Discussions sur le budget 2027: «La censure est sur la table», menace un porte-parole du PS
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Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
Bonjour Arthur Delaporte.
- 0:04OuverteRéponse partielle
Alors que s'accélèrent les consultations sur le budget, l'affaire semble en tout cas entendue à Matignon. Les retraités seront mis à contribution.
- 0:28OuverteRéponse directe
Faire payer les retraités aisés, Arthur Delaporte, c'est du racket comme le dénonce Olivier Faure, ou c'est également peut-être une question de solidarité entre les générations ?
- 1:07RelanceRéponse directe
Il n'y a pas de piste acceptable sur cette mise à contribution des retraités si on met à contribution que les retraités aisés ?
- 1:57OuverteRéponse directe
Injuste, dites-vous, alors que dans le même temps, le Premier ministre pourrait revoir à la baisse la contribution exceptionnelle des entreprises.
- 3:02FerméeRéponse directe
Ça serait une ligne rouge pour vous ? Vous pourriez aller jusqu'à la censure si cette contribution est maintenue ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:11PrésentateurFait
« Les retraités seront mis à contribution. »
- 0:15PrésentateurChiffre
« Objectif, dégager 6 milliards d'euros sur les 30 milliards d'économies que souhaite faire le gouvernement. »
- 0:47Invité politiqueFait
« aujourd'hui, en fait, les retraités dans leur ensemble ont un niveau de vie qui est moins bon que celui des actifs. »
- 1:01Invité politiqueFait
« plutôt que mettre à contribution les plus fortunés, d'avoir des contributions ciblées, il préfère s'en prendre de manière générale à l'ensemble des retraités. »
- 1:26Invité politiqueChiffre
« Les 10% les plus riches, c'est à partir de 4 000 euros de salaire, enfin de pension. »
- 1:40Invité politiqueChiffre
« le prix moyen d'une maison de retraite en France aujourd'hui, c'est 2 650 euros. »
- 2:19Invité politiqueChiffre
« avec des bénéfices indécents de l'ordre de 3 milliards d'euros par trimestre. »
- 2:22Invité politiqueChiffre
« plus de 10 milliards d'euros de bénéfices exceptionnels sur l'année. »
- 3:14Invité politiquePromesse
« la censure, elle est sur la table, que nous, on n'acceptera pas d'être complice d'un gouvernement qui taperait sur les catégories populaires et sur les retraités modestes. »
- 3:45Invité politiqueFait
« elle promet rien de moins que de mettre fin à la politique du logement social en France. »
- 4:19Invité politiqueFait
« Ce qui me préoccupe, moi, je comprends qu'il y a un dilemme. »
- 4:30Invité politiquePromesse
« on veut un budget qui prépare l'avenir, un budget qui anticipe le réchauffement climatique et donc qui permet l'investissement dans l'adaptation. »
- 5:30Invité politiqueFait
« je soutiens la candidature d'Olivier Fort parce que c'est celle qui est, à mon sens, la plus à même non seulement de rassembler les socialistes, mais plus largement le reste de la gauche. »
- 7:39Invité politiquePromesse
« Nous, on porte le retour à un âge légal de départ à 62 ans. »
Temps de parole
- Arthur Delaporte69 %
- Présentateur25 %
- ?6 %
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Bonjour Arthur Delaporte.
Bonjour.
Merci de nous rejoindre sur RFI. Alors que s'accélèrent les consultations sur le budget, l'affaire semble en tout cas entendue à Matignon. Les retraités seront mis à contribution. Objectif, dégager 6 milliards d'euros sur les 30 milliards d'économies que souhaite faire le gouvernement. Faire payer les retraités aisés, Arthur Delaporte.
C
'est du racket, comme le dénonce Olivier Faure, ou c'est également peut-être une question de solidarité entre les générations
? Alors
je vais vous dire, Olivier Faure a parlé de racket parce qu'il évoque le sujet quand on intègre l'ensemble des retraités. Parce que finalement le gouvernement ne veut pas attaquer les retraités aisés. Il veut s'en prendre à tous les retraités. Et aujourd'hui, en fait, les retraités dans leur ensemble ont un niveau de vie qui est moins bon que celui des actifs.
C
'est ce que montre l'ensemble des études. Ce niveau s'est dégradé ces dernières années. Et en fait, le gouvernement, plutôt que mettre à contribution les plus fortunés, d'avoir des contributions ciblées, il préfère s'en prendre de manière générale à l'ensemble des retraités. Et c'est ce que nous dénonçons.
Il n'y a pas de piste acceptable sur cette mise à contribution des retraités si on met à contribution que les retraités aisés
?
Encore faut
-il savoir à quel niveau ça peut l
'être ? Est-ce que c
'est une hypothèse qui est complètement exclusive ? Nous, ce que nous disons, c'est que nous ne sommes pas
défavorables à une mise à contribution des retraités les plus aisés.
On peut prendre par exemple les 10% les plus
riches. Les 10% les plus riches, c'est à partir de 4 000 euros de salaire, enfin de pension. Donc là, vous voyez que ça, c'est possible. Mais le sujet, c'est qu'est-ce qui reste aux retraités en fin de mois ? Qu'est-ce qui reste pour payer une maison de retraite alors qu'on sait que ces coûts explosent ? Parce que vous savez que le prix moyen d'une maison de retraite en France aujourd'hui, c'est 2 650 euros. Donc évidemment que tout le monde n'a pas les moyens de se payer une maison de retraite. Et moi, je n
'ai
pas envie de dire à celles et ceux qui y sont, en fait, vous allez vivre à crédit parce que tout le monde n'est pas propriétaire de son bien immobilier quand on est retraité, loin de là.
Injuste, dites-vous, alors que dans le même temps, le Premier ministre pourrait revoir à la baisse la contribution exceptionnelle des entreprises. Ce n'était pas le
principe d'une
contribution exceptionnelle
?
Vous voyez bien ici le problème, c'est qu'on continue d'avoir des entreprises qui s'enrichissent de façon exceptionnelle parce qu'il y a des effets de crise. Je pense qu'on en a beaucoup parlé à Total, avec des bénéfices indécents de l'ordre de 3 milliards d'euros par trimestre. Donc ça veut dire plus de 10 milliards d'euros de bénéfices exceptionnels sur l'année. Et donc tout ça doit évidemment profiter à l'ensemble de la nation parce que c'est à la fin les Françaises et les Français qui sont les premiers à être les victimes de leur baisse de pouvoir d'achat en raison de l'inflation. Donc voilà, on dit qu
'il
y a des entreprises qui s'enrichissent, il faut qu'elles participent à un effort de solidarité nationale et le caractère exceptionnel de leur enrichissement est à notre sens toujours d'actualité aujourd'hui. Donc c'est pour ça que ça serait quand même singulier que le gouvernement dise à tous les retraités « Sortez vos porte-monnaies pour payer le train de vie des plus fortunés » et en échange, aux plus fortunés, écoutez, vous n'avez rien à craindre de notre budget. Ça, ça serait le plus injuste de tout.
Ça serait une ligne rouge pour vous ? Vous pourriez aller jusqu'à la censure si cette contribution
est maintenue ? Oui, on est très clair.
On est très clair là-dessus. Après, évidemment, on attend de voir à quoi ressemblera le budget final. Mais ce qui est sûr, c'est que la censure, elle est sur la table, que nous, on n'acceptera pas d'être complice d'un gouvernement qui taperait sur les catégories populaires et sur les retraités modestes.
On voit l'extrême droite qui n'est pas très alente sur cette censure. Marine Le Pen estime qu'il vaut mieux même un budget mauvais qu'une loi
spéciale. Oui,
mais Marine Le Pen, vous savez, elle a toujours défendu les plus fortunés. Elle est contre la taxation du capital.
Elle
est contre la taxation et l'impossession des sociétés. Elle défend la rente plutôt que le travail. Et on en a encore vu l'exemple hier quand elle promet rien de moins que de mettre fin à la politique du logement social en France. Donc voilà, moi je dis, aujourd'hui, on a un Rassemblement national qui est enfin en train de tomber les masques. Eh bien, demain, on verra dans l'élection ce que ça porte. Mais moi, je continue à dire que c'est à gauche que se situe l'alternative.
La question se pose aussi d'une censure et d'une chute du gouvernement et l'opportunité d'ajouter de la crise à la crise. Alors que les questions du pouvoir d'achat affolent les Français, les prix à la pompe explosent. On est à deux doigts de la crise économique. Est-ce qu'il faut ajouter une crise politique à cette crise économique ?
Moi, je le dis sérieusement au gouvernement. Ce qui me préoccupe, moi, je comprends qu'il
y a
un dilemme. De toute façon, nous, quand on est dans cette situation-là, on ne censure pas de gaieté de cœur. Mais on censure parce qu'on pense que c'est l'intérêt du pays, parce qu'on veut un budget qui prépare l'avenir, un budget qui anticipe le réchauffement climatique et donc qui permet l'investissement dans l'adaptation. On veut un budget qui ne soit pas un budget qui pénalise nos concitoyens. Or, si c'est un budget qui appauvrit les plus pauvres, je suis désolé, mais nous,
on
ne pourra pas cautionner cela.
Un
mot en attendant la copie du Premier ministre sur la primaire socialiste. Les inscriptions se terminent demain. François Ruffin semble-t-il définitivement jeter l'éponge. Est-ce que vous regrettez cette non-participation, Arthur Delaporte
?
Alors, déjà dire que ce sont les candidatures qui s'arrêtent demain et non les inscriptions de celles et ceux qui voudraient voter qui ont jusqu'au 5 octobre minuit pour
pouvoir
venir participer à cette
primaire. Les candidatures
des prétendants
à la primaire, on est très clair.
Voilà, parce que je le dis, parce que celles et ceux qui nous écoutent pourraient avoir envie de participer, je le souhaite.
Moi, je regrette évidemment
que Ruffin ait jeté l'éponge, mais il a jeté l'éponge parce que certains lui ont fermé la porte, donc dont acte. Maintenant, il faudra faire avec le périmètre que nous avons. Moi, vous savez, je soutiens la candidature d'Olivier Fort parce que c'est celle qui est, à mon sens, la plus à même non seulement de rassembler les socialistes, mais plus largement le reste de la gauche et qui est à même de répondre aux difficultés que nous connaissons aujourd'hui.
Donc voilà, moi,
le premier secrétaire du PS, il est parfaitement légitime à la fois à défendre ce que nous avons fait, c'est-à-dire
reconstruire le PS. C'est votre candidat, on l
'a compris.
Depuis 2018,
voilà.
Premier tour le 9 octobre, avant ça, les débats arrivent la semaine prochaine. C'est l'occasion
pour
votre candidat, donc Olivier Fort, de faire la différence. Vous y
croyez ? J'espère, oui, bien sûr. Donc,
il reste loin, loin derrière le favori Raphaël Glucksmann. Qu'est-ce qui va faire la
différence
? D'une part, ce sont des sondages qui sont faits sur la présidentielle et on est encore très loin. Et d'autre part, ce sont les militants et les sympathisants qui créeront la dynamique. Et donc, on peut partir d'un socle dans l'opinion qui est relativement bas. Mais moi, je sais que dans le PS, il a le soutien de plus de la moitié de nos adhérents, de celles et ceux qui savent ce qu'il a fait. C'est-à-dire qu'il s'est toujours battu pour reconstruire la gauche, pour l'union de la gauche. Et puis, par ailleurs, il porte des convictions qui sont celles d'une gauche qui n'hésite pas, qui n'a pas peur, qui ne cherche pas à
se compromettre avec le centre. Contrairement à Raphaël
Glucksmann, dites-vous
?
Je dirais qu'aujourd'hui, ce qui est clair, c'est qu'il y
a
une forme d'ambiguïté chez Raphaël Glucksmann. On sent que sa stratégie, c'est d'essayer d'aller convaincre, on va dire, le centre modéré, que c'est par là qu'on aura la capacité d'élargir. Mais moi, je le dis, attention. N'oublions pas ce qui nous a précipité dans la chute en 2017, c'est parfois de l'absence de clarté sur la ligne, et parfois aussi l'idée qu'on était trop compromis avec un certain nombre d'idées portées par la droite. Mais
c'est quoi les exemples de compromissions sur la gauche et le centre,
par exemple, concernant
Glucksmann
?
Je vous dis, par exemple, je vois récemment François Hollande ou Raphaël Glucksmann qui appellent au rapprochement du salaire net et du salaire brut. Qu'est-ce que c'est, ce type de discours ? C'est ce que dit la droite. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on va affaiblir la sécurité sociale, le financement de la sécurité sociale. Et donc, en définitive, sur qui ça va peser ? Sur les catégories populaires, celles qui n'ont que leur travail et les revenus différés, c'est-à-dire ce qui est issu de ces cotisations, pour pouvoir vivre correctement à court et à moyen terme. Et donc, voilà, je dis, ça, c
'est
un débat très simple, très clair que nous défendons. Un autre sujet qui peut nous différencier, c'est la question de la réforme des retraites. Nous, on porte le retour à un âge légal de départ à 62 ans. Je ne
suis
pas sûr que ça soit aussi clair chez Raphaël Luxemann. Voilà, c'est des exemples. Mais
je
crois que la campagne ne fait que commencer.
Et le débat commence donc dès la semaine prochaine. Merci beaucoup, Arthur Delaporte. Bonne journée.
Merci
pour l'invitation.
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Arthur Delaporte