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interviewRMC — Face à Face· 4 novembre 2021 20 min

L'invitée de Bourdin Direct : Aurore Bergé - 04/11

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC, l'interview à Pauline de Valherbe. Bonjour Aurore Berger, merci de répondre à mes questions ce matin sur RMC BFM TV. Vous êtes députée La République En Marche des Yvelines et vous êtes présidente déléguée du groupe La République En Marche à l'Assemblée Nationale. D'abord une question sur Sophie Pétronin, Sophie Pétronin qui est donc repartie au Mali. Elle y avait été otage pendant 4 ans, libérée en échange de la libération de 200 djihadistes. Si jamais il lui arrivait malheur aujourd'hui, est-ce que vous continuerez à vous donner le mal ? Est-ce que la France doit continuer à l'aider ?

0:40
Aurore Bergé

Je crois que ce qu'elle fait c'est d'abord une insulte à tous les Français qui se sont mobilisés pour sa libération, à nos soldats qui sont engagés dans l'opération Barkhane en particulier. Donc je pense d'abord à nos soldats, je pense à leur famille puisqu'il y a des familles endeuillées. Et je crois que ce qu'elle fait c'est une insulte à leur égard. Et évidemment quand elle a été otage, la responsabilité de la France comme pour tous les otages, c'était de tout faire pour ramener notre compatriote. A partir du moment où elle est repartie en enfreignant en fait toutes les règles qu'elle devait suivre, qu'elle aurait dû suivre, je crois que ça n'est plus notre problème.

Ça n'est plus notre problème. S'il lui arrive quoi que ce soit, ce n'est plus notre problème. Je donne la position qui est la mienne. Je considère qu'au regard de ce que la France a fait, et la France devait le faire à l'époque, eh bien aujourd'hui elle a pris, je ne sais pas si c'était vraiment des responsabilités, mais elle a fait un choix. Et elle a fait un choix qui est pour moi une insulte à ce qu'est notre pays et à ce que nos soldats font et quand ils s'engagent au quotidien pour lutter contre le terrorisme et contre le djihadisme.

1:42
Présentateur

Aurore Berger, vous avez passé une partie de la nuit à l'Assemblée nationale puisque ça s'est prolongé encore très tard hier soir, justement pour prolonger le pass sanitaire. La loi, elle s'appelle Vigilance Sanitaire, qui serait donc prolongée jusqu'en juillet 2022.

1:55
Aurore Bergé

Alors, c'est une possibilité de le prolonger. C'est ça que dit la loi. La loi ne dit pas qu'automatiquement le pass sanitaire va être prolongé jusqu'en juillet, mais qu'on se donne la possibilité, plus exactement que le Parlement donne la possibilité au gouvernement de le faire si on était justement dans un état de vigilance sanitaire qu'il nécessite.

2:10
Présentateur

Mais se donne cette possibilité sans avoir à repasser par l'Assemblée. Ça veut dire qu'en réalité, vous privez le reste de l'Assemblée d'une discussion éventuelle sur est-ce que c'est le bon outil, est-ce que ce n'est pas le bon outil. Vous décidez d'avance que vous n'aurez plus qu'à réactionner le bouton.

2:24
Aurore Bergé

On décide ce qu'on a déjà fait par le passé, puisqu'à deux reprises, on a voté pendant dix mois des dispositifs qui étaient comparables. On doit être au douzième texte sur les enjeux d'urgence sanitaire. Et surtout, à un moment, on a un enjeu de réactivité absolue. Convoquer le Parlement, c'est une nécessité. On le fait de manière régulière, bien plus régulière que dans les autres démocraties d'ailleurs. Mais il faut aussi qu'on donne les moyens au gouvernement d'agir. Dans un contexte qui va être un contexte très particulier, on le sait bien. On regarde des élections présidentielles et des élections législatives.

Si demain, après l'élection présidentielle, quelle qu'en soit l'issue, on reconvoquait par exemple le Parlement avec les députés d'aujourd'hui, qui ne seront peut-être pas les députés de demain, qu'est-ce qu'on dirait ? Est-ce qu'on dirait que là, c'est une atteinte à la démocratie parce qu'on ne demande pas aux bonnes personnes de juger ? On n'en est pas tout à fait là. Oui, mais on doit se donner les moyens de se prémunir du risque. Et le risque, c'est qu'on ait besoin demain de réactiver le pass sanitaire. Ce qu'on espère, c'est surtout qu'on n'ait plus besoin de l'utiliser, qu'on puisse baisser progressivement évidemment les contraintes qui peuvent exister sur nos concitoyens.

Mais si on a besoin de le réactiver, alors on a besoin d'une réactivité totale dans ce qui est aussi les garanties de l'état de droit qui sont les nôtres, à savoir qu'on est repassé devant le Parlement, que le Conseil constitutionnel va probablement à nouveau se prononcer puisque j'imagine que l'opposition va le saisir. Donc, dans toutes les garanties qui sont données à l'état de droit...

3:41
Présentateur

Il y a peu de chances quand même que vous n'obteniez pas de prolonger ce pass sanitaire. De prolonger cette possibilité de pass sanitaire pour être tout à fait précis. Vous le disiez, il faut peut-être parfois reprendre des mesures. Le masque pour les enfants, il y avait 39 départements où le masque avait été supprimé ou finalement en retour de vacances lundi, ils vont devoir le remettre. Est-ce que c'est vraiment nécessaire pour des enfants de 6 ans ?

4:03
Aurore Bergé

C'est toujours le même sujet. C'est-à-dire, la nécessité, elle est faite au regard d'un certain nombre d'indicateurs. Et ces indicateurs, ils sont objectifs sur des risques à un moment accrus qui peuvent exister. Aujourd'hui, on nous dit, ou certains nous disent, il n'y a aucun risque sur les enfants. Oui, enfin, on a des variants dont on a vu qu'ils atteignaient des populations qui étaient différentes depuis le début de la contamination et depuis le début du Covid. Et donc, on a vu que les populations, de plus en plus jeunes, parfois, étaient atteintes.

Donc, moi, je suis quand même très vigilante et je mets en garde celles et ceux qui, aujourd'hui, de manière tout à fait péremptoire, disent non, le Covid ne concernera jamais les enfants alors qu'en vérité, peut-être que demain, je ne le souhaite pas évidemment, on peut avoir un variant qui les concerne. Et en plus, on le sait qu'ils peuvent eux-mêmes être porteurs, encore une fois. Donc, il y a à la fois la question... Mais vous êtes médecin ? Non, mais justement, parce que je ne le suis pas, je dis juste qu'on a vu, de manière très concrète, des variants exister et que ces variants ont touché des populations qui étaient très différentes.

On a vu la force et l'efficacité du vaccin qui fait qu'aujourd'hui, dans nos hôpitaux, nous n'avons plus les personnes qui étaient les premières personnes contaminées à prendre en visite, notamment personnes très âgées.

5:05
Présentateur

Étonnamment, on a quand même l'impression que ces questions de médecine deviennent presque des questions nationales quand on voit que, depuis hier, les États-Unis vaccinent les enfants, donc les moins de 12 ans, que chez nous, on ne le fait pas. Quel genre de critère, finalement, est-ce qu'on prend ce genre de décision ? Comme vous le dites à l'instant, je mets en garde ceux qui disent que les enfants ne seront pas touchés. Ceux qui disent, en l'occurrence, ce sont des médecins, justement.

5:23
Aurore Bergé

Ça dépend. Encore une fois, vous le dites vous-même, aux États-Unis, ils ont fait le choix de vacciner les enfants parce qu'ils considèrent qu'il y a un risque et puis, encore une fois, les enfants peuvent même être porteurs. Nous, on a fait un choix d'une vaccination à partir de 12 ans. Donc, ce sont des choix qui se basent sur des critères qui sont des critères scientifiques et qui existent aussi dans le cadre d'un débat qui est un débat politique et démocratique qu'on a eu, nous, à l'Assemblée nationale.

5:45
Présentateur

Aurore Berger, la question de la troisième dose, on a révélé hier sur RMC que 45%, c'est-à-dire moins de la moitié de ceux qui sont aujourd'hui éligibles à cette troisième dose avaient véritablement été l'affaire. Comment est-ce que vous pouvez les convaincre si vous le souhaitez ? Est-ce qu'il faut carrément se dire qu'au fond, cette troisième dose, elle doit désormais être inscrite sur le pass sanitaire pour ceux à qui elle est encouragée, pour qui il est encouragé de le faire ?

6:11
Aurore Bergé

Déjà, la troisième dose, c'est tout simplement un rappel vaccinal. C'est se dire qu'à l'issue de la deuxième dose, on sait qu'on a une protection qui diminue. Et, vraisemblablement, c'est à partir du sixième mois où on n'a plus le même niveau de protection que celle qu'on avait avec première et deuxième dose. Donc, c'est la nécessité de continuer à se protéger pour les populations qui sont les plus à risque, les plus vulnérables, les plus de 65 ans, ceux qui présentent des comorbidités, ceux qui ont donc besoin avant tout de se protéger pour eux-mêmes. C'est pour eux qu'on a mis en place ce rappel vaccinal.

Et donc, moi, je leur dis, évidemment que je cherche à les convaincre parce que c'est d'abord eux qui se mettent en risque s'ils ne prennent pas ce rappel, s'ils ne font pas ce rappel vaccinal.

6:51
Présentateur

Vous dites que c'est une nécessité, mais pour autant, pour l'instant, ça n'est pas inscrit sur le pass sanitaire

6:56
Aurore Bergé

contrairement aux deux autres doses. Pour l'instant, non. Déjà, parce que ça ne concerne qu'une partie de la population, ce rappel vaccinal, il n'est pas encore en population générale. Il est uniquement pour les personnes qui sont, encore une fois, les plus à risque, plus de 65 ans qu'aux morbidités. Si demain, la question peut se poser. Je ne peux pas venir sur votre plateau ce matin et vous dire que la question, elle ne se posera jamais de lien entre le rappel vaccinal et le pass sanitaire pour une raison simple. C'est qu'encore une fois, la question, c'est est-ce que les personnes sont protégées pour elles-mêmes et pour les autres ?

Si on se rend compte qu'en population générale, demain, on a besoin de faire ce rappel vaccinal parce qu'on n'est plus prémuni malgré les deux doses que nous avons faites, alors ce sera légitime de se dire que le pass, finalement, doit être cet outil qui doit permettre la continuité de cette protection pour la population.

7:41
Présentateur

Précisément, Aurore Berger, au fond, quand vous voyez qu'en effet, moins de la moitié de ceux qui sont éligibles à cette troisième dose l'ont faite, est-ce que ce n'est pas le moment de se dire ouvrons-la à tous ceux qui souhaitent faire une troisième dose ?

7:51
Aurore Bergé

Il faut d'abord, encore une fois, continuer à convaincre celles et ceux qui sont les plus à risque. Et si demain, on a besoin en population générale, si moi, demain, on me dit qu'il faut que j'aille faire cette troisième dose parce qu'elle est nécessaire non seulement pour me protéger moi-même, mais surtout pour prémunir du risque de contamination pour les autres. Alors, évidemment, et sans hésitation, j'irais la faire.

8:08
Présentateur

Un mot, d'ailleurs, tiens, sur les soignants non vaccinés. Ils ne sont plus très nombreux, mais il y en a encore quelques-uns. Les présidents de départements ont découvert qu'ils devaient verser le RSA à ces gens qui sont normalement suspendus sans solde parce qu'ils ont choisi de ne pas se faire vacciner. Et il y en a un certain nombre qui disent, non mais attendez, nous, on ne va pas verser le RSA. On a déjà beaucoup de gens à qui on doit verser le RSA, à des gens qui, eux-mêmes, ont choisi de ne pas se faire vacciner et donc qui ont mis en danger leurs propres revenus et leurs propres salaires.

8:36
Aurore Bergé

Qu'est-ce que vous leur répondez ? Déjà, c'est une partie infime des soignants qui, aujourd'hui, n'est pas vaccinés. Donc, ça veut dire que la responsabilité, elle l'a mis. Mais ils ont droit au RSA. On découvre qu'ils ont droit au RSA. Déjà, je veux dire aux soignants, quand même, avoir un message qui est très clair, qui est que les soignants, ils ont fait le choix de la vaccination et ils ont été les meilleurs ambassadeurs, de toute façon, d'ailleurs, de cette vaccination.

Après, oui, je crois présents de conseils départementaux illégitimes parce qu'à partir du moment où on fait le choix de refuser de se faire vacciner alors même qu'on travaille dans un milieu qui est un milieu à risque et qu'on peut potentiellement contaminer, oui, on se retranche d'une règle que l'on doit observer et donc je peux comprendre, en effet, les réticences des présents de conseils départementaux.

9:15
Présentateur

Est-ce que vous allez jusqu'à dire

9:17
Aurore Bergé

je les comprends et donc, en effet, qu'ils ne versent pas le RSA ? Non, mais après, il y a une règle de droit qui s'applique et on ne peut pas s'exonérer de la règle de droit. Je peux comprendre les doutes, les hésitations, je peux comprendre qu'ils se disent après tout, ils se sont mis en retrait eux-mêmes mais il y a une règle de droit qui s'applique et ce n'est pas les départements qui choisissent à qui ils ont le droit ou pas de verser le RSA. Il y a une loi qui s'applique sur l'ensemble du territoire national et on ne va pas avoir une politique différente en fonction du département dans lequel on habite.

Ce qui est certain, c'est que les soignants, ils ont fait le choix massif de la vaccination et ils permettent que cette vaccination existe.

9:47
Présentateur

L'INSEE révèle hier soir que finalement, il n'y a pas plus de pauvres après la crise du Covid qu'il n'y en avait avant. Est-ce qu'il n'y a pas un décalage entre ces chiffres dont immédiatement Bruno Le Maire s'est réjoui et la réalité que les gens perçoivent dans le pays ?

10:04
Aurore Bergé

Alors déjà, c'est une bonne nouvelle. C'est une nouvelle qui est rassurante de se dire que par rapport à ce qu'on craignait, il n'y a pas eu d'explosion de la pauvreté. Et il n'y a pas eu d'explosion de la pauvreté parce qu'on a mis en place tous les leviers pour que ça n'existe pas, pour que celles et ceux qui étaient potentiellement les plus fragiles, notamment ceux qui ont pu bénéficier du chômage, de l'activité partielle, eh bien évidemment, aient pu être protégés. Et donc, on a eu raison de le faire par rapport à toutes celles et ceux qui aujourd'hui crient en disant, je cite, qu'on crame la caisse.

En fait, quand on a eu plus de dépenses publiques, c'était avant tout pour protéger les plus vulnérables, les plus fragiles. Sinon, en effet, on aurait pu avoir, c'est ce que dit l'INSEE, 400 000 personnes, 400 000 familles françaises supplémentaires dans la pauvreté. Après, est-ce qu'il y a un décalage entre les politiques qu'on met en place, les politiques publiques qu'on met en place et ce qui est profondément ressenti ? Oui, ce décalage, il peut exister. Et c'est notre responsabilité à un moment, à la fois de rappeler ce qui est fait et de démontrer surtout que ça existe.

Démontrer qu'aujourd'hui, on a plutôt des difficultés à recruter et qu'on a du coup un taux de chômage qui est à nouveau historiquement bas. Dire qu'en effet, on n'a pas eu d'explosion de la pauvreté et qu'on a encore une fois mis en place tous les amortisseurs pour que ça n'existe pas. Dire qu'on a un record du nombre d'apprentis dans notre pays, ce qui est une bonne nouvelle alors qu'on avait très peur que la crise pénalise d'abord aussi les jeunes.

11:21
Présentateur

Mais vous vous rendez bien compte que c'est comme pour le pouvoir d'achat. Les chiffres donnent le sentiment quand on lisse sur l'ensemble de la population que le pouvoir d'achat n'a pas baissé mais chacun s'en rend compte dans son portefeuille. Je veux pour preuve le témoignage ce matin sur un AMC d'Elisabeth qui nous a appelé. Elle habite juste à côté de Lens. Elle vit avec un peu moins de 600 euros par mois. Elle a des enfants, des petits-enfants qui l'aident. C'est eux qui lui payent aujourd'hui ses vêtements. C'est sa fille qui lui prête sa voiture parce qu'elle a été obligée de vendre sa voiture.

Elle nous disait ça fait un an que je n'ai pas mangé de bœuf sauf quand je vais déjeuner chez mes enfants parce que je n'ai plus les moyens de m'acheter du bœuf. Elle dit qu'elle est c'est simple 20 centimes au-dessus des seuils d'aide par exemple de la commune dans laquelle elle habite. Cette réalité, vous l'entendez ? Évidemment que je l'entends

12:06
Aurore Bergé

parce qu'on ne vit pas en décalage avec la société. On vit avec les Français. Moi, je vis avec les gens. Les élus, les députés, on n'est pas hors sol. On vit les mêmes réalités. Alors oui, moi, en effet, j'ai la chance de ne pas m'inquiéter pour pouvoir allumer mon chauffage à la fin du mois. Par contre, par rapport à ceux qui pourraient ne pas oser allumer parce qu'ils ont peur justement que ce soit un coût trop important, on les aide. On met en place un chèque énergie qui fait en sorte que si vous avez besoin de mettre du fioul, l'État est là pour vous permettre de le faire.

12:38
Présentateur

Est-ce que vous allez continuer ? Est-ce que vous allez faire un chèque peint ? Est-ce que vous allez faire un chèque pâte ? Est-ce que vous allez faire un chèque sur les assurances auto ?

12:45
Aurore Bergé

On fait ce qui est nécessaire pour garantir que les Français puissent d'abord vivre dignement de leur travail. Parce que la première des choses, c'était ça dans notre pays. Quand on est arrivé au pouvoir, quand on a été élu, on avait un taux de chômage qui était fort dans le pays et puis on avait surtout des Français qui disaient qu'on n'arrive pas à l'issue de notre travail. Est-ce que vous pourriez en exager d'indexer

13:04
Présentateur

les salaires ? C'est une proposition qui revient par la France insoumise, par François Ruffin par exemple, d'indexer les salaires comme ça a été le cas jusque-là dans les années 80, indexer les salaires sur l'inflation. On a une inflation qui est extrêmement basse. Lui, c'est ce qu'il constate dans ses magasins, il dit on va arriver à 4% d'inflation par mois.

13:20
Aurore Bergé

On avait jusque-là un taux d'inflation qui était quand même plutôt historiquement bas. Donc l'indexation des salaires sur l'inflation, ça nous aurait plutôt mis en risque finalement d'avoir des salaires qui augmentaient moins vite que ceux qui ont augmenté. Mais ce n'est pas vrai. On a des salaires qui ont augmenté. Et d'ailleurs, on a aussi permis que ces salaires augmentent. Quand vous augmentez la prime d'activité, c'est faire en sorte que la reprise d'activité paye plus que l'inactivité. Quand vous défiscalisez les heures supplémentaires, c'est là encore un gain net de pouvoir d'achat sans compter tout ce qui a été fait sur la suppression de la taxe d'habitation par exemple.

Donc j'entends et je vis au quotidien avec des gens qui ressentent ce décalage et qui disent en effet, nous, on a du mal à boucler les fins de mois alors qu'on travaille ou alors qu'on a travaillé tout au long de notre vie. Et donc c'est la raison pour laquelle par exemple, je pense aux retraités agricoles. Quand on est arrivé par exemple là aussi en responsabilité, on avait des retraités agricoles qui disaient mais moi j'ai travaillé toute ma vie 60-70 heures par semaine et à la fin, j'ai même pas un SMIC. Bon, et bien là, depuis le 1er novembre, c'est fait. Ils sont à 1035, 1035 euros par mois. Mais c'est pas encore le cas pour les conjoints.

Non mais, vous voyez, à un moment, il y a des choses qui évoluent, qui progressent et qui vont dans le bon sens et les mêmes qui nous disent il faut agir pour le pouvoir d'achat sont les mêmes qui nous disent dans le même temps attention, il ne faut pas de dépense publique. Donc, qui nous disent où on doit baisser la dépense publique. Moi, je ne baisserai pas la dépense publique pour les retraités agricoles. Je ne baisserai pas la dépense publique quand il s'agit de donner un chèque fuel pour que les gens puissent tout simplement se chauffer dignement.

Je ne baisserai pas la dépense publique quand on met en place ma prime rénov' qui n'est pas pour des gens qui, comme moi, ont les moyens de faire isoler leur habitation mais pour ceux qui sont les plus pénalisés c'est-à-dire qui vivent dans des logements qui sont des logements insalubres et en plus, ils payent plus cher à la fin du mois.

Donc ça, c'est des mesures qui sont des mesures de justice sociale qu'on a mises en place sans compter toutes les mesures de justice sociale dont on ne parle plus parce qu'on oublie presque que c'est de la justice sociale alors que ce sont des fondamentaux l'école et la santé aujourd'hui dans notre pays quand on a le 100% santé mais le 100% santé ça veut dire qu'aujourd'hui dans notre pays quand vous n'avez pas les moyens combien de français ont renoncé pendant des années à aller chez un dentiste à aller chez un prothésiste à aller tout simplement voir un ophtalmo parce qu'on n'avait pas les moyens aujourd'hui c'est zéro euro de reste à charge et quand vous voyez

15:32
Présentateur

en effet la situation de l'hôpital tout le monde tire le signal d'alarme est-ce qu'Emmanuel Macron est candidat ?

15:39
Aurore Bergé

je vous écoute je souhaite qu'il le soit je souhaite qu'il le soit mais quand vous m'écoutez j'ai l'impression surtout de dire qu'on est au travail et qu'on est là pour continuer à travailler jusqu'à la dernière heure de ce moment-là

15:51
Présentateur

l'opposition vous défendez d'ailleurs un bilan on le sent bien et ça c'est le début d'une campagne Christian Jacob qui était à votre micro il y a deux jours disait il a le carnet de chèques en permanence alors qu'il n'y a pas de provision c'est une manière d'être déjà en campagne

16:04
Aurore Bergé

encore une fois ça veut dire quoi avoir le carnet de chèques ? qu'on nous dise où on veut faire des économies dans ce pays qu'on nous le dise clairement parce que c'est trop facile de venir sur un plateau de télévision en disant il ne faut pas sortir le carnet de chèques pour à l'Assemblée déposer des amendements qui ne sont que des dépenses supplémentaires donc maintenant on nous dit où ? on nous dit où ? c'est dans la police c'est dans la gendarmerie ? on arrête les recrutements ? c'est à l'école ? on arrête les recrutements d'enseignants ? c'est à l'hôpital ? on arrête ce qu'on a fait ? le Ségur ?

c'est-à-dire le fait qu'on va remettre de l'argent public chaque année pour revaloriser l'hôpital public pour revaloriser les carrières pour qu'enfin celles et ceux qui nous soignent vivent dignement de leur travail parce qu'à un moment il y a un sujet d'attractivité de ces carrières et j'entends notamment les sages-femmes qui nous alertent sur le sujet c'est la raison pour laquelle 335 euros par mois supplémentaires pour les sages-femmes ça n'avait jamais été fait dans notre pays donc on peut tout entendre on peut entendre que ça ne va pas assez vite que ça ne va pas assez loin mais on peut aussi être cohérent parfois et ne pas nous dire dans le même temps vous dépensez trop mais il faut arrêter enfin tout ça n'est pas cohérent donc ils sont en campagne très bien nous on est au travail mais moi je souhaite que le président de la République soit candidat et réélu évidemment que je le souhaite parce que je considère que justement on a un bilan à défendre parce que je considère qu'on n'a justement pas ces 400 000 Français qui sont entrés dans la pauvreté par rapport aux mesures qu'on a mises en place parce qu'on a ce record d'apprentis parce qu'on n'a pas eu des défaillances passives d'entreprises et ça c'est quand même quelque chose dont on pourrait être fier on ne peut pas en permanence à savoir des candidats ou prétendus candidats qui nous disent qu'il faut être fier de la France mais qui ont en permanence honte de ce qu'on a fait on a fait des choses qui ont permis au pays de tenir et de tenir ensemble on a compris que vous défendriez

17:35
Présentateur

le bilan est vivement Aurore Berger une question sur le hijab cette campagne du Conseil de l'Europe est-ce que la liberté est dans le hijab ?

17:44
Aurore Bergé

la réponse est non de manière très claire cette campagne du Conseil de l'Europe qui n'est pas à confondre avec des institutions européennes il faut aussi être clair en fait elle est quand même co-financée par la Commission européenne elle a malheureusement été co-financée à l'initiative d'une institution européenne et pour avoir des collègues qui siègent au Conseil de l'Europe des collègues parlementaires ils ont découvert en même temps que nous sur les réseaux sociaux cette campagne cette campagne c'est une inversion totale de nos valeurs la liberté c'est la liberté des femmes de pouvoir le porter ou de ne pas le porter ça n'est en aucun cas le prosélytisme pour dire que c'est en le portant qu'on exerce sa liberté cette inversion des valeurs elle est dramatique et on ne peut pas vouloir justement défendre les valeurs qui sont celles de l'Union Européenne et avoir malheureusement des institutions qui le co-financent

18:26
Présentateur

quand vous entendez Marine Le Pen qui veut interdire le voile dans l'espace public est-ce que vous à l'inverse vous défendriez la possibilité pour les femmes de le porter dans l'espace public ?

18:35
Aurore Bergé

je considère que les femmes sont libres et que d'ailleurs elles sont beaucoup trop souvent l'objet des campagnes électorales où on leur donne beaucoup d'injonctions sur ce qu'elles ont droit de faire ou de ne pas faire et que d'ailleurs beaucoup de candidats les plus conservateurs d'entre eux pour le dire poliment vous pensez quoi ? vous pensez à Marine Le Pen et Éric Zemmour ?

Marine Le Pen et Éric Zemmour sont d'abord ceux qui s'attaquent quand même aux droits des femmes il faut voir à la fois comment il s'exprime sur les femmes notamment Éric Zemmour il suffit de lire son livre sur les femmes qui sont le but et le butin de tout homme et j'en passe et des meilleures ou la manière avec laquelle il parle à la fois du recours à l'IVG des droits des femmes ou des femmes qui mettraient à mal le caractère viril nécessaire évidemment dans notre société bon il craint il craint les femmes je ne sais pas pourquoi mais ce que je pense profondément ce reproche-là Marine Le Pen par contre c'est pour ça d'ailleurs que je ne l'ai pas fait par contre elle a autour d'elle un certain nombre de personnes qui remettent délibérément en cause les droits des femmes notamment dans l'accès à l'IVG pour toutes les femmes donc moi j'aimerais que les femmes ne soient pas le but et le butin de cette campagne j'aimerais que les femmes on puisse les laisser tranquilles dans leur liberté de choisir ou de ne pas choisir par contre je veux qu'on puisse les prémunir de tout prosélytisme notamment de prosélytisme religieux ou identitaire dans lequel trop souvent certains voudraient les enfermer

19:44
Présentateur

Aurore Berger merci d'avoir répondu à mes questions ce matin sur AMC BFM TV je rappelle que vous êtes députée La République En Marche des Yvelines