François Bayrou peut-il passer l’automne ?
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Questions et réponses
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- 1:34OuverteRéponse partielle
Jérôme Gage, est-ce que vous vous y attendiez ?
- 1:51FerméeRéponse partielle
Et vous allez la voter, alors, cette confiance ?
- 5:15OuverteRéponse directe
Et vous, Léonore Carrois, est-ce que c'est une bonne idée que ce soit votre Premier ministre ?
- 8:01OuverteRéponse directe
Olivier Bost, expliquez-nous ce que signifie ce vote de confiance.
- 9:17OuverteRéponse directe
C'est arithmétique, mais pourtant, il y a un petit espoir s'il ne l'aurait pas fait, Jean-Daniel Lévy. C'est un kit ou double ?
- 12:00RelanceRéponse partielle
Il fait tout à l'envers, mais ça n'a pas un peu de... Il aurait pu commencer par demander la confiance au moment de son discours de politique générale.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15PrésentateurFait
« François Bayrou n'entend pas se laisser déloger de Matignon sans rien faire. »
- 0:21PrésentateurFait
« Le Premier ministre prend les devants cet après-midi, il annonce qu'il convoque les députés le 8 septembre pour un vote de confiance. »
- 2:37InvitéFait
« On n'a jamais contesté l'ampleur de la gravité de la situation. »
- 2:40InvitéChiffre
« Sur les 44 milliards, il y a environ 30 milliards de baisse de la dépense. »
- 2:50InvitéFait
« C'est essentiellement moins pour les services publics, moins pour l'hôpital, pour les remboursements des patients, etc. »
- 3:04InvitéFait
« Quand on gèle le barème de l'impôt sur le CSG, et quand on prévoit deux jours de travail gratuits, c'est... »
- 4:45InvitéFait
« C'est une sorte de motion d'auto-censure de la part de François Bayrou, qui ressemble à une démission déguisée. »
- 5:24Locuteur 5Fait
« Il y a eu raison de rappeler le contexte international, mais surtout le contexte national. »
- 5:35Locuteur 5Fait
« La France sera bloquée, et non seulement qu'elle sera bloquée, mais que des formations politiques, la France insoumise pour ne pas les nommer, veulent que le pays soit totalement bloqué. »
- 6:09Locuteur 5Fait
« Le constat est qu'il faut réduire la dépense publique, qu'il faut réduire notre déficit, moi je vous fais des propositions. »
- 7:34Locuteur 5Fait
« Quand vous parlez avec des députés insoumis, ils vous diront, non, on peut continuer à dépenser indéfiniment, c'est au marché de s'adapter. »
- 8:50InvitéFait
« François Bayrou ne sera plus Premier ministre le 8 septembre. »
- 12:48InvitéChiffre
« On a fait bouger à hauteur de environ 11 milliards d'euros le budget tel qu'il était prévu. »
- 26:21InvitéFait
« qui puisse acquérir à lui tout seul une majorité. »
- 26:38InvitéFait
« j'ai voté pour lui les deux fois, précisément pour empêcher la victoire de Marine Le Pen. »
- 26:47InvitéFait
« Qu'est-ce qu'ils ont dit en juillet 2024 ? Ils ont donné une préférence, pas une majorité à la gauche. »
- 26:53InvitéFait
« face à la crise sociale, face à la crise environnementale correspondaient plus à leur attente. »
- 27:04InvitéFait
« il y a un front républicain qui a fonctionné pour éviter une majorité à Jordan Bardella. »
- 27:12InvitéPromesse
« je souhaite que ce soit un Premier ministre issu de la gauche qui soit capable de construire un gouvernement de front républicain. »
- 27:51InvitéFait
« Le pouvoir d'achat, la défense des services publics, l'hôpital, la sécurité sociale dont on fait les 80 ans, la crise écologique. »
- 29:32InvitéFait
« Moi, je le conteste et dans nos propositions, on a des mesures d'économie, mais à condition qu'elles ne pénalisent pas les classes populaires et les classes moyennes. »
- 29:48InvitéFait
« des exonérations de cotisations sociales, même quand la Cour des comptes s'interroge pour dire est-ce que c'est vraiment efficace d'exonérer de cotisations sociales autour de trois fois le SMIC. »
- 30:10Locuteur 5Fait
« Et là où je trouve qu'il y a quand même une forme de déni dans les propos qui sont tenus par la gauche de gouvernement. »
- 30:20Locuteur 5Fait
« il faut quand même redresser les comptes publics. »
- 30:41Locuteur 5Fait
« Il essaye d'instrumentaliser une colère citoyenne. »
- 33:42InvitéFait
« On a entendu Emmanuel Macron dire à des proches, on m'annonce à chaque fois depuis 8 ans une rentrée chaude. »
Temps de parole
- Invité29 %
- Locuteur 520 %
- Locuteur 817 %
- Présentateur15 %
- Invité 214 %
- ?4 %
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Jusqu
'à 20h, on refait le monde dans RTL Soir, avec Anne-Sophie Lapix. Première ligne, alors que beaucoup prédisent sa chute à l'automne, François Bayrou n'entend pas se laisser déloger de Matignon sans rien faire. Le Premier ministre prend les devants cet après-midi, il annonce qu'il convoque les députés le 8 septembre pour un vote de confiance, une manière de mettre les parlementaires face à leur responsabilité et de devancer la motion de censure promise par la France Insoumise pour le 23 septembre. Est-ce que ça peut marcher ? François Bayrou, passera-t-il l'automne ? On va en parler dans Refait le Monde avec nos invités.
Avec nous, Jean-Daniel Lévy, directeur délégué Harris Interactive, bonsoir. Hélène Carrois, bonsoir. Vous êtes député Renaissance des Français établis hors de France. Jérôme Gage, bonsoir. Vous êtes député PS de l'Essonne. Et puis Olivier Bost, chef du service politique de RTL. Bonsoir.
On
refait le monde dans RTL Soir.
Cette
clarification pour moi, elle est urgente.
C
'est la raison pour laquelle j'ai demandé au président de la République qu'il a accepté
de
convoquer le Parlement en session extraordinaire le lundi 8 septembre, dans 15 jours.
J
'engagerai ce jour-là la responsabilité du gouvernement sur une déclaration de politique générale conformément à l'article 49, alinéa 1er de notre Constitution. Surprise ! Tout le monde se demandait comment François Bayrou comptait se relancer, se défendre. S'il a donc choisi le vote de confiance dans deux semaines, le 8 septembre. Jérôme Gage, est-ce que vous vous y attendiez ?
Sincèrement, non. Je pense que c'est vrai. Il ne
faut
pas faire les marioles. On s'attendait à une sorte d'exercice, d'explication de la première salve de la présentation de son budget du 15 juillet. Bon, là, c
'est
un côté un peu tapis, quoi.
Et vous allez la voter, alors, cette confiance ?
Mais, vraiment, François Bayrou, il est assez fascinant parce qu'il fait tout à l'envers. C'est-à
-dire
qu'il propose,
là,
ce vote pour dire... C'est uniquement pour alerter les gens sur l'ampleur de la gravité de la situation. On n'a jamais contesté l'ampleur de la gravité de la situation. On était les premiers à dire qu'il y
a
un déficit des finances publiques, on est des gens sérieux budgétairement, on a un désaccord sur l'origine. Et donc, nous, on va formuler, on a commencé à le faire, des propositions. Donc, et au lieu d'ouvrir éventuellement la porte à... Essayons, une fois qu'on est d'accord sur la difficulté, de voir quelles sont les propositions qui sont sur la table, il fait le musée des horreurs le 15 juillet dans sa conférence de presse. C
'est
en mettant irritant sur irritant, avec un plan dont l'ampleur est à discuter, 44 milliards, et une répartition de cet effort qui est totalement déséquilibrée. Sur les 44 milliards,
il
y a environ 30 milliards de baisse de la dépense, et c'est essentiellement moins pour les services publics, moins pour l'hôpital, pour les remboursements des patients, etc. Et une augmentation des impôts, mais uniquement sur les ménages et sur les catégories populaires, parce que quand on gèle le barème de l'impôt sur le CSG, et quand on prévoit deux jours de travail gratuits, c'est... Donc vous votez contre ? Il fait le musée des horreurs, et après il vient dire « Non, non, mais attendez, vous n'avez pas bien compris, on est prêt à discuter de tout, enfin on n
'est
pas des perdres de l'année, on ne
peut
pas avoir quelqu'un qui aurait pu s'y prendre autrement. »
Il
aurait pu, vous savez, François Bayrou, il s'est imposé comme Premier ministre à Emmanuel Macron, il aurait pu imposer une méthode de centriste, en disant « Écoutez, je sais qu
'il
n
'y a
pas de majorité, donc je vais essayer de parlementariser, et là il redécouvre qu'il
y a
un parlement, et il dit « Je demande le vote de confiance. » Donc ce monsieur fait tout à
l
'envers, et on ne
va
pas tomber dans le panneau. C'est-à-dire ? C'est-à-dire que je veux bien que dans les 15 jours qui viennent, ils puissent dire « Non mais attendez, non seulement je recorrige totalement ma copie initiale, mais ce n
'est
pas ce qu
'il
a dit aujourd'hui. »
Aujourd
'hui, il a dit « Je vous demande de valider la dramatisation qui est légitime de la situation, mais aussi les orientations de réponse que j'ai proposées, parce que tous les signaux qui ont été envoyés dans la période, ça a été de dire « On ne fera pas contribuer les ménages les plus importants, on ne fera pas contribuer les hauts patrimoines,
on ne fera pas
contribuer les entreprises qui ont pu dégager des marges dans la période, on veut défendre les PME, les TPE.
» On va rentrer dans le
détail après, mais en l'état, vous votez
contre ? En
l'état actuel,
d
'abord, je vais vous dire un vrai scoop, nous on est une formation démocratique, collective, donc il y a un événement inédit, on va se réunir peut-être même dès ce soir, c'est le miracle de la
visio. Parce que les autres se sont déjà prononcés, les autres formations, LFI, les
écologistes et l
'URL
disent « On vote contre ». Je ne
suis
pas dans le réflexe pavlovien. Moi, la politique, j'essaye de la faire la tête froide, je suis un responsable,
je
suis un républicain, et donc je regarde les éléments. Mais avec ce que je vous ai dit, franchement, il fait tout. Vous savez, ce qu'il a fait aujourd'hui, je termine par là, c'est une sorte de motion d'auto-censure de la part de François Bayrou, qui ressemble à une démission déguisée, rappelée de la vertu, et du fait de dire « J'aurais tout essayé, je me sacrifie ». Bon,
ce
n
'est
pas à la hauteur d'un chemin qui aurait été différent, qui était de dire « Il n
'y a
pas de majorité à l'Assemblée, on cherche le compromis, on met les gens autour de la table, s'il faut bosser tout l'été ». Vous savez, nous,
on
l'avait fait la proposition, je termine vraiment par
là, de se réunir en session extraordinaire dès le mois
de septembre. On aurait pu se réunir dès le mois de septembre pour préparer le budget, et pas être dans le non-dit de ce qui s'est passé pendant
l'été.
Et Léonore Carrois, est-ce que c'est une bonne idée que c'est de votre Premier ministre ? Ça ne ressemble pas à un petit harakiri, en fait, ce soir ?
Il
y
a
eu raison de rappeler le contexte international, mais surtout le contexte national. Rappelons-nous que si on est tous là à faire une pré-rentrée, vraiment à la fin de l'été, c'est parce qu'on nous annonce que le 10 septembre, la France sera bloquée, et non seulement qu'elle sera bloquée, mais que des formations politiques, la France insoumise pour ne pas les nommer, veulent que le pays soit totalement bloqué, qu'il ne se passe plus rien, pour renverser le gouvernement, pour renverser le président, qui est une des obsessions de Jean-Luc Mélenchon, qui n'arrive pas à se faire élire président par les urnes, et qui donc essaye de le faire par la rue.
Et donc c'est en réponse à cette agitation, à ce mouvement, que François Bayrou refait une conférence de presse. Parce que rappelons qu'il avait quand même fait une conférence de presse avant l'été, en disant, voilà, le constat est qu'il faut réduire la dépense publique, qu'il faut réduire notre déficit, moi je vous fais des propositions. Et
là où je ne vous rejoins pas... Voilà, on n'a justement
pas très bien compris, Eleonore Carroin, vous êtes députée Renaissance, on n
'a
pas compris justement cette nouvelle conférence de presse. En fait, c'était juste pour mettre un petit coup de pression
et essayer d'éviter en fait la censure. S'il n'avait pas parlé dans le contexte actuel et que la pression était montée comme voulait le faire la France insoumise et certains de leurs alliés à gauche, les écologistes, certains du parti socialiste, on lui aurait reproché de ne pas s'être prononcé. S'il n'avait rien dit,
s
'il n'avait pas pendant tout l'été essayé d'expliquer son budget, les propositions qu'il fait.
J
'insiste sur ce mot, propositions, parce qu'il l'a redit aujourd'hui, il l'avait dit en juillet. Moi, je vous propose une formule. Cette formule, elle est modifiable, elle est amendable. Moi, j'espère que le Parlement va faire son travail et va faire des contre-propositions. Mais au lieu de quoi, je n'ai pas dit
que
ce soit votre cas, Jérôme Gage, mais au lieu de quoi, beaucoup de parlementaires ont dit qu
'on
ne va même pas commencer à débattre le jour de la rentrée, le 23 septembre, on va censurer. Alors, en réponse à cette situation-là, en réponse à cet ultimatum qui lui avait été posé, il propose de mettre chacun devant ses responsabilités d'une façon, j'en conviens parfaitement, assez inédite. Donc, c'est une bonne idée. Je n'ai pas dit que c'était une bonne idée, mais en tout cas, je comprends la nécessité qu'il avait de rappeler l'urgence de rétablir les comptes publics. Et d'ailleurs, ça ne fait pas l'unanimité. Quand vous parlez avec des députés insoumis, ils vous diront, non, on peut continuer à dépenser indéfiniment, c'est au marché de s'adapter.
Finalement, le poids de la dette, c'est une lubie. On peut y aller.
On sait que ce
n
'est
pas vraiment avec les députés LFI qui comptaient négocier
sur
ce budget. Mais
d'autres députés écolos, certains députés socialistes, ce n'était pas loin parce que finalement, c'est plus facile d'être dans une opposition qui ressemble à de l'obstruction plutôt que d'être force de proposition. Olivier Bost, expliquez-nous
ce que signifie ce vote de confiance. Comment ça va se passer
?
C'est très simple. Il y aura un discours de François Bayrou. Alors, moi, je pense qu'il y
a
un peu une dimension d'orgueil aussi de la part du Premier ministre. C'est-à-dire que je crois, je pense qu'il peut préférer tomber finalement sur un vote de confiance négatif après un discours qui sera un discours courageux sur la dette, etc. Plutôt que de tomber en ouverture de session de l'Assemblée nationale comme c'était prévu à la fin du mois de septembre ou au moment où le budget arrive sur une censure. On a déjà vécu ça. C'était avec Michel Barnier. C'est devenu presque banal. Je pense qu'il
y a
cette dimension-là. Après, c'est très simple. C'est à vote. C'est pour, contre, ne s'exprime pas. Et il faut qu'il
y ait
une majorité de pour. Là, si on fait des calculs extrêmement simples, c'est des additions, à cette heure, François Bayrou ne sera plus Premier ministre le 8 septembre. Tout simplement parce que si vous êtes de sionner les députés de la France Insoumise plus les députés du Rassemblement National plus les députés écologistes, il y en aura peut-être aussi quelques-uns d'autres groupes, peut-être des socialistes. C'est tout simplement impossible à contrer pour ce qui est aujourd'hui le camp présidentiel, y compris quand on ajoute les Républicains, si on rajoute quelques liottes, etc. Donc François Bayrou, son opération semble extrêmement mal partie.
C'est arithmétique, mais pourtant, il y a un petit espoir s'il ne l'aurait pas fait, Jean-Daniel Lévy. C'est un kit ou double ?
C'est un kit ou double ?
C
'est presque plus un kit avec un
kit.
Quand vous regardez, la politique, ce n'est pas de l'arithmétique, mais il s'avère que quand on est à l'Assemblée Nationale, on va être amené à être obligé de compter les voix de la part des uns et des autres. Et à l'heure actuelle,
il
y a un soutien à l'Assemblée Nationale, on le sait, depuis les dernières élections legislatives, qui est loin d'être majoritaire pour le Premier ministre.
Et
encore, il faudrait estimer qu'il y
aurait
la totalité de ceux qui constituent aujourd'hui le bloc majoritaire, qui votent la confiance à l'égard du président de
l
'Afrique, ce qui n'est pas
assuré.
Et quand on regarde aujourd'hui, oui, à l'égard du Premier ministre, ça n'est pas assuré. Donc on voit bien qu'il peut y avoir même au
sein des...
Il peut
y avoir des tiraillements,
il peut y avoir notamment des tiraillements de la part des élus LR, dont on voit bien qu'à certains égards, ils ne sont pas d'accord, qu'ils ont exprimé parfois des doutes, même d'ailleurs, sur un certain nombre d'orientation et que concernant même les deux jours fériés qui ne seraient pas, qui ne seraient plus fériés, des dissensions qui ont pu exister de la part de députés des Républicains. Et puis, il
y a
le deuxième aspect, chacun va aussi regarder un peu son électorat. Et vous le savez, vendredi dernier, nous avons réalisé une enquête pour RTL et on voyait bien que quand on posait la question, non pas uniquement aux Français, mais aux sympathisants des Républicains, on en avait un sur deux qui se déclarait favorable au fait qu'il y
ait
une motion de censure à l'Assemblée nationale contre François Bayon. Alors là, ce n
'est
pas le principe de la motion de censure, mais que même au cœur de l'électorat droite, l'idée de se dire qu'il fallait absolument au regard des conditions qui ont été proposées par le Premier ministre, maintenir la confiance à François Bayrou n'était pas assuré. Donc, cette dimension-là va jouer, plus probablement également la perspective du 10 septembre. Là, ça sera deux jours avant dans un contexte où on sait
qu'il y a une pression de pignons et potentiellement
un mouvement qui peut exister.
Est-ce qu'il y a d'autres premiers ministres par le passé qui ont utilisé cette carte-là ?
À ce niveau-là, non. En tout cas, déjà, rappelons-le, on est dans un contexte de constitution de l'Assemblée nationale qui est inédit sous la cinquième réplique. On a connu des périodes de cohabitation, on a connu des périodes où le bloc majoritaire était en cohérence avec le président de
l
'Aplique. Une Assemblée nationale qui était divisée en trois pôles qui étaient à peu près égaux, nous n'avons jamais connu ça. Tant et si bien qu'on voit bien que les premiers ministres qui par le passé ont demandé la confiance à l'égard du Parlement savaient qu'ils l'obtiendraient de manière nette. Donc, il n'y
avait
pas d'enjeu à ce moment-là, contrairement à ce qui va se passer le 8 septembre prochain. D'ailleurs, tous ces derniers
temps, depuis 2022,
il n'y a jamais eu aucun vote de confiance parce
qu'il n'y avait pas de majorité pour le faire.
Il fait tout à l'envers, mais ça n
'a
pas un peu de... Il
aurait pu commencer par demander la confiance au moment de son discours de politique générale.
Mais
vous ne lui reconnaissez pas une forme de courage quand même avec cette décision-là où ça n'a rien à voir, c'est juste une mesure de forme
? Est-ce que le courage, ça consiste à dire « j'ai raison tout seul » ? Voilà. Dans cette situation-là, il
y
a une pluralité. Moi, je ne prétends pas avoir raison tout seul. Dans le contexte, je dis si nous devons construire des compromis, et vous savez, nous, on l'a éprouvé. Je n'ai pas censuré
François
Bayrou
au moment du budget. Et je vais vous dire, j'ai parfois des regrets. Parce qu'une part...
Vraiment, l'idée, c'était que ça ne soit plus bloqué, en fait. Vous l'assumez.
L'idée,
c'était aussi d'avoir un budget moins pire que celui que Michel Barnier avait envisagé. Donc, c'est vrai qu'on a fait bouger à hauteur de environ 11 milliards d'euros le budget tel qu'il était prévu.
Pour
les concessions. Donc, il y
a
eu des concessions sonnantes et trébuchantes. Typiquement, par exemple, il n
'y a
pas eu les déremboursements. Si Barnier ou si avait toujours été là, il y aurait eu des déremboursements massifs des médicaments et des consultations médicales. On a empêché ça. On a empêché, à l'époque, le gel des pensions de retraite. Et un an après, le même Bayrou, il arrive et il repropose de manière indifférenciée le gel des pensions de retraite. Ce qui, concrètement, pèse sur le pouvoir d'achat des catégories populaires.
Quand vous avez
1000 euros de
pensions de retraite... Et contre
-temps, la situation s'est encore dégradée. D
'accord, mais sauf que... Et c'est ça, c'est là où c'est dramatique. C'est que, encore une fois, on peut chercher du compromis et lui, il est, j'ai raison tout seul, sur un point
majeur,
parce que le déficit et la dette, nous, on ne le conteste pas. Mais, par exemple, pour la sécurité sociale, mais c'est vrai aussi pour le budget de l'État, c'est essentiellement une crise des recettes. Et on a un Premier ministre qui nous dit je ne touche pas aux recettes. Je ne mets pas à contribution les exonérations de cotisations sociales qui ont été multipliées par deux depuis 2017. Il y avait 45 milliards d'exonérations de cotises, il y en a 91 milliards aujourd
'hui. C'est là qu'il
faut aller chercher, selon
vous.
On peut poser la question de savoir est-ce qu'elles sont toutes efficaces de rapport en
rapport. Vous dites que le Premier ministre, on sait que ce n
'est pas efficace.
Vous dites, il dit j'ai raison tout seul. Mais il vous a tendu la main. Il a dit je veux 43,8
milliards d'économie,
mais après on peut discuter
de la manière
de
faire. Vous avez
vu la manière. Il arrive et il fait ce que j'ai appelé tout à
l
'heure le musée des horreurs.
C
'est-à-dire, pas une seule proposition de recettes, ou alors les seules propositions de recettes, je le redis, sur les 44 milliards, il y avait 11 milliards d'augmentation d'impôt. 11 milliards, c'était quoi ?
C
'est quand vous gelez le barème de l'impôt sur le revenu ou celui sur la CSG, c'est la CSG progressive pour les retraités, vous faites rentrer des centaines de milliers de gens qui vont être assujettis à l'impôt. C'était estimé à 2,2 milliards d'augmentation d'impôt. Vous gelez les prestations sociales, c
'est
-à
-dire
pas d'augmentation des allocations familiales, pas de revalorisation des pensions de retraite, alors que les prix du gasoil, les prix de la nourriture, ça augmente, il y
a
de
l
'inflation, etc. Donc, on fait contribuer le plus grand nombre. Donc, le fait de refuser tout, d'emblée, enfin, d'emblée, il a fermé le rideau. Franchement, il aurait pu s'y prendre autrement.
Si le 15 juillet,
il avait dit je suis prêt à discuter comme
il le dit maintenant. Il l'a dit, je crois. Il l'a
dit, mais après avoir mis sur la table ces propositions, je ne
suis
pas, encore une fois,
je
ne
suis
pas un perdreau de l'année. Si la négociation, c'est de dire ah ben non, il n'y aura pas deux jours fériés mais qu'un seul. Non,
mais il faut bien qu'il y ait un
projet de base pour discuter.
Ce n
'est
pas
comme
ça.
Est-ce que
vous,
vous
vouliez proposer votre propre projet
le 7 septembre ? Nous, nous allons formuler nos
propositions qui sont sensiblement différentes qui notamment mettent à contribution ceux qui doivent participer de la solidarité nationale et notamment les hauts patrimoines,
les plus aisés, les entreprises
qui le peuvent.
Mais dans le budget qu'il propose, il est déjà en train de faire une concession qui est majeure.
C
'est-à-dire que, il faut quand même expliquer, on va continuer à dépenser plus que ce qu'on produit. En gros, pour un ménage, ça veut dire on est dans le rouge mais on continue à être dans le rouge. Mais on essaie juste d'être un tout petit peu moins que l'on ne
l
'a été jusqu'à présent. On n'est pas en train de faire une cure d'austérité comme vous en avez dans un certain nombre de pays.
Ce n'est pas le gain que j'ai utilisé
mais simplement
le fait
de ne mettre à contribution que les classes moyennes et les catégories populaires et à aucun
moment qui doit
payer la facture. Mais la question, c'est déjà par rapport au budget global, par rapport à ce qu'il est
en
train de nous proposer 43,8 milliards et pas 60 milliards ou 55 milliards. Il y a déjà une concession qui est faite. Et sur comment c'est réparti, il y a des propositions qui sont faites. Et il y a aussi des contributions pour les entreprises. Et moi, je pense qu'il faut arrêter de dire aux Français si on taxe uniquement les Français les plus riches et les entreprises, en plus, qu'est
-ce
que ça veut dire les entreprises ? Ou est-ce que vous mettez les
petits artisans, les indépendants, etc. On va
continuer cette discussion. Il
faut
arrêter de taxer les
Français
et vraiment arrêter un peu les dépenses publiques incontrôlées. On va
revenir dans un instant sur la situation du Premier ministre, sur les menaces qui pèsent sur sa rentrée, son projet de budget et qui le poussent à prendre son risque.
On
peut le dire. A tout de suite. Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL avec Anne-Sophie Lapix. RTL Soir, on refait le monde. Anne-Sophie Lapix. On refait le monde.
Et
alors que François Bayrou a annoncé qu'il allait présenter sa... Enfin, réclamer un vote de confiance aux députés le 8 septembre. On se demande si ça peut marcher, si François Bayrou passera l'automne et on le fait avec nos invités. Jean-Daniel Lévy, directeur délégué Harris Interactive, Eleonore Carrois, député Renaissance des Français établis hors de France, Jérôme Gage, député PS de l'Essonne et Olivier Bost, le chef du service politique de RTL. Eleonore Carrois, qu'est-ce que vous allez faire dans les deux prochaines semaines ? Qui devez-vous convaincre
? Alors,
dans la configuration actuelle, on n'est pas les porte-parole du gouvernement. Il faut quand même rappeler qu'on est dans un gouvernement qui est un gouvernement de compromis avec des ministres LR, des ministres qui sont des anciens socialistes, des ministres centristes. Donc moi, je ne
fais
pas le service après-vente du gouvernement. Je pense que ce qu'il faut,
c
'est rappeler à chacun la nécessité d'agir en responsabilité. Il n'y a pas, comme vous avez par exemple en Allemagne ou en Espagne, la possibilité de censurer en proposant une alternative. Je ne
dis
pas qu'aucune alternative n'est possible, mais quelle est l'alternative crédible dans la configuration actuelle de l'Assemblée nationale ? Comment est-ce qu'on recompose un gouvernement ? On se rappelle tous de la rentrée l'été dernier, du temps des semaines qu'on a mis à trouver d'abord le Premier ministre, ensuite les ministres d'État, ensuite les ministres délégués. On se rappelle de toutes ces semaines perdues pour notre pays qui a vraiment besoin d'avancer dans un contexte international que l'on connaît. Donc moi, j'en appelle à chacun, encore une fois, à sa responsabilité. Et je rappelle que voter la confiance dans ce contexte, ce n'est absolument pas donner une carte blanche.
Alors, justement, Olivier Bost, s'il tombe, François Bayrou, que se
passe
-t-il ?
En fait, ça nous reprojette neuf mois en arrière. C'est-à-dire qu'on retombe dans la situation, c'est exactement la même que lorsque Michel Barnier avait été censuré. C'est-à-dire que ça revient vers l'Élysée, vers le président de la République, qui doit de nouveau nommer et trouver surtout un Premier ministre pour mener les affaires et pour très vite s'occuper du budget. La dernière fois, lorsque ça s'était produit, avant la censure, on nous disait qu'il y allait avoir une catastrophe, etc. Là, il y a quand même un petit risque que prend François Bayrou, c'est qu'en jouant beaucoup sur le côté « nous sommes au bord de la falaise, il y
a
une crise financière qui nous attend, une crise de la dette, des taux d'intérêt qui peuvent monter si on ne fait rien, etc. » C'est que là, s'il tombe, il faudra voir quand même comment les marchés réagissent. Ça,
c
'est la première question. Après, ensuite, on nous avait quand même annoncé au moment de la censure de Michel Barnier toute une série d'horreurs et finalement, les Français n'ont rien vu.
C
'est-à-dire que concrètement, ça n'a pas changé grand-chose dans le quotidien. Il devait pleuvoir des grenouilles et puis finalement, on a attendu un nouveau Premier ministre. Ça a mis un peu de temps pour venir, comme à chaque fois avec Emmanuel Macron. Mais globalement,
on
se retrouve, globalement, si François Bayrou tombe, il n'y
a
plus de Premier ministre, il faut en trouver un nouveau. Après, il peut y avoir d'autres hypothèses, dissolution, etc. Je crois que, comme d'ailleurs même François Bayrou a ironisé sur la réflexion d'Emmanuel Macron, il a déjà essayé, ça n
'a
pas bien fonctionné.
Jean-Daniel Lévy, vous êtes directeur délégué à RIS Interactive. Est-ce que ça, les Français le redoutent ? Alors, je veux
dire,
la chute de François Bayrou, plus exactement, le désordre que ça peut susciter ? Pas vraiment.
Pas vraiment. Et ce qui est assez frappant, c'est qu'il peut y avoir un certain nombre de discours mythétiques qui peuvent exister. Il peut y avoir des interrogations concernant un budget qui n'a pas été voté. Et puis, une forme de dramatisation à leurs yeux qui leur apparaît comme étant décorrélée des conséquences concrètes auxquelles ils peuvent être confrontés. Est-ce que l'an dernier,
il
y avait une impatience après la dissolution qu'on puisse avoir un Premier ministre ici et maintenant en dehors de la paix de Jeux Olympiques ? Ce n'était pas vraiment ce qu'on ressentait d'un point de vue d'opinion.
On
avait l'impression que la France fonctionnait bien et qu'il n'y
avait
pas forcément de drame absolu. Est-ce que le fait qu
'il
n
'y ait
pas eu de budget qui a été voté avec des conséquences qui avaient parfois été présentées comme étant dramatiques en disant vous allez voir, les prestations sociales ne vont pas être versées, il va y avoir une difficulté à pouvoir payer les enseignants,
il
va y avoir une difficulté à pouvoir faire tourner les services publics ? Les Français, à tort ou à raison, ont
eu
le sentiment qu'on n'avait pas de Premier ministre, on n'avait pas de budget mais malgré tout, la vie ne changeait pas forcément fondamentalement du jour au lendemain.
Et là, on sera probablement exactement dans le même type de situation et d'ailleurs, dans l'enquête qu'on avait été amené à réaliser pour vous, on voyait bien que l'hypothèse qu'il puisse y avoir une forme de destitution ou une motion de censure qui était exprimée à l'égard de François Bayrou était soutenue de la part des deux tiers des Français, pratiquement, quelle que soit leur orientation politique confondue, hormis la moitié des sympathisants des Républicains et évidemment ceux qui se déclarent proches d'une formation qui va se revendiquer comme étant du macronisme. Donc, il n
'y
a pas cette forme de peur ou d'angoisse du vide, quand bien même on serait dans un pays politique du fait qu'il pourrait y avoir un nouveau Premier ministre ou surtout l'absence de Premier ministre pendant quelques jours ou quelques semaines.
En fait, le grand changement c'est que la situation politique revient à Emmanuel Macron et qu'Emmanuel Macron revient en première ligne et c'est à lui de trouver une solution.
Justement, Emmanuel Macron, il a apporté son soutien il y a très peu de temps à François Bayrou la semaine dernière. Apparemment, ils ont dîné ensemble jeudi soir, ils ont préparé cette intervention, cette conférence de presse. Mais qu'est-ce que ça signe ? Est-ce que c'est bon signe d'abord qu'Emmanuel Macron apporte
son soutien ? Dans l
'histoire des deux quinquennats, non, puisqu'on a vu par exemple qu'avant de se séparer d'Edouard Philippe, il avait pu en dire du bien. Donc, ce n
'est
pas du tout un signe qui veut dire qu'Emmanuel Macron ne veut pas se séparer de son Premier ministre. Cela dit, je pense quand même fondamentalement qu'Emmanuel Macron voudrait bien s'éviter une crise politique parce qu'il y a aussi toute une situation internationale au-delà de notre situation, la situation financière du pays. Il y a toute une situation internationale et même une situation politique française fragile qui n
'est
pas franchement le contexte idéal pour tomber en plus dans une crise politique.
Donc, vous croyez qu'il n
'a
pas vu venir cette chute de François Bayrou
et
l'honneur Carrois
?
Pour l'instant, on fait des pronostics sur la chute. On est en train de... On verra ce qui va se passer pendant les deux semaines. Mais, encore une fois, on a déjà vécu cette situation. Donc, on sait comment cela peut se passer. Moi, je suis en désaccord avec ce que vous dites sur le fait que c'est indifférent et quelque part indolore de ne pas avoir de gouvernement. Les Français sont quand même attachés à un exécutif qui ait des orientations claires.
D
'ailleurs, on a eu du mal à comprendre qu'on était dans un gouvernement de compromis. On continue à parler comme si on était dans une logique très binaire de majorité et d'opposition. Nous, on nous associe à toutes les décisions qui sont prises par le gouvernement alors même qu'on a des désaccords très profonds avec certains des ministres. Et on les entend.
Et on les entend.
Vous les exprimez. Mais je pense que c'est important de le dire et là où je trouverais dommage qu'on revienne exactement à la même situation qu'il y a un an, c'est que ça voudrait dire que le Parlement n'aura pas été en mesure de se saisir de cette opportunité que lui laissent nos institutions, que lui laissent la Ve République de véritablement bâtir des compromis. Et on a fait passer des textes à l'Assemblée et on a débattu et on a fait avancer des choses et ce n'est pas vrai qu'il ne s'est rien passé pendant les neuf derniers mois.
Et là, on a la possibilité de débattre d'un budget et vous pouvez très bien ne pas censurer, en tout cas, accorder cette confiance en disant ce n'est qu'une possibilité d'avancer. Ça ne veut pas dire qu'on vous donne un blanc-seing ou une carte blanche. Et moi, je pense que ça serait intelligent de le faire. Peut-être que sur un plan électoral, c'est plus facile d'être dans une opposition qui égale obstruction, qui est dans une surenchère parce que c'est ce que nous intiment Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Eux,
ils
ont des agendas qui sont différents. Mais si moi, j'étais dans un parti d'opposition qui se veut parti de gouvernement, je me saisirais de cette opportunité de réformer notre pays et de donner véritablement du poids au Parlement.
Alors,
attendez, si François Lavaillerou tombe, que se passe-t-il ? On vous pose la question juste
après la pause. Jérôme Guèche.
Jusqu'à 20h.
Anne-Sophie Lapix refait le monde sur RTL.
On
refait le monde jusqu'à 20h sur RTL.
Et
on refait le monde avec nos invités, Jean-Daniel Lévy, directeur délégué Harris Interactive, et Léonore Carrois, député Renaissance des Français établis hors de France, Jérôme Guèche, député PS de l'Essonne, et Olivier Boss, le chef du service politique de RTL. Et alors que François Bayrou a annoncé que le 8 septembre prochain, il soumettrait un vote de confiance aux députés, à l'Assemblée, on se pose la question. Et s'il chute, Jérôme Guèche, qu
'est
-ce qui va se passer ? Qu'est
-ce
que vous faites
? Le
président de la République doit nommer un Premier ministre. Et donc, moi, je l'invite à ne pas refaire la même erreur que celle qu'il a commise au lendemain de la dissolution. Puisque j'ai cru comprendre, mais il faut se méfier avec Emmanuel Macron que, comme il l
'a
dit, il a déjà essayé la dissolution, redissoude pour un résultat qui risque d'être à peu près analogue, c'est-à
-dire
la tripartition de la vie politique, avec peut-être même le risque, en l'occurrence, que le Rassemblement National puisse être majoritaire.
Donc,
il nomme
un représentant de la gauche
qui fait l'unanimité ?
Moi, vous savez, quand c'est compliqué, il faut en venir aux choses simples. La dissolution ? Non, ce qui est sacré, justement, parce qu'on écarte la dissolution compte tenu du risque d'avoir que ça produise le même résultat, c'est-à-dire qu'on est tripartition, pas de majorité, et que si d'aventure il devait y avoir une majorité, objectivement, mais je parle sous le couvert de M. Lévy, il y a plus de chances que ce soit le Rassemblement National qui puisse acquérir à lui tout seul une majorité. Donc, il
faut
revenir aux fondamentaux, c'est la dernière fois
Vous croyiez que c'était
important d'écouter le vote des Français, mais vous
ne voulez pas
l'entendre ? Si,
non,
mais
moi,
je
combats le Rassemblement National, donc je préfère éviter cette hypothèse, et je n
'ai
pas oublié qu'Emmanuel Macron, que ce
soit
en 2017 ou en 2022, j'ai voté pour lui les deux fois, précisément pour empêcher la victoire de Marine Le Pen. Donc, les fondamentaux auxquels je fais référence, c'est la dernière fois que les Français se sont exprimés. Qu'est-ce qu'ils ont dit en juillet 2024 ? Ils ont donné une préférence, pas une majorité à la gauche, considérant que les réponses qu'elles mettaient sur la table face à la crise sociale, face à la crise environnementale correspondaient plus à leur attente, donc ils leur ont donné une préférence, mais pas une majorité. Premier renseignement. Et le deuxième, il y
a
un front républicain qui a fonctionné pour éviter une majorité à Jordan Bardella, Premier ministre. Eh bien, il faut repartir sur ces deux éléments. Et donc moi, je souhaite que ce soit un Premier ministre issu de la gauche qui soit capable de construire un gouvernement de front républicain soutenu
avec
ou pas participation par une majorité à l'Assemblée nationale sur un programme de gouvernement. Ça,
c
'est une culture qu'on ne sait pas
faire. Vous reconnaissez qu'entre temps à gauche,
il s'est passé quelques petits épisodes douloureux entre les différentes formations.
Je ne vais
pas vous dire le contraire, je les ai vécues dans le cœur du rédacteur. Mais ça n'empêche pas qu'il y a des propositions que la gauche a mis dans le débat en 2024. On
reprend le programme
des dernières élections.
Non, on repart des sujets de préoccupation. Le pouvoir d'achat, la défense des services publics, l'hôpital, la sécurité sociale dont on
fait les 80 ans, la crise écologique. Mais il
faut aussi tenir compte du fait qu'il y aura besoin de ne pas être censuré par une majorité d'opposition à l'Assemblée nationale. C'est un gouvernement de front républicain. Dans votre raisonnement, vous faites totalement abstraction du fait que depuis juillet 2024, il y a quasiment un divorce avec la France insoumise. Peut-être qu'il y
a
la
possibilité
de construire... Il peut y avoir du soutien sans participation. Il
peut y
avoir du soutien
au cours de la France.
Jean-Luc Mélenchon, il veut une dissolution,
il
veut une démission d'Emmanuel Macron.
Il
n
'est
pas du tout
à chercher à faire un gouvernement. C'est là
qu'on a des différences
et
d'agenda et de culture de l'intérêt général.
Mais là, c'est dans 15 jours que ça se
passe.
C
'est pour ça qu'il faut quand même avoir
des solutions.
C'est la raison pour laquelle le drame,
c
'est que pendant toute cette période,
c
'est
pour
ça que je disais que François Bayrou, il est quand même mystérieux, ce garçon, parce qu'il s'impose comme Premier ministre et après, il n
'est
pas fidèle à ce qui était son ADN, qui était celui du centriste qui essaye de travailler avec tout le monde. Ce n
'est
pas ma tasse de thé, mais dans cette configuration-là, c'est peut-être la meilleure chose qu'il avait à faire. Même ça, il n
'a
pas cherché à le faire. Il a dit, je suis droit dans mes bottes et j'ai raison tout seul. Vous voulez un Premier
ministre
de gauche alors que vous avez une gauche qui s'est divisée en deux. C
'est
-à
-dire
que vous êtes encore moins nombreux quelque part à pouvoir être d'accord pour faire ce gouvernement que vous appelez de vos voeux. Donc ça n'existe
pas, votre solution.
D'accord, mais je ne dis pas qu'il faut trouver une solution par défaut, mais qui d'autre peut être en capacité de construire, je vous dis, ce gouvernement,
je
parle de front républicain, qui répond aux urgences sociales et aux urgences écologiques, qui règle la question des finances publiques dans un équilibre qui est celui, bien sûr, qu'il faut faire des économies. Moi, je le conteste et dans nos propositions,
on
a des mesures d'économie, mais à condition qu'elles ne pénalisent pas les classes populaires et les classes moyennes, mais qu'on assume et qu'on sorte, vous savez, du totem, ou plutôt du tabou chez Emmanuel Macron, c'est qu'on ne touche pas à sa politique économique. Voilà, il a eu raison depuis 2017 et donc, je reprends l'exemple des exonérations de cotisations sociales, même quand la Cour des comptes s'interroge pour dire est
-ce
que c'est vraiment efficace d'exonérer de cotisations sociales autour de trois fois le SMIC, eh bien, non, on dit, ah non, on ne touche pas à ça.
Et Léonore Carrois, vous savez ce qui va se passer si le gouvernement tombe ? Vous avez une autre solution
? Alors moi, je n
'ai
pas de boule de cristal.
Non, mais vous avez peut-être
une idée de ce qu'il faut faire. Mais on a tous vu ce qui s'était passé la dernière fois. Et là où je trouve qu'il y a quand même une forme de déni dans les propos qui sont tenus par la gauche de gouvernement, je vous appelais comme ça, c'est qu'en réalité, aujourd'hui, vous vous dites, il faut quand même redresser les comptes publics. Mais ce n
'est
pas du tout ce que dit la France Insoumise. Vous vous dites, il faut travailler, trouver des compromis. Ce n
'est
pas du tout ce que dit la France Insoumise. Jean-Luc Mélenchon, c'est très clair. Il a essayé d'être président de la République une fois, deux fois, trois fois, quatre fois. Il n'y
a
pas parvenu trois fois. Et aujourd'hui, il essaye de le faire par la rue. Il essaye d'instrumentaliser une colère citoyenne. Mais il fait quand même partie, il représente et il est le leader, disons, la personne qui va porter le groupe qui est majoritaire au sein de feu la NUPES, feu le NFP. Ou je ne
sais
pas si ça existe encore. Parfois, on se demande où est-ce que ça se situe. Donc, aujourd'hui, François Bayrou, il a essayé de faire un gouvernement de coalition. Rappelons-nous ce qui s'est passé il y
a
quelques mois. Ce n
'était
pas il y a si longtemps que ça. Il y a des socialistes qui ont été appelés au gouvernement. Ils ont refusé parce qu'ils ont préféré être dans l'opposition. Parce qu'encore une fois, c'est plus simple d'être dans l'opposition, de pouvoir dire on n
'est
pas d'accord,
vous demandez votre position, celle du patron du PS, Olivier Faure. Elle vient de sortir, c'est dans le monde. Il juge inimaginable que les socialistes votent la confiance à François Bayrou. Il n
'y a
pas encore eu de concertation mais lui, pour le coup, il se prononce déjà
et c'est patron du parti. C'est assez raccord avec ce que
je vous disais tout à l'heure.
C
'est-à
-dire
que...
Il y a une
abstention mais l'abstention, ça ne changerait pas grand-chose.
Non,
mais moi, je pense qu'il faut être clair.
Là,
vraiment,
soit il y a
un pari à nouveau qui est de dire et puis on vient avec une liste de propositions et François Bayrou renonce totalement au musée des horreurs que j'évoquais tout à l'heure et là, peut-être que ça vaut le coup de discuter mais chat et chaudé craint un peu l'eau froide et surtout, ce ne
sont
pas les signaux qu'il a envoyés. Mais donc, après, tout est possible. On est dans un moment assez stupéfiant de la vie politique. Il y a un élément qu'on n
'a
pas mentionné qui est que c'est le calendrier. choisir ce 8 septembre du jour avant l'annonce d'un mouvement où on ne sait pas exactement ce qu'il est mais en tous les cas, qui confirme, ne serait-ce que par l'intérêt qu'il peut avoir dans les discussions au boulot, en famille, etc., qui confirme qu'il y a un rejet massif de la politique proposée par Emmanuel Macron
et par
François Bayrou.
Et on va parler de ce
mouvement Bloquons Tout qui est suivi par la gauche. Ce sera dans un instant.
On
refait le monde dans RTL Soir
avec
Anne-Sophie Lapix.
Jusqu'à 20h,
on refait le monde dans RTL Soir avec Anne-Sophie Lapix.
Et
on refait le monde avec nos invités, Jean-Daniel Lévy, directeur délégué d'Arris Interactive, Jérôme Guetsch, député PS de l'Essonne, Éléonore Carrois, député Renaissance des Français établieurs de France et Olivier Bost, chef du service politique de RTL. Nous évoquions cette décision du Premier ministre de convoquer les députés le 8 septembre pour un vote de confiance. Mais le 8 septembre, c'est deux jours avant le 10 septembre. Olivier Bost, est-ce que vous pouvez nous parler de ce mouvement du 10 septembre, le mouvement Bloquons Tout ?
Écoutez, je peux vous parler de la façon dont l'exécutif, que ce soit à l'Elysée ou à Matignon, il est regardé. Jusque-là, il n
'y
avait pas d'énormes craintes, on va dire. On a entendu Emmanuel Macron dire à des proches, on m'annonce à chaque fois depuis 8 ans une rentrée chaude. Et puis, on a entendu même François Bayrou un peu ironiser dans des confidences aux Parisiens sur l'idée de tout bloquer alors que le pays est dans l'état dans lequel il est. Donc, il n
'y
avait pas de crainte. Cela dit, la date du 8 ne peut pas être un hasard. C'est évident que ça arrive deux jours avant et que c'est fait effectivement pour régler la situation politique avant ce mouvement. Et je pense que c'est important parce que ce
qu
'a appris je pense Emmanuel Macron des Gilets jaunes, c'est que les Gilets jaunes c
'est
d'abord une erreur politique. C'est-à-dire qu'il y a une grogne qui monte contre la taxe carbone et que la décision d'enlever et de revenir sur cette taxe carbone a été trop tardive.
C
'est-à-dire que les choses sont parties, le mouvement était parti, il est monté en flèche avec un énorme soutien des Français dès le début Jean-Daniel pourra nous le rappeler et après c'était extrêmement difficile à arrêter. Là au moins l'avantage d'avoir une clarification et François Bayrou a parlé cet après-midi d'une clarification nécessaire sur le débat mais ça permet aussi de clarifier la situation politique avant cette journée du 10 septembre et ça je pense que c'est important.
Jean-Daniel Lévy vous avez effectué le premier sondage sur le soutien à ce mouvement du 10 septembre ?
Oui avec plusieurs enseignements qu'on pouvait tirer notamment le fait que nous avions sensiblement les deux tiers des Français qui déclaraient qu'ils étaient d'accord avec le fait qu'il y ait ce mouvement de blocage qui s'opère mais malgré tout lorsqu'on compare notamment avec le mouvement des Gilets jaunes on voyait que le soutien était quand même moins important que quelques jours avant le début du mouvement des Gilets jaunes donc il y avait aussi derrière le côté de mode opératoire qui était proposé le fait de bloquer et de ne pas être uniquement sur un processus qui est un processus de mobilisation et d'expression à travers des manifestations une forme de légère réticence de la part de nos compatriotes alors on était à 20 jours donc les choses peuvent évoluer assez rapidement mais avec quand même un point qui est singulier c'est qu'il est rare qu'il y ait une mobilisation qui s'effectue uniquement sur des aspects relatifs
au
fait qu'il y ait un aspect budgétaire c'est que souvent les mobilisations peuvent avoir lieu soit parce qu'il y a une mesure qui ne convient pas soit parce qu'il
y a
une orientation soit parce qu'il
y a
une décision politique ça aurait pu
être les deux jours
fériés alors
là effectivement vous avez raison c'est que derrière cela c'est la question budgétaire mais derrière la question budgétaire il y avait la cristallisation autour des deux jours fériés dont on a vu dès le départ que les français étaient extrêmement critiques et dont on voyait dans le cadre de la dernière enquête que nous avions plus d'un français sur deux non pas qui était opposé mais qui était fermement opposé à la suppression de ces deux jours fériés avec toujours une dimension qui est structurante dans la cité française en disant ça n'est pas juste nous avons le sentiment en tant que salariés en tant que personnes qui sont issus des catégories populaires ou des classes moyennes de ne pas avoir contribué à la dette et au déficit et parfois avec un côté un peu de responsabilisation en disant c'est eux sont eux donc eux la classe politique eux qui sont au pouvoir depuis 50 ans qui ont fait en sorte que nous ayons cette dette et ces déficits ils n'ont pas su gérer convenablement l'état et là aujourd'hui ça n'est pas à nous petits citoyens entre guillemets à payer les effets de cette politique qui leur apparaissait comme étant indues
c'est une enquête effectuée pour RTL je précise Eléonore Carrois vous êtes députée Renaissance est-ce qu'il vous fait peur ce mouvement du 10 septembre
?
je ne pense pas qu'il faut le prendre comme cela je pense qu'il faut écouter cette colère et surtout écouter le fait qu'il y
a
beaucoup de messages qui s'expriment dans les mouvements préparatoires à ce mouvement du 10 septembre quand on regarde des groupes comme c'est Nicolas Kippé ou c'est Jolie Kippé ou autres ce sont des personnes qui ont l'impression que tout l'effort national toute la contribution repose sur eux à tort ou à raison alors que d'autres au contraire considèrent que l'Etat devrait faire davantage que la suppression des deux jours fériés est tout à fait inadmissible donc je pense qu'il
y a
un sentiment de ras-le-bol que l'on peut comprendre on est dans un climat qui est extrêmement difficile le Premier ministre l'a rappelé dans sa conférence de presse et le climat international est extrêmement grave on est aussi dans un contexte où nos amis d'hier comme les Etats-Unis nous lancent une guerre douanière et tarifaire et tout ça les Français le comprennent très bien et je pense qu'ils ont des idées très différentes de quelle est la solution mais en tout cas le responsable politique doit répondre doit nous écouter et écouter les Français évidemment que c
'est
la première chose que nous devons faire moi j'en veux beaucoup aux responsables politiques qui au lieu d'être dans une écoute dans un dialogue et force de proposition vont souffler sur ses braises et vont attiser cette colère peut-être
que
vous parlez des socialistes par exemple qui embrassent ce mouvement en fait qui vont se mobiliser également Jérôme Gage on s
'est
quand même posé des questions au début au Parti Socialiste je crois que François Hollande a exprimé ses doutes parce qu'on ne sait pas vraiment qui
est derrière ce mouvement parce qu'il y a
des origines qu'on dit complotistes à la base plutôt d'extrême droite même si aujourd'hui le RN par exemple ne compte pas s'y associer
non
mais vous l'avez dit je ne
sais
pas exactement ce que c'est mais en tous les cas ça participe de l'ambiance dans le pays que moi je vois à Massy ou Palaiso quand je discute avec les gens ça ne va pas pourquoi on est à ce point mis à contribution pourquoi on galère pour remplir le caddie et donc
que
ce soit le 10 septembre le 12 le 14 le 4 octobre par exemple il
y a
un grand mouvement de défense de la santé publique en France ça craque de partout donc
il
faut entendre ce que ça dit moi je ne
sais
pas quelles sont les revendications précises de ce mouvement du 10 septembre
pourtant votre
mouvement va l
'accompagner ce
qui a été dit c'est il y a une expression de colère et il faut la laisser s'exprimer dans le cadre républicain sans violence sans propos problématiques mais c'est vrai que quand je vois certains des mots d'ordre il y en
a
certains avec lesquels je peux être d'accord et puis il
y
en a d'autres très dégagistes des discours anti-parlementaristes c'est vraiment il y a beaucoup de choses là-dedans mais
si
le sujet c'est l'opposition à la politique économique et sociale menée par le gouvernement depuis des années j'ai toutes les raisons de soutenir ce mouvement-là ou en tous les cas de considérer qu'il est légitime qu'il puisse s'exprimer même si moi je suis un peu old school je suis un peu vintage donc je pense que c'est aux syndicats aux corps intermédiaires aux formations politiques mais voilà c'est aujourd'hui je ne sais pas ce qui va se passer le 10 septembre comme beaucoup de gens mais je suis sensible à l'expression de cette colère il faut qu'elle puisse être canalisée et surtout qu'on y apporte des réponses politiques c'est pour
ça
que je pense que le calendrier la coïncidence de calendrier n
'est
pas du tout fortuite
Olivier
Boste est-ce que la gauche joue avec le feu en s'associant à ce mouvement ?
Jean-Luc Mélenchon c'est sûr comme le rappelait François Bayrou cet après-midi il a théorisé la bordélisation c'était pas exactement le mot la conflictualisation mais ça veut dire la même chose sur tous les sujets l'objectif de Jean-Luc Mélenchon c'est effectivement d'avoir suffisamment de pagailles pour créer une crise politique bien plus profonde et pour ensuite amener à la démission ça a été prononcé par plusieurs responsables de la France insoumise ce week-end amener à la démission d'Emmanuel Macron c'est bien l'objectif de la France insoumise
pour l'heure ça ressemble plus à un départ de François Bayrou qu'à celui d'Emmanuel Macron
oui ça ressemble plus institutionnellement Jean-Daniel Lévy à un moment ou un autre l'exercice de clarification des raisons pour lesquelles il y a eu une dissolution n'a pas eu ses effets escomptés c'est une forme d'euphémisme même de dire cela de cette manière-là et qu'il y a un risque pour le président de la République qui est une pression de l'opinion en disant c'est à vous de trouver une solution d'une situation que vous avez créée et que vous avez généré et donc la pression sur le président de
la
République va effectivement être un peu plus forte d'autant plus que s'il y avait une solution évidente ou aisée qui apparaissait je pense qu'en une heure on l'aurait sorti et on l'aurait identifié donc il n
'y
a forcément que des mauvaises solutions qui peuvent être proposées par la suite si jamais le gouvernement de François Bayrou ne devait pas exister après le 8 septembre prochain et qu'il y
aura
à nouveau une pression sur le président de
la
République dans un contexte où qu'il plus est il commençait un peu à remonter d'un point de vue d'opinion notamment au regard de la stature qu'il pouvait avoir au niveau international et de la posture qu'il pouvait avoir face à Donald Trump au cours de la période récente mais
il
revient
au centre du jeu il revient au centre du jeu
merci beaucoup merci à tous les quatre d'être venus sur le plateau dont on refait le monde