Verdict du procès en appel de Marine Le Pen.
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Questions et réponses
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- 0:04OuverteRéponse partielle
Pouvez-vous rappeler ce que l'on reproche à Marine Le Pen ?
- 1:18FerméeRéponse partielle
Quand sera rendu l'arrêt de la Cour d'appel ?
- 2:26OuverteRéponse partielle
Faut-il s'attendre à une décision aussi longue qu'en première instance ?
- 3:34OuverteRéponse partielle
Attendez-vous cette décision avec impatience ou la redoutez-vous ?
- 5:15OuverteRéponse partielle
Cette condamnation illustre-t-elle le dégagisme en France ?
- 7:14OuverteRéponse partielle
Cherchez-vous de la technicité ou un vent neuf chez le RN ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10InvitéFait
« d'avoir détourné des fonds du Parlement européen pour financer son parti, le Front National, devenu Rassemblement National »
- 0:31InvitéFait
« Marine Le Pen et d'autres cadres du RN sont accusés d'avoir en réalité fait salarié jusqu'en 2016 des permanents du parti »
- 0:39InvitéChiffre
« un préjudice total compris entre 3 et 4 millions d'euros »
- 2:40InvitéChiffre
« la décision va faire sans doute plusieurs dizaines, voire centaines de pages »
- 3:39AuditeurFait
« Moi, j'appellerais ça le jour le plus long, pour les gens qui votent pour le Rassemblement national »
- 3:51AuditeurFait
« Et puis, je vais maintenir cette position-là pour l'avenir »
- 4:05AuditeurFait
« si ce n'est pas elle, ce sera Jordan Bardella »
- 4:15AuditeurFait
« Entre garder l'état de notre pays, tout part en sucette »
- 4:46AuditeurFait
« à voter utile, dès le premier tour, pour des candidats, un des deux candidats du RN »
- 8:28InvitéChiffre
« on ait vu se maintenir le RN à un niveau très haut d'intention de vote »
- 8:50InvitéChiffre
« Il y aura une déperdition de ces intentions de vote, comme toujours, mais même si l'on estime que cette déperdition est de 5 ou 6% d'ici le jour du premier tour »
Temps de parole
- Invité39 %
- Présentateur19 %
- Invité 216 %
- Auditeur15 %
- Invité 38 %
- ?3 %
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Mais il faut peut-être revenir à l'origine, si je puis dire, au fond de ce dossier. Est-ce que vous pouvez, Thomas Proutot, nous rappeler ce que l'on reproche, en fait, à la chef de file du Rassemblement National ?
Eh bien, d'avoir détourné des fonds du Parlement européen pour financer son parti, le Front National, devenu Rassemblement National, et cela par le biais des assistants parlementaires des députés européens RN. Le Parlement de Strasbourg accorde en effet une enveloppe à chaque député pour embaucher des collaborateurs qui doivent travailler, et c'est logique, pour l'Europe.
Marine Le Pen et d'autres cadres du RN sont accusés d'avoir en réalité fait salarié jusqu'en 2016 des permanents du parti, et cela pour un préjudice total compris entre 3 et 4 millions d'euros, notamment le garde du corps de Jean-Marie Le Pen devenu le sien, sa chef de cabinet, ou la chargée de l'événementiel du RN basée à Paris. A l'audience, la chef de file du RN a été désignée comme l'instigatrice d'un système pensé et organisé pour faire des économies, d'après les avocats généraux, qui ont requis à l'audience, vous le disiez, 5 ans d'inéligibilité et 4 ans de prison, dont un ferme.
C'est un peu moins que la peine prononcée en première instance, mais suffisant pour barrer la route de la présidentielle si la Cour devait suivre ses réquisitions.
Et ça, on va le vivre évidemment avec vous, chers auditeurs. On rappelle que le début de l'arrêt de la Cour d'appel sera rendu à partir de 13h30.
Vous
nous l'avez expliqué, M. Martigny, ça peut être long, très long. Il faut s'attendre à être patient parce que les
juges
motivent toujours leur décision avant d'annoncer le coup près qui tombera ou pas.
Oui, une décision de justice, c'est un rappel des faits, c'est aussi une motivation. Et c'est peut-être ce qui est le plus important, d'arriver à motiver, en fait et en droit, une décision de justice pour qu'elle soit comprise, alors admise dans la mesure du possible, mais en tous les cas comprise. Et au fond, ce qui est important, c'est de comprendre le cheminement intellectuel qui conduit à une peine éventuellement, ou à une relaxe, le cas échéant. C'est ça qui importe dans une décision de justice. Et donc ça prend du temps, surtout sur une affaire complexe où il y a de multiples protagonistes.
Et
puis...
Parce qu'on parle beaucoup de Marine Le Pen, mais ce n
'est
pas la seule à être jugée aujourd'hui.
Non, absolument. Et puis d'autres ont été jugées en première instance, n'ont pas fait appel.
Donc
on est
vraiment dans une... Il y a 18
prévenus en première instance, ils sont 11 là pour se faire un appel.
Voilà, ce qui rend encore plus complexe l'affaire.
On parie, et bonjour Aurélien Martigny.
Bonjour.
Merci d'être avec nous, vous êtes procureur de la République adjoint,
un
mot, secrétaire général adjoint de l'Union syndicale des magistrats. Julien Fautra nous rappeler à l'instant qu'il avait fallu être très patient en première instance, en deux heures et demie, pour connaître le sort réservé à Marine Le Pen. Est-ce qu'il faut s'attendre à ce que ce soit aussi long tout à l'heure
? Oui,
probablement, parce que c'est une affaire complexe. Et la décision va faire sans doute plusieurs dizaines, voire centaines de pages. Et même si le président de l'Union peut très bien résumer la décision pour partie, avant d'arriver à ce qu'on appelle le dispositif, c'est-à-dire le prononcer des peines...
En fait, pour
être très
clair, les juges motivent d'abord leur décision avant d'annoncer les peines.
Absolument,
ils rappellent les faits, ils motivent et ensuite ils annoncent les peines. Donc effectivement, ça peut prendre un peu de temps.
On va être patient et suivre tout ça.
On
compte évidemment sur vous pour nous expliquer au fur et à mesure des informations qui nous parviennent, ce qu'il faut en comprendre et ce qu'elles peuvent laisser entendre sur les peines à venir. C'est de Paris qui sera connu dans un peu moins d'une demi-heure, en tout cas le début du prononcé dans un peu moins d'une demi-heure.
On
va vous faire vivre évidemment tout ça en direct. Bonjour Xavier.
Oui,
bonjour.
Et merci de nous avoir appelé pour évoquer vous aussi cette actualité à la fois judiciaire et politique. On rappelle les conséquences qu'elle peut avoir, cette décision de justice. Est-ce que vous l'attendez, vous, avec impatience ? Est-ce que vous la redoutez ? Comment vous vous positionnez
?
Moi, j'appellerais ça le jour le plus long, pour les gens qui votent pour le Rassemblement national. C
'est votre
cas
?
Ce n'était pas mon cas avant. Maintenant, c'est
l
'être venu depuis les élections européennes. Et puis, je vais maintenir cette position-là pour l'avenir. Donc, moi, simplement, je regretterais que ce ne soit pas Marine Le Pen, parce que c
'est
elle qui a fait tout le job, qui a l'expérience et tout ça. Mais si ce n'est pas elle, ce sera Jordan Bardella. Et globalement, ça ne change pas grand-chose.
Votre bulletin
restera celui du RN, quoi qu'il arrive. Ah
oui, il y aura le bol de tout ce qui se passe. Entre garder l'état de notre pays, tout part en sucette. Même les pompiers n'ont pas assez de moyens. Ils disent eux-mêmes. Alors bon, la justice, ça ne va pas. La police, personne ne les aime. Enfin,
personne,
pas grand-monde les aime. Les hôpitaux, c'est une catastrophe. Les écoles, c'est une catastrophe. Donnez-moi des... Il
n
'y a que l'armée, que ça marche à peu près, parce qu'ils ont donné des budgets supplémentaires. Il n
'y a
rien qui fonctionne dans notre pays. Donc, à un moment donné, il y
a
un ras-le-bol général qui doit, j'appelle les gens à ouvrir les yeux au moment de
l
'élection présidentielle, à voter utile, dès le premier tour, pour des candidats, un des deux candidats du RN. Alors, en plus, moi, ce que j'apprécie beaucoup, c'est que... Moi, j'ai un fils de 29 ans, une fille de 25. Tous leurs copains, soit ils votent...
Et
les filles,
soit
ils votent RN.
Les
jeunes veulent du changement.
Et
Bardella correspond exactement
à
ce qu'ils veulent, pour ceux qui votent RN.
Alors, Jean-Yves Camus, politologue, vous êtes resté avec nous. J'ai l'impression à entendre, Xavier, qu'il illustre
exactement
ce que vous nous disiez tout à l'heure de cette volonté de dégagisme qui existe aujourd'hui en France. Xavier disait, il y
en
a ras-le-bol, il
faut
que ça change.
C
'est effectivement l'un des moteurs majeurs du vote RN. Il ne faut pas oublier cependant les trois motivations très courantes que sont d'abord la question du pouvoir d'achat. Ensuite, la question de l'immigration et de
l
'identité nationale. Et puis celle de la sécurité, ou de la sécurité, c'est selon le terme qu'on souhaite employer, qui forme véritablement le noyau dur sur lequel Marine Le Pen et Jordan Bardella sont finalement d'accord. Il n
'y
a que sur la question du modèle social que Jordan Bardella
fait entendre une petite politique
différente. Mais si on lui pose la question de savoir s'il faut que le pouvoir d'achat des Français augmente, il ne répondra certainement pas non. Donc, au fond, on a avec ce que votre auditeur vient de nous dire, j'allais dire la martingale qui explique pourquoi toutes les tentatives pour réduire le vote rassemblement national ont pour l'instant échoué. Ça me conduit d'ailleurs à faire une observation. J'entends beaucoup, moi, que Jordan Bardella, si c'était lui le candidat, compte tenu de son jeune âge, de son manque d'expérience, aurait du mal à tenir la distance parce que sa technicité n'est pas suffisante pour faire face à celle de ses adversaires. Posons-nous la question.
Est-ce que les électeurs et les sympathisants du RN aujourd'hui souhaitent de la technicité
ou
est-ce qu'au contraire, constatant que cette technicité,
ils
l'ont eue et qu'ils n'en sont pas satisfaits, ils sont prêts à se satisfaire d'un candidat qui n'est peut-être pas aussi pointu sur les
chiffres et l'économie
mais qui fait ce grand changement dont votre auditeur nous parle.
Xavier, justement, vous venez d'entendre M. Camus, est-ce que vous, c'est de la technicité que vous cherchez ou c'est un
vent neuf, si je
puis dire ?
On a eu un Mozart de la politique et des finances. On a vu ce que ça a donné. On n
'a
jamais eu une lettre aussi importante. Moi, je vais vous dire, ce que j'apprécie beaucoup chez Jordan, Bardella,
que
j'ai été voir à la foire de Chalon quand il était venu il y
a
quelque temps, il y a un peu plus d'un an, c'est que ce garçon-là,
effectivement,
il n'a pas un vernis au niveau études supérieur. Effectivement. Mais où est le problème ? Ce sont les faits qui vont faire la différence. Si Jordan ou Marine Le Pen sont élus
et
qu'ensuite, il y
a
une solution naturelle de l'Assemblée nationale qui donne une majorité, ils auront les pouvoirs, hormis le conseil constitutionnel, les grandes institutions qui ont été déjà noyautées par la Macronie, mais ils auront tous les pouvoirs de créer déjà un référendum sur l'immigration.
Et
ça, c'est ce que veulent les Français.
Bonjour
Yves Camus.
Bonjour.
Vous êtes politologue spécialiste de l'extrême droite. On entendait ces électeurs frontistes. Est-ce que quoi qu'il arrive, ça, c'est déjà une réussite pour le RN depuis le jugement de première instance, cette condamnation le 31 mars 2025, d'avoir déjà réussi à instaurer une continuité avec ce recours, Jordan Bardella
?
Oui, ce qui est surtout une réussite, c'est en fait qu'après le jugement de première instance, on ait vu se maintenir le RN à un niveau très haut d'intention de vote. Bien évidemment, nous sommes encore à un an de l'élection, un tout petit peu moins. Il y aura une déperdition de ces intentions de vote, comme toujours, mais même si l'on estime que cette déperdition est de 5 ou 6% d'ici le jour du premier tour, ça laisse quand même les deux candidats potentiels du RN bien devant, Édouard Chilippe et Jean-Luc Mélenchon. Donc, dans l'opinion publique, il n'y a pas eu d'effondrement. C'est d'ailleurs une des caractéristiques de ce parti que ça a, je veux dire, sa résilience.
C
'est-à-dire que jamais, au fond, depuis 50 ans que ce parti existe, sous ses dénominations successives, aucune stratégie n'a réussi à en venir à bout. Pas plus celle de la diabolisation morale que celle de l'élaboration d'un programme alternatif nous expliquant que celui du RN n'est ni réalisable ni finançable. Le Front Républicain n'a pas marché non plus. Et s'il y a eu des creux, notamment le fameux creux de Jean-Marie Le Pen face à Nicolas Sarkozy lors de l'élection présidentielle de 2007, avec des conséquences financières qui étaient importantes, lourdes, et bien on a vu que finalement le Front National, puis le Rassemblement National, s'y oser, se refaisaient assez rapidement.
C'est dire s'il existe quand même un fond, structurellement, un fond de grief d'une partie des Français qui explique l'existence de ce socle, une sorte de dégagisme.
Que cette décision judiciaire sera une décision politique. Je voudrais qu
'on
en parle avec vous aussi, Aurélien Martini. Je rappelle que vous êtes secrétaire générale
à
l'adjointe d'union syndicale des magistrats. On les a beaucoup entendues, ces accusations de justice politique, notamment après la condamnation en première instance. Quand vous entendez Jean-Michel vous dire ça, comment vous réagissez
?
La question est compliquée. Mais ce qu'il faut bien entendre, c'est qu'une décision de justice, c'est une décision juridictionnelle qui dit le droit en fonction des lois qui sont votées par le Parlement. Mais cette décision juridictionnelle, donc qui dit le droit, elle peut avoir des conséquences politiques. Mais vous voyez, il
y a
une distinction à faire qui est importante entre dire d'une décision qu'elle est politique ou dire qu'elle est fondée sur le droit et qu'elle peut avoir des conséquences politiques. Et au fond, la question qui est posée, celle de l'inéligibilité, par exemple, c'est une question qui est légitime. Je ne dis pas qu
'il
n
'y a
pas un vrai débat à avoir là-dessus. La justice peut-elle prononcer une peine d'éligibilité ? C'est un débat qu'il faut avoir. Mais ce débat, il faut l'avoir au Parlement. Et il a déjà eu lieu au Parlement qui a voté, en ce qui concerne l'Assemblée nationale, à quasi-unanimité. C'est-à-dire que ça n'a pas fait débat au moment où cette loi a été votée. Ça n
'a
pas fait débat parce qu'on était dans un temps où la transparence dans la vie publique, où l'exigence d'honnêteté chez les représentants politiques était telle qu'elle a tout emporté. Donc, la justice, aujourd'hui, elle n'est pas intelligente ou stupide. Elle applique la loi. Stupide,
c'était
les termes de Jean-Michel.
Oui,
mais
c'est pour lui répondre. Mais je comprends qu'on puisse se poser ces questions et c'est légitime. Je ne
veux
pas éluder le débat. Mais au fond, la justice, aujourd'hui, elle est tenue par la loi. L'inéligibilité, par exemple, dans un certain nombre de cas,
elle
est automatique, automatiquement attachée à une condamnation.
L
'illusion de justice, je parle évidemment sous votre contrôle, monsieur le procureur, c'est quelque chose qui vient après des faits.
On
va juger, là, des faits qui ont naturellement une implication politique puisque si Marine Le Pen ne peut pas se présenter, il y a un effet sur les mois qui vont d'ici la présidentielle. Mais ce qui m'a stupéfié dans cette affaire, c'est qu'on a eu en première instance des gens qui ont témoigné à la barre et à qui j'en ai posé la question. Mais est-ce que vous pouvez nous expliquer exactement comment vous avez travaillé
au
Parlement européen puisque c'est la tâche qui vous a été assignée dans votre contrat et qui, bien souvent, fouillait à la fois sur l'identité du parlementaire européen pour qui il travaillait, sur leur présence, sur le rendu de leur travail ? En principe, quand on travaille dans ce type de job, on garde par précaution un minimum de traces écrites de ce que l'on fait. Et on a vu que certaines de ces personnes avaient bien du mal quand même à convaincre le tribunal de l'effectivité de leur travail. Pour le Parlement européen, il y a un préjudice puisque des gens ont été employés qui n'ont pas rendu le service que stipulait leur contrat de travail. Personne n'a dit
dans cette affaire qu'il y avait un préjudice.
Personne n'a dit qu'il y avait un enrichissement personnel. Personne n'a dit qu'il y avait un enrichissement personnel. Mais pour le Parlement européen, il y a bien évidemment un préjudice financier parce qu'il a déboursé des sommes que s'il avait eu connaissance des circonstances dans lesquelles travaillaient ces personnes, il n'aurait pas déboursé.