Alexis Corbière
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:28OuverteRéponse directe
Le slogan de campagne de Jean-Luc Mélenchon, comme son nouveau mouvement, on a bien compris, c'est l'insoumission. Mais insoumis à qui et à quoi ?
- 1:13OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il y a tout de même sur l'aile gauche une rivalité entre Hamon, Montebourg, Marie-Noëlle Lindemann et Jean-Luc Mélenchon, pour s'octroyer ce label anti-François Hollande finalement ?
- 1:29FerméeRéponse directe
La grande voix de Jean-Luc Mélenchon, à qui il manque 300 parrainages de maires, comment vous allez faire ?
- 3:09OuverteRéponse directe
Le gros problème, c'est que vous n'avez pas le soutien des communistes. Est-ce que vous allez leur demander de changer d'avis ?
- 4:42OuverteRéponse directe
Où en sont les rapports entre Jean-Luc Mélenchon et le Parti communiste ? On ne comprend pas très bien aujourd'hui les rapports entre Jean-Luc Mélenchon et le Parti communiste.
- 5:59OuverteRéponse directe
Le piège des primaires, c'est le titre de votre dernier pamphlet. Vous écrivez que cette consultation est réservée à ceux qui ont le plus d'argent. C'est le retour du suffrage censitaire. En quoi une consultation populaire devient, à vos yeux, comme un retour du suffrage censitaire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:31Invité politiqueFait
« Au traité européen, à la Vème République par exemple, c'est au moins les deux doubles ruptures, en fait c'est la double rupture fondamentale qui constitue le socle de son programme. »
- 0:40Invité politiqueFait
« Jean-Luc a rappelé hier que le point 1 notamment de notre programme, ce serait l'évolution de la Vème République. »
- 0:50Invité politiqueFait
« On a vu dernièrement, avant l'été, que la loi El Khomri, par exemple, qui était rejetée par les Français, a été imposée par le gouvernement par l'intermédiaire de l'article 49.3. »
- 1:02Invité politiquePromesse
« Jean-Luc Mélenchon, le seul candidat qui s'engage à appeler une assemblée constituante s'il était élu, pour que démocratiquement nous discutions ensemble de comment nous refonder et comment refonder de nouvelles institutions plus démocratiques. »
- 1:58Invité politiqueFait
« Le système des primaires, c'est le papier tu mouches. Quand vous rentrez là-dedans, vous savez, vous restez collés. »
- 2:36Invité politiqueFait
« Mais le thème des parrainages, c'est un vrai sujet. »
- 3:01Invité politiqueFait
« Le système est inique, non, mais c'est la vérité. Le système est un problème qu'on ne peut pas confier à des élus, le fait de choisir qui doit être candidat ou pas. »
- 4:08Invité politiquePromesse
« Il proposait le système de parrainage de 150 000 citoyens. Nous, on dit chiche, 300 000, 500 000, si vous voulez, on ira les chercher. »
- 5:02Invité politiqueFait
« Et nos amis communistes, eux, pour l'instant, ils prennent leur temps. Ils nous disent qu'ils prennent leur décision au mois de novembre. »
- 5:25Invité politiqueFait
« C'est ce que dit le Pierre Laurent. »
- 6:22Invité politiqueFait
« C'est une formule polémique. C'est surtout à l'éclairage de ce qui s'est passé en 2011. »
- 6:31Invité politiqueFait
« On observe que ceux qui viennent voter sont généralement les CSP+, ceux qui s'intéressent à l'avis des partis. Ce n'est pas les milieux populaires. »
- 7:35Invité politiqueFait
« par deux fois en 2011, la Commission nationale des sondages a dit qu'il n'y a pas de panel représentatif, il faut savoir qui vient voter. »
- 7:43Invité politiqueFait
« Tous les sondages qui sortent actuellement sont biseautés, sont même bidons. Et pourtant, c'est eux qui vont influer sur le vote des gens. »
Temps de parole
- Alexis Corbière72 %
- Présentateur23 %
- Présentateur 24 %
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France Inter, Catherine Boulet, Éric Delvaux, le 5-7. Votre invité ce matin, Éric Delvaux, c'est Alexis Corbière, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon et auteur du livre Le piège des primaires aux éditions du CERF. Oui, car c'était ce week-end à Toulouse la rentrée politique du candidat Mélenchon. Pas peu fier d'ailleurs des scores à deux chiffres que lui accordent parfois les sondages. Bonjour Alexis Corbière. Bonjour. Le slogan de campagne de Jean-Luc Mélenchon, comme son nouveau mouvement, on a bien compris, c'est l'insoumission. Mais insoumis à qui et à quoi ?
Au traité européen, à la Vème République par exemple, c'est au moins les deux doubles ruptures, en fait c'est la double rupture fondamentale qui constitue le socle de son programme. Jean-Luc a rappelé hier que le point 1 notamment de notre programme, ce serait l'évolution de la Vème République. C'est important, le combat social que nous menons, il est aussi mené au combat civique. On a vu dernièrement, avant l'été, que la loi El Khomri, par exemple, qui était rejetée par les Français, a été imposée par le gouvernement par l'intermédiaire de l'article 49.3. Donc la question des institutions, son caractère antidémocratique là aujourd'hui, est au cœur de nos problèmes.
Donc Jean-Luc Mélenchon, le seul candidat qui s'engage à appeler une assemblée constituante s'il était élu, pour que démocratiquement nous discutions ensemble de comment nous refonder et comment refonder de nouvelles institutions plus démocratiques.
Seul candidat, écoutez Benoît Hamon également, qui a fait sa rentrée politique ce week-end, lui aussi veut une nouvelle république, la 6ème, lui aussi...
Mais il n'appelle pas une assemblée constituante. Non, pas l'assemblée constituante. Donc c'est bien le seul candidat.
Est-ce qu'il y a tout de même sur l'aile gauche une rivalité entre Hamon, Montebourg, Marie-Noëlle Lindemann et Jean-Luc Mélenchon, pour s'octroyer ce label anti-François Hollande finalement ?
Moi je n'ai pas un label anti-François Hollande, et puis les trois personnes que vous avez décrites participent à la primaire. C'est le mode de désignation du candidat socialiste. Nous, nous ne nous enfermons pas dans cette procédure, par loyauté, parce que tout simplement, Jean-Luc Mélenchon dit que nous ne accepterons pas un système où si François Hollande était le candidat, on le soutiendrait, c'est absurde. Je veux dire, ça n'est pas conforme à ce que nous portons depuis des années. La force de Jean-Luc Mélenchon, c'est sa cohérence. Et le système des primaires, c'est le papier tu mouches. Quand vous rentrez là-dedans, vous savez, vous restez collés. Voilà, M.
Montebourg, Hamon, Mme Lindemann et tous les autres que vous avez décrits, eh bien, ils accepteront l'idée que peut-être au mois de décembre ou janvier, ils soutiendront François Hollande, tout en le critiquant. Le seul candidat sûr aujourd'hui qui va porter la voix, aujourd'hui, il me semble qu'il monte dans le pays, celle, vous savez, de tous ceux dont on ne parle pas, ces abstentionnistes, c'est ce peuple-là qu'il faut mobiliser. Pas s'enfermer dans les petits cheptels des organisations politiques qui sont très minoritaires. C'est la grande voix de Jean-Luc Mélenchon.
La grande voix de Jean-Luc Mélenchon, à qui il manque 300 parrainages de maires, comment vous allez faire ?
Les chercher, les convaincre. Mais le thème des parrainages, c'est un vrai sujet. Je vous invite à le traiter parce que c'est un problème que beaucoup de maires que nous parlons nous disent « Je suis d'accord avec ce que vous dites, mais moi j'ai un problème, c'est que ma subvention pour mon gymnase et mon financement, le président de la communauté d'Aglo, mon grand élu local, si je signe pour vous trop tôt maintenant actuellement que je le dis, ça va poser problème. Donc, revenez, là je ne peux pas. C'est un problème, à tel point qu'il y a même des conseillers municipaux, on a vu, collectivement qui se sont réunis et qui ont dit « On n'aura notre signature à personne ».
Donc le système est inique, non, mais c'est la vérité. Le système est un problème qu'on ne peut pas confier à des élus, le fait de choisir qui doit être candidat ou pas, quand elles-mêmes vous disent « Mais moi je ne veux pas choisir ».
Le gros problème, c'est que vous n'avez pas le soutien des communistes. Est-ce que vous allez leur demander de changer d'avis ?
Pourquoi vous dites ça ? Je ne sais pas, c'est vous qui dites ça ?
Pour l'instant, pour l'instant, les communistes...
Mais ce n'est pas le problème, là, Jean-Luc Mélenchon, il n'appartient pas aux communistes.
C'était plus facile d'avoir les parrainages quand le Parti communiste était avec vous.
Mais c'est plus facile quand plein de gens vous soutiennent, je suis d'accord, et d'ailleurs je souhaite que nos amis communistes nous soutiennent, il n'y a pas de problème. Je pense que, j'ai envie de leur dire, s'ils m'écoutent, les amis, arrêtons de perdre du temps. En politique, le temps, c'est une donnée. Et à prendre une posture qui consiste à dire, on va attendre, comme il dit, jusqu'au mois de novembre, décembre, qu'est-ce qu'on fait ? Là, il y a un calendrier politique, on le voit, des choses se passent, et eux, ils sont le pied, un petit peu, l'arme au pied, si je puis dire.
Mais la candidature de Mélenchon, elle n'appartient pas à des partis, même si elle peut être soutenue par différentes forces. Ce serait plus facile. Mais là encore, je vous invite vraiment à ce que c'est un vrai sujet. Le problème des élus, des élus locaux, notamment des conséquences de la loi NOTRe, la décentralisation, qui fait que beaucoup d'élus sont pris à la gorge et ont du mal à se positionner. Et notamment, Lionel Jospin, vous savez, en 2012, avait fait un rapport à la demande de François Hollande, qui disait d'arrêter ce système de parrainage des élus. Il proposait le système de parrainage de 150 000 citoyens.
Nous, on dit chiche, 300 000, 500 000, si vous voulez, on ira les chercher. Mais il y a un petit problème avec les élus. Ceci dit que personne ne s'affole, on ira les chercher, on a ramassé 200, on l'a dit. Et puis, pour terminer, je dirais, quand je me regarde, je m'inquiète un peu, mais quand je me compare, je me rassure. Parce que beaucoup de gens parlent, mais eux n'ont aucun parrainage d'élus.
Nous, on dit la vérité, on est clair. Jean-Luc Mélenchon l'a détaillé aussi hier à Toulouse. Il parlait de l'intimidation des appareils politiques qui empêchent les parrainages. Il nous en est à 200 parrainages aujourd'hui, en attendant les 500. En deux mois, c'est pas mal. En deux mois. Question tout de même autour du Parti communiste. Où en sont les rapports entre Jean-Luc Mélenchon ? On ne comprend pas très bien aujourd'hui les rapports entre Jean-Luc Mélenchon et le Parti communiste.
Ils en sont au point que nous, depuis au mois de février, en 2011, vous savez, lors de la dernière élection, Jean-Luc Mélenchon avait dit qu'il proposait sa candidature au mois de janvier. Cette année, il l'a fait au mois de février. Et puis, 120 000 personnes sont venues sur notre site GLM 2017 pour appuyer cette candidature. Et nos amis communistes, eux, pour l'instant, ils prennent leur temps. Ils nous disent qu'ils prennent leur décision au mois de novembre. Ils lancent des appels, je crois, un peu abstraits. C'est-à-dire qu'il faudrait que tout le monde se rassemble. Madame Duflou, Monsieur Hamon, ils font des choix totalement différents. Donc, nous, on leur dit, venez.
Eux, pour l'instant, ils... Oui, ils sont un peu échaudés par l'expérience, justement, des dernières élections, où ils ont trouvé au Parti communiste que Jean-Luc Mélenchon jouait un peu trop perso, par exemple. Ah bon, mais je ne savais pas qu'ici, c'était la... Ça, c'est ce que dit le Parti communiste.
C'est ce que dit le Pierre Laurent. Ils ne sont pas échaudés parce que le problème, alors on va parler à 6h25 du matin, c'est que notamment, il y a eu des élections aussi, où les communistes, dès le premier tour, sont allés avec les socialistes lors des élections municipales. Ça a posé un problème. Donc, nous, tout ça, on ne veut plus. Mais ne rentrons pas dans la cuisine. Qu'ils prennent leur temps, enfin, du moins, qu'ils prennent une décision. Nous, une fois de plus, la France insoumise, elle n'est pas entre les mains de telle ou telle formation. Mais les communistes en en a besoin.
Et je termine en plus en disant qu'à Toulouse, là, dimanche, il y avait beaucoup de communistes qui sont là. Et notamment, vous savez que même Marie-Georges Buffet, où des grandes voix de communistes considèrent qu'il faudrait soutenir Jean-Luc Mélenchon. Franchement, c'est ce qu'il y a de plus raisonnable sur le terrain des idées. Et je ne doute pas qu'on y arrivera.
Le piège des primaires, c'est le titre de votre dernier pamphlet, « Collection, le point sur la table » aux éditions Serres. Vous écrivez, je vais vous en lire de mémoire, que cette consultation est réservée à ceux qui ont le plus d'argent. C'est le retour du suffrage censitaire. En quoi une consultation populaire devient, à vos yeux, comme un retour du suffrage censitaire ?
C'est une formule polémique. C'est surtout à l'éclairage de ce qui s'est passé en 2011. On observe que ceux qui viennent voter sont généralement les CSP+, ceux qui s'intéressent à l'avis des partis. Ce n'est pas les milieux populaires. Les milieux les plus abstentionnistes, de manière générale, dans l'élection, sont encore plus abstentionnistes dans la primaire. Et celui qui vient, justement, c'est souvent CSP+, c'est clientèle électorale autour des élus, tous ces réseaux de notables.
Ça pose un problème, c'est que dans la mesure où la primaire veut avoir pour ambition d'empêcher en quelque sorte les autres de se présenter, parce qu'elle veut déterminer un candidat unique, ce n'est pas normal que ce soit ce petit réseau de gens qui tournent encore autour des partis, qui choisissent qui devrait être candidat ou pas. Elle n'empêche personne de se présenter dans le premier tour. C'est un plan pour lequel nous, Jean-Luc Lanchon, est candidat. Il y a des gens qui disent, mais en sorte, vous divisez parce que vous n'allez pas à la primaire.
Je répète que ce n'est pas dans la cuisine du parti socialiste, parce que c'est ça, on sait très bien, le poids des élus, il est déterminant. Jamais de chacun à lire les études sociologiques, c'est ce que je reprends dans mon bouquin, c'est très net.
Oui, vous citez les opinions du CSA notamment.
Oui, notamment des chercheurs de Montpellier qui montrent qu'en vérité, une fois de plus, les milieux populaires qui sont déterminants, il n'y aura pas de changement sans jeu, ils se détendent totalement de la primaire. Et aussi, ce qui a été dit, pardon, la question de l'argent, on l'avait évoqué, et le poids des sondages. La primaire, c'est la sondocratie. C'est le PMU dans lequel vous avez des gens, il y a des chevaux plus ou moins dopés, parce que les sondages soutiennent tel ou tel candidat. Alors que, et je termine parce que c'est l'argument fort, par deux fois en 2011, la Commission nationale des sondages a dit qu'il n'y a pas de panel représentatif, il faut savoir qui vient voter.
Donc tous les sondages qui sortent actuellement sont biseautés, sont même bidons. Et pourtant, c'est eux qui vont influer sur le vote des gens. Donc il y a un problème, ce n'est pas la solution. La solution, c'est d'aller directement au peuple, les 44 millions d'électeurs, c'est ce qu'on fait avec Jean-Luc Mélenchon.
Ça s'appelle le piège des primaires, et c'est donc signé de votre main, Alexis Corbière, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon. Ça paraît aux éditions du CERF. Merci et bonne journée. Merci à vous.
Alexis Corbière