Les secrets de Tiktok dévoilés par le député Arthur Delaporte
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
TikTok nous a menti. Les t-shirts pupu s'écoulé avant la commission d'enquête. Quand itens quitte la commission, bon ben moi je me dis pas que ça va faire le buzz que ça a fait.
J'ai reçu des centaines de mails de [musique] parents qui me remercient. Bonjour à toutes, bonjour à tous. Je suis Marie-Pierre Bourgeois.
Je suis journaliste politique à bfmtv.com. Bienvenue sur notre chaîne YouTube.
On reçoit aujourd'hui Arthur de la Porte. Arthur de la Porte, bonjour. Bonjour.
Arthur de la Porte, vous avez 34 ans, vous êtes député socialiste du Calvados. On vous connaît parce que vous avez fait rentrer le rappeur Booba à l'Assemblée nationale au moins symboliquement. Vous êtes aussi celui qui a présidé la commission d'enquête TikTok.
Vous avez auditionné des influenceurs connus. Je pense par exemple à Nasdas, à Alexis Chens, à Ad Laurent, à Manon et Julien Tanti. On va parler de tout ça ensemble aujourd'hui.
Mais peut-être et Hugo Décrypt aussi, vous avez tout à fait raison. Jean Macier, beaucoup de monde, vous avez raison de le dire. Moi la première question que j'ai c'est quand vous arrivez à l'Assemblée nationale en 2022 vous avez enseigné l'histoire à la facollaborateur de députés socialistes.
Vous auriez pu vous emparer de beaucoup beaucoup de sujets mais c'est sur les réseaux sociaux et les influenceurs que vous allez. Pourquoi ? En toute honnêteté c'est un peu le hasard qui a fait que j'ai commencé à m'intéresser à ce sujet-là.
Mais une fois que vous êtes identifié, vous avez aussi en fait un sentiment de responsabilité vis-à-vis de ceux qui vous ont dit "Enfin quelqu'un parle de nous, enfin quelqu'un parle des arnaques en ligne." Et donc bah c'est comme ça que j'ai commencé à creuser le c en fait. Il y avait une loi sur la fraude de compte personnel de formation.
Et moi quand j'arrive à l'Assemblée nationale, je vais à la commission des affaires sociales parce que je me dis que c'est là où ça va se jouer les choses qui concernent la vie des gens. La question des retraites, la question de l'assurance chômage, la question du travail. Enfin voilà, je je me mets sur ces sujets-là et un jour, il y a la loi sur le compte personnel de formation.
Alors, le compte personnel de formation, peut-être que des gens qui nous regardent ne savent pas ce que c'est. C'est un dispositif auquel vous avez accès quand vous êtes salarié. En fait, l'État abond d'un compte tous les ans, vous avez 500 € et vous pouvez avec ce compte-là avoir une formation.
Ça va du permis à des cours d'anglais, une formation pour devenir être soignant par exemple. Et il y a des influenceurs qui se sont mis à faire des arnaques en disant voilà, allez sur tel site pour dépenser votre compte personnel de formation. Vous allez sur ce site et vous tombiez sur absolument tout.
Ouais. sauf des organismes de formation pour apprendre un métier. Exactement.
Et donc du coup, c'est à partir de cette fraude au compte personnel de formation que j'ai commencé à m'intéresser aux influenceurs. Et je suis monté à la tribune de l'Assemblée nationale et j'ai dit classiquement, on dit "Merci madame la présidente, madame la ministre, madame la rapporteur, chers collègues, mes amours, je voudrais vous parler de fast formation, une formation 100 % gratuite financée par l'État et donc là je je dis mes amours comme enfin je veux dire pas ce que ça veut dire. C'était un petit clin d'œil à qui et bien en fait c'était une citation intégrale à part le début classique de Maeva Genam et donc voilà je fini je dis bah cette citation c'est Maeva Genam.
Bref mes bébés par rapport aux lois des influenceurs franchement c'est trop bien ce qu'ils ont fait et je mets cette vidéo un peu comme quelques interventions que je fais assez régulièrement sur mon compte je sais plus Instagram ou Twitter et là la vidéo s'envole. Ça ne marche pas. En général, quand je fais une vidéo, je fais 500 vues.
Non, je rigole. Mais voilà, les discours à l'assemblée, c'est pas toujours ce qui passionne. Voilà.
Et et là, le discours fait euh je sais plus 300000 vues, 400000 vues et vous évoquez Booba, Booba le retweet et donc je me retrouve à recevoir des signalements de gens qui me disent "Enfin, on parle des sujets de des arnaques des influenceurs à l'Assemblée nationale." Ça aurait pu s'arrêter là. Je rebondis sur Booba.
En fait, à l'automne 2022, Boobba, il se met à faire des postes et il dénonce ce qu'il appelle les influvleurs. Les influvoleurs, c'est une contraction de deux mots, influenceur et voleur. Il cite notamment Maeva Genham.
Maeva Genham, c'est une candidate de téléréalité qui s'est mis à avoir beaucoup beaucoup de succès sur les réseaux sociaux. Il également Magalie Barda et il les accuse en fait de chercher à arnaquer leurs followers avec des offres commerciales très douteuses. Et euh c'est un petit peu à ce moment-là que le sujet explose politiquement.
C'est pas du tout nouveau qu'il y a des influenceurs qui euh euh postent des choses qui peuvent tomber sous le coup de la loi, mais là avec Booba, ça prend vraiment une tournure très forte, c'est sûr. Alors, c'est pas nouveau, mais c'est pas non plus très ancien. Je veux dire, euh le le développement des arnaques et par les influenceurs, c'est 4 5 ans avant.
Donc, c'est pas non plus euh hyper ancien. Et c'est aussi le moment où se constituent des collectifs de victimes, des gens qui disent "Bah, moi, j'ai été arnaqué sur la pub au crypto et cetera." Et donc il y a aussi ce mouvement là d'une société civile qui s'organise et qui commence aussi à ben se dire comment on va transformer ça dans la loi.
Donc moi je me retrouve un peu au carrefour entre voilà cette société civile qui se mobilise une attente aussi plus largement du public de la régulation des réseaux sociaux parce que il y a aussi l'idée que c'est le Far West et donc je me retrouve invité notamment chez un youtubeur qui travaille sur ces sujets là qui s'appelle Samzira de des arnaques. En gros, il avait une rubrique qui était les placements déplacés, je crois, ou quelque chose comme ça, euh qui montrait un certain nombre de placements de produits problématique par des influenceurs. Et c'est à l'occasion de la préparation de cette interview que je regarde un peu le droit encadrant l'influence et que je me dis il y a rien, il y a pas grandchose.
On va reparler de Samira mais je voudrais revenir un instant sur Booba. Vous le disiez, Booba, il a libéré la parole. Il y a un peu des collectifs de victimes qui se sont montés en disant voilà, nous on n'osait pas forcément dire qu'on avait été victime, on avait peur de passer un peu pour des idiots et en fait on se rend compte qu'on est très nombreux avoir été arnaqué par ces influenceurs.
Est-ce que vous trouvez pas ça quand même un petit peu paradoxal que ce soit Booba qui mette le sujet sur la table sachant que lui-même est accusé de cyberharcèlement. Je rappelle qu'il est mis en examen pour cyberharcèlement sur la personne une ex-compagne de GIMS également pour Magalie Berda. C'est quelqu'un qui a un peu essayé de faire le gendarme et qui en même temps lui-même est sous le coup de procédure judiciaire.
C'est un petit peu paradoxal quand même. C'est un paradoxe. Moi j'en suis pas responsable et d'ailleurs j'ai jamais eu aucun contact direct avec Booba.
Enfin, moi vous az jamais eu de contact avec lui. Il vous a jamais appelé. Vous avez vous êtes jamais écrit sur Twitter.
Jamais il lui est arrivé de relayer certains de mes propos mais moi j'ai jamais relayé Booba par exemple parce que j'ai toujours considéré aussi bah que il avait ça part d'ombre. En tout cas, moi j'ai jamais cautionné les différentes formes de cyberharcèlement ou de d'insulte des uns et des autres sur les réseaux sociaux. Je pense que si on par si on plaide pour on va dire une régulation saine de l'espace numérique, il faut aussi être exemplaire et j'ai voilà, j'ai pas cherché à m'afficher avec lui ni d'ailleurs avec Magalie Berda même si ça fait des mois qu'elle veut que je vienne dans son émission sur Sud Radio.
Voilà, elle vous appelle souvent Magalie Berda. Elle aimerait bien que vous veniez. Du coup, Magalie Berda pour celles et ceux qui n'ont pas suivi, elle avait une agence d'influence en France qu'elle a fermé.
Elle a lancé une agence d'influence à l'international et maintenant elle fait de l'interview régulièrement. sur Sud Radio, elle essaie de recevoir des personnalités politiques. Ouais, moi ça me pose problème, on va dire que des personnes qui ont incarné aussi les dérives du système, l'absence de règles et cetera, bon cherch à s'en défendre mais soit aujourd'hui en train de chercher à faire le lien entre la politique et les influenceurs.
Voilà, moi ça me c'est pas dans la campagne de 2022, elle avait interviewé Ericoti. Elle avait déjà un intérêt pour la politique. Tout à fait et mais voilà, moi je considère que ça devrait pas être son rôle vu les fonctions qu'elle a eu et vu ce qu'elle a contribué à entretenir comme système de placement de produits problématiques.
Un deuxième sujet important pour vous après les influenceurs, c'est quand même très lié. Ça va être la commission d'enquête TikTok. Vous avez présidé cette commission d'enquête.
La commission d'enquête he c'est pas forcément un terme que tout le monde connaît, ça va être un groupe de députés ou de sénateurs qui vont se réunir pour travailler sur un sujet précis. En l'occurrence, ça va être TikTok. qui est la commission d'enquête, elle vous donne beaucoup de pouvoir.
Vous pouvez convoquer sur le papier qui vous le souhaitez et si la personne ne vient pas normalement elle risque une peine d'emprisonnement et une amende. Vous avez aussi ce qu'on appelle le pouvoir d'enquête sur pièce. Donc ça veut dire que vous pouvez par exemple aller dans un ministère, demander un document et vous êtes censé le récupérer.
Le but de cette commission d'enquête TikTok quand vous la lancez, ça va être vraiment de comprendre comment fonctionne TikTok, notamment avec son algorithme. un TikTok est très souvent accusé d'enfermer les gens dans des bulles, notamment des bulles assez sombres, que ça soit l'automutilation, que soit la question du suicide, la désinformation, la désinformation pardonnez-moi médicale et avec une grosse question, c'est que normalement TikTok n'est accessible qu'à partir de 13 ans et on se rend compte en fait que beaucoup de mineurs de moins de 13 ans parfois à partir de 8 ans y sont. Vous comment vous êtes organisé pour comprendre la réalité de TikTok ?
Est-ce que vous avez passé je sais pas toutes vos matines, vos soirées à regarder l'appli sur votre téléphone ? Est-ce que c'est vos collaborateurs des gens qui vous en ont parlé, peut-être des fonctionnaires de l'assemblée ? Comment est-ce qu'on se plonge un peu dans TikTok quand on a 34 ans aujourd'hui ?
Alors, comment est-ce qu'on se plonge dans TikTok ? Est-ce qu'on a envie de se plonger dans TikTok ? Parce que parfois, on n pas trop envie de mettre le nez dans On a pas forcément très envie de mettre le nez là-dedans.
Moi, je m'y suis plongé bah notamment au moment de la loi influenceur. D'accord. euh où euh j'ai commencé non ben j'avais déjà un compte TikTok en fait quand je suis devenu député, je me suis créé un compte TikTok pour diffuser des vidéos pédagogiques sur le fonctionnement de l'Assemblée nationale.
Mais euh ça restait une utilisation très euh très limitée. Moi, je commence à m'intéresser à TikTok au moment de la loi influenceur parce que il y a aussi un certain nombre des influenceurs problématiques sur euh Instagram qui basculent sur TikTok et qui déclenchent d'autres formes de monétisation. sur sur Instagram, leur principal source de revenu, c'était les placements de produits.
Et là, en fait, sur TikTok, il découvre quelque chose qui s'appelle le live. Et moi, je me souviens très bien que j'ai des influenceurs avec lesquels je discute au moment d'influenceur qui commence à me dire "Ah mais c'est trop bien maintenant, je vais sur TikTok et les gens me donnent de l'argent comme ça et tout." Je me dit "Comment ça les gens donnent de l'argent ?" "Ah ouais, hier soir j'ai gagné 1000 €." Je comment tu as gagné 1000 € ?
Et dis-moi ton secret. Et et donc en fait voilà, c'était les lives et donc je vais voir les lives et là mais je suis sidéré et donc ça a été comme ça que j'ai commencé à sidéré parce que sur quoi vous tombez ? Parce que les lives en fait c'est des gens qui sont là qui sont face à face et qui sont en train de enfin d'inciter leur communauté à leur donner toujours plus et qui se mettent à créer leur nom toujours plus dessous et cetera.
Et donc un moment je passe d'ailleurs le son d'un live TikTok dans la commission de enf pas dans la mais dans la les auditions qu'on a pour préparer la loi influenceur. Voilà, c'était déjà un des sujets que je travaillé et où c'est coco voilà et donc je sais plus si c'est Julien Tanti ou quoi qui est en train de de gueuler comme ça Coco Pops pour dire bah tiens CocoPops vient de lui donner je sais plus 200 300 € et donc voilà comment on a la création d'un sentiment d'appartenance à une communauté proche d'un influenceur, l'équipe, la team, enfin voilà, on l'appelle comme on veut. Euh et en fait euh bah c'est des relations parasociales qui génèrent des liens de dépendance et sentiment de proximité donne envie de donner influenceur et quitte à vous mettre peut-être dans une situation financière difficile.
Voà soit des témoignages de parents qui disent "Bah mon gamin est fan de tel influenceur et a utilisé ma carte bleue pour acheter des cadeaux pour donner à ses influenceurs et donc voilà qui vivent d'une forme de mendicité numérique pour boire d'une certaine manière. Et donc aujourd'hui euh bah je m'intéresse à ça enfin il y a il y a un an et demi et c'est ce qui me fait rencontrer aussi une avocate qui travaille sur ces sujets-là qui s'appelle Lord Bout Marian. Ouais.
Et qui est la grande spécialiste aujourd'hui du grand spécialiste, celle qui accompagne le collectif Algo Victima. Et donc je voilà, je commence à avoir aussi d'autres sujets qui sont pas simplement des sujets droits de la consommation, arnaque qui sont vraiment liés à la question des influenceurs, mais aussi des sujets algorithmes dark patterns. Donc voilà, comment on va enfermer les gens dans des conclusions.
Alors dark pattern, dark patterns, pardonnez-moi, c'est difficile à prononcer. C'est du coup tous ces contenus qui peuvent être difficiles à regarder, qui peuvent être de l'appel au suicide, à l'automutilation, des appels à l'anorexie. Voilà, voilà, des contenus qui peuvent rapidement tomber sous le coup de la loi et vous mettre dans une boucle assez sombre finalement.
Exactement. Et qui enferme. On a aussi un autre nom euh qui on dit terrier de lapin mais c'est rabbit. c'est le fait qu'on va enfermer en fait quelqu'un dans un flux de contenu similaire, notamment quand on est un peu triste et ben en fait on va être de plus en plus exposé à des contenus tristes.
Il suffit d'écouter par exemple une musique. J'étais là cette semaine dans un dans un lycée professionnel et donc du coup quand on a un chagrin d'amour par exemple, on va écouter un type de musique ou et voilà et on écoute cette musique et les filles me raconté que très rapidement bah on se retrouve enfin ce qu'on a vu sur la commission d'enquête TikTok hein mais voilà exposé à des contenus de plus en plus sombres qui vont jusqu'à l'incitation automation le suicide euh et donc voilà c'est extrêmement rapide euh Amnestie Internationale montrait que c'était en gros au bout d'une minute 30 ou 2 minutes de définement de contenu quand on avait autour de 14 16 ans. on pouvait se retrouver face à des vidéos terribles.
Donc voilà, un vrai sujet qui donne lieu donc à une proposition de résolution portée par une petite qui s'appelle Lor Mineur qui est membre du groupe Renaissance donc de la majorité présidentielle et quand on crée une commission d'enquête sa commission d'enquête elle est votée moi je la soutiens et bien il faut quelqu'un de l'opposition pour la présider donc c'est comme ça que je me présente pour présider ça que je suis le seul candidat mais aussi parce que bah j'ai dit voilà je suis candidat et ça m'intéresse. dans la continuité des travaux qu'on continua à mener avec Stéphane Vogeta sur la suite de la loi influenceur et donc ben voilà, on prolonge le travail avec cette commission d'enquête TikTok et moi ça me permet aussi ben de m'intéresser à un sujet qui est essentiel, c'est la protection de l'enfance. Donc vous allez avoir ce binôme l'or Miller député macroniste et vous-même président de la commission d'enquête.
Vous avez auditionné 170 personnes. Il y a des personnes très connues sur TikTok et plus largement sur les réseaux sociaux. On va en parler.
Alexis Chens, Adurent, Nasdas, le couple des comment choisissez ces gens-là ? Il y en a beaucoup quand même des gens qui qui ont beaucoup de followers sur les réseaux. Pourquoi cette personne-là et pas d'autres ?
Pourquoi ? Ben, en fait, on aurait pu auditionner 10000 personnes, sauf qu'on avait déjà euh 3 mois de temps d'enquête. Donc voilà, il fallait aller vite.
Vous avez une commission d'enquête, vous pouvez pas faire ça externellement. C'est très très borné. Ça dure 6 mois.
Et en fait, nous on n' pas voulu passer notre temps à auditionner des créateurs de contenu. On a consacré en gros trois après-midis euh à auditionner des créateurs de contenu. On a commencé par des créateurs de contenu notamment liés à la lutte contre la désinformation en santé.
D'accord. Des médecins, des sages-femmes. Enfin voilà.
Euh on a auditionné des créateurs de contenu plutôt à caractère euh informatif ou euh pédagogique. Donc euh monsieur le chat, prof de physique chimie, Hugo Descrypte, grande bavardeuse qui était une influenceuse qui faisait plutôt des contenus d'opinion. Ouais.
Euh et puis derrière euh une après-midi consacrée à une réflexion plus large sur la question des dérives. Et donc on a sélectionner quatre influenceurs symboliques de différentes enfin cinq influenceurs symbolique de différents types de dérives. Euh voilà qui nous avaient par ailleurs été remonté à la fois par les personnes qu'on avait auditionné au préalable, je vais revenir quand même faut pas l'oublier. et aussi par une grande consultation citoyenne qu'on avait faite, on a eu plus de 30000 réponses et où c'était des gens en fait vous avez fait et on avait dit quels sont les influenceurs qui produisent des contenus qui vous ont choqué.
Voilà et donc on avait ces noms-là aussi qui étaient remontés euh ou qui vous paraissent problématique au regard du droit. Et donc là voilà, c'est des noms qu'on nous a remonté, remonté plein d'autres, je sais pas, on avait peut-être une centaine de noms ou 150 noms qui remontaient assez fréquemment. Et voilà, parmi ceux qui remontaient beaucoup, bah on a essayé de cibler notamment sur un des sujets qui nous avait été beaucoup signalés, le masculinisme euh sur des sujet aussi bah de d'accès à la pornographie qui nous avait été aussi remonté pour les mineurs sur des sujets aussi d'exposition des mineurs par les parents d'influenceurs.
Et là en l'occurrence les tantis, on les a aussi questionné sur la manière dont ils exposaient leurs propres enfants. Sachant que on avait aussi fait une audition sur les arnaques et que Julien Tanti avait été aussi pointé du doigt pour un certain nombre d'arnaques. Donc ça nous permettait par exemple avec les enti de cibler plusieurs choses à la fois l'exposition des enfants en dehors du cadre légal, les arnaques, le masculinisme, l'accès à la pornographie et puis derrière pour Nasdas le fait aussi qu'il est mineur, qu'il soit exposé dans des lives qui dont l'image soit monétisée et cetera.
Donc voilà, c'était différents types de dérives, mais faut savoir que le but de la commission d'enquête de sur TikTok, c'était pas spécifiquement de cibler entre guillemets les influenceurs. L'objectif c'était vraiment d'abord de s'intéresser au modèle économique, algorithmique et comment la plateforme mettait en danger les personnes. Donc, on a commencé d'abord par auditionner aussi des spécialistes des usages des réseaux sociaux, euh l'ACNIL, des sociologues, des économistes.
Après, on a additionné des psychologues, des psychiatres, des juristes, des parents, les victimes, des associations. Donc, vous l'avez dit, voilà, plus de 170 personnes, on s'est rendu à Bruxelles pour rencontrer ceux qui enquêtent aujourd'hui sur TikTok et à la fin bah on a auditionné les protagonistes même et je pense qu'il aurait été critiqué de faire une commission d'enquête sur TikTok sans s'intéresser et sans donner la parole au producteurs de contenu dans leur pluralité. Le problème, c'est qu'on a retenu essentiellement ce qui a fait le buzz et le clash, c'est-à-dire l'audition des influenceurs plus problématiques.
Alors, on va regarder plusieurs de ces extraits. Je précise que vous pouvez retrouver tous les témoignages des gens qui ont envie de vous alerter sur certains influenceurs sur le site de l'Assemblée nationale. On va écouter ensemble plusieurs témoignages d'influenceurs qui ont été auditionnés par la commission d'enquête.
Je vous propose une première vidéo. Il s'agit d'Alex Itchens. Alexis Chens pour celles et ceux qui ne le connaissent pas, c'est un influenceur masculiniste.
Euh, il y a deux vidéos qui ont beaucoup choqué qui avaient été notamment pointé du doigt par Aurore Berger qui est ministre des légales égalité hommes-femmes. Il y a une première vidéo où il explique que les femmes seules non, je cite rien à faire dans la rue après 22h et il y a une seconde vidéo. Il incite également les hommes à fouiller dans le téléphone de leur compagne si elles ne veulent pas forcément leur donner.
Vous, on va regarder une vidéo, vous l'interrogez sur ses propos en lui disant "C'est quand même un petit peu étrange les propos que vous tenez. Je vous propose qu'on écoute. Je parlais du fait que dans ce monde, dans ce monde qui est dur, que fait une femme dehors après 22h ?
Et je poursuivais ensuite, il est préférable de sortir avec une amie ou avec deux amis ou avec un homme. Vous, vous avez pris 10 secondes de vos propos, vous l'avez isolé et vous venez de me le balancer à la gueule. C'est problème de balance à la gueule.
Excusez-moi mais vous prenez son téléphone, c'est le refuse. C'est une fin de fin de relation. C'est pas moins problématique euh sur TikTok et dans sur YouTube les conditions.
Excusez-moi, je vais finir. Laissez-moi finir s'il vous plaît. Vous changer de sujet.
Je vous demande de me laisser finir. C'est moi qui mène l'audition. Je suis le président de la commission d'enquête.
Je vous demande de me laisser finir. Non, je vous lis. Je suis président.
Excusez-moi, excusez-moi. On va couper le son de monsieur, s'il vous plaît, si vous continuez. Voilà.
Donc, je finis ma je finis mon propos, s'il vous plaît. Je vous disais au revoir monsieur. Bonne journée.
Je je finis mon propos. Bon, donc il est 16h24, l'audience est suspendue. Le temps de reconacter monsieur pour l'informer queon peut pas quitter une audition sans qu'on lui ait suggéré.
Au revoir monsieur. Bonne journée. C'est comme ça que ça finit.
C'est quand même une drôle de façon de finir une audition devant une commission d'enquête. Il a ensuite précisé en privé Alexinchen, Alexis Chens qu'il reviendrait seulement s'il était convoqué par voie d'issier. Il n'est pas revenu devant la commission d'enquête.
Comment est-ce que c'est possible que ça se passe comme ça ? C'est une obligation de venir devant une commission d'enquête. Si vous ne venez pas, vous risquez 2 ans de peine d'emprisonnement. 7500 € d'amende, c'est quand même extrêmement étrange cette séquence.
C'est une séquence qui est ahurissante, mais vraiment ahurissante. Et surtout, en fait, ben une commission d'enquête, c'est on pose les questions euh et puis ben en fait les personnes en face, elles répondent. Hm hm.
Et là bah il était comme s'il était dans un match dans une discussion. Parfois il peut avoir il ch des vidéos avec des femmes avec lesquelles il cherch àer mais voilà il est dans un rapport de confrontation et de tac au tac. Sauf qu'en fait c'est pas comme ça que ça se passe.
Nous on pose une question et il doit nous répondre. Il a il doit garder un un vocabulaire un peu soutenu. Enfin là il dit voilà il vous foutez de ma gueule.
Je sais plus comment il le dit. Enfin voilà. Bon donc c'est vrai que c'est un peu agaçant mais face à ça voilà.
Moi, j'ai essayé de garder mon calme et de lu rappeler que bah notre rôle c'est de contenir le débat et d'essayer de le cadrer. C'est ça le rôle du président. C'est pour ça je dis pourquoi vous lu avez pas demandé de venir en personne à l'Assemblée nationale ?
Pour tout vous dire, on l'avait convoqué en physiquement, d'accord ? Euh et comme on avait convoqué tout le monde par principe physiquement. Sauf que par exemple les tent ils étaient à Dubaïme on allait pas payer le voyage des tent pour les avoir pendant une demi-heure.
Donc moi ça me pose pas de problème d'avoir des personnes en viso. Et d'ailleurs pendant cette commission d'enquête, on a eu énormément de gens qui ont témoigné en viso, soit des médecins entre deux consultations et cetera parce que évidemment que ça fait pas le même rapport en visio le matin euh alors qu'il nous avait dit qu'il serait physiquement, il nous dit il nous dit que finalement il a un empêchement euh donc globalement qu'il est à l'étranger. Enfin voilà, c'est pas très clair. vous nous euh vous nous enverrez un justificatif de votre absence entre guillemets qui fait que vous pouvez pas être présent physiquement et là je se pose la question de savoir si on le reprogramme mais le problème c'est qu'on arrive à la fin de la commission d'enquête donc ça veut dire on l'a pas du tout ou est-ce que on bascule en visio que c'était un peu pied aller entre guillemets.
Voilà et donc pour moi c'était un pallé et puis c'était en fait moi je pensais pas que ça se passerait comme ça donc je penserais qu'on aurait voilà on comprendrait le modèle économique. Moi ce qui m'intéressait c'est et d'ailleurs on a compris les choses quand même malgré tout dans le dans les 20 premières minutes de l'audition on a compris qu'il avait un système pyramidal de compte que son enjeu c'était de vendre de la formation que les revenus de TikTok étaient moins importants on va dire que d'autres sources de revenus qu'il avait délégué la gestion de son image à des sous-comptes qui maîtrisaient plus ou moins. Voilà.
Donc ça c'était aussi intéressant de comprendre ce système donc voilà ça nous a apporté des choses mais c'est vrai que ce moment-là c'est le moment où ça bascule où on part sur la question du sexisme et du masculinisme et où il est dans le déni total. Il veut pas vous répondre. Il veut pas répondre.
Juste pour préciser, moi j'ai vu récemment une autre de ses vidéos où il explique que aucune de ses ex n'a jamais porté plainte contre lui parce que le conseil qu'il donne aux hommes, c'est dès qu'il se mettent en couple avec quelqu'un d'avoir une vidéo intime des femmes pour pouvoir avoir un moyen de pression sur elle le jour où elle voudrait se plaindre pour des violences ou du harcèlement ou quoi. Donc ça c'est ça le masculinisme. C'est précise que ce genre de pratique tombe sur coup de la loi et sur coup de la loi. et en fait de l'incitation au harcèlement et cetera, au revenge porn, enfin c'est évidemment totalement illégal.
Et donc lui, il donne ce type de conseil là et en particulier donne ce type de conseil là à des jeunes qui vont le suivre. Et donc vous quand on vous a expliqué ça, vous avez fait un signalement auprès du procureur de Paris parce que c'est interdit ce genre de pression. Non mais évidemment que moi je signale le plus possible les contenus que je vois. et lui a fait une espèce de truc procédural quand je l'ai rappelé, je lui ai dit "Écoutez, vous venez de vous vous déconnecter de la commission si vous revenez pas, il peut y avoir des conséquences judiciaires." Il dit "Bah, vous m'enverrez une convocation jussier, votre convocation était illégale parce que je l'ai reçu que par en fait." Non, à partir du moment où il a reçu, bah, il s'est rien passé.
On verra, on verra, on verra. C'est-à-dire vous vous on verra si la justice sanctionne ce type de comportement. Moi ce que je constate c'est qu'il arrêé vous avez fait un signalement auprès du procureur pour dire qu'il avait pas respecté du coup son obligation.
Il a arrêté en tout cas de vendre des offres de formation. Donc, il est possible qu'il y ait aujourd'hui une investigation qui soit menée. Moi, je connais pas le détail de procédures judiciaires, mais voilà, c'est possible puisqu'il n'a pas respecté la loi et qu'il s'est soustrait euh à ses à ses obligations et notamment qu'il a pas respecté euh l'ordonnance qui prévoit en 1958 que les personnes qui sont devant une commission d'enquête prête serment déjà prêté serment de manière un peu particulière.
Donc prêter serment, ça veut dire vous voilà vous êtes obligé de dire la vérité devant leur ne peuvent pas s'y soustraire. Voilà. Et là, il s'est manifestement soustrait en cours d'une audition à une audition qui n'était pas finie.
Je précise qu'Alexis Chens a toujours son compte aujourd'hui sur TikTok. Je vous propose dans même s'il a été suspendu pendant quelques heures, il a été suspendu et il est revenu. Et oui.
Et qu'est-ce qui s'est passé ? On a reçu les auditions, les dirigeants de TikTok, on leur a dit "C'est scandaleux, comment ça se fait que ces comptes sont encore là ?" On posera la question à la patronne de TikTok Europe cet après-midi s'ils sont toujours là. le midi, ils avaient fait le ménage.
Donc l'après-midi, on a dit bon ben voilà, vous avez fait le ménage. Euh et le lendemain, il avait obtenu de remettre en ligne un certain nombre de ses comptes. Euh bon, moi j'attends encore hein, mais j'espère que il y aura peut-être un jour une condamnation et que ça permettra aussi voilà de supprimer ces différents comptes.
Donc concrètement, si je comprends ce que vous me dites, TikTok suspend un compte qui peut tomber sous le coup de la loi quelques heures avant de venir devant les députés. Puis il se trouve que quelques jours plus tard Magie c'est revenu. Donc concrètement TikTok n'a pas du tout envie de faire le ménage et laisse ses comptes prospérer.
Ils se sont un peu moqué de nous ça c'est certain. Ils se sont moqués de vous vous diriz TikTok. Ah moi je pense je pense que ils ont compris queon allait pas les lâcher l'après-midi si il laissait ses comptes.
Et donc du coup ils ont suspendu pour que voilà la présidente enfin la responsable de TikTok Europe puisse dire bah vous voyez on fait de la modération on fait le job entre guillemets. On fait on fait le job. Bon on y reviendra mais c'est très relatif.
Voilà. Euh on a on éétait pas dupe hein, mais voilà, ils ont fait ça aussi pour ça, pour pouvoir avoir un argument disant "Bah, quand on nous signale des choses, on agit euh vous voyez bien." Puis derrière euh une fois qu'ils étaient partis euh ils ont mis les choses en ligne.
Alors ça tombe très bien parce que c'est le deuxème extrait qu'on va regarder. C'est celui d'Adé Laurent. Adé Laurent, pour celles et ceux qui ne le connaissent pas, c'est un acteur pornographique.
Il a été pointé du doigt par Aurore Berger pour des contenus qu'elle appelle misogyne et sexis. notamment une vidéo qu'on a beaucoup vu où on le voit faire des squats. Vous savez des squats, c'est des exercices de sport pour travailler les cuisses et les fesses où on le voit avec une femme en fait sur les épaules à la place d'une barre de fer pour faire travailler les jambes.
Donc vous l'avez euh auditionné, je précise que son compte a lui aussi été suspendu et qu'il est à nouveau aujourd'hui en ligne. Je vous propose qu'on écoute un extrait de son audition. Voici quelques chansons accessibles en libre accès sans conditions d'âge.
Michel Sardou dans les villes de grande solitude. J'ai envie de violer des femmes, de les forcer à m'admirer, envie de boire toutes leurs larmes. Bruno Mars dans Runaway Baby.
Tellement de jeunes lapines pleines d'envie que j'aimerais choper. Mais même si elles me mange dans la main, il n'y a qu'une seule carotte et elles vont toutes devoir partager. Aurelsan dans sa chanson, excusez-moi du terme, sale sur YouTube, donc sans limite d'âge.
Tu es juste bonne à te faire péter le rectum. Même si tu disais des trucs intelligents, tu aurais l'air conne. Je veux que tu tombes enceinte et que tu perdes l'enfant.
Tu es juste un une d'avaleuse de sabre, une sale catin, un sale tapin. Je crois qu'on Non, mais je crois qu'on a compris. Continuer la liste.
Mais on n'est pas en train de faire l'audition de Relsan. Je sais. Donc je précise que c'est vous hein qui dites merci Ad Laurent, on n'est pas en train de faire l'audition d'Aurelsan.
En fait, je la trouve très intéressante cette vidéo parce que ce qu'il explique Ad Laurent qui arrive très bien préparé hein, le monsieur à côté de lui, c'est son avocat, ce qu'il explique, c'est qu'on trouve euh des contenus sexistes qui pourraent être probablement pénalement répréhensibles partout sur internet. Là, on comprend qu'il cite des chansons qu'on peut trouver sur YouTube. YouTube, c'est accessible sans limite d'âge.
Donc, il sous-entend, voilà, vous venez m'embêter sur cette histoire de limite d'âge de 13 ans sur TikTok. Je ne suis pas à titre personnel responsable alors qu'en plus on trouve des contenus misogynes et sexistes partout ailleurs sur la toile. Il marque un point quand même quand il vous dit ça à D Laurent.
Deux choses. La première c'est que je pense pas que aujourd'hui dans la société de 2025 les chansons de Sardou seraient possibles de la même manière. Je crois qu'il y a une évolution de la société notamment une plus forte sensibilité au sexisme.
Je rappelle aussi que les propos de Salute avaient aussi choqué à au moment où ils sont sortis. à l'époque Rolan é au début de sa carrière, il se faisait beaucoup de festivals et plusieurs festivals n'avaient pas voulu l'accueillir avec cette chou. Il y a plusieurs problèmes parce que là on voit une stratégie euh rétorique, on écoute le truc, on se dit très bien.
Premier problème, c'est la mise sur équivalence de différentes périodes temporelles. Euh donc les son Michel 70 euh Michel Sardou c'est il y a 45 50 ans euh même bientôt 55. Ouais.
Voilà. Bon bref, mais et deuxième sujet, mise sur plan de la liberté d'expression artistique et de la liberté d'expression de n'importe qui entre guillemets. Et aujourd'hui, en fait, une œuvre d'art peut être entendue aussi comme une œuvre à caractère fictionnel.
Et donc ce sujet-là de l'œuvre de fiction, des propos fictionnels permet aussi une plus grande tolérance sur un certain nombre d'expressions. Et d'ailleurs, c'est ce que dit Aurelsan quand il se défend, il dit "Mais c'est pas moi qui parle, c'est un personnage qui parle." Voilà.
Et je crois que ça si on avait pu débattre et j'aurais pu rentrer dans le jeu en discutant ça et vous avez pas souhaité le faire ? J'ai pas souhaité le faire parce que c'était pas le sujet et qu'en fait lui il cherchait à détourner tout comme chas cherchait à détourner à dire "Oui mais vous remettez pas ça dans le contexte et cetera." C'est pas vrai.
En fait ça vous a surpris qu' des Laurent viennent aussi bien préparer. On va regarder un autre extrait juste après. Mais moi j'ai le souvenir que quelques minutes avant son audition il y a une une équipe de télévision qui est là pour le suivre.
Il vient avec son avocat. Il est très préparé. C'est très précis ce qu'il vous dit.
Il s'exprime très bien. On sent he qu'il a bossé son édition avant de venir. Vous vous attend ça a pas été le cas de tout le monde ?
Je pense à Julien et Manon Tanti euh qui ont un petit peu de mal à se défendre devant vous. Il est très préparé. Ça vous a étonné ?
Non, ça m'étonne pas plus que ça euh parce que en fait il a des intérêts dans des sociétés ou enfin voilà, il a il est je pense qu'il est bien accompagné aussi parce qu'il y a des intérêts économiques et un accompagnement plus important. Voilà. Donc il a dû avoir un bon bon avocat qui l'a qui l'a bien aidé.
Donc je sais pas comment ça s'est passé qu'il a mis en lien mais voilà c'est comme ça hein. C'était pas un procès, je tiens à le dire. Donc pourquoi c'est pas un procès ?
C'est que nous on n pas de pouvoir. Vous faites bien de le prer parce que lui a eu l'impression, il l'a dit à plusieurs reprises, j'ai l'impression là qu'on me qu'on m'oblige à justifier toutes les dérives de TikTok. Moi je suis pas le patron de TikTok France.
C'est une stratégie argumentaire. Euh et donc lui, il arrive en disant dès le début, alors même qu'on a posé aucune question, ça n'est pas un procès. Mais en fait, moi j'ai jamais dit que c'était un procès.
J'ai toujours dit qu'on était là pour comprendre. Et d'ailleurs en fait, le seul qui peut avoir des conséquences judiciaires suite à son audition, c'est pas Adé Laurent, c'est celui qui est parti parce qu'il n'a pas respecté en fait la procédure. C'est Alex.
Il y a aussi des conséquences judiciaires si vous mentez sous serment une commission d'enquête. Mais en fait, nous on était pas là justement pour les punir. On est là pour comprendre et pour se dire quels sont les enjeux de régulation.
Et donc du coup de savoir que par exemple, il ne maîtrisait pas bien le cadre juridique des lives. Il a dit les lives je sais plus comment sont pas accessibles au mineurs. Bah si en fait les lives sont accessibles au mineurs, sauf s'ils activent la fonction pour empêcher les mineurs d'avoir accès au live.
Et bien manifestement, nous on a compris que Ad Laurent même s'il était très bien préparé, ne faisait pas l'effort même de dire que les mineurs ne peuvent pas accéder au live que je fais. On a aussi compris qu'il y avait une forme de légèreté dans la manière dont il traitait les publics mineurs puisqu'il a dit "Ah bah tiens, ma fille de 13 ans, elle pourrait très bien avoir envie que je lui raconte mon dernier voyage en Thaïland." Thailand, bah ça tombe très bien.
Je voulais vous montrer cet extrait. En décembre, je suis allé en Thaïlande. Je sais pas, peut-être que ça vous fait rigoler.
Moi, ça m'a fait beaucoup rire et ça a fait rire beaucoup de gens. En étant créateur de contenu pour adultes, j'ai visité un espace où il y avait des éléphants. Donc, j'ai pris une vidéo avec un éléphant et j'ai dit "hm, un concurrent sérieux avec la métaphore de la trompe." Voilà, ça vous fait rire, monsieur ?
C'est marrant mais je peux comprendre que des gens Je peux comprendre que des gens n'apprécient pas. Encore une fois, je faisais du basket. Je faisais du basket.
On vise le trou au bon endroit, au bon moment et toujours avec respect. Mépus, je faisais des shoots à trois points et j'ai mis en commentaire "On vise le trou avec respect." Donc un majeur peut sûrement rigoler comme monsieur et un mineur va voir un mec tout simplement qui joue au basket.
Je propose qu'on s'arrête là. Euh cet extrait là avec l'éléphant et le panier de basket, ça a fait des millions de vues sur le TikTok d'AD Laurent, également sur sa chaîne YouTube. Est-ce que vous lui faites pas une énorme pub en l'auditionnant comme ça en fait ?
Bon, alors moi je vais vous dire et donc je précise que le il a vendu après sur son sur sa boutique un t-shirt avec une trompe d'éléphant. Oui. Bah, il aurait pu vendre d'autres t-shirts et il les aurait quand même vendu.
Les t-shirts pupuus s'écoulent avant la commission d'enquête pour gagner de l'argent, faire des pranks ou quoi que ce soit. Donc en fait, c'est c'est juste que la commission d'enquête a été un terrain de jeu parmi d'autres pour ces influenceurs où ils ont cherché aussi euh à ne pas respecter les codes on va dire de classique des auditions parce que là en fait même s'il a l'air préparé avec sa chemise et cetera, il présente bien, on va dire. Voilà, il un peu rapidement.
Voilà, on sent qu'il s'est préparé, il cherche quand même à le clash en fait. Ils ils sont venus, ils ont tous cherché à créer des moments de clou en tout cas des moments dissonnants par rapport à ce qui est censé être une audition. En tout cas, ils comprennent très bien qu'ils pourront se servir de ça à leur profit.
Voilà. Et en fait, moi, au moment où on les auditionne, je n'imagine absolument pas ça. Vous l'aviez pas vous l'aviez pas du tout en tête vous ça ?
Non, non, je l'avais pas en tête. Je me disais, il y aura peut-être un intérêt médiatique pour l'audition. D'accord.
Mais je pensais qu'il y en aurait autant pour l'audition des victimes alors que ça n'a absolument pas été le cas. Autant pour l'audition de TikTok et autant par exemple pour l'audition d'Hugo Descrypt qui est objectivement beaucoup plus suivie encore que tous les autres. Est-ce que c'est pas un peu naïf ?
Vous êtes quand même avec des influenceurs qui gagnent leur vie avec les réseaux sociaux. Évidemment que ça leur intérêt de trouver des vidéos qui vont marcher et intéresser. Oui, mais sauf qu'en fait moi je pensais pas qu'ils auraient cette attitude de défiance.
Je pensais qu'ils auraient aussi une forme de respect pour la représentation nationale et qui viendrai bah un peu plus dans dans ce qu'on fait les tantis. c'est dire bah on vient, on répond, on essaie de enfin voilà et ça n'a pas été le cas objectivement et moi je peut-être que c'était une forme de naïveté. Quoi qu'il en soit derrière ils ont aussi fait contribuer à mettre en lumière la commission d'enquête.
Peut-être que aujourd'hui s'il y avait pas eu ces auditions, on n'urait pas consacré votre émission à la commission d'enquête. Je pensais qu'il y aurait de l'écho mais plus large et pas spécifique sur des vidéos de buzz et cetera. quand quitte la commission, bon ben moi je me dis pas que ça va faire le buzz que ça a fait euh sinon enfin je veux dire voilà on est on n pas là dans l'anticipation parce que nous on n'est pas là à l'Assemblée nationale en train de chercher à créer des moments de clash, on est là en train d'essayer d'avoir une discussion et si on regarde ces auditions euh qui durent 3 4 heur euh bah on voit bien que c'est des questions qui se posent sur le temps long.
Donc moi je je suis là, je me dis quelles sont les questions qu'on avait à poser ? Euh passer la parole aux collègues, essayer de faire avancer l'audition. C'est ça notre objectif en fait, c'est d'avoir des réponses sur le modèle économique, d'avoir des réponses sur est-ce qu'il se sentent responsable ou pas.
Bon là, vous voyez, vous mettez l'histoire de l'éléphant, vous voyez, vous mettez un des exemples de détournement. Moi, je l'avais même pas vu. Enfin, vous dites "Ça a fait des millions de vues.
Euh vous vous me la montrez là, moi je la découvre." Donc enfin voilà, nous on n'était pas du tout en recherche ça. Si j'avais vu qu'il avait fait un t-shirt sur l'éléphant.
Je l'avais lu dans un article de journal. Mais bon, est-ce que vous feriez les choses différemment aujourd'hui maintenant vous avez un petit peu compris la logique des influenceurs ? Pas sûr.
Enfin peut-être, mais je j'en sais rien en fait. J'avais déjà compris la logique des influenceurs. C'est pas la première fois que je rencontrais des influenceurs.
J'avais déjà rencontré des influenceurs extrêmement suivis, je veux dire, par plusieurs plusieurs millions de personnes. Et donc ça peut-être que c'est aussi parce que ils sont venus et qu'on avait estimé qu'ils étaient particulièrement problématiques. Mais vous voyez les tentis, ils ont jamais cherché à en faire euh un business ou enfin voilà, ils ont voilà, je dirais même Nasdas, il a pas totalement cherché à à en faire ça. juste ben voilà ceux qui ont une communauté soit sexiste, soit masculiniste, enfin voilà qui qui font profession de ça où là il y a eu un truc je voudrais vous partager quand même un commentaire d'un député LR Raphaël Chelen Berger qui était membre de la commission d'enquête alors qu' a perdu législative en 2024 mais Raphaël Chelen Berger vous me regardez bizarrement je dis une bêtise.
Non non mais si mais il était pas dans ma commission d'enquête à moi. Non il était pas dans votre commission d'enquête. Non non mais mais qui a suivi ?
Vous avez raison Raphael Chemerg a suivi de près les travaux de votre commission mais était pas membre de la commission d'enquête. Vous avez raison de le dire. Il m'a dit quelque chose qui m'a frappé.
Il m'a dit "Ça veut dire qu'il y a toute une génération d'adolescents qui aura découvert le travail des députés par des vidéos qui nous humilient nous à l'Assemblée nationale." Qu'est-ce que vous lui répondez à Raphaël Shan Berger quand vous entendez ça ? Je lui réponds que bah il faut mieux pas parler de l'Assemblée nationale.
Vous voyez, ce matin, moi j'étais avec une maman euh qui m'a dit que avec ça euh elle avait parler de l'Assemblée nationale euh avec son enfant, des réseaux sociaux que en fait ça a été une porte d'entrée et un sujet de discussion dans les cours de récré et en fait ça a mis aussi euh ces questionsl bah dans l'espace public. On a parlé de Nasdas et en fait ça a fait débat et moi je trouve ça bien aussi que les jeunes dans les cours d'école ils aient débattus et c'est un peu naïf de dire que par contre les jeunes ont découvert enfin ils ont pas découvert Adé Laurent avec la commission d'enquête, ils ont pas découvert Hens avec la commission d'enquête, ils ont pas découvert la pornographie avec la commission d'enquête et donc moi je me dis est-ce que c'est mieux qu'il se disent à l'Assemblée nationale on s'intéresse à ces sujets et je peux vous dire que j'ai reçu des centaines de mails de parents qui me remercient que aujourd'hui quand je vais dans les écoles ou dans les collèges, ça me donne un support justement de discussion euh qui permet de rendre extrêmement concret les choses et de parler plus largement des risques liés aux réseaux sociaux. Et donc objectivement, on n' pas créé le masculinisme avec cette commission d'enquête.
Par contre, on a mis le masculinisme comme un sujet public avec cette commission d'enquête. Donc si je traduis, vous assumez, vous dites "C'est presque un peu un dégât collatéral si on a fait de la pub en plus à ces gens." Mais en fait vous avez raison, on les découvre pas mais un peu plus de pub.
Ces gens n'ont pas besoin de nous pour avoir de la pub, mais ils enfin je veux dire, ils avaient pas besoin de moi pour gagner de l'argent. Euh Julien Tanti gagnait plusieurs euh dizaines de milliers d'euros par semaine. Euh NASDAQ il gagnait plusieurs centaines de milliers d'euros par euh par mois.
Enfin, je veux dire, nous c'était aussi intéressant puisque ces gens-là prêté sous serment qui nous parlent de leurs ressources, leurs revenus. Nasda il a fait semblant d'être choqué. Alors que c'est quand même derrière tout ça, derrière tout ce système de choc, de prank comme on dit, donc de canular drôle et cetera, bien en fait c'est d'abord un objectif économique et je pense qu'il faut aussi remettre ça dans un contexte.
Et si on a parlé de la commission d'enquête TikTok, et ben j'ai envie de dire tant mieux. Voilà, ils nous ont fait de la pub. Peut-être que la commission leur a fait de la pub.
Nous c'était pas intentionnel mais eux nous ont fait de la pub et je pense pas non plus que c'était intentionnel. Je vous propose qu'on regarde un extrait de NASDAS. Vousz combien par mois en moyenne ?
Je sais pas. En ordre de grandeur. Vous avez une idée un peu là ?
B après c'est un chiffre d'affaires. Ouais. Ouais.
C'est c'est ça vient pas dans ma poche mais en CA en chiffre d'affaires on est à des centaines de milliers d'euros. Des centaines ? Ouais.
Quelques quelques centaines. Ouais. De Et vous ?
Moi euh ben le salaire net d'un député euh après un pause, c'est à peu près 5000 €. Ouais. Et j'ai vu à l'extérieur que j'étais étonné, vous avez des chauffeurs.
Alors c'est des chauffeurs partagés, il y en a une dizaine pour toute l'assemblée. Ce qui m'a frappé en fait dans cet extrait, c'est que demander à un député combien il gagne, c'est très légitime. D'ailleurs, c'est une information publique hein, on trouve sur le site de l'Assemblée nationale, mais on a presque l'impression que c'est vous qui vous faites auditionner par les influenceurs.
Est-ce que là avec cette séquence avec Nas, vous êtes dit là, je me sens instrumentalisé, on est un peu piégé par les influenceurs. Attention. Non, mais vous voyez bien euh le problème c'est que là on on commence à se dire c'est la dernière audition de la journée.
Et là je commence à voir euh avoir des retours parce que nous quand on mène l'audition, on suit pas forcément le truc mais on a fait une pause de 5 minutes et on me dit bah il y a euh je sais pas euh 50000 personnes qui suivent en live cette commission d'enquête ou tu mets un peu de l'armoire là. Non, mais je me dis euh bon bah tiens, il y a un intérêt. Donc aussi, il faut faire un travail de pédagogie parce que les gens qui regardent ça ne regardent pas forcément euh l'assemblée de manière générale.
Donc il faut aussi éviter de laisser à penser que lui il gagne plusieurs centaines de milliers d'euros par mois et que nous aussi on gagnerait plusieurs centaines de milliers d'euros et qu'on met les choses sur équivalence. Voilà. Et donc soit je quand il me dit euh je gagne plusieurs centaines de milliers d'euros par mois et vous je dis bah euh ça vous regarde pas.
Mais c'est tout àfin alors cette question est légitime, elle est publique par ailleurs députés. Et donc en fait, c'est pour ça que je réponds le plus rapidement possible pour couper cours, passer à autre chose, pour passer à autre chose et revenir sur le sujet du modèle économique. Et après lui, il se rend compte qu'il a pas réussi à me déstabiliser parce que j'ai répondu et que il y a pas de problème à être transparent là-dessus parce que c'est une information publique.
Et derrière il se dit "Ah bah mince, ça a pas marché donc je vais reposer un truc sur ah bah vous avez quand même des moyens de mesurer, vous avez des chauffeurs. N'importe quoi, on n pas chaque député n'a pas un chauffeur. Enfin faut arrêter aussi de pou de chauffeur va être pour tous les députés, il y a un pool de chauffeur. 15 chauffeurs affectés à l'Assemblée nationale 577 députés plus les vice-présidents qui voilà font des gros horaires et la présidente de l'Assemblée nationale et et les président de commission.
En gros, cet extraitlà va tourner mais parce qu'on en a fait un extrait. Mais au moment où je le fais, moi je me dis bon euh question réponse pédagogique, on coupe, question réponse pédagogique où on évite la désinformation, on coupe euh et on revient sur je pense que après je dis mais bon revenons au sujet, c'est tout à fait. Euh et donc ben voilà, le sujet c'est lui comme quand l'autre me sort du Sardou.
H Laurent vous dit Michel Sard aussi chante des chansons et et donc en fait euh mon mon rôle moi c'est d'essayer de cadrer les débats d'éviter justement que eux qui cherchent à détourner le sujet à créer un sujet dans le sujet ben puissent avoir raison. Sauf que quand on regarde juste cet extrait là ben d'une certaine manière ça leur donne raison. Mais moi je me dis aussi ça a été une porte d'entrée sur l'ensemble des auditions.
Enfin vous avez trouvé c'est c'est mar parce que j'ai déjà trouvé dans un autre article mais vous avez quelqu'un qui est pas réélu député qui est pas content qui est un peu critique sur l'Assemblée nationale et la politique spectacle. Bon bah j'ai envie de dire en fait viens faire ça et regarde regarde comment tu t'en sortirais si c'était toi qui présidait cette commission d'enquête. Ça était difficile pour vous ces ces auditions comme ça.
On vient un peu vous chercher et on sent bien peut-être peut-être les peut-être que les tiktqueurs ils se disent "Il va s'énerver, il va sortir un peu de son rôle, je vais le faire sortir de ses gons." Vous avez eu l'impression que c un petit peu ça que certains cherchaient. Je pense qu'il cherchaient à nous déstabiliser très clairement pour retourner le truc.
Après moi j'ai pas l'impression de m'être énervé en fait. J'essayie de rester calme, flegmatique et d'ailleurs de manière générale les gens ont dit "Ah super, tuas je sais pas comment tu as gardé ton calme passer les gens." Bon euh mais parce qu'en fait notre rôle nous c'était d'essayer de faire avancer l'audition.
Enfin vraiment moi mon quand je fais cette audition, je me dis l'objectif c'est comment j'arrive à poser les questions qu'on doit poser, c'est-à-dire modèle économique, quel sentiment ils ont de responsabilité vis-à-vis des jeunes, comment est-ce qu'ils essaient de les protéger, enfin voilà de de ramener le sujet sur la commission d'enquête, comment est-ce qu'il voit aussi le modèle de TikTok et tous nous disent les réseaux sociaux sont dangereux, ça on l'a pas retenu. Je ne conseillerai pas au jeunes d'y aller quel qu'il soit alors même que ils en vivent en vivent et que voilà terrible là-dedans, c'est queils disent "Ah ben c'est dangereux, je conseillerai pas aux jeunes d'aller dessus, si j'étais jeune, je ferai pas ça." Et en même temps, bah en fait voilà, c'est leur business model.
Dans la commission d'enquête TikTok, on a aussi entendu les représentants de TikTok. Leur parole, elle est très très rare, hein. Vous les avez interrogé notamment sur le fait que sur le papier TikTok est censé être interdit au moins de 13 ans.
En réalité, ça se passe pas du tout comme ça. Je vous propose qu'on écoute Nikisou. Elle all est en charge de la sécurité juridique chez TikTok.
Je précise qu'elle parle en anglais et que donc la voix qu'on entend au-udessus c'est celle de la traductrice. Au cours de l'année dernière, les nombres de comptes de moins de de gens de moins de 13 ans pour la France était de 642000 donc juste pour la France et nous avons publié aussi des chiffres pour le monde et ça correspond à 6 millions par mois dans le monde aujourd'hui que il y a environ 800000 enfants par classe d'âge que à l'âge de 11 ans vous avez environ 50 % d'une classe d'âge qui est inscrite, ça fait à peu près 400000 comptes multiplié par 3 ans, hein. Voilà, ça veut dire qu'il y a environ 1 million de comptes de moins de 13 ans aujourd'hui présents sur TikTok et que vous n'avez pas que vous n'identifiez pas forcément.
En fait voilà, l'assurance de l'âge, ça c'est quelque chose qui est un problème dans le monde et nous continue à chercher des solutions pour apporter de la sécurité. Ça n'est pas quelque chose qui est une question de classe d'âge. C'est un processus, c'est un un un problème qui est général.
Il n'y a pas vraiment de solution définitive. On regarde les choses chaque jour et il y a une solution à trouver à chaque Alors, je traduis. Vous avez donc une représentante TikTok.
Vous lui dites, il y a des millions de jeunes en dessous de 13 ans qui sont sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok. Elle vous dit "Bah oui, c'est vrai, je cite, il n'y a pas de solution définitive. L'assurance de l'âge, c'est quelque chose qui a un problème.
Donc vous avez une dame de TikTok qui reconnaît publiquement devant une commission d'enquête qu'elle arrive pas du tout à faire respecter euh les textes. Elle le dit calmement, il ne va rien se passer après quand vous avez quand même quelqu'un qui vous dit ça membre de TikTok et ce que vous dites pas il y a quand même un problème là et nous on est totalement impuissant sur ce sujet. Il est quand même très frappant.
Alors elle le dit avec des mots très très feutrés. C'est quand même grave ce qu'elle vous dit. Il se passe pas rien puisque à la fin de la commission d'enquête, moi je saisis le parquet de Paris euh parce que TikTok nous a menti et TikTok n'a pas tout mis en œuvre pour empêcher les mineurs en particulier d'avoir accès à des contenus qui les mènent pour certains jusqu'au suicide.
Et donc à partir du moment où la plateforme savait qu'il y avait des problèmes présence de mineurs, il y avait des problèmes d'exposition des mineurs à des contenus qui ont un impact sur la santé mentale, alors derrière il y a une responsabilité de la plateforme. Donc c'est pour ça moi que j'ai saisi le parquet de Paris et que aujourd'hui et donc il y a une enquête qui est ouverte le Tribunal judiciaire de Paris a annoncé l'ouverture voilà d'une enquête préliminaire sur TikTok. Donc du coup pour moi, il y a déjà un sujet là-dessus de suite de cette commission. qui n'est pas une Est-ce que vous comprenez qu'on permet un réseau social qui vous dit oui oui il y a bien du coup des mineurs alors on comprend que c'est 8 9 10 ans peut-être même plus jeune mais et et que ce réseau social puisse tourner on va on va parler après éventuellement des solutions.
C'est quand même très particulier comme façon de faire. On parle de TikTok et on parle de tous les réseaux sociaux parce que finalement euh quels que soient les réseaux sociaux qu'on a auditionné, ils ont la même chose. C'est-à-dire que à partir du moment où il y a pas une vérification de l'âge a priori parce qu'elle n'est pas imposée et qu'il n'y a pas de mécanisme efficace de vérification d'âge, les plateformes ne peuvent pas assurer cette vérification.
Pour être précis aujourd'hui TikTok, ils peuvent vérifier votre âge s'il y a un signement précis qui est fait et donc c'est toujours à postériori. Il vérifie à postériori et il vérifie avec des méthodes qui sont pas précises. Oui.
Et qui sont très faciles en fait à détourner voir reconnaissance faciale ou des choses comme ça. Et donc oui faut demander à un adulte de certifier machin. Euh mais j'en dis sur mes calculs, il y a 2/3 des mineurs qui ont menti sur leur âge et qui sont plus âgés, qui sont pas mineurs.
En fait, vous identifiez, je sais plus, genre 4 millions de mineurs et en fait il y en a 10 quoi. Enfin, je je dis ça de mémoire. Euh et il y a eu une enquête qui a été menée notamment par l'ARCOM, donc l'autorité de régulation des télécom maintenant euh 3 mois et ils ont démontré en effet qu'il y avait 23 des mineurs qui avaient menti euh sur leur âge.
Et quand moi je vais dans une classe encore cette semaine, euh je demande qui a son vrai âge sur les réseaux, c'est au maximum 1/3 de la classe. Donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on a un problème de la classe qui sur et donc du coup qui sont avec des contenus majeurs et donc qui se retrouvent notamment sur des contenus même si Adé Laurent avait appuyé sur le bouton interdire au mineur mon live, il aurait quand même eu des murs exactement.
Je vous propose un dernier extrait. Vous avez auditionné des familles de victimes. Là on va voir la mère de Marie.
Marie c'est une jeune fille qui s'est suicidée en 2021. Sa famille accuse TikTok de l'avoir enfermé dans une boucle d'automutilation et d'appel au suicide. Euh elle elle explique qu'elle a une autre fille qui est plus jeune aujourd'hui.
Elle essaie de restreindre son accès à TikTok. Elle n'y arrive pas. Je vous propose qu'on l'écoute.
On est là. Euh moi j'ai actuellement 52 ans et en fait je ne suis absolument pas euh par rapport à ma dernière je ne suis absolument pas euh capable de enfin on n pas vécu, on n'est pas dans le monde du numérique et du coup c'est très compliqué de pouvoir les suivre. Euh et là en l'occurrence, je me permets d'en parler puisque je je suis quand même assez traumatisée des réseaux et ma petite a voulu qui a maintenant 14 ans pour être comme les autres.
Elle a eu son téléphone à 14 ans. Marie a eu son téléphone à 14 ans aussi hein, je tiens à vous le dire. Euh et bien euh je me suis rendue compte que en fait elle ne me demandait plus de temps d'écran.
Et comme je suis complètement aliénée là-dessus et je le dis aliénée parce que ça me rend folle, euh et bien je me suis rendue compte sur le contrôle parental de Apple que et ben elle a trouvé et c'est écrit euh sur YouTube ou sur TikTok comment en fait faire sauter le contrôle parental et ça s'appelle screen time and lock. Donc en fait, comment vous dire que même si on voulait les protéger, on ne peut pas parce que ils sont plus au courant que nous. Et voilà.
Et en fait là, je n'ai plus aucun moyen. J'ai voulu télécharger une autre application mais je n'y arrive même pas tellement c'est dur. Et en même temps, je me suis dit tiens, je vais regarder voir ce qu'ils disent sur les réseaux là-dessus.
Et ben, on peut la débloquer aussi. Donc en fait, on nous donne quoi comme moyen en tant que parent pour protéger nos enfants ? Moi, il m'a beaucoup frappé ce témoignage parce qu'on sent euh la grande impuissance d'une mère de famille qui essaie de trouver des solutions.
On va parler juste après des des préconisations de la commission d'enquête, mais je me suis demandé vous comment vous êtes sorti humainement intérieurement de cette commission euh d'enquête. Il y a aussi des témoignages de parents très difficiles qui expliquent comment enfin qui expliquent comment ils ont perdu leur leurs adolescents. Il y a 11 familles aujourd'hui qui ont porté plainte contre TikTok.
Comment on sort de ces semaines de commission d'enquête avec parfois des des témoignages difficiles, parfois des contenus compliqués à regarder ? Comment vous vous êtes senti à la fin ? Bon là, vous remettez une image de l'audition qui a été pour moi le moment le plus difficile depuis que je suis député.
En fait, l'audition des familles de victimes est elle est poignante, elle est digne, elle est bouleversante parce qu'on reçoit ses parents qui ont perdu leur enfant et ou qui pour lesquels leur enfant très grave difficulté et qui nous décrivent par le menu comment l'application a conduit leur enfant à basculer. Donc soit à tenter de se suicider, soit à se donner la mort. Voilà.
Et et donc là euh Stéphanie, donc la maman de Marie, euh elle mène ce combat avec une force morale mais qui est qui est bouleversante. qui est bouleversante et et on les a vu à la fin de la la commission d'enquête, le jour où on a rendu le rapport, on les avait invités et on et on a ensuite on a on a déjeuné ensemble et ils sont venus, ils nous ont offert des cadeaux et et c'est vrai que ça c'était extrêmement bouleversant parce que ça donne du sens en fait au combat qu'on porte. on se dit qu'on le fait pour des gens, on le fait pour pour des enfants qui sont certains de cet mais aussi pour tous les enfants à venir.
Et donc voilà, ça c'est c'est lourd mais c'est aussi extrêmement stimulant et et à chaque moment quand on faisait la commission, on se disait on le fait pour eux. Et voilà, moi ça m'a c'est ça qui m'a le plus bouleversé et c'est pour ça que enfin l'audition dont on parlait tout à l'heure, elle me glisse dessus parce que c'est pas le sujet en fait. Nous, on s'en fiche de ça.
On fait pas ça pour ça, mais par contre on fait ça pour bah pour voilà pour pour Stéphanie, pour Marie, pour pour toutes et tous en fait. Et voilà. Donc voilà, ça ça donne du sens.
Ça donne du sens. On vous on vous sent très ému. Ça a été ça a été c'est difficile d'entendre les témoignages de ses parents ?
Ben ouais, pleurait tout le temps et enfin même rien que d'y repenser et et enfin non pleurer pas tout le temps mais je veux dire voilà c'est lourd parce que bah parce que parce qu'ils ont là à la fois ben terriblement souffert et que ils sont là devant nous et qui mènent le combat et qui sont et qui sont forts. Vous vous avez une colère contre TikTok où vous dites voilà TikTok sait là on a l'print juridique de TikTok qui le dit. TikTok sait très bien qu'il y a des mineurs parfois qui ont 7 8 ans sur ces réseaux.
TikTok sait aussi très bien comment son algorithme fonctionne hein. C'est eux qui l'ont programmé. Est-ce que vous avez une colère contre TikTok qui après tout en fait s'en fiche s'en fiche et se dit "On gagne des sous et c'est très bien comme ça".
En fait le jour de l'audition euh à C'est peut-être le voilà, je pense que j'ai je suis resté relativement calme sur l'audition des influenceurs, mais c'est le moment où je me suis dit faut que je faut pas que je perde mes nerfs quoi, parce que contre les représentants de TikTok, en fait, ils sont là et ils sont là en train de dire "Non mais regardez, on fait tout bien, non mais regardez de norm, elles sont parfaites et cetera." Et en fait, je me dis mais qu'est-ce que ça renvoie comme message aux familles de victimes ? Et donc nous, on leur montrait et on leur disait "Mais regardez ça, c'est c'est des on est allé hier sur TikTok, on vous a penché du doigt skinny, donc un un message qui prône l'anorexie, l'anorexie ou l'automutilation et cetera." Et on voit des enfants qui sont là et qui sont en train de se scarifier.
Et je dis "Mais vous comment c'est possible Ah non mais là on fait ce qu'on peut, on a les meilleures politiques de modération d'investit 14 milliards, je sais pas quoi. Je dis mais enfin là ce sujet-là on vous l'a signalé à plusieurs reprises dans les derniers mois. Vous n'avez rien fait et même entre le moment où on a fait l'audition, moment où on a publié le rapport, ils n'ont rien fait.
Ils ont pas été supprimés quand on tapait les moticones zèbre, les contenus qui s'affichaient. Et donc z pour l'automisation zèbre comme comme un zèbre. Vous voyez un zèbre c'est rayé et ben voilà c'est c'est des cicatrices.
Et ben voilà, ils ont rien fait et là moi je me dis mais c'est pas possible. Enfin là on est en colère. Ouais.
Et moi j'étais j'étais ce jour-là j'étais en colère contre eux contre ces gens qui arrivent pareil très bien préparés avec leur avocat mais qui en fait sont profondément irresponsables. Et donc c'est là où j'ai estimé euh et puis euh enfin voilà sur l'ensemble des travaux que il y avait une responsabilité et qu'il pouvait pas se défausser euh derrière les euh on a essayé de faire ce qu'il fallait non, vous avez pas essayé de faire ce qu'il fallait, vous avez pas mis les moyens suffisants et vous avez pas recréé des mécaniques algorithmiques qui enferment les jeunes et vous le savez. Donc maintenant voilà, ça suffit, ça suffit.
Donc il faut mettre en place voilà le cadre européen et il faut renforcer la régulation parce que moi je je et puis à la fin il faut éventuellement les punir ou euh parce que si on s'en sortira jamais. Euh dans les préconisations de la commission d'enquête, il y a plusieurs choses. Vous souhaitez inter réseaux sociaux au moins de 15 ans.
Vous demandez un couvre-feu numérique de 15 ans à 18 ans entre 22h et 8h. Donc concrètement, ça veut dire que vous ne pourriez plus accéder au réseau entre 22h et 8h du matin. Vous aimeriez aussi qu'on puisse paramétrer son propre algorithme pour qu'on puisse éviter Je vous en prie vous rajouter quelque chose.
Non mais en fait ça c'est les préconisations de la rapporteur. Je tiens je tiens le redire quand même parce que la commission d'enquête c'est vrai que c'est un peu compliqué parce que c'est un binôme plus des députés qui parent la même couleur politique on voà et il y a la rapporteur Lor mineur qui est du côté de la majorité présidentielle macroniste et moi je suis député de l'opposition de gauche et sur un certain nombre de sujets par exemple des lit de maltraitance numérique où elle veut responsabiliser les parents entre guillemets en les punissant donc les parents qui exposent leurs enfants sur les réseaux sociaux enfant mais là on voit bien que Stéphanie elle a mis en place le contrôle parental elle a fait ce qu'elle a pu elle a accompagné ses jeunes et pour autant elle y arrive pas. Elle y arrive pas.
Et donc le problème il est pas au niveau des parents, il est d'abord au niveau de l'algoritme. Donc pour moi le sujet il est là. Après sur les 15 ans c'est un vaste débat et notamment un sujet d'application.
Donc voilà moi je suis assez mesuré là-dessus. Par contre il y a tout un tas de sujets sur lesquels évidemment il faut qu'on avance et il faut qu'on avance ensemble parce que il me semble réaliste et prioritaire. La question du contrôle de l'âge, ça c'est possible et c'est à mon sens.
Ça ça vient d'être appliqué par l'Australie. Voilà, vous pouvez plus accéder aux réseaux sociaux si vous avez moins de 16 ans. En France pour l'instant c'est au point mort.
On sait que c'est au niveau de la Commission européenne que ça se passe. Emmanuel Macron aimerait interdire le réseau à 15 ans. Bourleyen qui est la présidente de la Commission européenne a parle de 16 ans.
Concrètement, il se passe pas grand-chose. Dites-moi. Alors oui, c'est beaucoup plus compliqué que ça.
Euh la Commission européenne a sorti en juillet dernier une un avis qui dit "Les pays peuvent fixer des âges minimum en gros entre 13 et 16." Euh et ils peuvent ne pas en fixer du tout s'ils le veulent parce qu'il y a des pays qui veulent pas en fixer. Euh il s'avère que il y a un débat pour savoir si 15 ans est le bon âge ou pas pour fixer un âge minimal d'inscription sur les réseaux sociaux.
Mais il y aussi d'autres débats sur le périmètre. H euh est-ce que on interdit YouTube ou pas ? Euh par exemple en Australie, ils ont pas interdit YouTube alors que en fait on observe des mécanismes similaires.
Voilà. Est-ce qu'on interdit Telégram ? Est-ce qu'on interdit WhatsApp alors que c'est aussi des messageries privées mais en même temps, il y a des canaux de discussion commun.
Donc pour moi, la priorité des priorités, ça reste d'abord la vérification d'âge, c'est-à-dire la capacité à savoir si l'utilisateur il est majeur ou mineur pour pouvoir aussi paramétrer son expérience et éviter ce qui se passe aujourd'hui par exemple que des majeurs aillent créer des faux comptes mineurs. Moi je préfère avoir mis en place des mécanismes de régulation sachant qu'il y aura peut-être des possibilités de compétournement mais encore voilà faut pouvoir installer les VPN. Voilà, il y a quand même des barrières supplémentaires, mais c'est quand même un premier filtre et en fait les parents pourront installer avec les enfants euh leur compte et une fois que le compte sera vérifié, de toute façon, il est lié à l'identité et puis il faut aussi des mécanismes de contre parental.
Donc je veux bien qu'il se crée un deuxième faux compte et cetera. Enfin bon, il y aura toujours moyen de détourner. Il y a toujours moyen de détourner là.
Ça vous êtes très clair làdessus. Mais il faut il faut déjà lutter contre ça, mais il faut aussi mettre en place une règle générale. Donc voilà, moi je suis pas hostile à une règle générale, mais la question c'est aussi est-ce que les jeunes n'ont pas le droit malgré tout à une vie sociale numérique mais une vie sociale numérique où on a retiré les requins de la piscine quoi ?
Donc sans sans sans contenu pédopornographique, sans contenu qui appelle sans sans contenu qui appelle à l'anorexie, à la grossophobie et cetera. Moi, je croise des jeunes et tous les sociologues qui travaillent sur les usages du numérique des jeunes, ils croisent des jeunes qui sont déjà très conscients des risques, parfois beaucoup plus que leurs parents, qui sont relativement formés aux enjeux, mais qui sont vulnérables parce que on est dans une période d'adolescence où on a aussi un certain nombre de failles, notamment sur les troubles du comportement alimentaire, notamment sur les principes de harcèlement. Donc en fait, il faut border les applications, il faut faire en sorte que elles soient plus protectrice, notamment à l'échelle de l'algorithme.
Et donc il faut en fait réguler à la base l'algorithme. Moi je me souviens quand j'étais au collège, j'avais MSN, je parlais avec mes copains, on en parlait avant cette interview et en fait bah c'était aussi un moyen de rester contact en contact avec mes potes. Mais excusez-moi, est-ce que c'est pas un vœux pieux ?
Parce qu'en fait les réseaux sociaux, c'est aussi le reflet de notre société hein. Dans notre société il y a des pédocriminels, il y a de l'anorexie, il y a de la grossophobie, il y a du racisme. Est-ce qu'on peut vraiment imaginer des réseaux sociaux exfiltrés de toute la face sombre de la société ?
Est-ce que c'est possible ? Ce qui est sûr, c'est que déjà un, on peut se battre et on doit se battre et on peut améliorer les choses et que si on ne fait rien, elles vont s'empirer. Et donc aujourd'hui, moi je peux pas accepter que quand je vais dans une classe de lycéenne de 16 ans, j'ai un tiers d'entre elles qui me disent qu'elles ont été sollicitées pour envoyer des photos de pied contre de la rémunération un/3 que j'ai la moitié d'entre elles qu'on déjà reçu de personnes inconnues des contenus sexuellement explicites.
Donc traduit he par exemple des photos de sexe et cetera. Exactement. Exactement.
Donc aujourd'hui ça c'est la réalité et c'est des majeurs très souvent qui arrivent et qui font ça. Donc pour moi oui, c'est un sujet prioritaire de santé publique, de protection des jeunes. De deux peut-être dernières questions.
Vous avez participé à plusieurs vidéos de Samzira qui est un youtubeur qui a beaucoup de succès. Certains se sont dit "Bon, est-ce que c'est vraiment la place d'un député d'aller chez Samzira ? Qu'est-ce que vous répondez à ces gens-là ?
Est-ce que vous dites voilà bah oui, moi je vais chez un youtubeur qui m'invite et je suis très heureux de le faire même si parfois il a des contenus que je n'approuve pas forcément. Qu'est-ce que vous pensez de ça ? Euh alors bon globalement je suis pas sûr que ça soit un youtubeur qui a beaucoup de contenu problématique.
En tout cas en tout cas il a donné la parole à parfois des personnes controversées. En tout cas voilà ce qui est pas pareil. C'est-à-dire que il donne la parole à des gens mais lui-même n'a pas eu des propos qui tombent sous le coup de la loi et lui-même n'a pas été condamné. euh pour quoi que ce soit, à la différence euh euh d'autres youtubeurs chez lesquels je ne vais pas, moi je voilà et j'ai refusé aussi euh d'être confronté à des youtubeurs qui étaient euh pénalement euh euh qui avaient été coné.
Vous avez reçu des invitations d'autres youtubeurs ? J'ai été invité à échanger avec d'autres personnes qui avaient été condamnées. Moi en fait quand je reçois des personnes qui on été condamné ou qui ont des procédures judiciaires en cours par exemple non mais voyez je prends juste un exemple les tant nous on les a convoqué dans un cadre officiel formel comme ça tout le monde peut voir aussi que on n'est pas là dans de la complaisance ou dans le fait d'encourager du copinage.
Pour ce qui est de Samzira, il faut savoir que par exemple même la présidente de l'Assemblée nationale a été répondre à à ses interviews euh que Olivier Fortron du PS euh a répondu à cette interview. C'est juste que moi j'ai été le premier à à y aller et ça montre que en fait la politique, elle est partout et euh de manière générale, on a pu tendance, on a eu tendance à considérer que les réseaux sociaux étaient un espace de divertissement et que c'était pas forcément un objet politique sérieux. Et bien moi, je considère l'inverse.
Je considère que aujourd'hui ben les réseaux sociaux ce sont une part de nos vies et que il y a pas d'un côté la société, les gens, les adultes responsables et de l'autre le numérique, le truc pour les enfants. En fait, finalement le numérique c'est le reflet de la société et donc puisque le politique est la représentation de la société, on peut pas faire comme si ça n'existait pas, le dénigrer ou considérer que c'est des sujets qui sont pas sérieux. Donc voilà pourquoi moi j'ai pas de problème à me rendre chez Samzira qui a contribué aussi euh bah à pointer notamment les dérives de l'influence.
Récemment il m'a invité pour parler de la grossophobie. Euh il m'a également euh invité pour parler des questions de meme only fan, c'est-à-dire des plateformes de création de contenu pour adultes à la demande. Il m'a invité pour parler des logiques de c harcèlement et cetera.
Donc en fait c'est des problématiques de société. Vous dites moi je fais mon boulot de député en allant sur et voilà. Et moi, j'y vais pour porter comme je viens vous voir aujourd'hui, des sujets qui me paraissent essentiels et que si le législateur ne s'intéressait pas au numérique, on lui reprocherait.
On aurait tort. Ça serait dommage si tout le monde était unanime. On est en démocratie, donc on a le droit aussi de se dire que euh on est d'accord sur l'essentiel, sur la nécessité euh de réguler l'algorithme, sur euh la pénalisation des plateformes, mais que parfois il y a des sujets aussi bah sur lesquels on peut douter.
Moi, j'ai pas de certitude. Euh j'entends les arguments de ceux qui me disent pour revenir sur les 15 ans, c'est une bonne chose. Mais j'entends aussi tous ces jeunes, tous ces sociologues qui me disent "Ben, en fait, vous pouvez pas nous rendre responsable de quelque chose qui relève d'abord de la responsabilité des adultes." Euh moi je me suis quand je me suis fait cyberharceler, c'était des adultes hein.
C'était un papi de 65 ans euh qui habitait dans le sud-ouest de la France. Euh c'était enfin 65 ans, je sais pas si je me suis fait à plusieurs reprises parce que je suis un personnage public. Euh je me suis pris des messages de haine, d'insultes et cetera et c'était pas des enfants.
Donc euh voilà, moi je je dis papi de 65 ans mais ça se trouve voilà il un peu plus âgé où ça se trouve il y avait 65 ans, c'était pas pap c'était pas un ad c'est pas un ados. et que aujourd'hui les femmes qui sont cyberharcelées, elles sont pas cyberharcelées par des mineurs. Il y a eu récemment le procès de Tifen D.
Oui, je peux vous dire que c'était des adultes majeurs et vaccinés qui faisaient tout dans la société sauf être collégien ou lycéen. Et donc en fait, on a tendance à rendre responsable et mineurs de nos propres turpitudes. Et on a vu dans la commission d'enquête TikTok et moi ça m'a bouleversé des parents qui avaient interdit l'accès aux réseaux sociaux à leurs enfants avant 15 ans.
Bien leurs enfants, c'est à 16 ans qu'ils ont tombé dedans et c'est pas pour autant qu'ils ont pas. Voilà. Donc moi, je me dis que il y a aussi un moment où il faut voilà un espace protégé, c'est essentiel. un espace, on a vérifié l'âge mais un espace malgré tout parce que ça fait aussi partie je pense des droits des individus et des droits des enfants que de pouvoir avoir des espace numérique dans lesquels ils peuvent apprendre des choses et aussi s'amuser s'ils le souhaitent.
Apprendre des choses et s'amuser. Peut-être une dernière question pour vous. Vous êtes présent évidemment sur les réseaux.
Vous postez assez peu de choses sur TikTok. Ouais. Pourquoi vous dites qu'on avait besoin de s'amuser et d'être responsable en même temps ?
Pourquoi ? J'ai pendant un temps, j'ai fait pas mal de vidéos à caractère pédagogique. Euh ça marchait pas forcément.
Euh donc euh voilà euh mais en fait il faudrait que je prenne le temps de le faire. Le problème c'est que les journées ne durent que 24 heures. Euh les moyens des députés sont relativement limités que moi j'ai pas euh un conseiller qui est chargé de faire que ma com.
Euh donc voilà, moi j'ai j'ai commencé mon compte TikTok quand je suis devenu député. J'avais une jeune fille qui m'avait demandé de faire un stage avec moi. Elle était plus en L2 euh en 2 année de licence. 2è année de licence et elle m'a dit tiens, je vais m'occuper de ton compte TikTok et tout. et j'ai dit bah tiens vas-y fais ça.
Et donc c'est elle qui m'a fait mes mes premières vidéos. Mais en fait voilà, ça demande quand même du temps et voilà aujourd'hui je l'ai pas et mon collaborateur qui travaille avec moi à Paris a pas forcément non plus même si voilà de temps en temps on essaie de poster des trucs sur la commission TikTok on a essayé de mettre des choses euh parce qu'on se disait que ça pouvait intéresser les gens les jeunes. Si je pouvais, j'irai plus.
Très bien. Merci beaucoup monsieur de la porte d'avoir été avec nous. Merci à vous de nous avoir suivi.
Vous pouvez nous retrouver évidemment sur les réseaux. On va mettre en lien sous la vidéo notamment le rapport de la commission d'enquête TikTok et puis les témoignages hein des gens qui vous ont écrit. On se retrouve très vite.
À bientôt.
Arthur Delaporte