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InterviewAurore Bergé· 20 mars 2025 9 minComplaisantPortrait personnelSolidarités & familleInstitutions & électionsEurope & international

Aurore Bergé dans RTL Matin - 7 mars 2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Vos combats dans ce livre se confondent avec l'intitulé de votre ministère. Mais deux choix personnels interrogent au regard de votre combat : cacher votre grossesse en 2022 et vos mots sur les violences conjugales en 2023.

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Cacher sa grossesse en politique, est-ce que ça montre que c'est encore un problème d'être enceinte dans notre pays ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Vous dites avoir craint les conséquences politiques de votre grossesse. Quelles conséquences avez-vous subies ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Sur les violences conjugales, vous avez dit 'je n'instrumentalise pas ce combat'. Pourquoi ce questionnement sur le fait de porter plainte ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Le congé de naissance de 4 mois doit remplacer le congé parental actuel. C'est pour quand ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Ce livre est une profession de foi pour 2027. Vous serez candidate ?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

RTL Matin, Céline Landroot et Thomas Auto. Il est 8h15 l'interview de Céline Landroot au cœur de l'actualité et au cœur des problématiques de notre société puisqu'on va parler de la place des femmes. Les mauvaises langues diront qu'il y a une journée pour les femmes le 8 mars et 364 autres pour les hommes parce que ça suffit.

Vous avez choisi d'inviter Aurore Berger, ministre de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations. Elle publie chez Robert Lafond nos combats pour la République. Bonjour et bienvenue à vous.

Bonjour. Bonjour Aurore Berger. Euh vos combats dans ce livre se confondent avec l'intitulé de votre ministère Égalité entre les femmes et les hommes, lutte contre les discriminations.

Mais à la lecture, deux choix que vous partagez, de choix personnels et respectables interrogent, je trouve au regard de votre combat et de vos fonctions. Le premier, il concerne Victoire, votre fille à qui vous dédiez d'ailleurs ce livre, vous expliquez avoir caché votre grossesse lors des législatives de 2022 parce que dites-vous, j'en craignais les conséquences politiques en cette veille de journée internationale des droits des femmes. On en est encore là Auror BRG.

C'est un problème d'être enceinte dans notre pays. C'est pas un problème et heureusement mais ça a des conséquences. Ça a des conséquences sur votre vie ensuite professionnelle.

Dans les 10 les 10 années qui suivent la première naissance de votre enfant, les femmes perdent 38 % de niveau de revenu par rapport aux hommes. 38 % de niveau de revenu qu'elles ne rattrapent ensuite jamais. Donc la question de la parentalité, ce qu'on appelle en fait la pénalité parentale.

C'est-à-dire que quand vous êtes une femme et que vous devenez mère, ça vous pénalise dans votre vie économique, ce qui n'est pas le cas pour les hommes et pour les pères. Quand vous faites campagne pour être député, l'indemnité est la même. Que vous soyez, elle n'était elle n'était pas celle de perdre la campagne parce que je pense qu'il y a encore des qualificatifs qui sont attachés au fait d'être une femme en politique et au fait en plus d'être une mère.

Euh et je l'ai beaucoup ressenti justement à partir du moment où j'ai dit que j'étais enceinte, y compris d'ailleurs dans dans certaines interviews où j'avais l'impression que je faisais jamais la bonne réponse. C'est-à-dire que si euh j'expliquais que je prenais un long congé maternité, ça veut dire que j'étais pas vraiment une femme politique. J'étais pas un animal politique.

J'avais pas envie en fait de continuer d'avoir une carrière. Et si je prenais un congé court, tu que j'étais forcément une mauvaise mère. Et donc du coup, je réponds donc j'ai préféré garder ce moment d'abord pour moi intime le dire quand j'estimais que je pouvais vraiment le dire et jeai dit c'est vrai une fois que j'ai été élu présidente de groupe parce que je voulais pas que ça rentre en ligne de compte euh de la part de mes collègues, de la part de l'environnement politique et médiatique sur le fait que j'étais enceinte et que je faisais campagne pour les législatives, que j'étais enceinte et que je faisais campagne pour être présidente de groupe parce que je sais que dans un sens ou dans un autre à un moment ça ce serait rentré en ligne de compte et je voulais pas que ça rentre en ligne de compte parce que je pense que le fait d'être enceinte pour le coup ne changeait rien heureusement à mes compétences.

Après le fait d'être maire, je pense à changer un certain nombre de choses sur ma relation et mon rapport à la politique, au temps aussi parce que je pense que pour chacun d'entre nous en tant que parents, ça change évidemment beaucoup de choses. Autre choix sur lequel vous revenez et là encore il est personnel respectable. En mars 2023, alors qu'il est question de violence conjugale à l'Assemblée nationale, vous avez ces mots, je n'instrumentalise pas ce combat car je sais de quoi je parle.

Vous revenez dans ce livre sur cet épisode douloureux. Vous glissez qu'aujourd'hui encore vous vous demandez chaque jour si vous ne devriez pas porter plainte. Sans juger ce questionnement politiquement que même la ministre chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes est autant de difficultés à se dire enceinte à porter plainte pour violence conjugale.

Est-ce que ça ne dit pas quelque chose de notre société aujourd'hui ? déjà qu'il faut jamais juger les femmes euh et que quand on a subi des violences, c'est à la personne qui les a subis de savoir le moment où elle le révèle ou pas euh et le moment où elle décide ou non de porter plainte. Et je trouve qu'il y a encore trop de jugement dans la société et à partir du moment où une femme porte plainte, on interroge toujours les raisons pour lesquelles elle le fait.

Là encore, soit elle le fait trop tôt, soit elle le fait trop tard, elle le fait toujours pour intérêt. Alors que quand on porte plainte, c'est d'abord parce qu'on a nécessité en fait de réparation. quand on s'exprime publiquement, c'est qu'il y a aussi ça, la nécessité que ça puisse être utile.

Et le moment que dont vous parlez dont je fais référence au sein du livre, c'était une séance à l'Assemblée nationale où j'avais porté une proposition de loi pour dire que j'estimais qu'un homme qui avait été condamné pour violence exactement ne devait pas et ne pouvait pas normalement se représenter à une élection parce que j'estimais que quand on voilà quand on avait levé la main sur sa compagne ou sur son enfant, il y avait un tel interdit qui avait été franchi que ça légitimait qu'on ne puisse pas être candidat à une fonction élective. Et euh ce moment à l'Assemblée nationale a été absolument insupportable. L'Assemblée nationale, l'émissycle, c'est une arène.

Euh ça dépend si vous êtes le Taureau ou si vous êtes le Toréador. Et là, j'avais quand même sacrément l'impression d'être le Taureau et et vraiment l'impression que de l'extrême gauche à l'extrême droite, il y avait cette volonté de m'abattre presque physique. Mais sur la plainte Rberger, sur l'action en justice.

Je pense aux femmes qui nous écoutent qui pe parce que c'est très personnel. Je pas une notion, peut-être que le mot est trop fort mais d'exemplarité. Je pense aux femmes qui vous écoutent qui se disent peut-être si même elle pense que c'est responsabilité n'y arrivent pas, comment je peux faire moi ?

Est-ce que c'est un cheminement qui est très intime et qui est très personnel et que la question que je me suis posée c'est est-ce que moi j'avais besoin ou pas de porter plainte ? Est-ce que c'était important pour moi ou pas de le faire ? Et après, en effet, étant ministre, je me dis est-ce que ce serait utile à d'autres que je le fasse ?

En fait, le raisonnement, il est d'abord intime et c'est pour ça que je pense qu'il ne faut jamais juger les femmes sur la manière avec laquelle elles révèlent ou elle ne révèle pas. Comment on le fait ? Parce que le moment où vous dites que vous avez été victime, parce que évidemment quand vous êtes victime, il y a un tel niveau de de honte, de culpabilité, de secret qui entoure tout ça pour des raisons évidentes que le moment où vous le révélez, bah vous venez heurter la fragilité d'un environnement familial, la fragilité d'un environnement amical et la question du dépôt de plainte évidemment est une étape supplémentaire.

Donc mon inquiétude n'est pas du tout d'être cru ou pas. Mon inquiétude n'est pas qu'on accueille bien ma plainte parce que je n'ai aucun doute là-dessus. Mon inquiétude est plutôt sur est-ce que moi j'en ai besoin ou pas ?

Est-ce que ma famille en a besoin ou pas ? Et ça c'est une question qui est extrêmement intime parce que moi mon travail en tant que ministre c'est de garantir déjà la possibilité pour chaque femme de le faire mais surtout le fait que ça concerne toute la société et que enfin on arrive à lutter contre une forme d'indifférence où on se dit qu'après tout ça reste une affaire de famille, ça reste une affaire de couple. ça reste une affaire privée.

Non, une femme qui est victime de violence, c'est pas une affaire de couple. Un divorce, c'est une affaire de couple. Euh une victime de violence, c'est l'affaire de toute la société.

Autre sujet très rapidement, Aurore Berger, c'était un chantier lancé par Emmanuel Macron au printemps euh dernier, le congé de naissance qui doit remplacer le congé parental 4 mois seulement, ça peut être jusqu'à 3 ans aujourd'hui, mais mieux indemnisé pour chacun des parents. Vous l'avez ressorti des cartons il y a quelques jours. C'est pour quand ?

J'espère que c'est pour euh bientôt. Moi, mon rôle, c'est aussi euh d'alerter euh et de mobiliser à la fois l'ensemble du gouvernement, mais mobiliser aussi la société sur cette questionlà. Ce chiffre que je vous donnais de dire quand même que après la première naissance de notre enfant en tant que mère, il y a une perte de niveau de revenu de 38 % pour les femmes versus les hommes et plus vous avez d'enfants et plus ça s'aggrave.

Donc ça veut dire qu'on a aujourd'hui des jeunes femmes qui renoncent au fait d'être mère parce qu'elles ont peur des conséquences professionnelles, qui diffèrent ce choix au risque de ne jamais pouvoir l'être ou des femmes qui en subissent des conséquences dans leur mobilité professionnelle, dans leur carrière. Je pense que le fait que enfin il y a un vrai congé qui puisse être pris parce que bien mieux indemnisé que celui actuel qui est environ à 427 € permettrait aux hommes et au aux femmes, aux pères et aux mères de pouvoir enfin, s'ils le souhaitent, avoir du temps auprès de leur enfant et que la présomption de parentalité ne pèse pas que sur les femmes comme c'est le cas aujourd'hui. Mais on n pas le montant d'indemnisation et on ne sait pas si ce sera sacrifié sur l'hôtel des du financement de la guerre.

Ah ben j'espère pas et parce que je pense que c'est un enjeu d'avenir. C'est un enjeu d'avenir sur l'égalité entre les femmes et les hommes. C'est un enjeu d'avenir sur la natalité.

C'est un enjeu d'avenir aussi sur la conception qu'on a de la société. Sur le fait que la parentalité c'est pas que la maternité. Et on a progressé, on a fait progresser les droits de ce point de vue-là.

On a créé un congé paternité par exemple. Au moment où il a été créé, souvenez-vous des critiques. Aujourd'hui, je crois que c'est rentré et heureusement quand même dans la culture de notre société.

Ce livre Aurore Berger nos combats pour la République, c'est une profession de foi pour 2027. Ça pourrait en avoir le parfum. En tout cas, il y a des combats que je pense essentiels à mener pour 2027 et en tout et oui, je serai dans ce débat national en 2027 parce que je pense déjà que les ambitions, elles sont heureusement pas que masculine pour en revenir aux enjeux d'égalité entre les femmes et les hommes.

Mais au-delà de ça, parce que je pense que j'appartiens à une génération où la République ou la laïcité sont plus des évidences et à une génération qui aimerait que certains combats soient derrière nous, notamment les combats de l'égalité, de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants, de la lutte contre l'antisémitisme. Et malheureusement aujourd'hui ces combats, ils sont pleinement dans l'actualité. Donc ça suppose qu'on s'engage.

Merci beaucoup Aurore Berger. Nos combats pour la République, c'est chez Robert Lafond. Merci.

Donc je serai dans ce combat pour 2027. On dirait une phrase de langue de boîte d'homme politique. Une femme politique est plus cash normalement.

Non mais je pense qu'on a des ambitions évidemment quand on est une femme. Moi ce que je vois c'est qu'en général quand vous alignez sur la ligne de départ beaucoup d'hommes et je pense que oui et heureusement qu'il y a des femmes qui peuvent être sur la ligne de départ. Je pense c'est pas totalement le sujet d'aujourd'hui.

Moi ce que je fais c'est de travailler déjà travailler et de porter un certain nombre de combats que j'estime être absolument déterminant pour notre société. pour notre quotidien mais surtout pour notre avenir parce qu'encore une fois c'est des sujets qui devraient être des évidences et qu'ils sont plus. Merci beaucoup.

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