Caroline Yadan - Le Barbier du matin du 04/03/24
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:22OuverteRéponse directe
Comment interprétez-vous ce nouvel acte antisémite ?
- 1:30OuverteRéponse partielle
Le danger croît depuis quelques jours avec cette distribution de produits humanitaires qui a tourné la tragédie à Gaza.
- 2:34OuverteRéponse directe
Vous voulez changer la loi pour rendre plus facile la condamnation d'actes antisémites.
- 2:55OuverteRéponse directe
Pouvez-vous nous l'expliquer ?
- 4:05RelanceRéponse directe
Ça ne risque pas d'être détourné par ceux qui voudraient plus tard limiter la liberté d'expression ?
- 4:46OuverteRéponse directe
Si on condamne un blogueur antisémite réfugié à l'étranger à un an de prison ferme, qu'il revient et qu'on l'attrape, il ira directement en prison ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:35Invité politiqueFait
« On ne s'en sort plus et c'est en fait le symptôme d'un mal qui ronge la société depuis très longtemps, qui a explosé depuis le 7 octobre. »
- 0:55Invité politiqueFait
« Comme s'il y avait une libération des antisémites par ce 7 octobre. »
- 1:04Invité politiqueFait
« Il y a une totale libération, il y a une désinhibition de la parole antisémite évidemment qui passe par le complotisme, par la haine d'Israël, par l'islamisme. »
- 3:13Invité politiqueFait
« Le rapport de la DILCRA est le constat qui est l'explosion toujours. »
- 3:52Invité politiqueFait
« Donc nous changeons les choses lorsqu'il y a une condamnation à un an d'emprisonnement, et bien les personnes qui sont condamnées pourront être arrêtées, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. »
- 4:29Invité politiqueFait
« Alain Soral a été condamné de très nombreuses fois, notamment pour antisémitisme, apologie de la haine et des crimes contre l'humanité. Mais jamais incarcéré. »
- 4:54Invité politiquePromesse
« Absolument, et grâce à la loi que nous examinerons en séance, qui a été votée à l'unanimité en commission des lois. Et qui arrivera mercredi. »
- 5:12Invité politiqueFait
« Le deuxième article, c'est renforcer l'arsenal de sanctions, mais surtout quand ça concerne des infractions non publiques. »
- 6:17Invité politiqueFait
« ça sera délectualisé, et donc ça sera par exemple sur une amende, aujourd'hui on est à 1500 euros d'amende, et bien on ira jusqu'à 3750 euros d'amende. »
- 7:53Invité politiqueFait
« Elle est sévère lorsqu'on se penche sur l'ensemble des condamnations qui sont prononcées en la matière. »
- 8:54Invité politiqueFait
« Le Conseil constitutionnel s'est prononcé à de nombreuses reprises sur ce point. Tout médecin, tout personnel soignant peut s'opposer à pratiquer un IVG parce que ça ne correspond pas à ses convictions intérieures et il n'y aura absolument aucun problème. »
- 9:30Invité politiqueFait
« C'est parce qu'il ne faut pas attendre qu'un droit soit menacé pour le protéger et parce qu'il est beaucoup plus difficile, forcément, de changer la Constitution que de changer la loi. »
Temps de parole
- Caroline Yadan81 %
- Présentateur19 %
≈ 1,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Caroline Yador, bonjour.
Bonjour Christophe Barbier.
Et bienvenue, on ne vous présente plus aux auditeurs de Radio-J. Vous êtes députée de Paris. Paris où il y a eu une nouvelle agression antisémite ce week-end avec un homme qui s'est dit plus humilié que blessé physiquement. Comment interprétez-vous ce nouvel acte antisémite ?
Chaque agression est une humiliation. Il ne faut pas l'oublier. Il y a les blessures physiques, il y a les blessures psychologiques, morales et vous l'avez dit, c'est une nouvelle, nouvelle, nouvelle, nouvelle, nouvelle agression. On ne s'en sort plus et c'est en fait le symptôme d'un mal qui ronge la société depuis très longtemps, qui a explosé depuis le 7 octobre. Comme s'il y avait une libération des antisémites par ce 7 octobre. Il y a une totale libération, il y a une désinhibition de la parole antisémite évidemment qui passe par le complotisme, par la haine d'Israël, par l'islamisme.
Et je crois aussi qu'il est de notre devoir de pointer les responsabilités des discours qui attisent la haine, qui attisent la haine des juifs. Et plus on mettra le doigt sur ces responsabilités-là et peut-être plus on arrivera aussi à lutter.
Le danger croît depuis quelques jours avec cette distribution de produits humanitaires qui a tourné la tragédie à Gaza. Le ministre de l'Intérieur a demandé le renforcement de la protection des lieux pour la communauté. On a encore franchi un cran ?
On franchit toujours un cran lorsque l'on ne prend pas de recul sur une situation et lorsqu'on est simplement dans l'émotion et dans la condamnation. Je crois que la situation aujourd'hui en Israël mérite un recul certain, mérite aussi et nécessairement de vérifier, une vérification de l'information avant de se jeter dans une espèce de diatribe de condamnation d'où Calémane. Il ne faut pas oublier qui on a en face de nous. On a d'un côté un groupe terroriste islamiste et on a d'un autre côté un pays démocratique qui se bat pour la liberté qui est une valeur que nous partageons et que nous devons nécessairement partager aussi.
Alors en France, combattre l'antisémitisme n'est pas toujours facile même quand la justice s'en occupe. Vous voulez changer la loi. Vous co-signez avec Mathieu Lefebvre, Sylvain Maillard, mais aussi avec beaucoup d'autres députés, une proposition de loi qui vise à rendre plus facile la condamnation d'actes antisémites et d'expressions antisémites avec y compris un problème de mandat d'arrêt. Pouvez-vous nous l'expliquer ?
Oui, tout à fait. Alors en fait, on est parti d'abord d'un rapport et puis d'un constat. Le rapport, c'est celui de la DILCRA de l'an passé qui demandait que la loi change sur ce point.
C'est la délégation interministérielle contre le racisme et l'antisémitisme.
Absolument. Donc le rapport de la DILCRA est le constat qui est l'explosion toujours. Alors non seulement des actes racistes, notamment sur les réseaux sociaux, plus d'un million deux de personnes sont concernées, mais aussi bien sûr l'antisémitisme. Et donc cette loi vient changer deux choses. La première chose, et c'est l'article 1, c'est la possibilité de délivrer, pour le tribunal, de délivrer un mandat d'arrêt ou de dépôt sur les infractions qui sont concernées par la loi sur la presse, donc la loi 1881, qui n'était pas possible puisque seul le mandat de dépôt et d'arrêt est possible en droit commun et pas sur cette spécificité du droit de la presse.
Donc nous changeons les choses lorsqu'il y a une condamnation à un an d'emprisonnement, et bien les personnes qui sont condamnées pourront être arrêtées, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Et ça, c'est l'article 1.
Ça ne risque pas d'être détourné par ceux qui voudraient plus tard limiter la liberté d'expression,
la liberté de la presse ? Non, ça ne touche pas du tout, en fait, à cette loi sur la presse, ça ne touche pas à la liberté d'expression, c'est juste, on pense simplement à l'exécution d'une condamnation. Vous voyez, par exemple, Boris Lelay est au Japon, Alain Soral a été condamné de très nombreuses fois, notamment pour antisémitisme, apologie de la haine et des crimes contre l'humanité. Mais jamais incarcéré. Mais jamais incarcéré, parce qu'il n'est pas possible de l'incarcérer. La seule fois où on a voulu le faire, le parquet a fait appel, parce que ça n'était pas conforme à la loi.
Si on condamne un blogueur antisémite qui est réfugié à l'étranger à une peine de prison ferme d'un an, qu'il revient et qu'on l'attrape, il ira directement en prison ?
Absolument, et grâce à la loi que nous examinerons en séance, qui a été votée à l'unanimité en commission des lois. Et qui arrivera mercredi. Voilà, exactement, qui arrive mardi d'ailleurs. Le deuxième article, c'est pour renforcer l'arsenal de sanctions ? Alors, le deuxième article, c'est renforcer l'arsenal de sanctions, mais surtout quand ça concerne des infractions non publiques, donc des injures, des diffamations, des provocations, de l'apologie de crimes contre l'humanité ou de la contestation de crimes contre l'humanité non publiques.
Donc ça concerne par exemple des groupes WhatsApp qui sont aujourd'hui, lorsque des injures ou des infractions à caractère raciste sont proférées, et bien c'est considéré comme du non public. Ça concerne par exemple aussi, et on a eu beaucoup d'exemples, avec les associations antiracistes qu'on a auditionnées, et le supérieur hiérarchique au travail qui va faire un salut nazi devant un juif, cet homosexuel qui va retrouver dans sa boîte, dans sa toque ou sa boîte du travail, un courrier d'insulte homophobe.
Les courriers privés peuvent être envoyés devant le tribunal, et il y aura des sanctions renforcées.
Voilà, il y aura des sanctions renforcées, alors c'est de l'amende, mais ce n'est plus contraventionnel, ça sera un délit, ça sera délectualisé, et donc ça sera par exemple sur une amende, aujourd'hui on est à 1500 euros d'amende, et bien on ira jusqu'à 3750 euros d'amende, avec une circonstance aggravante pour les personnes dépositaires de l'autorité publique.
Tout ce qui est sur les réseaux sociaux, ça c'est du public, c'est de l'injure, de la diffamation, de l'antisémitisme public.
Oui, sauf lorsqu'on fait partie par exemple d'un groupe, ou alors lorsque c'est sur Messenger, dans ce cas-là, ça peut être considéré, ça échappe au public avec de la jurisprudence qui s'attache à ce qu'on appelle la notion de communauté d'intérêt. Et lorsqu'il y a une communauté d'intérêt, ça peut être soit public, soit privé.
Est-ce que ça va être dissuasif, de passer de 1500 euros à 3750 ?
Écoutez, même si ça l'est pour une personne, c'est déjà ça. De toute façon, il faut se pencher à un moment donné sur le caractère néfaste et les conséquences que la parole raciste peut avoir sur un certain nombre de concitoyens. Et je pense qu'il faut aussi penser à la cessation, la fin de l'impunité pour ces personnes. On n'y arrivera pas uniquement avec cette loi, c'est évident. Il faut d'autres mesures. C'est une petite pierre à l'édifice, on va dire.
Est-ce que la justice est assez sévère ? Ou est-ce que devant notamment le nombre de faits, elle n'a pas tendance à expédier un peu tout ça ?
Non, je crois que vraiment la justice n'est pas si laxiste que ça. Elle est sévère lorsqu'on se penche sur l'ensemble des condamnations qui sont prononcées en la matière. Eh bien, on se rend compte que les condamnations existent et qu'elles sont parfois très sévères en cette matière.
Alors, il y aura un congrès aujourd'hui à Versailles. Vous l'avez traité tout à l'heure dans votre chronique. Ce congrès, pour la première fois, sera présidé par une femme, la présidente de l'Assemblée nationale, Yael Brown-Pivet. Ça donne un double sens à cet événement.
Oui, c'est un très bel événement, qui est un événement historique que j'ai la chance de vivre. Tout à l'heure, c'est un événement historique, d'abord effectivement parce que ça va être présidé par la présidente de l'Assemblée nationale, donc une femme, et aussi parce que cette IVG va être inscrit dans la Constitution et donc que ça te permettra de protéger l'avenir.
Liberté garantie, ça n'est pas un droit opposable juridiquement. C'est-à-dire qu'un médecin qui, en son âme et conscience, ne veut pas pratiquer l'avortement sera protégé.
Absolument. Le Conseil constitutionnel s'est prononcé à de nombreuses reprises sur ce point. Tout médecin, tout personnel soignant peut s'opposer à pratiquer un IVG parce que ça ne correspond pas à ses convictions intérieures et il n'y aura absolument aucun problème. Il n'y a pas de droit opposable.
Est-ce que c'est un verrou garanti pour les années à venir ? Si un nouveau pouvoir arrive et décide de changer cela à la Trump, si j'ose dire, il pourra toujours changer la Constitution ?
Alors, c'est exactement ce pourquoi ça va être inscrit dans la Constitution. C'est parce qu'il ne faut pas attendre qu'un droit soit menacé pour le protéger et parce qu'il est beaucoup plus difficile, forcément, de changer la Constitution que de changer la loi. On peut supposer que demain, même si, par exemple, l'extrême droite arrive au pouvoir, comme en Hongrie, comme en Italie, comme en Pologne ou dans certains États des États-Unis, eh bien, ce droit ne sera pas remis en question parce qu'il sera inscrit dans la Constitution et c'est ce qui est important aujourd'hui.
C'est une protection supplémentaire ? Est-ce que ça fait sens dans l'opinion ? Vous, les élus, vous êtes sensibilisés à cela, mais les jeunes collégiennes aujourd'hui ou les jeunes lycéennes qui vont aller dans leur établissement scolaire, est-ce qu'elles ont conscience de cette importance ?
Près de 90% des Français, aujourd'hui, sont heureux, si je puis dire, de cette inscription dans l'avortement parce qu'on voit aujourd'hui à quel point c'est un sujet sociétal mais qui fait consensus. Demain, on n'en sait rien et c'est aussi la raison pour laquelle nous devons extrapoler l'avenir et nous devons faire en sorte que, si demain, comme je l'ai dit, un pouvoir devait remettre en cause ce droit, qu'il ne puisse pas le faire.
Demain, ce sera le résultat des élections. Hier, le Rassemblement National tenait son grand meeting pour les Européennes, son premier grand meeting. Jordan Bardella a défié Macron. Il l'a traité de grand effaceur, organisant l'effacement de la France. Que répondre ?
Alors, résultat des élections, je ne suis pas sûre. Demain, il n'y aura pas de résultat des élections. Les Européennes ? Oui, demain, oui, d'accord. Demain, après-demain, d'accord. C'était un très très long demain, d'accord.
Le vote de cet après-midi, il est garanti. On n'aura pas de surprise, on n'aura pas de mauvaise surprise.
Tout à fait. Franchement, on a d'un côté un parti qui est contre l'Europe, alors qu'ils nous disent qu'on va sortir de l'Europe et puis en définitive, on ne va peut-être pas sortir de l'Europe, sauf que l'ensemble des actes et des paroles feront qu'il y aura une possibilité de Frexit. Lorsque, par exemple, le Jordan Bardella ou Marine Le Pen estiment qu'il faut réduire le budget européen de moitié, par exemple, aussi sur les agriculteurs, ce qui fera que la PAC diminuera. Donc, on a un parti d'un côté qui est un parti contre l'Europe, qui est un parti dangereux. Également, je l'ai dit tout à l'heure, par rapport, par exemple, à l'avortement.
Et puis, on a notre parti Renaissance, qui est le parti pro-européen depuis le départ, qui a l'intention, évidemment, de continuer dans cette voie. C'est la raison pour laquelle il faut que l'on démontre à quel point Jordan Bardella est incompétent, qu'il ne travaille pas, par rapport à Valérie Hayé, qui est une personne, la tête de liste Renaissance, et qui travaille au Parlement européen.
Macron effaceur, Macron responsable de l'effacement de la France, c'est une drôle d'attaque, quand même.
On est dans une attaque violente, on est dans l'attaque systématique de l'extrême droite, avec une outrance verbale, qui fait d'ailleurs penser à l'outrance verbale qu'on retrouve à l'extrême gauche. Cette violence verbale se retrouve aussi dans les actes, on l'a vu au Salon de l'agriculture. Je pense qu'il faut simplement s'attacher aux faits, s'attacher aux actes européens, à ce qu'on propose aussi dans le programme, et ne pas tomber dans le piège de l'extrême droite. C'est gagnable ? Il a 10 points d'avance, Bardella, dans les sondages.
Écoutez, en tous les cas, ça n'est jamais, jamais perdu d'avance, et moi je suis très confiante, je suis très confiante parce qu'on a, en face de l'incompétence, on a la compétence d'une femme qui est Valérie Hayé. Caroline Yadant, merci et bonne journée. Merci à vous. Merci beaucoup Christophe Barbier, on vous retrouvera demain matin à 7h45, votre invité sera Mohamed L'Aquila, député Modem des Bouches du Rhône, à demain.
Caroline Yadan