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Podcast / conversationPublic Sénat (sur YouTube)· 14 septembre 2026 22 minComplaisantActualité / polémiqueImmigration & asileLogementÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Les droites, combien de divisions ? (Le Pen, Retailleau, Philippe, Attal…)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 30 %Défensif 70 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:44OuverteRéponse directe

    Est-ce que, de ce que vous avez vu sur place, vous diriez qu'ils ont réussi leur rentrée ?

  • 1:27OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est une rentrée réussie pour Marine Le Pen et Bruno Retailleau ?

  • 2:08OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est une rentrée réussie ?

  • 8:05OuverteRéponse directe

    Comment analysez-vous la mesure de priorité nationale annoncée par Marine Le Pen ?

  • 9:26OuverteRéponse directe

    Faut-il y voir un retour aux fondamentaux du Front National ?

  • 10:51OuverteRéponse directe

    Le pouvoir d'achat est-il le thème central du RN ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 8:47Fait
    « Ce n'est pas un retour aux fondamentaux. Ça a toujours été dans le logiciel du Rassemblement national. »
  • 12:04Fait
    « Les 4 électorats en question ont pour point commun, non pas du tout la question du pouvoir d'achat, non pas du tout la question de la retraite à 60, 62 ou 65 ans, mais l'immigration de façon écrasante. »
  • 16:35Fait
    « Le RN, le parti de la girouette, trouvez-moi un sujet, un seul le sujet, sur lequel ces bonimenteurs-là n'aient pas changé d'avis. »
  • 17:54Fait
    « Il y a une partie de l'électorat de droite dans une perspective de second tour que ça peut arrêter. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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Les droites, combien de divisions de l'éducation.

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Marie Le Pen et Bruno Retailleau qui tenaient donc tous deux leur discours de rentrée. Ce week-end, des discours aux allures de projet présidentiel à sept mois du premier tour. Et pour en parler, nos éditorialistes. Nathalie Moret, bonjour. Merci d'être avec nous, journaliste politique pour les journaux régionaux du groupe Ebra, les journaux de la façade est de la France. Arnaud Benedetti, bonjour. Merci d'être avec nous, directeur de la nouvelle revue politique. Et Mathieu Souquier, bonjour. Merci d'être là, essayiste. Et votre prochain livre apparaît en octobre, Casser la vague aux éditions de l'Aube. On aura évidemment l'occasion d'y revenir. Mathieu, Nathalie, we can charger pour vous. Vous avez suivi les meetings de Bruno Retailleau, de Marine Le Pen sur place à Hénin-Beaumont.

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Est-ce que, de ce que vous avez vu sur place, vous diriez qu'ils ont réussi leur rentrée ? Je pense qu'ils avaient l'objectif avant cette rentrée de réussir cette rentrée encore mieux qu'ils ne l'ont fait, pour deux raisons différentes. D'abord, on va commencer par le RN qui est le plus proche puisque c'était hier. Le RN a connu une entrée très mouvementée avec pas mal de polémiques. Donc, effectivement, je pense que Marine Le Pen se serait passée d'une rentrée qui a été plus émaillée par les silences ou les actions de Jordan Bardella. Et je pense que pour elle, hier, elle a été assez habile dans la mesure où elle a essayé, et je pense qu'on y reviendra tout à l'heure, de recentrer le débat et de mettre des choses dans

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le débat pour justement recréer une dynamique derrière Et c'était sur le thème du logement. Bruno Retailleau, c'est un peu différent. Il est dans une période où il accompagne depuis sept mois maintenant et où il reste au niveau des sondages dans l'étiage du score DLR aux dernières européennes. Donc, on a une absence de dynamique du côté de Bruno Rutaillot. Et moi, j'ai senti, lors de son meeting de samedi, certes des jeunes complètement derrière lui, puisque c'était la rentrée des jeunes et LR, mais en même temps, un certain, je veux dire, pas un doute, mais un certain scepticisme sur l'avenir de la compagne. Oui, et on va y revenir, Bruno Rotaillot pourra-t-il aller au bout ? On va en parler. Arnaud, de votre point de vue, est-ce que c'est une rentrée réussie

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C'est toujours une question à laquelle il est difficile de répondre. Ce qui est sûr, c'est que si vous voulez, les enjeux pour l'un et pour l'autre étaient très différents. Marine Le Pen aujourd'hui, sa situation, c'est celle d'une échappée dans une étape du tour de France, qui doit gérer son avance. C'est ça la situation de Marine Le Pen et celle de Bruno Rotaioz. C'est quelqu'un qui est plutôt en fin de peloton et qui doit essayer de s'accrocher au groupe. Donc c'est un peu compliquée pour lui. Si vous voulez, Marine Le Pen avait en fait deux objectifs. On est fait premier objectif, faire un peu oublier toutes les controverses ou polémiques qui ont animé depuis la fin août, la question des relations entre Bardella et Marine Le Pen.

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C'est un premier point. Deuxième point, oui, elle a plutôt réussi parce que je rejoins ce qui a été dit, elle a été assez habile finalement. Je veux dire, bon, elle a pris un thème, qui est le logement, qui jusqu'à présent n'est pas abordé dans la campagne présidentielle. Et le thème du logement, c'est un thème qui est transverse et qui concerne tous les Français et notamment les classes populaires, entre autres et les classes moyennes. Donc de ce point de vue-là, elle est très habile. Elle a pris un sujet extrêmement concret qui parle aux Français et in fine, elle a eu un discours qui était un discours assez déclivant d'une certaine façon. Alors certes, il y a la question toujours de la préférence devenue priorité nationale, qui est un sujet qui pose en

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effet un certain nombre d'interrogations sur le plan constitutionnel. Mais de toute façon, là-dessus, il l'assume depuis... C'est l'historique du Front National même. En l'occurrence, il l'assume depuis tout le temps. Donc ce n'est pas un sujet fondamental pour eux. Mais en mettant, si vous voulez, cette question du logement, clairement, il fait que ce matin, qu'est-ce qu'on fait ? On parle des propositions de Marine Le Pen. Donc de ce point de vue-là, elle a plutôt réussi sa rentrée. Mais non, si vous voulez, ça n'enlève pas toutes les questions qui se posent en effet concernant encore une fois les relations avec Bardella, la ligne politique sur un certain nombre de sujets, qu'il s'agisse du voile ou qu'il s'agisse de l'économie. Ça, ça reste entier.

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Stratégiquement, politiquement parlant, c'est bien joué de la part de Marine Le Pen le discours d'hier et de miser sur un thème central qui est le thème du logement. Oui, elle a fait d'une part du grand classique et à la part ailleurs, je suis totalement d'accord avec Arnaud, innover en utilisant, en employant un thème extrêmement concret et qui constitue un impensé politique absolue. Alors que dans l'équation sociale de nos concitoyens, c'est désormais quelque chose de déterminant. La part écrasante du budget, du poids du logement dans le budget des ménages, c'est effectivement quelque chose de terrible et c'est un impensé politique. Oui, mais surtout dont le poids s'est largement accru au cours des 30 dernières années et les difficultés de pouvoir

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d'achat de nos concitoyens sont en réalité directement liées à cette question du logement qui est donc un impensé politique. C'est-à-dire qu'il n'y a pas un parti politique qui n'a jamais proposé la moindre idée un peu neuve, un peu claire sur le sujet. On n'a jamais eu un grand ministre du logement et d'ailleurs dans l'ordre protocolaire, on voit toujours que le ministre du logement est un ministre délégué ou un sous-secrétaire d'État qui est le dernier ou à peu près de la liste donc de ce point de vue là c'est habile elle avait assurément complètement raté sa rentrée c'est à dire que les dix derniers jours ont été émaillés alors il ya la question de la rivalité avec bardella il y a par ailleurs une forme d'impréparation alors l'impréparation ou la cacophonie sur l'Ukraine

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ou sur la retraite ce sont des sujets complexes et à la limite on peut comprendre que ce qui est plus étonnant c'est l'impréparation autour du voile la polémique interne autour du voile alors que là on est vraiment au cœur du cœur de ce qu'il propose depuis toujours on est un peu plus étonné donc on voit bien que c'est un parti qui est à la fois très fort parce que compte tenu de sa virginité politique mais aussi qui reste encore assez faible par son manque d'expérience qui frise quand même parfois l l'incompétence pour autant même si sa rentrée était totalement raté je pense que tous les partis rêverait de rater leur entrée en campagne comme marine le pen c'est à dire que j'ai fait l'exercice pardon je t'emmène juste là dessus j'ai fait

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l'exercice qui consiste à aller regarder les sondages tous les sondages neuf mois avant toutes les élections présidentielles depuis le début de la cinquième république alors on joue toujours aux favoris qui à la fin n'est pas le président voire même qui n'est pas au deuxième tour dsk en 2011 jupé en 2016 etc on nous a quitté il ya quelques semaines effectivement bon balladur les grands favoris à neuf mois de l'élection était toujours entre 25 et 28 toujours entre 25 et 28 jamais au delà sarco en 2006 mitterrand avant sa réélection etc marine le pen n'est pas entre 25 et 28 elle est entre 35 et 38 et elle avait pris même trois points depuis le 7 juillet et sa condation sa condamnation

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très sévère donc personne n'a abordé l'élection présidentielle avec une telle avance le deuxième c'est édouard philippe si on en croit les sondages une marine le pen égale deux édouards philippe ça c'est du jamais vu avec un dernier mot sur le logement elle s'est aussi adressé aux maires notamment aux maires ruraux hier et on imagine qu'à deux semaines des sénatoriales c'est pas complètement anodin croyez vous non oui c'était assez drôle de regarder dès qu'elle a pris tous les irritants pour les maires, c'est-à-dire le ZAN, la zéro artificialisation nette des sols. C'est difficile à dire un lundi matin. La loi SRU. Tout ce que les les maires, toute la problématique des normes,

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tout ce que les maires abordent à deux semaines du vote des sénatoriales, elle a coché et en disant bien, en disant les maires ruraux, on sera là, etc. Donc oui, il y avait clairement 2 grilles de Il y avait à la fois, elle s'adressait aux gens qui ont des difficultés à se loger en disant le DPE c'est fini. Par exemple ça aussi, le DPE ça parle énormément aux gens qui veulent vendre ou accéder à la propriété. Donc elle a pris tous les et elle les a mis de côté. Donc oui, c'était extrêmement habile parce que non seulement elle parle à une majorité de gens, le logement, vous l'avez dit, est un thème central, mais en plus, elle crée le débat et donc aujourd'hui, tous les Les gens, enfin toutes les parties politiques sont obligées de répondre à ces propositions.

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Là où Marine Le Pen en 2022 avait fait campagne sur le pouvoir d'achat, elle a cette fois-ci débuté son discours en annonçant une première mesure qui concerne la priorité nationale. On l'écoute. La première mesure sociale que nous prendrons sera un droit nouveau pour tous les Français. Nous allons garantir à tous les Français, comme cela se pratique dans tous les pays du Un droit naturel et juste. Avec nous, les Français, quelles que soient leurs couleurs de peau ou leur religion, leur origine ou leur résidence, quelles que soient leurs régions ou leurs conditions sociales seront prioritaires chez eux. Comment vous l'analysez, Arnaud ?

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Est-ce qu'il faut y voir un retour fondamentaux de ce qu'était le Front National dans cette campagne 2027 de Marine Le Pen ? Non Non, pas du tout. Ce n'est pas un retour aux fondamentaux. Ça a toujours été dans le logiciel du Rassemblement national. D'ailleurs, par contre, il y a une évolution. Ce qui est intéressant, c'est l'évolution sémantique. On était sur la préférence nationale. On passe à la priorité nationale, ce qui est à peu près quand même la même chose en termes de contenu. Mais on voit bien qu'elle intègre finalement les critiques sur la sémantique préférence nationale. Ce n'est pas tout à fait la même. Et d'ailleurs, vous avez quand même constaté que dans son discours, elle a cette clause rhétorique

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où elle dit quelles que soient leurs origines, quelles que soient leurs religions. C'est extrêmement important le « quelle que soit leur religion » dans le discours, en tout cas qu'elle tient devant ses partisans. Donc là-dessus, on est sur quelque chose qui est encore une fois tout à fait traditionnel dans le Rassemblement national à ceci près qu'en effet, la sémantique évolue. Mais par contre, elle a clairement, encore une fois, posé son discours à partir du thème du pouvoir d'achat. Elle parle du pouvoir d achat. De toute façon, le logement, je veux dire, est un élément constitutif de la question du pouvoir d'achat. Donc là-dessus, elle ne va pas beaucoup, à mon avis, évoluer par rapport à 2022.

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Elle va surtout que la situation économique, quelque part, je veux dire, fait que la thématique du pouvoir d'achat est encore plus importante en 2027 qu'elle était en 2022. En plus, ce qui plus est, elle s'adresse à un public qui est celui du Nord, dans sa circonscription historique et d'un bon moment. Donc, c'est vraiment là le cœur des classes populaires. Alors peut-être que le discours va quelque part un peu évoluer ou en tout cas se nuancer au gré de la campagne. Mais en tout cas, là-dessus, je veux dire, c'est vraiment quelque part, quelque chose d'absolument essentiel dans la déclinaison de son programme. Mathieu, vous êtes d'accord avec Arnaud ? Il ne faut pas y voir un retour aux fondamentaux ? On est vraiment dans le très classique sur cette question du pouvoir d'achat.

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Effectivement, il est rare qu'un thème se soit imposé de façon aussi écrasante et de façon aussi durable dans l'opinion pendant très longtemps. C'était le chômage qui était tout en haut du podium. Là, c'est le pouvoir d'achat lors de la dernière élection présidentielle déjà en 2022. Ça a écrasé tout le reste. Le Rassemblement national ne fait pas exception. C'est-à-dire que ces électeurs, désormais, ont le pouvoir d'achat comme préoccupation essentielle qui a rejoint en l'été sur le podium la question de l'immigration qui avant était le marqueur presque qu'unique, en fait, de l'extrême-droite. Ne nous trompons pas pour autant. La Fondation Jean Jaurès a établi une cartographie des différents électorats du Rassemblement National sous la signature d'Antoine Bristiel. Étude très intéressante.

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Il y a quatre électorats différents, en fait, ce sociologiquement du RN, ce que montre l'enquête en question, c'est que, quels que soient ses électorats, quel que soit le niveau socio-économique de ces différents électorats, vous savez, on dit souvent que le RN est le parti des catégories populaires. Il est vrai que désormais, le RN est majoritaire chez les catégories populaires, mais les catégories populaires, celles qu'on appelle la France des oubliés en général, c'est 20 % en réalité de l'électorat RN, pas davantage. Et l'électorat aisé du RN pèse autant. Et ce qui est très intéressant, c'est que les 4 électorats en question ont pour point commun, non pas du tout la question du pouvoir d'achat, non pas du tout la question de la retraite à 60, 62 ou 65 ans,

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mais l'immigration de façon écrasante. C'est pour ça qu'on peut observer que les rivalités, les prétendues rivalités entre Jordan Bardella et Marine Le Pen, c'est-à-dire une ligne sociale étatiste d'un côté ou une ligne ultralibérale et conservatrice de l'autre. Ça ne change rien pour les lecteurs parce qu'on sait que sur le fond du fond qui est la préférence nationale hier rebaptisée Priorité Nationale, Jordan Bardella et Marine Le Pen, c'est exactement la même chose. Donc dans les sondages, ça donne exactement le même résultat. Non, non, mais je partage complètement ce qui a été dit. De toute façon, la question de l'immigration, le Rassemblement national n'a même pas besoin d'en parler parce que de toute façon, il est identifié historiquement à ce sujet.

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Le Front national a bâti ses succès dans les années 80 sur la question de l'immigration. Donc d'ailleurs, toutes les études d'opinion montrent que les Français considèrent qu'il est plus crédible sur cette question que les autres formations politiques. Donc pour elle, en parler, je veux dire, c'est presque quelque chose qui ne peut que raviver des polémiques dont elle n'a strictement pas besoin. Donc elle va en effet tracer son chemin sur les questions économiques et sociales. Après, c'est vrai qu'aujourd'hui, vous avez l'élément qui est fédérateur dans l'électorat, qui est en effet beaucoup plus diversifié qu'on ne l'imagine du Rassemblement national. C'est la question de l'immigration et la question régalienne dans son ensemble.

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Comment ça a été perçu, Nathalie, vous qui étiez à Hénin-Beaumont, ce discours, ce choix de Marine Le Pen de toujours miser sur les questions sociales, de s'entrer sur le logement, mais quand même de commencer en parlant de la priorité nationale ? – Je ne suis pas sûre que le discours à Hénin-Beaumont ait été très bien perçu. Pour avoir été dans vraiment de très nombreux meetings de Marine Le Pen, moi j'ai trouvé les gens qui étaient là, il y avait plusieurs centaines de personnes assez sages et je n'ai pas trouvé une salle qui vibrait complètement. Le seul moment où ça a vibré très fort, parce que c'était finalement un discours assez technique, le seul moment où ça a vibré vraiment très fort et où les gens ont acclamé leur candidate, c'est le moment où elle a dit que tous les délinquants,

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les familles de délinquants allaient être expulsées des logements sociaux. Donc ça, ça faisait référence à tout ce qui était le volet sécuritaire dont tous les militants hier m'ont parlé quand je suis allée les voir. Pour eux, leur premier motif de vote, c'est non pas l'immigration, mais c'est vraiment la sécurité. On a un problème de sécurité dans ce pays, de respect, disait-il, et ce sont des valeurs qu'elle a convoquées dans son discours hier, le respect, etc. Donc je pense que le discours a été sans doute moins bien perçu que d'autres par le passé, et en revanche ce qu'on attendait beaucoup c'était la relation entre Marine Le Pen et Jordan Jordan Bardella, et je le rappelle, président du Parti républicain.

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Et depuis des années, ils avaient toujours pris la parole ensemble lors d'un meeting. C'est la première fois depuis... Je crois qu'il est président de ce parti, qu'il n'a pas pris la parole hier, alors même que c'était son anniversaire. Il a été d'ailleurs... Ça a été assez vite balayé. Donc on voit bien quand même que malgré ce qu'ils affichent, il y a des tensions qui restent au RN, ces manifestes. Et dont les militants parlent ? Oui, ils en parlent. On a croisé plusieurs militants. Enfin, parmi les militants que j'ai croisés, en fait, certains le regrettent. Certains regrettent que même à un moment que Marine Le Pen, qu'ils aiment beaucoup au auparavant, d'ailleurs. Mais soit encore leur candidate parce qu'ils disent elle s'appelle Le Pen et c'est encore un frein.

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Ils sont tous derrière elle sans aucune ambiguïté. Mais certains regrettent que Jordan Bardella ne soit pas plus présent. Ça peut peser sur la campagne de Marine Le Pen. Alors même si le RN crie sur tous les plateaux qu'il n'y a aucune tension, mais ça peut peser ? – Les débats qui nous animent en tant que commentateurs et analyste de la situation politique et du RN, ce sont des débats qui n'ont strictement aucune prise pour l'instant sur les tendances de fond. Regardez les derniers sondages, ils confirment que le RN est fortement arrimé à un étiage qui est très haut. Donc pour l'instant, ça n'a pas d'impact en l'occurrence de même qu'à question de savoir s'il y a une ligne plus libérale du côté

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de Bardella et une ligne plus étatiste ou plus sociale du côté de Marine Le Pen. Franchement, je veux dire, ça n'a là aussi aucun effet sur l'adhésion électorale pour l'instant. Alors après, la vraie question, c'est de savoir si la réitération en effet sur la distance peut avoir un effet et éroder éventuellement ? Personnellement, ça personne ne peut y répondre à ce stade. Mais pour l'instant, en tout cas, clairement, ça n'a strictement aucun effet. Alors Marine Le Pen qui n'a pas attaqué Bruno Retailleau. Tout juste une petite phrase sur ceux qui la qualifient de de socialistes, c'est-à-dire Bruno Retailleau. Bruno Retaille, lui. En revanche, samedi, lors de son discours de rentrée, ne s'est pas privé d'attaquer la candidate du RN. On l'écoute.

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-"Le RN, le parti de la girouette, trouvez-moi un sujet, un seul le sujet, sur lequel ces bonimenteurs-là n'aient pas changé d'avis. D'abord le grand gafouillage, le grand gafouillage sur l'Ukraine, sur la retraite, sur le Le voile aussi. L'acte, finalement, de contrition de Jordan Bardala à Londres devant Nigel Farage. On aura tout vu les amis. Qu'on m'ait dit un jour que le parti qui se réclamait jadis de Jeanne d'Arc soit vendu aux Anglais. Franchement, franchement, je ne m'y attendais pas. Voilà les pics de Bruno Retailleau.

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Mathieu, qui joue sur ces divisions et sur la difficile rentrée du Rassemblement national, ça peut prendre dans l'électorat de droit ? Alors sur le fond il n'a pas tort, c'est-à-dire que je réévoquais la rentrée ratée de Marine Le Pen tout à l'heure, on observe comme le disait Arnaud et je souscris totalement à ce qu'il disait, on observe qu'il n'y a absolument aucun impact sur le socle électoral de Marine Le Pen, Jordan Bardella, c'est-à-dire que le RN dispose aujourd'hui du socle non seulement le plus large mais le moins volatile. Donc en fait il peut se passer absolument tout et n'importe quoi. Les scores de premier tour sont les mêmes mais l'impréparation qu'on a vu à l'oeuvre la semaine dernière, je le redis sur retraite, Ukraine et y compris le voile, l'impréparation,

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il y a une partie de l'électorat de droite dans une perspective de second tour que ça peut arrêter. Et quand même la rediabolisation à l'aune de ce qu'on a observé à Carcassonne, où là pour le coup il y a aussi des gens qui peuvent se dire en réalité quand même, même si les mots ont changé même si les visages ont changé le fond n'a pas du tout changé donc ça effectivement ça peut jouer Le pauvre Bruno Rotaio n'a pas totalement tort sur le fond. Pour autant, on voit bien que ce n'est pas seulement sa rentrée qui est ratée, c'est son entrée en campagne depuis 8 mois qui ne fonctionne pas du tout. Il est pris en sandwich entre la gauche et la droite, en réalité, après 10 ans de macronisme se sont reconstitués. Autour de 15%, un peu moins pour Raphaël Glucksmann,

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la gauche à la droite de gouvernement. Un peu moins de 15 % pour Raphaël Glucksmann, un peu plus pour Edouard Philippe. En fait, le créneau de droite est déjà occupé et Bruno Retailleau fait le pari que c'est en allant émarger sur une partie de l'électorat de Marine Le Pen qu'il peut se faire une place au soleil. On voit bien qu'à ce stade, ça ne marche pas du tout. Nathalie, on a intitulé ce débat « Les droits de combien de divisions ? » Est-ce qu'aujourd'hui, il y a une vraie fracture, une vraie séparation entre les LR et le RN où vous qui étiez à la rentrée de Bruno Retailleau il y a des LR qui se disent si ça ne fonctionne pas pour Bruno Retailleau on ira voir du côté de Marine Le Pen. C'était la rentrée des jeunes. J'ai rencontré beaucoup de jeunes militants.

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Et effectivement, les jeunes militants, je les ai trouvés inquiets et deux pensant à l'avenir, c'est-à-dire au premier tour. Est-ce que Bruno Retailleau sera absent du premier tour. C'était quand même la question qui agitait les jeunes LR. Tous n'en sont pas convaincus. Je vous rappelle juste la phrase de François-Xavier Bellamy, qui est peut-être passé inaperçu samedi, mais il a dit en s'adressant aux jeunes qu'il faut rendre possible ce qui est impossible, c'est-à-dire de gagner cette élection. Franchement, il y a quand même plus optimiste pour le numéro 2 du parti LR. Et pour reprendre le fil de ma discussion, effectivement, moi j'ai rencontré beaucoup de jeunes LR qui étaient... Alors ils disent « Ok, on va voter Retailleau si jamais

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il est encore au premier tour. mais surtout pas Édouard Philippe. C'est-à-dire que ce qui est très étonnant, c'est qu'Édouard Philippe, qui quand même vient de LR et honnit totalement de la plupart des jeunes LR que j'ai rencontrés... Plus que Marine Le Pen Absolument. Ils sont assez... Plus que Marine Le Pen, pour être très honnête, j'ai senti plus d'appétence vers Reconquête. Plusieurs m'ont dit qu'il faut reconquérir l'électorat de Reconquête, qui effectivement voit bien qu il y a une porosité forte entre LR et Reconquête. Mais j'ai rencontré aussi beaucoup de jeunes LR qui, déjà en 2022, ont voté Marine Le Pen au second tour. – Ce sont des électorats qui peuvent se rejoindre ce sont des candidats qui peuvent se rejoindre, Arnaud ou plein ? – Des électorats potentiellement, oui.

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Enfin vous parlez de l'électorat de reconquête et de l'électorat de… – Non mais d'électorat LR et d'électorat RN. – RN, alors… – L'électorat Rotailleau et l'électorat Le Pen. – Moi il me semble que l'électorat Rotaillot était un électorat, ce qui reste de l'électorat LR aujourd'hui c'est l'électorat Rotaillot, c'est-à-dire l'électorat qui refuse la compromission avec le macronisme et le bloc central. C'est un électorat qui est plus droitier donc il considère qu'Edouard Philippe a trahi en étant le premier Premier ministre d'Emmanuel Macron. Donc là-dessus, c'est un électorat qui se retrouvera plus facilement dans un second tour, peut-être, en faveur de Marine Le Pen qu'en faveur d'Édouard Philippe. – Dix secondes, Mathieu ? – Assurément, l'électorat qui reste aujourd'hui à LR

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est un électorat de droite radicalisé. La droite modérée ou la droite de gouvernement d'hier, elle est en réalité chez Édouard Philippe, qui ne cherche pas du tout à réactiver l'héritage du du macronisme, le en même temps, mais qui affirme une campagne, une ligne bien de droite, bien classique. Merci beaucoup, merci à tous les trois pour ce débat, merci à tous de nous avoir suivis et je vous retrouve demain avec grand plaisir.