France: «Ceux qui accompagnent les casseurs sont complices et doivent être condamnés», estime Philippe Ballard (RN)
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
Bonjour Philippe Ballard, de nous rejoindre sur RFI
- 0:18OuverteRéponse directe
Le projet de loi Casseur-Payeur est-il indispensable selon vous ?
- 0:56RelanceRéponse directe
Les casseurs devront payer même sans causer de dégâts juridiquement ?
- 1:10RelanceRéponse directe
Le Conseil d'État a émis des réserves sur la mise en œuvre, qu'en pensez-vous ?
- 1:51RelanceRéponse directe
La complexité de prouver les dégâts est-elle un problème ?
- 2:09OuverteRéponse partielle
La gauche dénonce une arme de répression massive, qu'en dites-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:28Locuteur non identifiéFait
« Ah bah oui, d'autant plus qu'on avait présenté un texte sur le principe du Casseur-Payeur en 2024, donc il y a deux ans. »
- 0:36Locuteur non identifiéFait
« Et il y a deux ans, la gauche, bon sans surprise, avait voté contre, mais les macronistes avaient également voté contre. »
- 1:15Locuteur non identifiéFait
« mais nous, on souhaite le rétablissement de la loi anti-casseurs, qui a été abrogée en 1980 par la gauche. »
- 1:37Locuteur non identifiéFait
« Même si vous n'êtes pas l'instigateur du pavé lancé, vous en êtes en quelque sorte complice. »
- 2:22Locuteur non identifiéFait
« Ils sont dans leur couloir, ils attisent les violences. »
- 4:35Locuteur non identifiéChiffre
« Enfin, quand on sait qu'il y avait plusieurs milliers de pillards dans les rues »
- 7:17Locuteur non identifiéFait
« il ne saura rien de ces réunions, d'autant plus que M. Mélenchon a eu cette phrase quand même : On y vient pour pourrir la réunion. »
- 7:50Locuteur non identifiéFait
« On ne peut pas vivre dans une démocratie qui a tout simplement la trouille d'exister. »
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Bonjour Philippe Ballard,
merci
de nous rejoindre sur RFI, vous l'avez entendu, on vient de l'évoquer à l'antenne, le projet de loi Casseur-Payeur a donc démarré aujourd'hui son parcours législatif au Sénat, quelques jours seulement après les émeutes et les violences du week-end dernier. Le Premier ministre Lecornu parle d'un texte absolument indispensable, c'est votre sentiment également Philippe Ballard.
–
Ah bah oui, d'autant plus qu'on avait présenté un texte sur le principe du Casseur-Payeur
en
2024, donc il y a deux ans. Et il y a deux ans, la gauche, bon sans surprise, avait voté contre, mais les macronistes avaient également voté contre. Alors là, il se ravit, il se ravit, bon il
n
'est jamais trop tard pour changer la vie. Oui, ça va dans le bon sens, même s'il mérite d'être amélioré. Oui, quand on casse, on doit réparer, on doit payer, ça paraît quand même une base élémentaire de la réflexion. –
Les casseurs devront donc payer, devront payer également, même ceux qui ont participé à tout attroupement violent, sauf à démontrer qu'ils n'ont pas causé de dégâts juridiquement. Ça va être difficile à mettre en œuvre, le Conseil d'État a déjà émis des réserves.
– Non
mais nous, on souhaite le rétablissement de la loi anti-casseurs, qui a été abrogée en 1980 par la gauche. Que disait ce texte ?
Ça
reprend, effectivement, il
y a
une partie qui est reprise par ce principe du Casseur-Payeur et ce texte de loi. Vous faites partie d'un attroupement où on incendie un lycée, où on balance les pavés sur les forces de l'ordre, où on casse une vitrine, on pénètre dedans. Même si vous n'êtes pas l'instigateur du pavé lancé, vous en êtes en quelque sorte complice. Et donc, vous pouvez être condamné parallèlement à ceux qui ont exécuté ce geste.
– Mais vous voyez, toute la
complexité a démontré qu'on a ou pas causé des dégâts, parce que ça, c'est dans le texte
de loi qui
est étudié au Sénat.
–
Oui, mais là, il n
'est
pas question forcément d'avoir causé des dégâts. Vous faites partie d'un attroupement, vous êtes en quelque sorte solidaire de cet attroupement, et bien vous êtes condamné.
–
La gauche, sur le plan politique, est vent debout contre le projet « La France insoumise » fut si une arme de répression massive contre les mobilisations.
«
Un cadeau fait au RN », dénoncent les écologistes.
–
Oui, enfin, ce que là, les filles, ça fait longtemps, ils sont partis en vrille. Ils sont dans leur couloir, ils attisent les violences. Bon, voilà, les électeurs jugeront. Mais attendez, il y a deux choses quand même à différencier, là. La liberté de manifester, c'est dans notre constitution. Évidemment qu'on a le droit de manifester. Et on a le droit de manifester, comme on a le droit d'ailleurs de tenir un congrès, ce sera notre cas samedi et dimanche prochain à Orléans. En toute quiétude, on doit pouvoir
manifester. Ce qui
empêche une manifestation de se dérouler dans le calme, voire pourquoi pas dans la bonne humeur. Et les images de la place de la République, je pense que vous les avez vues. Vous avez vu ce cortège. Au départ, si les forces de l'ordre n'avaient pas été là, le cortège officiel qui a défilé n'aurait jamais pu progresser. Donc oui, il faut aussi permettre aux manifestants de manifester paisiblement.
Au
-delà du Parlement, le gouvernement Lecornu
entend
également muscler son jeu dans la rue avant la nouvelle manifestation des Gilets jaunes et des lycéens samedi prochain. Un dispositif massif, promet Matignon, avec des soldats de la force Sentinelle, le RAID, le GIGN, la BRI. C'est à la hauteur. C'est enfin le bon dispositif, Philippe Bala ?
Alors il n
'y
a plus de choses dans votre question. Bon, des militaires Sentinelle,
on
n'a pas bien compris. Effectivement, le ministre de l'Intérieur en a parlé à l'Assemblée nationale hier, déployés devant. Alors je crois qu'il a employé l'exemple des guerriers Lafayette, mais si les militaires de l'opération Sentinelle se retrouvent avec 300, 400 barbares devant eux qui veulent envahir le magasin...
Oui, ils ne sont
pas formés
au
maintien de l'ordre, c'est ça le... Le
maintien de l'ordre, c'est un
métier... C'est la même chose d'ailleurs pour le RAID, le GIGN, qui sont des unités exceptionnelles, mais qui ne sont pas forcément formés pour faire du maintien de l
'ordre. Le
maintien de l'ordre, c'est un métier. Par contre, oui, le dispositif était complètement sous-dimensionné samedi dernier. 10 000 policiers à Paris. Il y avait une compagnie de CRS à Marseille. C'est-à
-dire
une compagnie de CRS,
c
'est 130, 140 personnes. Enfin, quand on sait qu'il y avait plusieurs milliers de pillards dans les rues, oui, il
y a
une commission d'enquête parlementaire. J'espère qu'on aura des réponses à toutes les questions qui restent en suspens sur... Les questions opérationnelles, d'ailleurs, sur les prévisions, le déploiement des forces de l'ordre, le manque de munitions, les ordres qui n'étaient pas à la hauteur, mais également les réponses pénales, d'ailleurs.
Vous avez toujours la crainte d'un week-end de violence qui pourrait impacter, vous en parliez juste avant, qui pourrait impacter également la tenue de votre congrès, le congrès du RN, samedi et dimanche à Orléans. On a entendu hier le vice-président, l'un des vice-présidents du RN, Sébastien Chenu, demander à l'État de sécuriser ce congrès du RN, où l'on attend des manifestations d'antifa, des personnalités politiques qui également sont attendues de Bali Bagayoko, la patronne de la CGT.
Non,
mais on n'a aucune crainte, parce que la loi permet de pouvoir maintenir l'ordre, de pouvoir manifester tranquillement et de pouvoir tenir un congrès du premier groupe à l'Assemblée nationale. C'est quand même assez particulier de voir... Alors un élu de la République, M. Bagayoko, mais enfin maintenant on le connaît, ou même une syndicaliste, enfin la leader de la CGT, qui par sa présence voudrait perturber un week-end important d'ailleurs, puisqu'il aura le discours de Marine Le Pen, ce sera un petit peu le lancement officiel de la campagne présidentielle. Enfin, on va aller jusqu'où comme ça, là ? Est-ce que ces gens sont responsables ?
Ou alors est-ce que ce sont des agitateurs politiques professionnels ? On peut s'interroger.
Est
-ce que vous avez eu les assurances du gouvernement après cette demande de Sébastien Chenu que
le
congrès serait bien sécurisé pour ce week-end
?
Ce qu'on sait,
c
'est que nos organisateurs sont en liaison constante avec les autorités, notamment la préfecture et le préfet du Loiret qui sera à la manœuvre.
Et là aussi, comme dans les rues de Paris et les grandes villes de France, il y aura les moyens policiers suffisants pour que votre congrès se déroule
en
toute sécurité
?
Écoutez, c
'est
ce qu'on nous a garanti. Enfin, on en est là en France maintenant. On est obligé d'avoir des dispositifs exceptionnels, quasiment exceptionnels, pour pouvoir tenir un congrès.
Justement, pourquoi bouder la réunion demain à Matignon avec le Premier ministre Lecornu et les chefs de parti ? Marine Le Pen, Jordan Bardella, on dit qu'il n'y irait pas. C'est Edwin Diaz, la patrole des sénateurs RN, qui devrait s'y rendre. Alors qu'un des thèmes de cette réunion, c'est justement la sécurité de l'élection présidentielle.
Oui, effectivement, c
'est
Edwin Diaz et Louis Alliot qui représenteront le Rassemblement
national. Mais Marine Le Pen
s'est exprimé, le maire de Perpillan, Premier vice-président du Rassemblement national. Mais Marine Le Pen s'est exprimé, parce
qu
'on lui posait la question ce matin, il ne saura rien de ces réunions, d'autant plus que M. Mélenchon a eu cette phrase quand même. On y vient pour pourrir la réunion. Donc ça augure quand même de la teneur des propos qui seront tenus dans cette réunion. Non,
il
y a les réunions, le mieux c'est d'agir, si vous voulez, c'est être dans l'action.
Le
Premier ministre qui dénonce l'agenda de bordélisation d'Aléfi jusqu'à la présidentielle. C'est tenable en l'état, six mois de campagne dans ces conditions ? Certains réclament la démission du président. Vous la souhaitez également en quelques mots
? Non
mais, encore une fois, on en est là. On est à six mois d'une élection et il y en a qui s'interrogent sur la tenue d'une élection présidentielle. C'est juste pas possible. Il faut que ces gens-là soit reviennent à la raison, soit qu'ils soient remis en place d'une façon assez dirigiste par les pouvoirs publics. On ne peut pas vivre dans une démocratie qui a tout simplement la trouille d'exister. Enfin,
je
veux dire, c'est un point, attention, on n'est pas loin d'un point de bascule si on continue.
Merci Philippe Ballard. Bonne
journée.