BACKSEAT du 8 octobre 2026 - Partie 2 : tout le monde déteste le PS ? Avec Sandrine Rousseau et Emmanuel Maurel
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 36 %Attaque 46 %Défensif 18 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:01OuverteRéponse directe
Pourquoi as-tu participé à cette primaire socialiste ?
- 2:45OuverteRéponse directe
Pourquoi ton parti n'y participe pas ? Le regrettes-tu ?
- 4:37OuverteRéponse directe
Pourquoi tout le monde déteste le PS en 2022 ?
- 9:45RelanceRéponse directe
Pourquoi François Hollande a-t-il trahi les espoirs de la gauche ?
- 10:07RelanceRéponse directe
Pourquoi François Hollande a-t-il trahi d'emblée les espoirs de la gauche ?
- 14:54RelanceÉludée
Est-ce que Marine Tondelier est la Hollande des écolos ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:06Invité politiqueFait
« Parce que quand même, le socialisme, c'est ma famille. »
- 3:24Invité politiqueFait
« La social-démocratie, ça n'existe pas en France. La social-démocratie, c'est un modèle historique, à la fin du XIXe siècle, qui présuppose un lien organique entre un parti et un syndicat. »
- 4:59Locuteur 1Fait
« Tout le monde déteste l'EPS parce que je pense qu'il y a quand même eu un moment clé. En tous les cas, je vais vous dire pourquoi moi, j'ai du mal à accorder ma confiance au PS. »
- 5:22Locuteur 1Fait
« Et de ce moment-là, rien n'a été fait. Et donc, à partir du moment où vous avez tous les pouvoirs partout et que vous n'en profitez pas pour véritablement transformer la société, le jour où vous en avez moins, qu'est-ce que vous faites ? »
- 6:06Invité politiqueFait
« Dès François Hollande est élu en mai 2012, quelques semaines après, il était censé renégocier le traité budgétaire européen, ce qu'on appelait le TSCG, il ne le fait pas. »
- 6:52Invité politiqueChiffre
« On va filer 100 milliards aux entreprises, sans aucune contrepartie. »
- 22:52Invité politiqueFait
« La retraite à 60 ans pour ceux qui avaient eu des carrières longues. Ça, c'est ce qu'on a fait par décret dès qu'on arrive au pouvoir. »
- 28:03Invité politiquePromesse
« ça que moi je propose un grand emprunt. »
- 28:22Invité politiqueFait
« une gauche de gouvernement c'est quelqu'un qui fait la synthèse entre les fondamentaux, non fondamentaux et les luttes nouvelles qui s'expriment. »
- 28:35Invité politiqueFait
« les luttes contre l'invasion publicitaire, contre la fast fashion, contre l'hyperconsommation, ça en tant que socialiste, moi je pense qu'on doit totalement l'intégrer dans notre logiciel entre guillemets. »
- 29:05Invité politiqueChiffre
« Les trois quarts des grandes villes en France sont gérées par le PS. »
- 35:00Invité politiqueFait
« j'ai dit que je construisais un autre modèle de développement fondé sur trois choses, démondialisation, démarchandisation, démocratisation. »
- 40:16Locuteur 1Fait
« tu n'arrives pas à parler d'écologie dans la primaire PS parce qu'en fait, ça ne peut pas exister puisque l'écologie n'arrive pas à parler d'écologie. »
- 42:14Invité politiqueFait
« le plus grand discours d'un président socialiste au XXe siècle, c'est le discours de Cancun, de François Mitterrand, qui dit, salut aux opprimés, salut aux syndicalistes persécutés. »
- 48:04Invité politiqueFait
« pour nous l'obsession ça doit être de reconquérir les classes populaires qui se sont tournées vers l'extrême droite. »
- 48:28Invité politiqueFait
« Belfort, c'était le territoire où la gauche faisait le plus gros score au présidentiel devant même la Nièvre et les Landes. Aujourd'hui, ils ont dans une circonscription un député RN, dans l'autre un député LR soutenu par le... Enfin, où le RN fait 45%. »
- 49:46Locuteur 1Fait
« les ONG, les syndicats, les associations, il y a des associations qui ont pris des risques inouïs pour s'engager pour le NFP et qui ont vu leur subvention divisée par deux après ce soutien. »
- 50:12Locuteur 1Fait
« non seulement ça met la planète en danger, non seulement c'est un rapport hyper capitalistique au monde économique, mais en plus, derrière, ça ne lâche pas le pouvoir politique. »
- 50:26Locuteur 1Fait
« je pense que le PS a une part de responsabilité, nous en avons une aussi et LFI en a une aussi »
- 50:50Locuteur 5Fait
« les macronistes ont quand même lâché la bride à la police dans des proportions qu'on n'avait jamais vues »
- 50:55Locuteur 5Fait
« je n'avais jamais vu des voitures de police foncer dans des lycéens, les coursers, comme ça »
- 51:58Invité politiqueFait
« Les grenades, des encerclantes, les LBD, tout ça »
- 52:42Invité politiqueFait
« à l'époque, les syndicats de policiers étaient majoritairement de gauche »
- 52:48Invité politiqueFait
« CRS étaient des communistes »
- 53:33Locuteur 1Chiffre
« Est-ce que le ministre de l'Intérieur contrôle encore les policiers ? »
- 53:40Locuteur 1Fait
« il y a une partie de la police, pas toute la police, et je ne veux pas mettre tous les policiers dans le même panier, mais une partie de la police, a des tentations sédicieuses »
- 55:33Invité politiqueFait
« on a signé une charte dans laquelle il est clairement écrit qu'on fera l'union de la gauche »
- 55:37Invité politiqueFait
« Valls avait signé aussi en 2018 »
- 56:58Invité politiqueChiffre
« il y a 80 000 personnes qui ne connaissent pas »
- 57:56Locuteur 1Chiffre
« on dit ces 15 balles mais à la fin, il y a quand même 140 000 personnes qui les ont payées »
Temps de parole
- Emmanuel Maurel38 %
- Locuteur 130 %
- Présentateur13 %
- ?7 %
- Locuteur 35 %
- Locuteur 55 %
- Locuteur 74 %
≈ 30,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Nouveau format dans l'émission Backseat, on inaugure une tentative, celle d'organiser des débats entre plusieurs personnalités politiques. En l'occurrence, la primaire socialiste, c'est ce week-end. Les votes vont commencer, je crois, à partir de demain. Et donc, on voulait introduire un débat. Pourquoi tout le monde déteste l'EPS ? Ou est-ce que tout le monde déteste ? J'en sais rien.
Écoutez, on verra. Pourquoi ? C'est bien, pourquoi ? C
'est plutôt pourquoi. On va en parler, évidemment, avec deux invités exceptionnels. Un tonnerre d'applaudissements pour Sandrine Rousseau. Un tonnerre d'applaudissements également pour Emmanuel Morel. Sandrine Rousseau, tu es députée écologiste de Paris. Tu as été porte-parole et secrétaire nationale adjointe du parti Les Écologistes.
Ça date, oui.
Aujourd'hui,
tu
prônes
une stratégie d'alliance avec la France Insoumise en vue de la présidentielle, ce qui n'est pas le cas de la présidente de ton parti, Marine Tondelier. On va en reparler. À côté de toi, Emmanuel Morel. Bonsoir, Emmanuel. Tu es candidat à la primaire social-démocrate. J'ai dit socialiste à l'heure, mais c'est en fait plus large que ça, puisqu'elle est co-organisée avec ton parti, la gauche républicaine et socialiste, Place Publique et le Parti Socialiste. Il faut qu'on parle un petit peu de ton parcours politique pour ceux qui ne te connaissent pas.
C
'est-à-dire la plupart des gens ? Non, on ne
dit
pas ça.
Parce qu'il y en a un qui me
connaît
ici. Moi, je connais bien Emmanuel.
Tu as été OPS pendant 25 ans jusqu'en 2018. Tu représentais l'aile gauche du parti avec ton courant, maintenant la gauche. En 2018, tu as quitté le parti pour fonder donc la gauche républicaine et socialiste. Jusque-là, tout va bien. En 2019, tu as intégré la liste LFI aux Européennes avant de prendre tes distances avec les Insoumis avant la présidentielle de 2022.
Et
on te retrouve ensuite chez les communistes pour les Européennes de 2024. Et c'est désormais avec eux que tu sièges à l'Assemblée nationale. Tout est vrai. Exactement. Je voulais commencer par toi. Après ce parcours, pourquoi es-tu allé participer à cette primaire
?
Parce que quand même, le socialisme, c'est ma famille.
Alors,
je ne dis pas que je suis d'accord avec tout ce que racontent mes concurrents. C'est d'ailleurs pour ça que c'est mes concurrents.
Mais
quand même, c'est finalement là où je me sens le mieux. Moi, je suis
un
mec de gauche traditionnel,
c
'est-à-dire attaché à des valeurs aussi fondamentales que le partage des richesses, le partage des pouvoirs,
le
partage des savoirs. Bref,
j
'ai l'impression que notre mission historique à nous, c'est faire en sorte que les classes populaires et les classes moyennes soient défendues. Et j'avais envie de porter ce message-là dans cette primaire.
Alors,
Sandrine, pourquoi est-ce que ton parti n'y participe pas à cette primaire ? Tu le regrettes
?
Alors là, ce n
'est
pas moi qu'il fallait inviter pour savoir ça. Parce qu'on avait la primaire de toute la gauche, puis après que la primaire du PS. Est-ce que je regrette ? Non.
Non ? Non. C'est les socialistes, en l'occurrence, qui ont refusé l'option de la primaire de toute la gauche. La fameuse primaire Front Populaire 2027, qui se retrouve donc plutôt avec Glucksmann qu'avec les écolos.
On peut le dire comme ça ? Absolument, oui, c'est ça.
On peut le dire comme ça. De quoi est-ce qu'on parle quand on parle du parti socialiste ? On parle de social-démocratie, on parle de gauche de gouvernement. J'ai entendu Jérôme Getsch parler de gauche républicaine. Quel est ce nuage de mots ? Tu as parlé du socialisme.
C'est-à
-dire
qu'en fait, la social-démocratie, ça n'existe pas en France. La social-démocratie, c'est un modèle historique, à la fin du XIXe siècle,
qui
présuppose un lien organique entre un parti et un syndicat. Alors, ça existait en Allemagne, ça existait dans les pays nordiques.
Mais
en France, nous, on a un truc particulier qui s'appelle la Charte d'Amiens. C'est-à
-dire
que les syndicats, depuis le début du XXe siècle, veulent être autonomes des partis politiques. Donc, chez nous, la social-démocratie, ça n'a jamais eu aucun sens. Alors, aujourd'hui...
François
Hollande s'est revendiqué de la social-démocratie.
Oui, oui, oui. Social-démocratie, peut-être même quand on lit son dernier livre, Social-Libéralisme. Mais la vérité, c'est que la social-démocratie, c'est une famille européenne qui recouvre plusieurs sous-ensembles. Et le socialisme français, il a une singularité. Parce qu'on n'a pas ce lien organique avec les syndicats. Et que, par ailleurs,
parce
qu'on est un peuple révolutionnaire, le socialisme français, il s'est toujours construit sur l'idée quand même d'une rupture avec le système dominant, ce qui n
'était
pas le cas d'autres pays.
Sandrine, si je
te pose...
Et
par exemple, en Angleterre, ce n
'est
pas une social-démocratie, ça
s'appelle le
travailliste.
C'est une autre culture politique.
C
'est
totalement une autre culture
politique. Intéressant. Sandrine, si je te pose la question de manière assez cache, pourquoi tout le monde déteste l'EPS en 2022
?
Pourquoi tu me l'as posé à moi déjà ?
Parce que tout ce que nous a dit Emmanuel, c'est plutôt des belles idées.
Tout le monde déteste l'EPS parce que je pense qu'il y a quand même eu un moment clé. En tous les cas, je vais vous dire pourquoi moi, j'ai du mal à accorder ma confiance au PS.
C
'est qu'il
y a
eu un moment clé où François Hollande a gagné l'élection présidentielle, où toutes les régions étaient socialistes, où toutes les grandes villes étaient socialistes, et où
le
Sénat était socialiste et l'Assemblée était socialiste.
Il
ne manquait plus que l'Académie française.
Non, mais c'est un moment
incroyable. Qui ne sera jamais socialiste. C
'est un moment incroyable. Et de ce moment-là, rien n'a été fait. Et donc, à partir du moment où vous avez tous les pouvoirs partout et que vous n'en profitez pas pour véritablement transformer la société, le jour où vous en avez moins, qu'est-ce que vous faites ? Et donc, ça n'a été que déception sur déception. Donc, je pense que ce moment-là est un moment de ratage politique absolument incroyable. Et en fait, quand je dis ratage, je suis gentille. Parce que la vérité qu'il y a derrière, c'est qu'ils n'ont pas voulu, parce qu'il y avait François Hollande,
mais
il y avait tout le Parti Socialiste, qui n'a pas poussé pour qu'il se passe quelque chose à ce moment-là et qu'on installe vraiment dans la société française
une politique de gauche. Il y avait quand même deux, trois frondeurs dans le tas, dont Emmanuel
Morel.
Après, c'est venu après.
Ah
non,
ça,
ce
n
'est
pas vrai. C'est venu dès le départ, puisque moi, dès François Hollande est élu en mai 2012,
quelques
semaines après, il était censé renégocier le traité budgétaire européen, ce qu'on appelait le TSCG, il ne le fait pas.
Et
à ce moment-là, c'est des trucs internes. Et moi, je dépose une motion, d'ailleurs, à l'époque, avec Jérôme Gage, pour dire, vous êtes en train de trahir l'espoir que nous avons suscité. Donc, dès le mois d'octobre 2012. Donc, les frondeurs, ce qu'on a appelé les frondeurs, ça commence tout de suite. De la même façon, on est convoqué, je me souviens très bien, par le premier secrétaire de l'époque, qui s'appelait Harlem Désir, qui nous dit, je dois vous annoncer un truc, je suis très emmerdé, le président veut faire une réforme qui s'appelle le CICE. On va filer 100 milliards aux entreprises, sans aucune contrepartie. Et nous, là, on hurle, on hurle vraiment. Je me souviens...
Ça a gueulé dans le bureau de
Harlem Désir ? Oui, on était une poignée. Pas tous, d'ailleurs.
Il y avait
qui ? On veut des noms.
Je
me souviens qu'il y avait Jean-Marc Germain,
un
député européen,
qui
était proche de Martine Aubry, qui lui-même a dit, mais on ne peut pas faire ça. Et d'ailleurs, je me souviens qu'à ce moment-là, j'ai rencontré Jean-Marc Ayrault, qui était Premier ministre. Je lui
ai
dit, Jean-Marc, ça, ce n
'est
même pas de la social-démocratie. Parce que la social-démocratie, ça suppose des compromis. Il y a du rapport de force, il y
a
du compromis. Un compromis,
c
'est tu ne prends pas tout, mais au moins, tu gagnes quelque chose pour les salariés. Or là, en fait, on file le pognon aux entreprises, on ne demande rien pour les salariés. Ils devaient créer un milliard d'emplois,
là,
non ?
Je
ne
sais
plus.
Un million.
Un million.
Ils avaient des pins.
Un million.
À l'époque, on avait des pins. Donc, en fait,
tout ça pour dire que la fronde, elle commence dès le début. Après, elle s'est exacerbée au moment où Valls devient Premier ministre. Loi de travail, notamment, et pas seulement. D'échéance et loi de travail, ça, c'était horrible.
Reparlons-en tous les trois. Aujourd'hui, encore, des lycéens, des centaines, des milliers de lycéens ont scandé dans la rue « Tout le monde déteste l'EPS ». Ça vient de là, ça vient de ce... Aujourd'hui ? Oui, encore aujourd'hui, c'est ce que m'a dit Cédou.
À la fête de l'Huma.
Oui, à la fête de l'Huma, oui, mais...
Là,
je te dis, sur les lycées, à Repu, on entend toujours, c
'est
toujours d'actu. Juste pour revenir sur ce que vient de dire Emmanuel, au moment où Valls devient Premier ministre,
je
rappelle qu'à l'époque, ça se fait avec la complicité. J'emploie vraiment le terme complicité de Benoît Hamon, Aurélie Philippetti, Arnaud Montebourg, qui ont fait le petit contrat pour éjecter Jean-Marc Ayrault pour mettre Manuel Valls au pouvoir. On nous les a vendus ensuite comme des alliés dans la cause. C'est aussi important de rappeler aussi cette complicité à un moment de l'histoire. Oui, mais Malek, tu te souviens que c'était pas mon cas.
Moi,
j'étais
plus triste de rien du tout. Je
m
'en souviens, Emmanuel.
Je
m'en souviens. Quand même, Sandrine.
Oui, mais le truc, c'est qu'il s'est passé ça. Donc, ça a été un moment quand même d'une douche froide du peuple de gauche,
je
veux dire comme ça, sérieuse. Vraiment, vraiment. Moi, je ne comprends toujours pas, d'ailleurs, comment ça a pu se passer. Mais derrière, il n
'y a
jamais vraiment eu ni le bilan ni la rupture d'avec ça. Et c'est ça, le sujet aujourd'hui. Parce qu'à la limite, des moments politiques qu
'on
ne comprend pas, où on a l'impression d'avoir été trahi, il y en a d'autres. Mais là, pour moi, quelque part, le moment de la censure, le moment du PLFSS dans l'Assemblée nationale, il a renvoyé à ce moment-là. Et quelque part, c'est une forme de faute originelle. C'est-à
-dire
que maintenant, il ne faudrait ne donner aucun signal que la social-démocratie est en capacité de trahir. Parce que c'est ça qui s'est passé. C'est une trahison. Tu
te souviens qu
'il y avait des verres au gouvernement pendant le quinquennat à Hollande ?
Absolument. Et c'est bien pour ça, d'ailleurs, qu'ils
sont
partis au moment de Valls, quand même.
Ils sont partis au moment
de
l
'arrivée de Valls.
Cécile, oui. Mais d'autres verres sont
rentrés.
Qui n'étaient plus verres, du coup. Qui ont été exclus du parti.
Moi, j'ai une question pour vous deux.
Mais je suis d'accord.
Ce tournant sous Hollande, enfin, le hollandisme...
Et d'ailleurs, on s'est abstenus sur le PLFSS.
Si vous me laissez...
C
'est pas grave, c'est pas grave.
Non, mais
on va parler.
D'habitude, c'est moi qui coupe la parole. Salut,
j'ai la parole. On fait
les pieds un peu.
Ouais, c'est ça, voilà. Merci,
Sandrine.
Pourquoi François Hollande trahit d'emblée les espoirs que beaucoup d'électeurs avaient placés dans la gauche ?
Pourquoi ?
Je me suis posé moi-même la question. Et je pense qu'en fait, François Hollande, quand on regarde son itinéraire politique, intellectuel,
c
'est quelqu'un qui vient de ce qu'on appelle les clubs témoins, qui étaient des proches de Jacques Delors, et qui déjà, en fait, dès les années 80, rêve d'un socialisme français qui soit très centre-gauche, voire même une sorte de convergence des centres sur un fond très européiste.
Et
je pense qu'en fait, c'est ça, sa matrice idéologique. Sauf qu'évidemment, le Parti socialiste, les militants du Parti socialiste et même les électeurs du Parti socialiste ne sont pas sur cette ligne-là.
Ils
ne l'étaient pas avant, ils ne l'étaient pas entre 2012 et 2017. Il a toujours
tout
de même réussi à gouverner pendant 5 ans.
Il a été suffisamment habile pour faire le discours du Bourget. Je ne
sais
pas si vous vous souvenez.
Oui, et mon ennemi,
c
'est la finance.
Mon ennemi,
c'est la finance. Et il faut reconnaître qu'on est un certain nombre. Moi, évidemment, je ne soutenais pas François Hollande à la primaire de 2011. Mais je dois reconnaître que comme beaucoup de Français, je suis sorti du Bourget en disant « Putain, mais si ça se trouve, on va le faire. » Parce que comme le disait très bien Sandrine,
on
avait et le Sénat, et l'Assemblée, et la plupart des régions. Donc j'ai été cocu, comme beaucoup d'électeurs.
Si François Hollande était dans la pièce, il rétorquerait que c'est aussi l'expérience de gouvernement du fait de se coltiner les soubresauts de la crise de 2008, la très mauvaise gestion des finances publiques de la part de Nicolas Sarkozy, qui a été objectivé par un rapport dont j'ai oublié le nom dès le début du quinquennat. Il vous parlerait de ça, l'expérience
du réel, la gauche
face au réel.
Oui, tu as raison.
Il dirait ça, en effet. Ce n
'est
pas totalement faux. C'est-à-dire que quand la gauche arrive au pouvoir, elle a face à elle quand même ce qu'on appelait avant le mur
de l'argent.
C'est la vérité. Les marchés, le patronat, tout le monde est enragé. Et donc, c'est d'ailleurs pour ça que moi je suis réformiste, il faut créer un rapport de force avec ceux qui veulent, donc les syndicats, les gens qui se mettent en lutte quand ils le font, ce qui n'était pas trop le cas d'ailleurs de 2012 en fait. La gauche ne peut vraiment arracher des victoires pour son camp, s'il y a des luttes sociales qui accompagnent la prise de pouvoir. C'est la leçon en fait historique en France de 36 et même un petit peu de 81. Et ça n'a pas du tout été le cas en 2012. Pourquoi ? Parce qu'en fait, Hollande a aussi été élue, surtout par rejet du sarkozyme.
Les gens n'en pouvaient plus, c'était horrible.
Ce n'est pas ce que disent certaines études qui montrent les envies fortes qu'il y avait de redistribution et de justice sociale au moment du vote Hollande, c'est dans la population.
Oui, mais c'est sûrement vrai. Et de toute façon, dans ce pays, il y
a
une aspiration à l'égalité. J'ai été député européen pendant dix ans qui n'existe pas dans d'autres pays.
Qu'est-ce que tu en
penses de cet argument de la gauche du réel ? Non. Pourquoi ?
Non. Et ça,
c
'est à analyser aussi. François Hollande est issu d'une primaire dans laquelle il était face à Martine Aubry. Martine Aubry tenait une politique de gauche. Martine Aubry tenait une politique de transformation véritable de la société, de redistribution, de diminution de temps de travail, etc.
Le
caire, elle portait le caire.
Elle portait le caire à l'époque. Et c'est l'appareil socialiste qui a choisi Hollande. Et c'est pour ça que, tout à l'heure,
je
n
'ai
pas voulu répondre tout de suite Trash Metal dans la question de la primaire. Mais la réalité, c'est que cette primaire, comme la primaire d'un espace plus grand qui l'a précédée, c'est une primaire qui a été pensée par les partis pour conforter les pouvoirs et les rapports de domination à l'intérieur des partis. Et en fait, vous ne gagnez un parti politique, et moi, c
'est
ce que j'apprends à mes dépensants, c'est que vous ne gagnez... Vous voyez, je prends des licences politiques.
Vous
ne gagnez un parti politique que si vous avez une ligne qui est consensuelle, voire pas de ligne. Et donc, ce n
'est
pas pour rien que c'est Hollande qui tenait le parti et qui sort de la primaire. Ce n'est pas pour rien qu'aujourd'hui, on va chercher Glucksmann à l'extérieur ou fort parce qu'en fait, ce sont des logiques d'appareil. Et moi, je pense qu'on est à la limite de ça aujourd'hui parce que nous sommes dans un moment de tension et de possible basculement extrêmement grave de la France vers l'extrême droite et on est soumis, on est entre les mains de logiques d'appareils qui nous mettent sur le devant de la scène des personnalités politiques qui n'ont obtenu leur place dans les partis politiques que grâce au flou qu'ils entretenaient sur la ligne, sur le fond. Et donc, ça n'est pas un hasard.
Et tu nous
dis en creux que
Marine Tondelier est la Hollande
des écolos.
Je n
'ai
pas parlé de ça, je n
'ai
pas dit
ça.
Léa
?
J'ai dit que j'apprenais. Non, oui, justement, moi, je voulais revenir sur ça parce que je trouve que c'est quand même un enseignement important et c'est quelque chose, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais la question se pose à tous les deux, évidemment. Moi, j'ai le sentiment, en tout cas, que finalement, les partis politiques ne laissent pas d'espace à des lignes un peu radicales. Voilà, donc ça revient un peu ce que tu es en train de dire clairement. Est-ce que finalement, aujourd'hui, le dépassement est possible ?
On voit qu'il y a des exemples à l'international qui fonctionnent bien, quand même, sur des lignes radicales, qui permettent justement à des partis qui étaient peut-être un peu plus traditionnels et un peu plus dans l'establishment, je pense évidemment aux démocrates américains qui commencent vraiment à se reposer la question de savoir si c'était une bonne idée d'être full establishment et qu'ils voient des personnalités comme Mandany, le maire de Chicago, etc. émerger en se disant finalement, est-ce que la radicalité n
'a
pas une place ? Est-ce que vous pensez aujourd'hui que le Parti Socialiste ou le Parti Écologie-Les Verts sont capables à entendre cette forme de radicalité et à la porter aussi ? Et à porter effectivement des personnalités qui représentent, qui incarnent une rupture, une vraie gauche de rupture aujourd'hui dans leur format actuel
?
Tu peux commencer Sandrine si tu veux bien.
C'est toute la question. C'est toute la question et j'ai l'impression que les dynamiques de partis,
parce
qu'en fait les partis sont aujourd'hui très faibles les partis traditionnels. Il y a très peu d'adhérents à l'intérieur des partis traditionnels de sorte que chaque vote, chaque décision stratégique se joue à quelques centaines de voix en réalité. Je crois que le dernier congrès des écologistes, je ne voudrais pas dire de bêtises, mais je crois qu'il y
a
eu 5200 votants ou quelque chose de cet ordre. Donc c'est quand même extrêmement petit. et donc il y
a
une prime à ceux qui connaissent le numéro de téléphone de chaque adhérent, à ceux qui ont les listes internes, à ceux qui donc tiennent l'appareil en tant que structure. Et moi, j'avais été très surprise, par exemple, après la primaire des écologistes la dernière fois, où il y avait 120 000 inscrits à cette primaire et où ça dépassait largement les écologistes et où après, on m'avait expliqué que ça n'était pas possible d'envoyer un mail aux 120 000 personnes pour leur demander d'adhérer et je savais qu'il y avait des cadres du parti qui disaient en off à des journalistes politiques qu'ils savaient faire un congrès sur un espace de 5 à 10 000 adhérents.
Ils
ne savaient pas faire un congrès sur 120 000 et donc ils préféraient que ça reste sur un échelonnage de 5 à 10 000. Et tant que les partis n'acceptent pas de se faire déborder par une base politisée,
en
fait, eh bien, on aura toujours des logiques d'appareil et des logiques, pardon de le poser ainsi, mais des poids immenses donnés à des personnalités apparatchiques qui ne sont pas forcément d'ailleurs celles qui passent à la télé, mais à des personnalités
apparatchiques. tu me donnes envie
de te poser une question pour aller un peu plus loin dans la
réflexion. Je sais bien que je me mets en difficulté
là.
Non, c'est pas mon genre.
Est-ce que
tu penses que c'est valable pour tous les partis de gauche
?
LFI n'a pas fait ça.
C
'est-à
-dire
qu'LFI a fait un pari tout à fait inverse qui a ses revers aussi.
C
'est-à
-dire
que la question de la démocratie, par exemple, n'est pas du tout abordée de la même manière, voire pas du tout. Donc, voilà. Et
ça marche.
C
'est
ça que je trouve intéressant.
C'est-à-dire que
est-ce que le Parti Socialiste est pas en train de s'effondrer aussi du fait de sa structure, disons, démocratique qui est en fait assez bordélique, complexe, avec différents visages, les éléphants, on ne comprend rien, ils ne sont pas d'accord entre eux,
ils
s'engueulent sur des plateaux télé. Pendant ce temps-là, Jean-Luc Mélenchon, il déroule.
Voilà.
Alors,
juste, et après, je te laisse la parole.
Pardon. Je trouve
qu'il y a, là, dans cette espèce de guerre d'appareils, eh bien, il y a aussi un temps militant, une énergie militante qui est totalement consacrée au fait de faire une motion, d'essayer de la faire voter, de lire l'article 12 du règlement intérieur et de l'interpréter, de saisir le conseil statutaire. Enfin, là, je ne parle pas avec les mots qui sont chez moi. Et du coup, c'est tout un temps que tu ne passes pas à ni travailler, ni aller ouvrir des portes, ni tracter, ni convaincre, etc. Et que ça embolise aussi la décision partidaire.
Emmanuel. Non, je rigole parce que je vois... Dans le chat ? Oui, un type, enfin, ou quelqu'un,
je
ne
sais
pas, qui dit la gueule de Morel. Non, c'est juste, j'étais en train de réfléchir.
Voilà, mais...
Alors, si vous commencez à lire le chat...
En fait, je ne
suis
pas du tout habitué. Moi, les seules émissions Twitch que j'ai faites, c'était assez institutionnel. Et là, je vois les gens... Bienvenue sur Baxit, Emmanuel.
Je vais t'accueillir, ça fait plaisir.
Le chat, soyez sympa, s'il vous plaît. C'est assez perturbant. Il faudrait un chat au débat du PS.
On se serait
bien marré. Ah ouais.
Parce qu'il y avait de quoi
faire.
Il y aurait
des bonnes blagues. Alors, d'abord, je vais apporter des nuances. C'est mon côté sauce d'aime. Moi,
je
trouve ça... Moi, j'aime bien les partis démocratiques. J'aime bien la vie démocratique des partis. Alors, c'est vrai que j'ai été au Parti Socialiste, on était à un moment de 250 000.
Mais
moi, je trouvais ça important qu'il y
ait
des courants de pensée.
Je
trouvais ça même... Tu parlais d'émotion. Moi, je trouvais ça vachement important qu'on écrive des textes et qu'on débatte entre militants sur des textes.
Moi aussi, je trouvais ça important. Ça,
c
'est
très noble. L'émotion, c'était des
textes d
'orientation politique que les adhérents discutaient et votaient à l'occasion des congrès
disons l'Assemblée générale.
C'était pas vraiment un parti de masse, mais c'était quand même... Oui, c'est moins le cas aujourd'hui. C'est moins le cas aujourd'hui. Mais moi, je trouve ça très important. Et en fait,
on
ne peut pas dire à gauche qu'on est pour l'émancipation, on est pour la démocratie sociale, la démocratie dans l'entreprise, la démocratie partout, sauf dans un parti politique. Moi, ça, là-dessus, tu disais la France insoumise, ça marche. Il n
'y a
aucune démocratie interne, ça,
c
'est vrai.
Mais
on peut aussi se dire si on est de gauche, on est quand même pour un contre-modèle de société. Et moi, par exemple, je rejette par tous les torts de ma peau le régime de la Ve République, le crétinisme présidentiel, l'idéologie du sauveur suprême. Voilà. Donc,
moi,
j'étais plutôt content d'être dans un parti démocratique. Après, il
y a
la question de la radicalité. D'abord, je signale quand
même, Sandrine,
que je fais le lien entre les deux débats. Tu
as
fait un super score à la primaire des Verts sur une ligne jugée radicale par ceux qui étaient tes opposants.
Ce n'est pas par les militants
Verts. c'est possible. Ça, c'est la première chose. Mais après, il y
a
un conflit entre une incontestable aspiration à la radicalité chez plein de gens en France, on va dire à gauche, notamment dans la jeunesse, et puis des gens qui se posent aussi, qui sont généralement plus vieux, plutôt mon âge, qui se posent la question de comment on exerce le pouvoir, comment on fait justement pour être face au mur de l'argent et y arriver quand même. Qu'est-ce qu'on arrache comme compromis ? Voilà. Et en réalité, c'est cette contradiction ou cette tension qui fait qu'on peut être un réformiste, exercer le pouvoir en prenant en compte les radicalités qui s'expriment dans la société, mais forcément, on ne peut pas renverser la table à tous les coups.
D'ailleurs, les démocrates américains,
si
radicaux soient-ils dans ce moment... Déjà, le système est très différent parce qu'en fait, comme c'est bipartisan...
Dans le chat, il y a marqué le
PS n'arrache jamais rien.
Mais
ça, ce n
'est
pas vrai. Toute l'histoire... Non, non, non. Alors ça,
ce
n
'est
pas vrai. Qu'est-ce qu'il a arraché le PS ? De 1936
à 1981 à
1997, on a arraché des choses et même, je vais te dire, même dans le quinquennat de François Hollande que j'ai combattu vraiment du début jusqu'à la fin.
quand
même, je reconnais qu'il
y a
une mesure qui a été faite,
c
'était la retraite à 60 ans pour ceux qui avaient eu des carrières longues. Ça, c'est ce qu'on a fait par décret
dès
qu'on arrive au pouvoir. Le MEDEF n'était pas chaud. Il n'était pas chaud du tout. Il a hurlé à la mort tout de suite. C'était un euphémisme. OK, d'accord. Mais moi, je ne
suis
pas habitué à cette émission quand
tu
fais des litotes...
Je dis des conneries, ça m'arrive.
On va écouter Malek.
Emmanuel, j
'ai
une question sur la primaire. Tu m'as connu,
j
'avais 15 ans quand on était au PS dans le Val d'Oise. Je dis on parce que tu l'as quitté aussi. J'ai vécu, moi, mon début de militant avec l'âge d'or du PS, Jean-Pierre Bell, Claude Barthelon, François Hollande.
C
'était... Champagne tous
les jours ! Champagne everyday.
Je ne
suis
pas sûr que ça dise grand-chose à grand monde. Oui. Mais
j'ai vu Jean
-Pierre Bell récemment, il avait été très en forme.
On l'embrasse. Je devrais être une des cibles de la primaire là ouverte. Et je t'avoue que de mettre 15 balles alors que j'ai mis 2 euros pour voter Sandrine Rousseau en 2022, 2021 en l'occurrence. Tu mets 2 balles pour Sandrine mais pas 15 balles pour Emmanuel
?
Franchement, après avoir vu les débats et tu sais quoi, pour tout te dire, pour être très honnête, même si je pense que mon choix est arrêté depuis un moment, je me suis posé la question jusqu'à dimanche soir après votre débat de est-ce que j'y vais ou pas ? Et en fait, vous nous avez donné l'envie de tout le contraire. Ma vraie question, c'est...
Il
n
'y
a pas eu de travail depuis 8 ans avec Olivier Faure, programmatique, sur le fait de reviser l'hégémonie à gauche. On parle déjà de hold-up, Ségolène Royal parle déjà d'hold-up en parlant de Raphaël Glucksmann. Ce matin, Olivier Faure nous dit que le potentiel vainqueur de la primaire pourrait être un centriste en parlant aussi de Raphaël Glucksmann.
Pourquoi
tu t'es embarqué dans cette primaire si c'est pour finir dernier de cette primaire et pour à la fin qu'il n
'y ait
pas fauteuil de famille
?
Alors, les... Ça, Sandrine pourrait mieux vous en parler que moi. Les fins de primaire où on commence à s'invectiver les uns les autres avec des arguments, enfin bon, je ne
suis
pas sûr que Ségolène Royal soit forcément la plus à même de donner des leçons à tout le monde. Je ne suis pas sûr qu'Olivier Faure puisse se représenter comme le champion de l'aile gauche du PS. Je suis d'accord. à 15 ans, tu savais qu'Olivier Faure, il était... Avec Jean-Marc
Ayrault.
Voilà, c'est ça. Donc bon, il ne faut pas non plus déconner. Et quant au... Moi, ce que j'ai trouvé intéressant, moi, par exemple, je suis venu dans cette primaire hyper sérieusement. C'est-à
-dire
que j'ai... On a, avec des camarades, on a bossé un programme avec une grosse partie écolo dont aucun journaliste n'a voulu parler, ce qui m'a rendu
hystérique.
Oui, je te... C'est quand même... D'accord. D'ailleurs, il faudra qu
'on
s'interroge là-dessus, sur pourquoi... Alors que moi, franchement, c'est un programme qui est très complet, très dense, beaucoup sur les questions économiques et sociales, mais majoritairement sur la question de la transition écologique, de la préservation de la biodiversité, tout ça. Impossible, impossible, dans toutes les émissions qu'on a faites, d'en tirer plus de 30 secondes. Voilà. Bon, c'est... Je passe, mais...
Elle
sert à quoi, la primaire, alors
?
Je précise qu'il y a 140 000 personnes qui sont inscrites pour voter à cette primaire. c'est 20 fois moins qu'il y a 15 ans.
Bien sûr.
Je peux juste... Parce qu'il y a un truc qui me gêne dans ce que tu as dit tout à l'heure. Tu disais, les jeunes, ils sont radicaux, etc. Et
sinon, on n'est plus
vieux. Et sinon, on
n'est plus
vieux et on va gérer parce qu
'on
sait faire le rapport de force. Moi, vraiment, je t'alerte là-dessus.
C
'est-à-dire que l'idée qu'il y aurait une radicalité qui ne soit pas en capacité de gouverner alors qu'il faudrait être dans une forme de respectabilité pour gouverner. Ça, je suis mais en total désaccord.
En total désaccord. Et je
pense vraiment qu
'au contraire... Non, mais je n'ai pas dit ça.
Non,
mais
tant mieux parce que c'est ce que j'avais cru comprendre.
J'ai dit, il y a une
tension entre des aspirations à la radicalité qui s'expriment dans une partie de la jeunesse et une partie de la population, on va dire. Une tension entre ça et l'exercice de l'État qui suppose, oui, souvent, des compromis avec la réalité. Je prends un exemple. Tu es économiste. Là, en ce moment, les marchés financiers sont en train d'attaquer la France parce que c
'est
ça dont on parle. Et l'augmentation des taux d'intérêt, c'est en partie dû à ça. On arrive au pouvoir. Imaginons qu'on arrive au pouvoir avec notre programme de 2024, le NFP,
qui est un
programme qu'on peut qualifier de... pas radical, mais quand
même... De rupture.
Un
programme de rupture.
Oui, je vais te dire, je ne
le
trouvais pas assez radical.
Oui, ça dépend sur quoi. Mais disons que quand tu vois tout ce qu'on prévoyait en termes de dépenses publiques, c'était quand même déjà pas mal. Une de nos principales difficultés si on arrivait au pouvoir aujourd'hui, avec toi comme ministre de l'économie, ça serait faire face à ça. C'est-à-dire l'attaque violente du capitalisme financier. Et on peut toujours dire ouais, on est super fort et puis avec tous ces jeunes on va y arriver. Ce n
'est
pas si simple. Donc je revendique aussi
d
'essayer d'être crédible par rapport aux gens qui espèrent en nous.
Oui,
mais pour pouvoir faire face par exemple au capitalisme financier dont je suis d'accord avec toi qu'il ne
va
pas se gêner pour nous attaquer si nous gagnons le pouvoir. C'est aussi avoir des idées nouvelles, une nouvelle manière de gérer, etc. Par exemple, si tu prends la dette, aujourd'hui, évidemment que si tu empruntes sur les marchés financiers, évidemment tu te soumets au marché financier.
C'est pour
ça que moi je propose un grand emprunt.
Oui, mais donc voilà.
C'est justement
pour
échapper à cette logique-là.
Oui, mais c'est aussi
ça que je veux te dire.
Cette radicalité issue des mouvements sociaux, elle nous permet aussi de penser autrement les solutions et donc de pouvoir ne pas commencer à trahir dès le premier jour du
gouvernement. Évidemment, mais pour moi une
gauche de gouvernement c'est quelqu'un qui fait la synthèse entre les fondamentaux, non fondamentaux et les luttes nouvelles qui s'expriment. Par exemple, moi je suis très intéressé par tout ce qui est un peu marginal, mais les luttes contre l'invasion publicitaire, contre la fast fashion, contre l'hyperconsommation, ça en tant que socialiste, moi je pense qu'on doit totalement l'intégrer dans notre logiciel entre guillemets. Voilà, donc...
En parlant du parti socialiste,
il
y
a quand même un truc intéressant parce que tout à l'heure vous avez expliqué la racine de cette décennation du PS, c'est-à-dire la déception ou la trahison qu'a été le quinquennat Hollande. Mais le quinquennat
Hollande... Moi je
n
'ai
pas dit que c'était la racine, ça c'est Sandrine qui a dit ça. C'est Sandrine qui
a dit D'ailleurs je ne crois pas que
tout le monde déteste le PS, je ne
crois
pas du tout. Les trois quarts des grandes villes en France sont gérées par le PS.
Si vraiment ils
étaient honnits à ce point... Par des élus socialistes Emmanuel ? Ils sont socialistes. Pas par le PS. Excuse-moi mais là la distinction est quand même spécieuse.
Je
te
dis la brand,
la
marque de ces élus-là qui ont fait un travail depuis longtemps par rapport à la marque PS, c'est pour ça que la plupart d'ailleurs quand ils se présentent ils ne mettent pas le logo du PS.
D'accord. Enfin, excuse-moi mais là je suis désolé.
Encore une fois... À Marseille, à Paris...
Je ne
suis
même pas au
Parti Socialiste. Il faut qu'on parle de Marseille.
Mais quand même...
Il faut
qu'on parle de
Marseille. Mais
ils ont l'étiquette PS. Donc ils sont quand même élus.
C'est donc que les gens
reconnaissent les gens reconnaissent quand même qu'ils font un bon travail si ils ne se préparaient pas élus. Je reviens sur
le PS justement parce que
il y a beaucoup de jeunes en tout cas qui se sont politisés contre Manuel Valls dans
la
loi travail. Voilà,
des cortèges dans les rues. C'est ça je voulais comprendre.
Oui mais ils sont dans le chat. C'est cette génération-là. Ce sont ces jeunes-là. Donc forcément pour eux le PS c'est ça. Le PS à la fin du quinquennat Hollande a choisi Benoît Hamon un fronteur comme candidat. Il y avait déjà un sympathisant PS.
Tu
le soutenais. Sympathisant PS on dit non à Valls donc non au hollandisme. Il y avait déjà ça. Puis Olivier Faure prend la tête du Parti Socialiste sur un programme de critique assez ferme du hollandisme.
Oh
si quand même. Non. En 2018 il était... Ah non justement ce n
'est
pas vrai. Pas assez ? Ah bah non. Moi c'est pour ça que...
Tout ça pour dire
que 2022 NUPES avec la France Insoumise. 2024 NFP avec la France Insoumise. Mais pourquoi tu dis avec la France Insoumise ? Avec toute la gauche. Union. Oui mais
union. Avec toute la gauche.
Je
ne
veux
pas pourquoi... Non avec toute la gauche.
C'est l'union de la France Insoumise. C'est le sujet de la gauche aujourd'hui. C'est le France Insoumise qui est hégémonique à gauche.
Vous
avez passé trois débats en parler. C'est pour ça qu'on en parle.
Non justement moi tu as remarqué que j'ai quand
même essayé à chaque fois d'être un
peu à distance parce que d'abord ce n
'est
pas très respectueux par rapport à nos autres partenaires qui représentent quelque chose dans la société. Les communistes ça représente quelque chose dans la société.
Qu'est-ce
que tu penses du fait je voulais en venir au fait que l'EPS ne sait toujours pas quoi faire du quinquennat Hollande. On
l'assume pas.
On est d'accord. Mais
je suis d'accord c'est le
principal problème j'arrête pas de le dire d'ailleurs. Et peut-être que j'ai eu une petite plus-value dans ce débat c'est en particulier parce que j'ai rappelé ça. J'ai rappelé ce moment-là. Et je pense que l'EPS ne pourra définitivement tourner la page quand il aura fait un examen très critique. Ça a été fait par Ségolène Royal. D'ailleurs j'ai remarqué ce qui est paradoxal c'est qu'elle a été ministre pendant tout le quinquennat. Mais bon ça c'est encore autre chose. Mais elle a fait en effet une critique très dure du quinquennat de François Hollande. Mais c'est difficile aussi parce que t'as quand même plein de gens qui ont soutenu François Hollande qui ont participé.
Olivier Faure le premier.
Et
donc c'est difficile de dire ben voilà on s'est planté sur
beaucoup
de points quand même.
Moi je voudrais quand même dire pardon juste qu'il y a aussi un sujet parce que tu parlais de Marseille. Moi j'ai été hyper choquée de ce qui s'était passé à Marseille.
Qu'est-ce qui s'est passé à Marseille ?
Comme à Paris d'ailleurs.
C
'est-à-dire qu'au deuxième tour donc il y avait une liste PSELV d'ailleurs et puis après une LFI. Et il n
'y a
pas eu de fusion il n'y
a
même pas eu d'appel téléphonique entre les deux tours. Et moi je trouve que ça c'est une attitude
je
vais le poser mais classiste aussi du PS. C'est-à-dire qu'il y a aussi une volonté de jeter LFI, de minimiser la force de LFI, d'espérer la chute de LFI, de faire tout pour que LFI soit ostracisé, etc. Et cela sans respect des électeurs et électrices de LFI. Et moi j'ai trouvé qu'à Marseille par exemple, de Logu, on en pense ce qu
'on
veut mais à la fin il était allé chercher des gens des quartiers.
Vous ne pouvez pas se maintenir au second tour
? Non mais d'accord sauf qu'à un moment c'était aussi la responsabilité de la gauche que d'aller chercher ces électeurs-là. Et plutôt que de faire ça ils ont claqué la porte au nez de ces électeurs. Et moi je trouve qu'il y a une démarche classiste derrière ça. Et je trouve que...
Pourquoi
classiste
?
Classiste parce que ce sont des... En fait à LFI, il faut aussi reconnaître qu'ils vont aller chercher des milieux populaires, des milieux jeunes, des milieux précaires, des milieux auxquels le PS ne va pas parler, auxquels les
écologistes parlent beaucoup moins.
Sur Marseille,
c
'est faux ce que tu dis. Sur Marseille, sur les quartiers populaires, la liste paillant elle est devant la liste de Logu.
Il y a souvent eu des barons des barons PS dans des villes très populaires, etc. C'est juste une autre manière de considérer son électorat ou considérer
son électorat comme actuel. Non mais moi je contestais juste le
terme classiste.
Bah oui
mais... Il y a des gens qui sont issus de la classe ouvrière qui votent pour le PS. Au municipal en tout cas.
Oui mais moi je trouve que dans la manière dont le PS s'en prend à LFI, il y a ce truc qui n'est pas dénoué, qui n'est jamais analysé.
C'est marrant que
tu ne poses pas la question inverse.
C
'est la manière dont LFI s'en prend aussi beaucoup au PS. Parce que par exemple, prenons l'exemple de Marseille et Paris, c'est quand même des campagnes où LFI a tapé exclusivement sur l'EPS pendant
toutes les campagnes municipales.
Non mais non.
Pour le coup c'est
quand même...
Justement je voulais
parler de Paris par un exemple très concret d'où on en est niveau radicalité par radicalité. A Paris il y
a
un truc qui a fait un peu de bruit,
enfin
pas tellement, il n
'y a
pas longtemps, c'est la rénovation de deux rues autour du futur grand magasin LVMH. Deux millions d'euros de travaux de rénovation ont été promis par LVMH directement qui va donc rénover à sa patte et aux besoins de son magasin en fonction des besoins de circulation et tout qui aura dans son propre magasin. C'est entre deux rues. Rue de Rivoli ? Je ne
sais
pas, je ne connais pas, je ne
suis
pas de Paris. D'accord, d'accord. Mais c'était marqué dans l'article de Libération, c'était hier. Et apparemment ça gueule en conseil municipal, notamment les écolos qui disent attendez en fait c
'est
une privatisation totale de l'espace public, etc. Et Emmanuel Grégoire défend le truc en disant mais attendez, moi je ne les ai pas les deux millions. Donc finalement c'est Bernard Arnault qui va payer pour la rénovation des deux rues et voilà, gagnant-gagnant. Et bah oui, c'est un maire PS. C'est donc ça le niveau d'accommodation avec le capital que nous propose le PS ? En tout cas, c'est le cas aujourd'hui à Paris.
Alors je ne connais pas le cas d'espèce, mais moi de toute façon dans mon programme, j'ai dit que je construisais un autre modèle de développement fondé sur trois choses, démondialisation, démarchandisation, démocratisation. Donc la privatisation des rues, le financement des infrastructures publiques par les boîtes privées, ce n
'est
certainement pas mon truc.
Vous voyez pourquoi tout le monde peut détester le PS ?
Ce genre de trucs.
D'abord, un, tout le monde ne déteste pas le PS. Mais non !
Il faut lire le tchat.
Si ça
vous
intéresse,
je le
lis. Le tchat n'est pas représentatif de quoi que ce soit. Il y
a plein de trucs
qui me
font rire. Mais c'est drôle parce qu'à chaque fois, c'est
mon tchat. je les connais. Tu vois, par exemple, ils mettent 2%. Ils font référence à la présidentielle. C'est marrant comment, y compris les internautes de gauche, ont intégré dans leur logiciel que le seul truc qui compte,
c
'est la présidentielle. Moi, je
ne suis
pas d'accord. Je suis désolé. Pour être les désténatoriales.
Pourquoi est-ce que...
Dans
ces cas-là... Les législatives, ça compte aussi.
Désolé de relever l'incohérence, mais dans ces cas-là, pourquoi vous êtes candidat à la primaire
?
Justement, pour la
législative.
Pour le GRS, elle est législative.
C'est quoi la strade ? Je
ne sais même pas si je vais me représenter aux législatives. t'as une belle circo en plus. Hein ? T'as une belle circo en plus. Bon, tu la connais, c'est celle d'Argentet, c'est une circo de droite, mon ami. C
'est
celle
d'Argentet qui est une circo de gauche. Vos discussions locales, Mais que t'as chauffé. Parce qu'on est banlieusards tous les deux, on n'habitait pas loin. Vous avez milité
ensemble. Il ne
m
'a toujours pas dit pourquoi il est allé à la primaire alors qu'à la fin, il n
'y
aura pas de photo de famille.
Il
y aura une photo de famille et je vais à la primaire parce que je veux porter mes idées pour convaincre les socialistes, en tout cas une majorité d'entre eux, qu'un certain nombre de thèses que je porte, elles sont bonnes, justement, pour renouer avec cette tradition de gauche qu'on n'aurait jamais dû abandonner.
Est-ce que le PS a vocation à devenir un satellite de la France insoumise hégémonique
? Est-ce que c'est ce que ça va
devenir
? De
quoi ?
Il va y
avoir
une attaque.
Pardon, excusez-moi, mais aux élections locales, aux élections intermédiaires, le PS se défend assez bien. C'est vrai. Électoralement,
il
cartonne. Aux élections municipales, régionales, départementales, aux européennes, il se défend bien. Aux sénatoriales, on voit
le résultat. Ils
cartonnent. Ils
maintiennent.
À gauche, ils sont loin devant. Mais à ces élections-là.
Par contre, aux élections nationales,
présidentielles, législatives, ça dépend, il faut négocier. Mais présidentielles, le PS est à la rue par rapport à une France insoumise qui est loin devant. Quand Jean-Luc Mélenchon dit c'est nous qui avons relevé le drapeau de la gauche et c'est à nous à qui revient l'honneur de défendre...
Attends, c'est valable pour les législatives aussi.
C'est valable pour les législatives aussi. En fait, il a raison, Jean-Luc Mélenchon, le PS est un satellite. D'abord,
on va arrêter une fois pour toutes, je ne suis pas le porte-parole du PS. Non,
c'est vrai.
Moi-même, les
histoires
de satellites, de planètes, je ne crois pas. Je crois que dans la gauche française, il y
a
un certain nombre de courants. Ils sont divers. Parfois, ils s'accordent. Parfois, ils se disputent au sens noble du terme. Il
y
a du débat. Et je ne crois pas que quiconque ait vocation à devenir satellite de quiconque.
Sandrine
Rousseau,
est-ce que les écologistes vont devenir un satellite de la France insoumise ?
Nous, on est satellite du soleil, monsieur. Satellitaire. Bon, alors... Non,
mais je veux dire, c'est toi qui prononcée. C'est une union
avec les insoumis.
Oui, mais moi,
ce que je
voudrais dire quand même de l'espace politique du PS, parce que là, on parle d'embouille, etc., mais il y a quand même aussi une question de fond. C'est-à-dire que, pour moi, ce qui définit la social-démocratie, c'est le fait de ne pas penser la finitude. C'est-à-dire de penser qu'il suffit de continuer ce que nous avons avec un peu plus d'encadrement du capitalisme, un peu plus de redistribution et que ça va être un système qui va se déployer pendant des années, des années et jusqu'à l'infini. Et en fait, ce qui différencie la social-démocratie de la gauche de rupture, c'est que la gauche de rupture, elle pense la finitude.
Elle pense la baisse tendancielle du taux de profit, par exemple, chez Marx. Et les écologistes,
les
vrais, ils pensent aussi les limites planétaires et donc la fin d'un système. Et ça, pour moi, c'est en ça que l'espace politique du PS n'existe plus vraiment ou est daté ou est déjà dépassé. c'est qu'on est déjà dans cette baisse tendancielle du taux de profit, on est déjà dans cette limite planétaire sur neuf qui sont dépassées et on l'a vu tout l'été, la canicule, etc., à montrer à quel point nous n'étions ni préparés ni en capacité d'appréhender ce qui va se passer ni en capacité de diminuer ce qui va se passer. Et donc, pour moi, c'est là qu'est l'os, j'ai envie de dire, qu'est le nœud du problème.
C'est que tant qu'il n'y a pas de pensée de cette finitude et qu'on est toujours dans l'accompagnement de ce qu'il y a en un peu mieux, en un peu plus encadré, en un peu plus redistributif, je pense qu'on se trompe totalement et que c'est pour ça que les jeunes massivement se tournent vers Jean-Luc Mélenchon parce qu'aujourd'hui, si vous êtes jeune dans la société, votre avenir n'est quand même pas totalement limpide quand bien même vous faites de très grandes études, quand bien même, etc.
Il est extrêmement bouché et d'ailleurs, ça génère un problème de santé mentale réel chez les jeunes et donc, eux sentent dans leur tripe, dans leur corps, dans toute leur vie que cette finitude arrive et ce refus du PS de penser la finitude, pour moi, c'est l'obstacle principal et c'est pour ça d'ailleurs que tu n'arrives pas à parler d'écologie dans la primaire PS parce qu'en fait, ça ne peut pas exister
puisque l'écologie n'arrive pas à parler d'écologie.
Ce n
'est
pas complètement vrai parce que, par exemple, j'arrive quand même à...
C'est un peu leur thématique quand même.
Excuse-moi,
mais
dans
les
derniers discours de Marine Tondelier, je ne me souviens pas beaucoup de trucs sur l'écologie vachement frappants.
Non mais,
je
t'accorde.
Non, je n'ai rien dit.
Je n'ai rien dit. Mais juste, ce truc-là, ce truc-là, tu ne peux pas penser que le système que nous avons actuellement, de manière crédible, va continuer avec
un peu de changement.
Et donc,
c'est ça, la sociale
démocratique.
c'est ce
que tu penses. Moi, je te dis, et c'est pour ça que j'essaie de les convaincre, par exemple, démondialiser, c'est totalement fondamental. Il faut relocaliser la production, démarchandiser, il y a trop de choses qui se vendent et qui s'achètent et qui se jettent, interdire la fast fashion, lutter contre le tout déchet, mettre en place l'économie circulaire.
Tu dis démondialisation,
tu ne dis pas de décolonisation, par exemple, post-colonisation ou interrogation de la
colonisation. Non, mais tu ne veux pas me... L'idée, c'est quoi ? Il faut revenir sur la mondialisation libérale, la mondialisation du capital, la mondialisation des échanges aussi. Donc voilà, décoloniser, ça, c'est encore autre chose, c'est une autre notion. C'est un peu lié. On est face, en effet, il y a des grandes puissances qui sont colonisatrices.
Les
Etats-Unis, la Chine, la Russie, bon, d
'accord. La
France, monsieur.
Il
n'y a
pas d'impérialisme français, même
?
Impérialisme, non. Il y a encore des résidus de colonialisme, mais il n
'y a
pas d'impérialisme français, quand même, par rapport à ce que font les Etats-Unis, merde, ou la Chine, il ne
faut
quand même pas déconner, on n'en est pas là.
Des gros résidus,
quand même.
Mais par contre,
je
serais moi pour que la France invente une politique diplomatique en direction du Sud et tout ça. Bon, ça, c'est un débat qui nous amènerait plus loin, mais moi, je reste, ça va vous faire hurler, surtout, de toute façon, il n
'était
pas né, le plus grand discours d'un président socialiste au XXe siècle, c'est le discours de Cancun, de François Mitterrand, qui dit, salut aux opprimés, salut aux syndicalistes persécutés, et nous, la France, on accueille tous ces gens qui sont persécutés et opprimés dans leur pays. Voilà, moi, ça continue à me faire vibrer. Oui, on n'est pas obligé d'avoir
comme
référence qu'un truc qui s'est passé il y
a
dix ans. Est-ce que ce n
'est
pas un peu triste que tout ce qui nous reste c'est des archives de Mitterrand
?
Non, parce que... C
'est bien
formulé. Bon, voilà, aujourd'hui, Olivier Faure, c'est moins vendant. C'est marrant,
t
'as dit nous, pour parler de socialistes. Non, mais oui, c'est à vous qu'il reste... On
a plein de distance de maintenant. Je suis très loin d'être... D
'abord, ce n
'est
pas vrai, parce que, par exemple, moi, il y a dans la période du quinquennat Jospin, mais des années Jospin et des trucs qu'on a fait. Moi, j'étais hyper fier. J'étais étudiant, tout ça, mais j'étais hyper fier quand même. Et puis, tu verras, il y aura d'autres fiertés et d'autres combats, parce que, justement, il y a un très beau livre de sciences politiques d'un Italien, Enzo Traverso, qui s'appelle Mélancolie de gauche. Il explique qu'en fait, la gauche se construit aussi sur la nostalgie de ces luttes qui ont souvent été des défaites. La commune de Paris,
c
'est une défaite. Mais en même temps, ça a nourri le mouvement ouvrier parce qu'il y
a
eu des... Pourquoi tu rigoles ?
Non,
parce que François Hollande aussi, ça a été une défaite.
L'histoire de la gauche,
c
'est
des défaites.
Oui, il y en a deux.
Mais parfois, parfois, il y a des éclatantes victoires. Voilà, c'est l'histoire du mouvement ouvrier. Je suis désolé. Donc, c'est cette lutte séculaire entre
le travail
et le capital. Et par moments, on arrache des trucs. Et c'est beau. Et je ne désespère pas que ça continue comme ça.
Ce n
'est
pas nouveau, les débats à gauche. On ne
va
pas se mentir. La discussion que
vous avez y compris sur le caractère
d'Oxcrie, ça fait un siècle et demi que ces débats à
gauche existent.
Jaurès et Gued,
Jaurès et Lafargue.
Oui, voilà.
Et
ça parlait mieux quand même.
C'était un autre... C'était tout à fait charmant.
Mais moi, je le
trouve formidable tous les deux. Non, tout ça pour dire que la gauche a toujours été plurielle, je crois, en tout cas. C'est
ce que je disais. Elle a toujours été
traversée, parfois avec des hégémonies, parfois sans, toujours avec un peu de friction, parfois avec l'union.
Est
-ce que l'union est encore possible ? Non, vraie question, par contre, sans déconner l'année prochaine. Est-ce qu'une union de la gauche est possible dans des élections législatives ? Moi,
je le crois et je le crois d'autant plus qu'il faut quand même voir ce qu'il y a en face de nous.
Ok,
on va faire les hypothèses alors.
Hypothèse Jean-Luc Mélenchon, président de la République, est-ce qu'il y
a
une alliance qui existe ?
Ça
se voit que tu ne le connais pas parce qu'hypothèse Jean-Luc Mélenchon, président de la République, on sera tous ratiboisés et il nommera des candidats et des filles dans toutes les circonscriptions.
mais tu vois, ça c'est nul. Non, mais ça c
'est nul. Pardon, mais ça c'est
nul. Est-ce que le PS présentera ? Non, ce
n
'est
pas vrai.
Déjà, ça n'est pas
vrai. Ce n
'est
pas ce qu'il a fait. Non, mais ça...
Non, mais
en
plus,
tu
as raison. Non,
mais ce
n
'est pas ce qu'il a fait.
Parce
que comme Jean-Luc Mélenchon est beaucoup plus réaliste qu'on le croit. Bien sûr,
il a fait la NPS et
le NFC. C'est vrai. C'est vrai qu'il voudra s'assurer une majorité.
C'est
assez
normal. Donc,
il
tendra la main.
mais c'est intéressant de continuer ton
idée. Il tendra la main.
Je n'en sais rien. Mais parce qu'il aura intérêt à le faire, on est d'accord. S'il a intérêt à le faire, il le fera. Ok. D'accord.
Non, mais ça,
c
'est... Vraiment, ça,
ça
m'énerve. Pardon, parce que c'est faire passer toujours la même rengaine. LFI sectaire, LFI qui ne fait pas l'alliance, etc. LFI, ils ont... Enfin, moi, je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'ils font. Et vraiment, en plus, je me retrouve à défendre LFI sur la moitié des plateaux.
Alors que
moi, je veux qu
'on
fasse avec eux à la présidentielle, etc. Mais je veux dire, ce n
'est
pas non plus mon parti,
tu
vois, ce n
'est
pas mon histoire politique, etc. Mais on les renvoie à un sectarisme, alors que c'est quand même eux qui ont tendu la main sur la NUPES, c'est aussi eux qui ont participé activement au NFP et on peut reprocher les choses, mais au moment où il a fallu faire des alliances pour contrer le libéralisme, pour contrer la montée du Rassemblement national et de l'extrême droite, ils l'ont fait. Et donc, moi, je comprends certains procès, je n'en comprends pas d'autres, quoi. Et celui-ci, je ne le comprends
vraiment pas. Mais tu dis, ils l'ont
fait, on l'a fait aussi.
Mais on l'a fait, mais ils
n'ont pas fermé la porte, ils n'ont pas
bien. Et évidemment qu'il y avait un intérêt aussi, je ne
suis
pas non plus naïf sur le fait qu
'ils
n'avaient pas d'intérêt, mais ils l'ont fait. Donc, nous l'avons tous fait. Et donc, ce n
'est
pas vrai que, et je suis prête à prendre les paris aujourd'hui
devant
vous,
qu'il y a un mec
qui dit on prendra Rousson, Faucillon, peu, mais pas toi. Voilà, c'est ça. La passion, moi je pense
que la maladie... Non mais c'est
Simchi ou je ne
sais
pas comment il
s'appelle, c'est pas Jean-Luc. C'est Jean-Luc Contamé.
Non mais je ne peux pas m'empêcher
de regarder. Mais tu as raison, ça n'appelle un challenge.
Mais quand même,
ils
font
les unions de la gauche. Je
trouve ça intéressant parce qu'il y a quand même une maladie à gauche et la France Insoumise y contribue, cette espèce de passion de l'excommunication.
C
'est-à-dire que tu n
'es
pas d'accord avec moi, c'est donc
forcément que tu es un fasciste.
Tu n
'as
pas été excommunié toi ? J'ai été excommunié bien sûr à plein de reprises mais bon, moi je suis un laïc donc en fait, ce n
'est
pas très grave.
De toutes les
façons, vous
reviendrez sur ce plateau
le moment venu pour parler des unions de la gauche. Ce n
'est
pas encore fini parce que chacun de nos chroniqueurs, Léa, Malek et Usul ont une dernière question pour vous, pour nos invités. Léa, on commence avec toi.
Allez, question commune, vous avez le droit d'en débattre et c'est aussi l'objectif, n'est-ce pas ? Admettons qu'il y ait une victoire de l'extrême droite ce que je ne souhaite pas évidemment en 2027.
La
faute à qui à gauche
?
Alors, en dernière question comme ça toi ? On m'a dit c'est ton one shot, tu donnes tout, voilà. Ok.
J
'ouvre le débat.
Ce
n
'est pas la faute de la gauche
? Je ne
comprends pas pourquoi on part du principe que c'est forcément la faute de la gauche. Si le RN gagne,
c
'est aussi parce que
les électeurs votent. À un moment donné, il y
aura... Ah ok, très bien, débatons.
Donc c'est ça le problème, c'est à nous d'aller convaincre les électeurs de ne pas voter à Rennes.
Alors parce que la gauche n'aura pas réussi à convaincre les électeurs
?
Moi je pense que pour nous l'obsession ça doit être de reconquérir les classes populaires qui se sont tournées vers l'extrême droite. Enfin, là j'étais à Belfort.
Pas
toutes
les classes populaires.
Cet
après-midi, j'étais...
Une
partie. Oui. Je vais te donner un exemple. Cet après-midi, j'étais à Belfort pour visiter une usine. Belfort, c'était le territoire où la gauche faisait le plus gros score au présidentiel devant même la Nièvre et les Landes. Aujourd'hui, ils ont dans une circonscription un député RN, dans l'autre un député LR soutenu par le... Enfin, où le RN fait 45%.
À
un moment, c'est quand même là-dessus de nous interpeller. Donc, mettons en place des programmes pour parler de cet électorat. Et là, je peux te dire, la FI et le PS sont ratiboisés pareil. Ce n
'est
pas une histoire de radicalité. C'est juste de crédibilité de la gauche par rapport à cet électorat.
Moi,
je vais te répondre, mais juste, il ne faut pas quand même minimiser la responsabilité du camp libéral, parce qu'on est dans une crise systémique du capitalisme qui arrive à une limite. Et donc, les capitalistes, pour se maintenir, sont prêts à tout, y compris à s'allier avec le fascisme. Et c'est exactement ce qui est en train de se passer doucement et à bas bruit à l'Assemblée et ailleurs.
Donc, moi, je ne minimise quand même pas la responsabilité historique qu'ils ont, mais je ne minimise pas non plus l'effet qu'a eu la division de la gauche après le nouveau Front populaire sur un électorat de gauche qui peut-être était plus radical, peut-être était plus réformiste, etc., mais qui, à la fin, s'est quand même complètement mobilisé. Ils se sont tous mobilisés et bien au-delà, d'ailleurs, des électeurs. C'est-à-dire que moi, je le dis toujours, mais les ONG, les syndicats, les associations,
il
y a des associations qui ont pris des risques inouïs pour s'engager pour le NFP et qui ont vu leur subvention divisée par deux après ce soutien. Et donc, cette espèce de peuple de gauche qui s'est réveillé, il est un peu orphelin aujourd'hui et il n'en peut plus de voir les divisions. Donc, ces divisions et ces déchirures, elles s'expliquent, on vient d'en parler, mais quand même, on a aussi une responsabilité historique au moment où le fascisme est en capacité de prendre le pouvoir pour ne plus lâcher parce que c'est ça le sujet du fascisme.
Non seulement ça met la vie des gens en danger, non seulement ça met la planète en danger, non seulement c'est un rapport hyper capitalistique au monde économique, mais en plus, derrière, ça ne lâche pas le pouvoir politique. Donc, voilà, je le dis, moi je suis très en colère contre ce qui s'est passé dans la gauche, je pense qu'on aurait pu faire tout à fait différemment et je pense que le PS a une part de responsabilité, nous en avons une aussi et LFI en a une aussi et qu'il faut poser ces responsabilités-là parce que sinon, on n'y arrivera jamais.
Voilà. – Les
Zules ? Oui, il y a une... Bon, le fascisme comme horizon, là, on a bien vu, on parle beaucoup de l'extrême droite, etc. Ceci dit, certains disent qu'il est quand même déjà un petit peu dans nos rues. Pour se maintenir, les macronistes ont quand même lâché la bride à la police dans des proportions qu'on n'avait jamais vues.
Je
n'avais jamais vu des voitures de police foncer dans des lycéens, les coursers, comme ça, voilà. Donc, est-ce que vous pensez, un, que les macronistes tiennent avec la police et est-ce qu'ils tiennent encore leur police et ensuite, comment la gauche pourrait transformer la police si elle arrivait au pouvoir
? Alors,
je... de la cave au grenier. En fait, en fait... Ça doit être un chantier quand même parce qu'il
y a
un danger qui est un peu
immédiat. C'est un
sacré chantier et alors, ça ne date pas des lycéens parce que les gilets jaunes, ça a été quand même... Et sous Hollande,
c'était pas mal de la loi travail, ouais.
Ouais. Et
la
retraite
?
Ça, je ne dirais pas le contraire. Il y a eu les gilets jaunes,
il y
a eu le mouvement des retraites quand même et finalement, le mouvement lycéen,
c
'est la confirmation de ce qu'on dénonce. Alors là, pour le coup, toute la gauche à l'Assemblée et au-delà d'ailleurs, c'est des techniques de maintien de l'ordre qui sont complètement contestées, contestables, des armes mutilantes qui ne devraient pas être... D'ailleurs, il
y a
une PPL qui vient d'être redéposée, une proposition de loi qui vient d
'être
redéposée pour interdire un certain nombre d'armes qui sont aujourd'hui utilisées seulement en France. Bien sûr. Les grenades, des encerclantes, les LBD, tout ça. Donc bon. Et la deuxième question, oui, bah... Comment on ferait ? Pierre Jox avait posé une charte, il me semble, à un
moment.
Absolument. Mais tu sais que... Enfin, quand la gauche est arrivée au pouvoir en 81, désolé de revenir...
Non, mais la question s'était posée en 81. C'est qu'il t'appelle Monsieur Lina déjà,
ouais. Non, mais il
y a des trucs
hallucinants.
En 76.
En même temps, il y en
a
qui disent tu dois créer ta chaîne Twitch parce que t'es une vraie trotskiste. J'ai vu là.
C'est vrai, je suis trotskiste
? Et je le sais pas. T
'as été baptisé ce soir. En dépit, voilà. À l'insu de ton plein gré.
Je serai
la première.
Donc
Pierre Jox, il avait même imposé de mettre la déclaration des droits de l'homme et du citoyen dans les commissariats. Dans les commissariats ?
Mais
il y a quand même... T'imagines aujourd'hui ?
Non
mais... J'en rigole, mais c'est pas drôle.
Mais il y a un truc qu'il ne faut
pas oublier.
À
l'époque, les syndicats de policiers étaient majoritairement de gauche. Hein ? C'était comme...
Oui, mais c'était plus le cas alors que
CRS étaient des communistes. On a oublié ça. Aujourd'hui... Et pas que l'entête,
non
? Voilà.
La
DDHC dans les commissariats, il
n'y avait pas
grand-chose vu la gravité.
Non, non,
mais à l'époque, ça avait suscité un vrai débat.
Non,
oui.
Et donc, de toute façon, il faudra évidemment une réforme d'ampleur, d'envergure, enfin, je ne
sais pas
comment dire, avec un ministre de l'Intérieur qui sache quoi faire, quoi.
Malek ? D'accord, c'est un peu vague.
Oui,
mais parce que... Franchement, à part te dire, il faut interdire ces techniques-là, il faut interdire les armes qui sont utilisées,
et
il faut un nouveau rapport de la police et des administrés, notamment des jeunes,
et
tout ce qu'on a dit pendant des dizaines de campagnes, des récépissés de contrôle d'identité, tout ça. Voilà. Mais ils ne
vont
pas
vouloir... Il
y avait une
question sur...
Par contre, ils n'auront
pas le choix.
Est-ce que le ministre de l'Intérieur contrôle encore les policiers ? Moi, je ne suis pas sûre de ça. Et je pense qu'il faut le poser. C'est-à-dire que je pense qu
'il
y
a
une partie de la police,
pas toute la
police, et je ne veux pas mettre tous les policiers dans le même panier, mais une partie de la police, a des tentations sédicieuses. Et je pense que c'est... Et je pense d'ailleurs que c'est un sujet pour la gauche radicale au premier tour et au deuxième tour de la présidentielle. Et que ça, ça doit être posé en tant que tel. Et qu'il va falloir, derrière, entamer une vraie réforme de la police, mais aussi de l'IGPN, mais aussi de la doctrine qui doit passer d'une doctrine du maintien de l'ordre à garder la paix, puisqu'au départ, ce sont quand même des gardiens de la paix.
Et qu'on transforme notre doctrine de maintien de l'ordre sans armer jusqu'aux dents les policiers et en réfléchissant véritablement à la désescalade, ce qu'on refuse de faire, sous le macronisme.
Donc
voilà.
Malek ? Politique fiction, Raphaël Glucksmann gagne la primaire socialiste.
Raphaël
Glucksmann ?
Raphaël Glucksmann.
D
'accord. Il fait le baiser de la mort à
Gabriel... Je m'habite. Tu
connais ? Il fait le baiser de la mort à Gabriel Attal, scénario qui ne relève pas de la science-fiction pour le coup. C'est quoi le baiser de la mort ? En fait, ils vont dans leur grande coalition...
Ils font alliance ?
Oui, ils font alliance. Ah ok, ok, ok. Qui est un scénario qui n'est plus possible qu'on ne le croit. Quand tu vois Ruffin et Villepin, j'avoue qu'il
faut
avoir des scènes.
C
'est vrai que ça, on ne
l
'avait pas vu venir pour le coup.
Il se passe quoi en décembre ? Est-ce que les candidats à la primaire socialiste se rangent derrière celui qui attend en warning sur le côté jeune homme François Hollande ? Ou est-ce qu'on réorganise un café avec Sandrine et on va derrière la candidature de Jean-Luc Mélenchon
?
Non mais ça,
c
'est de la politique fiction.
Moi,
je te
paye le café,
si
tu
veux.
Bio !
Attention, c'est de la corruption, Sandrine, fais gaffe.
Parle dans ton micro quand tu dis des bêtises.
Non, je dis, je te paye le café, en fait, il faut
vraiment
que j'arrête de
regarder. Moi, je suis totalement attiré par les trucs.
Restez avec nous,
restez
avec nous. Il ne faut pas se laisser. Ils ne sont pas perturbants. Mais c'est pas très
perturbant.
Il
va chez les...
Écoute, on a signé une charte dans laquelle il est clairement écrit qu'on fera l'union de la gauche. Que
Valls
avait signé aussi en 2018.
En 2017, c'est vrai que c'est vrai. Valls, il
avait soutenu... Non, à l'époque,
c
'était juste le papier,
c
'était il faut soutenir le candidat. Il l'a trahi. Mais Benoît Hamon, lui, il avait un trait de toutes les semaines. En fait,
on est au début de l
'émission. Parce que c
'est
un effet de clôture. C'est assez rassurant, finalement. S'il va s'allier avec la droite, ce n
'est
plus d'autres candidats. Donc voilà, c'est tout. Et il se passe quoi ? Ah bah oui, il
y a
rupture du contrat. Il
se passe quoi pour
les candidats socialistes ?
Il se passe quoi pour les
candidats
socialistes ? T'inquiète pas,
on
va retrouver des solutions.
C'est François Hollande ou Jean-Luc Mélenchon, finalement.
Non, on prendra
peut
-être le deuxième. Ah oui, OK. Emmanuel Morel, le vote, c'est ce week-end. Ouais, demain et après-demain. Demain et après-demain.
En
15 balles
? Non,
en fait,
il y a un tarif à 10 aussi.
Un tarif social à 10.
Ça, c'est marrant, parce que dès que tu parles avec un socialiste, je sais, tu n
'es
pas socialiste, mais dès que tu parles avec un socialiste, tu dis 15 balles quand même, ils te disent non,
mais il y a un
tarif à 10.
Non, mais c'est super cher. Vous êtes
loin, les mecs.
Remets pas une pièce dans la réaction. Je rappelle quand même.
Faut
leur dire 10 balles, direct.
Vous
comprenez maintenant quand Chandrine parlait de classisme dans une certaine mesure.
Enfin,
je veux dire 10 balles pour voter pour une primaire. Pardon,
je suis choqué.
Je
ne suis pas sûre que ce soit
Emmanuel Morel
qui ait choisi le tarif. Non, j'ai choisi ni le tarif, ni le format. Donc, ça va, mais... Moi, je veux bien
tout porter sur mes épaules. As
-tu
un pronostic ? Allez. Un pronostic ? Ouais. Non.
À partir du moment
où il y a 80 000 personnes qui
ne
connaissent pas. Qui
ont
payé
ou pas encore
? Qui ont payé. Ah, OK. Je ne
sais
absolument pas ce qui peut se passer. Et d'ailleurs, toutes les deux heures, tu as une nouvelle rumeur. Ça fait un
million. Les
Insoumis vont voter royal.
L'argent.
Olivier Faure va faire une perte.
Oui, il
y a
toujours des rumeurs. Moi, jeudi, Emmanuel Morel est lue dès le premier tour. Voilà, c
'est
mon prono. On en reparle. Abonnez-vous. Alors là... Sandrine. Je ne
sais pas si vous êtes contents, les twittos. On
te retrouve dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Sur
la proposition de loi intégrale et sur le budget de la sécurité sociale puisque je suis chef de file pour les écolos et du PLFSS et c'est Clémentine sur
la
PPL intégrale et voilà, c'est dur. Grosse
bataille à
venir.
Oui, grosse bataille à venir et puis après, il va falloir aussi avoir une vision politique de ce qui se passe. Moi, j'attends le deuxième tour de la primaire socialiste parce que je pense qu'il y
aura
un deuxième tour compte tenu du nombre d'adhésions qu
'il
y
a
parce qu'il y a quand même pas mal d'adhérents. On dit ces 15 balles mais à la fin, il y a quand même 140 000 personnes qui les ont payées
et
donc, j'attends de voir un peu ce qui se passe après mais bon, après, on va vraiment rentrer dans le dur de la présidentielle et puis il va vraiment falloir réfléchir.
Et il faudra suivre Baxit parce qu'on en reparlera. Merci beaucoup Emmanuel Morel et Sandrine Rousseau d'être venus sur le plateau de Baxit. Merci.
Emmanuel Maurel