Sophie Primas : " Le Sénat doit rester la chambre du débat apaisé " - Vidéo
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:28OuverteRéponse directe
Est-ce que vous craignez que le Sénat ne soit plus la chambre du débat apaisé ?
- 1:30RelanceRéponse partielle
Qu'est-ce qui pourrait faire que ça ne le soit plus ?
- 2:24OuverteRéponse directe
C'est-à-dire que vous, vous jugez que c'est démocratique que le RN et la France Insoumise soient représentés au Sénat ?
- 3:13OuverteRéponse directe
Est-ce que le RN est un parti institutionnalisé ?
- 3:50ComplaisanteÉludée
La gauche vous appelle au cordon sanitaire, et on va écouter Mélanie Vogel...
- 4:18RelanceRéponse partielle
Est-ce que c'est vous qui faites progresser l'extrême droite ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:33Invité politiqueFait
« Non, moi je crois que le Sénat doit rester la chambre du débat apaisé, comme le dit très bien Gérard Larcher. »
- 0:53Invité politiqueFait
« Moi j'ai eu l'honneur de présider la commission des affaires économiques pendant six ans avec à l'intérieur des collègues aussi différents que Dominique Estrosi-Sassonne et Marie-Noëlle Lindemann qui n'avait pas sa langue dans sa poche, comme on dit, avec des convictions bien ancrées. »
- 3:24Invité politiqueFait
« C'est un parti, en tout cas, qui est dans les institutions, aujourd'hui, et par des voies qui sont des voies démocratiques. »
- 3:44Invité politiqueFait
« Mais aujourd'hui, si tant est qu'on respecte la démocratie, eh bien, moi, j'aurais préféré qu'ils soient moins nombreux. »
- 4:21Invité politiqueFait
« Bien sûr que non, évidemment que non. »
- 5:06Invité politiqueFait
« C'est dans l'arc républicain, non, à la mesure où ils ont été élus. S'ils arrivaient en coup de force, en putsch, je dirais non, ils ne sont pas dans l'arc républicain. »
- 6:44Invité politiqueFait
« Je dis que Mediapart est un journal qui est habitué à ce genre d'attaque. »
- 6:50Invité politiqueFait
« Si c'est vrai, évidemment, c'est terrible, terriblement révélateur. »
- 7:29Invité politiqueFait
« Et puis c'est antisémite, c'est tout ce qu'on déteste en réalité, tout ce dont on a accusé, j'allais dire, le Front National historiquement. »
- 8:19Invité politiqueChiffre
« Je ne crois pas que 33% des Français soient antisémites. »
- 9:17Invité politiqueFait
« Je crois qu'ils ont beaucoup travaillé. »
- 10:51Invité politiqueChiffre
« Quand il y a 33% dans les sondages des gens qui sont proches du Rassemblement national, évidemment, ça touche aussi les élus locaux. »
Temps de parole
- Sophie Primas54 %
- Invité17 %
- Présentateur17 %
- Invité 26 %
- ?4 %
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– Public
Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous.
–
Sophie Prima, vous êtes sénatrice à l'air des Yvelines, ancienne porte-parole du gouvernement et c'est donc un nouvel hémicycle qui s'est formé au Sénat, renouvelé de moitié dimanche.
On
va voir la nouvelle composition,
un
hémicycle qui compte donc pour la première fois un sénateur LFI et un groupe Rassemblement National UDR. Alors l'ambiance au Sénat va-t-elle changer alors que la gauche appelle à la résistance et au cordon sanitaire ? On va en parler ensemble. Est-ce que vous craignez que le Sénat ne soit plus la chambre du
débat
apaisé ? – Non, moi je crois que le Sénat doit rester la chambre du débat apaisé, comme le dit très bien Gérard Larcher. Je crois que les nouveaux collègues qui arrivent aujourd'hui vont le comprendre petit à petit. Alors il y aura peut-être quelques épiphénomènes au début, mais nous sommes habitués à travailler avec des formations différentes. Moi j'ai eu l'honneur de présider la commission des affaires économiques pendant six ans avec à l'intérieur des collègues aussi différents que Dominique Estrosi-Sassonne et Marie-Noëlle Lindemann qui n'avait pas sa langue dans sa poche, comme on dit, avec des convictions bien ancrées. Et nous arrivions à travailler ensemble.
Nous avions nos différences, nous les assumons parfaitement, mais nous arrivons à travailler ensemble dans un débat apaisé. Et je ne doute pas que les nouveaux sénateurs, quand on arrive, on est tout feu, tout flamme, rentreront dans ce process de travail qui est le process qui devrait présider à l'ensemble des assemblées.
– Qu'est-ce qui pourrait, même si vous dites que
ça
doit rester la chambre du débat apaisé, mais qu'est-ce qui pourrait faire que ça ne le soit plus ? C'est plus les 14-15 sénateurs RN-UDR ou les 1-2 sénateurs LFI ?
– Non,
mais je pense que ces nouveaux collègues, encore une fois, vont comprendre comment travaille le Sénat. Ils
vont y trouver
plaisir, je pense. Il y a des députés qui arrivent, qui étaient députés il y a quelques heures et qui sont aujourd'hui sénateurs ou sénatrices, et qui viennent aussi au Sénat parce qu'ils savent qu'ils vont pouvoir exposer leurs convictions. Exposer dans le calme ces convictions, c'est une force aussi, parce que quand vous proposez des convictions en hurlant, avec des attitudes qui sont assez peu dignes, en fait, personne ne vous écoute plus, en réalité. Moi, je pense qu'ici, au Sénat, c'est une chambre où on peut exposer ses convictions, même si on n'est pas d'accord les uns avec les autres. Et ça, c'est la démocratie, mais une démocratie qui est apaisée.
– C'est-à-dire que vous, vous jugez que c'est démocratique que le RN et la France Insoumise soient représentés au Sénat compte tenu de leur poids électoral
? – C
'est la réplique, en fait, des élections municipales. Qu'il n'ait pas pu faire un groupe aurait été une surprise, il faut bien le dire, c'est dans ce sens-là qu'il faut l'interpréter. Moi, je trouve que ce groupe, finalement, il est là, il est contenu dans son nombre, ils sont 15, donc voilà, on est 348 dans cet hémicycle-là. Donc, je comprends l'émotion qu'il y a autour de la formation de cette famille politique et l'entrée de cette famille politique, mais c'est la réplique, en fait, des élections municipales qui ont eu lieu en mars dernier. Donc, c'est l'expression de la démocratie. Ça nous plaît, ça ne nous plaît pas, ce n
'est
pas le sujet. C'est l'expression de la démocratie. Et ici, on est attaché à l'expression de la démocratie et à la juste représentation de chacun. Ça ne nous empêche pas de combattre des convictions qui ne sont pas les nôtres.
– Avec ce nouveau Sénat, il y a plus de 130 parlementaires RN, si on compte assembler Sénat, plus de 130 au Parlement. Est-ce que le RN est un parti institutionnalisé ?
–
C'est un parti, en tout cas, qui est dans les institutions, aujourd'hui, et par des voies qui sont des voies démocratiques. Encore une fois, ça nous plaît, ça ne nous plaît pas, c'est à nous de combattre politiquement sur le terrain, auprès des Français, auprès des élus locaux, les convictions qui ne nous conviennent pas. Mais aujourd'hui, si tant est qu'on respecte la démocratie, eh bien, moi, j'aurais préféré qu'ils soient moins nombreux. C'est mon combat politique, mais je respecte la démocratie.
–
Alors, la gauche vous appelle au cordon sanitaire, et on va écouter Mélanie Vogel, la sénatrice écologiste, qui craint une droitisation de votre part avec l'arrivée du RN.
– Moi,
je vous dis que l'extrême droite progresse,
en
grande partie, parce que votre parti a choisi de faire la course à l'extrême droite, et ce qu'il se passe, ce qu'il s'est toujours passé dans l'histoire, et ce qui va se passer dans
les années qui viennent,
c'est que,
quand
on court après l'extrême droite, elle progresse.
– Est
-ce que c'est vous qui faites progresser l'extrême
droite ?
– Bien sûr que non, évidemment que non. Ce n'est pas nous qui faisons progresser l'extrême droite, en particulier ici au Sénat, ce n
'est
pas du tout le cas, évidemment. Mais je dirais à Mélanie Vogel qu'elle garde son sang-froid, parce qu'elle, elle court après l'extrême gauche. Et on sait déjà que les alliances avec LFI sont en train d'être discutées. Alors, je sais bien que dans son parti, on dit que ce nouveau sénateur et les filles, on le prend ou pas, dans les écologistes, il y
a
un débat, Jadot, elle-même, etc., ce n
'est
pas positionné. Donc, je pense qu'il faut garder son sang-froid. Il y a des partis qui sont dits républicains et qui ne sont pas dans les extrêmes, alors je veux dire dans l'arc, voilà. –
LFI
et le Rennes, c'est dans l'arc républicain pour vous
? –
Écoutez, c'est dans l'arc républicain, non, à la mesure où ils ont été élus. S'ils arrivaient en coup de force, en putsch, je dirais non, ils ne
sont
pas dans l'arc républicain. Moi, je ne partage pas leurs idées, ni aux uns ni aux autres. Je les combattrai, je le dis, sur le terrain pendant les mois qui viennent et d'ailleurs pendant toutes les années qui viennent lorsqu'on sera confronté dans le Sénat. Mais je le combattrai de façon démocratique et donc républicaine.
– Mais la niveau gel, elle vous appelle
aussi un cordon sanitaire. – Non, mais ça,
c
'est des vieilles idées, j'allais dire, agitées par la gauche qui nous inquiètent parce qu'on sait bien que les parties de gauche, demain, pourront tout à fait s'allier à LFI et donc renforcer le courant d'extrême-gauche. Donc ça ne marche plus auprès des Français. Enfin voilà, les Français, ce qu'ils veulent, c'est des propositions qui répondent en fait à leurs préoccupations
et à leurs
espoirs. –
Vous allez
travailler avec le RN comme vous travaillez avec les autres groupes. Pour vous, c'est un groupe comme un
autre
? –
Ce n
'est
pas que c'est un groupe comme un autre dans la mesure où ils ne véhiculent pas les mêmes idées que les nôtres. Voilà, et des idées qui parfois, moi, sont en dehors de mon spectre de l'acceptable. Bon, très bien, mais on travaillera avec eux parce qu'ils représentent une partie des élus locaux et que donc il faut respecter le vote qui a été fait par les élus locaux. Voilà, qu'ils soient d'extrême-gauche ou d'extrême-droite. –
Sur les reines, puisqu'on l'a vu dans le journal, il
y
a une polémique sur des propos antisémites qu'aurait tenu Jordan Bardella lorsqu'il avait 17-18 ans, propos révélés par Mediapart. Alors Jordan Bardella dément, il attaque en justice, Mediapart maintient ses informations. Qu'est-ce que vous dites de ça
? –
Je dis que Mediapart est un journal qui est habitué à ce genre d'attaque. Si c'est vrai, évidemment, c'est terrible, terriblement révélateur. Mediapart a des méthodes d'investigation qui sont connues. Je pense que c'est la première vague, on en parlait tout à l'heure,
c
'est certainement la première vague. Ils ont l'habitude de sortir des choses par séquence. –
Et quand vous
dites terriblement révélateur, révélateur de quoi ? Révélateur de ce qu
'est
Jordan Bardella ?
– Non, non, non, c'est terriblement
révélateur au sens profond, c'est-à-dire si vraiment les propos ont été tenus, c'est terrible, évidemment, parce que c'est encore quelque chose qui divise les Français les uns vis-à-vis des autres. Donc ça, on ne peut pas l'accepter. Et puis c'est antisémite, c'est tout ce qu'on déteste en réalité, tout ce dont on a accusé, j'allais dire, le Front National historiquement. Bon, donc il faut aller au bout de cette affaire, Jordan Bardella se défend, il a le droit, Mediapart a des informations, et bien que tout cela soit mis en lumière pour que la vérité soit faite. –
Mais
si ces propos sont avérés, si la justice tranche,
ça changera ?
Ça disqualifie
Jordan Bardella
? – Bien sûr, oui, bien sûr. En tout cas, à mes yeux… –
Ça veut
dire qu'il ne
peut
plus être président du parti ?
–
Écoutez, ça, ça les regarde, je ne
vais pas mêler des affaires du rassemblement. – Mais est-ce que vous, ça changera,
par exemple, votre manière de travailler avec le RN ? Là, vous dites, ils ont été élus,
on
va travailler avec eux. Est-ce que si ces propos sont avérés, vous reverrez
cette position ? – Moi, je pense qu
'il
n
'y
a pas 33% des Français qui sont antisémites, voilà. Mais je pense que le Rassemblement National n'a pas changé dans ses instances. Voilà, je le pense vraiment. Vous voyez, par exemple, nous avons vu pendant ces élections sénatoriales que, et pendant le temps des élections sénatoriales, la famille Le Pen, par exemple, est en retour. On a vu Marion Maréchal, Le Pen, dimanche à la Concorde, sa tante ostensiblement est venue la voir alors qu'elle-même n'était pas allée la saluer. Sa tante s'est levée, elle est venue la voir, elle la saluait pour que les caméras la voient. Voilà, la sœur de Marine Le Pen était candidate dans la Sarthe, etc.
Donc on voit l'empreinte de la famille Le Pen qui revient et finalement, peut-être avec elle, des vieux démons. Mais voilà, je ne crois pas que 33% des Français soient antisémites. Je ne le crois pas. Et à ce titre-là, je pense qu'il faut être prudent dans le fait de repousser la démocratie telle qu
'elle
s'est exprimée.
Est-ce que vous croyez à la dédiabolisation du RN
?
Je crois qu'ils ont beaucoup travaillé. Mais le noyau dur du Rassemblement National, voilà, j'ai toujours des doutes.
Le
RN qui envoie des sénateurs dans ses zones de force, notamment le pourtour méditerranéen, mais plus surprenant, il s'implante ailleurs. Le sénateur qu'on n'avait pas vu venir vient de Seine-Maritime. On va aller à Yveto, dans le département, retrouver Gislain Aneta, rédacteur en chef du Courrier Cochois. Bonjour Gislain. Est-ce que cette élection a été une surprise dans le département
?
Alors, elle a été une surprise pour le principal intéressé, c'est ce qu'il a dit, mais pas tellement pour nous finalement. Parce que, comme a dit une élue qu'on a contactée, finalement, le vote des grands électeurs, il n'est pas tellement éloigné de celui des électeurs. Et aux dernières législatives, on avait eu deux députés RN sur le secteur. Et dans les campagnes,
il
faut reconnaître qu'il y
a
une porosité des idées RN chez les élus locaux. On peut voir ça comme, pourtant, on est dans un département qui paraît encore ériche et préservé, des canicules et des choses comme ça. Mais on peut voir ça comme une petite peur du déclassement. Et puis, bon, donc, ça suit, surtout dans nos zones rurales.
Restez avec nous, Gislain, Sophie Prima. Vous entendez ce que dit Gislain ? Il
y
a un vote RN, vous le constatez, il y a un vote RN qui monte dans les eaux rurales chez les élus sans étiquette. Même des départements où ils n
'ont
pas réussi à avoir des sénateurs, mais où ils ont multiplié leur nombre de grands électeurs. Est-ce que le RN s'est aujourd'hui enraciné dans le pays ? Et est-ce qu'il s'enracine sur cette crainte du déclassement dont parlait Gislain
?
En fait, je le redis, quand il y a 33% dans les sondages des gens qui sont proches du Rassemblement national, évidemment, ça touche aussi les élus locaux. Évidemment. Et évidemment que la base et, j'allais dire, le point de départ du Rassemblement national,
il
est sur les difficultés concentrées sur les zones
qu
'on appelle quelquefois déclassées, les zones rurales où, effectivement, le manque de services publics, l'éloignement, le manque de mobilité, le manque de moyens également, se fait ressentir. C'est là-dessus que prospère, qu'a commencé le Rassemblement national, qu'il a prospéré et aujourd'hui qu'il s'étend. Donc, le profil de notre nouveau collègue du Rassemblement national de Seine-Maritime, c'est le profil d'un maire rural qui est là depuis très longtemps dans le paysage de Seine-Maritime, qui donc a une empreinte dans la ruralité qui n'est pas neutre et qui a fait son travail auprès...
Il le dit lui-même d'ailleurs, j'ai regardé, il le dit lui-même, j'ai pris mon bâton de pèlerin, je suis allée voir, entre guillemets, mes collègues maires ruraux, puis les autres également. Et effectivement, il a fait un score qui est un score important. Et puis, vous savez, les élections sénatoriales, c'est un calcul un peu particulier, l'attribution des postes. Donc, plus vous avez aussi de listes et plus les votes se dispersent, plus vous avez de chances qu'un élu qui soit d'un parti pas forcément pilier dans le départ apparaisse parmi les élus, face à la mode de scrutin assez particulier.
Gislain, est-ce que ce résultat, il découle aussi du glissement d'une droite classique vers le Rassemblement national
?
Un petit peu, oui. Surtout que, comme l'a dit Sophie Prima, le sénateur qui vient d'être élu, c'est typiquement ça. C'est typiquement un ancien élu UMP. Il a été LR aussi. Même, il était au RPR à l'époque. Il a fait des campagnes pour un ancien député LR qui était très implanté dans le secteur. Et là, il s'est raccroché un petit peu au nouveau député Rassemblement national sur la circonscription d'Ifto. Et c'est aussi ce député qui a fait beau boulot pour lui en allant, comme il a été dit, au contact des maires ruraux, au contact des élus locaux. C'est vraiment comme ça qu'il a construit sa campagne.
C
'est un cycliste, il le dit lui-même. Il est resté dans la roue et il est sorti un petit peu comme ça au dernier moment.
– Merci
Giselin, merci beaucoup d'avoir été avec nous. On regarde la une du courrier Cochois, c'est ce cher carburant à la une de votre journal. Sur ce que disait Giselin-Sophie Prima, est-ce que le RN grignote petit à petit votre électorat, voire vos élus
? – En
fait, c'est toute la difficulté à laquelle nous allons faire face aux élections présidentielles. C'est de faire comprendre aux Français que les Républicains sont un parti qui propose des solutions aux axes qui sont aujourd'hui préemptés tout à fait illégitimement par le Rassemblement national. On sait qu'on a des difficultés dans les zones rurales. On y travaille énormément ici au Sénat. On sait qu'on a des difficultés à se faire entendre. Donc effectivement, il
y
a une partie de notre électorat qui a glissé, ce n
'est
pas un scoop, notamment sur l'UDR par exemple, qui est aujourd'hui l'allié du Rassemblement national. Et donc tout le travail de Bruno Rotaillot, tout notre travail ici dans ce groupe qui est largement majoritaire au Sénat, est de faire comprendre aux Français qu'en fait, les solutions qui sont des solutions républicaines, pour lesquelles nous avons des solutions, eh bien, sont les solutions d'un parti qui se veut tout à fait fort. – D'autant que la Seine-Maritime, c'est le département d'élection d
'Edouard Philippe. –
Vous
y voyez
un
signal
? – Oh
non, je n'y vois pas le signal parce que ce petit entourloupe des élections, j'allais dire, mais ce monsieur qui est notre futur collègue, le dit lui-même, d'ailleurs je crois qu'il a été même un peu étonné, votre confrère l'a dit, de son élection, et il a dit, je suis allée au Rennes parce qu'en fait, il a le vent en poupe. Voilà, bon.
–
Allez, on va parler de ce qui va se passer ces prochains jours au Sénat, parce que les sénatoriales sont passées, mais le renouvellement du Sénat n'est pas pour autant terminé, Stéphane. Le Sénat reprend néanmoins un peu le cours normal de son fonctionnement.
– Eh oui, les nouveaux sénateurs et les sénateurs réélus reprennent petit à petit la route du palais du Luxembourg et s'ouvrent une semaine qu'on peut qualifier finalement de semaine de rentrée des classes pour les sénateurs, pour les 67 nouveaux sénateurs, car ils sont 67 à faire leur entrée pour la première fois ici au palais du Luxembourg. Il faut d'abord aller s'inscrire, récupérer des documents administratifs, on vous montrait un petit peu leur parcours hier, et dès aujourd'hui, les groupes commencent à se réunir pour leur traditionnel réunion de groupes hebdomadaires.
– Et les groupes, ils ont encore quelques jours pour se dessiner.
–
Oui, car après une… Oui, alors oui, parce qu'ils ont jusqu'au 5 octobre pour déclarer officiellement leur groupe et la liste exhaustive de leurs membres, donc c'est jusqu'à la semaine prochaine. Il y a donc des tractations, en fait, en quelque sorte, qui se passent entre les groupes pour savoir
qui
aura le plus de sénateurs possible entre les étiquetés divers centres, divers droites, des gens pour qui l'étiquette n'était pas vraiment une évidence.
–
On
passe après ? Non, vous avez des questions ?
–
Non, pas tout de
suite.
– Allez,
on parle
des groupes
! – C'est un peu dans le désordre, mais le groupe, en tout cas, dont on est sûr qu'il sera composé d'élus RN et UDR, il fait sa rentrée aujourd'hui, le 5 octobre, et sa rentrée sera particulièrement scrutée. Jordan Bardella et Marine Le Pen vont rencontrer les nouveaux sénateurs avec les députés du côté de l'Assemblée nationale aujourd'hui. Ensuite, ils vont faire leur rentrée tous ensemble au Sénat. Voilà l'occasion de matérialiser une image de ce premier groupe RN-UDR.
Et puis, ce sera aussi le cas pour les autres groupes politiques, donc de se réunir comme le RN, je le disais, pour ces fameuses réunions hebdomadaires, avec un sujet particulier, ce sera le vôtre aussi, désigner le candidat de chaque groupe pour la présidence du Sénat, car le vote,
c
'est jeudi, Auriane.
–
Le vote,
c
'est jeudi, sans grand suspens.
– Sans grand suspens, parce que Gérard Larcher a annoncé qu'il serait candidat à sa réélection. Donc, a priori, Gérard Larcher devrait être réélu, si tout va bien. Ce renouvellement de Gérard Larcher, il va donner lieu à des élections. Donc, chaque groupe présente un candidat, même si le président du Sénat sortant sera probablement réélu. Ce sera évidemment à suivre sur Public Sénat.
– Et donc, c'est maintenant qu
'on
parle des groupes
? – Oui,
c'est maintenant qu'on parle des groupes. C'était après. Mais ce n
'est
pas grave, ça a quand même son sens. Les tractations ont commencé dès dimanche, je le disais, pour essayer d'attirer dans ces écuries les différents élus d'hiver-centres, d'hiver-droite, qui n'ont pas d'étiquette figée. Une intense bataille de couloirs, finalement, qui est menée. Donc, la liste complète,
c
'est, je rappelle, lundi 5 octobre à 16h. Les présidents de groupe doivent amener la liste de leurs membres à la présidence, avec leur choix d'appartenir ou non à la majorité ou à l'opposition du Sénat. Et pour les sénateurs qui n'auraient pas de groupe, il y a une autre réunion. Ce serait peut-être le cas de Gabriel Amard, le député à la France Insoumise, qui devient sénateur à la France Insoumise du Rhône. Il y
a
une réunion à 18h pour choisir le délégué des non-inscrits, même si lui a pour le moment dit qu'il souhaitait siéger avec les écologistes. Alors, dans cette bataille pour la constitution des groupes Sophie Prima, il y a des questions de potentiel défection du groupe LR vers le groupe RNULR. Il y
a
déjà eu une défection, celle de votre collègue Sylvie Gouachavin. Il n'est pas confirmé. Il n
'est
pas confirmé. Alors, elle a quand même tweeté, elle a retweeté en expliquant que…
Oui,
mais enfin,
les tweets,
ce n'est pas une signature en
bas de l'unité. Ce n'est pas une signature en bas de l'unité. Pour vous, ce n'est pas vrai.
Non, non, elle fera ce qu'elle veut. Elle est tout à fait libre, voilà. Bon, évidemment, mais moi, je prends les faits quand ils sont avérés, voilà.
Est-ce que vous craignez qu'il y
ait
d'autres départs du groupe LR vers le groupe
RNULR ? Non,
je ne pense pas. Non, je ne pense pas.
Non,
non, je ne
pense pas. Pas d'inquiétude.
Parce qu'au
RN, on dit, on discute avec des centristes, avec des LR qui pourraient…
Oh,
ils discutent avec tout le monde. Oui,
potentiellement
nous rejoindre. Mais ils sont
15, c'est-à-dire qu
'ils
font partie des groupes
qui
seront de la même taille que les radicaux, les écologistes. Enfin, voilà, on a maintenant pas mal de groupes qui sont composés entre 12 et 15, 18 sénateurs, voilà, qui sont des groupes qui sont souvent soit dans la minorité, soit dans l'opposition.
Et le fait qu
'il
y
ait
moins de sénateurs au groupe LR après ce renouvellement, vous avez l'impression d'une perte de vitesse des LR
? Non, pas du tout. Vous savez, on est le premier groupe, donc c'est normal que c'est nous qui en perdions, entre guillemets, le plus en valeur
absolue. Ça fait deux renouvellements
que vous en perdez.
En
pourcentage, on en perd beaucoup moins que d'autres groupes. Donc non, tout est normal. Voilà. Pour le moment…
Et nous sommes
confortés. Très honnêtement, moi je suis très contente de ces élections, notamment pour notre groupe. On n'était pas… Voilà, je trouve que c'est bien. Je trouve qu'on a bien
résisté,
y compris dans les départements du Sud. Vous voyez, on regardait avec beaucoup d'attention par exemple les Alpes-Maritimes. Alors certes, il y a deux élus RN, mais les élections ont dit les choses. On a perdu la ville de Nice, malheureusement. Et donc,
je trouve que la
résistance à la fois de Dominique Estrosi et d'Alexandra Borchio est remarquable.
Là, vous dites qu'il y aura très peu, voire pas de sénateurs qui franchiront la ligne. Est-ce que vous redoutez que si le RN remporte la présidentielle, là,
il
y
a une hémorragie de sénateurs LR vers le groupe ?
Chaque chose en son temps, Yann, non, je ne pense pas. Notre groupe est solide et nos convictions sont fortes. Donc je pense que chacun aura à cœur de garder… D'ailleurs, de garder ce qui sera très important et qui l'est toujours depuis longtemps, que les Français ont bien compris maintenant, c'est la qualité de contre-pouvoir du Sénat. Voilà, nous sommes indépendants du pouvoir, quels qu'ils soient. Moi, j'étais parlementaire sous Nicolas Sarkozy et Nicolas Sarkozy disposait à la fois de la majorité à l'Assemblée nationale et au Sénat. Je me rappelle que de temps en temps, il était agacé par les positions du Sénat parce que le Sénat est indépendant des gouvernements.
La
dernière étape du renouvellement, parce que ça continue, Stéphane, ce sera la désignation du bureau du Sénat et des membres des différentes commissions.
Oui,
ça sera mardi prochain. On connaîtra donc les huit vice-présidents, les trois questeurs et puis les quatorze secrétaires du Sénat. Les questeurs, ce sont ceux qui gèrent les finances du Sénat. Assez logiquement, chaque groupe sera représenté à la proportion de son nombre de sénateurs. Il y
a
un système, une forme de points pour répartir ces postes-là. Le RN devrait donc
faire
son entrée au bureau.
On
se rappelle qu'en 2024, du côté de l'Assemblée nationale, cette fois, la gauche avait dit pas de RN au bureau alors que le RN était arrivé, avait le premier groupe, si on prenait le groupe en valeur absolue de députés. Pendant un an, il
n
'y avait pas eu de députés RN au bureau de l'Assemblée nationale. Est-ce que
vous
craignez qu'il
y
ait un appel de la gauche à faire la même chose ici au Sénat ?
Je pense que le président du Sénat, qui probablement sera Gérard Hachet à partir de jeudi, de nouveau, sera attentif à ce que le règlement du Sénat soit absolument appliqué dans toutes ses dimensions. Je pense que plus on fait des manœuvres comme ça, plus on renforce, plus on victimise, plus on renforce. Donc, je pense que c'est une erreur et pour éviter ces erreurs, il y a quelque chose de très simple, c'est de respecter la règle et de respecter le règlement et d'appliquer scrupuleusement le règlement aux résultats démocratiques des élections.
Donc,
vous ne comprendriez pas qu'il y ait un appel, en tout cas de la gauche, à ce qu'il n
'y ait
pas de... Je
pense que la gauche fait
cette erreur depuis tellement d'années.
Elle ne
l'a
pas fait, pour le moment.
Il
faut
qu'il faudrait qu'ils arrêtent
et
qu'ils combattent par les idées.
Et le dernier rendez-vous, ce sera la composition des commissions permanentes et spéciales. Ça, ce sera mercredi prochain. Voilà. Après, le Sénat pourra commencer ses travaux.
La semaine du 12 octobre. La semaine
du 12 octobre en séance publique, tout à fait.
On suivra ça. On va terminer par les
unes de la
presse régionale. On va terminer par les unes de la presse régionale.
On
va la regarder.
On
en a sélectionné trois. La une du républicain Lorrain, le pape apôtre de la paix à Metz. Des dizaines de milliers de personnes qui ont applaudi hier dans les rues de Metz. Le pape Léon XIV venu délivrer des messages très forts de paix pour l'Europe dans la ville de Robert Schumann. La deuxième une, celle de West France. Pompiers, policiers, soignants. Pourquoi ils manifestent à l'appel de huit fédérations de la fonction publique. Les agents de l'État, des hôpitaux, des collectivités manifestent aujourd'hui. Ils demandent notamment des revalorisations de salaires.
Et
puis la une du télégramme. Les retraités ciblés par le budget face au déficit des finances publiques, le gouvernement qui envisage de les mettre davantage à contribution. De quelle une avez-vous envie de nous
parler ? Des
trois parce qu'elles sont très révélatrices de notre moment politique. Le pape, quand même formidable, élan. La France
l
'a accueillie, je trouve, dans de bonnes conditions et quelle que soit la religion des uns et des autres a reconnu que cette espèce de bulle que nous a offert ce pape était une bulle d'abord d'union entre les Français et puis un formidable message d'espoir au moment où politiquement on est tout le
temps
en train de se chamailler sur des choses très importantes. Ça nous permet de relever la tête et de se dire on a besoin d'espérance et on a besoin d'un cap et on a besoin d'horizon. C'était un formidable message que le pape a adressé. On va se quitter sur ces belles paroles.
Merci
Sophie Prima. Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour Chez Vous.
Sophie Primas