Grève des pompiers dans l'Orne : "On est chaleureusement remercié mais au moment des budgets, on est abandonné"
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:35OuverteRéponse directe
Pourquoi cette colère contre la mise en avant des pompiers par le président du département ?
- 0:57FerméeRéponse directe
Vous manquez de moyens ?
- 1:37OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous demandez au président du département ?
- 2:27OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous attendez de ces assises des pompiers ?
- 3:25OuverteRéponse directe
Concrètement, comment vous faites pendant la grève ?
- 5:03OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous en avez su de ce qu'il y a dans cette loi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:41InvitéFait
« On est souvent remerciés à toutes les Saintes-Barbes tous les ans. Il ne manque pas de nous remercier. »
- 0:47InvitéFait
« Mais hélas, quand il s'agit de voter les budgets tous les ans, bizarrement, on est un petit peu abandonnés. »
- 0:58PrésentateurChiffre
« Pourtant, le département de l'Orne assure financer 60% du SDIS, le service départemental d'incendie et de secours. »
- 1:04InvitéFait
« Sauf qu'il oublie de dire que dans ces 60%, il y a une dotation de l'État via une TSCA. »
- 1:10InvitéFait
« Parce que de plus en plus, les services d'incendie et de secours, on parle de valeur du sauvé. »
- 3:52InvitéChiffre
« Et ensuite, c'est 1500 volontaires. »
- 4:53InvitéFait
« On intervient régulièrement à 20 kilomètres de nos centres de secours support. »
- 5:24InvitéFait
« Ils sont extrêmement déçus parce que, si vous voulez, il y a des très belles propositions. »
- 5:29InvitéFait
« Le ministre de l'Intérieur, M. Nunez, a bien dit qu'il se posait des questions du financement. »
Temps de parole
- Invité61 %
- Présentateur29 %
- Présentateur 28 %
≈ 9,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
7h45, la grève des pompiers partout en France. Dans l'Orne, cette colère se manifeste par de vraies crispations, notamment à l'égard du président du Conseil départemental. On en parle avec l'invité d'ici matin, Clément Marchais, le président du syndicat autonome des sapeurs-pompiers professionnels. Il répond à vos questions, Jean-Baptiste Marie. Bonjour Clément Marchais. Bonjour. Fin août, le président du Conseil départemental de l'Orne, Christophe de Ballor, fait monter des pompiers sur scène lors d'un concert au Hara-Dupin. Il les fait applaudir. Une mise en avant que vous n'avez pas franchement goûté. Pourquoi
?
Pourquoi ? Parce que la méthode, elle est bien connue de nos élus. On est souvent remerciés à toutes les Saintes-Barbes tous les ans. Il ne manque pas de nous remercier. C'est fait chaleureusement, c'est fait gentiment toujours. Mais hélas, quand il s'agit de voter les budgets tous les ans, bizarrement, on est un petit peu abandonnés.
C
'est-à-dire que vous manquez de moyens. Pourtant, le département de l'Orne assure financer 60% du SDIS, le service départemental d'incendie et de secours.
Oui,
exactement. C'est les arguments de notre président financeur. Sauf qu'il oublie de dire que dans ces 60%, il y
a
une dotation de l'État via une TSCA.
C
'est une taxe sur les assurances, en fait. Parce que de plus en plus, les services d'incendie et de secours, on parle de valeur du sauvé. Si un jour, vous avez un feu de cheminée ou une catastrophe chez vous, les pompiers se déplaceront. L'intervention coûtera, par exemple, pour un fourgon incendie, c'est 1 000 euros environ, forfaitaire. Et on sauvera peut-être votre maison, qui en coûte 200, j'en sais rien. Mais ça, c'est la valeur du sauvé. On n'en parle pas beaucoup. Les pompiers, on ne sait pas combien ça rapporte vraiment. Mais quand on intervient, on sauve des biens. On protège l'environnement. On sauve les personnes. Et ça, ce n
'est
pas palpable. Ce n
'est
pas chiffrable.
Qu'est-ce que vous demandez au président du département qu'il fasse un arbitrage de ses budgets et qu'il peut-être met davantage la main au pot
?
Exactement. Moi, ce que je demande au président du département,
c
'est qu'il ne nous oublie pas au moment du vote du budget pour l'année prochaine. Et puis surtout, comme vous en avez parlé, on a parlé de ce communiqué qu'on nous a remercié au Hara Dupin lors d'un concert Horn Festival. Si on regarde le financement, l'État et les communes, on a trois financements, l'État, les communes et le département.
L'État
et les communes suivent l'inflation. Tout augmente, le prix du carburant, etc. Par contre, on s'aperçoit que le département nous abandonne d'année en année.
C
'est pratiquement moins de 2 millions d'euros par rapport à il
y a
10 ans.
On pourrait lui dire, peut-être même lui redire, Christophe Devalor, parce qu'il organise dans 10 jours, le 18 septembre, des assises des sapeurs-pompiers de Lorne à Alençon. Là aussi, il l'avait annoncé sur scène au Hara Dupin. Qu'est-ce que vous attendez de ce rendez-vous
?
Exactement. On sera présent, on sera là. On a ce métier dans les tripes. On fait ce métier par passion. On a du mal à parler d'argent, d'ailleurs, parce que c'est une passion. Du coup, on sera conviés à ces assises. On sera là, on sera force de proposition. On n
'en
attend pas grand-chose, parce que c'est un effet d'annonce. Ça fait trois ans qu
'on
s'est créé. Nous, dans l'ordre de syndicats autonomes, on n'a quasiment pas eu de rendez-vous. Il nous évite. À chaque fois, il faut essayer d'aller l'attraper pour discuter avec lui. C'est des gens qui sont très occupés. Donc, on sera là, on discutera avec lui avec plaisir. C'est un début et on se réjouit de ces assises.
Ici, matin, il est 7h48, notre invité Clément Marchais, le président du syndicat autonome des sapeurs-pompiers professionnels de l'Orne. Au-delà de ce cas particulier, entre guillemets, en ce qui concerne le président du conseil départemental de l'Orne, on l'a dit, Clément Marchais,
ça
s'inscrit dans un mouvement plus global, national, avec un long mouvement de grève jusqu'au 20 octobre. Concrètement, comment vous faites ? Parce que quand on appelle le 18, vous êtes toujours là pour intervenir.
Exactement, c'est exactement ça.
C
'est qu'on est en grève, mais en fait, vous ne verrez pas grand-chose, à part peut-être des camions marqués en grève, des pompiers avec des... On appelle ça des grève-scratch, un peu comme le personnel hospitalier. Il y
a
un service minimum, ce qui est normal. Vous vous appellerez les pompiers, les pompiers viendront toujours. Dans l'Orne, on n'est pas nombreux en pompiers professionnels. Il
y a
quels pompiers professionnels qui font grève ? On est 110. Si vous enlevez la direction, on n'est que 70 à porter secours. Et ensuite, c'est 1500 volontaires. Donc, en fait, les pompiers volontaires sont noyaux durs parce qu'on est un département rural. Vous connaissez la région. L'Orne est le département le plus petit, forcément avec le plus petit budget, avec le moins nombreux de pompiers.
Et c'est là que le bas blesse. C'est ce que vous réclamez, vous, dans l'Orne. Mais aussi, on l'entend bien depuis hier, dans toute la France, davantage d'embauches de professionnels.
Exactement, c'est ça. C'est dans nos revendications nationales. Donc, on est en grève, comme vous l'avez dit, du 8, donc depuis hier jusqu'au 20 octobre. Alors, le 8, parce qu'il y
a
eu une présentation par le président, enfin, par le ministre de l'Intérieur.
Oui, d'une loi sur la sécurité
civile. Exactement. Et jusqu'au 20, parce que le 20, c'est le vote du budget au niveau national du gouvernement.
Donc,
pour l'instant, on est en grève pendant ces périodes-ci. Et dedans, oui, il y
a une
demande, forcément. Donc, le financement des SDIS, c'est un des premiers points. Mais dedans, il y a une augmentation de moyens. Donc, dans l'Orne, les moyens, au niveau matériel, il
n
'y
a
pas trop de soucis. On a des véhicules assez récents.
Mais
en fait, ce qu'on réclame,
c
'est des embauches de pompiers professionnels. Parce qu'on intervient de plus en plus loin, avec des délais de départ plus en plus longs. On intervient régulièrement à 20 kilomètres de nos centres de secours support, comme je ne
parle
pas à Alençon, mais c'est pareil pour les quatre centres de secours.
Les
professionnels, dans l'Orne, c'est Flair, Argentan, L'Aigle et Alençon seulement.
Justement, de ce qui s'est dit aussi hier au ministère de l'Intérieur, on a entendu vos représentants nationaux, des syndicats, plutôt déçus. Qu'est-ce que vous en avez su de ce qu'il y
a
dans cette loi ? Et comme vous l'avez dit, qui sera voté, donc normalement, en tout cas, débattu au mois d'octobre
?
Eh bien, c'est exactement ce que vous venez de dire. Nous, on n'a le retour que de nos présidents nationaux. Ils sont extrêmement déçus parce que, si vous voulez, il y a des très belles propositions. C'est très, très intéressant. Mais le ministre de l'Intérieur, M. Nunez, a bien dit qu'il se posait des questions du financement. Donc,
il ne sait pas
comment ils vont financer toutes ces mesures. Donc, on peut avoir des idées. Si derrière, on ne met pas la main à la poche, c
'est
un peu comme dans l'Orne.
C
'est pareil. Si on n'a pas l'argent pour travailler, c'est compliqué d'embaucher du monde.
Oui, effectivement. C'est l'aspect financement qui serait lié, visiblement, aurait dit le ministre, effectivement, au projet de loi de finances qui sera voté dans les prochaines semaines. Merci beaucoup, Clément Marché, président du syndicat autolome des sapeurs-pompiers professionnels de l'Orne. C'est le SPPP-ATS, pour être précis. Merci d'avoir répondu à nos questions. Bonne journée.
Bonne journée.
Une interview à retrouver en podcast sur ici.fr et sur votre appli ici.