Valence-d’Agen : son maire et ancien ministre, Jean-Michel Baylet porte plainte après avoir été agressé
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:00OuverteÉludée
Jean-Michel Baillet a été agressé ce samedi.
- 0:08OuverteÉludée
Pourquoi a-t-il demandé à des hommes d'origine bulgare de baisser le son ?
- 1:11OuverteRéponse directe
On dit des élus qui sont à portée de baffe.
- 2:06FerméeRéponse directe
Quelles sont les peines encourues pour une ITT supérieure à 8 jours ?
- 3:20RelanceRéponse directe
Il y a des circonstances aggravantes, n'est-ce pas ?
- 3:48OuverteRéponse directe
Rappelez un cas tragique d'agression d'un maire.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:19PrésentateurFait
« En lui portant des coups, Jean-Michel Baillet a porté plainte, il va bien. »
- 0:22PrésentateurFait
« Un homme de 42 ans a été placé en garde à vue. »
- 1:04PrésentateurChiffre
« 1500 agressions depuis le début de l'année sur des élus. »
- 2:13PrésentateurChiffre
« Pour une ITT supérieure à 8 jours, jusqu'à 3 ans de prison et 45 000 euros d'amende. »
- 4:10PrésentateurChiffre
« Il y avait un nombre non négligeable de maires qui n'ont pas souhaité se représenter. »
Temps de parole
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Jean-Michel Baillet a été agressé ce samedi. Agression qui s'est produite à Valence d'Agen, c'est la ville dont il est maire, dans le Tarn-et-Garonne, dans le sud-ouest. L'élu de 79 ans a demandé à plusieurs hommes d'origine bulgare de baisser le niveau sonore à proximité d'un logement. Un couple l'a donc pris à partie, messieurs Roy et Fenech. En lui portant des coups, Jean-Michel Baillet a porté plainte, il va bien. Un homme de 42 ans a été placé en garde à vue. Ce qu'on peut vous dire, et ça ce sont des informations européennes qu'on peut vous donner à 13h18, l'agression n'a pas été finalement perpétrée au hasard.
En fait, les mises en cause sont des saisonniers apparemment réguliers dans la région, c'est-à-dire qu'ils reviennent peu ou prou tous les étés dans cette ville de Valence d'Agen, c'est-à-dire qu'ils connaissent, je ne vais pas dire qu'ils connaissent bien Jean-Michel Baillet, mais ils l'identifient. C'est-à-dire que Jean-Michel Baillet n'a pas été agressé au hasard et qu'on l'a agressé en sa qualité aussi d'élu. Georges Fenech, Vincent Roy, ça n'arrête pas parce qu'on parlait il y a une semaine de la maire de Verquin, également agressé, 1500 agressions depuis le début de l'année sur des élus. Et là, encore une visiblement, Vincent Roy.
Écoutez, on dit des élus qui sont à portée de baffe. Effectivement, c'est quand même le cas, là on le voit, c'est vraiment ceux qui sont sur le terrain et qui peuvent évidemment prendre à peu près tous les coups dès lors qu'il y a le moindre énervement. Alors, ce qui est vrai pour les élus est aussi vrai, il faut voir ce à quoi nous assistons aujourd'hui, c'est vrai pour les élus, c'est vrai pour les pompiers, c'est vrai pour parfois les médecins, c'est vrai finalement pour tous les policiers, c'est vrai à peu près pour tous les représentants de l'autorité aujourd'hui. Ça devient une mode, je suis désolé de dire ça, mais on n'est plus du tout dans le fait divers.
L'agression des élus, c'est devenu un fait de société. Il suffit de regarder les chiffres, c'est absolument effarant. Donc la violence, certes, est endémique dans notre société, mais voici maintenant qu'elle est dirigée en particulier vers ceux qui sont censés détenir une quelconque autorité.
– Effectivement, et Georges Fenech, c'est vrai que, bon, moi j'ai regardé rapidement ce matin ce qu'on appelle le quantum, c'est-à-dire les peines encourues dans pareilles circonstances, par exemple pour une ITT supérieure à 8 jours, jusqu'à 3 ans de prison et 45 000 euros d'amende. Et là, comme Jean-Michel Baillet est évidemment dépositaire de l'autorité publique, c'est ce qu'on appelle une circonstance aggravante en droit pénal. Malheureusement, Georges Fenech, ancien magistrat, ces peines encourues, on ne les voit pas souvent à la sortie des tribunales.
– Moi, je voudrais d'abord faire part de toute ma sympathie, M. Jean-Michel Baillet, qui est une grande personnalité. – Tout à fait, patron de la dépêche du midi, ministre, maire, parti radical. – Le PRG, tout à fait. – Le PRG, 79 ans. – Et qui s'est permis de demander à des jeunes, sans doute, qui étaient dans ce garage, de faire moins de bruit avec leur musique. – Tout à fait. – Et il a eu le tort de passer une tête pour leur dire ça, sans doute avec politesse, on le connaît, M. Baillet. – Et il a été agressé. Ce qui montre aujourd'hui à quel point on perd tout sens de civilité, tout sens de vie en société. Vous avez rappelé les peines, Charles ? Il y a des circonstances aggravantes.
L'ITT de supérieure à 8 jours ou moins de 8 jours, circonstances aggravantes, dépositaires à l'autorité publique, les maires qui sont agressées quasi quotidiennement aujourd'hui.
– Je rappelle, l'ITT, c'est une interruption temporaire de travail, c'est une mesure judiciaire et pénale.
– C'est une notion juridique qui détermine le quantum des peines, effectivement. Rappelez que des fois, ça s'est terminé tragiquement. On se souvient du maire de Cygne, je vous le souvenais. – On se rappelle très bien, oui. – Qui avait fait une remarque parce qu'il y avait un dépôt d'ordure et puis la personne, avec sa voiture, l'a heurté mortellement. Les maires qui, d'ailleurs, ont pour certains décidé de tout arrêter.
De tout arrêter, de ne pas se représenter. – Vous savez, la dernière fois, effectivement, dans les petites communes, il y avait un nombre non négligeable de maires qui n'ont pas souhaité se représenter. Parce que la fonction de maire, Vincent Roy, est extrêmement compliquée parce que vous faites face, vous êtes en première ligne, face à des administrés qui, pour certains, n'ont plus vraiment de retenue.
– C'est quand même un trait extrêmement contemporain. – Et c'est marqueur d'une époque, effectivement. – Ah oui, oui, il suffit de regarder les chiffres d'aujourd'hui et les chiffres d'il y a 50 ans, ça ne se passait pas, ça se passait tout à fait différemment. Mais je voudrais dire quelque chose à Georges et aux auditeurs, et je parle sous son contrôle, puisque moi je crois, écoutez, si on veut se sortir de la panade dans laquelle nous sommes, et je parle évidemment des agressions des élus, mais en même temps j'y mets les policiers, j'y mets les pompiers, moi je crois qu'il faut là-dessus être inflexible et remettre des pleines planchées.
Vous agressez un élu, on met une pleine planchée, vous dirigez des coups vers un policier, pleine planchée, les mortiers d'artifice, pleine planchée. Et je crois que dès lors que l'on va toucher à ce qui fait la structure d'une société, c'est-à-dire ses élus, ceux qui tiennent cette société, dès lors qu'on les moleste, je crois qu'il faut être absolument inflexible, de manière à retrouver, à recouvrer l'ordre républicain tel qu'il doit être vécu. – Mais vous ne devriez pas dire ça ! – Comment ça je ne devrais pas dire ça ? – Vous ne devriez pas dire ça Vincent ! Ça devrait être normal et logique que le tribunal sanctionne sévèrement ! On va leur tenir la main pour leur dire que c'est grave !
– Mais ça ne l'est pas ! – C'est ça qui est exaspérant, c'est qu'on a des juges qui n'appliquent pas la loi avec la rigueur qui justifierait ce type d'affaires. Vous comprenez ce que je veux dire ? – Mais je pense que vous avez raison !
– Georges Fenec, pardon, vous étiez là, Vincent Rouen n'était pas là, vous étiez là, il y a quelques jours, lorsque j'ai fait venir, donc dans cette émission, Frédéric Le Turc, le maire d'Arras, qui en fait est le porte-parole, est le président de l'association des maires du Nord. – Il était nuancé, je vous trouve extrêmement sympathique à son égard, parce qu'on avait eu la maire de Verquin, dans le Nord-Pas-de-Calais, qui avait été agressée, et c'est vrai que j'avais demandé à ce monsieur, président de l'association des maires du département, de réagir.
Je lui avais demandé si l'association allait porter plainte, justement, ou se constituer partie civile, et c'est vrai qu'il avait répondu par la négative. Tous ces signaux qui sont envoyés, associés à ce phénomène que décrivait Vincent Rouen, d'ultra-violence de la population, est-ce que vous trouvez que ce n'est pas finalement, tout ça, une sorte de cocktail molotov ? – C'est en tout cas… – C'est un ensemble de signaux, quand même. – C'est en tout cas… – C'est une question que je vous pose.
– Oui, à partir du moment où vous ne respectez pas l'autorité, qu'elle soit celle de l'enseignant, du maire, du policier, du gendarme, que vous ne respectez même plus aucun uniforme, c'est que notre société va très très mal, voyez-vous. et il faut évidemment rappeler ce qu'est l'autorité, et rappeler ce qu'est l'autorité, c'est sanctionner quand c'est nécessaire. Et tout représentant de la loi doit être protégé, c'est ce que demandent les maires. Les maires, ils demandent une protection aussi.
– Georges Fenech, les peines planchées, signé Nicolas Sarkozy en 2007, effectivement, et supprimé ensuite par François Hollande, son successeur. – Christiane Taubira en particulier. – Voilà, effectivement, Christiane Taubira. – Garde des Sceaux. – Et Georges Fenech, je crois que vous étiez aux affaires en 2007. – Je me souviens très bien, elle est arrivée,
elle s'est assise à côté du président de la commission des lois, qui était M. Revoas, et elle a commencé par dire, il faut en finir avec toutes ces lois de M. Sarkozy, les peines planchées, les places de prison, etc. – C'est là qu'a commencé le délitement ? – D'un trait de plume, voilà. – C'est quand même la jurisprudence Badinter, tout ça. – Ouais, c'est filiation Badinter, bien sûr. Et qui est encore aujourd'hui. Non, M. Darmanin, lui, je pense qu'il a une fibre différente, mais vous voyez bien qu'il ne peut rien faire. – Mais vous savez comment il est dépossédé. – Ça me fait penser à quelque chose.
Comme on a dit, il y a maintenant bien des années, hélas, on a dit, ça n'est plus à l'enfant à s'adapter à l'école, c'est à l'école à s'adapter aux enfants, à l'enfant. Je crois que je vais voir fleurir des théoriciens zélés qui vont me dire, ce n'est pas aux citoyens à s'adapter à la société dans laquelle ils vivent, c'est à la société à s'adapter au désidérata du citoyen. Et ce qui fait que, et je vois maintenant pourquoi, on a la main qui tremble. – Je pense, cher Vincent, je pense que dès lors qu'un dépositaire d'autorité, un maire, est attaqué, agressé, il faut immédiatement une garde à vue, un transfert au parquet, avec comparution immédiate et peine le jour même. – Absolument.
– Et exécution de la peine, évidemment. – Ce qui ne revient pas aux peines planchées, mais enfin presque. – C'est prévu par la loi. Sauf que les juges, on va convoquer ultérieurement, quand il y aura une place disponible à une audience, on renvoie ça dans six mois, ça n'a pas la même. – Et amoutables d'optèmement.