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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 8 février 2023 36 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieSolidarités & familleInstitutions & élections

Casse d'EDF : pourquoi la gauche et la droite s'unissent contre Macron

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 45 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    L'exécutif Macron-Borne est-il sincère quand il présente son offre publique d'achat sur la part privatisée d'EDF comme une renationalisation du fleuron énergétique de la France ?

  • 1:20RelanceRéponse directe

    Pourquoi engagez-vous une initiative parallèle avec une proposition de loi sur la nationalisation d'EDF ?

  • 1:41FerméeRéponse partielle

    Il faut revenir au début de cette initiative.

  • 5:02OuverteRéponse directe

    Quels sont les arguments des députés macronistes pour rejeter votre proposition de loi ?

  • 7:01OuverteRéponse directe

    Quel est votre regard de spécialiste des questions énergétiques sur ce texte ?

  • 13:30OuverteRéponse directe

    Est-ce que les artisans, les boulangers, les personnes qui possèdent des pressing payent et très au-delà du coût de production de l'électricité, mais où va l'argent ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:23Invité politiqueFait
    « Des documents particulièrement troublants qui font état d'un plan caché de démantèlement d'EDF après la nationalisation. »
  • 2:30Invité politiqueFait
    « En fait c'est une fausse nationalisation. C'est une opération de sortie de cote boursière qui a pour but de faciliter ensuite une réorganisation. »
  • 2:43Invité politiqueFait
    « On garde dans le giron public le nucléaire et l'hydroélectricité. Et dans le même temps on privatise les réseaux, RTE, on en reparlera tout à l'heure, Enedis. »
  • 2:49Invité politiqueFait
    « Et on privatise les services et les activités rentables. C'est socialiser les pertes et privatiser les profits. »
  • 4:31Invité politiqueFait
    « On sait qu'aujourd'hui une banque d'affaires a été mandatée pour vendre Dalkia. »
  • 20:27Invité politiqueChiffre
    « Le chiffre d'affaires consolidé des boulangeries artisanales en France, c'est 11 milliards. Leur profit moyen, leur marge moyenne, elle est consolidée. Elle est à 1,5 milliard. Et l'augmentation des prix d'électricité pour les boulangeries, c'est 1,6 milliard. »
  • 20:55Invité politiqueFait
    « On vend la reine 42 euros du mégawatt-heure, et là, ils achètent 500, 600 euros, avec la limitation du gouvernement, 280 euros. »
  • 21:58Invité politiqueFait
    « On a l'impression qu'il y a une sorte de marché théorique, mais enfin, ça va dans les postes du type de... Il y a des profiteurs de crise, si vous voulez. »
  • 22:31Invité politiqueFait
    « Riki, c'est Engie Trading. C'est la filiale d'Engie qui fait du trading d'énergie. C'est Total Energy Trading. C'est EDF Trading. »
  • 22:55Invité politiqueFait
    « Notamment allemandes, qui décident de stopper leur production pour revendre leur capacité sur le marché. »
  • 23:27Invité politiqueFait
    « Si on avait créé un marché des mètres cubes d'eau, on aurait pu avoir cette spéculation sur l'eau, comme ça, qui est arrivée. Puis, on payait l'eau 400, 500 euros du mètre cube, exactement de la même manière. »
  • 34:22Invité politiqueFait
    « Selon nos décomptes, il n'y a pas de majorité à l'Assemblée Nationale sur le report de l'âge légal de 62 à 64 ans. »

Temps de parole

  • Philippe Brun43 %
  • Invité32 %
  • Présentateur20 %
  • Invité 24 %

1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

L'exécutif Macron-Borne est-il sincère quand il présente son offre publique d'achat sur la part privatisée d'EDF comme une renationalisation du fleuron énergétique de la France ? De nombreux observateurs pensent que non, qu'il s'agit d'une façon de reculer pour mieux sauter, de récupérer le tout pour préparer une sorte de vente à la découpe. Parmi eux, manifestement, le député socialiste de la quatrième circonscription de l'heure, Philippe Brun.

Suivant le principe de précaution val mieux qu'une, il a rédigé une proposition de loi visant à graver dans le marbre de la loi ce principe de la nationalisation d'EDF et en a profité pour tenter de faire adopter des dispositions permettant aux petites entreprises, notamment aux artisans, en particulier aux boulangers, qui sont un peu emblématiques de cette injustice, de bénéficier du tarif réglementé de l'électricité. Cette proposition sera examinée jeudi. Philippe Brun est à mes côtés pour en parler. À mes côtés également, Anne de Bréjasse, ingénieure de recherche, économiste de l'énergie et porte-parole de Sud Énergie.

Anne de Bréjasse est à la fois une bonne connaisseuse de son sujet dans les différents aspects et une citoyenne engagée pour plus de justice sociale, écologique et donc énergétique. Bonsoir Philippe. Bonsoir Anne. Alors Philippe Brun, vous êtes à l'origine d'une proposition de loi qui serait examinée jeudi, je crois, et qui porte sur la nationalisation d'EDF. Le gouvernement a assuré être engagé dans une offre publique d'achat qui devrait arriver au même résultat. Mais cela ne semble pas vous convaincre au point où vous engagez une sorte d'initiative parallèle. Pourquoi ? Qu'est-ce que vous apportez en plus de différent du projet gouvernemental ?

1:45
Philippe Brun

Il faut revenir au début de cette initiative. Vous m'aviez reçu d'ailleurs sur le plateau du Média, je vous en remercie. J'ai suivi rapporteur spécial à la Commission des finances sur les participations de l'État. C'est-à-dire que c'est moi qui suis chargé de contrôler les entreprises dans lesquelles l'État a une action. Et donc j'ai décidé de consacrer mon rapport en 2022 à la question d'EDF. Et j'ai demandé au gouvernement des documents sur qu'est-ce que vous comptez faire d'EDF, vous montez au capital de cette entreprise, qu'est-ce que vous voulez en faire ? Et je n'ai eu aucune réponse, aucun document.

Alors je me suis rendu sur place à Bercy en utilisant les pouvoirs que me confèrent la Constitution et la loi organique relative aux lois de finances. Et donc j'ai saisi des documents. Des documents particulièrement troublants qui font état d'un plan caché de démantèlement d'EDF après la nationalisation. En fait c'est une fausse nationalisation. C'est une opération de sortie de cote boursière qui a pour but de faciliter ensuite une réorganisation. Quelle serait-elle ? Eh bien on garde dans le giron public le nucléaire et l'hydroélectricité. Et dans le même temps on privatise les réseaux, RTE, on en reparlera tout à l'heure, Enedis. Et on privatise les services et les activités rentables.

C'est socialiser les pertes et privatiser les profits. Alors face à cela, quel est notre devoir de législateur ? C'est d'empêcher le démantèlement. Alors que l'OPA est lieu, moi je suis favorable, qu'on monte à 100% de capital d'EDF, dont on le réclame depuis des années. Mais il faut sécuriser cette OPA. Donc c'est une loi de nationalisation qu'on pourrait appeler loi de sécurisation. D'ailleurs on a changé le nom, c'est loi de protection d'EDF. Qu'est-ce que fait cette loi ? Eh bien elle inscrit chacune des activités du groupe EDF dans la loi. Si bien que si un jour le gouvernement souhaite démanteler, eh bien il sera dans une situation d'illégalité.

Et donc devra passer par la loi et trouver une majorité à l'Assemblée nationale pour préparer le démantèlement. Alors cette loi, elle dérange, elle dérange mais elle a été adoptée par la Commission des Finances la semaine dernière. Ce qui était imprévu. Nous avons pris par surprise le gouvernement. Nous avons trouvé une majorité de députés en Commission des Finances pour la voter. Qui l'a votée ? Évidemment toute la gauche qui était très mobilisée. Le groupe LR, et donc là-dessus on en reparlera peut-être tout à l'heure sur l'équilibre politique. Moi je fais équipe avec le groupe LR. Ils ont des positions, désormais, ce n'était pas le cas avant, très claires sur l'énergie.

Et donc ils soutiennent cette proposition de loi. Et le RN a apporté aussi ses voix. Je n'ai pas négocié avec le RN mais il se trouve qu'ils ont apporté aussi leur voix.

4:07
Présentateur

La loi passe jeudi dans la musique. Donc en gros la seule force d'une certaine taille qui était hostile à cette loi qui au fond venait dire la même chose que ce qu'ils prétendaient faire, c'est la majorité.

4:18
Philippe Brun

Ce qui est un aveu finalement de leur projet caché. Pourquoi ne pas la voter si finalement leur projet est de garder EDF tel quel ? On sait qu'aujourd'hui une banque d'affaires a été mandatée pour vendre Dalkia. C'est une information qui circule aujourd'hui dans la presse. Moi j'ai eu... Dalkia qui est ? Dalkia vous savez c'est l'entreprise, enfin c'est la filiale d'EDF qui fait des services. Services à l'énergie, par exemple services de chauffage pour les collectivités, services dans les industries. Donc vous savez que les services dans l'énergie c'est... Madame qui est économiste en parlera, c'est un peu l'avenir.

C'est là où il y a le plus de relais de croissance parce qu'aujourd'hui on a besoin certes de se fournir en électricité, en gaz. On a aussi besoin de se fournir en services énergétiques. Donc c'est une pépite du groupe EDF que EDF veut vendre, en tout cas que le gouvernement veut vendre.

5:02
Présentateur

Je me tourne très vite vers vous Anne, mais j'aimerais savoir par curiosité quels sont les arguments des députés macronistes pour rejeter votre proposition de loi qui venait sécuriser leur belle initiative de nationalisation d'EDF.

5:15
Philippe Brun

Alors d'abord de dire que je suis fou, d'inventer le projet Hercule, qui n'a jamais été défendu par le gouvernement, qui n'a jamais été proposé. J'ai même inventé la profession de foi de premier tour d'Emmanuel Macron qui mentionne qu'il y aura une réorganisation d'EDF. Voilà, donc j'invente des choses et puis ensuite ils disent, écoutez, il faut faire confiance au patron d'EDF et puis c'est lui qui verra bien quel est le périmètre du groupe. Voilà, donc c'est une loi qui a été votée aussi de manière assez large parce qu'elle donne un pouvoir au Parlement. C'est le pouvoir au Parlement de, évidemment, contrôler ce que va faire le gouvernement de cette belle entreprise.

Aujourd'hui, quand une entreprise est retirée de la cote boursière, en fait, d'une certaine manière, elle est moins transparente. Parce que quand il y avait finalement la cote boursière, vous avez un devoir d'informer en permanence les marchés financiers et donc informer qui ? Le grand public, les syndicats, les politiques, parlementaires. Et indirectement le Parlement. Et indirectement le Parlement. Là, quand vous passez une entreprise 100% publique, il n'y a aucun contrôle. Finalement, elle rend des comptes acquis à Bercy. Et le seul contrôle possible, c'est moi, une fois par an, qui va faire une perquisition à Bercy. Si Bercy ne veut pas me donner les documents.

6:18
Présentateur

Mais disons même dans les rapports politiques, dans la civilité politique, c'est quand même dommage que dans une démocratie, on soit obligé d'aller forcer la porte d'un ministère quand on est parlementaire pour avoir des infos. C'est le fonctionnement bureaucratique de notre pays.

6:32
Philippe Brun

Je pense que nous, la gauche, il faut qu'on défende la nationalisation, oui, mais on ne défend pas la bureaucratie. On a aujourd'hui un fonctionnement bureaucratique avec un État qui est très peu transparent par rapport aux autres pays européens. On a très peu d'informations aujourd'hui sur les entreprises dans lesquelles l'État a une action, sauf celles qui sont cotées. Et donc, c'est pour ça qu'on doit faire du travail très lourd. Et moi, je suis tout seul à le faire à la commission des finances avec une administratrice qui est très brillante, d'ailleurs, qui travaille avec moi. Et elle a plein de choses à faire aussi.

Et donc, on voit que le contrôle parlementaire, finalement, il est très restreint.

6:59
Présentateur

Alors, je me tourne vers vous, Anne. J'imagine que vous avez lu la proposition de loi apportée par Philippe Brun. Quel est votre regard de spécialiste des questions énergétiques sur ce texte ? Sans complaisance, il est là, mais faisons comme si il n'était pas là.

7:12
Invité

Voilà. Alors, déjà, tout ce qui va dans le sens d'une reprise en main de ce secteur essentiel, de ce bien essentiel qu'est l'électricité par la puissance publique, pour moi, est une bonne chose. Donc, je dirais, ce texte va dans le bon sens, c'est clair. Et je suis tout à fait d'accord avec le fait que ce que cherchait à faire le gouvernement, probablement, c'était Hercule masqué. C'est-à-dire le projet de démantèlement qui a été décrit par Philippe Brun. C'est-à-dire que l'État voulait, ça a duré, on a eu un feuilleton pendant à peu près cinq ans sur cette histoire. C'est-à-dire que la situation d'EDF était, paraît-il, intenable. Et que donc, il fallait découper l'entreprise en morceaux.

Une partie qui serait totalement publique, avec, comme ça a été dit, le nucléaire et l'hydraulique.

8:04
Présentateur

Les gros investissements lourds.

8:05
Invité

Les gros investissements lourds, les filières un peu historiques. Parce que celle-là, je pense que de toute façon, ça n'intéresse pas le privé. Et puis, en contrepartie, en échange, accepter d'ouvrir plus largement au privé le capital du reste. Et en particulier, effectivement, Enedis, la commercialisation, ce qu'on appelle la fourniture. Toute l'activité internationale, également les systèmes insulaires, qui sont encore en monopole aujourd'hui. Donc, il y a eu une grosse bagarre sur ce sujet. C'était absolument une opacité invraisemblable. Et ça, je trouve que c'est aussi très intéressant de voir ce que vous êtes arrivé à dénoncer d'un point de vue opacité.

Mais je vais y revenir, parce que cette opacité, elle est partout dans le secteur énergétique. Pas seulement dans le secteur énergétique, mais sur la question des marchés de l'énergie. C'est invraisemblable, c'est-à-dire qu'on ne peut négocier, on ne peut savoir ce qui se passe sur rien. Et donc, Hercule, ce projet Hercule, il a été en négociation avec la Commission européenne. Donc, on n'avait rien, on ne savait rien. Et ça a duré comme ça, je vous dis, des années, pour à la fin qu'on nous dise, finalement, l'Europe n'est pas d'accord.

Et là, il avait été question à une époque d'y aller en plusieurs phases, justement, que l'État nationalise, enfin, rendre public entièrement EDF, puis, dans une deuxième étape, vendre la partie privée. Donc, c'est sûr que c'était ça qu'ils étaient en train...

9:25
Présentateur

Vendre la partie, disons, renouvelable, rentable.

9:29
Invité

Et d'un coup, au milieu de l'été, alors qu'on est en pleine crise énergétique avec des factures qui flambent, ils nous annoncent une nationalisation d'EDF sans nous dire absolument à quoi ça pouvait servir. D'un coup, la Commission européenne, l'Europe aurait été d'accord sur ce qu'elle avait refusé pendant des années. Enfin, c'était juste absurde. Donc, je dirais, c'est une...

9:49
Présentateur

La Commission européenne a vu la lumière, peut-être.

9:51
Invité

Ça doit être ça, oui, ça doit être ça, mais elle ne la voit pas beaucoup sur le reste. Donc, pour moi, c'est une bonne chose d'aller vers une reprise publique plus claire, d'éviter cette vente à la découpe. Mais pour moi, ça n'est qu'un premier pas, c'est un pied dans la porte essentiel. Mais la vraie question sur laquelle il va falloir avancer très vite, c'est la question de la mise en concurrence de ce secteur électrique indispensable. Ça ne marche pas. Ça fait 20 ans que ça ne marche pas. 20 ans que nous, on dit que de toute façon, ça ne peut pas marcher. 20 ans qu'on a des crises à répétition. On a l'impression que là, ça marchait très bien, soi-disant, et maintenant, il y a une crise.

Bon, alors déjà, on vient de rappeler cinq ans d'Hercule où la ministre disait que le statu quo n'était pas possible, que c'était la catastrophe. Bon, ça a été crise sur crise depuis le début. Ça a été rustine sur rustine depuis le début où il fallait rester dans ce marché. Enfin, moi, ce que je dis toujours, c'est qu'on essaye de faire rentrer un rond dans un carré. Le système électrique ne peut pas être mis en concurrence. C'est un système par nature coopératif. Et donc, on a rajouté des rustines et des rustines et des rustines. À chaque fois qu'on rajoutait une rustine, ça refuyait ailleurs, évidemment.

Et donc là, on arrive à cette crise complètement paroxystique qui, je pense qu'on va y revenir, mais qui crée une crise économique majeure, qui alimente l'inflation, qui a mis plein de personnes en grande difficulté, des entreprises de toute taille en grande difficulté, qui risquent de provoquer des délocalisations de l'industrie, qui, pour les collectivités, sont une catastrophe et qui figent tous les investissements de transition énergétique. Donc, ça fait quand même un an et demi que ça dure, un an et demi que le Premier ministre a dit « Ah, mais les marchés sont aberrants. » Et un an et demi plus tard, qu'est-ce qui s'est passé ?

Des rustines, des rustines, des rustines, des mécanismes invraisemblables. On pourrait y revenir sur les boulangers, mais c'est incroyable. Pour arriver à ce qu'aujourd'hui, les boulangers, ils payent, on leur a généreusement annoncé qu'ils allaient payer 280 euros du mégawatt-heure au maximum, c'est-à-dire à peu près quatre fois ce que ça coûte. Et donc là, il faut arrêter là. Et juste pour finir, il y a une réforme, enfin, parce qu'à la suite de cette crise, il y a une réforme en profondeur du marché de l'électricité qui est annoncée à l'échelle européenne, qui doit sortir en mars. Il y a une consultation publique qui est sortie il y a deux semaines, avec trois semaines pour répondre.

Et chacun envoie, chaque pays envoie sa position sous forme de documents officieux qu'on appelle des non-papers, qui fuitent. C'est quand même hallucinant. Donc ça fuit dans tel ou tel organe. Quand on arrive à les lire, c'est indigent. Ça ne décrit quasiment rien. On a trois paragraphes. Et quand nous, moi, je peux démontrer que ça ne peut pas fonctionner, ce qu'ils proposent.

12:23
Présentateur

La France a sorti son non-papers ?

12:25
Invité

La France a sorti plusieurs non-papers. Le dernier, qui est à peu près du même topo que les autres. Alors maintenant, il y a EDF aussi. EDF qui a sorti... Enfin, je ne sais pas s'il est sorti, quoi, qui produit des non-papers. Parce que, alors, on a nationalisé, mais on a mis à la tête...

12:38
Présentateur

C'est pas ouvert. C'est-à-dire, ce ne sont pas les documents qui sont disponibles publiquement, si ?

12:41
Invité

Non, il n'y a rien qui est disponible publiquement. Mais comme au moment d'Hercule, c'est-à-dire que c'est de la négociation européenne. Et donc, personne n'a rien de droit de voir.

12:47
Présentateur

Certains fuient, d'autres pas.

12:49
Invité

Voilà. Mais sauf qu'à la fin, on voit bien que la seule... Alors, nous, on met sur la table une proposition, qui est de dire qu'il faut sortir de la concurrence, revenir aux tarifs réglementés de vente, certes pour les petites entreprises, mais pour tout le monde. Tout le monde. Les grands consommateurs demandent ça aussi. C'est absolument possible. Je reviendrai. C'est possible sans remettre en cause le marché européen. Et tout ce qu'on nous dit, c'est des mensonges. Voilà. Mais vraiment, c'est simpliste. C'est grossier. On va se déconnecter du réseau européen. Si on avait fait ça, les boulangers n'avaient pas pu allumer leur four, mais... Enfin, n'importe quoi.

Vraiment, à ce niveau-là, c'est juste n'importe quoi. Et voilà.

13:24
Présentateur

Justement, la proposition de loi portée par Philippe Brun vise également à élargir aux artisans, aux très petites entreprises, même aux PME, voire aux entreprises de taille intermédiaire, le tarif réglementé jusqu'ici applicable aux ménages, les ménages qui ont choisi EDF comme fournisseurs d'électricité. C'est pour cette raison qu'une petite manifestation d'artisans, très petite, la manifestation d'artisans, elle a justement eu lieu devant le palais Bourbon en soutien à votre proposition de loi. Notre consoeur, Justine Laporte, est allée à la rencontre des manifestants.

13:58
Invité

Je suis vendeuse dans une boulangerie dans le 14e et donc on a reçu mi-décembre, je crois, les informations relatives aux nouveaux tarifs. En ce qui nous concerne, c'est multiplier par 6. On est une petite équipe à l'ancienne, c'est-à-dire le moins de machines possibles. La première source d'énergie, ce sont les frigos et les fours. Multiplier par 6, on ne peut pas vivre. On a un patron qui n'a pas de salaire. Nous sommes là aujourd'hui pour dire merci aux députés qui ont voté un amendement demandant le boulanger tarifaire pour nous, les artisans. Et on est là pour représenter tous les artisans. On essaie de se faire entendre depuis quelques mois maintenant par le gouvernement.

Je réexpliquais que les aides qui sont mises à disposition pour certains artisans, nous faisons partie, c'est-à-dire les gens qui nous les compteraient depuis 36 cas. Nous ne suffirons pas à maintenir nos commerces à flot. Malheureusement, nos marges ne nous permettent pas, comme les boulangers au niveau des caissons, de pouvoir dégager suffisamment d'argent pour payer les factures et toute l'énergie. Donc, on représente nos collègues qui n'ont pas pu se mis en province et qui, aujourd'hui, on a des collègues qui sont passés de 100 euros le mégawatt-heure au courant janvier, au 31 janvier, à 650 euros le mégawatt-heure, tarif négocié avec UVF.

Donc là, autant dire que si ça, ça continue pendant quelques mois, bien sûr, ils vont avoir quelques aides, mais les aides, ça va les ramener, aller sur leur offre à peine 200 euros le mégawatt-heure. Ça reste quand même, même à 400 euros le mégawatt-heure, ce n'est pas possible. Même à 280 euros le mégawatt-heure, comme propose Bercy, ce n'est pas possible non plus. Ça ne passe pas. On n'a pas de marge. On ne gagne pas autant d'argent par mois pour payer ces factures.

15:41
Présentateur

Une réaction, Anne, je vous voyais très à l'écoute.

15:45
Invité

Oui, parce qu'il résume bien. Alors, on est passé par des phases, en plus. Je vais juste vous lire ce qui était un moment sur le site du ministère pour les boulangeries. Une boulangerie pourra bénéficier d'une aide égale à 50% du différentiel entre la facture 2021 majorée de 50% et la facture du mois concernée dans la limite de 70% de la consommation de 2021 est plafonnée à 4 millions d'euros. Bonne chance pour appliquer ça. Donc, ils rajoutent sans arrêt des systèmes ultra compliqués pour, à la fin, qu'ils payent beaucoup, beaucoup plus cher que ce que coûte le système de production électrique.

Et avec un gouvernement qui dit qu'il faut absolument que les clients, que les consommateurs puissent bénéficier du coût de production de l'électricité en France, ils disent ça et ils font des propositions inverses. Et quand nous, on dit, écoutez, nous, on vous propose une solution qui garantit ça, tarif réglementé pour tout le monde, basé sur les coûts de production, ils nous disent que c'est simpliste, etc. Sans évidemment, sans donner aucune critique concrète de ce qu'on propose. C'est plus simple, plus robuste. Ça a été expérimenté. Mais non, on ne peut pas en débattre.

16:53
Présentateur

Est-ce que les artisans, les boulangers, les personnes qui possèdent des pressing payent et très au-delà du coût de production de l'électricité, mais où va l'argent ?

17:04
Invité

Ça, c'est ce qu'on aimerait savoir. Je pense qu'il y aurait une autre mission à faire là-dessus sur où va l'argent. C'est hyper opaque. Alors, on en est avec le gouvernement. Apparemment, ça va chez certains fournisseurs, parce que le gouvernement nous dit, ça fait quand même un an et demi que ça dure, encore une fois, dit aux fournisseurs, écoutez, vous seriez gentils de prendre en charge une partie de l'augmentation. Donc, on voit à quel point l'État semble complètement désarmé. Après, il y a des producteurs aussi qui s'en mettent plein les poches. Alors, vous avez fait aussi une mission sur... EDF, notamment. Alors, EDF, c'est plus compliqué, parce qu'EDF, il a eu...

Alors, EDF, déjà, a été mis à contribution pour le bouclier tarifaire de l'année dernière, dans un mécanisme aussi invraisemblable. Bon, fin de deux, il fallait qu'il fasse un chèque, en gros, assez concurrent pour permettre de baisser le coût. Et puis, EDF est face aujourd'hui... Enfin, cette année, a été face à un parc de production qui produisait beaucoup moins que d'habitude, suite à un défaut générique sur les centrales. Et donc, dans un système de marché, a été obligée de racheter la production qui lui manquait sur les marchés à un prix exorbitant. Donc, EDF...

18:08
Présentateur

Mais les marchés, c'est qui ? Les marchés, c'est qui ? C'est quelle entreprise ?

18:11
Invité

Alors, il y a Engie et Total qui s'en sont mis plein les poches. Engie, qui détient la compagnie nationale du Rhône. Et là, franchement, la compagnie nationale du Rhône, déjà avant la flambée des prix, alors qu'ils vendent au prix de marché. Il y avait un rapport de la Cour des comptes qui disait qu'il se faisait 24% de rémunération du capital par an. Et la Cour des comptes qui disait que les barrages sur l'euro ne sont plus gérés dans l'intérêt des consommateurs. Depuis, les prix ont complètement flambé. Alors, ils en rendent une partie sous forme de redevance, mais il leur reste toujours énormément d'argent. Et puis, il y a tout un écosystème financier qui s'est développé.

Donc, tous ces fournisseurs qui, il faut le rappeler quand même, achètent pour revendre, c'est-à-dire ne font rien du tout sur l'électricité. Oui, à la différence d'autres secteurs. Alors, ils gagnent parce que c'est tellement compliqué qu'en fait, ils font de l'arbitrage. Donc, c'est tellement compliqué le système que dès qu'il y a un mécanisme de protection, ça donne une opportunité pour arbitrer. Donc, ils arbitrent entre le tarif réglementé et le prix de marché. Ils arbitrent sur l'arène, le mécanisme d'arène sur lequel on pourra revenir éventuellement. Il y a des failles partout. Et dès qu'il y a une faille, ils s'y engouffrent.

19:21
Présentateur

Alors, je me tourne vers vous, Philippe Brun. On pourrait vous rétorquer que l'élargissement du tarif réglementé que vous proposez dans votre proposition de loi serait extrêmement coûteux, surtout si on reste dans le cadre du marché européen de l'électricité. Où est-ce que vous allez prendre l'argent ? Je me mets à la place d'un député macroniste. Qui vous ferait la leçon ?

19:39
Philippe Brun

Alors, d'abord, une précision, ce n'est pas une proposition de loi offensive, c'est une proposition de loi défensive. On ne construit pas une cathédrale. On essaie juste de mettre des rustines. Donc, d'abord, un, empêcher le gouvernement de mettre le dernier clou sur le cercle et nos services publics de l'électricité. Donc, la vraie nationalisation et la sanctuarisation des activités de l'EF. Et deux, on essaie de ne pas totalement tuer nos artisans, nos commerçants, nos entreprises. Moi, je vais vous expliquer un retour de terrain. C'est une circonscription dans le département de l'Eure, où j'ai quatre députés RN sur cinq. Et Marine Le Pen, elle fait 53% à l'élection présidentielle.

Je vous raconte. Voilà, je suis le seul député, pas RN de mon département. Une France qui est oubliée, où les services publics ferment. Là, moi, j'ai cinq boulangeries en très grande difficulté et cinq autres aussi qui menacent de fermer. Et ce n'est pas les boulangeries de centre-ville. C'est les boulangeries qui sont dans les villages. Le chiffre d'affaires consolidé des boulangeries artisanales en France, c'est 11 milliards. Leur profit moyen, leur marge moyenne, elle est consolidée. Elle est à 1,5 milliard. Et l'augmentation des prix d'électricité pour les boulangeries, c'est 1,6 milliard.

Ça veut dire que si on ne fait rien pour les boulangeries, 100% de leur marge, et même au-delà, va être absorbée dans l'électricité, ce qui n'a aucun sens. Madame le rappelait. On vend la reine 42 euros du mégawatt-heure, et là, ils achètent 500, 600 euros, avec la limitation du gouvernement, 280 euros. C'est inacceptable. Donc, la proposition de loi, elle met finalement un mécanisme. On a une sortie du marché, entre guillemets. On revient à l'ancien système pour les boulangers, pour les artisans, pour les commerçants et toutes les entreprises de moins de 2 000 salariés. Donc, on est quand même sur un objectif assez large. Alors, vous me dites, ça coûte cher.

On est en train de faire, évidemment... Je ne dis pas, je dis qu'on pourrait vous dire que ça coûte cher. Ce qui coûte très cher, si vous voulez, c'est tout ce système-là. C'est le bouclier tarifaire actuel. Il a déjà coûté, en 2 ans, 100 milliards. Vous vous rendez compte ? 100 milliards, c'est ce qu'on doit investir. C'est tout ce que ça doit coûter, le grand carénage et les nouveaux EPR. Les nouveaux EPR plus le grand carénage, c'est le maintien en vie des centrales existantes. Centrales nucléaires. C'est censé nous coûter, sur 20 ans, 100 milliards. Et là, en 2 ans, on a dépensé 100 milliards à subventionner des prix pour un marché qui dysfonctionne totalement.

Tu mentionnais des prix, mais aussi des entreprises. Oui, mais c'est un marché qui dysfonctionne totalement. Ça n'a aucun sens, si vous voulez, de produire notre électricité... On a l'impression qu'il y a une sorte de marché théorique, mais enfin, ça va dans les postes du type de... Il y a des profiteurs de crise, si vous voulez. Ça n'a aucun sens. On produit notre électricité à 42 euros du mégawatt-heure et on l'achète à 600. Ça n'a aucun sens. On a consenti, durant des années, à des investissements importants dans le nucléaire. Qu'on soit pour ou contre le nucléaire, il est là. On a des barrages. On a une très bonne exposition hydroélectrique en France.

Là aussi, c'est des investissements coûteux, colossaux. On a construit un service public et on ne peut pas bénéficier de l'électricité au prix auquel on l'a produite. Ce n'est pas normal. Ce marché est totalement dysfonctionnel. Et nous, Riki, c'est Engie Trading. C'est la filiale d'Engie qui fait du trading d'énergie. C'est Total Energy Trading. C'est EDF Trading. C'est compensé par tous les problèmes que madame évoquait, qu'a rencontré EDF l'année dernière. EDF paye et gagne, mais alors que les autres ne font que gagner. C'est les fournisseurs alternatifs.

C'est aussi un certain nombre de comportements spéculatifs de certaines usines, notamment allemandes, qui décident de stopper leur production pour revendre leur capacité sur le marché. Aujourd'hui, vous avez une production industrielle. Vous avez tout intérêt à arrêter votre usine et revendre l'électricité que vous avez achetée pour faire la spéculation. Donc, on a un système totalement dysfonctionnel. C'est comme si on avait décidé de créer un marché européen des mètres cubes d'eau. Aujourd'hui, on a l'eau. C'est un bien public. Ça appartient aux collectivités. Il y a des concessions, mais il n'y a pas de marché européen. Il n'y a pas de marché, d'ailleurs.

Tout le monde paye l'eau au même prix selon la commune dans laquelle il habite. Si on avait créé un marché des mètres cubes d'eau, on aurait pu avoir cette spéculation sur l'eau, comme ça, qui est arrivée. Puis, on payait l'eau 400, 500 euros du mètre cube, exactement de la même manière. Alors que ça n'a aucun sens. L'électricité qu'on consomme, nous, en France, aujourd'hui, l'électricité que je consomme, chez moi, à Louvier, dans l'Eure, elle est produite où ? À Panlis, à Paluel, dans les centrales nucléaires du secteur. Elle ne vient pas de je ne sais où. Donc, ça n'a aucun sens. Et donc, dire qu'un marché européen électricité, il est intéressant. Pourquoi ?

Il est intéressant quand on a, effectivement, des pénuries. Mais ça a toujours existé. Ça s'appelait l'interconnexion.

24:01
Invité

C'est ça, oui.

24:01
Philippe Brun

Ça existe depuis les années 60, 70. Madame, c'est mieux que moi. Et donc, on peut tout à fait dire qu'on achète sur un marché de gros, avec des prix qui sont régulés, entre États, des capacités supplémentaires en cas de pique. Mais cette situation-là de marché totalement spéculatif est très dangereuse pour notre économie. Et donc, c'est pour ça que les députés LR, et je le répète, c'est une loi, transpartisane, ont voté mon amendement pour repasser aux tarifs réglementés. Parce que les industriels sont les premiers à venir nous voir pour nous dire, pitié, résolvez ce problème.

Moi, j'ai organisé une réunion dans ma circonscription avec 40 industriels de ma circonscription et des artisans, des commerçants. On est sortis de cette réunion. Ils m'ont dit, monsieur le député, pitié, nationalisé, EDF. Parce que ce qui se passe aujourd'hui, c'est une menace pour tout le monde. C'est une menace pour la compétitivité de notre pays. C'est une menace, évidemment, pour nos commerces de proximité. C'est une menace pour nos villages. C'est une menace pour nos foyers. Pour le niveau de vie aussi, parce que ça alimente l'inflation d'une manière folle. On parle de compétitivité.

Vous pouvez faire toutes les réformes fiscales du monde, toutes les réformes de code du travail du monde, toutes les baisses de charges, de cotisations sociales du monde. Ce n'est rien à côté de l'explosion des prix de l'électricité. Dans la métallurgie, l'énergie, ça représente déjà quasiment 30% des coûts. Donc, quand ça passe de 30% à 40% ou à 50%, si vous voulez, on fait exploser. Là, on n'est plus du tout compétitif. La masse salariale dans une entreprise industrielle de métallurgie, par exemple, c'est 18% à 20%. Quand l'électricité, ça monte à 30%, ça monte à 40%, là, on explose la compétitivité.

Donc, si on veut parler de compétitivité, si on veut parler d'industrie, si on veut parler d'artisanat, de commerce, on doit faire baisser le prix de l'électricité et comment on le fait baisser ? Eh bien, avec un monopole public et une entreprise nationalisée. Il n'y a pas de meilleur moyen. Et donc, on est dans un moment où on doit, finalement, reconstruire ce qu'on a détruit. Et moi, je suis content parce qu'à la Commission des finances à l'Assemblée nationale, mercredi dernier, c'est la première fois depuis 25 ans qu'on a un vote majoritaire de l'Assemblée nationale qui va à l'envers de ce qu'on fait depuis 25 ans.

On a eu un mouvement de dérégulation commencé il y a 25 ans qui s'est stoppé mercredi dernier à l'Assemblée nationale. Et j'espère que jeudi viendra confirmer ce vote.

26:05
Présentateur

Alors, j'aimerais quand même savoir si LR, donc les Républicains, qui est un parti de droite néolibéral comme l'ex-LRM, la Renaissance, va finir ce qu'ils ont commencé. Parce qu'au fond, il existe des contradictions entre le Front des députés qui ont validé votre proposition de loi en commission. Par exemple, parce qu'il faut, c'est passé en commission, ça doit passer en plénière à l'Assemblée nationale, et puis passer au Sénat. Et puis, je veux dire, en fait, on est juste au début d'un processus. Donc, pour que le processus aille jusqu'au bout, il faut que la participation des Républicains, ça c'est sûr.

Alors, on voit par exemple que les insoumis ne sont pas parvenus à obtenir que les filiales d'EDF soient considérées comme incessibles, si j'ai bien compris. Par exemple, la question des filiales d'EDF, elle est au cœur du projet de démantèlement d'EDF, c'est-à-dire privatiser les bonnes filiales. Et LR, est-ce que LR est au clair là-dessus ?

27:05
Philippe Brun

Alors, pour votre propos, moi j'étais en désaccord avec cet amendement aussi. Pourquoi ? Parce que eux, ils proposent... Moi, ma proposition de loi, elle définit les activités d'EDF et dit qu'EDF ne peut pas se séparer d'une activité entière. Eux, ils proposaient qu'EDF ne puisse se séparer d'aucune filiale. Bon, ça n'a pas vraiment de sens, parce que EDF a une quarantaine de filiales aujourd'hui dans des domaines qui, à mon avis, peuvent être vendus. Moi, je veux dire, EDF Maroc, je ne suis pas certain que ce soit stratégique ou du service public. EDF en Allemagne, c'est la même chose.

Et les activités internationales d'EDF, et la CGT est d'accord avec moi, et les syndicats d'EDF sont d'accord qu'il faut faire le ménage aujourd'hui aussi dans les activités internationales d'EDF. Donc, c'est ça mon désaccord. Moi, je crois que le mécanisme de la proposition de loi, il permet d'éviter qu'on se sépare d'activités tout entières. Et après, les petites filiales, moi, je crois qu'il ne faut pas les rendre insécutifs. C'est juste ça mon désaccord. Alors ensuite, sur LR. Bon, écoutez, moi, je ne vais pas commencer à taper sur un allié qui nous permet de faire passer...

Moi, je ne suis pas LR, je suis de gauche, socialiste, élu avec l'alliance NUPES, et tout à fait content et clair avec ça. Mais on a besoin de trouver des alliés. Et là, il se trouve que le groupe LR, par la voix de son président Olivier Marlex, a décidé de soutenir l'idée... Olivier Marlex, qui était en première ligne sur l'affaire ASTOM. En première ligne sur l'affaire ASTOM, qui est un homme de droite, très certainement, mais qui est quelqu'un qui s'est attaché au service public de l'énergie. Et il est venu avec moi, avec François Ruffin, avec Sébastien Jumel, intervenir devant 500 délégués de la CGT Mine-Energie à Montreuil, pas loin d'ici, à côté d'ici.

Et je peux vous dire que le discours qu'il a tenu sur le service public, il rappelait les grandes heures du gaullisme. Et donc, moi, je ne suis pas gaulliste, je suis socialiste, mais moi, je crois qu'on peut travailler avec des gens qui ont cette vision-là du service public. Et donc, aujourd'hui, le groupe LR a été très présent pendant le vote en commission. Ils ont même assuré la victoire. Des députés qui partaient déjeuner, eux, ils sont restés pour voter jusqu'au bout. Et moi, je compte sur leur soutien ce jeudi. Alors, il n'y a pas qu'eux. Il y a évidemment toute la gauche, et heureusement que la gauche est là pour le voter.

Il y a aussi des députés indépendants d'un petit groupe qui s'appelle Lillotte, qui nous soutiennent. Et puis, là, je cherche aussi des soutiens dans la majorité, car les boulangers font leur travail. Il y a le RN aussi qui vous soutient, le fameux RN. Moi, je ne travaille pas avec eux. Le trône de l'Assemblée nationale. Voilà, mais le RN le fait, et ils sont cohérents avec leur discours aussi. S'ils ne le faisaient pas, d'ailleurs, ils se renieraient, parce qu'ils ont un discours sur EDF qui est exactement le nôtre. Donc, ne pas voter cette proposition de loi serait un reniement pour eux. Et puis, il y a des députés de la majorité qui, aujourd'hui, ils sont sollicités par leur boulanger.

Vous avez votre boulanger qui, vous voyez, tout le monde est dans la même situation que moi. Tout le monde a des boulangeries qui sont en train de fermer. Il y a un boulanger qui vous dit, monsieur le député, là, il y a une loi qui passe, qui va régler mon problème, là, sur mon compteur. Là, vous me demandez de changer de compteur pour passer au tarif bleu puis bénéficier de l'amortissement d'électricité. Là, il y a un truc très simple qui est en train de se passer. Je vous demande de voter cette proposition de loi. Le député doit répondre et doit regarder dans les yeux son boulanger. Son boulanger, il ne va pas tous les jours l'embêter ni le voir pour lui dire qu'il y a un problème.

Donc là, cette mobilisation sociale qui est en cours, les artisans, les boulangers, ils envoient des mails aux députés, ils vont les voir dans leur permanence. Je crois qu'on aura quelques députés de la majorité qui voteront avec nous.

30:13
Présentateur

En tout cas, nous, on suivra ça jeudi. Anne, un dernier mot sur ce sujet ?

30:19
Invité

Moi, je redis qu'il faut vraiment aller plus loin. Si EDF est nationalisé, mais reste en concurrence, on a aujourd'hui un patron ultra-libéral qui a été nommé à la tête d'EDF. Les tarifs réglementés de vente, c'est essentiel pour les petites entreprises. Il y a eu avant les maraîchers, mais c'est essentiel pour toutes les entreprises. La sidérurgie, par exemple, s'ils n'ont pas des tarifs, s'ils n'ont pas une visibilité sur les tarifs, ils demandent des tarifs réglementés, stables dans le temps, ils ne feront pas l'électrification de leur procédé qui est essentiel à la transition énergétique. Et ils risquent de délocaliser dans des pays où l'énergie est la moins chère.

Il y a eu des drames avec les communes aussi qui ont vu leurs factures exploser et qui ont tapé dans l'aide aux associations, dans les services publics de proximité, dans les investissements pour la transition énergétique. En fait, tout le monde a besoin de tarifs réglementés. Et donc, allons-y. Et effectivement, LR sait très bien qu'ils soutiennent ce projet de loi. LR, ils ont dit aussi qu'il fallait sortir des marchés. Donc, allons-y. Et on ne peut pas laisser passer ce qui se trame en ce moment, c'est-à-dire une réforme des marchés, de l'électricité, où on est parti pour encore aller vers des rustines et des rustines. Ce n'est pas possible.

On a une crise climatique, mais gigantesque en face de nous. Le GIEC parle de points de bascule d'année en année où le système devient incontrôlable. On a des enfants qui disent qu'ils ne veulent plus d'enfants parce qu'on est dans un monde où on ne sait pas où on va. Et nous, qu'est-ce qu'on dit ? Ah ben, la Commission Europe... L'Europe nous interdit de sortir des marchés. À l'évidence, c'est bien pour tout le monde, mais l'Europe nous interdit. Donc, rendons la planète inhabitale, mais on aura obéi à l'Europe.

31:59
Présentateur

L'Europe, c'est une sorte de divinité païenne, des divinités immanentes ou, je ne sais pas, qui volent dans les airs. L'Europe, c'est tout le monde et n'importe qui. Alors, merci beaucoup, Philippe et Anne. On suivra les débats jeudi et on en parlera sur le média. Oui, écrivez vos députés, surtout. Écrivez à vos députés. Aidez-nous. Donc, la pression populaire sur les députés, c'est ce que demande Philippe Brun pour que les députés qui ont commencé, enfin, les forces politiques qui ont commencé à travailler pour cette renationalisation d'EDF continue. Merci, Anne, aussi, pour nous avoir apporté votre éclairage. Avant de terminer ce direct, quelques infos de l'Assemblée nationale.

La motion référendaire du RN a été massivement rejetée à l'Assemblée nationale. Donc, 272 députés ont voté contre et seulement 101 pour. Les députés NUPES ne sont pas revenus dans l'hémicycle au moment du vote, sauf André Chassaigne, du PCF qui a demandé une suspension de séance de deux minutes. Donc, voilà. Le bilan de la journée, il n'est pas terrible pour les oppositions puisque la motion référendaire et la motion de rejet des oppositions, toutes les deux ont été rejetées. Donc, voilà. Il y aura d'autres batailles parlementaires qui, sur cette affaire de réforme des retraites, je ne sais pas quel est votre état d'esprit, Philippe Brun. Ça ressemble à une odeur de défaite, tout cela.

33:27
Philippe Brun

Non. Bon, la motion référendaire, on savait qu'elle ne passerait pas. Moi, je ne voterais pas un document de Marine Le Pen. Voilà. Donc, les choses, elles sont très simples. Oui, mais en fait, de l'autre côté,

33:37
Présentateur

eux, ils vont dire qu'ils votent bien votre proposition de loi. Oui, bah écoutez,

33:40
Philippe Brun

c'est leur choix. Maintenant, ceux qui veulent banaliser le Rassemblement National sont libres de leur vote. Souvenons-nous ce qu'est le Rassemblement National, ce qu'est son programme politique. Et je crois que personne ne nous reprochera au regard de l'histoire le jour. J'espère que ce jour on n'arrivera jamais où le Rassemblement National sera au pouvoir. On regrettera que nous ayons mis un cordon sanitaire avec ce parti xénophobe, raciste et qui n'est pas républicain. Maintenant, sur la question de la motion de rejet, on savait aussi qu'elle n'allait pas passer. Et finalement, est-ce que c'est si grave ? Non, parce qu'on va pouvoir discuter justement de cette réforme article par article.

Et moi, j'espère qu'on va arriver au vote sur l'article 7. C'est quoi l'article 7 ? C'est l'article qui permet de passer la retraite de 62, l'âge légal de 62 à 64 ans et qu'on va pouvoir infliger une défaite au gouvernement car selon nos décomptes, il n'y a pas de majorité à l'Assemblée Nationale sur le report de l'âge légal

34:27
Présentateur

de 62 à 64 ans. Mais une fois de plus, tout est entre les mains du groupe Les Républicains qui partage le même logiciel politique finalement que Renaissance. C'est ça le problème. Et 25 députés LR ne partagent pas

34:38
Philippe Brun

ce logiciel politique. Voilà. Moi, je vous invite à regarder ce que font certains députés. Il faut... C'est vrai que nous, on est de gauche, alors on n'a pas... On n'est pas habitués à avoir de la mensuétude pour les députés de droite. Mais certains d'entre eux, écoutez ce qu'ils disent en commission des finances, en commission des affaires sociales, ils ont des arguments extrêmement proches des nôtres. Il y a un député, je vous conseille de le suivre, il s'appelle, comme moi, il s'appelle Brun, Fabrice Brun, mais lui, il est de l'Ardèche et il est de droite. Et vous pouvez regarder ce qu'il dit sur la forme des retraites en commission des finances. On croirait un député NUPES. Voilà.

Donc il y a, je crois encore, des âmes à sauver à droite. nous arriverons à ne pas faire passer cette réforme des retraites.

35:19
Présentateur

Anne, merci d'avoir été là. Je ne sais pas si tu as quelque chose à rajouter sur ce développement, ces deux feuilletons parallèles des motions référendaires et de rejets.

35:30
Invité

Non, non, pas sur les stratégies politiques. Moi, je suis dans un syndicat où ça fait bien longtemps qu'on lutte sur les retraites. Il n'y a aucune raison de retarder l'âge de la retraite pour personne. Il faut partager le travail et il faut réfléchir à ce qu'il faut produire.

35:49
Locuteur

Merci.