Discours du Président Emmanuel Macron sur le devenir de l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon.
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« Jamais la France n'avait à ce point investi sur l'archipel. »
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« Le gouvernement a décidé des 19 millions d'euros d'investissement nécessaires et les travaux pourront donc commencer dès 2027. »
- 9:59PrésentateurChiffre
« Nous renouvellerons l'équivalent du fonds pêche à hauteur de 400 000 euros. »
- 10:40PrésentateurFait
« Le changement climatique et ses dérèglements se voient chaque jour. »
- 11:00PrésentateurFait
« Conformément à l'annonce qui avait été faite par le président Hollande en 2014, les travaux ont été enclenchés pour accompagner Miquelon dans la relocalisation du village. »
- 11:55PrésentateurChiffre
« Le gouvernement a décidé de continuer à investir à vos côtés pour les 98 parcelles de la phase 2 et continuer à avancer pour se donner sur les 5 années qui viennent la possibilité de reloger ce qui doit être à peu près la moitié du village. »
- 12:53PrésentateurChiffre
« Nous avons pu porter à 3, puis à 8, et maintenant à 12, le nombre de vols directs. »
- 17:12PrésentateurChiffre
« C'est plusieurs millions d'euros d'investissement sur le territoire. »
Temps de parole
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Monsieur le maire de Miquelon, mesdames, messieurs les élus, madame l'ambassadrice, mesdames, messieurs, messieurs l'ambassadeur, mesdames, messieurs, en vos grades et qualités, chers amis, chère Saint-Pierrez, chère Saint-Pierrez, merci d'être là ce soir
et
je suis très heureux de vous retrouver.
Quand
j'arrivais, une dame là-bas me disait que vous êtes le cinquième président à qui je serre la main.
Cette
dame m'aura donc vu tous les présidents de la République,
de
la Ve République française qui sont
passés
par Saint-Pierre-et-Miquelon.
Alors
je sais que vous m'avez un peu attendu
et
moi, je suis heureux d'être là, finalement,
avec
vous. Heureux d'être là,
dans
cette
terre
de France,
en
Amérique du Nord,
dans
cette terre de femmes et d'hommes courageux qui l'ont forgé,
les
uns
paysans
venant d'Acadie
et
fondant Miquelon,
les
autres pêcheurs,
bretons,
normands, basques,
puis
venant de la région,
construisant
ici une terre singulière
qui
a choisi la France et la République. Et elle l'a choisie,
si
je puis dire, à plusieurs reprises,
en
la rejoignant
et
en contribuant à la libérer.
Et
c'était très émouvant d'être avec plusieurs d'entre vous
en
début d'après-midi et avec le Premier ministre canadien
et
de rendre hommage
à
nos compatriotes
qui
n'ont pas simplement contribué à libérer
ce
territoire aux côtés d'admiral Muselier, mais qui ont décidé, en conscience, de rejoindre la France libre
et
de s'engager.
Tout
ça pour vous dire combien je suis fier et heureux d'être avec vous ce soir,
de
vous dire la fierté de cette part de France,
si
loin pour certains de Paris, mais si ancré dans notre histoire,
nos
valeurs,
nos
intérêts stratégiques.
Et
combien vous pouvez être fier et heureux
de
ce que l'archipel porte
dans
cette région
dont
les enjeux sont essentiels.
Nous
l'avons encore revu ces derniers mois avec les coups de boutoirs envoyés au Groenland,
s
'il fallait comprendre que
la
région était ô combien stratégique
et
se trouvait en effet si proche
de
nos amis canadiens,
si
peu lointains
de
nos alliés historiques américains
et
ancré
dans
cette région si stratégique,
eh
bien l'actualité nous l'a rappelé. Alors oui, je suis fier et heureux d'être parmi vous et je veux que vous soyez fiers
et
heureuses d'être là, de porter les valeurs, l'histoire de ce territoire à travers votre activité, vos familles, votre engagement.
Et
au fond, je voulais,
par
ces mots ici prononcés, essayer de vous dire ce que nous avons essayé de faire ensemble ces dernières années
et
ce que nous voulons ensemble porter pour les années qui viennent.
D
'abord, en commençant, nul ne peut sous-estimer le choc qu'a été 1992.
Vous
l'avez ici vécu dans votre chair.
Les
conséquences ont été immédiates,
la
baisse d'activité économique, la déprise démographique,
le
sentiment d'avoir été abandonné par la France, en tout cas pas suffisamment défendue,
le
sentiment de vivre maintenant avec un voisin qui nous traitait injustement
d
'avoir vu la pêche
qui
était si importante pour le territoire et avait marqué
ces
années heureuses, ainsi se détricoter.
Et
je ne sous-estime rien de tout cela,
rien. Mais
ce que nous avons essayé de faire durant ces dix dernières années ensemble,
et
je veux ici rendre hommage au travail constant de vos élus
et
d'Annick Girardin qui, pendant plusieurs années, a été à mes côtés comme ministre en charge
de
la mer et de nos Outre-mer et qui a porté cette conviction,
ce
que nous avons essayé de faire,
c
'est de réinvestir profondément
dans
Saint-Pierre-et-Miquelon.
Et
si vous aviez un doute sur ce que Paris pouvait penser de Saint-Pierre-et-Miquelon, regardez avec lucidité ce qui a été fait durant les dix années qui viennent de s'écouler. Jamais la France n'avait à ce point investi sur l'archipel. Jamais. Ces dix dernières années, d'abord, c'est un investissement que nous faisons chaque jour en fonctionnement
à
travers
nos
fonctionnaires d'Etat, nos agents publics.
Et
je les en remercie. Je sais que vous êtes là nombreux. Près de 60 % de l'activité de l'archipel est faite par cette activité publique et nos agents. Nous en sommes fiers.
Et
cet investissement, nous l'avons poursuivi.
Mais
c'est un investissement nouveau que nous avons aussi décidé. C'est 500 millions
d
'euros qui ont été investis durant les dix dernières années sur le territoire,
ce
qui fait que, par nombre d'habitants, c'est de très loin le territoire ultramarin dans lequel nous avons le plus investi, aux côtés des collectivités,
pour
des projets de chaque jour.
J
'y reviendrai,
à
Miquelon, sur le village, sur les quais, ici et là. Et donc,
ayez
bien une chose présente à l'esprit, ce qui a été fait durant les dix dernières années, ça a été d'essayer de remettre à flot l'archipel après le choc de 92, de réinvestir, d'aller de l'avant, de donner de la clarté.
Et
c'est ce que nous voulons continuer de conforter.
Le
port, d'abord, les ports.
Et
je veux ici dire que ce qui a été décidé pour le quai du port de Miquelon sera fait jusqu'au bout, dans la durée, et les 13 millions d'euros d'investissement.
Vous
direz aussi qu'au-delà des travaux qui ont déjà été faits à Saint-Pierre, de ce qui a été fait
sur
le quai de Croisière,
je
sais que beaucoup attendent qu'on confirme pour le quai du commerce en investissement, il sera bien rénové.
Et
le gouvernement a décidé des 19 millions d'euros d'investissement nécessaires et les travaux pourront donc commencer dès 2027.
C
'était attendu, c'est une décision qui est cohérente avec ce que nous avons fait ces dernières années et qui va permettre de rattraper le retard en termes d'infrastructures
qui
étaient dénoncées par certains.
Et
ça doit s'accompagner de plusieurs choses.
D
'abord, une organisation nouvelle entre l'Etat, les collectivités territoriales, la collectivité territoriale, les communes, les acteurs économiques, aller chercher les fonds européens, les emprunts de long terme, la défiscalisation pour donner toute l'ambition à ces infrastructures.
Parce
que derrière,
il
faudrait faire fonctionner
avec
des organisations plus souples et plus ambitieuses.
Et
puis,
c
'est ce qui va permettre de diversifier, mais encore faut-il s'en saisir, les activités, la pêche, le fret,
passages
et transbordements, croisières. Et là, les investissements déjà faits permettent de remonter le nombre des escales. On l'a vu dès 2026.
Et
nous aurons la même ambition pour les années à venir
et
la plaisance. Investir dans les infrastructures et dans le port, c'est ce que nous avons fait ces dernières années, c'est ce que nous continuerons et c'est ce qui doit être consolidé.
Et
à cet égard, je veux remercier le président de CCI France, M. Alain Crescenzo, Alain Di Crescenzo, qui est à nos côtés, qui vient d'animer la table ronde économique, cher Alain,
et
qui, en effet, CCI France doit gérer plus de 90 ports d'ores et déjà aujourd'hui,
et
donc qui va être là aussi pour aider à cette gouvernance, vous aider à gérer le port de la meilleure manière avec l'ensemble des partenaires économiques pour porter cette ambition.
Ensuite,
c
'est
la pêche.
Je
le disais, 92 a été un choc et aujourd'hui,
c
'est 1% de l'activité,
mais nous
devons continuer de pouvoir avancer sur la pêche
et
aller plus loin. Aujourd'hui, on n'exploite pas toute la biomasse disponible dans la zone économique exclusive
et
surtout, on ne la transforme pas.
Et
donc, ce faisant, vous voyez bien qu'on perd des opportunités et qu'on pourrait
aller
plus loin, plus vite, plus fort, avec une organisation sans doute différente et avec une ambition redoublée. Et c'est cela, ce que nous voulons faire avec vous.
D
'abord,
en
améliorant la connaissance.
L
'IFREMER relancera les travaux avec l'ARDA pour mieux connaître le stock,
aider
au choix,
pouvoir
mesurer, suivre ce qui est disponible et améliorer les choses. Ensuite, nous avons besoin de structurer
la
filière pêche.
C
'est pour cela que le président du Comité national des pêches, M. Lenezet, nous accompagne. Il a commencé le travail. On en a vu tout à l'heure à Miquelon.
On
verra aussi d'autres
représentants
de la filière
demain.
Et je remercie aussi le travail de Loïc Lenné, l'administrateur général, à cet égard.
Nous
devons réussir à structurer, regrouper dans une organisation professionnelle l'ensemble des pêcheurs, réussir à bâtir un plan pluriannuel et construire la bonne stratégie aussi pour mieux valoriser les produits de la pêche
et
se faisant en tirer davantage de richesse.
Cette
stratégie est clé.
Nous
devons aussi développer
la
filière qui a fait l'objet d'investissements.
Et
là aussi, je veux vous dire que nous renouvellerons l'équivalent du fonds pêche
à
hauteur de 400 000 euros pour pouvoir, là aussi, poursuivre la modernisation et les investissements
qui
sont attendus.
Et
puis, comme beaucoup le veulent, attirer des investisseurs nouveaux
qui
participeront à cette ambition, en particulier sur la partie transformation. Cette ambition pour la pêche est essentielle. Nous avons les moyens de la réussir.
Et
donc, il faut redoubler d'efforts, d'investissements comme ceux que je viens d'évoquer, mais aussi d'organisation et d'ambition.
Le
troisième élément sur lequel,
ces
dernières années, nous avons déjà beaucoup investi et nous allons poursuivre,
c
'est l'adaptation. Le changement climatique et ses dérèglements se voient chaque jour. Je serai demain à New York aux côtés de nombreux États insulaires qui le vivent. Et parfois, on a l'impression
que
ça se passe très loin de chez nous. On le vit ici,
dans
notre pays. vous le vivez,
en
particulier à Miquelon.
Et
donc, conformément à l'annonce qui avait été faite par le président Hollande en 2014, les travaux ont été enclenchés pour accompagner Miquelon dans la relocalisation du village et de pouvoir protéger les habitants progressivement pour préparer l'avenir
et
les prochaines générations
et
mettre en place un investissement inédit, ce qui est aussi un exemple pour beaucoup de nations qui regardaient et scrutaient à travers le monde
comme
un modèle
de
l'adaptation climatique.
Les
travaux ont été menés durant plusieurs années. La mobilisation du Fonds Barnier, y compris dans des techniques inédites. La décision a été prise en 2023
avec
beaucoup de travail de la ministre.
Et
la phase 1 a pu ainsi voir le jour. J'étais tout à l'heure aux côtés de certains de vos administrés, monsieur le maire, pour voir ce travail et ses premières transformations.
Je
vais ici vous dire que la phase 2 a été acceptée. Madame la ministre est venue le porter ici, mais le gouvernement a décidé de continuer à investir à vos côtés
pour
les 98 parcelles de la phase 2 et continuer à avancer pour se donner sur les 5 années qui viennent la possibilité de reloger ce qui doit être à peu près la moitié du village,
mais
aussi d'avoir justement la base vie,
ce
qui permettra, en cas d'événements climatiques
particulièrement adverses,
de protéger la population
et
de préparer l'avenir. Nous sommes fiers de cet investissement. Il est lui aussi inédit
et
il marque la volonté de la France de faire ici, à Miquelon, un exemple de ce qu'est l'adaptation au changement climatique
et
d'assumer
ces
investissements.
C
'est le même choix
que
nous avons fait en matière de continuité territoriale.
Vous
vous rappelez tout à l'heure
qu'en
2017,
il
n'y avait aucun vol direct entre Saint-Pierre et Paris. Aucun.
Par
l'investissement que nous avons fait
en
subventionnant
délégation
de services publics et un contrat d'équilibre,
nous
avons pu porter à 3, puis à 8, et maintenant à 12, le nombre de vols directs.
Nous
poursuivons l'ambition de faire davantage, mais
je
veux ici que vous mesuriez déjà l'investissement inédit qui a été fait durant les 10 dernières années et qui traduit ce que je vous dis depuis tout à l'heure. Et nous voulons consolider maintenant ce lien, consolider cette stratégie
et
permettre aussi de la diversifier, de la renforcer en favorisant la politique
de
transit des passagers
par
le Canada. Je sais qu'aujourd'hui,
l
'organisation n'est pas parfaite loin de là. Il y a des contraintes sur les transits. Il
y
a parfois, pour certains d'entre vous,
ça
a été évoqué hier par vos élus
dans
la réunion de travail que nous avons faite, des contraintes un peu incompréhensibles pour nous tous qui empêchent de passer par là et qui bloquent complètement du coup sur Saint-Pierre-et-Miquelon. Nous devons l'élever. Et c'est exactement ce travail que nous allons enclencher.
Et
puis, au-delà de cela, nous voulons continuer à avancer, investir et diversifier.
Nous
savons que l'un des défis,
c
'est de garder et même d'avoir davantage de main-d'oeuvre.
Et
donc, nous voulons faciliter les études pour nos jeunes. Là aussi, le gouvernement a pris la décision, avec le ministre des Outre-mer et son collègue de l'enseignement supérieur, de faciliter, de prendre en charge, d'ailleurs, les surcoûts d'études pour les jeunes qui iraient décider d'étudier au Canada. mais on veut les faire revenir.
Et
donc, nous devons bâtir une stratégie pour réattirer notre main-d'oeuvre,
les
jeunes de l'archipel qui sont partis et pour en attirer d'autres aussi qui contribueront au développement de l'archipel. On en a besoin.
Nous
devons consolider derrière la stratégie de logement portée par
la
collectivité
pour
l'aider à l'accélérer, reconvertir des logements, créer de nouveaux pour accueillir les jeunes qui auront à travailler et à participer à cette expansion.
Nous
voulons aussi contribuer aux diversifications économiques. Le tourisme, qui s'est déjà beaucoup développé ces dernières années, depuis hier, j'ai croisé beaucoup d'entre vous qui sont engagés dans ce secteur,
le
commerce, l'artisanat,
mais
également le numérique. Plusieurs d'entre vous en ont parlé tout à l'heure et ont cette volonté d'aller plus loin.
Nous
savons que Galiléo, comme Ignos III, sont déjà implantés ici.
Nous
avons à cet égard une ambition de développer le numérique, les nouvelles technologies à Saint-Pierre-et-Miquelon.
Et
ce n'est pas un rêve désincarné ou une forme de promesse en l'air.
C
'est ici et maintenant.
Et
donc, pour ce faire, Sclaes, qui est une formidable entreprise française, travaille à un câble reliant la Bretagne à New York qui passera par Saint-Pierre. C'est ce que nous voulons faire.
Et
donc, on va investir, d'abord avec la Banque des Territoires pour les premières études, mais surtout, nous voulons mettre Saint-Pierre-et-Miquelon sur la carte de cette
connexion
entre l'Europe
et
l'Amérique du Nord parce que c'est cohérent avec notre emprise, parce que c'est cohérent avec notre stratégie. Et donc, nous investirons
aux
côtés de l'entreprise Sclaes pour porter ce projet.
Et
j'en ai parlé tout à l'heure et j'y reviendrai avec le Premier ministre canadien, c'est exactement l'ambition que nous portons avec le Canada. Aussi, bâtir notre autonomie stratégique, l'autonomie de données, c'est-à-dire d'avoir des câbles qui passent par nos eaux,
par
notre territoire.
Mais
derrière le projet
de
Sclaes, c'est la possibilité d'avoir ici dans l'archipel une économie des données, de développer des acteurs du numérique derrière, des data centers,
et
donc d'avoir une vraie stratégie cohérente en la matière. De la même manière, des entreprises du spatial veulent se développer à Saint-Pierre-et-Miquelon et font partie de la délégation qui m'accompagne avec des projets et des choix d'investissement. Grâce à votre géographie et parce qu'elle est stratégique
pour
les aider justement à couvrir le reste de la planète. Scanopi, qui est là, déploie un réseau de stations au sol,
permet
d'avoir un système d'optimisation d'utilisation des satellites que j'ai vu d'ailleurs lors du sommet spatial que nous avons organisé pour la première fois à Paris il y a quelques jours, c'est plusieurs millions d'euros d'investissement sur le territoire.
Et
c'est nous placer sur la carte de la stratégie spatiale. Lookup
surveille l
'espace, les infrastructures orbitales, là aussi, formidable entreprise qui investira jusqu'à 20 millions d'euros sur le territoire en développant son activité ici.
Ces
trois exemples, Scles, Lookup, Scainopi,
ces
trois exemples qui vous montrent qu'aujourd'hui, maintenant, des entreprises sont prêtes à investir sur ces stratégies d'avenir à Saint-Pierre-et-Miquelon. Ils m'accompagnent, ils sont là.
C
'est à eux que nous devons donner la facilité d'aller encore plus vite et plus fort
pour
permettre d'employer les jeunes qui sont ici présents, les plus jeunes qui sont là, encore sur les bancs de l'école, et construire l'avenir de l'archipel et ce faisant l'influence de la France. Et donc, oui, dans cette diversification, il y a une place centrale précisément pour les nouvelles technologies,
pour
les données, pour le spatial, pour l'intelligence artificielle.
Mais
tout cela n'est possible
que
si nous arrivons à bâtir un nouveau chapitre.
Et
c'était aussi le sens de cette visite.
Et
c'est aussi pour ça qu'avec l'action que beaucoup ont conduite pour m'aider à faire cela,
nous
avons eu l'immense honneur aujourd'hui d'accueillir pour la première fois de notre histoire un Premier ministre
canadien
en exercice.
Une
première. Quand on y songe, c'est fou.
Mais
ça dit beaucoup au fond du fait que le Canada regardait la France simplement en voyant Paris,
mais
qu'aussi depuis 1992, nous avions réagi
en
tournant le dos au Canada ou en nous confrontant, même si la réalité économique de chaque jour nous fait coopérer. La défiance était là, parfois le ressentiment, les difficultés du quotidien que vous m'avez très bien décrites, aussi bien hier que tout au long de la journée.
Je
suis convaincu que cette nouvelle page, nous devons l'écrire et je veux ce soir vous convaincre
de
l'embrasser avec moi pour engager nos amis canadiens, sans naïveté,
mais
avec beaucoup d'ambition.
Et
je suis convaincu que c'est notre intérêt. Au fond, ce que nous avons fait ces dix dernières années, c'est d'essayer de rattraper ce qui avait été perdu,
c
'est d'essayer de consolider par la continuité territoriale, par les infrastructures, sur l'adaptation climatique. On a mis beaucoup d'argent public.
Mais
est-ce qu'on pense que les 20, 30, 40, 50 prochaines années, on pourra les bâtir en mettant toujours plus d'argent public ? Non
! On
doit redonner de l'essor, redonner à nos pêcheurs, à nos entrepreneurs,
à
nos innovateurs de la place pour faire justement de Saint-Pierre-et-Miquelon une terre d'avenir qui se réancrera dans cet espace.
Et
si Saint-Pierre-et-Miquelon reste toujours aussi loin
de
Paris,
avec
les difficultés administratives, techniques, réglementaires sous ventre et l'autre pour vous, pour parfois arriver sur le marché européen,
et
en même temps reste si loin du Canada
par
la distance réglementaire et la défiance et le divorce de 92,
nous
n'y arriverons pas.
Et
donc oui, on doit bâtir
cette
nouvelle étape.
C
'est exactement le sens
de
la visite du Premier ministre aujourd'hui et c'est ce que nous avons décidé ensemble.
nous
doter d'une ambition nouvelle, concrète,
pour
bâtir des projets communs,
fort
du fait que celui qui a exprimé il y a quelques jours à Strasbourg sa volonté d'une alliance du futur
avec
les Européens
doit
faire de Saint-Pierre-et-Miquelon avec nous le laboratoire de cette nouvelle stratégie.
Et
c'est exactement ce que nous allons faire.
Nous
avons donc décidé de mandater
nos
gouvernements. On aura deux personnes en charge, une de chaque côté,
pour
dans les prochaines semaines tout de suite commencer le travail et bâtir des initiatives nouvelles.
Sur
la pêche et la transformation, comme je vous l'ai dit, on en a besoin.
Et
donc regarder évidemment la question du plateau continental, mais la regarder avec un œil nouveau et en nous disant aussi comment on peut coopérer de manière plus intelligente, faciliter
les
transits, les passages, mais peut-être avoir d'autres stratégies. Essayer de transformer sur
notre
œil nouveau
et
Michelon peut-être avoir d'autres stratégies. Essayer de transformer sur notre œil
nouveau
et
avoir
des opportunités nouvelles. Ensuite,
le
climat et notre stratégie polaire.
Cette
stratégie, nous la portons depuis plusieurs années.
Notre
envoyé spécial, représentant ici, M. Poivre d'Avor, la porte, la écrite. Nous avons écrite la première stratégie polaire française de notre histoire.
On
l'a décliné. Plusieurs élus se sont engagés depuis des années
sur
ce sujet. Et
nous
avons aussi décliné une stratégie polaire militaire
qui
a été écrite et promulguée en 2026.
À
cet égard, nous voulons travailler avec les Canadiens sur cet agenda.
Je
le disais,
les
menaces qui ont été faites sur le Groenland ont rappelé combien dans toute la région.
Nous
avons un défi. qui est celui de se faire respecter, de savoir assurer notre propre sécurité. À cet égard,
la
France a toujours été à la hauteur de ses missions.
Le
secrétaire général et
la
maire est ici. L'action de l'État en mer
qu
'il supervise aux côtés du Premier ministre
est
là, présente, pour défendre nos eaux territoriales. Notre patrouilleur de services publics, le Fulmar,
dans
lequel nous serons demain matin, assure ses missions de souveraineté.
Et
en fin de vie, il sera remplacé par un bâtiment plus polyvalent, capable d'exercices plus complexes. Donc nous sommes là. Mais nous devons accroître la posture.
Et
notre stratégie polaire planifie justement des exercices conjoints avec nos amis canadiens, nos amis danois. Et c'est tout le sens de ce que nous avons décidé il y a quelques mois avec eux. Et ce sont ces exercices
que
nous allons multiplier et qui impliqueront Saint-Pierre-et-Miquelon pour renforcer notre souveraineté, assurer notre protection, marquer stratégiquement
ce
que signifie
être
une terre française.
Et
au-delà de la partie militaire, la stratégie polaire est aussi une stratégie de science, de climat.
À
cet égard, notre ambassadeur coordonnera les travaux de l'IFREMER,
de
l'OFB, du CNRS avec l'ARDA
pour
justement améliorer notre connaissance, permettre de relancer des missions scientifiques.
Et
nous avons décidé avec le Premier ministre canadien
qu
'un forum polaire canado-français serait mis en place
dès
le début de l'année prochaine
et
la première session se tiendra à Saint-Pierre début 2027.
C
'est exactement cette stratégie qui sera portée ensemble.
Et
cette stratégie polaire,
si
nous savons la porter ensemble entre canadiens et français,
c
'est la clé pour lui donner à la fois de la visibilité des moyens et de l'avenir.
Mais
l'agenda que nous avons bâti vaudra donc pour la pêche, pour la stratégie polaire, pour les questions de défense, pour nos étudiants,
pour
la culture, pour le sport, pour les transports, en traitant tout particulièrement la question du transit des voyageurs que j'évoquais tout à l'heure,
sur
les coopérations également linguistiques,
car
la francophonie nous relie ô combien.
Et
le Canada aura à accueillir le sommet de la francophonie en 2028. Opportunité, vous le voyez bien, pour relancer les choses encore plus vite et encore plus fort.
Voilà,
mes chers compatriotes, je ne veux pas être beaucoup plus long, mais vous l'avez compris,
je
suis venu ici aujourd'hui pour vous dire
que
la France est là,
sur
ce territoire qu'elle aime, dont elle est fière et en qui elle a confiance.
Et
depuis dix ans, elle a été là d'une manière inédite en assumant les investissements qui ont été faits. Elle est là avec une ambition qui est de vous aider à continuer d'avancer,
à
aller plus vite, plus fort
sur
les axes
que
je viens de décrire.
Et
elle est là pour ouvrir, avec le Canada, une nouvelle page d'avenir.
et
je souhaite très profondément
que
nous soyons tous ensemble suffisamment lucides, ambitieux
pour
nous dire que si nous voulons donner à Saint-Pierre-et-Miquelon
l
'avenir que nos jeunes méritent, que je vois là, sur ces berges ou ici, sur ces
bancs,
c'est à nous d'avoir l'audace de dire qu'il faut mettre derrière la page de 92
et
que c'est un nouveau chapitre qui doit s'écrire.
Cette
ambition, je l'ai avec vous
et
j'entends dans les prochains mois mettre toute l'énergie pour que nous ayons ces résultats. Parce que c'est important pour Saint-Pierre-et-Miquelon, c'est important pour la France toute entière et c'est pertinent pour cet axe nouveau entre
le
Canada et l'Europe.
Nous
allons donc réussir
à
le faire ensemble.
Vive
Saint-Pierre-et-Miquelon,
vive
la République et vive la France !