Violences infligées aux enfants : nous devons agir immédiatement | Antoinette Guhl
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Chaque année, ce sont 1700 enfants qui sont victimes de violence sexuelles en France. Mais seul 3 % des auteurs font l'objet de condamnation. 12 % des Français déclarent avoir subi des maltraitances durant leur enfance et tous les jours un tous les 5 jours, un enfant est tué par ses parents.
Ces enfants, c'est ces chiffres ne sont pas abstraits. Ils disent une réalité brutale quotidienne qui traverse notre société tout entière. Dans la très grande majorité des cas, les auteurs sont des hommes, des pères, des oncles, des voisins, mais aussi parfois des professionnels en qui la famille ont placé leur confiance.
Des animateurs du périscolaire, des encadrants, des adultes censés protégés. Ils sont dans nos foyers, dans nos rues, dans nos écoles et traquent nos enfants. Les récentes affaires sur le périscolaire à Paris en sont une illustration brutale.
Depuis janvier, 78 agents de la ville de Paris ont été suspendus. dont 31 pour des suspicions de violence sexuelle. Et parmi eux, vous l'avez déjà dit les uns et les autres, mais certains avaient déjà fait l'objet de garde à vue pour des faits similaires et en avait été relaxé.
Quelles sont les failles, les angles morts de nos dispositifs de contrôle et de prévention ? Je tiens à saluer le maire de Paris Emmanuel Grégoire et son adjointe en charge de la petite enfance Annecla Books qui agissent avec détermination pour renforcer les procédures et mieux protéger les les enfants. Le plan de 20 millions d'euros a été annoncé par la ville de Paris et va permettre une sécurisation renforcée dans le recrutement mais aussi dans la prise en charge des victimes.
Mais attention, la responsabilité ne peut pas reposer uniquement sur les collectivités locales, monsieur le ministre. Ce doit être une responsabilité nationale bien sûr, vous en êtes d'accord, des collectivités mais aussi une responsabilité nationale et cela passera aussi par le budget. Nous avons besoin d'être encore plus vigilants et encore à l'écoute de nos enfants face aux multiples violences physiques et sexuelles.
Les nombreux témoignages sont accablants. Des violences sexuelles répétées parfois dans des lieux isolés comme des toilettes, des vestiaires, des espaces sans surveillance. Comment a-t-on pu en arriver làisser la loi de l'omerta détruire nos enfants ?
Je le dis ici, le démantellement de la civis par l'éviction du juge Édouard Duran et la et la démission de nombreux responsables fragilise la mission d'écoute de l'enfant porté par le gouvernement et l'État nous doit des explications sur ce point. Aujourd'hui, la proposition d'élargissement de l'attestation d'honorabilité prévue dans ce texte constitue une avancée importante. Elle permettra de certifier qu'une personne travaillant auprès des mineurs n'a pas de condamnation au casier judiciaire ni d'inscription au fichier des auteurs d'infraction sexuelle ou violente.
C'est une mesure de bon sens, une mesure de prévention qui ne sera efficace que si elle est réellement appliquée. Mais nous devons aller plus loin. Nous avons besoin d'un véritable ministère dédié à l'enfance avec des moyens clairs identifiés et pérennes.
Nous avons besoin de renforcer la formation des personnels du périscolaire, de mieux encadrer leurs conditions de recrutement et de suivi. Nous avons besoin de créer des espaces sécurisés pour la parole de nos enfants où ils peuvent être entendus, cru et protégés. Nous avons besoin, comme le rappelle la Civise, de passer d'une culture de la domination à une culture de la protection.
Il s'agit de mettre fin à ce système de domination. Nous le devons aux victimes, nous le devons aux familles, nous le devons à l'avenir. Car une société qui ne protège pas ses enfants est une société sans avenir.
Antoinette Guhl