Anne Le Hénanff, députée Horizons et Indépendants du Morbihan | La politique et moi
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Questions et réponses
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Bonjour Anne Le Hénanf.
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On oublie parfois que les députés ont eu une vie avant de faire de la politique. Votre vie à vous, j'ai essayé de la résumer en quatre photos.
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Et votre slogan, c'était l'art pour tous.
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Alors les métiers que vous avez exercés sont assez éloignés de la politique, a priori. Vous expliquez être issue d'une famille où la solidarité et l'engagement social ont un sens.
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Sous quelle étiquette ? Plutôt droite ? Plutôt gauche ?
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Et alors vous, qu'est-ce qui a déclenché votre engagement politique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Le slogan de la galerie, qui s'appelait « Des arts et des hommes », que j'ai créé en 2003, avait comme ambition de faire entrer toute personne qui s'intéresse à la peinture et la sculpture dans ce lieu d'exposition qui faisait 600 mètres carrés. »
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« On a une culture centriste. C'est-à-dire, on pourrait dire, c'est la démocratie chrétienne. »
- 3:22Invité politiqueFait
« Alors, j'ai toujours eu de l'admiration pour un homme, je pense, influencé par ma famille, qui est Jacques Chirac. »
- 3:43Invité politiqueFait
« J'ai franchi la porte d'une permanence RPR à l'époque et je suis rentrée dans les jeunes RPR. »
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« Et là, je me suis dit, à la fois on peut dématérialiser, c'est-à-dire finalement rendre beaucoup plus facile les relations avec les citoyens et avec nos agents publics. Mais attention, on a une responsabilité, on doit cybersécuriser. »
- 5:59Invité politiqueChiffre
« 30% des jeunes filles bachelières s'engagent dans les filières scientifiques fondamentales. »
- 7:08Invité politiqueChiffre
« On a besoin de 40 à 50 000 ingénieurs par an. »
- 9:22Invité politiqueFait
« Il m'a fallu, vraiment honnêtement, il m'a fallu un an, un an et demi, pour bien maîtriser mon environnement, le mode de fonctionnement de l'Assemblée nationale. »
- 11:11Invité politiqueFait
« En fait, les coups bas, généralement, sont venus de mon propre camp. »
- 11:45Invité politiqueFait
« 2022, je suis arrivée à l'Assemblée nationale avec des béquilles, je suis tombée pendant ma campagne sur les pavés de la ville de Vannes, et je me suis tordu la cheville, et ça a été une vraie souffrance. »
Temps de parole
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Mon invité connaît tout des techniques des pirates informatiques. Sa spécialité à l'Assemblée, lutter contre les cyberattaques qui menacent nos intérêts. Députée du Morbihan, elle est aujourd'hui porte-parole du groupe Horizon. Bonjour Anne Le Hénanf. Bonjour. Alors on oublie parfois que les députés ont eu une vie avant de faire de la politique. Votre vie à vous, j'ai essayé de la résumer en quatre photos qu'on va voir s'afficher.
D'accord.
Alors on ne va peut-être pas toutes les commenter. Je vais vous laisser en choisir une parmi les quatre. Pour nous expliquer.
Beau résumé de mon parcours professionnel. Premier emploi, bagardie, produit en Bretagne, mon retour en Bretagne. Sopiquet, une expérience plus étoffée de mes compétences en management. Et puis une galerie d'art qui est ma passion secrète.
C'est peut-être celle-là sur laquelle j'ai envie de vous entendre parler un peu plus. D'accord.
J'ai cet intérêt, cette passion pour la peinture et la sculpture. On est aussi, je viens d'une région, la Bretagne, où la peinture notamment fait partie de notre quotidien. Et en fait, je suis partie de l'analyse, de la conclusion que finalement l'art n'était pas accessible à tous. Et que souvent les galeries d'art se situaient dans des centres-villes, étaient réservées finalement à un certain public. Pas parce qu'ils le souhaitaient, mais parce que le public justement ne se sentait pas autorisé à rentrer dans les galeries d'art en plein cœur de ville.
Et votre slogan, c'était l'art pour tous.
Le slogan de la galerie, qui s'appelait « Des arts et des hommes », que j'ai créé en 2003, avait comme ambition de faire entrer toute personne qui s'intéresse à la peinture et la sculpture dans ce lieu d'exposition qui faisait 600 mètres carrés. C'est exceptionnel. Et surtout, ce qui était original, c'est qu'il était situé dans une zone commerciale. Là où passent les gens pour faire leurs courses, acheter leurs meubles et de voir des arrêts des hommes. L'art pour tous devait leur donner l'envie d'entrer.
Alors les métiers que vous avez exercés sont assez éloignés de la politique, a priori. Vous expliquez être issue d'une famille où la solidarité et l'engagement social ont un sens. C'est là que vous avez puisé un peu les racines de votre engagement politique ?
Oui, le mot racine, c'est tout à fait le mot qui correspond à l'environnement dans lequel j'ai baigné depuis que je suis née. C'est-à-dire Morbihan, un village rural où ma famille, très nombreuse, famille, je dirais, aux nombreux oncles, tantes, cousins, cousines, où il est vrai que ce soit mes parents, mes grands-parents, mes oncles, les tantes étaient très engagés. Dans différents domaines, pas que politiques, non associatifs, la paroisse, le sport, la politique pour certains, mais à des niveaux vraiment conseils municipaux. J'ai un de mes oncles quand même qui a été maire de Pluvigné.
Sous quelle étiquette ? Plutôt droite ? Plutôt gauche ?
On a une culture centriste. C'est-à-dire, on pourrait dire, c'est la démocratie chrétienne. Je suis issue de la démocratie chrétienne, mais je suis très compatible avec la social-démocratie de la même manière.
Et alors vous, qu'est-ce qui a déclenché votre engagement politique ?
Alors, j'ai toujours eu de l'admiration pour un homme, je pense, influencé par ma famille, qui est Jacques Chirac. Et quand, en 1995, il s'est présenté à l'élection présidentielle, j'étais à Paris à cette époque-là. Je souffrais d'être à Paris, d'être une bretonne expatriée. Et la campagne présidentielle se préparait et ça a été le déclic. J'ai franchi la porte d'une permanence RPR à l'époque et je suis rentrée dans les jeunes RPR.
Donc la période Jacques Chirac-Alain Juppé.
Exactement.
À l'Assemblée, vous êtes reconnue comme une des spécialistes des questions de cybersécurité, cyberdéfense, souveraineté numérique aussi. On peut devenir spécialiste de ces questions quand on n'a pas une formation d'informaticienne ?
Oui, et je pense même que c'est une clé pour pouvoir être engagée et avoir finalement une vision de ce qu'est une politique de la cybersécurité, ou plus globalement, je dirais, du numérique dans une entité. Je pense que j'ai beaucoup de respect pour les techniciens. On ne peut pas faire sans eux, mais c'est un maillon de la chaîne. Moi, j'ai un profil, pilotage de projet, et je m'y suis intéressée parce que j'ai été adjointe au numérique en 2008.
Donc adjointe au maire de Vannes. Et la mairie elle-même a fait l'objet d'une cyberattaque quand vous étiez adjointe au numérique en 2016.
En fait, j'ai évolué en même temps que le numérique, on peut dire. On était dans la dématérialisation des usages. Tout faire pour dématérialiser. Jusqu'à la cyberattaque, effectivement, de la ville de Vannes en 2015, de mémoire.
2015.
2015. Et là, je me suis dit, à la fois on peut dématérialiser, c'est-à-dire finalement rendre beaucoup plus facile les relations avec les citoyens et avec nos agents publics. Mais attention, on a une responsabilité, on doit cybersécuriser.
J'ai recensé toutes vos fonctions ou titres dans le domaine de la cybersécurité et de la défense. C'est assez impressionnant, on va aller voir s'afficher. Par exemple, vous faites partie de la réserve citoyenne cyber. Qu'est-ce que c'est que ça exactement ?
En fait, dans les armées, il y a des réservistes citoyens.
Et ça veut dire que vous pouvez être mobilisée à tout moment sur ces questions-là ? Dans quelles circonstances exactement ?
En fait, un réserviste citoyen n'est pas un réserviste opérationnel. Je ne peux pas porter d'uniforme, je n'ai pas de grade. Mais par contre, je suis finalement là en tant que réserviste citoyenne, comme tous les réservistes citoyens, pour faciliter le lien, on peut dire, entre les armées et la population ou entre les armées et les entreprises. Là, en l'occurrence, sur le cyber, entre les armées et aussi les collectivités locales.
Alors parmi tous ces logos qu'on a vus s'afficher, il y en a un qui concerne un cercle de femmes impliquées dans la cybersécurité. Women for cyber. Et on va voir que c'est un sujet qui vous tient particulièrement à cœur.
30% des jeunes filles bachelières s'engagent dans les filières scientifiques fondamentales. C'est peu, c'est assez attristant. Le message, il paraît tellement banal, mais il est essentiel. Faites-vous confiance. On vous attend dans les métiers de la science. Il va falloir faire un peu plus pousser les coudes que les garçons, mais vous y avez toute votre place. Ayez confiance en vous et n'écoutez pas les bêtises qui peuvent être dites autour de vous sur votre genre.
Alors c'est bien, mais j'ai envie de dire que vous n'avez pas forcément donné l'exemple. On a parlé de votre parcours professionnel, de vos études. Les sciences ne vous intéressaient pas du tout à l'époque ou est-ce que c'est parce qu'on ne vous a pas poussé vers ça ?
Alors je pense que je n'étais pas une scientifique. Je ne suis pas une scientifique. Donc j'ai suivi... Quand j'ai eu mon bac, j'avais deux options. Être avocate, ça m'intéressait beaucoup de faire du droit ou une école de commerce. Donc j'étais plutôt tournée vers ces métiers. Mais je dirais que ce qui m'intéresse, c'est le constat qu'on fait aujourd'hui. C'est qu'il y a de moins en moins de jeunes filles dans la science qui s'auto-censurent ou qui sont dans un environnement qui fait qu'on ne les ouvre pas vers ces métiers scientifiques. Et puis surtout, je m'y intéresse. Pourquoi ? Parce qu'on en a besoin. On a besoin de 40 à 50 000 ingénieurs par an.
Force est de constater qu'il n'y a pas assez de filles.
Et que les filles ont des meilleurs résultats scolaires que les garçons jusqu'au bac. Donc il n'y a aucune raison pour qu'elles ne choisissent pas non plus ces filières d'excellence dans les domaines scientifiques.
Il n'y a aucune raison objective. Mais il y a un environnement social, un environnement culturel, un environnement familial qui fait qu'elles s'empêchent d'y aller. La famille joue un rôle essentiel. Les enseignants jouent un rôle essentiel. Mon parcours aujourd'hui en tant que femme, c'est de m'engager. Et Women for Cyber, qui a été créée d'abord au niveau européen et dont je fais partie du conseil d'administration au niveau de l'Europe. Et en France, on a Women for Cyber France. C'est important de passer ces messages aux filles en disant « Allez-y, on a besoin de vous ». Mais c'est aussi dans l'intérêt de mon pays. C'est-à-dire que je sais qu'on va avoir besoin de cerveau.
Et que les filles qui travaillent avec des garçons sur ces sujets-là, on est beaucoup plus performants quand on travaille en équipe mixte.
Alors le même problème se pose un peu en politique. Très souvent, les femmes, quand on leur propose de se présenter à une élection, elles disent « Ah non, je ne me sens pas légitime ». Est-ce que ça s'est posé pour vous, ce cas-là ?
En tout cas, plusieurs fois dans ma carrière, pour être tout à fait honnête, j'ai souhaité y aller parce que je suis très engagée. Je suis combattante. Et donc, plusieurs fois, j'ai eu envie d'aller me frotter sur mon nom à des élections en local. Ça ne s'est pas fait.
Donc vous n'aviez pas un manque de confiance en vous par rapport à ça ?
Parce qu'en fait, je ne suis pas allée pas à pas en politique. Je n'ai pas débarqué un jour en disant « Je vais en faire ». J'ai été formée, j'ai commencé à 24 ans. Et donc, quand j'ai décidé parfois, tiens, si j'allais par exemple au cantonal, ça s'est présenté, ou à la ville, la commune d'Aradon, j'avais envisagé d'être maire d'Aradon, on m'a fait comprendre que ce n'était pas le bon moment. Mais en fait, c'est ça le problème aussi en local, c'est qu'il y a des écosystèmes politiques qui, parfois, il faut le dire, n'incitent pas, bloquent et n'incitent pas les femmes à y aller. C'est ce qui m'est arrivé deux fois, pour deux élections.
Et le jour où j'ai la chance, moi, d'avoir eu la confiance du maire de Vannes, d'abord François Goulard, ensuite David Robot, le maire de Vannes, eh bien, ça contribue à se former, monter en compétences. Et puis, à un moment, pour les législatives, en 2022, j'ai dit « J'y vais ». Je n'ai pas demandé, j'ai dit « J'y vais ».
Et vous avez été élue sur vos premiers pas en tant que députée. Vous expliquez, au début, je voulais être parfaite, être partout en même temps. Maintenant, je sais refuser quand ce n'est pas utile ou si je n'apporte pas d'expertise. Être députée, ça s'apprend, ça demande du temps.
Oui, il m'a fallu, vraiment honnêtement, il m'a fallu un an, un an et demi, pour bien maîtriser mon environnement, le mode de fonctionnement de l'Assemblée nationale. Je suis très observatrice, donc je vois aussi comment les choses se passent, les influences, les poids des uns, des autres. Je voulais être parfaite, oui, parce qu'on est attendus au tournant, et puis les habitants, ils m'ont donné un mandat, il faut que je sois à la hauteur. Donc quand je disais « Je voulais être partout », c'est-à-dire être tout le temps dans l'hémicycle. Mais vu le contexte politique, c'était impossible d'être tout le temps dans l'hémicycle.
Et c'est compliqué d'être sur tous les sujets, donc vous vouliez choisir vos sujets, et en même temps, depuis, vous êtes devenu porte-parole de votre groupe. Un porte-parole, par définition, ne peut pas choisir ses sujets. Comment vous faites ?
Alors, les porte-parole, on est quand même accompagnés, on a un groupe à l'Assemblée nationale, moi je fais partie du groupe Horizon, je suis accompagnée par mon groupe, on a un monsieur communication, et donc toute intervention publique au nom de mon groupe, on est préparés. C'est aussi parce que derrière, je représente et je porte non seulement la parole de mes collègues députés, mais aussi derrière, évidemment, la parole d'Edouard Philippe. Donc il faut faire attention, et porte-parole, ça ne veut pas dire parler.
Horizon, c'est le parti d'Edouard Philippe.
C'est le parti d'Edouard Philippe, et puis donc, nous, le groupe, on représente Edouard Philippe. Donc c'est important que les prises de parole soient bien mesurées, et on ne parle pas, à tout va quand on est porte-parole, on est encadré.
On va passer à notre quiz, parce que c'est la fin de l'émission. Donc je vais vous proposer des débuts de phrases, et vous allez devoir les compléter. Le dernier coup bas qu'on m'a fait en politique ?
En fait, les coups bas, généralement, sont venus de mon propre camp. En général, c'est ce qui se passe, c'est-à-dire mon propre camp. Mais récemment, je dirais que ce serait 2024. À ce moment-là, si vous voulez un exemple précis, ce serait l'élection législative après la dissolution, de découvrir qu'une élue locale, dont je pensais qu'il n'était pas du même bord que moi, mais proche, en tout cas, était prête à m'affronter, pensant représenter la meilleure barrière contre le Rassemblement national.
Finir une campagne avec des béquilles ?
Ça vous est arrivé ? Ça m'est arrivé. 2022, je suis arrivée à l'Assemblée nationale avec des béquilles, je suis tombée pendant ma campagne sur les pavés de la ville de Vannes, et je me suis tordu la cheville, et ça a été une vraie souffrance. Mon arrivée à l'Assemblée nationale en 2022 avec des béquilles, ça a été une souffrance physique et morale.
Enfin, une Bretonne qui soutient un Normand à la présidentielle.
Oui.
Ça ne pose pas de problème ?
Absolument pas. On a un lien commun, c'est le Mont-Saint-Michel, qui fait le lien entre les deux régions.
Vous n'avez pas peur que s'il est élu, le Mont-Saint-Michel bascule définitivement en Normandie ?
J'ai une histoire... Déjà, l'homme, je le respecte profondément. Pour moi, il est dans la lignée. Quand je le regarde, j'ai un regard d'affection, de confiance. Il représente la lignée de Jacques Chirac, de Juppé. Il est à la hauteur, il est solide. Et puis, la Normandie, j'ai un lien avec la Normandie. Mon père était marin de commerce, donc j'allais souvent en Ouvres le rejoindre sur ses bateaux. J'ai fait mes études au Ouvres. Et puis, Edouard Philippe, je suis son parcours parce que je suis fidèle dans mes valeurs depuis 30 ans.
Merci beaucoup, Anne Le Hénanf, d'être venue dans La Politique et moi.
Merci à vous pour votre accueil et cet échange. Merci à vous, Anne Le Hénanf, d'avoir regardé cette vidéo.
Anne Le Hénanff