Sonia de La Provôté : « Face à la dermatose nodulaire, il faut une vaccination massive nationale »
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Sonia de La Provoté. Merci d'être notre invitée sénatrice centriste du Calvados. Après le cambriolage du Louvre, il y a deux importantes auditions cette semaine au Sénat. On va évidemment revenir là-dessus avec vous. Mais d'abord, on commence comme tous les jours par la une de la presse régionale. D'abord la une du journal du Centre Crise Agricole, saison 2. C'est la question que pose le journal, les annonces de la ministre de l'Agriculture qui, on l'a vu, n'ont pas convaincu les agriculteurs qui annoncent poursuivre le mouvement. Seconde une, celle du Courrier de l'Ouest du RN à LFI, le Front Républicain.
Selon notre dernier baromètre politique au DOXA, une majorité de Français déclarent être prêts à faire barrage à la France insoumise plutôt qu'au RN aux élections municipales. Et puis après la dernière une, c'est celle du Républicain-Lorrain politique. Les femmes changent la donne, la parité qui gagne du terrain et devient même obligatoire dans toutes les communes aux commandes. Les femmes changent l'approche des dossiers. De quelle une avez-vous envie de nous parler ? Je parlerais bien des femmes. Ça vous étonne ? Non, ça ne m'étonne pas du tout ! C'est pour ça que j'ai choisi cette une. C'est une nouveauté dans ces municipales, c'est-à-dire qu'il y a une parité dans toutes les communes.
On entend qu'il y a quelques grincements de dents dans certaines communes qui ont du mal à constituer leur liste, vous le comprenez ?
Oui, je comprends que le fait de changer la donne qui plus est le catenandrier n'a pas été favorable. On a fait les choses assez tard, en tout cas l'Assemblée nationale et le Sénat. Pour autant, les femmes changent la donne en politique. Non, les femmes ont toujours été présentes en politique, sauf que là, elles vont être à parité, c'est-à-dire à la juste représentation de le rôle qu'elles jouent dans notre pays quotidiennement et aussi leur capacité à impulser les changements pour l'avenir. Donc, je trouve que c'est un moment assez majeur.
Les élus normands, notamment, ils sont contents de ce changement de mode de scotin ?
Il y a de tout, c'est un peu comme partout. Alors, il y a probablement des départements où c'est plus compliqué. Dans le Calvados, un certain nombre d'élus disent que c'est complexe, d'autres disent, moi, ça fait longtemps que j'ai de la parité, j'ai fait ça depuis très longtemps. Voilà, je pense que cette fois-ci, ça va être compliqué pour quelques communes. Et puis, la fois d'après, comme à chaque fois qu'on a mis en place la parité, ça ne sera plus un problème. Et donc, c'est vrai que là, il y a un moment parité, à un moment, il faut trouver des femmes, c'est ce qu'on peut entendre.
Et puis, c'est un moment pour les femmes aussi de se décider à accepter, à dire oui et à se lancer dans l'aventure politique, qui est quand même un des plus beaux projets de vie qu'on puisse avoir en dehors des autres projets plus classiques. Moi, je n'ai aucun regret. En tout cas, en ce qui me concerne, moi, je n'ai aucun regret. Je suis un produit de la parité. Après, je charge à chacune et à chacun de faire ses preuves. Il faut travailler. Mais je n'ai aucun doute sur la génération qui va arriver.
On va revenir à la crise agricole. Et on l'a vu, Annie Gennevard, qui était donc en Occitanie hier, les agriculteurs qui sont notamment en colère à cause de la stratégie du gouvernement sur la dermatose et les abattages de troupeaux. Est-ce que la ministre de l'Agriculture, elle est à la hauteur de cette colère, selon vous ?
Je ne sais pas si c'est la question du jour, de savoir si elle est à la hauteur ou pas. C'est une question très complète, la dermatose nodulaire. Et on voit bien que, d'abord, un, ça inquiète, très clairement, parce que c'est quand même une maladie contagieuse. Et puis, quand elle s'installe dans un pays, ça peut vite diffuser et être assez dramatique. Donc, il y a une inquiétude très légitime de la part des agriculteurs.
Sous contrôle, dit la ministre.
Sous contrôle, pour l'instant, de fait, sous contrôle, à la condition que tout le monde joue le jeu, qu'il n'y ait pas de transfert ou de déplacement de bêtes sous les écrans radars hors des contraintes et des consignes qui sont données. Parce qu'en tout cas, c'est assez souvent ce qui arrive, c'est que le moucheron, il ne fait pas 100 kilomètres. Enfin, le moucheron, la mouche, le vecteur, en tout cas, ne fait pas 100 kilomètres. Donc, quand il y a 100 kilomètres de parcouru d'un point à un autre, c'est qu'il y a une bête contaminée qui s'est déplacée. Donc, il faut quand même être un peu lucide là-dessus, que chacun assume les choses.
Et d'ailleurs, les agriculteurs le savent bien aussi, et ils transmettent des consignes dans ce sens. Et en réalité, quand on voit toutes les stratégies des différents pays, les situations ne sont pas les mêmes. Ce qui est certain, c'est que là où ça n'a pas été contenu, ça a explosé et ça a flambé. Donc, de toute façon, la question des abattages fait partie de l'arsenal, j'allais dire, thérapeutique, en tout cas, de traitement de la situation. Mais la vaccination est évidemment un point absolument essentiel. Donc, évidemment, à l'échelle du pays, c'est 22 millions de doses qu'il faut trouver. Et donc, si on devait vacciner 90% du bétail, très clairement…
– Pour le moment, il y a une zone vaccinale assez précise. – Voilà. Alors, dans les zones vaccinales, donc il y a celles où des cas ont été identifiés. Donc, on vaccine à distance et puis on se rapproche du point où était présent le bovin contaminé. Il y a aussi la frontière avec l'Espagne, parce qu'il suffirait d'une bête contaminée qui arrive en Espagne. Et pour le coup, les décisions européennes seraient très dramatiques pour la filière dans notre pays. Et enfin, tous les points de frontière, de toute façon, sont des sujets importants. Et puis, la vaccination, la question qui peut se poser, c'est de faire massivement une vaccination nationale, sauf qu'il faudra 7 à 8 mois.
Donc, de toute façon, ça ne règle pas le problème dans les médias. Et donc, il faut des stratégies très précises. Et puis, encore une fois, il faut respecter la loi. Il faut comprendre la colère. Il faut comprendre le désespoir aussi. Quand on est éleveur, on n'élève pas du bétail comme on compte les grains de riz, quoi. Je veux dire, il y a… ou les grains de blé. Ce n'est pas le sujet. Il y a un attachement pour un très grand nombre d'entre eux. Et clairement, c'est un moment douloureux. Et donc, l'abattage, ce n'est pas quelque chose de neutre. Outre la compensation pécuniaire, il y a vraiment à avoir un accompagnement autre.
Et en tout cas, à ne pas traiter cette question comme étant un non-sujet. Bien au contraire, c'est très grave et très important pour eux.
Et on va voir justement comment ça se passe, notamment dans le Jura. C'était un des premiers départements touchés. Bonjour, Étienne Rougeau. Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes maire d'Ecleu, président de la communauté de communes du Val d'Amour. Et c'est chez vous qu'ont été recensés six des sept foyers dans le Jura. C'était en octobre. Comment vous l'avez vécu ? Est-ce que vous attendiez à ce que ça prenne de telles proportions ? Est-ce que la situation était difficile à gérer ?
Comment je m'y attendais ? Non, je ne m'y attendais pas du tout. Quand on reçoit le coup de téléphone des services vétérinaires et qu'on nous annonce ça, il se trouve que je travaille dans le milieu agricole également, je savais que les semaines allaient être difficiles. Je ne pensais pas à ce point-là. Donc, la première chose, c'est qu'on a été contacté les éleveurs. On les a, les uns après les autres, avec le président de la Chambre d'agriculture et avec les services vétérinaires. On leur a demandé de venir en mairie pour donner un caractère solennel à la chose. On leur a expliqué la procédure. Et en fait, on est directement dans le cadre d'un plan hors-sexe sanitaire.
Donc, il y a des choses qui sont très cadrées avec les pouvoirs publics. Et donc, en tant que maire, on applique la procédure, on applique le déroulé. Et comme le disait Madame la Sénatrice, en fait, il y a la procédure, mais il y a toute la partie humaine qui est essentielle. Et donc, il faut être aux côtés des éleveurs. Il faut très vite mobiliser les psychologues. Il faut très vite être autour de ces éleveurs, mobiliser la population. Chez nous, très vite, on a eu des banderoles sur place de tout cœur avec nos éleveurs. On a toujours été à leur côté de manière à ce qu'ils ne se sentent pas seuls.
Sonia de La Provoté, comment vous réagissez au témoignage de M. le maire ?
Je suis complètement en phase avec ce qu'il vient de dire. En plus, moi, je suis dans un territoire où l'élevage, c'est un élément important. Et voilà, on connaît tous la tâche. La tâche et du coup, le côté extrêmement cruel. Ce n'est pas du tout normal de se retrouver face à un abattage massif de bêtes. C'est un moment assez tragique. Et même si on met de la solennité, même si on met de l'accompagnement, il y a une forme de douleur face à la situation. Et donc, on ne peut pas répondre que, dans le discours public en tout cas, par la compensation financière. Il faut vraiment prendre en compte cette dimension-là.
Et même si on la prend en compte, c'est quand même une maladie très contagieuse qui a un délai d'incubation qui est très long. La vaccination, c'est 30 jours pour être immunisé. Enfin, tout ça, c'est des délais qui sont complexes à gérer. Et en plus, la surveillance sérologique est complexe parce qu'il n'y a pas toujours une charge virale dans le sang. Et donc, on peut tomber à un moment où la prise de sang est négative, alors qu'en fait, l'animal est porteur. Donc, tout ça est très compliqué. Et c'est vrai que cette complexité amène de la difficulté à avoir un langage précis, rationnel et audible. Un dernier mot, Etienne Rougeau.
Du coup, quelle est la situation chez vous aujourd'hui ?
Alors, dans le village, il n'y a plus une vache laitière. On avait trois élevages. Il y a eu 347 vaches laitières abattues, dépeuplées, puisque c'est le mot qui est aujourd'hui à la mode. Toute la partie nettoyage, désinfection des bâtiments est faite. Et si tout va bien, à partir du 17 janvier, les éleveurs du village pourront repeupler et donc ramener des animaux dans leur élevage. Moi, je voudrais juste en un mot souligner l'importance et le rôle des vétérinaires. Ils ont fait un travail remarquable. Ils sont à la fois aux côtés des éleveurs pour leurs animaux, mais il y a une implication dans l'accompagnement qui est essentielle.
– Merci beaucoup, merci Etienne Rougeau d'avoir été avec nous. Vous êtes maire des Clos et dans le Jura. Merci d'avoir été là. On va passer à l'actualité du Sénat. Et Stéphane, c'est avec vous, puisque près de deux mois après le spectaculaire braquage du Louvre, les portes du musée ne se sont pas ouvertes. Hier, les salariés sont en grève.
– Oui, les visiteurs ont trouvé porte close devant le musée du Louvre toute la journée d'hier parce que les agents du Louvre, vous l'avez dit, ont voté une grève qui est reconductible, un vote à l'unanimité pour dénoncer leurs conditions de travail et l'accueil du public. Ils se réuniront à nouveau demain pour savoir s'ils prolongent ou non cette grève. Aujourd'hui, les portes du musée restent fermées puisque c'est le jour de fermeture hebdomadaire du musée du Louvre. Les demandes des syndicats sont évidemment en lien avec les questions de sécurisation du palais du Louvre, soulevées après le braquage spectaculaire du 19 octobre dernier.
Écoutez Christian Galani, il est représentant CGT au musée du Louvre.
Dans l'immédiat, il faut tout simplement s'occuper de la sûreté de cet établissement, il faut s'occuper de la rénovation du bâtiment, il faut créer des emplois parce que pour l'instant, le plafond d'emploi n'est pas desserré. La ministre se refuse à desserrer le plafond d'emploi. 200 emplois perdus en 15 ans alors que la fréquentation a augmenté de moitié. C'est lourd à porter pour les personnels. Et surtout, redonnons sens à nos missions en affirmant l'universalité qui est portée par notamment l'égal accès aux services publics. C'est en ce sens que nous nous opposons à la tarification différenciée.
Et justement, Stéphane, le représentant de la CGT parle de la fréquentation du musée du Louvre. Combien de personnes s'y rendent chaque année ?
Tout simplement, le musée le plus fréquenté du monde devant le British Museum de Londres, devant le Vatican ou encore le Met à New York, le Louvre a accueilli l'année dernière 8,7 millions de visiteurs, quasi autant que l'année précédente. Le musée du Louvre fonctionne au quotidien avec 2200 agents et un autre chiffre oriane, 24 hectares. Si on compte toutes les salles du Palais, le musée du Louvre s'étale sur 24 hectares en tout.
Et avec cette surface, on se doute que l'entretien du musée est un travail colossal.
Et les travaux se comptent en centaines de millions d'euros. Dans son dernier rapport qui est paru au mois de novembre, la Cour des Comptes avait établi qu'entre 2018 et 2024, le Louvre n'avait mobilisé que 87 millions d'euros pour des travaux d'entretien et de rénovation contre 169 millions d'euros pour des achats d'œuvres ou encore pour modifier le parcours des visiteurs dans le musée. La Cour des Comptes s'est aussi penchée sur le budget dédié à la sécurité du musée. Il faudrait investir 83 millions d'euros pour tout remettre aux normes. C'est ce que disait un audit qui date de 2017.
Aujourd'hui, près de un peu moins de 10 ans après, c'est seulement 3 millions d'euros qui ont été investis. C'est donc seulement 4% de la somme nécessaire.
Et ça fait écho aux conclusions sur le rapport de l'enquête administrative sur le Louvre qui a été dévoilé jeudi dernier au sénateur.
Tout à fait. Les auteurs de ce rapport ont témoigné devant la commission de la culture du Sénat. Je vous rappelle ce qu'il disait en résumé. Des risques sous-estimés depuis 20 ans. Sous-équipement en matière de sûreté, vétusté de la vidéosurveillance ou encore une mauvaise protection de la galerie Apollon. La galerie ciblée par les braqueurs pour les joyaux de la couronne calabrite. Bref, des défaillances à tous les étages. Leurs auditions en amènent justement deux autres. Celle de l'ancien président directeur du Louvre, Jean-Luc Martinez, ce sera tout à l'heure à 16h30. L'autre, ce sera la deuxième fois.
Laurence Descartes, l'actuelle patronne du musée, viendra être auditionnée au Sénat demain à 16h30 avec, j'imagine, cette question qui peut sembler absurde à ceux qui nous regardent. Sur les cinq audits réalisés ces dernières années, la direction actuelle n'était au courant que de deux audits. Celui de 2017 dont je viens de parler et un autre de 2018. Vous qui êtes à la commission de la culture, Sonia de la Provoté, j'imagine que vous allez apporter une attention particulière sur ce point à Jean-Luc Martinez. Qu'est-ce qui s'est passé ? J'imagine que c'est une question que vous vous posez.
Oui, on se la pose. Les inspecteurs aussi se la posent. Oui, oui. Et puis surtout, la manière dont les audits ont été retrouvés a été archivés, mais pas dans le bon service, au service patrimoine, après ce que j'ai compris. Et donc, en fait, la direction n'était pas au courant de cette audite. Celui de Vigne 19, de Van Cleef & Harpels, qui avait été demandé dans le cadre d'un mécénat de compétences. Et en fait, le scénario y est écrit. Donc voilà. Celui-là, c'est quand même dérangeant de savoir qu'il n'avait pas été transmis, ou en tout cas que l'information n'avait pas été transmise. Et puis celui de 2017, qui a été fourni par l'ancienne équipe, par l'équipe de M.
Martinez, par lui-même d'ailleurs, aux inspecteurs. Donc effectivement, il y a quand même un doute sur la façon dont les choses se sont déroulées, déjà du point de vue de la transmission de l'information. D'autant plus qu'un nouvel audit avait été commandité par la nouvelle équipe en 2021, mais qu'on a eu aussi des audits voitures-béliers par la préfecture de police. En fait, on se retrouve avec cinq ou six audits, puisqu'il y a un audit aussi informatique et numérique de 2007 ou 2009. On s'y perd.
Vous êtes un peu hallucinée de ce que vous apprenez dans ce dossier ?
Hallucinée ? Non, mais il y a un côté rocambolesque. On a l'impression que l'histoire des pieds nickelés, c'est celle du vol. Mais en fait, non, mais c'est les obligeants de dire les choses, parce que tout le personnel, tous les agents du Louvre sont très mobilisés sur cette affaire. Ils sont même vexés, blessés. Il y a une dimension aussi personnelle dans cette affaire-là, parce que c'est quand même… Le Louvre, ce n'est pas rien, quoi. Et évidemment, tous les yeux de la planète sont braqués sur ce qui vient de se passer. Et du coup, il y a une forme de ridicule qui n'est pas agréable pour ceux qui se décarcassent tous les jours pour que ça fonctionne bien.
Et donc, en fait, on est hallucinés par l'absence de procédure, par le retard pris de 2017 à 2026, parce que c'est ça, en réalité. Eh bien, on a investi, à partir de 2021, 1,3 million d'euros. Et avant, un peu plus. Enfin, bref, on n'a pas réglé les problèmes. On a mis quelques… On a amélioré les conditions de sécurité de la Galerie Apollon, mais l'intérieur, pas l'extérieur.
Selon qui est responsable de tout ça ? Est-ce que c'est une responsabilité gouvernementale ? Est-ce que c'est une responsabilité qui se circonscrit au Louvre ?
Alors, nous ne sommes ni le gouvernement, ni la justice. Donc, ce n'est pas notre objet. Notre objet, c'est le contrôle de l'action et puis d'améliorer les conditions de fonctionnement de ce sujet, sécurité, sûreté du Louvre. Il y a probablement un responsable, mais il y en a sûrement des. Donc, voilà. Donc, on va laisser les choses se faire tranquillement. En tout cas, nous ne réconnamons pas, pour un certain nombre, la tête de qui que ce soit. Ce qu'on cherche à savoir, c'est comment on peut éviter que ça se reproduise. Il y a des sénateurs qui demandent la démission de Laurence Descartes. Oui, bien sûr, mais… Vous ne faites pas partie de ça.
Je n'ai pas de réponse claire sur ce sujet-là, parce qu'après tout, on ne peut pas démissionner le précédent, donc voilà, puisqu'il n'est plus là. Mais il y a quand même un sujet de transmission et qu'il l'est encore en main. On peut se poser la question aussi. Il y a une forme d'omission aussi dans les informations qui nous ont été transmises. Il y a quand même 30 secondes. À 30 secondes près, on évitait que les cambrioleurs s'enfuient. Donc, on se dit qu'il y a quand même quelque chose. L'histoire des caméras périmétriques, c'est une histoire ancienne. C'est-à-dire, on se rend compte, on comprend au fur et à mesure des auditions, parce qu'on en a quand même eu quelques-unes.
Et donc, on a appris des choses nouvelles à chaque fois. Là, on a appris, par exemple, que les vitrines n'étaient pas conçues pour des disqueuses. Mais il faut qu'ils aillent au cinéma, quand même. Parce que je permets juste de dire que la disqueuse… Et puis, il y a eu quand même quelques événements aussi, notamment au moment des Gilets jaunes, qui ont montré que les disqueuses portables, c'était utilisable. Donc, je veux dire, il y a besoin que chacun se mette un peu à niveau et, en fait, prenne en compte le sujet comme étant une priorité. Il y a un problème de hiérarchie, de priorisation. On ne comprend pas pourquoi les informations ne se sont pas transmises.
On ne comprend pas pourquoi il n'y a pas eu des arbitrages budgétaires en faveur de ça. Et, en fait, on ne comprend pas pourquoi il n'y a pas un pilotage aussi. Parce que, finalement, la tutelle, c'est qui ? C'est le ministère. La tutelle, c'est le ministère. Donc, bon, réclamer des têtes, moi, je veux bien, mais… Pour réclamer celle de Rachida Dati. C'est open bar. Non, mais voilà, ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est que ça ne se reproduise pas. Et puis, surtout, qu'on en tire les conséquences pour les autres musées dans notre pays. Parce qu'il y a quand même des viols qui ont été violents… Des vols, excusez-moi. Des vols qui ont été violents et d'autres moins.
Et, en tout cas, au-delà du rocambolesque, il faut quand même qu'on regarde toutes les étapes de ce qui s'est passé et qu'on mette en place une stratégie nationale. Un schéma de sécurité du Louvre, c'est parfait, c'est même idéal. Il faut surtout que ça devienne urgent. Il faut vraiment qu'on le mette en place. Mais au plan national, ça se regarde avec beaucoup d'attention. Parce qu'on va avoir des histoires à raconter le soir devant la cheminée si ça continue comme ça et si on ne fait pas mieux.
Et on rappelle, l'audition de Jean-Luc Martinez, c'est cet après-midi. Et la réaudition de Laurence Descartes, ce sera demain après-midi. On suivra, bien évidemment, tout ça. Pour terminer, on va voir l'actualité dans votre département du Calvados avec nos partenaires de la presse régionale. On va à Caen. Bonjour, Lillian Firmin. Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes chef d'édition à Tendance Ouest. Et, Lillian, vous allez nous parler, vous, d'un mouvement de grève massif qui a touché le trafic des TER. Quelles en sont les raisons ?
Eh oui, hier, il était bien difficile de monter dans un train en Normandie, surtout si ce train desservait la gare de Caen. Les élus de la région Normandie y étaient rassemblés hier en assemblée plénière. Ils ont décidé que la SNCF n'exploiterait plus en exclusivité les rails normands. En fait, c'est une directive européenne, celle de la mise en concurrence. Et c'est RATP Développement, une filiale de la RATP, donc une autre entreprise publique qui a remporté le marché de l'étoile de Caen. Donc, en résumé, il y aura, à partir de 2027, des trains exploités par la RATP sur les lignes cannaises.
La région, elle justifie ce choix par une offre meilleure que celle de la SNCF, déjà, car elle coûte moins cher, et surtout car la fréquence des liaisons est augmentée de 50% en moyenne. Quelques exemples, il y a aujourd'hui un aller-retour par jour entre Caen et Évreux. Il y en aura bientôt huit. On aura aussi deux fois plus de Caen-Cherbourg ou de Caen-Rennes à l'avenir. Mais, vous l'avez compris, ce n'est pas une décision qui a plu aux cheminots normands, puisqu'ils se sont mis en grève hier. Parmi leurs craintes, il y a celle de la perte de leurs acquis sociaux. Il y a aussi une forme d'incompréhension.
On ne saisit pas forcément pourquoi évincée la SNCF, alors que le service fonctionne plutôt bien actuellement. Les syndicats craignent aussi de leur côté un tarif qui pourrait augmenter. C'est la région qui fixe les prix. Pour l'instant, elle s'en défend. Tout ça, ce n'est pas fini, puisque dans les années à venir, l'étoile de Rouen doit être ouverte à la concurrence, puis ce sera autour de l'étoile Mancel, puis de la ligne Paris-Grandville et enfin les lignes Normandie-Paris-Saint-Lazare. Là, on parle d'un horizon 2030-2034. D'où ma question pour vous, madame la sénatrice. Est-ce que cette ouverture à la concurrence sur les règles normands, c'est une bonne chose selon vous ?
De toute façon, c'est la loi. Elle s'impose. Il y a eu une ouverture à la concurrence. Elle s'est traduite par ce choix. Quand on entend les raisons du choix, finalement, on peut considérer que, un, il y a un service plus important qui est proposé, deux, ça coûte moins cher, trois, il y a un certain nombre de mesures mises en place qui permettent une plus grande fiabilité et une régularité plus importante. C'est compliqué, dans l'appel d'offres en tout cas, de l'ouverture à la concurrence, de dire « Ah ben non, cette offre, elle n'est pas bien, je garde celle du partenaire traditionnel. » Donc, de toute façon, qu'on comprenne ou pas, on nous le reprocherait à l'échelle d'une ville.
Il n'y a pas de raison que pour le train, à partir du moment où les règles sont celles-là, qu'on fasse différemment. Et puis, la situation des finances est escalée et quand le coût est nettement moindre, évidemment que ça a un impact aussi et que ça fait partie de la décision. Après, qu'il y ait des interrogations, des inquiétudes de la part des salariés de la SNCF, ça peut tout à fait s'entendre et clairement, c'est quelque chose qui doit être traité à la hauteur de ce que ça mérite.
On ne peut pas avoir commencé dans une entreprise et puis se retrouver, avoir ces règles du jeu et ces conditions de travail complètement métamorphosées du jour au lendemain parce qu'il y a eu un appel d'offres et donc c'est important de prendre ça en compte. Enfin, je ne doute pas que ça fait partie des sujets et des questions qui ont été posées à l'entreprise qui a été retenue. Moi, j'attends de voir, en fait. On ne peut pas crier avant d'avoir mal. Il y a une nouvelle structure qui est retenue, RATP, et derrière, on va voir comment les choses se mettent en place.
Mais jusqu'à présent, on ne peut pas considérer que, en tout cas, ceux qui ont répondu ne sont pas compétents parce que ce n'est pas la SNCF. Merci beaucoup.
Très rapidement, Lilian.
Oui, j'allais juste vous demander, le transport ferroviaire reste public. Est-ce que, pour vous, une arrivée du secteur privé sur les rails normands, ça aurait un intérêt dans les années à venir ?
Écoutez, alors là, vous me posez une question. Ça ne peut pas être oui ou non. On va attendre de voir ce que ça donne, tout ça. Et puis, après, on verra. Avançons. De toute façon, on ne peut qu'améliorer aussi la qualité. C'est le but pour les usagers. Donc, regardons et faisons les choses sereinement et de façon pragmatique.
Merci, Lilian Firmin. Merci d'avoir été avec nous, chef d'édition. Attendons ce Ouest depuis quand ? Dans le Calvados chez vous, Sonia de La Provoté. Merci d'avoir été notre invitée pendant cette première demi-heure. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.
Sonia De La Provôté