Présidentielle 2027. François Ruffin : « la République française a besoin d'une thérapie »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:49OuverteRéponse directe
Pourquoi avoir choisi un meeting sous forme d'entretien d'embauche ?
- 3:34OuverteRéponse directe
L'aide aux gros rouleurs est-elle un pansement ou un vrai coup de pouce ?
- 9:34OuverteRéponse directe
Le nucléaire doit-il rester public pour garantir la sûreté ?
- 10:19OuverteRéponse directe
Pourquoi être candidat à la présidence aujourd'hui ?
- 13:40OuverteRéponse directe
Comment éviter le gâchis dans le monde du travail ?
- 17:32OuverteRéponse directe
La gauche doit-elle reconquérir la valeur travail ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:34Chiffre
« une aide 20 centimes par litre en moyenne pour 3 millions de français travailleurs »
- 4:12Chiffre
« les pétroliers en France aujourd'hui vont font 11 millions d'euros par jour de surmarge »
- 19:32Fait
« Tous ceux qui sont aujourd'hui en France doivent pouvoir travailler »
- 20:10Fait
« je suis en revanche tout à fait hostile à une immigration pour le travail »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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La République, c'est moi. Je vous ai compris. Lyon va devenir une référence. Donc ce que vous [musique] proposez comme d'habitude, c'est de la poudre de Perlin Pimpin. Parce que aujourd'hui, on vit côte à côte et je le dis toujours, moi je crains que demain on vive face à face. On a l'impression que en France, il faut que les politiques soient tous habillés [musique] comme des croques morts. Voilà, maintenant 3 semaines que nous sommes engagés dans une espèce de dialogue de sour Je vous demande de vous arrêter. Carte électorale, [musique] une émission présentée par Jean-Baptiste Cocagne. Bonjour et bienvenue dans ce nouveau numéro de carte électoral, l'émission politique de RCF Lyon diffusée chaque samedi à 10h30 et chaque
dimanche à 17h. C'est une première cette saison, mais quelque chose me dit que ça ne devrait pas être la dernière. À peine les municipales terminés que le personnel politique a déjà en ligne de mire l'élection présidentielle de l'an prochain. De nombreux candidats se sont déjà déclarés, beaucoup d'appelés, peu d'élus pour cette élection suprême de la 5e République en France. Et aujourd'hui, nous recevons l'un de ses candidats, le député de la Somme, François Ruffin. Bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous et d'avoir accepté notre invitation, prendre le temps de passer dans nos studios. Nous vous avons invité car vous lancez ce weekend votre campagne présidentielle à Lyon avec un meeting samedi après-midi place Louis Pradel. Un meeting que vous avez pensé comme un entretien d'embauche
publique où vous candidatez à la présidence de la République. Pourquoi déjà avoir choisi un tel dispositif ? L'entretien d'embauche en plein air ? parce que j'ai vu passer une petite annonce qui disait République cherche président CDD de 5 ans, homme ou femme logé, nourri, même les déplacements compris, salaire à autofixer et euh ça me paraissait intéressant. Je pense que j'ai je coche un certain nombre de cases dans mon CV qui feront de moi un bon président de la République l'année prochaine. On va y revenir mais ça va prendre quelle forme exactement cet entretien d'en il y a des salariés puisque c'est sur la question du travail donc il y a des travailleurs qui seront là et donc il y aura une personne qui est infirmière à l'hôpital, il y a un ouvrier d'une fonderie enfin bref il y a
une série de personnes qui vont venir m'interpeller notamment sur la question du travail mais pas seulement. François Ruffin ne vous a pas présenté. Vous êtes journaliste, réalisateur de documentaires. Vous êtes surtout député de la première circonscription de la Somme depuis 2017, réélu en 2022 et 2024. Après avoir siégé dans le groupe parlementaire de la France insoumise sans avoir jamais eu la carte du mouvement, vous avez pris vos distances avec Jean-Luc Mélenchon pour siéger aujourd'hui dans le groupe parlementaire écologiste et social. Vous êtes donc candidat à la primaire de la gauche, pas candidat directement à l'élection. Elle aura lieu le 11 octobre prochain cette primaire avec le mouvement que vous avez lancé debout un mouvement lancé d'abord
en Picardie chez vous en 2017 et vous en êtes toujours le président. Alors le principe de cette émission François Ruffin, c'est de commencer par la question rewind. C'est un retour sur un fait politique de la semaine écoulée et c'est la première séquence de carte électorale. Mardi, le premier ministre Sébastien Lecnu a annoncé une aide financière destinée au gros rouleur afin de faire face à la hausse du prix de l'essence suite à la crise au Moyen-Orient. Une aide 20 centimes par litre en moyenne pour 3 millions de français travailleurs utilisant leur voiture pour se rendre à leur travail situé à moins à plus de 15 km de leur domicile. Pour vous François Ruffin, c'est un pensement sur une jambe de bois, c'est une nouvelle usine à gaz administrative ou c'est un vrai coup de
pouce ? D'abord, on comprend bien la difficulté des Français. C'est tout qui est pénalisé quand l'énergie devient chère. c'est les déplacements pour le travail, mais c'est aussi pour les activités du samedi, pour les les bénévoles dans les clubs de foot. C'est à peu près la société qui est ralentie, qui est pour certains mise à l'arrêt à cause de cette hausse là du prix de l'essence. Donc oui, il faut que le gouvernement se bouge. Maintenant, ça recommence, ça recommence avec, vous savez, la chanson de Gardesbourg, des chèqus, des petits chèqus, des petits chèqus partout. Voilà, c'est ça qu'on a aujourd'hui. C'est ça qu'on a déjà eu pendant euh la la l'arrivée de la guerre en Ukraine. Donc on recommence à faire des petits chèqus avec des petits des critères et puis il faudra remplir des
formulaires sur des plateformes. Bon, pourquoi ? Parce que le gouvernement refuse de prendre de vraies mesures, des mesures de fond, des mesures de régulation de régulation du marché en l'urence de régulation du marché de l'énergie. Et je voudrais vous mettre trois euh mesures qui pour moi sont à installer de manière pérenne et qui euh fonctionneront sur le marché de l'énergie mais aussi sur le marché de de l'alimentation parce qu'il faut pas rêver. Là on va avoir une inflation qui va revenir et qui va pas se contonner à la pompe à essence. La première mesure, elle a existé jusqu'en 1986 en France. On l'a eu pendant toute la prègerre, pendant les 30 glorieuses. Ça a assuré notre prospérité. C'est quoi ? le contrôle des prix et des marges. Pourquoi je dis ça ? Parce que vous le
savez, les pétroliers en France aujourd'hui vont font 11 millions d'euros par jour de surmarge, de surprofit grâce à la guerre en Iran. Il y a des profiteurs de cette guerre et donc il y a un instrument qui a existé pour atténuer ou éliminer ça, ça a été jusqu'en 1986 le contrôle des prix et des marges. On rétablit ça. Deuxième chose parce que l'État aussi fait du profit, c'est les les la enfin les la taxe sur les produits cher en France parce que c'est surtout une histoire de taxe et d'impôt sur l'essence. Il y a en fait il y a 11 millions d'euros par jour de surprofit pour les pétroliers. Il y a 10 à 12 millions d'euros à peu près pareil pour l'état de sur taxe. Qu'est-ce qu'on fait ? Ça avait été institué par Lionel Jospin et là encore enlevé par Jacques Chirac mais cette
fois en 2002, c'est la TIPP flottante. La taxe intérieure sur les produits pétroliers flottant. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que quand le prix du gazoile monte, cette taxe là, elle descend. Quand le prix de du gasoile descend, cette taxe là, elle monte de manière à lisser les prix du pétrole. Et enfin, la troisème mesure que je souhaite voir rétablie dans la durée, c'est l'indexation des salaires sur l'inflation. Pendant les années de crise COVID, on sait que les salariés ont perdu 3 à 4 % de pouvoir d'achat. Ça va recommencer, il va y avoir à nouveau une perte du pouvoir d'achat. On va venir gratter là-dessus pendant que de l'autre côté, vous allez voir paraître le classement de 500 fortunes. Il y aura pas de souci de ce côté-là. Donc voilà des instruments mais en fait ce que je
décris là c'est un grand choix de société que nous avons à faire et j'espère que ça sera le choix qui sera effectué l'année prochaine c'est dans quelle mesure on laisse fermer le marché ou dans quelle mesure on régule le marché. Est-ce que cette crise euh liée à une situation au Moyen-Orient, un coup de tête de Trump euh qui décide de lancer une guerre avec l'Iran, est-ce que c'est pas aussi euh montrer qu'on est encore très très dépendant euh des énergies fossiles et que euh bah ça nous pénalise aujourd'hui euh dans ce genre de situation et aujourd'hui tout est aligné pour sortir des énergies fossiles qui sont des énergies faciles comme je le réclame, comme nous le réclamons depuis des années maintenant. La première chose, c'est la facture des Français. Il
voit qu'ils ont à payer à la pompe à essence, mais heureusement ça arrive. Il fait beau dehors. Là, il fait même chaud. Il y a pas y avoir à acheter du fiou ou du gaz pour se chauffer. Mais ça c'est la première chose. La deuxième chose, c'est évidemment la planète puisque tout ça, les énergies fossiles, ce sont des gazs à effet de serre. La 3è chose, c'est la souveraineté nationale, notre dépendance à l'égard de la Russie, de l'Arabie Saoudite, des États-Unis, de l'Algérie. Et enfin, la 4e chose, c'est le déficit commercial parce qu'on a 40 milliards d'euros par an de déficit commercial sur l'énergie, sur le gaz et le pétrole. Et en vérité, dans une année comme celle-ci, dans une année comme la guerre en Ukraine, ça double. On est à 80 milliards d'euros par an de déficit commercial.
Mais le chèque essence, ça montre pas une forme d'impuissance de l'État ? Et tout à fait, c'est pour ça que je vous dis que il faut rétablir des instruments de régulation dans la durée en urgence. Et ensuite la politique à mener, c'est une politique de sortie des énergies fossiles. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire une politique d'électrification des usages puisque on sait que notre éélectricité en France, elle est décarbonée. Et c'est ça veut dire quoi sur trois points ? Premier point sur le logement, ça veut dire pour beaucoup le passement passage aux pompes à chaleur. Ça veut dire sur la voiture pour beaucoup le passage à la voiture électrique ou à la voiture hydrogène. Et enfin, ça veut dire pour l'industrie qu'on aide l'industrie à sortir du gaz et qu'on la fasse passer à d'autres
usages. Et éventuellement le 4è point, il y aurait à aider les agriculteurs à sortir des engrais qui sont là aussi des importations de produits pétroliers. ce weekend euh dimanche précisément, cela fera 40 ans que il y aura eu la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. Euh cette énergie décarbonée, elle passe par le nucléaire pour l'électricité en France ? Elle passe par le nucléaire et par les énergies renouvelables. Et compte tenu de du volume d'énergie que nous avons à produire pour sortir des énergies fossiles, on peut pas dire aux gens on va là sortir du pétrole et du gaz et en même temps on va sortir de l'énergie nucléaire. Maintenant, je voudrais mettre un point d'alettre. Vous avez cité Ternobyl, il faut citer Fukushima aussi. Il faut dire que en effet
l'énergie du nucléaire comporte un risque et un risque important. C'est une raison de plus pour qu'on ait un nucléaire qui soit 100 % public. Aujourd'hui, c'est sur les les 1600 travailleurs du nucléaire, vous en avez une large majorité qui sont en férité des sous-traitants, des sous-sous-traitants. Vous avez des intérimères à l'intérieur et je pense que c'est très mauvais pour leur sécurité à eux. C'est bien souvent à eux qu'on fait faire les plus sales boulot et on va pas mesurer si ça a des conséquences sur leur santé. C'est ce qu'on appelle les nomades du nucléaire et ça aussi c'est la sûreté nucléaire pour la nation aussi qui est en en qui peut être mise en danger parce que on fait intervenir des gens sur les sites qu'on a beaucoup moins contrôlé que
quand ce sont des agents publics. Donc un nucléaire sûr c'est un nucléaire public aussi. Et je je voilà à quoi il nous faut œuvrer. On vous entend vous emparer de cette question du travail. Le travail, ce sera justement le thème au cœur de votre meeting de campagne François Ruffin à Lyon ce samedi après-midi. On va justement en parler. Entretien d'embauche en plein air, Place Louis et Pradel en face de l'hôtel de Villa Lyon. Motivation totale, disponibilité immédiate, salaire demandé SMIC. Pourquoi être candidat aujourd'hui à la présidence de la République François Ruffin ? Alors, j'ai un certain nombre de problèmes sur mon CV qu'on m'a signalé. Je suis pas passé par Science Po ni par l'ENAT. Euh je n'ai pas reçu de mallettes de la Libye. Euh je n'ai pas
siégé à Ber. Bon je voudrais signaler des choses qui euh dans mon parcours peuvent intéresser les Français. Il faut écrire un livre hein, c'est la mode en ce moment. J'en ai écrit une une vingtaine un livre sur vous et votre parcours. Et ben je vais vous le faire en bref comme ça vous éviterez cette lecture. Premièrement vous le savez ça fait 25 ans que j'écoute les Français comme reporter d'abord pour mon petit journal factir pour la radio, pour pour mes films et je prends des notes dans mes cahiers. Ça fait 25 ans que je réfléchis à comment on peut améliorer la vie des Français et la vie du pays. C'est la première chose. La deuxième chose, vous savez, j'étais petit entrepreneur. Moi, j'ai lancé ma boutique, j'ai lancé mon média, mon petit journal dans mon coin à
Amien avec un petit budget, mon livréa au départ, ça a terminé avec 7 salariés et pendant mes plus de 20 années de gestion, je n'ai pas eu une seule année de déficit. Il me semble que c'est important pour le pays aujourd'hui. Et enfin, bien sûr, je me suis pendant ce temps-là affronter aux puissances de l'argent, à Bernard Arnaud, à notre à Bernard Squarcini, le premier flic de France et jamais nous n'avons lâché, jamais nous n'avons fait référence à votre film notamment Merci Patron, il y avait vous aviez été espionné, Bernard Scar avait été condamné dans cette affaire. Dans le temps présent, nous avons besoin de personnes qui ne plient pas, ne lâchent pas et ont une du tempérament et du caractère. Il faut un entrepreneur aujourd'hui à l'Élysée. Euh franchement, je pense
qu'il faut profondément un politique aujourd'hui à l'Élysé. Malgré tout ce qui est dit de mal du personnel politique. Ça veut dire quelqu'un qui est capable d'entendre les gens, de peser le pour et le coup contre les différents secteurs de la société. En fait, qu'est-ce qu'on doit faire ? Vous voyez, on est dans un temps où la France est profondément fracturée. On sent les tensions qui sont à l'œuvre dans la société, les tensions sociales, les tensions raciales, les tensions territoriales, tout ça et avec une immense masse de ressentiment. On est dans une société qui a été mise à l'épreuve par la crise Covid qui a été un choc psychologique, l'enfermement. Puis on vous on vous déconfine, on vous reconfine, ça a été suivi de de la guerre en Ukraine et maintenant vous
avez un nouveau une nouvelle guerre qui pèse aussi sur le porte-monnaie des Français. On est dans un pays qui va pas bien. Il y a deux choix dans ce temps-là. Soit on vient à nouveau élargir la fracture, soit on pense qu'il faut quelque part une thérapie de la République et qu'il s'agit de réparer ça. Je pense qu'on est dans un temps de réparation et c'est ça passe par des gens qui sont capables d'entendre les gens et euh de les de les écouter, de les soigner quelque part et de soigner le pays. Je et je sais qu'on passe après qui ? On passe après un homme qui a mis à mal le pays, qui a mis à mal la République. Quand Emmanuel Macron fait à la sortie de toutes ces crises la réforme des retraites pour la passée et la repoussée de 2 ans et la passé à 64 ans, le principal reproche que je lui
fais c'est évidemment j'ai un reproche social, j'ai une sédie de reproche comme ça, mais c'est un reproche sur l'unité de la nation. Dans ce temps-là, le devoir d'un chef de l'État, c'est de trouver ce qui va pouvoir rassembler les Français, ce qui va pouvoir les porter dans une vers un horizon commun. Peut-être que vous aviez chez vos grands-parents, moi c'était chez les miens, une dans une assiette en porculaine cette phrase d'Antoine de Saintxupéri. S'imer ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est que regarder ensemble dans la même direction. Bien, il me semble que ce qui est vrai pour un couple, à savoir que si jamais on n' pas un projet commun, si on c'est pas pour partir en vacances ensemble, pour avoir des enfants ensemble, pour acheter un pavillon
ensemble, pour faire quelque chose ensemble, ben vite la jalousie s'installe, des querelles et c'est pareil pour une nation. Si une nation elle est pas portée vers un projet commun vers et or aujourd'hui on a des défis affrontés, on a le défi productif, pas de grands pays sans grande industrie, sans grande agriculture. On a le défique justement sur sur la question du travail François Ruffin. Euh vous dénoncez un monde avec des symptômes burnout, licenciement pour inaptitude. Vous dénoncez un immense plan social déguisé avec ces arrêts maladies. Vous parlez d'un immense gâi. Comment l'éviter finalement dans la société qui est la nôtre aujourd'hui et dans ce monde du travail que vous estimez malade ? Alors le gâchi est tellement gigantesque je juste vous prendre un point hein.
Pendant la greffe sur les retraites, j'entendais les gens à la porte des usines ou dans les hôpitaux finalement moins parler de ce deux années en plus que leur de leur difficultés aujourd'hui dans le travail que de comment ils aiment leur métier mais comment ils n'aiment pas qu'on leur fait faire leur métier. Et il parlait des inaptitudes que ça se multipliait dans leur boîte. Je me dis je vais aller voir. Donc il y a pas de statistique publique à l'époque. Donc je deviens rapporteur du plan de financement de la sécurité sociale et je demande au ministère du travail combien il y a d'inaptitude licenciement pour une inhabitude dans notre pays. On le précise aux auditeurs. Donc inaptitude c'est un médecin du travail qui à un moment dit ce salarié ne peut plus effectuer son travail. C'est une
inaptitude. Voilà. Et bien on en est on en était à l'époque à un peu plus de 100000 104000 il me semble. On est aujourd'hui à 143000 143000 personnes qui chaque année sont broyé soit physiquement soit psychiquement. Et euh le ministère du travail me dit "Mais c'est stable, je regarde sous-entendu c'est pas si grave que ça. Bon je regarde en 10 a plus que doublé. Maintenant ça d'abord il y a un principe simple à mettre en œuvre. Broyeur payeur comme il y a pollueur payeur comme il devrait y avoir ça veut dire quoi ? Ça veut dire que aujourd'hui une entreprise parce qu'en vérité c'est les burnout, ce sont les troubles psychiques qui ont le plus explosé ces dernières années. Une une entreprise qui broit en série ses salariés où il est repéré que il y a des
burnout en série, et bien c'est à elle de payer. Or aujourd'hui quand il y a du burnout, il y a une quasi impossibilité pour le salarié pour se faire reconnaître en maladie professionnelle. Et du coup ça produit quoi ? Ça produit que la personne qui va pas bien, qui doit sortir de son travail, bah c'est la sécurité sociale qui paye. Ce sont les cotisations chômage qui payent. C'est l'État, c'est la collectivité qui paye et l'entreprise n'a absolument rien à payer. Ça a deux effets. Bah ça pas de conséquence sur sa comptabilité et ça les conséquences sur la nôtre. Ça c'est la première chose. Mais c'est un deuxième effet, c'est si si vous avez rien à payer, pourquoi vous préviendriez ça ? Pourquoi ça serait un problème pour vous ? Et il me semble que ce que je
raconte là sur les inaptitudes est le symptôme en fait d'une économie qui depuis 40 ans considère le travail non pas comme un atout mais comme un coût comme un coût à diminué à écraser et qui écrase les travailleurs eux-mêmes et qui produit un gigantesque gâchi. C'est un gâi là-dessus mais c'est un gâchi sur les les jeunes par exemple qui entrent sur le marché du travail. Je vous raconte une autre anecdote. J'interroge là il y a il y a une dizaine de jours un formateur de la CAF de la caisse d'allocation familiale qui forme les nouveaux entrant. Il me dit voilà euh je forme des gens, il me faut un mois et demi pour queils puissent maîtriser les dossiers, comprendre comment ça marche et tout ça. Et en moyenne, le temps de CDD à la CAF, c'est 4 mois et demi. Vous
voyez l'immense gâchi de ce roulement, c'est un immense gâ salariés eux-mêmes qui peuvent pas s'installer dans la vie, qui peuvent pas prendre un crédit, construire une maison, se projeter vers l'avenir. Mais c'est un immense gigie parce que à peine nous on a formé les gens qu'on les fait sortir de là. Et en fait et vous proposez également un statut des travailleurs et travailleuses essentielles. Je sais pas si il y a une limitation du recours au CDD ou à l'intérim. On a des usines où on a des intérimaires permanents. Mais normalement c'est là pour un surcroix d'activité. Un mot sur votre positionnement politique euh François Ruffin. Schématiquement après avoir été pendant des décennies une valeur de la gauche avec la défense des ouvriers des travailleurs, on a l'impression qu'il y
a eu une bascule sur la valeur travail comme on dit aujourd'hui avec la campagne présidentielle victorieuse de Nicolas Sarkozi en 2007, son fameux travailler plus pour gagner plus. Maintenant, on peut avoir parfois l'impression que cette valeur travail, elle est aujourd'hui associée au camp de la droite. Est-ce que vous voulez est-ce que déjà vous êtes d'accord avec ce constat ? Est-ce que vous voulez inverser ce que ce constat là ? En tout cas, ceux qui en parlent le plus sont ceux qui le font le moins. Ceux qui parlent de la valeur du travail sont en vérité ceux qui le dévalorisent depuis 40 ans maintenant. Et ce que je raconte sur la l'insertion des des CDD, des stages, des CDD de chantiers, des CDI intérimaires, enfin on a une multiplication de cette forme de ce
contratlà. On a en vérité des dirigeants politiques qui euh se sont mis au service purement des dirigeants économiques, des patrons et qui ont décidé de fluidifier le marché du travail, de le euh le rendre plus liquide. Mais je pose la question autrement. Est-ce que la gauche doit reconquérir le travail ? Oui, bah il y a pas de doute. Je et je pense que de la même manière que dans dans l'après-gerre, le parti communiste avait héroïsé le métallo, avait héroïsé le mineur de fond parce que c'était eux qui reconstruit le pays. Aujourd'hui, nous avons un devoir d'héroïation d'un certain nombre de métiers. Le lesiliaires de vie, les assistantes maternelles, les accompagnantes d'enfants en situation de handicap qui sont celles qui au fond tiennent le pays debout par les liens
qu'elles construisent. Et normalement la crise Covid aurait dû nous servir à ça hein. La crise Covid, on a vu qui était les plus essentiels de notre pays, qui étaient les invisibles qui d'un seul coup devenait visibles parce que c'était les seuls dont on exigeait qu'elles continuent à travailler. Et à cette époque, il y avait eu des promesses y compris du président de la République qui disait "Il faudra se rappeler que notre pays tout entier repose aujourd'hui sur ces femmes et ces hommes que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal." Et ben là, il y a eu ni reconnaissance ni rémunération. Et au contraire, ce sont les plus utiles au pays qui ont les salaires les plus dévalorisés, qui sont les points plus écrasés, les moins respectés. Un mot sur lequel j'aimerais vous faire
réagir, François Ruffin. Le premier ministre espagnol Pedro Sanchez a officialisé il y a 10 jours la régularisation de près de 500000 étrangers en situation irrégulière sur le territoire espagnol. Il justifie cette initiative par le vieillissement démographique du pays comme en France, ainsi que par les besoins croissants de l'économie espagnole comme en France, si j'ose dire. Est-ce que c'est une bonne idée à dupliquer chez nous ? Mais je veux vous dire qu'elle est ma position sur ça. Elle est double. Tous ceux qui sont aujourd'hui en France doivent pouvoir travailler, doivent pouvoir contribuer à l'économie française, doivent pouvoir être utiles dans les usines, dans les hôpitaux, dans les restaurants, partout où il y a aujourd'hui des besoins. Oui, mais je
suis en revanche tout à fait hostile à une immigration pour le travail, à une immigration qu'on ferait venir aujourd'hui sur les services pour les restaurant pour devenir auxiliaire de vie qu'on irait chercher comme je l'entends des demandes du patronat du patronat des services qu'on irait chercher dans l'Afrique sub-saharienne pour ces métiersl et qu'on ferait finalement pour les services la même logique de que ce qu'on avait mis en place dans l'après-gerre pour les mines ou pour aller travailler chez Renault. OK pour ceux qui sont déjà là mais ne pas aller les chercher l'étranger ce que vous dit tout à fait et ceux qui sont là c'est un gâi c'est un gâchi productif de pas leur permettre de travailler euh demain enfin aujourd'hui puisque nous sommes diffusés
ce samedi matin ou puisqu'on est aussi diffusé le dimanche et il y aura Abou Sangaré qui viendra témoigner qui est l'acteur amateur mais qui joue dans l'histoire de Suleimman. Il a fallu se bagarrer donc l'histoire d'un livreur à vélo pour de la restauration. Il a fallu qu'il se bagarit pour qu'il puisse finalement avoir un titre de séjour qui lui permette de travailler là comme cariste ou comme garagiste, ça dépend. Et surtout, il s'ouvre à lui la possibilité d'une carrière d'acteur, d'une carrière internationale. Il de demandé en Europe, il est même demandé aux États-Unis mais il a un titre de séjour qui lui interdit ça. Je pense que c'est un gâi. Je pense que c'est un gâchi pour lui évidemment mais c'est un gâchi pour notre pays parce que c'est notre image, notre bonne
image qui pourrait répandre au auprès du monde et de l'Europe. François Ruffin est notre invité dans Carte électorale. On arrive sur la fin de cette émission et la troisème séquence dans notre émission, c'est toujours la même. C'est le questionnaire de de personnalité de l'émission. Je vous je vous explique le concept. Cinq questions posées exactement dans les mêmes termes à chaque invité qui défile au micro de carte électorale. Première question. Quel est le sujet d'actualité dont on ne parle pas assez selon vous ? Écoutez, comme je suis à votre radio ce vendredi après-midi, je veux dire la vérité aux auditeurs, je peux pas être en même temps à la cérémonie de commémoration du génocide arménien qui se déroulait il y a 111 ans maintenant et où il y a plus d'un
million de personnes vraisemblement qui ont été tuées par les Turcs. Donc euh voilà, je je souhaite rendre hommage et évidemment en parlant de ça, je souhaite parler des gennocides qui se déroulent au présent, des genocides reconnus euh au Soudan. euh des génocides qui sont reconnus aussi pour les les roingas et du génocide qui euh a été mis en lumière par France Escalbanaise concernant les les Palestiniens à Gaza. Quelle est la plus grande découverte faite grâce à votre parcours politique ? Je crois que c'est euh presque de l'ordre de la fonction spirituelle. C'est-à-dire que finalement vous savez, vous êtes député et député de l'opposition. Ce que vous avez pour faire changer les choses pour de vrai dans le porte-monnaie des gens, c'est
marginal en général. Je le regrette. J'espère que demain, je souffais tout pour que demain nous ayons le pouvoir, nous présidents, et que nous puissions changer les choses pour de vrai. Mais en revanche, il y a comme une fonction spirituelle et là c'est le rôle de la parole. C'est euh en parlant animé. Animé, c'est un verbe que gère beaucoup. Ça veut dire réveiller les âmes. Donc et on sait à quel point aujourd'hui on a un pays qui est pris par la résignation, l'abattement, le découragement et parfois la une voix permet de réveiller. C'est exprimer pour les gens qui auraient du mal à le faire. exprimer, ça veut dire pousser dehors et qu'il se reconnaissent dans ce que vous dites et que rien que ça ça lui fasse du bien. Et c'est presque, j'en parlais tout à l'heure en des thérapeutes de la
République, mais il y a un rôle de réparation de la parole aussi quand c'est une parole officielle, une parole qui est prononcée depuis l'hémicycle, une parole qui est apparaît comme celui d'un élu donc un peu plus institutionnel et qui vient reconnaître les invisibles, qui vient reconnaître les plus fragiles et qui vient de lui leur donner donner une valeur dans sa parole. la politique comme un supplément d'âmum. Je Oui, je suis persuadé qu'il y a une fonction évidemment spirituelle. C'est par la politique qu'on fait communauté et on fait pas communauté seulement avec le porte-monnaie, seulement avec le PIB, on fait communauté parce que on a de la culture en commun, qu'on a de la de l'esprit en commun pour l'essentiel. Avec le recul, quelle est la décision
politique que vous regrettez aujourd'hui ? Malheureusement, j'ai été amené à prendre peu de décisions politiques, comme je vous l'ai dit, n'ayant pas été dans un ministère ou euh à l'Élysée, mais peut-être euh des prises de position plutôt que des décisions. Euh je j'en ai plusieurs et chaque fois que je fais une prise de position que à postériori, vous savez en parlant à micro, euh on vous fait remarquer, vous dites "Oui, c'est pas juste, je le corrige le plus vite possible en faisant mon meille coup pas." J'ai fait par exemple une prise de position sur le changement de genre où j'ai dit que j'étais très réservé sur cette question, que j'y était plutôt hostile et ainsi de suite et ensuite interpellé, j'ai fait ce que je sais faire, c'est-à-dire du reportage. Je suis allé dans des centres
d'accueil de personnes pour personnes transgenre. Je suis allé à l'hôpital d'Amien qui a un service pour les personnes trans de médecine légale et aussi pour les personnes qui veulent changer pas seulement de genens mais changer de sexe. Et j'ai vu à quel point c'était pas une mode, c'était pas un caprice mais c'était bien et bien une souffrance qui était ressentie, un besoin un besoin d'alignement avec ce qu'on ressent profondément en soi. Or comme notre objectif c'est de permettre le bonheur pour tous au moins de du moins de lever les obstacles au bonheur. Je pense que parfois l'assignation de gens est un obstacle au bonheur. Par exemple, en l'occurrence, je suis revenu sur cette position que j'avais pu avoir. Avant dernière question, quel est votre rapport avec la religion ? On vous la
pose parce que vous êtes sur une antenne chrétienne. Je suis et je suis passé par un lycée chrétien donc et où j'ai un un rapport ambivalent puisque d'un côté je suis le première personne de ma famille et de à ne pas avoir fait ma première communion et par choix parce que les élèves qui m'entouraient autour de moi dans cet établissement coalholique la faisait essentiellement pour avoir une montre en or. ce qui était pour moi un motif d'écœurement. Mais euh pendant tout ce temps-là, j'avais en même temps un grand respect pour les jésuites qui étaient là et qui avait décidé de dévouer leur vie à quelque chose qui était plus grand queux. Et pour la petite histoire, mais vous savez peut-être que j'ai publié un livre en commun avec l'évêque Damien, Monseigneur Leborne et qui s'ouvre
évidemment sur le poème de Louis Aragon pendant la résistance sur celui qui croyait au ciel et celui qui n'y croyait pas. Que ferez-vous après la politique ? C'est la dernière question. J'ai deux options et je suis encore hésitant. J'espère que j'ai un peu de temps encore avant ça. La première, c'est évidemment de reprendre mon métier, c'est-à-dire de me mettre à votre place euh et de de redevenir journaliste, reporter et peut-être reporter à l'international parce que j'ai fait beaucoup de choses pendant mes 20 années de de journalistes, beaucoup de reportages socials, j'ai vu la France dans tous les sens mais peut-être aller davantage en dehors ce que j'ai peu fait, c'est la première chose. Ou alors la deuxième chose à laquelle je réfléchis, c'est de
devenir instituteur. J'aime beaucoup les enfants. J'ai beaucoup aimé avoir des enfants. Malheureusement et tant mieux, ils sont devenus grands et peut-être que ce sera ce choix-là. Merci beaucoup François Ruffin d'avoir été au micro de carte électorale aujourd'hui. On verra donc s'il y aura un quinquena au milieu de tout ça avant de devenir instituteur ou de redevenir journaliste. C'est l'occasion de redire ici le pourquoi de votre invitation aujourd'hui dans cette émission. C'est votre meeting pour la campagne présidentielle que vous ouvrez à Lyon. Un entretien d'embauche, un entretien d'embauche en plein air. Ça se passe placeel ce samedi à 16h. Et je précise, j'espère que les Lyonnais ne seront pas trop sévère avec moi. Et je précise également que vous êtes
candidat à la primaire de la gauche. On aura pas eu le temps d'en parler mais ce sera l'occasion de vous renouveler [musique] l'invitation. Merci d'avoir été avec nous. À la réalisation technique, on remercie Benoî aujourd'hui et je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel un nouveau numéro de carte électorale. Un grand merci à vous. Ah.
François Ruffin