«L'EUROPE EST MENACÉE D'UN EMBRASEMENT GÉNÉRAL» - Mélenchon
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
Bonsoir Jean-Luc Mélenchon. Nous voilà de retour à Marseille avec vous.
- 2:01OuverteRéponse directe
Vous y êtes souvent ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Vous êtes venu, après l'élection présidentielle, ici. Vous êtes arrivé...
- 6:00OuverteRéponse directe
Vous veniez de la Méditerranée, vous veniez d’Afrique du Nord.
- 8:00OuverteRéponse directe
C'est un retour aux racines, pour vous ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Il y en a qui disent que vous auriez envie d'être maire de Marseille ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:00Jean-Luc MélenchonFait
« J'ai débarqué ici en 1962. La première fois que j'ai touché la terre de France, c'était ici. »
- 6:00Jean-Luc MélenchonFait
« Ma famille vivait au Maroc et ma famille était d’Algérie. Et donc, comme beaucoup de gens, on a passé la mer, tous comme des imbéciles, comme ça là, d'un coup, à un million. »
- 10:00Jean-Luc MélenchonFait
« Je crois que c'est pas... c'est pas le but de ma présence ici. Je suis un homme politique national... »
- 12:00Jean-Luc MélenchonFait
« Je vais appeler tout seul à aller défiler sur les Champs-Élysées ? Ça n'a pas de sens. »
- 18:00Jean-Luc MélenchonPromesse
« Moi je m'occupe de ce que j'ai à faire aujourd'hui, qui est de conduire cette transition, qui fera de la France Insoumise un grand mouvement permanent de la vie politique française »
- 20:00Jean-Luc MélenchonFait
« J'en sais rien. Que voulez vous ? La vie est ainsi faite. Peut-être que je suis mort demain. »
- 24:00Jean-Luc MélenchonFait
« Comment se fait-il que nous, qui sommes si puissants, alors qu'il y a un tel rejet dans le pays contre les politiques libérales, comment se fait-il qu'on soit dans cette position humiliée ? »
- 28:00Jean-Luc MélenchonFait
« La division syndicale nous a nui d'une manière terrible. Ensuite, non seulement il y avait la division syndicale, mais les syndicats d'un côté et les forces politiques de l'autre, notamment la nôtre. »
- 32:00Jean-Luc MélenchonFait
« Nous avons été capables de mettre plusieurs centaines... dizaines de milliers de gens dans la rue, et on est mis de côté. »
- 42:00Jean-Luc MélenchonFait
« Ils nous ont trompés, trahis. C'est eux qui ont inventé la loi El Khomeri, qui a rendu possible les ordonnances. »
- 48:00Jean-Luc MélenchonChiffre
« On m'avait annoncé trois ou quatre députés, il y en a 17. »
- 52:00Jean-Luc MélenchonFait
« Il a joué habilement. M. Macron est habile, nous aussi on peut être habile, tout de même. »
- 58:00Jean-Luc MélenchonFait
« Terrorisme islamiste radical. »
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-- Bonsoir Jean-Luc Mélenchon. Nous voilà de retour à Marseille avec vous. C'est la ville dont vous êtes le député.
On voit, un peu en fond, Notre-Dame-de-la-Garde, la Bonne Mère, qui veille sur la ville. Vous y êtes souvent ? -- Chaque semaine.
Et j'y viens... comment vous dire... il y a une espèce d'allégresse, pour moi, à retrouver le bord de la Méditerranée.
Ça ne s'explique pas. C'est presque ridiculement sentimental. Mais la ville est...
C'est la deuxième ville de France, les Français ne la connaissent pas assez. C'est un grand port. Là, on va inaugurer... enfin peu importe, c'est technique... une forme pour faire entrer d'immenses navires.
La ville est en pleine expansion. Elle a une énorme richesse culturelle. Moi même, je suis... je suis ébloui.
Je vais d'un endroit à l'autre. La ville palpite, la ville... la ville est magnifique. -- Le cri d'amour de Jean-Luc Mélenchon à Marseille, dont vous dites que c'est votre poste de combat.
Vous êtes venu, après l'élection présidentielle, ici. Vous êtes arrivé... -- Je vais vous dire une chose.
J'ai débarqué ici en 1962. La première fois que j'ai touché la terre de France, c'était ici. Comment voulez vous que je sois autre chose qu'un amoureux transi ? -- Vous veniez de la Méditerranée, vous veniez d’Afrique du Nord. -- Oui.
Ma famille vivait au Maroc et ma famille était d’Algérie. Et donc, comme beaucoup de gens, on a passé la mer, tous comme des imbéciles, comme ça là, d'un coup, à un million. Et on arrivait tous à Marseille, donc la gare Saint-Charles est en quelque sorte notre dénominateur commun. -- C'est un retour aux racines, pour vous, parce qu'entre temps, vous êtes allé dans le Sud-ouest, vous êtres allé dans l’Essonne, vous avez fait un peu le tour de la France, quand vous étiez élu.
Bon, il y en a qui disent que vous auriez envie d'être maire de Marseille ? -- Ça se dit. Mais on me prête toutes sortes d'intentions et, ma foi, c'est encore moi qui en dispose. -- Alors ? -- Ben non.
Je crois que c'est pas... c'est pas le but de ma présence ici.
Je suis un homme politique national... -- C'est en 2020, c'est dans pas très longtemps. -- Pardon ? -- Ça serait en 2020, donc c'est dans pas très longtemps. -- Ouais, bon, d'ici là, on va trouver des idées.
Il y a de très belles équipes ici, vous savez, de gens...
Ce qu'il faut à Marseille...
Bon, M. Gaudin est le maire respecté de cette ville. Maintenant, il lui faut une transition.
Et il faut que son conseil municipal, ses équipes locales, soient représentatifs de la bigarrure de la population. Si j'avais quelque chose à dire sur le sujet, c'est ça le conseil que je donnerais à mes amis. Soyez bien représentatifs de cette vitalité de la ville : plus de gens de culture, plus d'universitaires, plus d'ouvriers dans le conseil municipal, ce serait une bonne chose. -- Et donc, vous seriez candidat ? -- Je ne crois pas.
Ça ne s'impose pas. Vous savez il faut faire... -- Le chapitre est clos ? -- Moi, je le vois comme ça.
Parce que je sais que j'ai sous la main, ici, de quoi faire plusieurs belles équipes. Mais ce sera pas... c'est pas moi qui vais m'occuper de ça.
Moi je m'occupe de ce que j'ai à faire aujourd'hui, qui est de conduire cette transition, qui fera de la France Insoumise un grand mouvement permanent de la vie politique française, parce que ça reste encore fragile. C'est très lié à ma personnalité, en raison des deux campagnes présidentielles. Les équipes sont là maintenant.
Vous avez vu les dix sept parlementaires du groupe la France Insoumise. Évidemment ils font rêver, parce qu'ils sont jeunes, ils sont actifs. Il y a peu près autant à la tête... enfin la tête... dans l'organisation générale du mouvement.
Donc, je... -- Vous voulez nous dire que... -- Donc, je compte sur eux.
Je suis dans la transition, dans la transmission, et surtout dans la tâche immense qui m'attend, puisque c'est nous qui sommes devant. Il s'agit, quand même, de remettre sur pied une grande force progressiste dans ce pays. -- Alors, on va en parler justement.
Mais quand vous dites vous êtes dans la transition et dans la transmission, ça veut dire que c'est pas vous qui serez le prochain candidat en 2022 à la présidentielle ? Pardon ! C'est pas moi qui ai... je pense pas à ça tout de suite.
Mais c'est vous qui me dites... -- Bien sûr, parce que... -- C'est une information quand même ! -- Bien sûr, bien sûr.
Parce que je veux qu'on le sache. Et je veux que mes plus jeunes amis, partout dans le pays - vous savez, les équipes qui m'entourent sont très jeunes... -- J'ai compris.
Mais ça veut dire que vous ne serez pas candidat en 2022 ? -- J'en sais rien. Que voulez vous ?
La vie est ainsi faite. Peut-être que je suis mort demain. Bon, donc, on ne sait pas... -- Ne pensons pas aux choses tristes. -- Tristes, bon.
Ne pensons pas à ça. Voyons d'abord la responsabilité que chacun doit prendre. Je dis à mes jeunes amis : situez-vous comme des femmes et des hommes qui sont destinés à gouverner ce pays.
Ne regardez pas en se disant : on va voir ce que Jean-Luc va nous dire de faire. Ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est vous.
Vous devez maintenant prendre tout ça en main. -- Alors. C'est vrai que c'est intéressant ce que vous me dites, parce que ça fait quelques semaines qu'on lit et qu'on voit : " Jean-Luc Mélenchon ne va pas bien", "Il a le blues", "Il est déprimé", "Il est cyclothymique"... -- Oui, oui.
Tout, tout y est passé... -- Oui, ben alors, ça va ou pas ?
Si vous préparez la transition, peut-être que ça va pas si bien ? -- Mais si, c'est l'inverse. C'est un problème de vivant que d'organiser la vie.
Écoutez, c'est quand même... je vais dire quelque chose... vous ne serez pas surprise, parce que ça va être un peu cruel pour votre métier.
Mais, je dis dans une phrase - je réfléchis à haute voix avec plusieurs de vos collègues - je dis : écoutez, pour l'instant, je parle franchement, je dis : pour l'instant il a le point. -- Là, vous parlez d'Emmanuel Macron ? -- Oui. -- En fait, ça veut dire : il a gagné la première manche. -- Clairement, il avait la première manche en main.
Et je le dis, pourquoi ? Pour appeler à la réflexion. Comment se fait-il que nous, qui sommes si puissants, alors qu'il y a un tel rejet dans le pays contre les politiques libérales, comment se fait-il qu'on soit dans cette position humiliée ? -- Alors, quelle est votre réponse ? -- Attendez.
D'abord je réponds sur moi, pour répondre à votre question. Et comme j'ai dit ça - aujourd'hui il y a une pente qui consiste à tout psychologiser- si je dis ça, c'est que j'ai le blues. Mais c'est l'inverse !
C'est que je suis en train de me demander comment je vais faire pour rebondir ? C'est donc une question de quelqu'un qui en pleine forme, et qui est en train de se dire : bon, d'accord, j'ai peut-être perdu une manche. Comment je rattrape à la suivante ?
Donc oui, j'ai une réponse. La réponse elle est en nous- mêmes. Et j'ai voulu interpeller les forces syndicales et associatives.
Qu'est ce que c'est que ce cirque ? La division syndicale nous a nui d'une manière terrible. Ensuite, non seulement il y avait la division syndicale, mais les syndicats d'un côté et les forces politiques de l'autre, notamment la nôtre.
Quand même, nous avons été capables de mettre plusieurs centaines... dizaines de milliers de gens dans la rue, et on est mis de côté.
Et enfin, les associations qui sont toutes, aujourd'hui, en train de découvrir cette situation... -- Jean-Luc Mélenchon, pas d'autocritique ?
Y a pas, ben, j'ai peut-être raté quelque chose ? J'ai peut-être pas compris que ce pouvoir était plus fort que ce que je pensais ? que peut-être qu'il avait une assise plus forte dans la société française ? -- Écoutez, ça c'est normal. -- Non ? -- Mais, non...
Vous prenez mal le problème. Vous, vous êtes commentatrice et analyste. C'est votre rôle de dire ça, de dire : Mélenchon s'est peut-être trompé, il croyait que c'était joué.
Moi je suis dans l'action, et j'ai une responsabilité dans cette action. Donc, je m'interroge en me disant... -- Alors vous vous dites que vous vous êtes trompé... -- Non, non, non, parce que s'être trompé, ça serait trop facile.
On dirait : bon, bah, c'est le karma quoi. Non, non, non, non, non, nous sommes responsables de ce désordre. Si nous n'avions pas été divisés syndicalement, si les forces politiques et les forces syndicales avaient pu marcher ensemble, M.
Macron n'aurait pas le point. Parce que ce qu'il fait, les Français sont en train de le découvrir, progressivement. Ils sont en train de se rendre compte que c'est le président des riches.
Il a joué habilement. M. Macron est habile, nous aussi on peut être habile, tout de même.
Non ? On n'est pas obligé d'être bête. -- Je... je vois...il y a eu, quand même, un certain nombre de crispations, dans vos équipes, sur un certain nombre d'affaires qui ont marqué des proches.
Donc, tout ça, ça vous a affaibli. Et vous aviez, à la manifestation du 23 septembre, place de la République, vous avez annoncé un déferlement, sur les Champs-Élysées, d'un million de personnes. Vous le tenez ça ? pour décembre ? -- Non, vous mélangez tout.
Bon, attendez, je vais prendre dans l'ordre. Il est normal qu'étant la force principale, allante, dirigée par des gens qui sont des stratèges aussi, bon, bah, comment dire : on jette des pierres sur les figuiers qu'on des fruits, hein ? Bon.
Donc, c'est normal que nous soyons agressés. Nous l'avons été d'une manière ininterrompue, chaque semaine, par un buzz qui visait personnellement l'un ou l'autre des membres de notre équipe, d'une manière absolument injuste, et souvent très blessante et choquante pour leur vie personnelle. Donc, nous avons résisté à ça.
Vous savez, moi j'en suis le premier malheureux. Parce que, pendant qu'on créait des affaires autour de nous, des histoires qui étaient injustes, on ne parlait pas des 2000 interventions à l'Assemblée nationale, des... des... des millions de tracts, Mme Elkrief, que nous avons distribués dans le pays.
Bref, j'en ai été malheureux. Mais, c'est normal, c'est la vie. Dans une démocratie, il y a de la polémique, il y a de l'empoignade. -- On a l'impression, quand même, que, quand la presse cherche à faire son travail, vous êtes extrêmement agacé, vous êtes très, très nerveux là dessus... -- Non, non.
Je m'énerve sur certains sujets... -- Comme tous les hommes politiques, ou... il y a des questions qui sont posées... et voilà... -- Oui, bon, très bien.
Je ne suis pas si différent d'une autre personne. J'ai deux mains, comme vous, deux yeux et un nez. Bon.
Non, mais c'est pas par ce bout là qu'il faut voir les choses. Je trouve que naturellement, c'est une bonne chose que la presse soit libre, qu'elle existe et qu'elle fasse, mais il faut qu'elle accepte, en retour, d'être critiquée. Moi j'accepte d'être critiqué, il faut qu'elle accepte.
Et puis surtout, il faut pas tout mélanger. Parce que c'est très facile de dire : la presse, les médias...
Ça n'existe pas. Il y a certains journalistes, il y a des rubriques dans les journaux... -- Je suis très heureuse de vous entendre le dire, parce que c'est quand même comme ça que vous décrivez la presse.
Mais c'est pas le sujet. Je suis pas sûre que les Français s'y intéressent. -- C'est vous qui avez commencé... -- Non, non.
Mais c'est pas le sujet. Le sujet c'est que de fait la mobilisation que vous...
à laquelle... -- Oui, je ne vous ai pas répondu -- à laquelle vous appeliez, et bien, elle n'était pas là. -- Non. -- Hier, à la manifestation du 16 novembre, que ce soit à Marseille ou que ce soit à Paris, il n'y avait pas beaucoup de monde dans la rue.
Ça n'est plus ici que ça se passe. Ça n'est plus dans la rue que ça se passe. Pourtant, la rue à laquelle vous êtes très attaché. -- Et alors, à votre avis, où est ce que ça se passe ? -- Alors, où est-ce que ça se passe ?
Où est-ce que vous voulez, vous, que ça se passe? -- Non, mais attendez... je sais, je vous dois là une petite explication.
Mais remettons les choses dans l'ordre. J'ai dit, le 23 septembre - nous avons réussi magnifique manifestation... une marche - et j'ai compris qu'il y avait un jeu pour opposer ce qu'on faisait à ce que faisaient les syndicats.
J'ai dit : mais très bien, prenez la main. Dirigez, ai-je dit aux syndicats, menez la bataille ! Et, qu'ont-ils fait de cette mise en retrait ?
Voilà le résultat : les divisions continuent. Regardez. Vous me parlez d'hier.
Hier, nous étions à Marseille. Bien. A Marseille, il y avait deux cortèges.
Vous le croyez une chose pareille ? Et on se retrouvait à la fin. Donc, la division est la cause. -- Donc, en fait, ce que vous voulez dire aux syndicats, c'est... -- Non, j'ai pas fini... -- et en tout cas à ceux qui veulent protester, c'est : ça suffit pas d'aller dans un syndicat, il faut venir directement à la France Insoumise, c'est là que vous serez efficaces. -- Non, non, Mme Elkrief, vous ne me comprenez pas...
Les syndicats sont nécessaires. Ils sont nécessairement indépendants de la politique. Les organisations politiques, je le rappelle, sont indépendantes des syndicats.
Donc, ça serait bien qu'ils évitent de nous faire la leçon, ou de propager dans nos rangs leurs querelles. Je le dis aussi, parce que de temps à autre il faut mettre les points sur les i. Chacun est dans son rôle.
Mais, à des moments, il faut savoir converger, il faut savoir faire des choses ensemble. Si vous voulez, c'est absurde quand la CGT, Force Ouvrière, Solidaire, disent la même chose, qu'on ne le fasse pas ensemble. Donc c'est ça que je dis.
Et les gens, voyez vous, les gens ordinaires, quand vous les appelez à perdre une journée de travail parce qu'il faut faire grève en pleine semaine, et bien les gens, ils réfléchissent et ils se disent : mais c'est quoi cette histoire ? On m'appelle à venir dans la rue, mais pour quoi faire ? Parce qu'on ne sait même pas ce qu'on fera le lendemain, on ne sait pas si ça servira à quelque chose.
Et donc se propage une espèce de... de doute.
Et ensuite, des gens comme vous, qui observent çà depuis leur balcon, on le comprend, disent : mais dites donc... -- ...
à Marseille, pas seulement de leur balcon. -- Je suis d'accord avec vous. Mais vous, c'est normal, c'est votre rôle.
Vous regardez vous dites : dites donc les gars, vous nous avez annoncé la grande bataille, et puis y a personne. Voilà. -- Les Champs-Élysées, ça... vous maintenez ou pas ? -- Voilà ce que j'ai dit, à l'époque.. -- Non, mais est-ce que vous maintenez ? -- Mais quoi ?
Je vais appeler tout seul à aller défiler sur les Champs-Élysées ? Ça n'a pas de sens. -- D'accord.
Vous êtes tout seul, alors ? -- Mais non... mais bien sûr !
Et je suis obligé de le constater. J'ai dit à la CGT, j'ai dit à Solidaires, j'ai dit à tous les syndicats qu'on a rencontrés, laissez moi finir, on leur a dit : écoutez, si on prend une initiative énorme, tous ensemble, qu'on appelle à une grande marche...
Et pour montrer aux gens qu'on prend ça au sérieux, on le met un samedi, où tout le monde peut venir, et on va aux Champs-Élysées. C'est tellement grand que tout le monde comprend, rien qu'à l'endroit où vous appelez, que ça va être...
On ne le fait pas. Personne n'appelle à ça. Alors vous avez toutes sortes d'initiatives.
Samedi, par exemple, vous avez le Front Social, qui est une partie de gens qui se battent, qui appellent à une manifestation. Mais je suis obligé de dire, parce que c'est ma responsabilité, aujourd'hui, c'est moi qui marche devant, de dire : cette pagaille est insupportable. -- Jean-Luc Mélenchon, c'est une remise en question, peut-être aussi, de votre stratégie depuis les législatives ?
Parce que moi j'ai entendu des socialistes qui ont dit : si ce soir là... -- Des quoi ? -- Des socialistes. -- Lesquels ? -- Des gens du PS... -- Ah oui. -- qui ont dit : si à cette époque là, quand il a perdu la présidentielle, s'il avait tendu la main, s'il avait fait le Mitterrand de 2017, et bien peut-être qu'on n'existerait plus aujourd'hui.
Mais qu'est ce qu'il a fait ? Il a été vexé, il s'est renfermé dans son... dans son quant à soi et il est resté, et bien, dans sa case, dans son... dans son parti, la France Insoumise. -- Oui, oui, oui. -- Non mais là, vous regrettez pas de ne pas, à ce moment-là, avoir plus ouvert... -- Ah oui.
C'était la bonne idée. Comment n'y ai-je pas pensé ? Et ramasser tous ces gens qui avaient, pendant cinq ans, amené la gauche au néant ?
J'aurais dû leur dire : allez, venez, Mélenchon décrète amnistie générale ! Nous ne voulons plus d'eux. Est ce clair ?
Ils nous ont trompés, trahis. C'est eux qui ont inventé la loi El Khomeri, qui a rendu possible les ordonnances. Alors, les socialistes vont, entre eux, faire la clarification.
Personne ne peut la faire à leur place. Et puis après, franchement, si je dois recevoir des leçons de stratégie - je suis toujours disponible - pas d'un parti qui s'est lui-même détruit. Non.
Je reviens... attendez, je vais quand même aller au fond.
Ils vont, entre eux, clarifier. Le parti socialiste, ça reste quelque chose qui va de Valls, Cazeneuve à Benoît Hamon. Il faut qu'ils clarifient.
Moi, j'ai dit dès le départ... -- Il n'y est plus, normalement, Benoit Hamon.
Je dis... oui, tout ça, c'est tout du pareil au même.
Je veux dire : ils sont socialistes... d'étiquette en tout cas.
J'ai toujours dit : moi, je suis prêt à discuter. Avec mes amis, nous sommes prêts à vous rencontrer. Mais il faut payer le ticket d'entrée.
Le ticket d'entrée, c'est être dans l'opposition. Or le groupe socialiste, ou qui s'appelle Nouvelle Gauche maintenant - ils ont même honte de leur nom - il y en a trois qui ont voté avec nous, contre la confiance au gouvernement, cinq ont voté avec le gouvernement - excusez moi, sur 30, ça fait du monde - et tout le reste s'est abstenu. Pardon, j'ai pas fini.
Le président du groupe sénatorial, Didier Guillaume, que j'ai connu autrefois, dit : nous ne sommes pas dans l'opposition. Donc, qu'est ce que c'est que cette formation politique ? Mme Elkrief, vous me voyez aller voir les gens de Marseille et leur dire : écoutez, moi, j'ai décidé que tous ces gens racontent n'importe quoi, mais je les prends tous.
Non, je ne peux pas. Ça ne serait pas honnête. -- Est-ce que, du coup, vous changez de stratégie ?
Vous dites : ben voilà, je me sens seul, les syndicats ont pas suivi, etc. -- Oui. -- Non, mais quand vous parlez de la transmission, est-ce que c'est une nouvelle étape pour rebondir ? -- Par la force des... -- Parce que vous appeliez un peu les jeunes.
Vous disiez : ça va être les jeunes. Ils sont pas là non plus les jeunes. Donc, est-ce que... -- J'ai plus qu'à aller me pendre, si je vous écoute, hein ? -- Je suis venue à Marseille, pour avoir de vos nouvelles. -- C'est vrai.
Vous êtes venue me voir de près. -- Voilà. Mais j'essaye de comprendre quelle va être votre rebond ? -- Il y a...
Il faut...
Bon. Vous analysez la politique depuis assez longtemps, pour savoir que rien n'est plus stupide que de vouloir aller plus vite que la musique. Le premier temps c'était d'installer une grande force, de faire la preuve qu'on existait.
Et je vous rappelle que j'ai quand même commencé la campagne présidentielle, où me considérait comme une chose dérisoire, qui occupait inutilement une partie de la scène. Bon. Nous sommes en force.
Nous sommes arrivés les premiers de toutes les ... de toute notre famille politique, à presque 20%, mais pas tout à fait.
Au deuxième tour, il s'en est fallu de peu. Bon, ça ne s'est pas fait. On m'avait annoncé trois ou quatre députés, il y en a 17.
Donc maintenant, une situation nouvelle commande. D'abord, il fallait qu'on prouve aux Français qu'on était capable d'être un vrai groupe parlementaire. Par exemple, vous ça vous paraît pas important, mais pour nous c'était terrible : première loi de finances que nous faisons, sans aucun ministre, aucun rapporteur de commission.
Donc, tous nos amis ont travaillé. Nous avons été à la hauteur des événements. Bien.
Pareil pour la loi de finances de la Sécurité sociale. Maintenant, bien sûr que je vais bouger. Chaque étape...
La première il fallait que je voie... -- J'ai compris... la prochaine, c'est quoi ?
La prochaine, en un mot, avant la pause de pub. -- Écoutez, il y a deux points sur lesquels... nous allons... nous bougeons.
Le premier, c'est lorsque - pour vous, ça peut paraître dérisoire - mais quand le 23 septembre, je dis aux syndicats : passez devant, nous, on vous suit... -- Là, j'ai compris, vous êtes en colère, ça n'a pas marché... -- Non, non, non... -- Enfin, bon.
Mais pour votre parti... -- Non, non.
Arrêtez Ruth Elkrief. C'est pas... je ne suis pas en colère...
Je réfléchis beaucoup. Je suis un cérébral, vous le savez. Et donc, j'ai pris acte d'une situation.
Mais maintenant, la balle est dans leur camp. Et je dis à tout le monde, à tous ceux qui m'entendent : moi, je propose la convergence des forces sociales et politiques contre les politiques libérales. Voilà la proposition que je mets sur la table.
Si vous n'en voulez pas, vous prenez vos responsabilités et nous, nous prendrons les nôtres, parce que nous passerons à une autre étape, peut-être, de faire un mouvement politico-social. Mais pour l'instant, c'est ça qui est sur la table. Deuxième élément : tous les... les petits bouts de gauche, qui traînent de tous les côtés, qui sont là - dont beaucoup me jettent des pierres au lieu de faire autre chose - il faut tous qu'ils réfléchissent, et qu'ils se demandent si le moment n'est pas venu, pour eux, de faire autre chose que de parler, c'est à dire d'entrer dans les luttes du quotidien, dans un pays où il y a 9 millions de pauvres. -- Autour de vous ?
Autour de votre personne ? -- De ma personne ? Ah non, non, non.
Si quelqu'un d'autre veut faire le travail, je suis d'accord. Ça me soulagera. C'est pas ma personne.
Bien sûr, le mouvement la France Insoumise est une chose absolument nouvelle, avec des méthodes absolument nouvelles. Et vous verrez ce foisonnement qui vient du pays. C'est dur à comprendre.
Comme je dis aux gens : on me dit "Qui est-ce qui va être président ?" Ben, personne, il n'y en a pas. "Ah bon.
Non, c'est pas possible", ils se disent. "Il est malin, il a caché quelque chose". Non, moi, je suis président du groupe, je ne suis pas président du mouvement.
Le mouvement, Madame - il faut que vous compreniez - 580 000 personnes qui cliquent pour dire : je suis avec vous. Mais ces gens là, ils n'ont pas dit : alors M. Mélenchon, on est d'accord avec tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, tout ce que vous proposez. -- Non, ils débattent, ils discutent.
Ils vont débattre la semaine prochaine d'ailleurs. -- Ben, à chaque étape, il faut voir qui, comment. Et surtout, moi je dis aux gens : écoutez, tout ce que vous dites m'intéresse beaucoup, mais il faut agir !
Agir ! -- On va se retrouver dans un instant, juste après la pause. On se retrouve, avec vous, à Marseille.
Jean-Luc Mélenchon, merci d'être notre invité. Demain, Christophe Castaner, que vous connaissez bien, qui est aujourd'hui secrétaire d’État aux relations avec le Parlement, devrait devenir délégué général du mouvement En Marche. Est-ce qu'il peut rester secrétaire, secrétaire d’État aux relations avec le Parlement ? -- Bon, ils font bien comme ils veulent.
Mais, pour nous, parlementaires, peut-être que ce sera un problème d'avoir comme Ministre chargé des relations avec le Parlement - le Parlement, c'est tout le monde : la majorité, l'opposition - quelqu'un qui est en même temps le chef d'un parti. D'ailleurs, M. Castaner, qui est d'une nature plutôt bienveillante et souriante, on l'a vu bouger ces derniers temps.
Il est passé d'une certaine rondeur à une certaine agressivité, à l'égard, notamment, des chefs de file parlementaires. Donc, on sent qu'on risque d'avoir une situation pas simple. Bon, on fera avec.
Mais je voudrais dire qu'il n'y a pas de contradiction à ce qu'un ministre soit un chef de parti. Il faut arrêter de vouloir dépolitiser la vie politique, c'est ridicule. Bon, tout le monde sait que les gouvernements sont composés, jusqu'à présent, de gens qui ont des engagements politiques.
Et c'est pas indigne, enfin, quand même. Donc, on peut imaginer un ministre qui est en même temps le dirigeant d'un parti. Mais si c'est le ministre qui est chargé des relations avec le Parlement, c'est un peu bizarre. -- Voilà qui est dit.
Demain, ce sera ce rendez-vous. Vous, vous avez vos amis qui se réunissent la semaine prochaine...
Avant cela, parce que je vais vous poser la question de savoir si vous allez faire ce débat, j'ai une question très simple. Ce soir, Jean-Luc Mélenchon, est-ce que vous nous dites : je suis Charlie ? -- De quel point de vue ?
Mais je l'ai été, évidemment. J'étais là, quelques instants après que cet abominable attentat a eu lieu. -- Est-ce que vous nous le redites ce soir ? -- Mais évidemment.
Mais évidemment. Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire que de ne pas être de cet avis ? Je comprends que, après coup, ou sur le moment, des gens aient eu... ou n'aient pas voulu s'identifier à tout ce qui allait se produire.
Mais moi, je ne suis pas de cet avis. J'exprime un point de vue personnel. D'abord, pardon, mais l'aspect personnel a de l'importance : Charb était mon ami.
Donc, sa mort m'affecte directement, et quelques autres. Et puis deuxièmement, il faut dire les choses comme elles sont, et comme elles ne peuvent pas être autrement : le droit de caricature est total, entier et non négociable. Voyez-vous, une Une de Charlie fait l'objet d'une grande dispute.
Mais alors, je trouve que tout ça est monté à des extrêmes. -- Qu'est ce que vous pensez de ce qu'a dit Riss dans son éditorial, lorsqu'il dit qu' Edwy Plenel, lorsqu'il déclare que Charlie hebdo participe d'une campagne qui, entre guillemets, fait la guerre aux musulmans, les condamne une deuxième fois à mort. C'est une phrase extrêmement forte. -- Oui, oui.
Tout ça est très excessif. D'abord, restons-en... -- Attendez.
Non, mais, c'est une polémique très importante, qui est... qui est justement une question peut-être de vie ou de mort ? -- Pas à mes yeux. -- Pas à vos yeux ? -- Non... -- Vous ne comprenez pas ce que dit Riss... enfin, vous n'adhérez pas à ce que dit Riss ? -- Mais bien sûr, je comprends qu'il le dise.
Les formules de M. Plenel sont tout à fait excessives. Mais commençons par le commencement, parce que, sinon on peut pas se comprendre.
Le droit de caricaturer doit être total. J'ai fait l'objet d'une caricature que je juge odieuse. A la Une de Charlie, on me voit avec un brassard de résistant, en train de tondre une femme.
Bon. J'ai naturellement crié de rage et de douleur. Mais je n'ai jamais dit : ah, vous n'avez pas le droit de faire ça, ou, vous êtes complices de ceux qui voulaient me faire un mauvais sort, là d'extrême droite -- Vous dites à Edwy Plenel qu'il a été trop susceptible, alors ? -- Je pense que...
Bah, le dessin était pas non plus très aimable, à son égard. Parce qu'on parle pas du premier. Dire que Plenel a fait exprès de ne pas voir qui était M.
Tariq Ramadan, enfin, c'est tout à fait excessif. Il a... il a le droit d'avoir une relation, d'une nature différente que celle de tous les autres, avec M.
Tariq Ramadan, jusqu'au jour où il apprend que M. Tariq Ramadan est accusé d'être en réalité un délinquant. Bon.
Mais enfin, tout ça monte... tout le monde monte au rideau.
Écoutez, le pays...
Moi je suis contre. Je pense que les responsables politiques, ou ceux qui ont une autorité intellectuelle, doivent mesurer ce qu'ils sont en train de faire. Faire monter tout le monde au rideau, comme ça...
Comment on redescend après ? Qu'est ce que c'est que cette histoire ? Non, c'est absurde de dire que l'un condamne l'autre à mort.
Mais le premier, non plus, dit pas des choses très intelligentes en parlant d'un complot général contre les musulmans. Vous savez, les musulmans, comme tous les autres... tout le monde en a ras-le-bol d'être embrigadé de force, dans toutes sortes de querelles, où alors nous sommes censés nous ranger : ou être Charlie ou être... - là, je parle du Charlie d'aujourd'hui, hein - ou bien Médiapart.
C'est bon quoi, un peu de calme ! Et alors, pendant ce temps là, personne n'a rien à dire en matière de laïcité, sur le fait que le président de la République est d'accord pour aller faire curé du pape. Parce que c'est ça, chanoine de Latran.
Ça, personne n'a rien à dire sur le sujet. Et ainsi de suite. Donc, ce pays est en train de devenir fou avec cette histoire.
La laïcité, c'est juste la séparation de l’Église et de l’État. Après, le reste, c'est la vie : on polémique et on discute. -- Ah non, Jean-Luc Mélenchon, c'est important, parce que, dans votre parti, il y a une personnalité, Danièle Obono, qui a eu des déclarations qui ont surpris.
Lorsqu'elle n'a pas considéré que c'était du radicalisme de ne pas vouloir serrer la main pour un chauffeur de bus. Ou lorsque... elle a... lorsque elle a affirmé son amitié pour la... la dirigeante du Parti des Indigènes.
Vous, vous avez fait une lettre à la LICRA, notamment, pour dire que vous n'aviez rien à voir avec ce Parti des Indigènes... -- Oui... oui... -- et que votre vision est très différente.
J'ai vu et j'ai entendu que vous avez pris vos distances avec, peut-être, Danièle Obono ou avec d'autres députés sur ces questions là. Mais ma question est simple : est-ce que c'est un message que vous adressez à vos propres militants, à vos propres électeurs ? C'est... vous êtes un peu tiraillé.
Parce que dans le fond, vous, vous êtes peut-être un laïc républicain clair, mais vous avez, peut-être, dans vos électeurs et dans vos députés, un certain nombre de personnalités qui eux seraient prêts à des accommodements raisonnables, comme on dit, qui ont peut-être une vision plus communautariste ? -- Bon...
Je peux répondre ? -- Oui. -- Non.
Non. Je... d'abord Ruth Elkrief, mettons les choses à leur place.
Le rôle d'un responsable, c'est aussi de convaincre. Donc, je ne suis pas tiraillé. Personnellement, je n'éprouve aucun tiraillement.
Ma...ma ligne politique...
Écoutez, pendant assez d'années on m'a traité de laïcard et de tout ça, pour que maintenant, quand même, on admette que je suis, de ce point de vue, tout à fait clair. Mais mon point de vue s'adresse à toutes les religions. Moi, je ne mène pas une guerre contre les musulmans, ça ne m'intéresse pas, ni contre les catholiques d'ailleurs, ni contre les protestants, ni contre les juifs.
Je m'occupe... -- Les... ils mènent une guerre contre les musulmans ? -- Pardon.
Mais, beaucoup ont une espèce de pulsion communautariste qui les enferme. Bon. Et ils croient que c'est très intéressant.
Mais je vais vous dire : la plupart des gens, qu'ils croient ou qu'ils ne croient pas, - et je voudrais quand même rappeler, que la majorité des Français n'a ni religion, ni envie d'être embrigadée, il faudrait quand même s'en rappeler - mais même ceux qui croient n'ont pas envie d'être embrigadés dans des guerres de religion. La foi est une affaire personnelle. Beaucoup de mes amis... j'ai des amis qui pratiquent le culte musulman, d'autres qui sont juifs, etc.
Bon, tout le monde sait qu'il faut pas trop la ramener autour de moi avec ce sujet là. Mais ils n'en ont même pas envie. Ils pratiquent leur religion à leur manière.
Et ceux qui sont, comme moi, un peu en dehors de tout ça, n'agressent pas les autres. Mais, je voudrais revenir sur mes amis et dire très solennellement : ce n'est pas vrai qu'il y ait des gens plus ou moins laïcs dans nos rangs. Danièle Obono exprime un tempérament particulier, qui est celui d'une génération, d'une femme, noire, qui a été agressée à la première rencontre de presse, où on lui a dit : vous là, criez "Vive la France" !
Alors, Danièle Obono...
écoutez-moi... a pris ses distances politiques, de manière tout à fait nette à l'égard de ce parti de je sais pas quoi, qui est un groupuscule qui ne présente aucun intérêt pour personne, d'accord, et qui tout d'un coup trouve une importance, dans le débat politique, incroyable.
Enfin, remettons les choses à leur place. Danièle Obono est parfaitement claire sur ce sujet. De la même manière... -- Vous l'avez clarifiée... vous lui avez demandée d'être claire.
C'est votre rôle de chef après tout, hein. Oui. Mais c'est mon amie.
Elle n'a pas été candidate de la France Insoumise...
Elle n'est pas membre du parti dont je viens. Elle est membre d'un autre... d'une autre organisation.
Parce que voyez-vous, ça aussi c'est une chose incroyable. On me dit : Mélenchon, c'est un dictateur. Et puis, cinq minutes après, on me dit : mais comment ça se fait ?
Vous n'avez pas mis la moitié des gens dehors parce qu'ils ne sont pas de votre avis ? Il n'y aura pas de police politique autour de moi. Je fais toujours le pari de l'intelligence et du dialogue.
Mme Obono est une personnalité tout à fait claire sur le thème de la laïcité. Mais elle ne veut pas, en tant que femme, en tant que quelqu'un qui vient du continent africain, être instrumentalisée contre telle ou telle communauté. Alors, qu'elle... qu'elle le fasse mal, des fois, elle-même en conviendrait, si elle était moins insoumise que nous le sommes tous.
Vous savez, nous sommes des têtes dures. Alors, c'est des gens, qu'est ce que vous voulez, je les prends dans mon bureau... -- Vous avez du mal, quoi.
Vous avez du mal à les ramener dans le droit chemin. -- Non. Je les ramènerais certainement pas dans le droit chemin.
Ils s'y trouvent tout seuls. Leur intelligence suffit pour qu'ils s'y trouvent. Mme Obono est une... est une femme magnifique.
C'est une bibliothécaire de métier. C'est une intellectuelle, et comme tous les intellectuels, elle est raide de la nuque. -- Elle a choqué... elle a choqué.
Mais on a compris... -- Oui... -- Elle est raide de la nuque.
Ça c'est...
ça c'est clair. Juste un petit mot, quand même. Devant le Bataclan, vous êtes allé lundi... -- Oui -- pour exprimer votre solidarité avec les victimes.
J'ai bien écouté ce que vous avez dit, vraiment bien, et vous dites : ... -- Je pèse pas chaque mot, excusez-moi. -- les assassins qui sont passés à l'acte, ce qui s'est passé ici ce n'est pas rien.
J'ai pas entendu : terrorisme islamiste radical. -- Vous voulez ? Oui.
Terrorisme islamiste radical. Quoi encore ? Vous avez d'autres adjectifs ? -- Je ne sais pas.
Je vous pose la question. -- Mais, Madame, pour qui me prenez vous ? Vous croyez que je sais pas qui était là ?
Vous croyez que je me suis dit : tiens, c'est des passants dans la rue. Ils sont venus avec une mitraillette pour tirer sur tout le monde ? Ceux-là, en tout cas dans ce commando là, clairement, était un commando qui se réclamait de l'islamisme politique.
Comme beaucoup de musulmans, comme beaucoup de gens, nous sommes absolument hostiles à ce que la religion vienne en politique. Donc je suis un adversaire, comme tous mes camarades, de l'islamisme politique. Après, que les gens soient musulmans, c'est leur affaire.
Mais l'islamisme politique, non. Mais Madame, je me suis fâché avec un homme que j'estimais et que j'admirais, Hocine Aït Ahmed, d'accord ? - qui était un personnage flamboyant de la lutte berbère, et de la lutte pour l'indépendance de l’Algérie.
Je me suis fâché avec lui, le jour où il a signé un accord à Rome avec le FIS. J'ai toujours dit, comme le docteur... -- Le mouvement islamiste radical... -- Oui... comme le docteur Saïd Saadi, j'ai toujours dit : l'islamisme politique, c'est comme la mort, c'est une expérience qu'on ne fait qu'une fois.
Donc je suis... je suis également hostile...
Prenons l'exemple...
On va prendre un exemple concret, sinon les gens vont croire que c'est abstrait...
Les prières de rue. -- Oui -- Et bien, je suis contre. On ne prie pas dans la rue.
C'est un problème de circulation, et je le dis avec avec humour. Mais de la même manière, je suis totalement hostile à ces énergumènes qui vont devant les hôpitaux, au nom paraît-il de la foi chrétienne, se mettre à genoux et faire des prières contre les femmes qui pratiquent l'avortement, et qui feraient bien de lire leurs propres livres et qui sauront ce que leur a dit leur maître : que celui qui n'a jamais péché jette la première pierre. Leur comportement est odieux.
De la même manière, ceux qui vont prier dans la rue - ils l'ont fait à Clichy...- parce qu'on leur avait fermé leur local.
Très bien, bonne idée. Où la religion a dit qu'il fallait aller prier dans la rue, qui est sale et dégoûtante ? Tout ça, si vous voulez... nous devons avoir un peu de hauteur et arrêter de nous laisser embarquer.
Alors là, en plus, ils se disputaient entre deux confréries différentes. Très bien. Mais on prend pas toute la société en otage.
Et en face, vous avez des gens, complètement enragés, qui se sont mis là. Mais où va comme ça ? -- C'étaient des élus, c'étaient des élus. -- Oui, la France a besoin... n'a pas besoin de retourner aux guerres de religion.
Écoutez moi bien, les gens, la précédente guerre de religion, entre catholiques et protestants, ça a duré trois siècles. On va pas recommencer, non ? Donc, un peu de calme.
Voilà mon discours. -- En un mot. Qu'est-ce qu'il faut faire avec les revenants, ceux qui reviennent de Rakka, des jihadistes français qui sont partis ?
Et bien, on les met en prison. Qu'est-ce que vous voulez en faire d'autre ? Bah, ils ont fait un choix.
Dans la vie, on assume ses choix. Alors c'est un choix politique : aller combattre là bas. Moi, ce que j'aimerais savoir c'est, qui les ramène ?
Parce que c'est aussi intéressant. On a... il y a eu beaucoup d' embrouilles sur cette affaire.
Vous savez très bien...
On a essayé de nous faire croire que c'est une guerre de religion. En réalité, c'était une guerre entre saoudiens et iraniens, et qui ont pris en otage toute la région. Et nous, on faisait semblant de croire que c’est une guerre de religion.
Qu'est-ce que j'ai pris quand j'ai dit, à l'époque : c'est une guerre entre des puissances régionales. Donc, qui est-ce qui fait sortir ces gens de l'endroit où ils se trouvent et où ils sont en guerre ? Quand ils reviennent en France, ils ont pris les armes contre nous, contre la France, contre leur propre patrie, puisqu'ils sont Français.
Alors, ils vont en prison. Qu'est-ce que vous voulez qu'on en fasse d'autre ? -- Juste, je reste là dessus.
Le Président a invité Saad Hariri, le Président... le Premier ministre libanais, qui a présenté sa démission depuis l’Arabie saoudite.
On a un peu du mal... de mal à s'y retrouver.
Vous approuvez cette invitation ? -- Alors, d'abord, j'ai fait partie des premiers qui ont alerté contre ce que je considère, pour ma part, et d'après mes informations, car j'en ai beaucoup, comme un enlèvement. Bon.
Je ne crois pas que M. Hariri ait été libre de ses déclarations en Arabie saoudite. Donc, j'estime incroyable qu'on ait retenu le Premier ministre d'un pays qui est en équilibre aussi délicat.
La bataille entre Saoudiens et Iraniens continue. C'est une bonne chose qu'on ait invité M. Hariri à venir en France.
Peut-être est-ce ce qui permet de sortir par le haut de la crise. C'est à dire que les Saoudiens n'avaient pas envie de le relâcher, comme ça, pour qu'il retourne au Liban. Mais sa place, à M.
Hariri, est d'être au Liban, parce que le Président Aoun lui a demandé de venir présenter sa démission. On ne présente pas sa démission à la télé, depuis un pays étranger, quand on est Premier ministre. Donc, j'estime que c'est un moment positif.
Je dis seulement que Le Drian devrait baisser de ton, parce que ça sert à rien, quand la France peut jouer un rôle de médiation, d'aller dire, bon : la volonté hégémonique des Iraniens. Et croyez moi, je n'ai aucune sympathie pour le régime iranien. Qu'on se le dise bien. -- Il est allié avec le régime russe, avec Poutine, avec... -- Mais moi, je suis Français, je m'occupe de mon pays. -- Alors... -- Non, mais attendez c'est très important... -- Bien sûr, bien sûr... -- Donc, mon pays, son intérêt, c'est qu'il n'y ait pas la guerre là-bas.
Et deuxièmement, mon pays son intéret, c'est que Daech perde. D'où, l'intérêt de mon pays, c'est pas de guerre entre Iraniens et Saoudiens, parce que tout le monde va être pris là dedans. Ensuite nous avons besoin, régionalement, d'une politique de paix.
Il faut que tout le monde signe l'accord contre... de désarmement chimique.
Tout le monde ! La Syrie ne l'a pas fait. L’Égypte ne l'a pas fait.
Israël ne l'a pas fait. Le Soudan ne l'a pas fait. Tout le monde doit signer !
Regardez Mme Elkrief, est-ce que ça serait pas magnifique si, au lieu d'avoir seulement discuté avec les Iraniens - ce qui était une bonne chose - pour qu'ils ne s'arment pas avec des armes nucléaires, on ait dit : bon, écoutez, on va discuter. D'abord de ça : vous, pas d'armes nucléaires. Personne ne doit avoir des armes nucléaires.
Et puis on discute dans toute la région. Et on dit : comment on peut démilitariser la région ? Qu'est-ce que vous voulez avoir d'autre comme plan ?
Sinon, ces gens vont s'entretuer pendant combien de temps ? Et surtout, ils vont nous menacer, nous. -- Alors, nous, on ne s'entretue pas, on est en Europe et on a la paix en Europe. -- Oui. 60 ans... 70 ans de paix. -- Voilà.
Et pourtant, vous avez voté contre la subvention française à l’Europe. Vous avez même utilisé la phrase de Thatcher : "I want my money back". -- Oui.
Et bien, Benoît Hamon, pourtant, il est quand même assez proche de vous dans certains cas, -- Oui, oui... -- Ben lui, il s'en est étonné.
Par contre, il y a des gens, comme Nicolas Dupont-Aignan, qui s'en réjouissent de cette position. Alors où vous êtes sur cette question ? -- Non, demandez leur à eux où ils sont ?
Moi, je suis d'une constance et d'une rectitude toujours la même. Alors d'abord, expliquons la formule. Écoutez, Mme Elkrief.
On vote la contribution financière de la France à l'Union européenne. Fort bien. Ça fait partie des accords que la France a signés.
Donc, aussi longtemps qu'on ne dé-signe pas - en quelque sorte - on contribue. On s'aperçoit qu'on donne 7 milliards de plus qu'on ne reçoit. Alors, on peut dire c'est la... -- On en profite beaucoup pour la Politique agricole commune.
Mais... -- Non, non, non... non, non, Madame... non, non, on n'en profite pas beaucoup des 7 milliards.
On a... on donne 20 milliards.
On reprend 14 milliards sur la Politique agricole commune, pour faire cette agriculture que je condamne. Cette forme...
Et il y a 7 milliards qu'on donne, qui vont chez les autres. Permettez moi de vous dire ceci : la France est montrée du doigt par la Commission européenne, qui exige qu'elle revienne... qu'elle sorte de la... du déficit excessif.
D'accord ? Si ces 7 milliards que nous donnons, nous les remettions dans notre budget, nous ne serions plus en déficit excessif. Donc, nous ne serions plus contraints de faire - pour ceux qui appliquent la politique européenne - ces coupes claires dans les services publics, dans les biens communs, etc.
Donc, Madame, permettez que je dise que c'est une dépense somptuaire. On donne 7 milliards, alors qu'on en a besoin. Mais je ne suis pas contre le fait qu'on respecte les traités.
Mais je dis...
Mme Thatcher... je dis comme elle. -- Ben oui, c'est ça. -- Mme Thatcher...
écoutez...
Mme Thatcher, elle disait : moi, je vous aime bien. Elle a dit : mais l’Angleterre est pauvre. Mme Thatcher, elle avait de l'orgueil et le Président Mit... --Vous êtes une forme de Mme Thatcher... -- Non.
Caricaturez pas. Alors, bon...
Non. Je dis quelque chose qui me semble être de bon sens. On dénonce la France comme en déficit excessif.
On lui demande de donner 7 milliards de plus que ce qu'elle reçoit. Donc, on pourrait récupérer nos 7 milliards et il n'y a plus de déficit excessif. -- J'ai compris.
Est-ce que ça veut dire qu'aux élections... -- Sérieux, vous avez compris ? -- Ah ouais. -- Merci. -- Incroyable ! -- Non, pas incroyable.
Mais vous faisiez semblant de ne pas comprendre tout à l'heure. -- Non, non, non. Alors, les... aux élections européennes, est-ce que... ben, est-ce que ce sera l'occasion, pour vous, de réunir cette gauche, et d'éventuellement diriger une liste ?
Ou, s'il y avait des listes nationales, ou en tout cas, d'être un chef de file dans cette élection ? Justement...
Parce que je refais allusion à notre début de conversation sur cette gauche, qui est en panne, qui est faible, qui a devant lui... devant elle un Emmanuel Macron qui est bien installé, apparemment... -- Ça va pas très fort pour lui dans les sondages, hein, non plus, hein. -- Oui, mais ça ne prend pas non plus contre lui. -- Moi, ça va bien, hein. -- Donc, du coup, est-ce que ça va être aux européennes, que vous pouvez vous refaire, entre guillemets ? -- Mais pas...
Attendez. D'abord mettons les choses à leur place : ce sont des débat sérieux. Le vieux continent est menacé d'un embrasement général.
Vous avez les frontières qui craquent de tous les côtés. Vous avez une dette monstrueuse qui écrabouille la moitié des États qui sont là. Vous avez des poussées d'un nationalisme agressif et violent d'extrême droite.
On a l'extrême droite à nos portes en Ukraine, on l'a en Pologne, on l'a en Hongrie. C'est très dangereux. Elle est réapparue dans le Parlement allemand.
Et nous mêmes, les Français, on va pas faire les malins avec dix millions de voix pour Mme Le Pen. Donc, le vieux continent est, en ce moment, dans une période malsaine d'ébullition. Donc, il faut apporter des réponses.
Il faut se demander pourquoi on en est là ? Ma thèse est que les traités budgétaires, qui ont étranglé les nations, et la mise en compétition de tout le monde provoquent ce désordre. On a le droit de pas être d'accord avec moi.
Mais j'essaie de régler le problème auquel je suis confronté. Donc, mon problème, c'est pas que la gauche se refasse, que Mélenchon fasse une campagne électorale. C'est, comment on veut éviter la guerre et la catastrophe ? -- Non mais, Emmanuel Macron a dit... sur l’Europe, il a dit : vive l’Europe, il faut une Europe sociale.
Il vient de le dire à Göteborg. -- Oui, ça coute rien ça. -- Il essaie... il... il... il... et ça a marché... -- Regardez, Madame... -- Il a eu pas mal d'électeurs sur l’Europe, sur une Europe... -- Oui, oui.
Mais alors, quoi ? Alors, quoi ? Alors quoi ?
Vous êtes journaliste, vous êtes analyste. Là vous me dites : il a dit qu'il veut une Europe sociale. C'est ce que vous venez de dire.
Et alors ? Alors, écoutez. Le jour de votre mariage, vous allez à la mairie et vous dites... aujourd'hui je vais vous parler du mariage.
Non, non, tu te maries d'abord. Donc, l'autre, il fait un sommet social. Il y va, mais il conclut rien.
Et il fait des déclarations. Et à la fin, il signe un bout de papier, dont personne n'aura le temps de parler, parce que l’Europe ça fait suer tout le monde. Mais, personne ne se rendra compte que la déclaration qu'ils viennent de signer est inférieure en contenu à celle qui a été signée, en 1961 et en 1999, par le conseil de l’Europe.
Il y en a donc moins dans le texte. Et on voit cette chose incroyable. Autrefois, on disait : ben, le progrès social, ça sera la diminution du temps de travail en même temps que l'augmentation de la productivité.
C'est la première fois qu'on signe un texte, dans lequel on...
D'abord on parle plus de ça. On parle plus de réductions de temps de travail, on parle plus de droits des syndicalistes. Mais par contre, on parle de flexibiliser le code du travail.
Mme Elkrief, est ce que vous vous rendez compte que l'idée européenne est en train de s'effondrer avec cette... ce kidnapping qui a été fait de cette belle idée ?
C'est un kidnapping pour transformer tout ça en une espèce de cage, de prison, d'où on sort de l'argent pour les capitalistes. Point, barre. -- J'ai une dernière question.
Jean-Luc Mélenchon... - Ben, oui.
J'ai été obligé d'être un peu caricatural à la fin... -- Non... -- Mais je demande qu'on m'entende.
Si vous ne faites rien, si vous continuez à sauter en rond et à mentir à tout le monde, ce sera, sur le vieux continent, la catastrophe et, à la fin, la guerre. Parce que ne croyez pas, comme je vous l'ai dit, que les nouvelles blessures s'ouvrent ailleurs que sur les vieilles cicatrices. Ça veut dire que, partout, les frontières sont fragiles.
Il faut faire très attention. Il faut faire attention aux guerres à l'intérieur des nations. Bon voilà, je l'aurait dit. -- Ce soir, vous êtes en forme, à Marseille.
Vous lancez un message à vos troupes et vous leur dites... -- Mes troupes ?
Les pauvres, si je vais leur parler comme ça, je suis mort. Non, c'est pas une armée. -- Non, mais enfin, vous leur dites... -- Oui, oui, je comprends.
On continue, ne croyez pas les mauvais bruits sur moi, tout va bien. C'est ce que vous avez fait... ce soir. -- Oui, ils le savent, ils me connaissent, et puis ils me voient.
Vous savez, j'ai mes propres outils de communication. Donc, toutes les semaines, on me voit dans la Revue de la semaine. Les gens voient bien que je suis là, plein de passion...
ça va. -- Oui. Parfois, beaucoup moins souriant et beaucoup plus dur, hein ? -- Ça dépend des jours.
Je suis comme tout le monde. Il y a des jours où c'est la forme, d'autres jours non. Il y a des jours où je suis blessé, parce que je mène un combat.
Et donc, dans un combat, des fois, vous prenez des coups. Il y a des moments où, oui, j'ai de la peine. Quand je vois qu'on est incapable d'organiser... -- Et à des moments, vous en donnez des coups, aussi. -- Ah, oui, oui, bien sûr ! -- Oui.
On est d'accord. -- C'est la... c'est la démocratie, c'est la polémique.
Mais, vous avez remarqué, avec le temps qui passe, que mes formules sont beaucoup moins violentes que celles du Président Macron, ou que d'autres, hein ? Moi, j'ai jamais traité les gens de feignants, de cyniques, d'abrutis, de...
Je me suis jamais pris pour le papa Noël. -- Et pourquoi ça marche, alors, pour Macron ? -- Mais qu'est-ce qui marche, Madame ?
J'ai pas compris. -- Ben...Il est Président aujourd'hui.
Ça fait six mois, et... -- Bon, il a été élu il y a six mois.
Ben, essayons de l'élire, là, par exemple. On pourrait par exemple...
Tiens, le Président pourrait dire : je le sens pas le pays là, les sondages sont pas bons. Je voudrais vérifier. On dissout l'Assemblée nationale.
Hein. Bon. Pourquoi ?
C'est vous qui me dites : ça marche pour lui. Qu'est-ce qui marche pour lui ? Rien ne marche pour lui, Madame.
Je vais vous donner un cas très concret. Il a annoncé, à sons de trompettes, depuis le début de l'été, qu'avec lui l'argent allait revenir. On donnait 10 milliards aux riches, parce qu'ils vont le remettre dans l'industrie.
Or - il a annoncé ça en début de mandat - au mois de juillet, les patrons français ont décidé qu'ils baissaient le niveau d'investissement. Et là, on vient d'apprendre que le chômage est en train de croître. Autrement dit : toute son hypothèse économique ne vaut pas un clou.
Voilà la vérité. -- Merci Jean-Luc Mélenchon. Voilà, on était à Marseille avec Jean-Luc Mélenchon.
On se retrouve lundi.
Jean-Luc Mélenchon