Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 26 mars 2018 21 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesJustice

Christian Jacob : "Il fallait maintenir l'état d'urgence"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:17OuverteRéponse directe

    Qu'avez-vous ressenti Christian Jacob en apprenant l'acte héroïque d'Arnaud Beltrame ?

  • 2:29RelanceÉludée

    Qu'on aurait pu éviter ça, qu'il y a eu des défaillances, que Radouane Lagdim était mal suivi ?

  • 2:40OuverteRéponse directe

    Quelle est votre position exactement ?

  • 4:24OuverteRéponse directe

    Que va annoncer ou proposer Laurent Wauquiez tout à l'heure, en milieu de matinée ?

  • 5:35FerméeRéponse directe

    Vous êtes pour l'expulsion des fichiers S binationaux ou leur rétention administrative pour les autres ?

  • 6:07OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'Emmanuel Macron est à la hauteur de l'enjeu ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:36Invité politiqueFait
    « Nous étions opposés à la suppression de l'état d'urgence. »
  • 3:00Invité politiqueChiffre
    « Pendant les deux ans de l'état d'urgence, c'est 6 ou 700 perquisitions administratives qui ont eu lieu. »
  • 3:06Invité politiqueChiffre
    « Depuis que l'état d'urgence a été supprimé, il y en a eu, je crois, 5 ou 6, tout simplement. »
  • 3:21Invité politiqueFait
    « Une assignation à résidence, ça ne peut être dans un périmètre inférieur à une ville. »
  • 3:55Invité politiqueFait
    « Des fouilles dans les bagages, ce qui n'est pas possible aujourd'hui. »
  • 4:10Invité politiqueFait
    « Les députés, les républicains ont fait une série de propositions par une proposition de loi qui a été repoussée par la majorité. »
  • 4:52Invité politiqueFait
    « Le bracelet électronique ne peut plus être géolocalisé. »
  • 5:03Invité politiqueChiffre
    « Il y a ces 700 djihadistes, enfin français, qui sont partis faire le djihad et qui, potentiellement, peuvent revenir en France. »
  • 9:35Invité politiqueChiffre
    « Pour des couples qui gagnent moins de 3 000 euros à deux, c'est une réduction de 100 euros par mois de la prestation d'accueil du jeune enfant. »
  • 10:20Invité politiqueFait
    « Je n'ai pas compris d'abord l'utilisation de la procédure de la garde à vue, ce qui semblait assez invraisemblable. »
  • 12:03Invité politiqueChiffre
    « On a entendu parler, je crois, de 30 000 euros. »

Temps de parole

  • Christian Jacob70 %
  • Présentateur15 %
  • Locuteur non identifié7 %
  • Locuteur non identifié 23 %
  • Locuteur non identifié 33 %

0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et l'invité du grand entretien de France Inter jusqu'à 8h40 est le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale. Léa Salamé dans 10 minutes, vos questions amis auditeurs au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et via l'application de France Inter. Bonjour Christian Jacob. Bonjour. Qu'avez-vous ressenti Christian Jacob en apprenant l'acte héroïque d'Arnaud Beltrame ?

0:24
Christian Jacob

Écoutez, beaucoup de... à la fois d'un très grand respect parce que c'est un vrai acte de bravoure, comme les colonels de gendarmerie et les gendarmes sont capables d'en faire. Et en même temps, beaucoup de tristesse avec ce qui se passe à la fois. On pense bien entendu au colonel Beltrame, on pense à sa famille, on pense à la famille des trois autres victimes. On pense à ceux qui sont blessés grièvement aujourd'hui, à tous ceux qui se sont trouvés dans ce contexte, dans ce supermarché au moment où cet individu est entré. Et puis ensuite de dire que tout cela ne peut pas être une fatalité. Il faut que l'on réagisse. Et vous allez rompre la trêve donc, qui a suivi la sidération.

Non, il y a la sidération, il y a le deuil, il y a le respect, etc. Maintenant, encore une fois, on ne peut pas laisser faire. Nous, nous étions opposés, je le dis sans polémique, d'ailleurs on l'a fait à l'époque, nous étions opposés à la suppression de l'état d'urgence. Non pas que de dire que l'état d'urgence aurait évité un drame comme celui-là. Alors pourquoi ? Simplement l'état d'urgence donne un certain nombre de moyens et d'actions administratives que nous n'avons plus à notre disposition. Là, la situation est la suivante. Nous sommes en face d'un individu qui était fiché S, dont on apprend que la concubine était fichée S.

qui savait fabriquer des engins explosifs, qui avaient été condamnés à plusieurs reprises pour des affaires de droit commun, qui étaient radicalisés. Il y a alors des fichés S, on nous dit, mais il y en a 16 000, 17 000, je ne connais pas le chiffre. 20 000, 10 000, d'autres. Exact, on nous dit que 4 000 à 5 000 sont sans doute plus dangereux, plus radicalisés que d'autres. Je pense qu'il faut se donner des moyens et justement l'état d'urgence nous permettait des moyens. Vous voyez par exemple...

2:29
Présentateur

Vous vous dites quoi, Christian Jacob ? Qu'on aurait pu éviter ça, qu'il y a eu des défaillances, que Radouane Lagdim était mal suivi, que son cas a été mal analysé ? Quelle est votre position exactement ?

2:42
Christian Jacob

Je ne dis rien de tout cela, parce qu'encore une fois, je pense qu'il fallait maintenir l'état d'urgence et je vais réclamer ce qu'on leur remette en place. Simplement, je ne vais pas dire qu'avec l'état d'urgence, on aurait évité ça. Personne sérieusement ne peut le dire. En revanche, nous avions des outils. Des outils, ce sont par exemple les perquisitions administratives. Je rappelle que pendant les deux ans de l'état d'urgence, c'est 6 ou 700 perquisitions administratives qui ont eu lieu. Depuis que l'état d'urgence a été supprimé, il y en a eu, je crois, 5 ou 6, tout simplement, parce que c'est devenu tellement compliqué d'en faire qu'il n'y a plus de perquisitions administratives.

Avec l'état d'urgence, il y avait la possibilité d'assigner à résidence des individus. Maintenant, une assignation à résidence, ça ne peut être dans un périmètre inférieur à une ville. Donc, vous êtes assigné à résidence à Paris, à Lyon, à Marseille. Autant dire que vous avez toute liberté de déplacement. Donc, la République est désarmée, selon vous, Christian Jacob ? Elle n'est pas suffisamment armée. Mais, encore une fois, il ne s'agit pas de dire s'il y avait eu l'état d'urgence, ce n'est pas cela. Mais il faut se doter de tous les moyens.

Et l'état d'urgence permet cela, nous permet aussi, permet au préfet d'ordonner des fouilles, des fouilles dans les véhicules, ce qui n'est pas possible aujourd'hui, des fouilles dans les bagages, ce qui n'est pas possible aujourd'hui. Donc, pourquoi ne pas utiliser tous ces moyens ? Et au-delà de ça, nous avons fait des propositions sur lesquelles nous sommes tout à fait prêts à rediscuter avec le gouvernement le 17 octobre dernier. Les députés, les républicains ont fait une série de propositions par une proposition de loi qui a été repoussée par la majorité.

Eh bien, on est prêts à se remettre autour de la table et à rediscuter avec le gouvernement en disant qu'il faut que la République soit armée face à des individus comme ceux-là.

4:24
Présentateur

Que va annoncer ou proposer Laurent Wauquiez tout à l'heure, en milieu de matinée ?

4:29
Christian Jacob

Écoutez, il fera un point près. Je pense qu'il va reprendre, effectivement, les propositions que nous avions faites le 17 octobre dernier à l'Assemblée nationale. C'est-à-dire ? Eh bien, c'est une proposition de loi où on demandait à la fois le rétablissement de l'état d'urgence, mais aussi de se doter de moyens de suivi. Sur les fichiers S, il y a différents moyens. Il y a les bracelets électroniques. Mais alors maintenant, le bracelet électronique ne peut plus être géolocalisé. Donc, que ces bracelets électroniques puissent être géolocalisés. Il y a ensuite l'enfermement. Il y a des mesures d'expulsion.

Il y a ces 700 djihadistes, enfin français, qui sont partis faire le djihad et qui, potentiellement, peuvent revenir en France. Qu'est-ce que l'on en fait quand ils reviennent en France ? Madame Gouraud, la ministre, nous avait dit mais la plupart d'entre eux, lorsqu'ils reviennent, sont incarcérés. Oui, et les autres. Je pense qu'il faut ensemble que la classe politique, sur la base des propositions que nous avons faites, qu'on puisse effectivement se doter de moyens beaucoup plus forts. Parce qu'on voit bien qu'on est à l'abri nulle part.

5:35
Présentateur

Vous êtes pour l'expulsion des fichiers S binationaux ou leur rétention administrative pour les autres ?

5:40
Christian Jacob

Oui. Oui. Oui, je pense que des individus... Alors, après, il faut... Mais ça, c'est au service de nous le dire. Puisqu'à chaque fois, on nous dit mais il y a beaucoup de fichiers S. Peut-être. Simplement, je pense qu'aujourd'hui, nos services ont la capacité de faire le tri, en quelque sorte, entre ceux qui relèvent d'une dangerosité plus immédiate et les autres, bien évidemment.

6:07
Présentateur

Est-ce qu'Emmanuel Macron est à la hauteur de l'enjeu ?

6:12
Christian Jacob

Nous allons le voir. Moi, j'ai regretté, encore une fois, cette décision de lever l'état d'urgence. On voyait bien que le risque était toujours présent. D'ailleurs, il a été dit par tous. D'ailleurs, je me souviens que le ministre de l'Intérieur n'avait pas exclu de le remettre en place lorsque nous avions eu le débat. Pourquoi avoir levé cet état d'urgence qui, encore une fois, n'apportait pas les réponses à tout, mais permet de sécuriser davantage ?

6:37
Présentateur

Est-ce que la réponse, comment dire, économique, sécuritaire, policière, militaire est la seule qu'il faille activer ? Ou est-ce que, comme le souten Éric Ciotti dans un entretien au Figaro ce matin, il faut aussi mener une forme de guerre idéologique ?

6:56
Christian Jacob

Il faut être sur tous les fronts. Il y a les moyens de rétorsion que l'on a l'habitude d'évoquer. Et par ailleurs, on ne peut pas accepter que des mosquées salafistes avec des imams qui font la propagande de la haine et de la violence soient tolérés sur notre territoire. Là aussi, avec l'état d'urgence, on avait plus de capacité à fermer ces lieux qu'on en a aujourd'hui parce qu'on ne peut les fermer que sur une période de six mois.

7:30
Présentateur

Manuel Valls va plus loin encore en disant qu'il faut interdire le salafisme en France. Qu'en pensez-vous, Christian Jacob ?

7:37
Christian Jacob

Je pense que ce qui est vrai pour le salafisme l'est aussi pour toutes les autres voies d'extrémisme, de radicalisation extrême. C'est-à-dire qu'on pousse à la violence. Ça n'est pas acceptable sur le territoire de la République.

7:48
Présentateur

Quelques questions d'actualité brûlantes. On a appris ce matin que le déficit public de la France a été à 2,6 fin 2017. C'est son plus bas historique depuis dix ans. Bravo Emmanuel Macron. Bravo le gouvernement. Bravo la politique économique mise en place.

8:08
Christian Jacob

Écoutez, bravo le retour de la croissance en Europe. C'est l'augmentation, le retour de la croissance qui nous permet de réduire le déficit. Ce n'est en tout cas pas les mesures de restriction budgétaire qui le permettent parce que les dépenses publiques ont encore augmenté.

8:26
Présentateur

Qu'importe la politique économique en France, c'est juste, merci, la croissance mondiale.

8:31
Christian Jacob

Non, ce n'est pas ce que je vous dis. Mais je vous dis simplement qu'en six mois, aucune mesure de réduction des dépenses publiques n'a été prise puisqu'elles augmentent de 2%. Donc ce sont des faits. Ensuite, on bénéficie de la croissance mondiale et de la croissance européenne et c'est tant mieux. et les déficits se réduisent et c'est tant mieux. Mais simplement, rappelons les choses, je veux dire, ça n'est pas... Quelle décision de réduction budgétaire a été prise ?

8:56
Présentateur

Le ras-le-bol fiscal est en train de poindre, d'après vous, Christian Jacob, puisqu'effectivement, le taux de prélèvement obligatoire, les PO, comme disait Dominique Seux tout à l'heure, est très, très, très élevé. Et là, il augmente.

9:10
Christian Jacob

Oui, avec des cibles que l'on connaît bien, qui sont les retraités avec l'augmentation de la CSG qui se fait quand même dans des proportions de 20 à 25% pour les retraités, mais aussi d'autres cibles. Je pense aux familles. Vous savez que la prestation d'accueil du jeune enfant pour des couples qui gagnent moins de 3 000 euros à deux, c'est une réduction de 100 euros par mois de la prestation d'accueil du jeune enfant. C'est aussi pour les ruraux, l'augmentation du gasoil, l'augmentation de l'essence. Donc, cette pression fiscale se fait de plus en plus forte.

9:51
Présentateur

Le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale, Christian Jacob, est l'invité du grand entretien de France Inter. Il est 8h30. Léa Salamé.

10:04
Locuteur non identifié

Christian Jacob, Nicolas Sarkozy a été mis en examen la semaine dernière pour recel de détournement de fonds publics, corruption passive, financement illégal de campagne électorale. Il affirme qu'il est victime d'une machination. Vous croyez cela ? Nicolas Sarkozy est victime d'un complot ?

10:19
Christian Jacob

Écoutez, moi, j'avoue que je n'ai pas compris d'abord l'utilisation de la procédure de la garde à vue, ce qui semblait assez invraisemblable. Est-ce que quelqu'un imaginait un instant que Nicolas Sarkozy se sauve à l'étranger, qu'il aille prendre des contacts avec tel ou tel protagoniste sur une affaire qui date d'il y a 11 ans ? Donc, c'est pour le moins surprenant. Ensuite, le contrôle judiciaire, de la même façon. Je ne vois pas. Au-delà de vouloir chercher à l'humilier, je ne vois pas quel est l'intérêt de cette procédure. Après, sur le fond, écoutez, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'y a aucune preuve probante de quoi que ce soit.

Donc, tout cela paraît assez invraisemblable, effectivement.

11:03
Locuteur non identifié

Quand le juge Tournaire et d'autres juges d'instruction chevronnés mettent en examen un homme, mis en examen, c'est-à-dire qu'ils estiment avoir des indices graves et concordants de son implication, vous pensez qu'ils sont manipulés, qu'ils font fausse route, qu'ils se basent sur des éléments fumeux ?

11:18
Christian Jacob

Écoutez, ça aurait été bien qu'ils le démontrent. Surtout qu'ils ont plutôt tendance à faire savoir largement les éléments d'information qui sont à leur connaissance. Là, on n'a rien entendu. Donc, tout cela paraît, effectivement, pour le moins surprenant.

11:31
Locuteur non identifié

C'est-à-dire que vous mettez en cause le juge Tournaire ? Ça veut dire que je suis

11:34
Christian Jacob

pour le moins surpris, voilà, à ce stade. Vous ne comprenez pas la mise en examen, c'est ça ? Je ne comprends pas. Ni le contrôle judiciaire. Je ne suis ni juge, ni avocat, ni magistrat. Je n'ai pas les éléments, mais simplement, le constat aujourd'hui, tout cela me paraît assez invraisemblable.

11:51
Locuteur non identifié

Et l'argent liquide qui circulait pendant la campagne de 2007 et qui n'a pas été déclaré à la Commission nationale des comptes de campagne, il est tombé du ciel, cet argent ?

11:59
Christian Jacob

Écoutez, là aussi, je n'en sais rien, moi. J'ai lu la presse comme vous, j'imagine. Bon, on a entendu parler, je crois, de 30 000 euros. 38. 38, bon, on est loin des 50 millions qu'on nous annonçait. Enfin bon, écoutez, encore une fois, je n'ai pas les éléments, je n'ai pas, bien sûr, accès au dossier, je n'ai pas les éléments, mais je suis... Vous avez l'impression,

12:21
Locuteur non identifié

pardon, Christian Jacob, qu'il y a un complot contre Nicolas Sarkozy ?

12:24
Christian Jacob

Je n'ai pas utilisé le mot, mais tout cela me paraît assez invraisemblable.

12:27
Locuteur non identifié

Mais qui pourrait être à la manœuvre ?

12:29
Christian Jacob

Écoutez, nous verrons. Je pense, moi, je fais confiance à Nicolas Sarkozy, à son avocat, pour savoir le démontrer le moment venu. En tout cas, je n'ai aucun doute sur l'innocence de Nicolas Sarkozy.

12:41
Locuteur non identifié

8h, presque 35, un autre sujet, la réforme constitutionnelle qui vise à réduire le nombre de parlementaires et le nombre de mandats, qui veut instaurer une dose de proportionnelle et inscrire la Corse dans la Constitution. Est-ce que vous allez la soutenir ou est-ce que vous allez bloquer ?

12:53
Christian Jacob

Écoutez, il y a un certain nombre de lignes rouges. La proportionnelle, j'y suis totalement opposé. Pour vous, une bonne dose de proportionnelle, c'est zéro ? C'est zéro. Elle sera génératrice d'instabilité. Voyons, regardons ce qui se passe en Allemagne, ce qui se passe en Italie. Est-ce que la proportionnelle est facteur de stabilité ? Non. Aujourd'hui, nous avons un gouvernement avec une majorité que nous contestons, mais le gouvernement a tous les moyens pour pouvoir gouverner. Pourquoi se mettre et prendre le risque, se mettre en situation d'instabilité ? Ensuite, le deuxième élément important, c'est vraiment la diminution des pouvoirs du Parlement.

C'est-à-dire que c'est la première fois qu'un président de la République depuis 1958 prépare une réforme de la Constitution qui vise à diminuer les pouvoirs du Parlement. Donc ça, ça me semble très inquiétant également.

13:42
Locuteur non identifié

S'il va vers le référendum

13:43
Christian Jacob

pour trancher ? C'est sa liberté, ça, c'est à lui d'en décider.

13:48
Présentateur

On passe au standard, Léa, il est 8h35, intervenez et soyez les bienvenus. Bonjour Jean.

13:55
Locuteur

Oui,

13:55
Locuteur non identifié

bonjour M. Demorand et bonjour M. Jacob. M. Jacob, j'entends depuis hier que pour des raisons bassement politiciennes, vous voudriez mettre la responsabilité de l'attentat sur le gouvernement. Ne pensez-vous pas qu'il faudrait plutôt rechercher la cohésion nationale ? Car le jour où vous serez au pouvoir, eh bien ma foi, vous connaîtrez ce type de situation. Et j'ajoute que seule une dictature pourrait mettre les fichiers S en prison, mais pas un état de droit. Vous souhaitez changer la loi, mais elle ouvrirait la possibilité non seulement de mettre les fichiers S en prison, mais aussi, et pourquoi pas, les dépressifs et puis les drogués.

14:42
Présentateur

Merci Jean pour cette question. Christian Jacob, seule une dictature permettrait de faire de la rétention ou de mettre en prison les fichiers S. Que répondez-vous à Jean ?

14:52
Christian Jacob

Écoutez, tout d'abord, si la situation n'était pas si grave, je dirais merci de ne pas avoir été dans la caricature. Bon, je pense qu'objectivement, on n'est pas du tout dans une situation, on cherche à mettre le gouvernement en responsabilité, enfin, le gouvernement est en responsabilité, mais dire qu'il est responsable de cet acte serait bien évidemment stupide. Mais quand l'un des vôtres,

15:13
Présentateur

Geoffroy Didier, dit qu'Emmanuel Macron fait preuve de naïveté en matière de gestion du terrorisme, ne dites pas que vous ne remettez pas en cause le travail

15:23
Christian Jacob

de l'exécutif. Non, ce que je dis... Naïveté. Ce que je dis, et nous l'avons dit au moment de la suppression de l'état d'urgence, c'était une erreur et une faute de supprimer l'état d'urgence. Nous avons voté toutes les lois antiterroristes avec les gouvernements de gauche, 13 lois de suite que nous avons votées. Là, nous avons refusé de le voter parce qu'on considérait que c'était baisser la garde en supprimant l'état d'urgence. Il faut pouvoir se doter d'un certain nombre de moyens d'investigation dont les contrôles, les perquisitions à domicile, les assignations à résidence, les possibilités de fouilles et ça, on les a supprimées et nous considérons que c'est une faute de l'avoir fait.

Maintenant, nous sommes prêts et je l'ai dit, nous avons des propositions sur la table et c'est le rôle d'une opposition responsable, c'est-à-dire de venir avec des propositions et d'en débattre et je demande au gouvernement, moi, on est prêt à se remettre autour de la table et dire, voilà nos propositions et discutons ensemble. Nicolas, bonjour.

16:16
Locuteur non identifié

Oui, bonjour. Monsieur Jacob, est-ce que le problème, finalement, ce n'est pas la démocratie à vous écouter ? Il faudrait polariser encore plus sa société comme si elle ne l'était pas déjà suffisamment. On voit bien que notre société est de plus en plus concernée par la police, de plus en plus surveillée. Donc, selon vous, ça n'est toujours pas assez. Donc, moi, je me dis que finalement, pour vous, le gros problème, c'est la démocratie alors même que nous vivons quand même avec une confiscation quasi totale des pouvoirs par M.

Macron, une contestation qui est réduite vraiment quasi à néant avec une collaboration intensive de tous les médias quasiment à l'exception de Mediapart avec le pouvoir. Qu'est-ce que vous souhaitez de mieux, M. Jacob ?

17:02
Présentateur

Merci Nicolas pour cette question et puis pour tous les commentaires qui l'ont accompagné. Est-ce que c'est la démocratie qui vous pose problème ?

17:09
Christian Jacob

Je n'ai pas senti ni M. Demorand ni Mme Salamé totalement muselés dans leurs interventions. On vous le confirme. Sur le reste, vous savez, la démocratie, ça n'est pas l'anarchie, ça n'est pas le laisser-faire. C'est au contraire avoir des règles, des lois qui s'appliquent à chacun et qui visent à une chose, c'est à protéger liberté, égalité, fraternité. La liberté, c'est justement d'avoir la liberté de faire sans entraver celle de son voisin. Et donc, nous sommes parfaitement dans les principes de la République. Je dis simplement que nous sommes dans une situation de guerre.

Ça a été dit d'ailleurs par tous les gouvernants et à partir de là, eh bien, il faut se donner les moyens de lutter en face de ces dingues parce que, écoutez, de ces assassins, ce qui vient de se passer là, je veux dire, on ne peut pas rester indifférent. Imaginez que le pouvoir politique de dise, bon, écoutez, voilà, ça s'est passé et puis on passe, on attend l'attentat suivant. Non, il faut réagir, regarder comment on peut ensemble, l'ensemble de la classe politique, apporter la réponse la plus appropriée.

18:14
Présentateur

Une question de Paul sur l'application de France Inter. Que pensez-vous, Christian Jacob, du sort de M. Poucdemande et des élus indépendantistes catalans ? Poucdemande a arrêté pour des motifs purement politiques dans l'indifférence générale, dit Paul.

18:29
Christian Jacob

Écoutez, il s'est soustrait aux lois espagnoles. Il a quitté son territoire national. Bon, moi, je pense que... Enfin, je n'ai pas... au trou, c'est ça votre... Non, non, votre conseil

18:48
Présentateur

et votre petit mot d'accompagnement. Vous savez pertinemment... C'est pour des questions politiques, on est d'accord.

18:53
Christian Jacob

Vous savez pertinemment que c'est absolument pas ce que je dis. Je dis simplement qu'il devait se présenter à la justice espagnole et ça aurait évité cela. On retourne au standard. Frédéric Depau, bonjour. Oui,

19:06
Locuteur non identifié

bonjour à tous. Bonjour M. Jacob. Je voulais savoir ce qu'il en est du groupe des constructifs et de M. Thierry Solaire. ça fait une partie importante du groupe des députés des Républicains. J'aimerais savoir s'ils sont encore dans l'opposition ou s'ils sont déjà dans la majorité totalement. Ça ne paraît pas clair aux yeux des électeurs et des auditeurs. J'aimerais bien que vous clarifiez un petit peu la situation.

19:29
Présentateur

La lumière, Christian Jacob. Merci Frédéric.

19:33
Christian Jacob

Écoutez, c'est de la faire. Ce n'est pas moi. M. Thierry Solaire nous a quittés et honnêtement, ça ne m'a pas fait pleurer. Ils sont neuf à avoir fait ce choix. Ils sont d'ailleurs, vous avez noté, peut-être si vous suivez attentivement ces choses, divisés en deux ou trois fractions au sein de ces neuf parlementaires. Nous, le groupe des Républicains, c'est un groupe de 101 députés qui fonctionnent, qui fonctionnent bien avec une vraie cohérence c'est d'être résolument dans l'opposition mais de faire des propositions. Non, dans le groupe, aucune. Tout le monde

20:10
Présentateur

est derrière le chef.

20:12
Christian Jacob

On n'est pas dans ce cadre-là mais à chaque fois qu'il y a un texte, écoutez, nous travaillons ensemble, quelles que soient les affinités, les amitiés des uns et des autres, le groupe des députés, il est là à la fois pour être dans l'opposition mais en même temps pour être force de proposition et comme nous l'évoquions ce matin sur ces affaires de terrorisme, nous sommes à chaque fois force de proposition.

20:34
Locuteur non identifié

Sans langue de bois, Christian Jacob, le fait que Laurent Wauquiez qui souffrait d'un déficit de notoriété et de popularité début janvier, qui commençait à regagner un petit peu de notoriété et de popularité, qui s'est totalement brisé avec l'affaire des enregistrements de quotidien où il a perdu, je crois, 20 points chez vous à droite, est-ce que vous n'êtes pas, est-ce que c'est la bonne personne ?

20:54
Christian Jacob

Oui, écoutez, le choix de nos militants, je rappelle, plus de 100 000 militants se sont mobilisés pour cette élection, il a été élu à 75%.

21:03
Locuteur non identifié

Vous êtes inquiet, c'est ça ma question ? Je sais bien qu'il a été très bien élu.

21:06
Christian Jacob

Non, vous savez, c'est long. On a eu deux défaites de suite au présidentiel, deux défaites de suite aux législatives, on ne va pas se remettre en selle par un claquement de doigts, ça prend du temps et je fais toute confiance à Laurent Wauquiez pour nous remettre en selle.

21:19
Présentateur

Eh bien, voilà, c'est dit. Merci Christian Jacob d'avoir été au micro d'Inter. Merci à vous.

Christian Jacob : "Il fallait maintenir l'état d'urgence" — Christian Jacob · Pourquijevote