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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 22 juin 2017 23 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieJustice

François de Rugy, candidat à la présidence de l'Assemblée, défend un projet avec "30% de députés en moins"

Au micro : Gilles BornsteinSource d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 69 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:36OuverteRéponse partielle

    Avez-vous un commentaire général sur le nouveau gouvernement après le remaniement ?

  • 3:11RelanceRéponse partielle

    Diriez-vous comme François Bayrou qu'on est entré dans une ère de la dénonciation ?

  • 7:35OuverteRéponse directe

    Pourquoi voulez-vous être président de l'Assemblée Nationale ?

  • 9:58OuverteRéponse directe

    Quelle dose de proportionnelle demandez-vous ?

  • 10:45FerméeÉludée

    Avez-vous l'accord d'Emmanuel Macron pour être candidat ?

  • 16:50OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce qui légitime la nomination de Florence Parly au ministère de la Défense ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:56InvitéFait
    « Il y a en effet un certain nombre de forces et de puissances pour qui la moralisation de la vie publique serait un obstacle à leur influence et à leur levier. »
  • 5:47InvitéChiffre
    « J'ai été élu deux fois, une fois dans l'opposition, une fois dans la majorité. Et je suis réélu pour une troisième et dernière fois. »
  • 8:36InvitéPromesse
    « C'est à la fois la réduction du nombre de députés de 30%. »
  • 8:48InvitéPromesse
    « L'introduction d'une dose de proportionnelle, cela fait aussi partie de notre projet. »
  • 8:51InvitéPromesse
    « La limitation à 3 du nombre de mandats de parlementaires. »
  • 9:37InvitéPromesse
    « Il faut que ce soit le cas également pour les députés. »
  • 21:16InvitéFait
    « Il a lui-même parlé de Sivins puissance 1000. »
  • 22:34InvitéPromesse
    « Une décision sera prise avant la fin de l'année. »

Temps de parole

  • Invité73 %
  • Présentateur13 %
  • Invité 26 %
  • Présentateur 24 %

4,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:02
Présentateur

Et bienvenue dans l'émission politique de France Info, on est ensemble jusqu'à 9h comme tous les matins, bonjour Jean-Michel Apathy, Gilles Bornstein est là également avec Guy Birenbaum et notre invité ce matin est député La République En Marche de Loire-Atlantique. Bonjour François de Rugy, vous êtes donc député, c'est votre troisième mandat que vous allez entamer, vous êtes candidat à la présidence de l'Assemblée Nationale, ce poste prestigieux convoité évidemment sans doute par certains de vos collègues, on en parlera un petit peu après.

Avant je voudrais qu'on évoque le remaniement ministériel qui a eu lieu hier, l'équipe est donc au complet, je ne sais pas si vous avez un commentaire général sur ce nouveau gouvernement ?

0:45
Invité

En tout cas c'est le reflet de la promesse qu'avait faite Emmanuel Macron qui était d'avoir un gouvernement composé à la fois de personnalités venant de la gauche, de la droite, du centre, même un écologiste prestigieux avec Nicolas Hulot et également des personnalités, on dit issues de la société civile en tout cas qui sont là par leur expérience professionnelle plus que par l'exercice d'un mandat depuis de nombreuses années.

1:10
Présentateur

Donc il tient ses promesses Emmanuel Macron, c'est le constat que vous faites ce matin. On va écouter François Bayrou qui a expliqué hier pourquoi au fond il avait dû quitter le ministère de la justice et à l'entendre, vraiment il est quand même victime François Bayrou de ce qu'il ne nomme pas un complot mais ça y ressemble, on l'écoute.

1:29
Invité

Une campagne s'est développée à base de dénonciations anonymes dans le but de décrédibiliser la parole du ministre qui devait porter cette loi. Il y a en effet un certain nombre de forces et de puissances pour qui la moralisation de la vie publique serait un obstacle à leur influence et à leur levier. Vous y croyez ? En tout cas je constate que François Bayrou il a fait prévaloir l'esprit de responsabilité. C'est pas ma question. Oui mais c'est ma réponse parce que c'est un point important. Non, le premier ministre avait dit que si un ministre était mis en examen il devrait quitter le gouvernement.

Là on parle de personnes qui ne sont absolument pas mises en examen, qui ont simplement à répondre à des mises en cause, qui aujourd'hui sont des mises en cause dans la presse et qui font l'objet d'enquêtes préliminaires. Et François Bayrou l'a dit, c'est quand même un fait assez nouveau que le parquet, y compris le parquet national financier, que nous avons créé, ce sont nous les législateurs qui avons créé cette instance dans le précédent mandat, se saisissent de sujets sur la base simplement d'articles de presse. Comme quoi il n'y a pas ni des volontés d'enterrer telle ou telle chose, d'étouffer ou d'ignorer ce qui peut être révélé.

Pour autant ce qui est révélé n'est pas forcément vrai, on le sait bien. Et donc une enquête préliminaire est faite pour voir s'il y a matière ensuite à ouvrir une véritable instruction judiciaire. Et là dès avant toutes ces procédures, il y a donc trois ministres qui ont préféré quitter le gouvernement pour ne pas le mettre en difficulté. Ça crée un précédent fâcheux, c'est ce que vous voulez dire ?

Non, je ne dis pas que ça crée un précédent fâcheux, je dis que c'est un sens des responsabilités qui est assez élevé, de la même façon que François Bayrou avait fait preuve d'un sens des responsabilités assez élevé, en ne se présentant pas à l'élection présidentielle et en soutenant Emmanuel Macron dès le premier tour.

3:11
Présentateur

Pardonnez-moi juste une seconde, est-ce que vous diriez comme François Bayrou à l'instant qu'on est entré dans une ère de la dénonciation ? C'est ça qu'il dit en creux François Bayrou ?

3:17
Invité

Je l'ai entendu dire cela hier, je ne sais pas si nous sommes entrés dans une ère de la dénonciation. Ce que je sais, c'est que, et là je crois qu'il a raison, il y a une nouvelle forme de caisse de résonance entre les médias traditionnels qui font leur travail, eux qui payent des journalistes pour enquêter, pour recouper les informations, et les réseaux sociaux, Twitter, Facebook, etc. Et il y a, il faut bien le dire, un peu une course à l'échalote, parce que c'est acquis, feudra des révélations, extraira telle ou telle phrase prononcée il y a dix ans, retrouvera telle petite vidéo, etc. Pour mettre en cause quelqu'un.

3:51
Présentateur

Là, pas du tout. Là, pour le coup, non. Là, pour le coup, c'est le Front National qui dénonce à son tour, après avoir été pris la main dans le sac, des parlementaires européens qui ont mal rémunéré leurs députés, et puis quelqu'un qui travaille à la mairie de Paris, qui saisit la justice.

4:09
Invité

Et Jean-Michel Corine Lepage, dans un livre, en 2014, c'est pas les réseaux sociaux, ça s'appelle l'édition. Et tout le monde s'en fout en 2014, et là... Une enquête du Parisien là-dessus, non... Donc là... Non mais ce que je veux dire, c'est que... Ce qu'elle voulait dire, je pense, François Bayrou, c'est que ça, c'est une réalité. Non mais on peut faire comme si ça n'existait pas. Comme si on était encore dans le monde il y a dix ans, il y a vingt ans. Mais il y a une réalité qui est qu'aujourd'hui, un certain nombre de choses peuvent prendre une ampleur médiatique, donc politique.

Les politiques sont sommées d'ailleurs de commenter, de réagir aux commentaires qui a été faits par un précédent politique sur une précédente révélation, au point qu'on perd le fil. Vous avez bien fait de le redire d'ailleurs, ce fil. Mais on perd le fil, y compris de la responsabilité de chacune et chacun.

Quand je vois par exemple le parti Les Républicains faire un communiqué pour appeler à la démission immédiate de François Bayrou il y a 48 heures, alors que le même parti Les Républicains ne trouvait absolument pas problématique et absolument pas choquant que son candidat à l'élection présidentielle, lui, soit mis en examen et refuse d'aller s'expliquer devant la justice après avoir refusé de s'expliquer devant les Français, je pense qu'il est bon de ne pas perdre le fil. Gilles Banchtal, en fait. Alors revenons à la question de Jean-Michel sur le complot.

François Bayrou hier dénonce clairement des puissances, il ne dit pas lesquelles, mais on entend des puissances d'argent, qui auraient intérêt à ce que cette loi ne passe pas pour qu'ils puissent continuer à faire leur petit business tranquille. Est-ce que ça existe ? Et si oui, qui sait ? Moi, je n'ai pas forcément entendu des puissances d'argent. Il peut y avoir aussi des lobbies. Il y a aussi des forces politiques bien installées qui ne veulent pas que ça change. Moi, je peux vous le dire en tant que député à l'Assemblée nationale. J'ai été élu deux fois, une fois dans l'opposition, une fois dans la majorité. Et je suis réélu pour une troisième et dernière fois, d'ailleurs.

Eh bien, j'ai vu des collègues de différents partis tout faire pour que rien ne change, pour que l'opacité reste la règle, pour que le secret reste la règle, que la transparence soit l'exception, qu'on ne concède la transparence toujours qu'acculée devant des affaires. Et donc, ces personnes-là, en effet, ces partis-là, n'ont pas forcément envie qu'on aille au bout de la logique. Et c'est ça qui compte aussi avec le gouvernement d'Emmanuel Macron. C'est qu'on ne recule pas sur la question de la loi de transparence, de lutte contre les conflits d'intérêt, de modernisation de la vie politique.

J'espère qu'on en reparlera tout à l'heure pour l'Assemblée nationale, parce que c'est un chantier prioritaire pour l'Assemblée nationale, pour elle-même,

6:26
Présentateur

pas simplement pour l'ensemble de la vie politique. Mais vous pensez que des gens ont contraint François Bayrou à la démission, pour éviter que la loi soit votée ? Est-ce que c'est ce qu'il a dit ?

6:33
Invité

En tout cas, il y a des personnes qui feront tout pour que rien ne change, et qui donc s'attaqueront prioritairement à ceux qui sont porteurs du changement. Ça, j'en ai été non seulement témoin, mais également la victime.

6:44
Présentateur

Il faudrait que vous racontiez précisément.

6:46
Invité

Oui, parce que je vous raconterai un jour de quoi vous avez été témoin. Mais attendez, quand vous voyez comment Emmanuel Macron a été attaqué sans relâche pendant la campagne présidentielle, il était la cible de tous les autres candidats. François Bayrou l'attaquait notamment. Parce que c'était évident qu'il bouleversait un schéma politique traditionnel. Ensuite, il y a un gouvernement, et nous proposons un certain nombre de réformes. En effet, il y a une cible là aussi. Et les députés qui sont porteurs de ce changement, vous avez vu aussi ce qu'ils ont subi quand ils sont députés comme moi déjà, ou quand ils sont simplement candidats. Après, moi je ne suis pas dans le complotisme, jamais.

La théorie du complot, je pense qu'il vaut mieux l'éviter en politique. Ça, c'est clair et net aussi.

7:30
Présentateur

C'est François Derugy qui est avec nous jusqu'à 9h sur France Info. Question Gilles Bornstein.

7:35
Invité

Alors vous voulez, François Derugy, être président de l'Assemblée Nationale. À ce jour, vous êtes le seul candidat. Pourquoi voulez-vous être président de l'Assemblée Nationale ? Pourquoi faire ? Seul candidat déclaré. Oui, je propose ma candidature au groupe La République En Marche pour être président de l'Assemblée Nationale. Et je pense que le minimum, en effet, est de se déclarer candidat. J'imagine mal que l'on puisse postuler pour une fonction comme celle-là sans y avoir un petit peu réfléchi. Pour ma part, c'est à la fois fondé sur mon expérience.

Je pense que c'est un poste qui est important dans nos institutions et en particulier à l'Assemblée Nationale pour lequel l'expérience peut être utile. Et puis, par ailleurs, j'ai un projet pour réformer l'Assemblée Nationale au même titre, je dirais, dans le même mouvement qu'Emmanuel Macron. Ça comporte un projet de transformation. Et je pense que ça porte sur la démocratisation de l'Assemblée Nationale. On voit bien qu'il y a un procès en légitimité qui est fait depuis les élections compte tenu du fort taux d'abstention. Et il ne faut pas l'oublier. Ça porte, et il y aura des réformes que nous avons inscrites à notre programme, c'est à la fois la réduction du nombre de députés de 30%.

Il faut mener à bien cette réforme. Ça veut dire 400 députés à peu près ? Voilà, il faut être très déterminé sur le sujet. L'introduction d'une dose de proportionnelle, cela fait aussi partie de notre projet. Et la limitation à 3 du nombre de mandats de parlementaires. Et ça, c'est le projet pour un ministre de la Justice, pour un président de l'Assemblée Nationale. Merci, parce que là aussi, si l'Assemblée freine, si l'Assemblée refuse, c'est arrivé là aussi par le passé, ça ne se fera pas. Et donc, il faut que l'Assemblée soit une force motrice dans cet élan de réformes. Et c'est ce que je veux porter si je suis demain président de l'Assemblée Nationale.

Et par ailleurs, je pense qu'on peut aussi être plus démocratique dans l'utilisation, par exemple, des outils numériques. Il y a déjà eu des initiatives de fait pour que les citoyens puissent intervenir dans le processus législatif. Il y a aussi tout ce qui touche à la modernisation de l'institution. Je l'ai souvent dit, il n'est pas normal que l'Assemblée Nationale n'applique pas des règles communes, tout simplement. Ça va du régime de retraite des députés. Là aussi, on s'est engagé sur une réforme de faire converger tous les régimes de retraite en supprimant les régimes par spéciaux. Il faut que ce soit le cas également pour les députés.

La question, on l'a dit à une époque, des justificatifs par rapport aux dépenses qui sont effectuées par les députés sur les moyens qui leur sont alloués par la réserve parlementaire et ainsi de suite. C'est dans la loi de confiance. Oui, mais là aussi, c'est l'Assemblée qui devra en prendre l'initiative parce que ce sont des choses qui sont du ressort direct de l'Assemblée Nationale. C'est dans la loi. Quelle dose de proportionnelle vous a demandé Jean-Michel ? C'est un sujet qui n'a pas encore été tranché. Il y a eu des propositions par le passé. Certains ont 10%, 20%, etc. Non, mais ça, tout le monde nous dit qu'il y a plusieurs possibilités, mais personne ne nous dit laquelle.

Ça fera partie des discussions. Moi, je pense que c'est un sujet sur lequel on peut avoir une majorité plus large que la majorité du groupe La République En Marche avec son allié du Modem. Et donc, c'est quelque chose qu'on pourra discuter avec d'autres groupes pour celles et ceux qui ne seront pas dans l'obstruction et l'opposition systématique. Vous êtes le seul candidat pour l'instant. Il y en a d'autres qui ne sont pas déclarés. Je suis le seul candidat déclaré. Il y en a d'autres qui ne sont pas déclarés à votre connaissance ? À ma connaissance, non. D'accord. Mais moi, je respecte les échéances. Nous n'en avons pas encore discuté au sein du groupe La République En Marche.

Moi, j'enverrai tout ce que je dis et bien d'autres choses dans une lettre de candidature. Ça me paraît normal à tous mes collègues députés.

10:45
Présentateur

Vous avez l'accord d'Emmanuel Macron pour être candidat ?

10:47
Invité

Vous avez soutenu par le président de la République ? Non, il ne s'est pas exprimé publiquement. Vous en avez parlé avec lui ? Je ne vais sûrement pas m'exprimer à sa place. Vous en avez parlé avec lui ? Je vous redis exactement la même chose. Je n'ai pas vocation à m'exprimer à sa place. Ce serait assez... Non, mais je me permets une remarque sur la façon dont Emmanuel Macron fonctionne depuis qu'il est président de la République. Parce que ça, c'est un vrai changement avec ses prédécesseurs. Il maîtrise sa communication. Il ne s'épanche pas auprès des journalistes. Oui, mais moi, j'apprécie.

Et je crois que les Français apprécient qu'il ne s'épanche pas auprès des journalistes comme le faisait son prédécesseur. Et il n'est pas à parler à tort et à travers comme le faisait encore un autre prédécesseur. Et par ailleurs, il ne promet pas tout à tout le monde. Et il ne dit pas à tout le monde, « Ah, ce serait bien que tu sois ceci ou que tu sois cela. » Et il s'exprime quand il a pris une décision et quand il a un avis clair. Et donc, je pense qu'il aura l'occasion de le faire dans les jours qui viennent.

11:35
Présentateur

Mais pardon, là, la question, c'est plutôt, est-ce que c'est lui qui vous adoube et qui dit, d'accord, François Durugy, tu peux être président de l'Assemblée nationale ?

11:41
Invité

En tout cas, moi, je pense que c'est tout à fait légitime que le président de la République, compte tenu que c'est lui qui a créé le mouvement en marche, exprime un avis et un soutien pour telle ou telle candidature à la présidence du groupe à l'Assemblée nationale comme à la présidence de l'Assemblée, sachant qu'à la fin, ce sont bien sûr les députés qui décident par leur vote. Alors, on comprend que vous avez l'assentiment du président de la République. Il y en a un, par contre... C'est votre interprétation. Voilà. Il y en a un, par contre, qui trouve que vous avez toutes les qualités, sauf une, c'est Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement. On l'écoute.

Est-ce qu'il est possible qu'une femme soit présidente de l'Assemblée nationale ? C'est fortement possible. D'abord, il faudra la parité dans toutes les commissions, dans tous les postes importants de l'Assemblée nationale. Et la présidence de l'Assemblée nationale serait un symbole fort. François Derogé, ça aurait été un problème, là, quand même. Ce qui est sûr, c'est qu'on ne peut pas faire la parité sur un seul poste. C'est sûr. On ne peut pas faire la parité sur le président de la République, sur le Premier ministre. Donc, bien sûr... L'idée était de faire la parité sur les deux postes. Richard Ferrand est promis au groupe. Richard Ferrand est un homme.

La logique était que la présidence de l'Assemblée nationale soit réservée à une femme. C'est ce qu'on nous a souvent dit à la tête de l'exécutif. Ah, donc vous, vous avez eu des échanges avec le président de la République sur ce sujet. Non, mais avec d'autres. Non, mais j'ai bien entendu ce qu'a dit Christophe Castaner. D'abord, je le remercie de considérer que j'ai beaucoup de qualités, sinon toutes les qualités, pour être président de l'Assemblée nationale, puisqu'il l'a dit à plusieurs reprises. Après, sur le fait d'être une femme, ça, je ne peux pas vous le cacher. Je suis un homme.

Si jamais la seule question pour la présidence de l'Assemblée nationale est celle-là, eh bien, en effet, je ne pourrais pas être candidat. Si le seul critère est celui-là, je le dirais à mes collègues, tranquillement, à ce moment-là, je ne serai pas candidat, évidemment. Mais j'ai cru comprendre en discutant avec beaucoup de mes collègues, car depuis lundi, moi, en tant que député qui connaît l'Assemblée nationale, j'accueille beaucoup de nouveaux collègues, de nouvelles collègues, et qu'ils soient nouveaux ou nouvelles députés, ils et elles me disent qu'en effet, c'est un sujet, la présidence de l'Assemblée nationale, sur lequel il y a plusieurs critères à prendre en compte.

13:36
Présentateur

Richard Ferrand a été conduit à quitter le gouvernement à cause de l'enquête préliminaire qui est ouverte à Brest sur son passé de dirigeant de la Mutuelle de Bretagne.

13:49
Invité

Ça, c'est votre interprétation. Il est amené à quitter le gouvernement pour prendre la tête du groupe parlementaire à l'Assemblée nationale de la République en marche.

13:55
Présentateur

C'est ça, et on nous dit que c'est une promotion.

13:57
Invité

C'est un poste extrêmement important d'être le président du groupe majoritaire à l'Assemblée nationale.

14:02
Présentateur

Mais quand on fait de la politique, en général, être ministre, c'est quand même mieux qu'être président de groupe. Enfin bon, c'est vraiment... Dans le nouveau monde, la hiérarchie est très différente.

14:09
Invité

Vous le dites à un ancien président de groupe, mais moi je n'étais pas président d'un groupe majoritaire.

14:14
Présentateur

Mais vous convenez qu'être ministre, c'est quand même pas mal, quoi.

14:17
Invité

Je pense que, particulièrement dans cette situation politique inédite que nous vivons, le fait d'être président d'un groupe parlementaire de 300 députés qui est composé à 90% de nouveaux et nouvelles députés, qui devra donc articuler, animer l'articulation entre le gouvernement et la majorité parlementaire, c'est un poste à haute responsabilité, et pour lequel Richard Ferrand est tout à fait qualifié. Vous voyez, on parlait des qualités pour occuper un poste. Eh bien, je pense que Richard Ferrand, il avait toutes les qualités et que personne ne le conteste. C'est-à-dire, je pense qu'il n'y aura pas d'autres candidats pour la présidence du groupe samedi matin.

Et le fait qu'il y ait une inquiétude du judiciaire à son propos n'est pas un problème ? C'est la même chose que ce que nous avons dit tout à l'heure. Il y a eu des accusations qui ont été portées contre lui. Au départ, il n'y avait même pas eu d'enquête préliminaire. Finalement, il y en a eu une d'ouverte, et on verra ce qu'elle donne. Mais pour l'instant, il n'y a aucune accusation qui ait été confirmée valant délit ou instruction judiciaire.

15:16
Présentateur

Donc vous voterez pour Richard Ferrand lorsqu'il se présente ?

15:18
Invité

Je pense que Richard Ferrand est vraiment un très bon candidat pour être président du groupe La République En Marche à l'Assemblée nationale.

15:24
Présentateur

Est-ce que c'est une assemblée qui pourrait être dure à gérer, notamment lors des débats, puisqu'il y a plusieurs personnalités assez fortes qui seront là ? Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ?

15:34
Invité

Je peux vous dire que j'étais à l'Assemblée nationale mardi quand Jean-Luc Mélenchon y a fait son entrée théâtralisée avec ses collègues. Donc oui, nous sommes prévenus. Nous savons à quoi nous en tenir. Nous savons qu'il y a un certain nombre de députés de la gauche radicale autour de Jean-Luc Mélenchon, d'extrême droite autour de Marine Le Pen, et qui vont vouloir faire à l'Assemblée nationale le cirque qu'ils font habituellement dans les médias, dans les campagnes électorales. Par ailleurs, nous savons aussi qu'il va y avoir des surenchères à droite entre le groupe Les Républicains, on va dire, là aussi plus radicalisés et ceux qui ont décidé d'être plus constructifs.

Il y aura beaucoup de groupes parlementaires. J'en ai déjà compté 7, peut-être 8, ce qui est inédit. En général, il y en avait 4 ou 5 ou 6. Donc ce sera en effet une Assemblée nationale particulière.

16:27
Présentateur

L'émission politique de France Info se poursuit jusqu'à 9h. Question Jean-Michel Apathy. Une nomination peut paraître curieuse dans le gouvernement qui a été annoncé hier, mais comme c'est le Nouveau Monde, vous avez peut-être une clé d'explication. Florence Parly a passé les 15 dernières années à Air France et à la SNCF. Avant, elle était spécialiste en question budgétaire. Et la voilà, ministre de la Défense, sans qu'on comprenne, dans son passé, ce qui légitime une telle nomination. Est-ce que vous avez une explication, François de Rugy ?

16:53
Invité

Je pense que c'est une femme de grande qualité et qui a de l'expérience. Personne ne le conteste. Elle a une expérience mixte, elle, justement. Oui, mais elle a une expérience politique. Mais là, on parle de la Défense. Parce qu'elle a été ministre du budget pendant deux ans, ce qui est un poste difficile. Et en plus, à une époque, entre 2000 et 2002, où il y avait Laurent Fabius comme ministre de l'économie, Lionel Jospin qui était Premier ministre, en situation de cohabitation, les finances étaient déjà, comme toujours, un sujet difficile à gérer. Et elle a eu des postes importants dans des grandes entreprises.

Donc, moi, je pense qu'elle a toutes les qualités requises pour faire une très bonne ministre.

17:29
Présentateur

Pour décider où la France part en opération ? Qu'est-ce qui, dans son passé, non, sérieux, qu'est-ce qui, dans son passé, légitime sa nomination au ministère de la Défense ? C'est une question. Parce qu'on ne comprend pas toujours le nouveau monde. Nous, on est un peu de l'ancien.

17:41
Invité

Et nous, on est du vieux monde. Moi, je ne pense pas que vous soyez du vieux monde. C'est genre aussi, au contraire. Qu'est-ce qui légitime sa nomination ? C'est sans doute à la pointe de l'innovation, à France Info.

17:49
Présentateur

Qu'est-ce qui légitime sa nomination ?

17:51
Invité

Moi, je vous le redis. C'est cette double expérience qui me paraît utile dans un gouvernement qui parie, justement, sur un mélange entre des expériences politiques importantes et des expériences qui sont plutôt dans le monde, on va dire, de l'entreprise, dans le monde des associations, de syndicats stars. Florence Parly, elle est une des rares, d'ailleurs, à avoir les deux. Mais nous conviendrons que ça n'a aucun rapport avec les questions militaires. Ce n'est pas, non. Elle n'est pas une ancienne générale d'armée. Par ailleurs, je ne suis pas sûr. Qu'il soit toujours bon de mettre un général à la tête du ministère de la Défense. Ou même une générale, même si c'est assez rare.

18:24
Présentateur

On cite la nomination de Nicole Belloubet. C'est Nicole, c'est son prénom. En disant que c'est une magistrate. À ce titre, puisque son travail de magistrat a été reconnu, elle a été nommée au Conseil constitutionnel. Et donc, aujourd'hui, elle est très légitime pour être ministre de la Justice. Également. Et ça, on comprend. Voilà. Ça, c'est évident. Ah bon, bah écoutez.

18:43
Invité

Mais Florence Parly, on comprend pas. Je pense apprendre à comprendre l'expérience de Florence Parly. Regardez, Michel Alliomari a été ministre de la Défense pendant 5 ans. Et personne, je crois, n'a pu contester l'autorité qu'elle a eue dans cette fonction. Auparavant, elle n'avait jamais été ministre dans ce secteur-là. Elle avait été ministre de la Jeunesse et des Sports. Elle avait été ministre de l'Université. Et donc, elle a fait une très bonne ministre de la Défense. Même si moi, je ne partageais pas ses options politiques. Et je pense qu'il en sera de même avec Florence Parly.

19:11
Présentateur

On a peut-être tort de penser que des hommes politiques peuvent s'adapter à différentes fonctions. Par ailleurs, dans le passé... Des femmes politiques, également. Des femmes politiques, des responsables politiques. Alors, unifiant le terme. Et peut-être, il faudrait regarder, Michel Alliomari va peut-être siéger dans les commissions de Défense ou comme ça. Un responsable politique a l'occasion de se frotter à divers secteurs. Quelqu'un qui a travaillé 15 ans à Air France, il a travaillé 15 ans à Air France.

19:31
Invité

Il y a dans votre circonscription, je ne sais pas comment appeler ça, enfin, il y a Notre-Dame-des-Landes. Ce n'est pas dans ma circonscription. Contrairement à une légende, ce n'est pas dans ma circonscription. Ce n'est pas loin. Ma circonscription est à Nantes, Orvaux et Sautran. Très bien. Et ce n'est pas très loin, je vous le conseille. C'est en Loire-Atlantique. C'est un très beau département dans une très belle région, la Bretagne. Vous êtes opposé à la construction de cet aéroport. Alors, on sait qu'il y a des médiateurs qui ont été nommés. Bref, on a compris que ça... Engagement pris, engagement tenu. L'engagement de nommer des médiateurs, ce n'est pas non plus...

Il y a un autre engagement qui a été pris, c'est celui des électeurs qui ont voté pour que cet aéroport se construise. Or, on a compris que ça va être enterré. Et vous comprenez, beaucoup plus vite et beaucoup mieux que nous... Est-ce que vous voulez qu'on fasse un petit pari ? Les choses sont assez simples. Emmanuel Macron, avant l'élection présidentielle, il dit cela. Il dit qu'il y a eu un vote. On a commencé, les choses sont assez simples. Les électeurs de l'endroit ont voté pour que l'aéroport se fasse. Premier point. Et ? Et ? A continuer. Donc, vous voyez bien que ça n'a pas tout réglé. Non.

Vous voyez bien que les tensions, les crispations et la situation de blocage qu'il y a sur le terrain, puisque vous rappelez que je suis un élu de ce département, et depuis longtemps, je la connais, je pense, mieux que quiconque. Les tensions, je les connais mieux que quiconque. J'en suis moi-même la victime, y compris les courants les plus radicaux qui s'opposent à ce projet et qui s'attaquent à moi. Donc, je sais ce qu'il en est. Emmanuel Macron a dit deux choses avant l'élection présidentielle.

Il a dit, je constate qu'en effet, il y a eu ce vote, qu'il y a eu des procédures juridiques, etc., qui ont plutôt validé le projet, et qu'en même temps, le chantier n'a jamais été lancé à cause de ces tensions, de ces blocages. Et que si on voulait le faire, il faudrait mener une opération de police et de gendarmerie de très grande ampleur qui, par ailleurs, présente des risques réels. Il a lui-même parlé de Sivins puissance 1000. Chacun sait ce que ça veut dire. Sivins, pour un projet beaucoup plus modeste, sur lequel il y avait beaucoup moins d'opposants, il y a eu un mort lors d'une manifestation. Et je peux vous dire qu'en Loire-Atlantique, on sait ce que c'est.

Il y a déjà eu une tentative d'évacuation, contrairement à ce que disent des gens. L'État a essayé d'évacuer la zone en octobre-novembre 2012, avec plusieurs centaines de policiers et de gendarmes pendant plusieurs mois. Et ça s'est soldé par énormément de tensions, des blessés, et on n'est sans doute pas passé loin de la mort, y compris de gendarmes ou de policiers. Donc Emmanuel Macron est un homme responsable et pragmatique dans ce domaine-là, comme dans d'autres. Et donc il fait ce constat, il dit, même si, lui, à titre personnel, il est plutôt pour ce projet, que par ailleurs, il y a eu ce vote, eh bien on ne fait pas comme si de rien n'était.

On ne fait pas des déclarations à l'emporte-pièce, comme en ont fait M. Retailleau, ou même avant lui, M. Valls, Premier ministre... Donc le suffrage universel, il n'y avait rien.

22:05
Présentateur

C'est-à-dire que la contestation sur le terrain est plus forte que le suffrage universel.

22:08
Invité

Et c'est pour ça qu'il a dit qu'on allait, et il a par ailleurs dit ma proposition, c'est de nommer des médiateurs. Et c'est fait. Là aussi, les gens sont surpris qu'une promesse faite avant les élections soit tenue juste après les élections.

22:20
Présentateur

Si après un vote, les addis ne sont pas partis, après trois médiateurs, honnêtement, on ne voit pas pourquoi ils débarrassent le terrain. Donc le problème restera exactement le même.

22:25
Invité

Le but de la médiation, c'est enfin de faire une chose qui n'a jamais été faite, c'est de mettre en face à face les avantages et les inconvénients du projet de Notre-Dame-des-Landes et du réaménagement de l'air en fort actuel. Et ensuite, une décision sera prise avant la fin de l'année. Très vite, Guy Biranbaum. Les loups. Deux loups supplémentaires vont être abattus. Est-ce que ça vous choque ? C'est une décision de Nicolas Hulot. Je me souviens d'un député qui en 2011 s'était élevé contre l'abattage supplémentaire de loups. Je crois qu'il s'appelait François de Rugy. Oui, moi je suis toujours réticent par rapport à cela. Donc vous n'êtes pas d'accord avec Nicolas Hulot ?

Écoutez, non mais attendez. Si on juge notre cohérence politique avec Nicolas Hulot uniquement sur ce sujet, excusez-moi de vous le dire, avec justement tout l'attachement que j'ai à la protection animale, à la faune sauvage, etc. C'est un peu court. Barbara Pompili, qui a été secrétaire d'État en charge de la biodiversité, elle a travaillé sur ce sujet et elle pourrait vous dire à quel point c'est complexe.

23:14
Présentateur

Voilà, ne criez pas au loup, Guy Biranbaum. Merci d'avoir accepté l'invitation de France à vous. Et à demain.