Nicolas Dupont-Aignan invité de "Bourdin direct" sur RMC
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:24OuverteÉludée
Quel bilan faites-vous ce matin ?
- 0:44FerméeRéponse directe
Croyez-vous qu'avec vos propositions, vous allez effacer le risque terroriste ?
- 2:34FerméeRéponse directe
Les responsables de ces attentats ?
- 2:41RelanceRéponse partielle
On aurait pu empêcher ces attentats ?
- 4:37OuverteRéponse directe
Qu'a dit le président de la République dimanche ?
- 5:10FerméeRéponse directe
Ça veut dire que la France est mal gouvernée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:24Invité politiqueFait
« Personne, franchement. Personne, personne. »
- 1:26Invité politiquePromesse
« État d'urgence, je l'avais réclamé. »
- 1:28Invité politiquePromesse
« Contrôle des frontières, je le réclame depuis 20 ans. »
- 1:31Invité politiquePromesse
« Renforcement des moyens de la police, je le réclame. »
- 2:44Invité politiqueFait
« Je pense que si on avait pris les mesures au bon moment depuis un certain nombre d'années, on ne les aurait peut-être pas empêchées. »
- 2:56Invité politiqueFait
« Et que le rôle d'un chef d'État, c'est de protéger sa population. »
- 11:14Invité politiqueChiffre
« Moins 54 408 postes, défense nationale, policiers, gendarmes sous Sarkozy. »
- 11:22Invité politiqueChiffre
« Moins 23 000, 22 844 sous Hollande. »
- 12:46Invité politiqueChiffre
« Toutes les fiches S ne peuvent pas être incarcérées, bien évidemment. Il y a plusieurs cas de fiches S. Plus de 10 000. »
- 15:29Invité politiquePromesse
« Le service national. »
- 18:12Invité politiqueChiffre
« Mille camions-citernes de Daesh. »
- 18:28Invité politiqueChiffre
« 15 bombardements par jour au Kosovo, quand il y a eu l'affaire du Kosovo, 250 par jour. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan78 %
- Présentateur12 %
- ?10 %
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Dupont
-Aignan, bonjour. Bonjour Jean-Jacques Bourdin. Député maire de Hier, dans l'Essonne, président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, le temps du deuil après les attentats du 13 novembre est passé, c'est ce que vous écrivez. Maintenant est venu le temps du bilan. Quel bilan faites-vous ce matin
?
Première chose, le meilleur hommage
que
l'on puisse rendre aux victimes,
c
'est de faire le bilan
et
de faire des propositions
pour
qu'on ne revoie plus cela.
Il
n
'y
a pas d'assurance totale, bien sûr. Oui, est
-ce que vous
croyez qu'avec vos propositions, vous allez effacer le risque
terroriste ? Personne, franchement. Personne, personne. Mais, pour autant,
je
suis un peu lassé
d
'une sorte d'unité nationale factice
qui
est là pour effacer les responsabilités partagées. Je te tiens, tu me tiens par la barbichette.
On
ne parle de rien. façon de tromper l'opinion et de faire croire que finalement il n
'y
a pas de solution.
Enfin, le Président de la République, le Premier ministre ont avancé des
solutions.
Oui,
oui. Que vous votez d'ailleurs. Mais heureusement, je les réclame depuis 10 mois. Oui. État d'urgence, je l'avais réclamé. Contrôle des frontières, je le réclame depuis 20 ans. Renforcement des moyens de la police, je le réclame. Mais quand je regarde précisément, et ça c'est mon rôle d'homme politique, précisément les mesures, on est encore dans la demi-mesure.
On
n'est pas dans la capacité de gagner la guerre. Et ce que je dis,
c
'est qu'il faut
enfin
dire aux Français
que
maintenant, on ne peut pas la gagner à moitié, qu'il faut s'en donner les moyens. Nous
allons venir sur les
propositions que vous faites.
J'insiste là-dessus. On ne gagne pas une guerre à moitié. Premier point. Et deuxième point, qui est fondamental, et personne n'en parle depuis très peu. Oui. Il y
a
la question majeure du sens. Qu'est-ce que ça veut dire être Français au 21e siècle ? Quel est le projet de société qu'on donne à notre jeunesse ? C'est un autre point, mais il faut l'aborder un jour quand même. Oui. Parce qu'il ne suffit pas de prendre des mesures de sécurité, il faut aussi voir loin. Qu'est-ce qu'on veut pour la France ? C'est une dynamique un pays. C'est pas simplement... Et je crois que les attentats... Il y a des responsabilités immenses de nos dirigeants, respectifs depuis 20 ans, qu'on laissait pourrir
une situation. Mais ce sont les
responsables de ces attentats
? Non. Les responsables, ce sont les barbares qui nous attaquent. Mais le rôle des dirigeants politiques...
On aurait pu
empêcher ces attentats ? Vous allez jusqu'à dire ça
?
Je pense que si on avait pris les mesures au bon moment depuis un certain nombre d'années, on ne les aurait peut-être pas empêchées. J'essaye d'être le plus honnête possible dans mes propos, Jean-Jacques Bourdin, parce que ce sont des propos graves.
Bien sûr. Mais
on aurait pu limiter les risques. Et que le rôle d'un chef d'État, c'est de protéger sa population. Et que, enfin, il semble y avoir une réaction qui va dans le bon sens. Mais, on est encore très loin du compte. On a eu un débat, Jean-Jacques Bourdin, surréaliste à l'Assemblée nationale, sur l'état d'urgence. Mardi dernier ? Oui. Des mesures fondamentales. Par exemple, la saisie des ordinateurs et des téléphones portables. Refusé par le gouvernement. L'assignation à résidence, 24 heures sur 24. Ah non. On a débattu entre la majorité et l'opposition, 8 heures ou 12 heures. Le contrôle d'identité par les polices municipales. Refusé. Donc, un certain nombre de mesures, refusées, comme si,
c
'est pas qu'il soit méchant, c'est pas qu'il soit un con, comme si le logiciel,
le
logiciel de nos gouvernants, et même de l'opposition, était périmé, qu'ils ne se rendaient pas compte de l'état de guerre. Des gens sont venus nous assassiner en plein Paris. Il y
a
un moment, il faut que le peuple français, que ses dirigeants, se donnent les moyens de se défendre. Ce n'est pas encore le cas, j'ose le dire. Ce n'est pas le cas.
Les mesures sont insuffisantes. C'est mon devoir de le dire. Parce
que je ne
vais
peut-être pas assez crier après le mois de janvier.
Vous
voyez, je
vais vous
parler franchement, Jean-Jacques. Allez-y.
Quand j'ai revenu le président de la
République, dimanche, j'ai repensé à ce que je lui avais dit au mois de janvier.
Et
je me suis dit, est-ce que moi, j'ai fait mon devoir de crier plus dans les médias ? Oui. Quand j'ai été à Léros, par exemple, cet été, je suis revenu, j'ai été à Calais. Quand j'ai su qu'il y avait des djihadistes infiltrés, j'ai essayé de le dire, j'ai écrit. Quand j'ai parlé de Cayenne, on m'a assassiné médiatiquement.
Quand j'ai parlé de ces mesures,
est-ce que je l'ai dit assez fort ? Pourtant, je l'ai écrit, je l'ai dit, j'ai tempété. J'ai eu le sentiment qu'il y avait un édredon sur
la France.
Que vous
a dit le président de la République dimanche ?
Il
m'a dit qu'il ferait tout ce qu'il peut, mais quand je lui ai dit, contrôle des frontières nationales, c
'est
-à
-dire
un grand débat entre nous, il n'y croit pas. Et je lui ai dit, mais monsieur le président, c'est quand même gênant, vous n'y croyez pas. Il m'a dit, contrôle des frontières nationales, c'est les frontières européennes qu'il faut contrôler.
Et
je lui ai dit, oui, mais les frontières européennes, vous n'êtes pas président de la Grèce, vous n'êtes pas président de la Hongrie, de la Slovénie, des autres. Donc vous êtes responsable des frontières nationales. Et donc j'ai senti que j'étais face à un mur. C'est son droit. Mais au moins qu
'on
puisse en débattre devant l'opinion. Souvenez-vous...
Ça veut dire que la France est mal
gouvernée ? Ça veut dire
qu
'au jour d'aujourd'hui, c'est trop tard et trop peu.
Ça
va dans le bon sens. Ça va dans le bon sens, je pèse mes mots. Mais je pense qu
'on
ne se donne pas les moyens.
Vraiment, on
ne change pas de braquet. On ne passe pas la vitesse supérieure.
C'est
dommage. Alors
regardons, parlons des contrôles
aux frontières. Vous pensez qu'en ré... C'est quoi, rétablir des contrôles aux frontières ? C'est-à
-dire
rétablir des postes aux frontières ? Parce que j'entends tout et n'importe quoi autour de ça. C'est quoi ? C'est rétablir des postes aux frontières
?
C
'est
faire. Qu'est-ce qui va empêcher un terroriste de franchir une frontière ?
Franchement.
C'est faire
tout
ce que les pays du monde adultes se défendent font. C'est-à-dire un système performant de contrôle aux frontières qui ne limitera pas, bien sûr, toutes les intrusions. Mais
qui
en limitera
les
risques et permettra de tracer davantage les mouvements de passagers entre la France et les autres pays. L'Angleterre le fait, les Etats-Unis le font, l'Algérie, le Maroc, tous les pays du monde. L'Union Européenne ne l'a pas fait. On le paye très cher. Ça veut dire ce qu'on a fait pendant des siècles. Contrôler nos postes frontières. On a des radars sur les routes, Jean-Jacques Bourdin. J'ai été à la frontière franco-suisse, il y a deux jours, vendredi dernier. Il y a des radars sur toutes les routes de France. Mais il
n'y
a pas un radar aux frontières qui flashe tous les gens qui passent. Il ne
serait pas compliqué. Parce que vous croyez qu'un
terrorisme va passer devant le radar
de la frontière. Si vous lui
compliquez la tâche. Oui. S'il ne peut pas circuler en voiture
avec des kalachnikovs. Mais en fait, il y a eu
des attentats terroristes quand il y avait déjà des contrôles
aux frontières. Mais à ce moment-là, on ne fait plus
rien.
Mais il ne s'agit pas de ne rien faire. Il y en a
eu moins. Oui. Et quand vous regardez... Moi, je regarde le profil des tueurs. Je regarde leur passé, je regarde ce qu'ils ont fait. Et je constate quoi ? C'est qu'ils ont circulé librement entre tous les pays d'Europe.
Le premier constat, c'est que souvent,
ils viennent de chez nous. Je vais
venir.
Il n
'y a
eu aucune capacité à les contrôler, à les surveiller, à les tracer. C'est une spécificité européenne. Donc, on paye cher 20 ans de suppression des frontières. Deuxième point, je remarque qu'il y
en
a beaucoup qui viennent de chez nous, qui ont eu des peines de prison jamais appliquées. Je remarque qu'on les a mis dans des prisons mêlées aux autres délinquants et qu'ils ont fait du prosélytisme. Quand je regarde le parcours des tueurs, moi, je suis un citoyen actif.
Et
j'essaye de comprendre. Je remarque à chaque fois qu'on paye très cher le laxisme, l'abandon, le manque de réactivité. Mais bien évidemment, vous pouvez prendre toutes les mesures que je propose et vous aurez peut
-être un attentat.
Mais en revanche, le devoir d'un homme politique, c'est de tout faire pour protéger son peuple.
Ce
qu'il n'est pas fait
aujourd'hui. Je
le
maintiens.
Vendredi dernier, nous avions Guillaume Pépi, le président de la SNCF, qui nous annonçait que des portiques allaient être installés pour le Thalys. Mais il n'était pas très favorable à l'installation de portiques dans toutes les gares.
Et
vous ? J'y suis totalement favorable. On n'aura jamais la sécurité
zéro là aussi. Mais comment allez-vous faire ?
Oui, allez-y. Un exemple. J'ai pris le TGV. Oui. Entre Dijon et Lyon, vendredi. Oui,
oui.
Il y avait des contrôleurs. Il n'y avait pas un contrôleur devant chaque entrée
des
rames. Comme il y a pour l'Eurostar, qui est dans tous les pays du monde. Et pourtant, ils étaient nombreux. Pourquoi M. Pépi ne demande pas au moins aux contrôleurs du train de se mettre un devant chaque entrée de la rame ? Pourquoi, dans certains cas, n'équipe-t-on pas les agents SNCF de ces trucs à métaux qu'il y
a
même dans les grands magasins, que des sociétés de sécurité privées ont ? Donc la SNCF pourrait peut-être en acheter. Pourquoi on n'installe pas dans certaines gares, pas partout, des portiques qui permettent de réduire les risques ? Il n'y
a
jamais de risque zéro. Mais en revanche, il y
a
une mentalité collective
qui
illustre parfaitement M. Pépi, et comme le président de la République sur les frontières, je n'y crois pas. Alors je ne
fais
pas. Ce n'est plus possible. Les pays... Regardez Israël. Vous n
'allez
pas arriver en gares deux heures avant pour
prendre notre train ? Mais je n'ai pas
demandé qu'on transforme les gares comme les aéroports, c'est impossible. Mais entre le tout et le rien,
il y a des moyens... Est-ce qu'on n'est pas dans l
'obsession sécuritaire
? Non.
Non.
Tout à coup ? Non. On est dans un désarmement psychologique, mental,
de
nos dirigeants politiques, hérités de 68, croyant qu'un monde ouvert est parfait. Non. Le rôle d'un homme politique, c'est de défendre son peuple. Et il y a des mesures de sécurité qu'il faut prendre, et les Français doivent s'y habituer. Si on ne le fait pas, c'est non-assistance à peuples en danger. C'est clair. Je
vais rappeler quelques-unes de vos propositions. Je
rappelle des milliers de réservistes de la police et de la gendarmerie nationale. Les armées, les dotés de moyens de communication. Équipements en moyens matériels qui manquent aujourd'hui à nos forces de l'ordre. Création d'unités motorisées d'intervention rapide dans les grandes villes. Autorisation des fouilles par tous les services publics de sécurité. Oui.
Même les policiers municipaux. Oui. Oui. Mais oui. J'ai eu un spectacle dans ma ville. Alors, on a le droit d'ouvrir le sac et de regarder. Mais on n
'a
pas le droit de fouiller. Enfin, on croit rêver.
Mais
je vais vous prendre une autre mesure. J'ai proposé... On ne
va
pas recruter les policiers, les gendarmes et les douaniers en moins de deux ans. Oui. Il faut les former.
Dans
tous les commissariats, vous avez des policiers qui effectuent des tâches administratives. J'ai été hier voir le commissariat de ma circonscription. Discuter avec le commissaire pendant deux heures. Si on recrutait des adjoints administratifs, il y a suffisamment d'étudiants en droit qui sortent sans boulot, qu'on pourrait recruter. 4 à 5 000 en France. On pourrait remettre sur la voie publique 4 à 5 000 policiers. Ça, c'est concret. Ça ne mange pas de pain. C'est simple. J'ai été visiter une prison parce que je vais voir. Je suis un homme politique, je suis assez curieux. Je vais voir sur place. Présion de ville peinte,
il
y a un mois avant les attentats, j'y étais. Les terroristes sont mêlés à la population carcérale et circulent librement dans la prison parce qu
'il
n
'y a
pas d'effectifs
des
services pénitentiaires. Mais là, ils vont être engagés apparemment. 2
500
dans la justice. Mais comprenez les intentions,
les paroles. Vous voyez
toujours dos à dos, d'ailleurs, c'est quoi ? C'est une posture politicienne, toujours dos à dos, et les Républicains et le Parti Socialiste. Notamment sur les suppressions
de postes.
Mais
c'est la vérité, mais
est-ce qu'à un moment, on a le droit de dire ce qu'on voit
?
J'ai amené le chiffre. Moins 54 408 postes, défense nationale, policiers, gendarmes sous Sarkozy. Moins 23 000, 22 844 sous Hollande.
Ça
veut dire en tout près de 80 000 sur un effectif de 400. C'est considérable.
Mais
Jean-Jacques Bourdin, pourquoi j'enrage parfois ? C'est parce que ça fait des années que je le dis
et
qu
'on
m'a regardé de haut. Et j'estime qu'aujourd'hui,
on
ne doit plus se taire. En tout cas, moi, je ne me tairai pas tant que les mesures ne seront pas prises. On a discuté pendant des heures au Parlement. Savoir si on avait le droit de saisir l'ordinateur lors d'une perquisition.
Et
on nous a refusé ce droit. Donc il y
a
un moment, je préfère qu
'on
s'attaque. On pourrait parler des djihadistes de retour de Syrie.
Ils
ne sont pas
en
détention.
Alors on va surveiller
65 millions de Français. C'est
pour eux que vous voulez créer un centre de détention ? Oui, éloigné. Vous avez cité Cayenne. Je
sais
que ça a choqué nos amis guyanais.
C
'est quoi ? C'est Guantanamobis ? Oui,
oui.
Guantanamobis ? Oui,
oui. Ils sont venus nous tuer, Jean-Jacques. Oui. Ils sont venus nous tuer. Mais enfin, ceux-là, peut-être pas.
Mais vous remarquerez que depuis le début... Vous allez mettre à Guantanamo, donc,
dans votre Guantanamo,
vous
allez mettre... Attendez,
soyons précis. Oui,
parce
que
ceux qui ont essayé de nous tuer, j'espère
qu'ils se rendent en prison. Ils ont tous été... Oui. Tous ceux... Attentats de Charlie Hebdo. Ces récents attentats, vous regardez tous, ils étaient des fiches S. Les fameuses fiches S. Soyons précis. Toutes les fiches S ne peuvent pas être incarcérées, bien évidemment. Il y a plusieurs cas de fiches S. Plus de 10 000. Voilà. Mais les cas les plus graves, retour de Syrie, quand vous êtes parti en Syrie combattre, vous n'êtes pas un enfant de cœur. Vous pouvez rentrer, vous pouvez rentrer
en
expliquant
que... Oui.
Eh bien, mesure
de précaution, on peut tout à fait... Moi, si ça avait été moi,
j'aurais pris l'article 16. Vous directez à Guantanamo.
J'aurais pris l'article 16 au lendemain des attentats. Et dans la nuit, j'aurais arrêté les 3-400 djihadistes connus qui sont dangereux. Je les aurais mis dans un lieu fermé, en état plus que d'urgence, c'est-à-dire dérogatoire du droit commun. Et ensuite, nous aurions vu au cours des semaines qui passent leur degré de dangerosité. Si nous n'envoyons pas un signal très fort, assez barbare, que la démocratie est capable de se défendre, que ferons-nous demain s'il
y a
un autre attentat ? Je vous certifie que je pèse mes mots, je demande une action préventive rapide. Ça ne
veut
pas dire de mettre tout le monde sous surveillance. D'ailleurs, comme on ne prend pas les mesures sur les dangereux, on met toute la France en surveillance et ça ne sert à rien, puisque les services n'ont même pas le temps de traiter les infos.
–
Nicolas Dupont-Aignan, au nom de la laïcité, l'association... Vous êtes maire, des maires de France souhaitent que les mairies ne proposent pas de crèche de Noël.
–
Je trouve ça débile.
–
Voilà.
–
Au
nom de la laïcité, nous... – Non, moi je n'en
organise pas, elle est organisée
à l
'église. – Oui. – Parce que j'estime que c'est le rôle des églises et pas de la muerie. – Oui. – Mais, est-ce qu'on a besoin
de
cette surenchère d'abandon de notre culture
? –
Voilà. Moi j'estime comme maire que ce n
'est
pas le rôle de la ville, que c
'est
le rôle des cultes.
–
Alors justement... – Mais pour autant, laissons notre culture s'exprimer, arrêtons de donner aux Français le sentiment
que
leurs dirigeants les dépossèdent de leur passé, de leur histoire. –
Vous parlez de
colonisation à l'envers.
–
Oui. – Colonisation par qui ?
–
Par l'abandon des dirigeants qui renoncent à ce qu'ils sont.
– Mais qui nous colonise
? – Qui nous colonise ? –
Je vais
venir. Je parlais tout à l'heure du sens de notre pays. On peut prendre toutes les mesures de sécurité de la Terre. Toutes. Et j'en propose des dures. Ça ne suffira pas si on ne redonne pas un sens à notre pays. Qu'est-ce que ça veut dire être Français ? Quelles sont les valeurs ? Vous savez, si la République n'est pas forte, mais dans la traduction concrète, ça veut dire la dignité dans le travail, ça veut dire un idéal de société, ça veut dire un progrès social, ça veut dire une justice sociale pour tous nos jeunes, eh bien, alors ne vous en faites pas, on peut fermer la mosquée ceci, la mosquée cela, elle ressurgira. Parce que le problème de fond, c'est le sens d'être Français.
C'est une société qui doit être davantage unie. Et voilà pourquoi je propose le service national. Le service national, l'école publique, le mérite à l'école, eux, fiers de nos valeurs. Et d'ailleurs, moi, je vais vous dire, le peuple français, il a bien réagi. Quand vous voyez tous ces drapeaux, je suis confiant dans le peuple français. Et même, et je vais être très clair, parce que je n'aime pas qu
'on
les critique, je suis élu de banlieue, le nombre de jeunes d'origine étrangère, de religion musulmane,
qui
ont donné des signaux fantastiques de patriotisme.
Donc,
on parle de ceux qui nous crachent à la figure, on parle des terroristes, mais c'est une infime minorité, les autres. Quel projet de société on a ? Qu'est-ce qu'on leur donne comme avenir ? Donc, ce que je voudrais, c'est qu'on appuie sur le frein de la sécurité, mais très brutalement, mais qu'on appuie aussi sur l'accélérateur de la justice sociale. On ne lutte... Et c'est pareil, d'ailleurs, au Moyen-Orient. Parce que s'il y a... Je lisais un article très intéressant de Piquetil
hier.
Vous savez que la région du Moyen-Orient,
c
'est la plus injuste du monde, des monarchies pétrolières.
Mais qu'est-ce qu'on fait contre
ces monarchies pétrolières, d'ailleurs, du Golfe ? On arrête d'être
à
leurs pieds. Mais comment ? Qu'est-ce qu'on fait
? On rend les relations diplomatiques ? Mais non, mais
tout est une question de mesure, Jean-Jacques Bourdin. Alors, que fait-on ? Il fallait mieux vendre les Mistrales à la Russie qu
'à
l'Arabie Saoudite, parce qu'on les a vendues à l'Égypte, mais c'est l'Arabie Saoudite qui a payé, tout le monde le sait. Donc, moi, je te demande une politique équilibrée. Voilà. C'est-à-dire que les hommes politiques français ne dépendent plus du Qatar ou de
l
'Arabie Saoudite. Parce qu'ils en dépendent financièrement ? Je ne sais pas. Mais en
tout cas...
Non,
mais
attendez, là, vous sous-entendez beaucoup de choses. Je
sous-entends que
des liens étroits... Vous entendez quoi ? Qu'il y a des responsables
politiques
corrompus ? Non,
je sous-entends... Qui
couche de l'argent du Qatar ? Non, je ne vais pas jusque-là. Je dis qu'on a pris l'habitude... Attendez, on a pris l
'habitude... Oui. ...d'aller vers ces pays comme un tiroir-caisse de nos propres difficultés financières.
Voilà.
Il y a suffisamment de pays dans le monde qui ont de l'argent pour diversifier nos allégeances. Et moi, j
'ai
un principe gaulliste. On ne doit jamais dépendre d'un pays. La France doit avoir une politique équilibrée. Et on a trop fricoté
avec
ces pays. Voilà. On a trop fricoté avec ces pays.
D
'ailleurs, la difficulté qu'a le président, et ce n
'est
pas de sa faute seulement, a mené une coalition large.
Vous y croyez, vous
? Vous y croyez à cette coalition, franchement ? J'y crois si... Coalition pour faire quoi
?
Qui ? Et comment ? Vaste problème. J'y crois si on est capable de casser les liens que les États-Unis, la France notamment, ont avec des monarchies qui ont alimenté un islamisme fanatique. Je ne dis pas qu'ils les ont financés, mais du moins qu
'ils
l'ont alimenté. Regardez
ce qui s'est passé en Belgique... Idéologiquement
parlant. Idéologiquement parlant.
Si
on retrouvait notre liberté, si on combattait vraiment Daesh...
J
'ai lu un truc incroyable hier dans un journal. Oui. Je vérifie. Mille camions-citernes de Daesh. Personne jusqu'aux attentats n'a bombardé ces camions-citernes qui permettent d'alimenter financièrement Daesh
qui vend son pétrole en Turquie. On
nous dit
qu'on ne cesse de bombarder Daesh
et
des cibles stratégiques. Hier, je lisais dans un journal de votre confrère, je peux vous le croire, 15, depuis les attentats, 15 bombardements par jour au Kosovo, quand il y a eu l'affaire du Kosovo, 250 par jour. Donc, la coalition, elle n
'est
pas encore en marche. Elle a commencé. Ce sont des frappes encore symboliques. Mais qui ira affronter Daesh ?
Les
Russes, les
Iraniens,
les Kurdes... Vous mettez dans
une même coalition les Iraniens, les
Saoudiens, les Chinois, les Sunnites... Non,
vous le savez bien. Ben oui. Et donc, c
'est
là où il va falloir choisir.
S
'il y en a un qui aurait dû démissionner, franchement,
c'est
Laurent Fabius.
Je
ne l'accuse pas l'homme que je respecte. Mais sa politique a été un fiasco.
Nous
devrions rétablir les relations diplomatiques avec Damas. Nous devrions avoir la liste des terroristes par la Syrie. Et nous devrions combattre Daesh avec la Syrie, la Russie et l'Iran.
Si
on était cohérents. Un
renversement
d'alliance.
Oui.
Merci, Nicolas Dupont-Aignan, d'être venu nous voir ce matin. Merci. Il est 8h55. Merci.
Nicolas Dupont-Aignan