,8 million de personnes à Valence y resteront.
Les 450 000 habitants du Pas-de-Calais y resteront. Les habitants de la vallée de la Roya vont y rester. On a nos habitudes, nos emplois. Le grand danger, c'est de refaire à l'identique après l'inondation. Finalement, la leçon, c'est qu'après l'inondation, c'est refaire autrement. C'est la question du autrement, tous ensemble et avec la nature qui est convoquée dans ce changement climatique. - Risques d'inondations et de canicule... E.Daniel-Lacombe continue ses projets pour réconcilier le citadin et la nature. - C.Roux: Les gens ne partiront pas, d'après cet architecte. Vous dites que si, comme à Jakarta. - P.Dessertine: L'Indonésie, c'est le plus gros chantier au monde de bouger une ville. A Romorantin, Léonard de Vinci avait un projet incroyable d'une ville autour de l'eau. C'est une question extraordinaire, ce qui est posé. Comment gérer la montée des eaux? On voit qu'il y a zéro plan. Ces questions sont énormes. On doit les anticiper. On est vraiment dans le nouveau modèle. - C.Roux: Vous n'avez pas répondu à ma question sur le coût du nouveau modèle. - P.Dessertine: Non...
- C.Roux: Parce que c'est l'avenir, on peut dépenser? - P.Dessertine: Ca veut dire quoi? - C.Roux: Est-ce qu'on a les moyens? - P.Dessertine: 350 000 milliards de dettes sont prêts à s'investir dans le monde. C'est une économie qui rapporte, c'est comme ça que ça marche. Ca va permettre d'avoir une rentabilité sur votre capital. Aucun problème, on peut supporter. On a la monnaie dingue pour la mettre dans quelque chose qui crée une valeur nouvelle. On a la capacité de le faire. - C.Roux: On n'a pas l'argent pour gérer un modèle déclinant. - P.Dessertine: Et un modèle dans lequel on dirait que ce n'est que de l'impôt qui doit payer. - C.Roux: N.Wakim, visiblement, ça fonctionne. Ca a été anticipé. Ca permet à des gens d'habiter à proximité de ce fleuve
qui a tendance à sortir de son lit très régulièrement. - N.Wakim: Evidemment, on a l'impression qu'il y a une forme d'apathie d'un certain nombre de politiques au niveau national. Au niveau local, par contre, il se fait beaucoup de choses intéressantes avec des élus de toutes couleurs politiques, qui essaient des choses. C'est intéressant de les regarder. Sur les inondations, c'est intéressant de voir que ce qui se fait de mieux, c'est quand on essaye de faire avec une rivière ou un fleuve plutôt que contre lui. - C.Roux: Question. Leur corps s'est adapté? - P.Pelloux: Oui. Il y a un capital génétique adapté. C'est l'inverse...
Si on prend un autre exemple... Vous prenez les Inuits, qui ne se nourrissaient que de poisson, donc d'oméga-3... Le réchauffement climatique a fait que d'un coup, l'alimentation carnée est arrivée. Ils ne sont pas du tout équipés et ils font tous des infarctus très précoces. Vous mettez des arguments qui remontent à des millénaires d'adaptation du capital génétique. Probablement que dans plusieurs milliers d'années, nos descendants françaises et français et autres auront changé, muté leur génétique et sauront beaucoup plus s'adapter à vivre avec 50 degrés. Ce ne sera pas notre cas. - C.Roux: On aura fait tout ce qu'il faut avant. - N.Wakim: En attendant d'avoir des pattes palmées, il faut aussi... - P.Pelloux: Ce qui est intéressant, c'est qu'un architecte a réussi à s'adapter à la montée des eaux. Ce serait bien qu'on trouve aussi une adaptation à la montée
de fréquentation des urgences au niveau de l'architecture. Ce mot, "adaptabilité de nos sociétés", c'est le noeud et le coeur. - C.Roux: S'adapter mais ne pas lâcher l'effort... - P.Pelloux: Et ne pas oublier les pauvres. - P.Dessertine: Le reportage me fait penser à un géant de la construction français que j'ai rencontré il y a quelques jours. C'est devenu un spécialiste de terrassements de digues. Ils disent qu'ils n'ont pas l'argent public. Je leur dis qu'on va avoir de l'argent privé. C'est pour rassurer la jeune fille de tout à l'heure. Plein de choses sont en train de se faire. Il va falloir diriger l'argent là-dessus.
Tu vas voir, c'est un nouveau monde qu'on va construire! - C.Roux: Elle nous regarde. On revient à vos questions. Question. Beaucoup doivent penser comme ça ce soir. On a essayé de dire "non, on sait que ce n'est pas bien, mais là, on ne peut plus". - P.Pelloux: Ils ne peuvent plus et, à 79 ans, elle se protège. On ne peut pas reprocher à des gens de se protéger et de sauver leur peau. - C.Roux: Il ne faut pas qu'elle se sente coupable. - P.Pelloux: Nos propos concernent une perspective... Après la canicule de 2003, un vendeur de climatisation m'avait demandé de faire de la publicité pour en vendre. J'avais refusé. Il y a 22 ans, il y avait déjà ce débat. On disait déjà qu'on allait réchauffer encore plus la planète. - C.Roux: Ce qu'on entend dans cette question, c'est la culpabilité. Il y a aussi une idée de se dire: "Parfois, on n'est pas absolument exemplaire parce qu'on prend l'avion, on achète une clim." - N.Wakim: Là-dessus, il faut être très clair. Il ne faut pas culpabiliser les gens individuellement.
Les solutions sont collectives. On parle de politiques publiques, de modèles dans les entreprises, ce que peuvent faire les mairies. Les bâtiments scolaires, ce ne sont pas nous qui les construisons. Ce sont des décisions collectives. La plupart des solutions sont d'ordre collectif. Il est important de le garder en tête. - P.Dessertine: Peut-être mettre un panneau solaire pour sa clim. Il faudrait même des éoliennes dans son jardin. - C.Roux: On a beaucoup de questions. On avance. - P.Pelloux: Cette mesure, je l'ai trouvée
parfaitement stupide. Quand vous avez eu le covid, on a su qu'une des erreurs, ça avait été d'enlever les enfants des écoles. Là, on recommence. Il y a des enfants qui sont mieux à l'école. - C.Roux: Il fallait adapter. - P.Pelloux: Oui. Les services publics auraient dû, depuis 22 ans... Il y a des ministres, de droite comme de gauche, qui avaient lancé des plans. Ca a été abandonné et c'est regrettable. - C.Roux: Les enfants souffrent aussi de la chaleur.
- P.Pelloux: Il faut les faire boire. Les personnes qui ont des nourrissons, le meilleur critère pour un nourrisson, c'est: "quand le pipi va, tout va." Si la couche-culotte du bébé sèche, ça ne va pas. Faites-les boire. Apprenez-leur à boire avec des verres d'eau plutôt que des tétines. N'hésitez pas à les rafraîchir. Il ne faut pas qu'ils aient de vêtements. - C.Roux: Question. - N.Wakim: 3 fois oui. Ca veut dire des factures d'électricité qui risquent aussi d'être très importantes. On va faire tourner sa clim et on ne sera pas beaucoup mieux. La 1re chose à faire, c'est d'équiper son logement correctement, d'avoir des volets, des fenêtres qui ferment bien, du double vitrage. - C.Pena: Et peut-être accepter aussi de ne pas être à 20 degrés été comme hiver. - P.Pelloux: Exactement. - C.Pena: Vivre avec la chaleur aussi. - C.Roux: Et avec le froid... - C.Pena: Aussi. - C.Roux: Question. - P.Dessertine: Il y a 2 choses. La première, c'est l'adaptation.
Il faut qu'on regarde la réalité et qu'on voie comment on va s'adapter. Après, inventer un nouveau modèle, changer... On est un pays occidental. On est le 7e pays le plus riche du monde. Un pays d'Afrique émet 100 fois moins de gaz à effet de serre que certains Français. Le Français doit se sentir un peu coupable. Il fait partie du monde occidental. On n'est pas les Américains ou les Saoudiens. - C.Roux: Question. - P.Pelloux: Il ne faut pas leur en vouloir. Ce sont des gens spéciaux qui dégainent à chaque fois ce truc-là. - C.Roux: S'ils ne le faisaient pas, on leur reprocherait. - P.Pelloux: Par rapport à ce que vous disiez sur l'adaptabilité, il faut défendre les maires des communes qui luttent pour maintenir les cafés et les commerces de proximité. L'isolement et la solitude, ça aggrave les effets de cette canicule. D'un coup, vous voyez passer quelqu'un surcouvert en pleine canicule. Il y a toujours quelqu'un qui va lui dire d'enlever la tenue de ski parce que ce n'est
pas du tout adapté. C'est cette solidarité qu'il faut avoir pour les êtres humains et vivants. Il y a une surmortalité animalière, notamment chez les oiseaux. Il faut protéger les animaux. - C.Roux: Question. - P.Pelloux: Oui. Il le comprend. avec l'hyperthermie quand l'organisme est complètement dépassé et submergé par le fait qu'il n'arrive plus à thermoréguler. Le système de climatisation est un système de traitement. C'est un peu comme si je vous disais de dormir toute votre vie dans un lit médicalisé. - C.Roux: Question. - N.Wakim: Je ne sais pas dans quel pays vit Henri, mais depuis 30 ans, il me semble que ce ne sont pas les écolos qui sont au pouvoir. La responsabilité incombe aux différents gouvernements qui se sont succédé. Les Ecologistes n'ont pas beaucoup été présents. Ils ont des défauts, mais je crois qu'il vaut mieux s'adresser aux gens qui sont aux manettes aujourd'hui. Ca me semble plus correct. - C.Roux: Question.
- P.Dessertine: On est d'accord. - P.Pelloux: C'est délirant et incompréhensible. C'est contre-productif par rapport à ce débat pour l'humanité. - C.Roux: Fin de cette émission. Merci pour votre enthousiasme. On retrouve A.-E.Lemoine. - A.-E.Lemoine: Bonsoir. On parle ce soir du sort de B.Sansal, suspendu à l'espoir d'une grâce présidentielle après sa condamnation confirmée en appel. Et puis l'appel à la solidarité du ministre de la Santé alors que la France suffoque. Y.Neuder est notre invité. - C.Roux: Bonne émission. A demain en direct.